[65] Τὰ πολεμικὰ άρματα καὶ τὰς χειροβολίσρας. On entend par ce dernier mot des balistes qui se manœuvraient avec la main, par conséquent une espèce d'arbalète.—S.-M.

XVII. Sarmates vaincus.
Anony. Vales.
Socr. l. 1, c. 18.

Les Sarmates délivrés des Goths attaquèrent leurs libérateurs[66]. Ils firent des courses sur les terres des Romains: tant l'amour du pillage était chez ces Barbares supérieur à tout autre sentiment. L'empereur les fit repentir de cette ingratitude: ils furent défaits par lui-même ou par son fils[67]. Ce fut le dernier exploit de Constantin: pendant les quatre ans et demi qu'il vécut encore, son repos ne fut troublé que par une incursion des Perses. Ceux-ci l'obligèrent, la dernière année de sa vie, à faire des préparatifs de guerre, que sa mort interrompit.

[66] Gibbon suppose (t. III, p. 450) que cette guerre fut produite parce que Constantin avait retranché aux Sarmates une partie de la gratification que ses prédécesseurs leur avaient accordée. On ne trouve rien de pareil dans les auteurs; on y voit, au contraire, qu'après sa victoire et pour punir les Sarmates des ravages qu'ils avaient commis, il leur ôta les sommes qu'on était dans l'usage de leur donner.—S.-M.

[67] Nous avons en mémoire de ces succès des médailles avec la légende SARMATIA. DEVICTA. Voy. Eckhel, Doct. num. vet., t. VIII, p. 87.—S.-M.

An 333.
XVIII. Delmatius consul.
Idat. chron.
Chron. Alex. vel Paschal. p. 285, 286.
Auson. Prof. 16.
God. ad Cod. Th. tome 6, p. 357.
Vales. ad Amm. l. 14, c. 1.
Till. art. 71 et 85.
Idem. n. 61.
[Liban. t. 2, or. 3, p. 108, 109 et 110; or. 7, p. 217; or. 10, p. 262.]

Jusqu'à cette entière tranquillité de l'empire, Constantin avait écarté ses frères des affaires publiques. Peut-être était-ce l'effet d'une défiance politique. Il est étonnant que des princes, qui avaient sur Constantin l'avantage d'être nés dans la pourpre, aient été assez dociles pour ne jamais se départir de l'obéissance pendant le cours d'un long règne. C'était le premier exemple de fils d'empereurs, qui fussent restés dans l'état de particuliers. Le testament de leur père qui les avait exclus du gouvernement, loin d'étouffer leur ambition, n'eût fait qu'aigrir leur jalousie, si la douceur de leur naturel, et les précautions que prit apparemment Constantin ne les eussent tenus dans la dépendance. Comme ils étaient demeurés orphelins fort jeunes, il fut le maître de leur éducation; et l'on ne peut douter qu'il ne les ait élevés dans la subordination qu'il désirait de leur part. Ils vécurent long-temps éloignés de la cour, tantôt à Toulouse, où ils honorèrent de leur amitié le rhéteur [Æmilius Magnus] Arborius, tantôt à Corinthe. Selon Julien, Hélène leur belle-mère ne les aimait pas; elle les tint, tant qu'elle vécut, dans une espèce d'exil. Enfin Constantin les rapprocha de sa personne, et l'an 333 il nomma Delmatius consul avec Xénophile. Peu de temps après, il le créa censeur. L'autorité de cette ancienne magistrature avait été, comme celle de toutes les autres, absorbée par la puissance impériale: le titre même en était depuis long-temps aboli. L'empereur Décius l'avait fait revivre en faveur de Valérien, qui n'avait pas eu de successeur dans la censure; elle s'éteignit pour toujours dans la personne de Delmatius. Il eut deux fils, dont l'aîné, de même nom que lui, jette de l'équivoque dans son histoire. On le confond avec son père, et un grand nombre d'auteurs attribuent au fils le consulat de cette année.

XIX. Peste et famine en Orient.
Hier. chron. Theoph. p. 23.

L'empereur la passa à Constantinople jusqu'au mois de novembre: il fit alors en Mésie un voyage dont on ignore le sujet. Le repos que lui procurait la paix fut troublé par des fléaux plus terribles que la guerre. Salamine, dans l'île de Cypre, fut renversée par un tremblement de terre, et quantité d'habitants périrent dans ses ruines. La peste et la famine désolèrent l'Orient, surtout la Cilicie et la Syrie. Les paysans du voisinage d'Antioche, s'étant attroupés en grand nombre, venaient comme des bêtes féroces pendant la nuit se jeter dans la ville, et entrant de force dans les maisons, pillaient tout ce qui était propre à la nourriture: bientôt enhardis par le désespoir ils accouraient en plein jour, forçaient les greniers et les magasins. L'île de Cypre était en proie aux mêmes violences. Constantin envoya du blé aux églises pour le distribuer aux veuves, aux orphelins, aux étrangers, aux pauvres et aux ecclésiastiques. L'église d'Antioche en reçut trente-six mille boisseaux.

XX. Mort de Sopater.
Zos. l. 2, c. 40.
Soz. l. 1, c. 5.
Eunap. in Ædes. p. 21-25, ed. Boiss.
Suid. Σώπατρος.

C'est peut-être au temps de cette famine, qu'il faut rapporter la mort de Sopater: elle arriva dans les dernières années de Constantin. C'était un philosophe natif d'Apamée, attaché à l'école platonicienne et à la doctrine de Plotin. Après la mort d'Iamblique son maître, comme il était éloquent et présomptueux, il crut que la cour était le seul théâtre digne de ses talents. Il se flatta même de servir le paganisme dont il était fort entêté, et d'arrêter le bras de l'empereur qui foudroyait toutes les idoles. Si l'on en veut croire Eunapius son admirateur, Constantin le goûta tellement qu'il ne pouvait se passer de lui, et qu'il le faisait asseoir à sa droite dans les audiences publiques. Ce grand crédit, ajoute Eunapius, alarma les favoris. La cour allait devenir philosophe; ce rôle les eût embarrassés; il était plus court de perdre le réformateur: ils le firent, et cet homme rare fut, comme Socrate, victime de la calomnie. On répandit le bruit dans Constantinople que Sopater était un grand magicien. La disette affligeait alors la ville, parce que les vents contraires fermaient le port aux vaisseaux qui apportaient le blé d'Alexandrie, et qui ne pouvaient y entrer que par un vent du midi. Le peuple affamé s'assembla au théâtre; mais au lieu des acclamations dont il avait coutume de saluer l'empereur, ce n'était qu'un morne silence. Constantin, encore plus affamé d'éloges, en était désespéré. Les courtisans prirent ce moment pour lui insinuer que c'était Sopater qui tenait le vent du midi enchaîné par ses sortilèges. Le prince crédule lui fit sur l'heure trancher la tête. Le chef de cette cabale était Ablabius, préfet du prétoire, à qui la gloire du philosophe portait ombrage. Tout ce récit sent l'ivresse d'un sophiste, qui dans l'ombre de son école compose un roman sur des intrigues de cour. Suidas dit simplement que Constantin fit mourir Sopater pour faire connaître l'horreur qu'il avait du paganisme; et il blâme ce prince par une raison excellente, c'est que ce n'est pas la force, mais la charité qui fait les chrétiens. Si l'on veut rendre justice à Constantin, on devinera aisément que ce fanatique téméraire, qui avait porté à la cour un zèle outré pour l'idolâtrie, se sera laissé emporter à quelque trait d'insolence, ou même à quelque complot criminel, qui méritait la mort.

XXI. Ambassades envoyées à Constantin.
Euseb. vit. Const. l. 1, c. 8 et l. 4, c. 7.

Tout le monde connu retentissait du nom de Constantin. Ce prince travaillait avec ardeur à la conversion des rois barbares, et ceux-ci s'empressaient à leur tour de lui envoyer des présents; ils recherchaient son amitié, et lui dressaient même des statues dans leurs états. On voyait dans son palais des députés de tous les peuples de la terre: des Blemmyes, des Indiens, des Éthiopiens. Ils lui présentaient, comme un hommage de leurs monarques, ce que la nature ou l'art produisaient de plus précieux dans leurs pays: des couronnes d'or, des diadèmes ornés de pierreries, des esclaves, de riches étoffes, des chevaux, des boucliers, des armes. L'empereur ne se laissait pas vaincre en magnificence; non content de surpasser ces rois dans les présents qu'il leur envoyait à son tour, il enrichissait leurs ambassadeurs; il conférait aux plus distingués des titres de dignités romaines; et plusieurs d'entre eux, oubliant leur patrie, restèrent à la cour d'un prince si généreux.

XXII. Lettre de Constantin à Sapor.
Euseb. vit. Const. l. 4, c. 8 et seq.
Theod. l. 1, c. 25.
Soz. l. 2, c. 8-15.

Le plus puissant de tous ces rois était Sapor qui régnait en Perse. Constantin prit occasion de l'ambassade que lui envoyait ce prince, pour tenter de l'adoucir en faveur des chrétiens. Sapor, animé contre eux par les mages et par les Juifs, les chargeait de tributs accablants. Il préparait dès lors cette horrible persécution qui dura une grande partie de son règne[68], et dans laquelle il détruisit les églises et fit mourir tant d'évêques, tant de prêtres, et une quantité innombrable de chrétiens de tout âge, de tout sexe, de toute condition. Il n'épargna pas même Usthazanès[69], vieillard vénérable qui avait été son gouverneur, et qui devait lui être cher par l'ancienneté et la fidélité de ses services. Constantin, affligé du malheureux sort de tant de fidèles, sentit que le moyen de leur procurer du soulagement, n'était pas d'aigrir par des reproches ou des menaces un prince hautain et jaloux de son pouvoir absolu. Il accorda à ses ambassadeurs toutes leurs demandes, et écrivit au roi une lettre où, sans paraître instruit des desseins cruels de Sapor, il se contente de lui recommander les chrétiens, protestant qu'il prendra sur son compte tout ce que le roi voudra bien faire en leur faveur; il l'exhorte à ménager une religion si salutaire aux souverains. Il lui met sous les yeux, d'un côté, l'exemple de Valérien persécuteur que Dieu avait puni par le ministère de Sapor I; de l'autre, les victoires que Dieu lui a fait remporter à lui-même sous l'étendard de la croix. Cette lettre ne fit aucun effet sur l'ame farouche du roi de Perse.

[68] Cette persécution commença en la 117e année du règne des Sassanides en Perse, la 31e de Sapor, 342 et 343 de l'ère chrétienne. On peut en voir le récit dans l'Histoire ecclésiastique de Sozomène (l. 2, c. 9-14). Nous possédons, en langue syriaque, les actes des principaux martyrs qui succombèrent alors; ils ont été rédigés au cinquième siècle, par Maruta, évêque de Miafarekin ou Martyropolis dans la Sophène. Le savant E. Evode Assemani les a fait imprimer avec une version latine, en deux volumes in-folio. Rome, 1748.—S.-M.

[69] Ou plutôt Ustazad. C'est un nom persan dont le sens est Fils du maître ou du docteur.—S.-M.

[Soz. l. 2, c. 9.
Act. martyr. Syr. Assem. t. 1, p. 20.]

—[On voit par les auteurs syriens et par la nombreuse liste des siéges épiscopaux de la Perse, tous occupés par des évêques syriens, que la foi chrétienne[70] avait fait un grand nombre de prosélytes dans ce royaume, et surtout parmi la population syrienne qui y était très-nombreuse. Les persécutions des empereurs contribuèrent peut-être à la répandre dans la Perse, en intéressant la politique du souverain de ce pays à laisser aux chrétiens une pleine liberté dans l'exercice de leur culte, malgré le caractère tout-à-fait exclusif de la doctrine de Zoroastre, professée par les monarques persans. Il n'en fut plus de même après la conversion de Constantin. La position politique des chrétiens fut tout-à-fait changée. Les rois de Perse purent croire que, dans les guerres fréquentes qui divisaient les deux empires, leurs sujets chrétiens seraient plus disposés à favoriser les Romains et des souverains de leur religion. Ces motifs se conçoivent sans peine; ils sont plusieurs fois allégués par Sapor dans ses persécutions, et il est permis de croire qu'ils ne furent pas toujours dépourvus de fondement: ils fournirent au moins des prétextes plausibles aux accusations des Juifs et des mages, qu'on donne pour les instigateurs de ces persécutions. Telles sont les raisons qui peuvent jusqu'à un certain point justifier la conduite de Sapor, conduite si différente de celle des rois ses prédécesseurs. Le changement religieux arrivé dans l'empire romain, eut de même une grande influence sur les relations politiques des rois d'Arménie. Ces princes, qui étaient depuis trois siècles les utiles alliés des Romains, ne maintenaient qu'avec peine une indépendance toujours menacée par les rois de Perse, qui s'emparèrent plusieurs fois de leurs états. Le christianisme qu'ils embrassèrent et auquel ils se montrèrent très-attachés, éleva une barrière insurmontable entre les Persans et leurs sujets. Il rendit plus fréquentes et plus acharnées les guerres qui survinrent entre les deux royaumes, et il contribua à leur donner un caractère national qu'elles n'avaient jamais eu auparavant; il attacha davantage les Arméniens au parti des Romains, et il acheva d'en faire une nation particulière, qui a conservé son existence jusqu'à nos jours. Sans le christianisme, les Arméniens en perdant leur indépendance, n'auraient pas tardé à se confondre avec les Persans. Les dissensions qui survinrent plus tard entre les chrétiens, et les diverses sectes qui naquirent alors, produisirent un autre changement dans la politique des successeurs de Sapor; les persécutions devinrent plus rares et moins sanglantes, et elles ne frappèrent presque plus que les catholiques, et uniquement parce qu'on les regardait comme favorables aux Romains. Les mêmes motifs qui avaient porté les rois de Perse à favoriser d'abord, puis à persécuter les chrétiens, durent les engager à protéger les sectaires qui étaient poursuivis dans l'empire. Aussi les sectes Nestorienne et Jacobite se propagèrent avec tant de sécurité dans leurs états, qu'elles finirent par y gagner presque toute la population chrétienne. Il paraît qu'elles furent secondées dans leurs efforts par les monarques eux-mêmes qui, comme on le verra dans la suite, attachèrent toujours une grande importance à ce que leurs sujets chrétiens suivissent une autre doctrine, que celle qui était adoptée dans l'empire.]—S.-M.

[70] L'Adiabène, province de la Perse située sur les bords du Tigre, dans les environs de Ninive au midi de l'Arménie, était presque toute chrétienne, au rapport de Sozomène, l. 2, c. 12: Κλίμα δέ τοῦτο περσικὸν ώς έπίπαν χριστανίζον.—S.-M.

XXIII. Préparatifs de guerre faits par les Perses.
Liban. Basilic. t. 2, p. 118, 119 et 120. ed. Morel.

L'ambassade envoyée à Constantin par Sapor avait pour but d'obtenir du fer, dont il avait besoin pour fabriquer des armes. Les Perses ne s'étaient tenus en paix depuis la victoire de Galérius, que pour se mieux disposer à la guerre. Ce fut pendant quarante ans leur unique occupation. Ils attribuaient les mauvais succès précédents au défaut de préparatifs. Ils amusaient les Romains par des ambassades et par des présents, tandis qu'ils formaient des archers et des frondeurs, qu'ils dressaient leurs chevaux, forgeaient des armes, amassaient des trésors, laissaient à leur jeunesse le temps de se multiplier, assemblaient grand nombre d'éléphants, exerçaient à la milice jusqu'aux enfants. La culture des terres fut pendant ce temps-là abandonnée aux femmes. La Perse était très-peuplée; mais elle n'avait point de fer. Ils en demandèrent aux Romains, sous prétexte de ne s'en servir que contre les Barbares leurs voisins. Constantin se doutait de leur dessein; mais pour ne pas donner à Sapor occasion de rupture, se fiant d'ailleurs en tout événement sur la supériorité de ses forces, il leur en accorda. Ils en firent des javelots, des haches, des piques, des épées, de grosses lances: ils couvrirent de fer leurs cavaliers et leurs chevaux; et ce métal dangereux, obtenu de Constantin, servit entre les mains des Perses à désoler la Mésopotamie et la Syrie, sous l'empire de ses successeurs[71].

[71] Libanius est le seul auteur qui ait donné de tels motifs à l'ambassade de Sapor. Il est facile de concevoir que le désir de procurer à ses états le libre commerce du fer, ait été pour quelque chose dans la démarche du roi de Perse; mais on distingue sans peine, dans ce récit, tout ce qui vient de l'imagination du rhéteur d'Antioche.—S.-M.

XXIV. Constantin écrit à saint Antoine.
Euseb. vit. Const. l. 4, c. 14.
[Prosp. chr.]
Till. art. 72.

Tous les honneurs que les nations étrangères s'empressaient de rendre à l'empereur, ne le flattèrent pas autant que les lettres qu'il reçut d'un solitaire, qui dans une caverne toute nue était plus indépendant et plus riche que les plus grands rois. Constantin qui sentait continuellement le besoin qu'il avait des secours du ciel, ne cessait, même au milieu de la paix, de demander aux évêques leurs prières et celles de leurs peuples. Il écrivit à S. Antoine caché aux extrémités de l'empire dans les déserts de la Thébaïde. Il voulut que ses enfants lui écrivissent aussi comme à leur père. Il le traitait avec le plus grand honneur, et lui offrait de fournir abondamment à tous ses besoins. Le saint, qui n'en connaissait aucun, n'était pas trop disposé à lui répondre. Enfin, à la prière de ses disciples, il écrivit à l'empereur et aux jeunes princes; mais loin de leur rien demander, il leur donna des avis plus précieux que tous les trésors. Ses lettres furent reçues avec joie. Il fit dans la suite plusieurs remontrances en faveur de saint Athanase. Il est fâcheux pour la gloire de Constantin, qu'une injuste prévention l'ait emporté dans son esprit sur le respect qu'il portait au saint solitaire.

XXV. Constant César.
Idat. chron.
Aur. Vict. de Cæs. p. 177.

L'empereur termina cette année, en donnant, le 25 décembre, le nom de César à Constant, le plus jeune de ses fils, qui était dans sa quatorzième année. On rapporte que la nuit suivante le ciel parut tout en feu. On devina après l'événement que ce phénomène avait été un présage des malheurs que causerait et qu'éprouverait le nouveau César.

XXVI. Consuls.
Idat. chron.
Zos. l. 2, c. 40.
Ducange, Byz. fam. p. 45.
Buch. Cycl. p. 239.
Grut. inscr. p. 100, no 6. p. 353, no 4. p. 463, n. 3 et 4.
Reines. inscr. p. 67.

L'année suivante 334 eut deux consuls distingués par leur naissance, par leur mérite et par les dignités dont ils avaient déja été honorés. Le premier était L. Ranius Acontius Optatus. Il avait été proconsul de la Narbonnaise, lieutenant de l'empereur dans l'Asturie et la Galice, et ensuite dans l'Asie, préteur, tribun du peuple, questeur de Sicile, sans compter d'autres magistratures, que plusieurs villes de l'Italie lui avaient conférées. Les habitants de Nole lui érigèrent une statue de bronze. Constantin le nomma patrice, et c'est le premier qu'on sache avoir porté ce titre avec Julius Constance frère de l'empereur. Quelques auteurs disent qu'après la mort de Bassianus il épousa Anastasia; ce qui n'est pas aisé à croire, parce qu'il était païen: ceux de Nole lui donnèrent l'intendance de leurs sacrifices.

L'autre consul fut Anicius Paulinus appelé Junior, pour le distinguer de son oncle paternel, qui avait été consul en 325. Il fut préfet de Rome dans l'année même de son consulat, et il posséda cette charge pendant toute l'année suivante. Il avait déja été proconsul de l'Asie et de l'Hellespont; et dans l'inscription d'une statue qui lui fut élevée à Rome à la requête du peuple, avec l'agrément du sénat, de l'empereur et des Césars, on loue sa noblesse, son éloquence, sa justice, et son attention sévère à la conservation de la discipline. Il fit cette année la dédicace d'une statue que le sénat et le peuple de Rome érigèrent à Constantin.

XXVII. Les Sarmates chassés par leurs esclaves.
Jornand. de reb. Get. c. 22.
Euseb. vit. Const. l. 4, c. 6.
Anony. Vales.
Hieron. Chron.
[Idat. chron.]

Les Goths subjugués deux ans auparavant n'étaient plus en état de combattre les Romains. Encore plus incapables de rester en paix, ils se vengèrent de leur défaite sur les Sarmates qui la leur avaient attirée. Ils avaient à leur tête Gébéric, prince guerrier, arrière-petit-fils de ce Cniva qui commandait les Goths dans la bataille où l'empereur Décius perdit la vie. Les Sarmates avaient pour roi Wisimar[72], de la race des Asdingues, la plus noble et la plus belliqueuse de leur nation. Les Goths vinrent les attaquer sur les bords du fleuve Marisch [Marisia][73] et les succès furent balancés pendant assez long-temps. Enfin Wisimar ayant été tué dans une bataille avec la plus grande partie de ses soldats, la victoire demeura à Gébéric. Les vaincus réduits à un trop petit nombre, pour résister à de si puissants ennemis, prirent le parti de donner des armes aux Limigantes; c'est ainsi qu'ils appelaient leurs esclaves; les maîtres se nommaient Arcaragantes. Ces nouveaux soldats vainquirent les Goths; mais ils n'eurent pas plutôt senti leur force, qu'ils la tournèrent contre leurs maîtres et les chassèrent du pays. Les Sarmates, au nombre de plus de trois cent mille de tout âge et de tout sexe, passèrent le Danube et vinrent se jeter entre les bras de Constantin, qui s'avança jusqu'en Mésie pour les recevoir. Il incorpora dans ses troupes ceux qui étaient propres à la guerre; mélange mal entendu, qui contribua à corrompre la discipline des légions et à les abâtardir. Il donna aux autres des terres en Thrace, dans la petite Scythie, en Macédoine, en Pannonie, même en Italie; et ces Barbares eurent à se féliciter d'un malheur, qui les avait fait passer d'un état libre, mais turbulent et périlleux, à un doux assujettissement où ils trouvaient le repos et la sûreté[74]. Un autre corps de Sarmates se retira chez les Victohales, qui sont peut-être les mêmes que les Quades Ultramontains, dans la partie occidentale de la haute Hongrie. Ceux-ci furent vingt-quatre ans après rétablis dans leur pays par les Romains qui en chassèrent les Limigantes.

[72] C'est des Vandales que Wisimar était roi, selon Jornandès, qui est à proprement parler le seul qui nous ait conservé le souvenir de cette guerre. Il se fonde sur le témoignage de Dexippe, auteur du troisième siècle, qui avait écrit une Histoire des Goths dont il ne nous reste plus rien. Il ajoute qu'en moins d'un an, les Vandales étaient venus des bords de l'Océan, s'établir sur les frontières de l'empire, malgré le grand éloignement; qui ab Oceano ad nostrum limitem vix in anni spatio pervenisse testatur prœ nimiâ terrarum immensitate. C'est sans doute des bords de la Baltique que les Vandales vinrent à cette époque.—S.-M.

[73] Selon Jornandès, les Vandales occupaient alors le pays possédé de son temps par les Gépides, et arrosé par les fleuves Marisia, Miliare, Gilfil et Grissia plus fort que les trois autres. Ils avaient à l'orient les Goths, à l'occident les Marcomans, au nord les Hermundures et au sud le Danube. Ils occupaient donc le Bannat de Temeswar et une partie de la Hongrie.—S.-M.

[74] Jornandès ne parle que des Vandales seuls. Réduits à un petit nombre, ils quittèrent le pays qu'ils occupaient et obtinrent de Constantin de nouvelles habitations dans la Pannonie. C'est de ces Vandales que descendaient ceux qui, à l'instigation de Stilichon, se répandirent plus tard sur la Gaule et sur d'autres parties de l'empire.—S.-M.

An 335.
XXVIII. Consuls.
Idat. chron.
Ducange, Byz. fam. p. 49.
Themist. or. 4. p. 58 et 59.
Grut. inscr. p. 387, no 3.
Buch. cycl. p. 239.
Till. sur Julien. not. 1.

Constantin avait déja donné le consulat à Delmatius, l'aîné de ses frères. Le second nommé Julius Constance fut consul en 335 avec [C. Ceionius] Rufius Albinus. Il avait épousé en premières noces Galla sœur de Rufinus et de Céréalis consuls en 347 et 358. Il en avait eu Gallus qui naquit en Toscane l'an 325 ou 326, un autre fils que l'histoire ne nomme pas, et qui fut tué après la mort de Constantin, et une fille qui fut mariée à Constance, et dont on ignore aussi le nom. Sa seconde femme fut Basilina, fille de Julien, consul en 322, et sœur d'un autre Julien qui fut comte d'Orient. Elle mourut jeune et laissa un fils nommé Julien comme son aïeul maternel; c'est le fameux Julien surnommé l'Apostat, qui naquit vers la fin de l'an 331 à Constantinople, où son père et sa mère avaient été mariés. Rufius Albinus collégue de Julius Constance est, à ce qu'on croit, le fils de Rufius Volusianus, consul pour la seconde fois en 314. Une inscription le nomme philosophe. Il fut préfet de Rome l'année suivante.

XXIX. Tricennales de Constantin.
Idat. chron.
Chron. Alex. vel Pasch. p. 286.
Euseb. orat. in tricen.
Vales. notæ ib. c. 11.
Euseb. vit. Const. l. 4, c. 48.

L'empereur resta pendant toute celle-ci à Constantinople, si on en excepte un voyage qu'il fit dans la haute Mésie, peu de jours après avoir célébré par des jeux le commencement de la trentième année de son empire, dans laquelle il entrait le 25 juillet. Une circonstance augmenta la joie et l'éclat de cette fête qu'on appelait les tricennales; c'est qu'aucun empereur depuis Auguste n'avait régné si long-temps. Nous avons un éloge de Constantin prononcé à l'occasion de cette solennité par Eusèbe de Césarée, dans le palais en présence de l'empereur: c'est plutôt un livre qu'un discours. Pour l'honneur de Constantin, un si long et si froid panégyrique aurait bien dû l'ennuyer: ce qui n'arriva pas, si l'on en croit Eusèbe qui se félicite du succès. On loue cependant Constantin d'avoir été en garde contre la flatterie; et l'histoire le compte entre le petit nombre de souverains qui n'en ont pas été dupes. Un jour un ecclésiastique s'étant oublié jusqu'à lui dire en face, qu'il était bienheureux; puisque après avoir mérité de régner sur les hommes en cette vie, il régnerait dans l'autre avec le fils de Dieu, il rebuta brusquement l'encens de ce prêtre: Gardez-vous, lui dit-il, de me tenir jamais un pareil langage; je n'ai besoin que de vos prières; employez-les à demander pour moi la grace d'être un digne serviteur de Dieu en ce monde et dans l'autre.

XXX. Delmatius César.
Idat. chron.
Zos. l. 2, c. 39 et 40.
Chron. Alex. vel Pasch. p. 286.
Eutr. l. 10.
Anony. Vales.
Aurel. Vict. de cæs. p. 177.
Philost. l. 3, c. 22 et 28.
Amm. l. 14, c. 1.
Ducange, Byz. fam. p. 49.
Auson. prof. 17.
[Aur. Vict. epit. p. 225.
Theoph. p. 23 et 24.
Cedren. t. 1, p. 296.]

Il paraît qu'entre ses frères, il chérissait principalement Delmatius. Julius Constance avait deux fils, dont l'aîné Gallus était déja âgé de dix ans. On ne voit pas que l'empereur ait honoré ce neveu d'aucune distinction. Mais il combla de faveurs les deux fils de Delmatius. L'aîné qui portait le même nom que son père était déja maître de la milice. Ce jeune prince montrait le plus beau naturel et ressemblait fort à l'empereur son oncle. Les gens de guerre dont il était aimé contribuèrent à son élévation. Il venait d'accroître leur estime par la promptitude avec laquelle il avait étouffé la révolte de Calocérus. C'était un des derniers officiers de la cour, maître des chameaux de l'empereur; mais assez extravagant pour former le projet de se rendre indépendant, et assez hardi pour le déclarer. Il se fit des partisans et se saisit de l'île de Cypre. Le jeune Delmatius y passa à la tête de quelques troupes, et n'eut besoin que de le joindre pour le défaire et l'emmener prisonnier à Tarse, où il le traita comme un esclave et un brigand; il le fit brûler vif. Constantin fut charmé d'un service qui justifiait la préférence qu'il donnait à ce neveu. Il l'égala à ses trois fils en le nommant César le 18 septembre. Le cadet de Delmatius, nommé Hanniballianus comme un de ses oncles, eut le titre de nobilissime avec celui de roi des rois et des nations Pontiques[75]. L'empereur donna en mariage à celui-ci Constantine sa fille aînée. Elle reçut de son père la qualité d'Auguste. Ces deux princes avaient été instruits à Narbonne par le rhéteur Exupérius, à qui ils procurèrent le gouvernement d'Espagne avec de grandes richesses, quoique, à en juger par l'éloge même qu'en fait Ausone, ce ne fût pas un homme d'un grand mérite.

[75] Hanniballianus est toujours désigné dans les auteurs par le titre de roi. Il existe encore des médailles frappées en son honneur, où le même titre se trouve FL. HANNIBALLIANO REGI. Voyez Eckbel, Doct. num. vet. t. VIII, p. 204. Armeniam nationesque circumsocias habebat, dit Aurélius Victor, p. 225. C'est de la petite Arménie que cet auteur entend parler. Quoiqu'il ne soit guère possible de révoquer en doute un fait garanti par des autorités aussi respectables, Gibbon (t. III, p. 439) le regarde comme inexplicable et difficile à croire. C'est étrangement abuser du droit de douter, que de refuser toute confiance à un fait assez peu important par lui-même, et attesté d'une manière formelle par des auteurs contemporains et des monuments publics.—S.-M.

XXXI. Partage des états de Constantin.
Euseb. orat. tric. c. 3. et vit.
Const. l. 4, c. 51.
Zos. l. 2, c. 39.
Aur. Vict. epit. p. 225.
Anony. Vales.
Chron. Alex. vel Paschal. p. 286.
Socr. l. 1, c. 39.
Theod. l. 1, c. 32.
Soz. l. 2, c. 34.
Jul. or. 1, p. 17 et 18, or. 2, p. 94, ed. Spanh.
Eutrop. l. 10.
Hier. chron.

Ces honneurs excitèrent la jalousie des fils de Constantin; elle s'accrut encore par de nouvelles faveurs, et produisit après sa mort les effets les plus funestes. Ce prince qui avait eu tant d'occasions d'éprouver combien la multitude des souverains était onéreuse à l'empire, ne put se résoudre à priver de la souveraineté aucun de ses fils. Il fit dès cette année leur partage. Il leur associa Delmatius et Hanniballianus, sans donner aucune part à ses frères, ni à ses autres neveux. Constantin, l'aîné de ses fils, eut ce qu'avait possédé Constance Chlore, c'est-à-dire, tout ce qui était vers l'Occident au-delà des Alpes, les Gaules, l'Espagne et la grande-Bretagne. Constance eut l'Asie, la Syrie, l'Égypte. L'Italie, l'Illyrie et l'Afrique furent données à Constant; la Thrace, la Macédoine, l'Achaïe, à Delmatius. Le royaume d'Hanniballianus fut formé de la petite Arménie, des provinces de Pont et de Cappadoce: Césarée était la capitale de ses états. Entre les enfants de l'empereur, Constance était le plus chéri, à cause de sa soumission et de sa complaisance. Il avait eu pendant quelque temps le gouvernement des Gaules, peut-être lorsque Constantin son frère était employé contre les Goths. Il passa de là en Orient; et ce fut par prédilection que son père lui en laissa le commandement, comme de la plus belle portion de l'empire.

XXXII. Comète.
Theoph. p. 24.
Eutrop. l. 10.

Il parut cette année à Antioche depuis la troisième heure du jour jusqu'à la cinquième, du côté de l'orient, un astre qui semblait jeter une épaisse fumée. L'auteur qui rapporte ce fait, ne dit ni en quel jour, ni combien de jours se fit voir cet astre. C'est apparemment la comète à laquelle des historiens crédules font l'honneur d'avoir annoncé la mort de Constantin.

An 336.
XXXIII. Consuls.
Idat. chron.
Ducange, Byz. Fam. p. 48.

Si la conjecture de quelques modernes est véritable, Népotianus qui fut consul avec Facundus en 336, avait pour mère Eutropia, sœur de Constantin, et pour père Népotianus, qui avait été consul sous Dioclétien en 301. L'empereur après avoir honoré du consulat deux de ses frères, aura voulu faire le même honneur au fils de sa sœur; et ce sera ce même Népotianus qui prit la pourpre quinze ans après, quand il eut appris la mort de Constant.

XXXIV. Mariage de Constance.
Euseb. vit. Const. l. 4, c. 49.
Jul. or. 7, p. 227, et orat. ad Ath. p. 272, ed. Spanh.
Till. art. 76.

Constantin fils aîné de l'empereur était marié depuis quelque temps. On ignore le nom de sa femme. Cette année Constance épousa sa cousine germaine, fille de Julius Constance et de Galla. Julien se récrie contre ces mariages, qu'il prétend criminels. Il en prend avantage pour satisfaire sa mauvaise humeur contre Constantin et ses enfants. Mais il n'y avait encore aucune loi qui défendit ces alliances entre cousins germains. L'empereur célébra les noces avec grand appareil: il voulut mener lui-même l'époux. Il sacrifia pourtant une partie de la joie et de l'agrément de la fête, au soin d'y maintenir une honnêteté sévère: le festin et les divertissements furent donnés dans deux salles séparées, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes. Il fit à cette occasion des graces et des largesses considérables aux villes et aux provinces.

XXXV. Ambassade des Indiens.
Eus. vit. Const. l. 2, c. 50.

Ce fut dans ce même temps qu'il reçut des Indiens orientaux une ambassade, qui ressemblait à un hommage que des vassaux rendent à leur souverain; comme si sa puissance se fût étendue aussi loin que son nom. Ces princes lui envoyaient des pierres précieuses, des animaux rares; ils lui faisaient dire par leurs ambassadeurs, qu'ils honoraient ses portraits, qu'ils lui érigeaient des statues, et qu'ils le reconnaissaient pour leur roi et leur empereur.

[Amm. l. 25, c. 4.
Cedrenus, t. I, p. 295.]

—[Cette ambassade doit être placée au nombre des causes, qui troublèrent la bonne harmonie, qui subsistait depuis long-temps entre la Perse et l'empire. Le philosophe Métrodore, dont on connaît déja[76] les voyages dans l'Éthiopie, qu'on appelait à cette époque l'Inde intérieure, en entreprit d'autres dans l'Inde ultérieure pour visiter les Brahmanes et observer leurs mœurs et leurs pratiques de frugalité et de vertu. Pendant son séjour dans l'Inde, Métrodore leur enseigna l'art de construire des moulins à eau et des bains; ils en furent si reconnaissants, qu'ils lui ouvrirent leurs sanctuaires et lui permirent de les visiter. Métrodore abusa de la confiance de ces philosophes, il enleva de leurs temples des perles et des pierres précieuses en quantité: il en reçut aussi beaucoup du roi des Indes, qui désirait qu'elles fussent offertes de sa part à Constantin. Lorsque Métrodore revint à Constantinople, il présenta ces objets précieux à l'empereur, qui en fut enchanté; mais ce fut en son propre nom, cachant qu'elles venaient du prince indien. Il ne borna pas là ses impostures, il ajouta qu'il aurait apporté une plus grande quantité de ces pierres, si elles ne lui avaient pas été ravies par les Perses, lorsqu'il traversait leur pays pour rentrer dans l'empire. Constantin fut transporté de colère par ce mensonge, et aussitôt il écrivit au roi de Perse, se plaignant amèrement de l'enlèvement des objets précieux, dont il demandait la restitution. Cette lettre qui dut surprendre Sapor, resta sans réponse; et bientôt, comme on le verra sous l'année suivante, la guerre éclata entre les deux états.[77]]—S.-M.

[76] Voyez ci-devant, livre IV, § 65.

[77] J'ignore pourquoi Lebeau, et avant lui Crévier, n'ont fait aucune mention de cette circonstance intéressante; auraient-ils eu des doutes sur la véracité de Cédrénus, historien assez moderne il est vrai, mais qui n'a pu certainement inventer un pareil fait et dont l'exactitude est d'ailleurs, en ce point, attestée par le témoignage d'Ammien Marcellin. Ce dernier auteur en parlant de la guerre entreprise par Julien contre les Perses, fait mention des mensonges de Métrodore et de leurs conséquences; il est vrai qu'il semble placer la guerre dont il s'agit, sous le règne de Constance, mais je ne crois pas qu'une mention faite en passant, et où il peut y avoir une légère faute de copiste, doive l'emporter sur le récit détaillé de Cédrénus. Quoiqu'il en soit, voici ce que dit Ammien Marcellin. Sed Constantium ardores Parthicos succendisse, cum Metrodo rimendaciis avidiùs acquiescit. C'en est assez pour assurer le certitude du fait en lui-même.—S.-M.

XXXVI. Rappel d'Arius.
[Rufin, l. 10, c. 11.]