[109] Lucien, Lucius ou l’âne, 51, 56.

Quelque désir que nous ayons de ne pas nous attarder à ces sortes d’aliénations sexuelles, nous devons, pour être complets, rappeler quelques attentats contre nature transmis par des écrivains dignes de foi.

C’est encore Lucien qui nous conte l’aventure d’un jeune homme distingué tombé éperdument amoureux de la statue de la Vénus de Gnide. Un soir il se cache dans le temple, où il est enfermé, à l’insu des prêtresses. Le lendemain on découvrit des vestiges de ses embrassements amoureux, et la déesse portait à la cuisse une tache comme un témoin de l’outrage qu’elle avait subi. Quant au coupable, il disparut pour toujours[110].

[110] Lucien, Les Amours, 15, 16.

Athénée cite deux exemples analogues :

Clisophe, devenu amoureux d’une statue de marbre de Paros, s’enferma dans le temple de Samos, où elle était, pour en jouir ; mais ne le pouvant pas, vu le froid et la dureté de la pierre, il se retira pour aller chercher un morceau de chair, qu’il y appliqua par devant, et se satisfit.

Polémon dit qu’il y avait dans la galerie des tableaux de Delphes deux enfants de pierre. Certain Théore ayant conçu la plus vive passion pour l’une de ces statues, s’enferma avec elle et laissa une couronne pour prix de sa jouissance[111].

[111] Athénée, Le Banquet, XIII, 8.