[712] C'était, selon les Égyptiens, dit Macrobe, l. 1, c. 20, le plus grand des dieux. Sarapis, quem Ægyptii deum maximum prodiderunt.—S.-M.

[713] C'est l'opinion rapportée par Plutarque (de Isid. et Osir.), d'après l'interprète Timothée et l'historien Manéthon. On la trouve aussi dans Tacite (Hist. lib. 4, c. 84) qui dit: Deum ipsum multi Æsculapium, quod medeatur ægris corporibus; quidam Osirin, antiquissimum illis gentibus numen; plerique Jovem, ut rerum omnium potentem; plurimi Ditem patrem, insignibus, quæ in ipso manifesta, aut per ambages conjectant. Cette opinion est encore dans Macrobe, l. 1, c. 19, cum Plutone Serapim conjungunt. La relation de l'historien arménien, Moïse de Khoren, qui alla à Alexandrie au cinquième siècle, fait voir que c'était le système admis à cette époque. Voyez le Journal Asiatique, t. 2, p. 329. On peut consulter aussi ce qu'en dit Julien, or. 4, p. 136.—S.-M.

[714] Jablonski a réuni dans son Panthéon Égyptien, l. 2, c. 5, toutes les autorités que fournissent les écrivains de l'antiquité sur Sérapis. C'est de toutes les divinités égyptiennes celle dont il est le plus souvent question dans leurs ouvrages. Il n'est pas facile, au milieu des passages contradictoires qu'il a réunis, de se faire une idée juste de ce qu'était ce dieu. Les découvertes et les dissertations plus modernes ont plutôt encore contribué à obscurcir la question qu'à l'éclaircir. Jablonski pense que dans un certain sens Sérapis était le Nil, et dans un autre le soleil d'hiver ou le soleil dans les signes inférieurs.—S.-M.

[715] Quidam in honorem nostri Joseph formatum perhibent simulacrum, dit Rufin, l. 12, c. 23. La même opinion se retrouve dans Julius Firmicus Maternus, c. 14.—S.-M.

[716] Simulacrum Serapis ita erat vastum, ut dextera unum parietem, alterum læva perstringeret. Rufin. Hist. Eccles. l. 12, c. 23.—S.-M.

[717] On l'appelait calathus; il est assez difficile de savoir ce que c'était; mais pour sûr ce n'était pas un casque.—S.-M.

[718] Macrobe donne la description de la statue de Sérapis, l. 1, c. 20: Omnem, dit-il, illam venerationem soli se sub illius nomine testatus impendere, vel dum calathum capiti ejus infigunt, vel dum simulacro signum tricipitis animantis adjungunt: quod exprimit medio eodemque maximo capite leonis effigiem. Dextera parte canis caput exoritur mansueta, specie blandientis. Pars vero læva cervicis rapacis lupi capite finitur; easque formas animalium draco connectit volumine suo capite redemit: ad dei dexteram quam compescitur monstrum.—S.-M.

[719] On sait comment, sous le règne de Ptolémée Philadelphe, d'autres disent sous celui de Ptolémée Soter, ce qui est plus vraisemblable, on amena de Sinope une ancienne statue très-révérée et que ses attributs firent prendre par les Égyptiens pour une image de leur dieu Sérapis. Elle en reçut le nom, fut placée dans le temple de ce dieu, où elle devint l'objet de la vénération universelle. Le culte que l'on voua à cette divinité dans la capitale de l'empire des Macédoniens, en Égypte, contribua puissamment à augmenter la dévotion que l'on y avait déja pour ce dieu, qui devint alors, pour ainsi dire, la principale divinité des Égyptiens. Voyez Plutarch., de Isid. et Os. Tacit. l. 4, c. 84.—S.-M.

[720] Sedem, ex qua transierit (Serapis), dit Tacite, Histor. lib. 4, c. 84, Memphim perhibent, inclytam olim et veteris Ægypti columen. Pausanias, l. 1, c. 18, est d'accord avec Tacite, quand il dit que les Égyptiens ont beaucoup de temples dédiés à Sérapis, que le plus célèbre est à Alexandrie et le plus ancien à Memphis. Αἰγυπτίοις δὲ ἱερὰ Σαράπιδος, ἐπιφανέστατον μὲν ἐστιν Ἀλεξανδρεῦσιν, ἀρχαιότατον δὲ ἐν Μέμφει.—S.-Μ.

[721] S. Clément d'Alexandrie rapporte effectivement dans son exhortation aux payens, t. 1, p. 42 et 43, que cette statue avait été faite par les ordres de Sésostris, et exécutée par les artistes qu'il avait amenés en grand nombre, après avoir soumis plusieurs nations de la Grèce. Σέσωστρίν φησι τὸν Αἰγύπτιον βασιλέα, τὰ πλεῖστα τῶν παρ' Ἑλλησὶ παραστησάμενον ἐθνῶν, ἐπανελθόντα εἰς Αἴγυπτον, ἐπαγαγέσθαι τεχνίτας ἱκανούς. Il raconte ensuite que cette statue était faite d'or, d'argent, de cuivre, de fer, de plomb et d'étain; on y avoit mis toutes les pierres précieuses connues des Égyptiens, comme le saphir, l'hématite, l'éméraude et la topaze. Le tout avait été mêlé, poli et recouvert d'une couleur, ce qui donnait à la statue entière une apparence noire. On trouve dans Rufin, Hist. Ecclés., l. 12, c. 13, des détails à peu près semblables sur cette statue.—S.-M.

[722] L'auteur de l'histoire fabuleuse d'Alexandre publiée par l'abbé Mai, rapporte, l. 1, c. 30, que cette statue était faite d'une matière qu'il n'était pas donné à l'homme de connaître. Simulacrum ex ea materia figuratum, quam dinoscere homini virium non est. On assurait, dit S. Clément d'Alexandrie (Cohort. ad gent., tom. 1, pag. 42.), qu'elle n'avait pas été faite par une main humaine, τοῦτον ἀχειροποίητον εἰπεῖν τετολμήχασιν, τὸν Αἰγύπτιον Σάραπιν.—S.-M.

[723] Sa grandeur, dit Tacite, Histor. l. 4, c. 84, égalait celle d'une ville, templum pro magnitudine urbis exstructum. Il était, dit Sozomène, l. 7, c. 15, situé sur une colline, et également remarquable par sa grandeur et par sa beauté; ναὸς δὲ οὗτος ἦν κάλλει καὶ μεγέθει ἐμφανέστατος, ἐπὶ γεωλόφου κείμενος.—S.-M.

[724] Non natura, sed manu et constructione per centum aut eo amplius gradus in sublime suspensus. Rufin. lib. 12, c. 23.—S.-M.

[725] Loco, cui nomen Rhacotis, dit Tacite, Hist., l. 4, c. 84. Rhacotis est le nom d'une bourgade dont l'existence était antérieure à celle d'Alexandrie, et qui fut ensuite englobée dans l'enceinte de cette ville, dont elle forma un quartier. Les Coptes donnent souvent à la ville entière le nom de Rakoti, à cause de cette ancienne bourgade.—S.-M.

[726] Occultis aditibus invicem ipsemet distinctis, usum diversis ministeriis et clandestinis officiis exhibebant. Rufin. Hist. Eccles. l. 12, c. 23.—S.-M.

[727] On oublie de remarquer que cette bibliothèque fut pillée alors par les chrétiens. Orose le dit assez clairement, lib. 6, c. 15, quand il rapporte qu'il en vit les armoires vides plusieurs années après. Nos vidimus armaria librorum: quibus direptis, exinanita ea à nostris hominibus, nostris temporibus memorent.—S.-M.

[728] Tous ces détails sont dans l'Histoire Ecclésiastique de Rufin, l. 12, c. 23.—S.-M.

[729] His accedunt altis sublata fastigiis templa; inter quæ eminet Serapeum, quod licet minuatur exilitate verborum, atriis tamen columnariis amplissimis, et spirantibus signorum figmentis, et reliqua operum multitudine ita est exornatum, ut post Capitolium, quo se venerabilis Roma in æternum attollit, nihil orbis terrarum ambitiosius cernat. Amm. Marc., l. 22, c. 16.—S.-M.

XVII.

Fourberie des prêtres de Sérapis.

La fourberie des prêtres contribuait à le rendre célèbre par de faux miracles, propres à surprendre la crédulité du vulgaire. La statue de Sérapis étant placée à l'occident, on avait pratiqué dans le mur oriental une ouverture étroite et imperceptible, par laquelle le soleil, dans un certain jour de l'année, dardait à une certaine heure ses rayons sur la bouche de l'idole. Ce jour-là on apportait dans le temple une image du soleil pour saluer Sérapis. Le peuple, à la vue du rayon qui éclatait sur les lèvres de la statue, ne doutait pas que ce ne fût un baiser du dieu du jour: il applaudissait à grands cris à l'embrassement des deux divinités, et les prêtres ne manquaient pas, après quelques moments, de refermer l'ouverture et d'enlever l'image du soleil, dont la visite ne pouvait être plus longue sans trahir l'artifice. On raconte encore des prodiges d'une pierre d'aimant placée à la voûte du temple, et dont les prêtres seuls avaient connaissance. Si l'on en pouvait croire les auteurs sur cet article, elle aurait admirablement servi l'imposture. Selon quelques-uns, on plaçait sous cette pierre, une ou deux fois l'année, une figure du soleil d'un fer très-mince et très-léger, qui s'élevait d'elle-même jusqu'à la voûte. Selon d'autres, un char de fer avec les chevaux, représentant le char du soleil, y demeurait perpétuellement suspendu. Ils ajoutent que, dans le temps de la démolition, un chrétien ayant enlevé la pierre d'aimant, toute la machine tomba et se brisa avec fracas; mais ces merveilles sont de la même nature que celles qu'on a si long-temps débitées sur le tombeau de Mahomet.

XVIII.

On met en pièces la statue.

L'évêque, accompagné du gouverneur et du comte, étant entré dans le temple, commanda d'abattre la statue. Cet ordre fit pâlir d'effroi les chrétiens mêmes. C'était une opinion répandue parmi le peuple, que si quelqu'un osait porter la main sur Sérapis, la terre s'ouvrirait aussitôt, et que toute la machine du monde s'écroulerait dans l'abîme. Théophile, qui méprisait ces rêveries, donna ordre à un soldat armé d'une hache de frapper Sérapis. Au coup qu'il porta en tremblant, tous les assistants poussèrent un grand cri: le soldat redoubla et mit en pièces le genou de l'idole, qui n'était que de bois pourri. On le jetta au feu; et les païens s'étonnèrent de le voir brûler sans que ni le ciel ni la terre donnassent aucun signe de vengeance. On abattit la tête, dont il sortit une multitude de rats auxquels le dieu servait de retraite. On brisa ensuite les membres, on les arrachait avec des cordes, on les traînait par la ville, enfin on les réduisait en cendres. Le tronc fut brûlé dans l'amphithéâtre, et les païens eux-mêmes n'épargnèrent pas les railleries à cette divinité auparavant si redoutée.

XIX.

Destruction du temple.

On travailla ensuite à démolir le temple. Bientôt ce ne fut plus qu'un monceau de ruines: mais il fut impossible d'en détruire les fondements, construits d'énormes quartiers de pierres[730]. On y trouva gravées des figures tout-à-fait semblables à celles dont les astronomes se servent encore pour désigner la planète de Vénus[731]. Les chrétiens prétendirent que c'étaient des croix[732], et l'on a débité à ce sujet des conjectures fort édifiantes. La croix, selon Socrate et Sozomène, était en caractères hiéroglyphiques, le symbole de la vie future[733]; et Rufin rapporte que, suivant une ancienne tradition reçue en Égypte, la religion du pays et le culte de Sérapis devaient prendre fin quand le signe de la vie paraîtrait aux yeux des hommes[734]. Mais comme cette figure se rencontre sur un très-grand nombre de monuments de l'Égypte, où la croix ne peut avoir lieu, plusieurs savants croient aujourd'hui, avec beaucoup de vraisemblance, que cette figure n'est au contraire qu'un témoignage de l'aveuglement déplorable avec lequel l'idolâtrie prostituait ses adorations aux objets les plus infames. Socrates avoue que, dans ce temps-là même, les païens ne s'accordaient pas avec les chrétiens sur la signification de ce symbole: c'était, selon toute apparence, le Phallus des Égyptiens, et ce qu'on appelle aujourd'hui le Lingam dans les Indes, dont la religion a de grands rapports avec celle de l'ancienne Égypte[735].

[730] Eunapius (in Ædes. t. 1, p. 44 et 45.), parle plusieurs fois, et avec les plus amers regrets, de la destruction du magnifique temple de Sérapis, qui n'était plus de son temps, à ce qu'il assure, qu'un vaste et hideux amas de décombres.—S.-M.

[731] Ἣυρητο γράμματα ἐγκεχαραγμένα τοῖς λίθοις, τῷ καλουμένῳ ἱερογλυφικῷ. Ἦσαν δὲ οἱ χαρακτῆρες, σταυρῶν ἔχοντες τύπους. Socr. l. 5, c. 17. Sozomène paraphrase en ces termes le récit de Socrate. Τινὰ τῶν καλουμένων Ἱερογλυφικῶν χαρακτήρων, σταυροῦ σημείῳ ἐμφερεῖς ἐγκεχαραγμένοις τοῖς λίθοις ἀναφανῆναι. Soz. l. 7, c. 15.—S.-M.

[732] Il s'agit ici d'une croix surmontée d'une sorte d'anneau et fort commune sur les monuments égyptiens; les antiquaires lui ont donné le nom de croix ansée.—S.-M.

[733] Ἔλεγον σημαίνειν ζωὴν ἐπερχομένην, dit Socrate, l. 5, c. 17. Sozomène dit également que les savants prétendaient que ce signe désignait la vie future. παρ' ἐπιστημόνων δὲ τά τοίαδε, ἑρμηνευθεῖσαν σημᾶναι ταύτην τὴν γραφὴν, ζὼην ἐπερχομένην. Les payens assuraient, dit Socrate, l. 5, c. 17, que l'emblème de la croix était commun à Sérapis et au Christ, Ἕλληνες δὲτὶ κοινὸν Χριστῷ καὶ Σαράπιδι ἔλεγον.—S.-M.

[734] Socrate remarque, l. 5, c. 17, qu'à cette occasion beaucoup de gens embrassèrent le christianisme et se firent baptiser. Πολλῷ πλείους προσήρχοντο τῷ χριστιανισμῷ· καὶ τὰς ἁμαρτίας ἐξομολογόυμενοι, ἐβαπτίζοντο. Rufin ajoute, l. 12, c. 29, que les nouveaux convertis étaient plus particulièrement des prêtres, que des gens du commun. Accidit ut magis, dit-il, hi qui erant ex sacerdotibus vel ministris templorum ad fidem converterentur, quam illi quos errorum præstigia et deceptionum machinæ delectabant.—S.-M.

[735] C'était là l'opinion de Schmidt, de Jablonski et de plusieurs autres savants, dont il serait trop long de rapporter les noms; mais il est reconnu maintenant d'une manière incontestable que la croix ansée, si commune sur les monuments égyptiens et dans les inscriptions hiéroglyphiques, y a partout le sens de vie, conformément à ce que les anciens nous ont appris; ainsi, par exemple, le surnom d'αἰωνοβίος, que prenoient les rois de l'Egypte et qui signifie toujours vivant, est rendu par un serpent, emblème de l'éternité, et par la croix ansée, symbole de la vie.—S.-M.

XX.

Débordement du Nil.

Après la destruction de l'idole et du temple, une nouvelle inquiétude se répandit dans Alexandrie. Sérapis était regardé comme le maître des eaux du Nil; c'était dans son temple qu'on mettait en dépôt le nilomètre, c'est-à-dire la mesure dont on se servait pour déterminer la hauteur du débordement. Constantin l'en avait ôtée autrefois; mais Julien l'y avait placée de nouveau. Il arriva que cette année, la crue des eaux tarda plus que de coutume. Les païens en triomphaient: ils publiaient que Sérapis irrité avait maudit l'Égypte, et qu'il la condamnait à une éternelle stérilité. Le peuple murmurait déja: il demandait hautement qu'on lui permît de faire au fleuve les sacrifices prescrits par le rit ancien. Le préfet craignant une sédition ouverte, en écrivit à l'empereur. Ce prince sensé et religieux répondit qu'il valait mieux demeurer fidèle à Dieu, que d'acheter par un sacrilége, la fertilité de l'Égypte: que ce fleuve tarisse plutôt, ajoutait-il, si pour le faire couler il faut des enchantements et des sacrifices impies, et si ses eaux veulent être souillées du sang des victimes. Cette réponse n'était pas encore arrivée, qu'on vit croître le Nil plus rapidement qu'à l'ordinaire. Ses eaux parvinrent en peu de jours à la juste hauteur que l'Égypte désirait; et comme elles continuaient de monter, on en vint à craindre qu'Alexandrie ne fût inondée, et que l'abondance des eaux n'amenât la stérilité, qu'on avait appréhendée de la sécheresse. Les païens se moquèrent publiquement de ce caprice de leur dieu; ils en firent des plaisanteries sur le théâtre; mais plusieurs d'entre eux reconnaissant enfin que le Nil n'était qu'un fleuve, se convertirent au christianisme.

XXI.

Idolâtrie abolie dans Alexandrie.

On bâtit sur l'emplacement du temple de Sérapis, une église qui porta le nom d'Arcadius, et qui fut dédiée à Dieu sous l'invocation de saint Jean-Baptiste. La dédicace en fut célébrée le 26 de mai 395, avec beaucoup de solennité. Alexandrie était à la fois une ville de débauche et de superstition. Presque toutes les colonnes servaient d'appui à des chapelles consacrées à différentes divinités; partout se présentait l'image de Sérapis. Son buste était placé sur toutes les portes, sur toutes les fenêtres, il était peint sur toutes les murailles. On détruisit, on effaça ces objets d'idolâtrie, on y substitua l'image de la croix. Théophile n'épargna aucun des temples de la ville[736]. Il prit plaisir à faire connaître au peuple la fourberie des oracles. Les statues de bois ou de bronze étaient creuses et adossées contre les murailles: les prêtres s'y introduisaient par des conduits souterrains, et abusaient le peuple crédule. On trouva dans les caveaux de ces temples, des monceaux de crânes et d'ossements, des têtes d'enfants égorgés depuis peu, et dont les lèvres étaient dorées. C'étaient de malheureuses victimes immolées à ces farouches divinités[737]; car la superstition égyptienne, qui dans les premiers temps s'était bornée à offrir aux dieux de l'encens et des prières, s'étant communiquée aux nations étrangères, y était devenue barbare, et avait rapporté dans son pays natal des pratiques cruelles, afin qu'il n'y eût aucun peuple du monde qui ne pût reprocher à l'idolâtrie de lui avoir enseigné à sacrifier des victimes humaines. Théophile exposa publiquement toutes ces horreurs: les païens les plus obstinés se cachaient de honte, les autres se convertissaient. On fondait les statues, suivant l'ordre de l'empereur, pour en fabriquer de la monnaie qu'on distribuait aux pauvres. Mais comme l'évêque fit employer quelque partie de la matière à faire des vases et divers ornements, peut-être pour les églises, les païens l'accusèrent lui et les deux officiers de s'être enrichis des dépouilles des dieux: et il faut avouer que la suite des actions de Théophile ne le justifie pas entièrement de ce soupçon[738]. Il réserva seulement une figure très-ridicule de je ne sais quelle divinité[739]; il la fit placer dans un lieu public, afin que dans la suite les païens ne pussent désavouer l'extravagance de leur culte. Cette dérision les piqua vivement: ils furent aussi affligés de la conservation de cette statue, qu'ils l'avaient été de la destruction de toutes les autres. La nouvelle de ce qui s'était passé dans Alexandrie étant venue à Théodose, on dit que levant les mains au ciel, il s'écria avec transport: Je vous rends graces, Seigneur, de ce que vous avez aboli une erreur si funeste et si invétérée, sans qu'il en ait coûté à l'empire la perte d'une si grande ville.

[736] Socrate désigne particulièrement, l. 5, c. 16, un lieu consacré au culte de Mithra, τὸ Μιθρεῖον (Mithræum). Il ajoute que Théophile exposa aux regards du public les mystères sanglants du Mithræum, τὰ τοῦ Μιθρείον φονικά μυστήρια. L'opinion générale à cette époque était que la célébration des mystères de cette divinité persane était quelquefois souillée par des sacrifices humains. J'ai discuté ailleurs, t. 2, p. 177, not. 1, liv. X, § 52, les raisons qui me portent à croire que cette accusation avait quelque chose de fondé.—S.-M.

[737] Horret animus dicere qui miseris mortalibus laquei à demonibus præparati sunt. Qua funeraque scelera in illisque dicebantur abdita tegebantur? Quot ibi infantum capita desecta in auratis labris inventa sunt? Quot miserorum cruciabilis mortes depictæ? Rufin. l. 12, c. 24. Il est probable que, par les mots cruciabilis mortes depictæ, il faut entendre les tableaux qui représentaient les supplices cruels ou les épreuves, qu'on était obligé de souffrir, pour être admis à participer aux mystères de Mithra.—S.-M.

[738] Les reproches de S. Isidore de Péluse, l. 1, ep. 152, sont d'accord avec les accusations d'Eunapius, in Ædes., tom. 1, p. 45, ed. Boiss. Les témoignages réunis par Tillemont, Hist. Ecclés. t. XI, vie de Théophile, art. 6, pour faire connaître l'esprit, le caractère et les mœurs de ce patriarche d'Alexandrie, ne sont pas propres à en donner une idée très-avantageuse.—S.-M.

[739] C'était la statue d'un singe, sans doute d'un cynocéphale, animal très-révéré des Égyptiens; tel est ce qui résulte au moins du récit de Socrate, lib. 5, c. 17.—S.-M.

XXII.

La ville de Canope purifiée.

L'activité de Théophile ne se borna pas à purifier sa ville épiscopale. Canope, bâtie dès le temps de la guerre de Troie près d'une embouchure du Nil[740], n'était éloignée d'Alexandrie que de quatre lieues vers l'orient[741]. Les charmes de sa situation, sur un rivage délicieux, le grand nombre et la beauté de ses temples, et plus encore les amorces de la volupté y attiraient les habitants de toute l'Égypte, et même les étrangers. La débauche y régnait avec tant d'effronterie, à l'abri de la religion, qu'auprès de ceux qui faisaient profession d'une vie sage et réglée, c'était un reproche d'avoir été à Canope; mais cette raison même contribuait à la rendre plus fréquentée. Le Nil était sans cesse couvert de barques, où les âges et les sexes confondus ensemble, et respirant une joie dissolue, allaient célébrer dans cette ville leurs infames mystères[742]. On y enseignait les lettres sacrées des anciens Égyptiens, et sous ce prétexte, on y tenait école de magie[743]. Il y avait aussi un temple de Sérapis[744]. Mais la divinité propre du lieu portait le même nom que la ville. La figure en était bizarre et monstrueuse: c'était un vase surmonté d'une tête, et dont le ventre était fort large. On l'adorait comme vainqueur de tous les autres dieux, et cette folle opinion était fondée sur une fable qui ne mérite pas d'être rapportée[745]. Soit que cette ville fût du diocèse d'Alexandrie, soit qu'elle fût dépendante de l'évêque de Schédia[746], qui en était plus voisine, Théophile s'y étant transporté, fit raser le temple du dieu Canope, réduisit ce lieu à recevoir les immondices de la ville, détruisit les autres temples et les retraites de prostitution, purgea de ce culte impur les bourgades d'alentour, et fit bâtir des églises, où les reliques des martyrs attirèrent une chaste et sainte dévotion[747]. Pour substituer des exemples de vertus aux dissolutions qu'il bannissait, il construisit plusieurs monastères. Celui de Canope devint célèbre par la vie pénitente et retirée de ceux qui l'habitaient. Les auteurs ecclésiastiques en font de grands éloges; tandis que les païens regardant ces moines comme établis sur les ruines de leurs divinités, s'efforçaient de les noircir par leurs calomnies[748].

[740] Ce n'était pas Canope, mais une ville appelée Thonis, qui se trouvait sur cette plage au temps de la guerre de Troie; elle n'occupait pas précisément l'emplacement de Canope, mais elle était à l'embouchure de la branche canopique du Nil dans la Méditerranée, à une petite distance de l'emplacement de Canope, qui était au nord-ouest sur le bord de la mer. Il ne paraît pas que l'origine de Canope remonte à plus de cinq siècles avant notre ère; on peut voir à ce sujet une note de la traduction française de Strabon, t. V, p. 358.—S.-M.

[741] On apprend de Strabon, l. 17, p. 801, que Canope était située à 120 stades au nord-est d'Alexandrie ou à douze milles, selon Ammien Marcellin, l. 22, c. 15. Elle se trouvait sur le bord de la mer, au débouchement d'un canal creusé de main d'homme, qui conduisait d'Alexandrie à cette ville. Un espace très-étroit la séparait de la mer, il servait à éviter une côte difficile et rocailleuse, qui était entre les deux villes. Il est reconnu depuis long-temps que le nom de Canope, avait en Égypte le sens de terre d'or, comme nous l'apprend le rhéteur Aristide. Voyez La Croze, lex. Ægypt. p. 31; Zoega, de usu obel. p. 437; Jablonski, Panth. Ægypt. l. 5, c. 4, § 4.—S.-M.

[742] Strabon, l. 17, p. 801 et beaucoup d'autres auteurs parlent avec détails des plaisirs de Canope et de la licence effrénée qui régnait dans cette ville.—S.-M.

[743] C'est ce que dit Rufin, l. 12, c. 26. Jam vero Canopi quis enumeret superstitiosa flagitia ubi prætexto sacerdotalium litterarum, ita etenim appellant antiqua Ægyptiorum litteras magicæ artis erat pene publica schola. Ce lieu même selon cet auteur était pour ainsi dire la source du culte des démons, et il était même plus célèbre et plus révéré qu'Alexandrie. Quem locum velut fontem quemdam atque originem demonum in tantum venerabantur pagani, ut multo ibi major celebritas quam apud Alexandriam haberetur. Un certain Antonin, fils d'une magicienne célèbre, nommée Sosipatra, était alors chargé d'y enseigner les doctrines et les sciences égyptiennes. Eunap. in Ædes., t. 1, p. 42, éd. Boiss.—S.-M.

[744] C'est Strabon qui parle, l. 17, p. 801, de ce temple, et qui dit qu'il était très-révéré, ἔχουσα τὸ τοῦ Σαράπιδος ἱερὸν πολλῇ ἁγιστείᾳ τιμώμενον.—S.-M.

[745] Rufin raconte, lib. 12, c. 26, cette historiette si connue, dans laquelle le dieu des Chaldéens, le feu, fut éteint par l'eau contenue dans l'intérieur du dieu Canope, figurée sous la forme d'une cruche.—S.-M.

[746] Cette ville était à 20 milles au sud-est d'Alexandrie, et au sud de Canope, sur un bras du Nil, dérivé de la branche canopique et qui venait se jeter dans la mer auprès de Nicopolis, qui était pour ainsi dire un faubourg d'Alexandrie.—S.-M.

[747] In Serapis sepulcro prophanis ædibus complanatis ex uno latere martyrium, ex altero consurgit ecclesia. Ruf. l. 12, c. 27.—S.-M.

[748] Par la forme, dit Eunapius, in Ædes. t. 1, pag. 45, ed. Boiss. c'étaient des hommes, mais par leur vie ils étaient des pourceaux. Ἀνθρώπους μὲν κατὰ τὸ εἶδος, ὁ δὲ βίος ἀυτοῖς συώδης. Après un aussi gracieux début, l'auteur payen s'abandonne à toute la véhémence de sa haine, et se répand en invectives plus odieuses et plus dégoûtantes les unes que les autres.—S.-M.

XXIII.

Le paganisme détruit dans toute l'Égypte.

Au signal que donnait l'évêque d'Alexandrie, les autres prélats de l'Égypte s'armèrent de tout leur zèle. Dans les villes, dans les campagnes et jusque dans les déserts, tous les temples, toutes les statues tombaient par terre; et de ces monceaux de ruines, sortaient des églises et des monastères. Le paganisme, qui ne peut se soutenir sans des objets matériels et sensibles, périssait avec ses idoles. Les idolâtres couraient en foule aux églises pour y recevoir le caractère du christianisme: et l'on peut dire que les eaux du baptême, plus fécondes que celles du Nil, inondaient ce grand pays, et préparaient pour le ciel une abondante récolte. Cette heureuse révolution avait été d'avance annoncée à de saints solitaires. Les païens se vantaient qu'Antonin, célèbre philosophe et magicien de Canope, mort peu de temps auparavant, avait prédit, que bientôt tous les temples seraient ruinés, et qu'ils seraient changés en sépulcres. C'est ainsi qu'il appelait les églises où l'on déposait les reliques des martyrs[749].

[749] Tous ces détails sont rapportés dans la vie d'Édésius par Eunapius, t. 1, p. 41-46, ed. Boiss.; mais ils n'y sont pas présentés sous un jour favorable aux chrétiens.—S.-M.

XXIV.

Temples abattus en Syrie.

Theod. l. 5, c. 21.

Soz. l. 7, c. 15.

Chron. Alex. p. 303 et ibi notæ.

Baronius.

Till. Théod. art. 58 et 59.

Il fut plus difficile de purger la Syrie et les provinces voisines. Plusieurs villes résistèrent aux ordres de l'empereur. Le temple de Damas fut changé en une église; on en fit de même du fameux temple d'Héliopolis, consacré au soleil, et dont les murailles étaient incrustées de trois sortes de marbres en compartiments[750]. Les païens, après l'avoir défendu quelque temps les armes à la main, furent enfin obligés de céder. Mais les habitants de Pétra et d'Aréopolis en Arabie, et ceux de Raphia en Palestine, montrèrent une résolution si opiniâtre de conserver leurs dieux, que l'empereur ne jugea pas à propos d'en venir aux extrémités. Il était dangereux de soulever ces provinces voisines des Sarrasins et des Perses. Afin d'épargner le sang des habitants de Gaza, déterminés à sacrifier leur vie pour leur dieu Marnas[751], Théodose se contenta d'en faire fermer les temples[752]. Le zèle de Marcel, évêque d'Apamée, une des principales villes de la Syrie[753], fut couronné par le martyre. Le peuple, obstiné dans l'idolâtrie, étant instruit des ordres de Théodose, fit venir des Galiléens idolâtres et des paysans du mont Liban[754] pour défendre ses temples. Mais le comte d'Orient[755] étant arrivé dans la ville avec deux tribuns suivis de leurs soldats, on n'osa faire de résistance et les temples furent abattus. Il restait encore celui de Jupiter. C'était un solide et superbe édifice, construit de grandes pierres, liées ensemble avec le fer et le plomb. Comme le comte fatiguait ses soldats sans beaucoup avancer la démolition, Marcel lui conseilla de s'en aller ailleurs exécuter les ordres du prince, et de le laisser chargé de ce travail, dont il espérait venir à bout avec le secours de Dieu. Il y réussit en effet par un miracle que Théodoret rapporte fort au long. Il détruisit ensuite les temples des campagnes voisines. Mais ayant entrepris de ruiner celui d'Aulone[756], canton du territoire d'Apamée, il fut surpris par les païens et brûlé vif[757]. Quelque temps après, comme ses enfants (car il avait été marié avant son épiscopat) voulaient accuser en justice les meurtriers, le synode de la province leur défendit toute poursuite: N'étant pas juste, disaient ces saints prélats, de tirer vengeance d'une mort heureuse pour Marcel et glorieuse pour sa famille.

[750] Ce qu'on appelait à Héliopolis, τὸ Τρίλιθον, était le temple du Soleil lui-même. Cette dénomination venait, à ce qu'il paraît, de ce que son soubassement était formé de trois énormes pierres. Il est souvent question de ce monument dans les auteurs arabes, qui parlent de la Syrie et de ses anciens édifices. On a donné des explications bien diverses de ce nom assez facile à interpréter, et celle de Lebeau n'est pas encore la plus mauvaise de toutes. Voyez à ce sujet la traduction d'Abd-allathif par M. Silvestre de Sacy, p. 507.—S.-M.

[751] Ce nom, qui signifie en syriaque le seigneur des hommes, désignait la principale divinité de Gaza. On le trouve sur plusieurs des médailles de cette ville.—S.-M.

[752] «L'Égyptien Sérapis est devenu chrétien, dit S. Jérôme, et Marnas de Gaza pleure enfermé, redoutant la destruction de son temple.» Jam Ægyptius Serapis factus est christianus. Marnas Gazæ luget inclusus, et eversionem templi jugiter pertimescit. Hieron. ep. 107, t. 1, p. 673.—S.-M.

[753] Ἀπάμεια ἡ πρὸς τῷ Ἀξίῷ ποταμᾧ, Apamée sur l'Axius; tel était le nom que les Macédoniens avaient donné au fleuve Orontes, qui traverse la plus grande partie de la Syrie, en mémoire du fleuve Axius de Macédoine.—S.-M.

[754] Πολλάκις Γαλιλαίων ἀνδρῶν, καὶ τῶν περὶ τὸν Λίβανον κωμῶν. Soz. l. 7, c. 15.—S.-M.

[755] C'était, selon Théodoret, l. 5, cap. 21, le préfet du prétoire d'Orient, τῆς ἑῴας ὁ ὕπαρχος; Valois a ajouté, dans sa traduction latine le nom de Cynégius, qu'il est impossible d'admettre, puisque ce ministre était mort au commencement de l'an 388.—S.-M.

[756] Πυθόμενος δὲ μέγιστον εἶναι νάον ἐν τῷ Αὐλῶνι, κλῖμα δὲ τοῦτο τῆς Ἀπαμέων χώρας. Sozom. lib. 7, c. 15. Par l'Aulone, cet auteur entend sans doute toute la partie du territoire des Apaméens, situé dans la plaine de l'Orontes.—S.-M.

[757] Les églises grecques et latines célèbrent sa mémoire le 14 août.—S.-M.

XXV.

Lois contre l'idolâtrie.

Cod. Th. l. 16, tit. 10, leg. 10, 11, 12, et ibi, God.

Ce ne fut pas seulement dans l'Orient que la guerre fut déclarée aux idoles. Valentinien, conduit par les conseils de Théodose, donna les mêmes ordres pour l'Occident. Saint Martin, évêque de Tours, fut dans son diocèse et dans une partie de la Gaule le fléau de l'idolâtrie. Plusieurs évêques imitèrent son exemple, et profitèrent du zéle d'un empereur dont le nom était devenu aussi redoutable aux idoles qu'aux Barbares. Cette destruction ne fut pas l'ouvrage d'une seule année; il paraît qu'elle fit la principale occupation de Théodose pendant qu'il séjourna en Italie. Et pour réunir sous un seul point de vue tout ce qu'il fit à ce sujet, je vais rapporter ici trois lois qui furent publiées dans les années suivantes. La première, datée du 27 février 391, à Milan, défend d'immoler des victimes, d'entrer dans les temples ou chapelles consacrées aux divinités païennes, d'adorer les ouvrages de la main des hommes. Si un magistrat ose entrer dans un temple, soit à la ville, soit à la campagne pour y adorer, il est condamné à une amende proportionnée à son rang, ainsi que ses officiers, pour ne pas s'être opposés à cette profanation, ou pour n'en avoir pas aussitôt porté leur plainte à l'empereur. Cette loi est adressée au préfet de Rome. Elle fut, le 17 de juin de la même année, renouvelée pour l'Égypte[758], par une autre loi datée d'Aquilée. Cette dernière ajoute qu'il n'y aura point de grace pour ceux qui auront formé quelque entreprise en faveur des dieux et des sacrifices. Ces termes désignent la peine de mort; mais elle ne tombe que sur les complots séditieux. Enfin, Théodose étant retourné à Constantinople, adressa au préfet du prétoire d'Orient, une loi du 8 de novembre 392. Celle-ci entre dans un plus grand détail et proscrit toutes les branches d'idolâtrie: elle défend à tout homme, de quelque condition qu'il soit, d'immoler en aucun lieu des victimes, de faire même aucun sacrifice, aucune offrande à ses dieux domestiques dans l'intérieur de sa maison, d'allumer des cierges en leur honneur, de brûler de l'encens, de suspendre des guirlandes: «Si quelqu'un ose sacrifier ou consulter les entrailles des victimes pour découvrir l'avenir, toute personne sera reçue à l'accuser comme s'il était criminel de lèse-majesté, et il sera puni comme tel, quand même sa curiosité n'aurait pas eu pour objet la personne du prince: il est assez coupable de vouloir franchir les bornes que la Providence a posées à nos connaissances, et s'instruire du moment auquel les vœux criminels qu'il fait contre la vie des autres hommes, seront accomplis. Ceux qui offriront de l'encens aux idoles, qui orneront les arbres de rubans et de bandelettes, qui dresseront des autels de gazon, faisant à la religion une grande injure, quoique les hommages qu'ils rendent aux fausses divinités soient de peu de valeur, seront punis par la confiscation de la maison ou de la terre que leur superstition aura profanée. Si quelqu'un fait un sacrifice dans une maison ou sur une terre qui ne lui appartienne pas, supposé que le propriétaire n'en ait pas eu connaissance, le coupable payera une amende de vingt-cinq livres d'or; le propriétaire en paiera autant s'il est complice». Les juges, les défenseurs des villes, les officiers municipaux sont chargés de veiller sur ces profanations et de les déférer aux magistrats, sur peine de se rendre eux-mêmes coupables, s'ils y manquent, soit par faveur, soit par négligence. Les magistrats qui, étant avertis, n'auront pas fait leur devoir, seront condamnés, eux et leurs officiers subalternes, à payer trente livres d'or.