[338] On voit par Jean Malala (part. 2 p. 26) qu'on céda aussi tout le territoire de cette ville, c'est-à-dire la province de Mygdonie. Son témoignage est formel, πᾶσαν τὴν ἐπαρχίαν τὴν λεγομένην Μυγδωνίαν.—S.-M.

[339] Voyez, sur cette forteresse, t. 2, p. 282, note 1, l. X, § 55.—S.-M.

XI.

Conclusion du traité.

Julien aurait livré dix batailles, et se serait enterré dans la Perse avec toute son armée, plutôt que de céder une seule de ces provinces. Mais les cris des soldats réduits à la plus affreuse misère, la difficulté de les contenir, les instances des courtisans, forcèrent Jovien de souscrire à ces honteuses conditions. Son intérêt particulier se joignit sans doute aux considérations publiques. On lui représentait qu'il avait dans Procope un rival encore caché[340]; mais que s'il lui laissait le temps d'apprendre la mort de Julien avant le retour des troupes, ce général, à la tête d'une armée fraîche et entière, soulèverait en sa faveur tout l'empire, sans trouver de résistance. Selon quelques auteurs, Jovien était impatient d'aller montrer au milieu des provinces romaines la nouvelle puissance dont il était revêtu, et qu'il n'aurait osé espérer dans le temps qu'il en était sorti à la suite de Julien. Il n'a pas régné assez long-temps pour donner lieu de juger avec quelque certitude, s'il était capable d'écouter un sentiment si frivole. Mais il est indubitable qu'il fut moins opiniâtre dans le péril, parce qu'il ne s'y était pas lui-même engagé; et que dans les situations fâcheuses un successeur succombe sans rougir, et se décharge de la honte sur l'auteur de l'entreprise. Il accepta donc les propositions de Sapor. Il demanda seulement, et obtint avec beaucoup de peine, que les habitants de Nisibe[341] sortiraient de leur ville avant qu'elle fût livrée aux Perses, et que les Romains qui se trouvaient dans les autres places, auraient la liberté de se retirer sur les terres de l'empire[342]. Arsace fut compris dans le traité, à condition que, s'il survenait désormais quelque sujet de querelle entre les Arméniens et les Perses, les Romains ne se mêleraient point de leurs différends[343]. Par cet article, on abandonnait un prince allié et toujours fidèle[344]: Sapor le punissait des incursions qu'il avait faites dans la Médie[345] par ordre de Julien; il se réservait le moyen d'envahir l'Arménie sur le premier prétexte que son ambition lui fournirait[346]. Arsace, obligé de mettre une de ses filles entre les mains de Sapor[347], (l'histoire ne dit pas si ce fut en qualité d'otage ou d'épouse) fut, [quatre] ans après[348], la victime de ce traité. Pour en assurer l'exécution, on donna de part et d'autre des otages: ce furent du côté des Romains trois tribuns des plus distingués, Rémora, Victor et Bellovédius: du côté des Perses, un des principaux seigneurs nommé Binésès, et trois satrapes considérables[349]. La paix fut jurée pour trente ans[350].

[340] Ammien Marcellin les représente comme une troupe de flatteurs qui obsédait un prince faible: adulatorum globus, dit-il, l. 25, c. 7, instabat timido principi, Procopii metuendum subserens nomen.—S.-M.

[341] Selon Ammien, liv. 25, c. 7, la même condition était applicable à la ville de Singara. Zosime, l. 3, c. 31, ne nomme que Nisibe.—S.-M.

[342] Difficilè hoc adeptus ut Nisibis et Singara sine incolis transirent in jura Persarum, a munimentis verò alienandis reverti ad nostra præsidia Romani permitterentur. Amm. Marc., l. 25, c. 7. Selon Zosime, l. 3, c. 31, le traité portait que les places abandonnées seraient cédées avec leurs habitants, leurs propriétés, leurs animaux, et en général tout ce qu'elles contenaient; μετὰ τῶν οἰκητόρων, καὶ κτημάτων, καὶ ζώων, καὶ πάσης ἀποσκευῆς.—S.-M.

[343] Il paraîtrait au contraire, ce qui est plus vraisemblable et plus conforme aux faits, d'après les propres paroles d'Ammien Marcellin, qu'Arsace ne fut pas compris dans le traité et qu'on y spécifia, qu'on ne lui fournirait pas les secours qu'il pourrait demander. Quibus exitiale, dit Ammien Marcellin, l. 25, c. 7, aliud accessit et impium, ne post hæc ita composita, Arsaci poscenti contra Persas ferretur auxilium, amico nobis semper et fido. Zosime dit, l. 3, c. 31, que les Perses enlevèrent la plus grande partie de l'Arménie aux Romains, qui n'en gardèrent qu'une petite portion.—S.-M.

[344] Au sujet de la fidélité d'Arsace, voyez ci-devant, p. 37-43, l. XIII, § 31 et 32.—S.-M.

[345] Ou plutôt le canton de Chiliocome, ut puniretur homo, qui Chiliocomum mandatu vastaverat principis. Amm. Marc. l. 25, c. 7.—S.-M.

[346] Remaneret occasio, dit Ammien l. 25, c. 7, per quam subinde licenter invaderetur Armenia. Sapor ne manqua pas d'en profiter, et quelques années après, selon le même historien, Arsace fut pris vivant, et les Perses, profitant des troubles et des divisions, s'emparèrent d'Artaxate et de la plus grande partie de l'Arménie, voisine de la Médie. Unde postea contigit, ut vivus caperetur idem Arsaces, et Armeniæ maximum latus Medis conterminans, et Artaxata inter dissensiones et turbamenta raperent Parthi. Ces événements, passés sous silence par Lebeau, seront racontés d'après les auteurs arméniens, combinés avec les grecs et les latins, avec tous les développements convenables, et placés sous leur véritable époque, restée inconnue jusqu'à présent. Voy. ci-après, l. XVII, § 3-13.—S.-M.

[347] Il s'agit ici d'une fille d'un roi d'Arménie, et très-probablement d'une fille d'Arsace, gardée en otage dans une forteresse de la Médie. Il en est question dans les actes des martyrs syriens, recueillis par Marouta, évêque de Martyropolis, au cinquième siècle, et publiés par Assémani. Il y est dit (t. 1, p. 193), que le corps du martyr Acepsimas fut sauvé et conservé par cette princesse. Comme ce fait arriva en l'an 67 du règne de Sapor, par conséquent vers l'an 378, époque à laquelle le roi d'Arménie était mort depuis long-temps; on voit qu'on ne peut pas conclure de cette indication, qu'il y ait eu en l'an 363, aucune transaction entre Sapor et le roi d'Arménie, ainsi que je l'ai déja remarqué, p. 162, note 3, et que celui-ci eût été obligé alors de donner une de ses filles en otage. Il était depuis ce temps arrivé assez d'événements en Arménie, pour que la princesse ait pu être amenée en Perse par des circonstances toutes différentes. Lebeau n'a fait qu'adopter une conjecture de Tillemont (t. V, Valens, art. 12), qui avait puisé dans les Bollandistes (22 avril) la mention de cette fille du roi d'Arménie. Cette conjecture n'est pas confirmée par les faits. Tout démontre qu'il n'y eut alors aucun traité entre les Perses et les Arméniens, et que les premiers, profitant de la tranquillité que les Romains leur laissaient, continuèrent avec vigueur et avec toutes leurs forces la guerre contre Arsace.—S.-M.

[348] Lebeau avait mis neuf ans, en suivant encore les conjectures de Tillemont, et il s'est trompé après lui. Ce n'est pas en l'an 372, mais en 367, qu'Arsace, après une guerre longue et sanglante, tomba enfin vivant entre les mains de Sapor. Il existait du temps de ces auteurs bien peu de moyens d'éclaircir cette histoire, et d'éviter les erreurs qu'ils ont commises. Je ferai disparaître l'inexactitude de leurs récits, et je suppléerai à leur silence dans mes additions au l. XVII, § 3-13 et 57-67.—S.-M.

[349] Bineses e numero nobilium optimatum, tresque alii Satrapæ non obscuri. Amm. Marc. l. 25, c. 7.—S.-M.

[350] Fæderata itaque pace annorum triginta. Amm. Marc. l. 25, c. 7. Zosime en dit autant (l. 3, c. 31); mais selon Rufin (Hist. ecclés., l. 11, c. 1), cette paix fut seulement de vingt-neuf ans, in XX et IX annis pace composita.—S.-M.

XII.

Examen de ce traité.

Tous les auteurs cités ci-dessus.

La Bléterie, dissertation sur la paix de Jovien.

Tous les auteurs conviennent que ce traité était ignominieux. Les chrétiens en rejettent toute la honte sur Julien, dont la témérité ne laissa pas à Jovien d'autre voie pour sauver les tristes débris de son armée. En ce point ils s'accordent[351] avec Eutrope, qui avoue que cette paix était aussi nécessaire qu'elle était déshonorante[352]. Mais cet historien fait un reproche à Jovien d'en avoir rempli les conditions: il prétend que ce prince aurait dû s'en affranchir, et suivre les anciennes maximes de la république, qui ne se crut pas engagée par les paroles que ses généraux avaient données aux Samnites, aux Numantins, à Jugurtha; et Ammien Marcellin paraît être du même avis. Un écrivain moderne, aussi judicieux qu'élégant et poli[353], a discuté ces deux questions avec beaucoup de précision et de justesse. Il prouve par des raisons solides que si Jovien est excusable d'avoir consenti à cette paix, on ne peut cependant le disculper tout-à-fait; puisque, selon la remarque d'Ammien Marcellin, elle n'était pas nécessaire avant les quatre jours que l'on perdit à négocier, au lieu de marcher vers la Corduène. Pour le second point qui concerne l'exécution du traité, il convient que les exemples empruntés de la république ne concluent rien à l'égard d'un souverain; mais il fait voir que les maximes du droit public rendaient à Jovien la liberté que la différence du gouvernement semblait lui ôter. Les monarques romains n'étant qu'usufruitiers et non pas propriétaires de l'empire, ils n'en pouvaient aliéner la moindre partie, sans l'aveu de la nation, et surtout des peuples qui habitaient le pays dont ils voulaient se dessaisir. Ce consentement exprès ou tacite doit être supposé dans les cessions qu'Hadrien, Aurélien, Dioclétien avaient faites de quelques portions de l'empire; autrement ces cessions n'auraient pas été légitimes: Le traité de Jovien avec Sapor était donc nul de plein droit: au lieu de le ratifier, Jovien pouvait et devait faire réclamer le sénat de Rome et celui de Constantinople, écouter les justes réclamations des habitants de Nisibe, et du moins ne pas ôter à ces malheureux la liberté de se défendre. Mais les principes du droit public n'étaient point alors éclaircis; et Jovien, qui ne fut jamais que soldat, les avait moins étudiés que personne. Les principes généraux sur l'obligation du serment, combinés avec l'idée vague du pouvoir sans bornes que depuis long-temps à la cour et dans les armées on attribuait aux empereurs, produisirent dans une ame religieuse l'effet qu'ils devaient naturellement y produire. Le même auteur observe encore que l'épuisement de l'empire, la faiblesse des habitants de Nisibe, la supériorité des forces de Sapor, et l'intérêt particulier de Jovien durent contribuer à fortifier ses scrupules. Je n'ajouterai à ces raisons qu'une réflexion qui me paraît naturelle. Avant la conclusion du traité, Jovien n'avait qu'un parti à prendre, s'il était possible; c'était celui qu'Ammien Marcellin lui reproche de n'avoir pas suivi. Si ce parti était impraticable, il devait balancer lequel des deux serait plus contraire au bien et à l'honneur de l'empire, ou de perdre et sa personne et son armée entière, ou de céder les provinces et les villes que Sapor exigeait comme une rançon. Mais le traité étant une fois conclu, quelque parti que prît l'empereur, il ne pouvait plus agir sans se rendre blâmable, ou d'imprudence, s'il observait une convention nulle et contraire aux intérêts de l'état; ou de mauvaise foi, si en la violant il faisait connaître qu'il s'était joué des serments, et qu'il avait promis ce qu'il ne pouvait, ni ne devait exécuter.

[351] Fœdus cum Sapore Persarum regi etsi parum putant dignum, satis tamen necessarium pepigit. Oros. l. 7, c. 31.—S.-M.

[352] Necessariam quidem, sed ignobilem. Eutr. l. 10, c. 17.—S.-M.

[353] La Bléterie dans son histoire de Jovien.—S.-M.

XIII.

Jovien repasse le Tigre.

Amm. l. 25, c. 8.

Liban. or. 10, t. 2, p. 325. Chrysost. de Sto Babyla contra Jul. et Gent. t. 2, p. 576.

Zos. l. 3, c. 33.

[Chron. Alex. vel Pasch. p. 299.]

Zon. l. 13, t. 2, p. 28.

Till. Jovien, note 1.

Délivrés de la crainte des Perses, les Romains s'éloignèrent des bords du Tigre, où l'inégalité du terrain fatiguait extrêmement les hommes et les chevaux. Mais ils manquaient d'eau et de vivres. C'était encore une faute de Jovien, de n'avoir pas stipulé que Sapor fournirait des subsistances aux troupes romaines, tant qu'elles seraient sur les terres de la Perse[354]. Plusieurs soldats moururent de faim ou de soif. Mais le désir de se délivrer de ces deux maux, en fit encore périr un plus grand nombre. Ils se dérobaient pour gagner le fleuve, et s'efforçant de le traverser à la nage, une partie était engloutie dans les eaux: plusieurs ayant atteint l'autre bord, y trouvaient des coureurs sarrasins ou perses, qui les massacraient ou les traînaient en esclavage. Jovien prit enfin le parti de passer le Tigre. Au premier signal, tous les soldats accourent au fleuve, avec une ardeur incroyable. Le danger du passage n'a rien d'effrayant pour eux: chacun veut être le premier à quitter cette terre malheureuse. Les uns s'exposent sur des claies, d'autres sur des outres, tenant leurs chevaux par la bride. Il n'est point d'expédient si périlleux, dont ils ne s'avisent. Quelques-uns se noyèrent: les autres emportés bien loin par la force du courant, parvinrent à la rive tant désirée. L'empereur passa dans les barques que Julien avait réservées[355], et les renvoya à l'autre bord jusqu'à ce que toute l'armée fût entièrement passée. Ils se trouvaient enfin sur le terrain de la Mésopotamie; mais ces vastes plaines n'offraient à leur vue que des sables stériles et de nouveaux malheurs, lorsque les coureurs vinrent leur donner l'alarme. A quelque distance de là, les Perses travaillaient à jeter un pont, à dessein de profiter de la confiance que le traité inspirait aux Romains, et de surprendre les traîneurs et les chevaux de bagage affaiblis par la faim et accablés de fatigue. On alla les reconnaître, et dès qu'ils virent leur perfidie découverte, ils disparurent et renoncèrent à l'entreprise. On arriva par une marche forcée près de Hatra[356], ville ancienne, située au milieu d'un désert et depuis long-temps abandonnée. Elle avait été autrefois une place importante. Trajan et Sévère l'avaient inutilement assiégée; ils avaient manqué d'y périr avec toutes leurs troupes[357]. De là il fallait traverser vingt-quatre lieues[358] de sables arides; on n'y trouvait que de l'eau saumâtre et croupissante, et des herbes amères, telles que l'auronne, l'absynthe et la serpentine[359]. On fit provision d'eau douce: on tua des chameaux et des bêtes de somme, dont la chair, quoique mal saine, fut pendant six jours l'unique nourriture de l'armée. Enfin, on arriva au château d'Ur[360], qui appartenait aux Perses: là se rendirent Cassianus commandant des troupes de Mésopotamie, et le tribun Mauricius, que Jovien avait envoyé pour ramasser des vivres. Ils apportaient les subsistances que l'armée de Procope et de Sébastien avait épargnées par une prudente économie.

[354] Rufin rapporte cependant dans son Histoire ecclésiastique (l. 11, c. 1) que les Perses fournirent des vivres à l'armée romaine, et même il loue leur humanité à cette occasion. Exercitui quoque inedia consumpto cibos cæteraque necessaria in mercimoniis polliceri, omnique humanitate nostrorum temeritatem emendare. Théodoret est d'accord avec lui, il dit positivement (l. 4, c. 2), que le roi de Perse envoya des vivres aux soldats, τροφὰς τοῖς ϛρατιώταις ἐξέπεμψεν, et il fit établir un marché dans le désert près du camp, καὶ ἀγορὰν αὐτοῖς ἐν τῇ ἐρήμῳ γενέσθαι προσέταξε.—S.-M.

[355] Selon Libanius (or. 10, t. 2, p. 302), ces barques avaient été perdues pendant la retraite de Julien. Zosime (l. 3, c. 28) dit aussi que, laissées loin derrière l'armée, elles étaient tombées au pouvoir de l'ennemi, après la bataille de Maranga, καὶ πλοῖα δὲ ἥλω, κατόπιν πολὺ τοῦ ϛρατοπέδου τοῖς πολεμίοις περιπεσόντα. Il paraît que ces deux auteurs se trompent, ou que quelques circonstances actuellement inconnues ont donné lieu à un malentendu; car le témoignage d'Ammien Marcellin, qui faisait partie de l'expédition, est formel. Imperator, dit-il, l. 25, c. 8, ipse brevibus lembis, quos post exustam classem docuimus remansisse.—S.-M.

[356] Propè Hatram venimus, vetus oppidum in media solitudine positum, olimque desertum. Amm. Marc. l. 25, c. 8. Les auteurs grecs donnent à cette ville le nom d'Atra, ne pouvant exprimer l'aspiration initiale, que présente le nom original, et qui n'a pas été négligée par les Latins. Les Arabes qui l'appellent Hadhr, en parlent comme d'une ville superbe, mais abandonnée depuis long-temps. On voit par le récit d'Ammien Marcellin que sa désertion remontait à une époque bien ancienne. Elle se trouvait dans le désert à l'occident de Tekrit sur le Tigre. Selon Hérodien, l. 3, § 22, elle était sur le sommet d'une montagne très-élevée, environnée de fortes murailles, bien peuplée d'hommes, habiles à tirer de l'arc, ἧν δὲ πόλις ἐπ' ἄκρας ὑψηλοτάτης ὄρους, τείχει μεγίστῳ καὶ γενναίῳ περιβεβλημένη, πλήθει ἀνδρῶν τε τοξοτῶν ἀκμάζουσα. Dion Cassius en parle souvent, il décrit avec exactitude le pays qui l'environne. Selon lui, cette ville était consacrée au soleil, l. 68, § 31, t. 2, p. 1145, ed. Reimar.—S.-M.

[357] Les rois des Atréniens, placés entre les deux empires Parthe et Romain, s'étaient rendus redoutables à l'un et à l'autre. Ils ne combattirent pas avec moins de courage contre les rois de Perse, que contre Trajan et Sévère. On voit par Dion Cassius qu'Artaxerxès, ou Ardeschir, fils de Babek, leur fit la guerre (Dion Cassius, l. 80, t. 2, p. 1376, ed. Reimar.). Il paraîtrait résulter des récits orientaux que ce royaume fut détruit par Sapor Ier, fils d'Ardeschir, de l'an 240 à l'an 271. Voyez la traduction de l'Histoire des Sassanides de Mirkhond, par M. Silvestre de Sacy, p. 286. Les auteurs arabes, qui parlent des rois d'Atra, rapportent que leur puissance s'étendait depuis le Khabour jusqu'au Tigre.—S.-M.

[358] Adusque lapidem septuagesimum, pendant soixante et dix milles. Amm. Marc., l. 25, c. 8.—S.-M.

[359] Abrotonum, et Absinthium, et dracontium, aliaque herbarum genera tristissima. Amm. Marc. l. 25, c. 8.—S.-M.

[360] Ad Ur nomine Persicum venêre castellum. Amm. Marc. l. 25, c. 8. Il est impossible d'indiquer la position de cette forteresse, qui n'est pas mentionnée ailleurs.—S.-M.

XIV.

Il s'assure de l'Occident.

La mort de Julien était encore ignorée en Occident. Jovien envoya en Illyrie et en Gaule le secrétaire Procope et le tribun Mémoridus, pour y porter la nouvelle de son élévation à l'empire. Ils avaient ordre de mettre entre les mains de Lucillianus, son beau-père, le brevet de commandant général de la cavalerie et de l'infanterie, et de le presser de se rendre en diligence à Milan, pour être à portée d'étouffer dès leur naissance les troubles qui pourraient s'élever dans les provinces Occidentales. Ce Lucillianus était différent de celui que nous avons vu à la suite de Julien commander sa flotte sur l'Euphrate. Le beau-père de Jovien était ce commandant des troupes d'Illyrie, que Julien avait surpris près de Sirmium et traité avec mépris. Toujours attaché à Constance, il avait quitté ses emplois sous son successeur, et s'était retiré dans cette ville. Par une dépêche secrète, Jovien lui désignait des officiers d'une capacité et d'une fidélité reconnue, dont il devait se faire aider dans le détail des affaires. Malarich, cet officier franc, ami de Silvanus, dont la probité s'était inutilement fait connaître à la cour de Constance, était alors sans emploi en Italie. L'empereur le nomma pour remplacer Jovinus dans le commandement des troupes de la Gaule[361]. Il y trouvait un double avantage: il déplaçait un homme puissant, qui se soutenait par lui-même, et qui pouvait devenir le rival de son maître; et il avançait un inférieur, qui ne pouvait affermir sa fortune qu'en maintenant celle de son protecteur. Jovien recommanda à ses envoyés de faire valoir sa conduite dans l'expédition de Perse, de publier partout qu'elle avait été couronnée du succès le plus favorable, de courir jour et nuit pour intimer ses ordres aux commandants des troupes et des provinces, de sonder leurs dispositions, et de revenir promptement avec leurs réponses, afin qu'il pût en conséquence prendre les mesures les plus sûres pour établir solidement son autorité. Mais, malgré leur diligence, ils furent prévenus par la renommée qui ignore tous ces ménagements politiques, et qui n'est jamais plus rapide que pour annoncer les événements malheureux.

[361] Magister armorum per Gallias. Amm. Marc., l. 25, c. 8.—S.-M.

XV.

Il arrive à Nisibe.

Pendant que Jovien s'occupait de ces dispositions, on avait consumé le peu de vivres que Cassianus et Mauricius avaient apportés au camp. La disette était si extrême, qu'un boisseau de farine se vendait dix pièces d'or, c'est-à-dire, environ deux cents francs de notre monnaie. On prit le parti de tuer ce qui restait de bêtes de somme, et d'abandonner leur charge dans ce désert. Après cette triste nourriture il ne leur restait plus d'autre ressource que de se manger les uns les autres[362]. Les soldats se trouvaient dénués de tout, et comme échappés d'un naufrage. Les mieux armés n'avaient conservé qu'une moitié de bouclier ou un tronçon de leur lance. La plupart étaient languissants et malades: tous portaient sur un front abattu la honte du traité, l'unique fruit de leur expédition. En cet état ils arrivèrent à Thilsaphata[363], où Procope et Sébastien vinrent joindre l'empereur. Ils lui rendirent leur hommage à la tête de leurs officiers. Il leur fit un accueil favorable; et les deux armées réunies se hâtèrent d'arriver à Nisibe. La vue de cette ville excita dans leurs cœurs un sentiment de joie mêlé de douleur: elle était depuis long-temps le plus puissant boulevard de l'empire; elle allait devenir un des remparts de la Perse. Le prince campa hors de la ville[364]; et le sénat étant sorti pour le supplier de venir loger dans le palais selon l'usage de ses prédécesseurs, il n'y voulut pas consentir. Il rougissait sans doute de voir les Perses prendre sous ses yeux possession d'une ville, dont ils n'avaient jamais pu se rendre maîtres par la force des armes. On exécuta ce jour-là, par ordre de l'empereur, un de ces coups-d'état, que le despotisme regarde comme nécessaires; mais qui rendent toujours à la postérité le crime douteux et la punition odieuse. A l'entrée de la nuit on vint saisir à table dans sa tente Jovien premier secrétaire de l'empereur: on le conduisit dans un lieu écarté, où il fut précipité dans un puits sans eau, qui fut ensuite comblé de pierres. C'était un de ces trois braves qui étaient sortis les premiers du souterrain au siége de Maogamalcha. Après la mort de Julien, quelques-uns l'avaient proposé comme digne du diadème. Loin d'effacer par sa modestie ce crime irrémissible aux yeux d'un prince qui n'a pas l'ame élevée, il aigrissait la jalousie du souverain par des murmures qu'il croyait secrets, et par les repas trop fréquents qu'il donnait aux officiers de l'armée.

[362] In corpora sua necessitas erat humana vertenda. Amm. Marc. l. 25, c. 8.—S.-M.

[363] La position de cette ville est aussi inconnue; on voit seulement par la direction que suivit l'armée qu'elle devait être à une certaine distance au sud de Nisibe. La première partie de ce nom (Thilsaphata) semble indiquer qu'elle était sur une hauteur. Thil ou Tel en syriaque et en arabe signifie une colline, et par cette raison, il entre dans la composition de beaucoup de noms géographiques en Syrie et en Mésopotamie. D'Anville croit dans son traité sur le cours du Tigre et de l'Euphrate, p. 93, que Thilsaphata répond à un lieu moderne appelé Tell-aafar. Cette opinion me paraît peu fondée.—S.-M.

[364] Extra urbem stativa castra posuit princeps. Amm. Marc. l. 25, c. 8.—S.-M.

XVI.

Nisibe abandonnée aux Perses.

Amm. l. 25, c. 9.

Chrysost. de Sto Babyla et contr. Jul. et Gent. t. 2, p. 576.

Zos. l. 3, c. 33 et 34.

Chron. Alex. vel Pasch. p. 299.

Joan. Ant. Till. Jovien, art. 4.

Dès le lendemain Binésès, chargé par Sapor de recevoir les places que Jovien devait céder, entra dans Nisibe avec la permission de l'empereur, et arbora sur la citadelle l'étendard de la Perse[365]. On signifia aussitôt aux habitants qu'ils eussent à sortir de la ville. Cet ordre affligeant porta de toutes parts l'alarme et le désespoir. Les uns du haut de leurs tours et de leurs murailles tendaient les bras vers le camp des Romains; la plupart sortant en foule coururent vers l'empereur; et les mains jointes, prosternés à ses pieds, ils le conjuraient avec larmes de ne les pas arracher du sein de leur patrie. L'empereur, sensible à ces cris, mais inébranlable dans la résolution de tenir sa parole, répondit avec tristesse, qu'il ne pouvait contenter leurs désirs sans se rendre coupable d'un parjure.

[365] Selon la chronique de Malala, (part. 2, p. 27), et selon celle d'Alexandrie, p. 299, ce fut le satrape Junius, dont il a déja été parlé ci-devant, p. 159, note 2, l. XV, § 9, qui prit possession de la ville au nom du roi de Perse. Comme Junius avait déja été employé dans les négociations qui avaient amené la cession de Nisibe, il ne serait pas étonnant qu'il eût été l'un des trois seigneurs, qui, selon Ammien Marcellin (l. 25, c. 7), accompagnèrent Binésès. Celui-ci pouvait alors l'avoir chargé spécialement de la réception de Nisibe.—S.-M.

XVII.

Discours de Sabinus.

Alors, Sabinus, distingué entre les habitants par sa naissance et par sa fortune[366], élevant sa voix: «Prince, dit-il, écoutez les dernières paroles de Nisibe. Constance plusieurs fois vaincu par les Perses, réduit dans sa fuite à recevoir de la main d'une pauvre femme un morceau de pain pour conserver sa vie[367], n'a pourtant jusqu'à sa mort rien cédé aux ennemis. Trois fois il a vu Nisibe assiégée et prête à succomber sous la puissance de Sapor: trois fois il l'a vue sauvée. Jovien invincible abandonnera-t-il, dès les premiers jours de son règne, le plus ferme rempart qui puisse couvrir ses provinces? Est-ce là ce que l'empire doit à Nisibe, pour lui avoir servi de barrière depuis si long-temps? Faudra-t-il qu'un peuple accoutumé aux lois romaines, aussi romain que les habitants de la capitale de l'empire, prenne les mœurs et les coutumes des barbares? Jour funeste, et tel que Rome n'en a jamais vu depuis qu'elle subsiste! Quelques empereurs ont resserré les bornes de leur domination; ils ont abandonné des provinces; mais c'était un abandon volontaire et politique; ils n'en ont pris la loi que d'eux-mêmes: ils ne les ont pas cédées à leurs ennemis. Si vous craignez que la défense de notre ville ne vous coûte trop de sang et de dépenses, laissez Nisibe à elle-même: seule, sans autre secours que celui du ciel et le courage de ses habitants, elle saura se conserver, comme elle a déja fait plus d'une fois. Nous ne vous demandons que la permission de nous défendre: nous la recevrons comme une grace, qui vous assurera pour jamais notre obéissance et notre fidélité».

[366] Sabinus fortunâ et genere inter municipes clarus. Amm. Marc. l. 25, c. 9. Selon Zosime (l. 3, c. 33), il était président du sénat de Nisibe, τοῦ βουλευτικοῦ προεστὼς καταλόγου. La chronique de Malala (part. 2, p. 27), et celle d'Alexandrie, p. 300, rapportent qu'il prenait le titre de comte, et qu'il était le chef politique de la ville, κόμης τῇ ἀξίᾳ, καὶ πολιτευόμενος τῆς πολεως. Cette dernière indication est conforme à ce que nous apprend Zosime. Il faut seulement remarquer que dans ces deux ouvrages Sabinus est nommé Silvanus, parce que sans doute il a été confondu avec l'avocat de ce nom, qui dans la même occasion avait adressé de vifs reproches à Jovien.—S.-M.

[367] Constantium immani crudescente bellorum materiâ superatum a Persis interdum, deductumque postremὸ per fugam cum paucis ad Hibitam stationem intutam, panis frusto vixisse precario, ab anu quadam agresti porrecto, nihil tamen ad diem perdidisse supremum. Amm. Marc. l. 25, c. 9. L'orateur fait ici allusion aux malheurs éprouvés par Constance après la désastreuse bataille de Singara, voyez ci-devant, t. I, p. 455, l. VI, § 49. Hibita, dont il est question dans le passage d'Ammien Marcellin, paraît être un lieu situé à 18 milles de Nisibe, et relaté sur la table de Peutinger.—S.-M.

XVIII.

Départ des habitants de Nisibe.

Jovien, piqué sans doute de ces paroles, qui couvraient tant de reproches sous une apparence de prières, se retranchait dans l'obligation que lui imposait la religion du serment. Un trait satirique acheva de l'aigrir. Comme après plusieurs refus, il acceptait avec répugnance une couronne, qui lui était présentée par le sénat et le peuple de Nisibe, un avocat nommé Silvanus, s'écria: Prince, puissiez-vous recevoir des autres villes de votre empire d'aussi glorieuses couronnes[368]. Aussitôt l'empereur déclara qu'il ne leur donnait que trois jours pour évacuer la place. Ce fut un spectacle déplorable. Les soldats, qui avaient ordre de presser les habitants, menaçaient de la mort quiconque passerait le terme prescrit. Dans cette étrange confusion, tout retentissait de gémissements et de sanglots. On enlevait à la hâte ce qu'on pouvait emporter. Le luxe et les richesses avaient perdu pendant ces jours-là leur faux titre de préférence: faute de chevaux et de voitures on abandonnait les meubles les plus précieux, pour ne se charger que des effets les plus méprisés, mais les plus nécessaires au soutien de la vie. Il fallait arracher les femmes des tombeaux de leurs maris, de leurs enfants, de leurs pères, qu'elles arrosaient de leurs larmes, et qu'elles ne quittaient qu'avec des cris lamentables. Tous les chemins étaient remplis de ces infortunés fugitifs, qui, tournant cent fois les yeux vers leur patrie, pleurant, s'embrassant les uns les autres, se disaient un éternel adieu, pour prendre la route de l'exil que chacun avait choisi. La plupart se retirèrent sur les ruines d'Amid. Ils y portèrent le corps de saint Jacques. Les reliques de ce saint évêque avaient été conservées comme la sauve-garde de Nisibe; et quelques mois auparavant, Julien ayant ordonné de les transporter hors de la ville, on était persuadé que cette place importante avait en même temps perdu sa plus forte défense. Jovien fit bâtir pour cette malheureuse colonie un bourg aux portes d'Amid dont il releva les murailles; il le renferma dans la même enceinte: on le nomma la nouvelle Nisibe[369]. Le tribun Constantius fut chargé de remettre aux Perses les provinces et les autres places, qui devaient leur être livrées en conséquence du traité. Cette cession honteuse est la plus ancienne époque du démembrement de l'empire. Les cinq provinces alors abandonnées aux Perses ne revinrent jamais aux Romains[370]. Ce fut, pour ainsi dire, la première pierre, qui se détacha de ce vaste édifice, et qui annonçait déja sa chute, quoiqu'elle fût encore éloignée.

[368] Ita, inquit, imperator a civitatibus residuis coroneris. Amm. Marc., liv. 25, c. 9.—S.-M.

[369] Jean Malala et l'auteur de la chronique Paschale (loc. laud.), rapportent que ce bourg, bâti auprès des murs d'Amid, reçut le nom de bourg de Nisibe, καλέσας τὴν κώμην Νισίβεως, et qu'on y plaça tous les émigrés venus de la Mygdonie, πάντας τοὺς ἐκ τῆς Μυγδωνίας χώρας οἰκεῖν ἐποίησεν.—S.-M.

[370] Ce fait n'est pas exact. Le patriarche d'Arménie, Jean VI, rapporte dans son histoire, écrite en arménien au commencement du dixième siècle, que la ville de Nisibe rentra sous la domination romaine vers la fin du 6e siècle, deux cent trente ans environ après sa cession. Elle fut alors donnée par le roi de Perse Chosroès II à l'empereur Maurice, comme un témoignage de sa reconnaissance pour les services qu'il lui avait rendus en le replaçant sur son trône. Il y joignit d'autres places en Mésopotamie, et plusieurs cantons en Arménie. Ces détails trouveront leur place dans la suite de cette histoire. Ces pays ne tardèrent pas à retomber entre les mains des Perses après la mort de Maurice, et bientôt ils passèrent au pouvoir des Arabes. Voyez à ce sujet mes Mémoires hist. et géogr. sur l'Arménie, t. 1, p. 25. Quant aux cinq provinces au-delà du Tigre, cédées avec Nisibe, elles ne revinrent pas effectivement aux Romains, elles continuèrent à être gouvernées pendant long-temps par de petits princes indigènes, feudataires des Perses, comme ils l'avaient été de l'empire.—S.-M.

XIX.

Diversité des impressions que fit la mort de Julien.

Amm. l. 25, c. 9.

Liban. vit. t. 2, p. 45 et 46. or. 9, p. 251 or. 10, p. 260 et 330, et de templ. p. 24.

Zos. l. 3, c. 34.

Theod. l. 3, c. 28.

Pendant le séjour que Jovien fit aux environs de Nisibe, il envoya Procope et Mérobaudes[371] avec un détachement de ses troupes, pour transporter à Tarse le corps de Julien, suivant les dernières volontés de ce prince. Julien, pendant sa vie, n'avait point excité de sentiments médiocres: il avait été un objet d'admiration ou d'horreur. La nouvelle de sa mort produisit des effets semblables; elle ne causa que des transports ou d'une joie immodérée, ou d'une excessive douleur. Les chrétiens les moins instruits, surtout dans Antioche, remplie d'une jeunesse légère et folâtre, oublièrent que la religion, qui épure et perfectionne l'humanité, oblige d'aimer ses ennemis et de plaindre leurs malheurs. Ils s'abandonnèrent à une sorte d'ivresse: ce n'étaient que festins et fêtes publiques. On dansait dans les églises et sur les tombeaux des martyrs, comme sur des théâtres; et, par un échange indécent, les théâtres étaient devenus des temples où l'on chantait la victoire du christianisme. Les prédictions dont le malheureux Julien s'était abusé, fournissaient des sujets de comédies; on jouait les prophéties de l'insensé Maxime; et la religion, si auguste et si majestueuse, fut mêlée à des scènes bouffonnes. Les païens, de leur coté, poussèrent le désespoir jusqu'à la fureur. A Carrhes on lapida celui qui apporta le premier cette triste nouvelle, et on le laissa enseveli sous un monceau de pierres. Libanius dit qu'au premier bruit de cette mort, il fut tenté de s'arracher la vie: mais sa vanité le sauva; il se crut réservé par ses dieux pour faire le panégyrique de son héros. Il s'en acquitta par deux discours, aussi pleins d'enthousiasme pour son idole, que de rage contre les chrétiens. Ce sophiste fut pendant toute sa vie dévoué à Julien jusqu'au fanatisme: il lui survécut plus de vingt-sept ans. On peut dire qu'il s'exposa même à devenir son martyr, s'il avait eu affaire à des princes moins modérés; il eut la hardiesse d'adresser à Valentinien et à Valens un discours, dans lequel il les blâmait vivement de leur négligence à venger la mort de Julien; et il osa fatiguer encore des louanges de ce prince odieux, le grand Théodose, le plus zélé destructeur de l'idolâtrie. Plusieurs villes élevèrent sur leurs autels les images de Julien entre celles de leurs dieux.

[371] C'est dans Philostorge qu'a été prise la mention de Mérobaudes. Ammien Marcellin ne parle que de Procope.—S.-M.