[60] J.-B. Sandrier, et non Sandrieu, qui de la recette de Montauban passa à celle de Limoges, fut secrétaire du Roi.

  —   M. Deschauffour, ruë des Bons Enfans[61].

[61] Il avoit été directeur des franchises au Mans, et mena si grand train dans toutes ses charges qu’il mourut misérable. L’un de ses fils, qui avoit été lieutenant dans le régiment de Tessé, eut une fin plus triste encore. Convaincu de se livrer au vice infâme, et pour ainsi dire d’en tenir maison, il fut brûlé vif en Grêve le 24 mai 1726. Comme on crioit son arrêt par les rues, sans oublier le nom du crime, les filles de Madame la Princesse demandèrent à leur mère ce qu’étoit ce crime-là. Elle leur répondit : c’est une espèce de fausse monnoie.

Bourg-en-Bresse. M. Jauranché, ruë Haute Fueille.

Receveurs du don gratuit des Etats.

Flandres. M. Brunet de Revey, ruë des Francs bourgeois.

  —   M. Berthelot de Belloy, ruë Plâtrière.

Franche-Conté. M. du Rey, ruë du Roi de Sicile.

Bourgogne. M. Chartraire, ruë Saint Antoine.

Languedoc. M. Penautier, ruë[62].

[62] Si son adresse n’est pas donnée, c’est qu’il n’en avoit pas à Paris. Il étoit toujours en Languedoc, où il mourut à la fin de juillet 1711. Saint-Simon écrivit alors en marge de la copie qu’il avoit du Journal de Dangeau, cette note qui résume bien sa vie : « Penautier étoit devenu de caissier un très-riche financier, trésorier du clergé et des Etats de Languedoc ; homme de beaucoup d’esprit, bien fait, galant, magnifique et obligeant. Il fut mêlé dans les affaires de la Brinvilliers et des poisons, et mis en prison avec grand danger. » Nous avons vu que Crozat commença par être son caissier.

Trésoriers des Parties Casuelles.

M. Damon, ruë de Cléry.

M. Bertin, ruë Neuve Saint Augustin[63].

[63] Il avoit encore cette charge en 1702, mais plus tard, sa fortune monta. Le Régent, dès son arrivée au pouvoir, le fit un de ses plus intimes conseillers en matière de finance. En 1697, il quitta la rue Neuve-Saint-Augustin pour la rue Saint-Honoré, où il avoit acheté, pour l’embellir encore, le bel hôtel du doyen des conseillers d’Etat, Henri Pussort, dont il sera parlé plus loin. V. G. Brice, Description de Paris, 3e édit., 1701, in-12, p. 125-126.

Trésorier du Marc d’or.

M. Chupin[64], ruë Saint Honoré.

[64] Il étoit mort en 1716 ; sa veuve fut mise à la taxe, mais pour une faible somme : 22,500 livres. Son fils, qui se fit appeler Chuppin de Gouzampré, fut reçu premier président de la Cour des monnoies, le 15 août 1727.

Trésorier du Sceau.

M. Bechet, place des Victoires[65].

[65] Il devint plus tard greffier en chef du Parlement, et mourut à 83 ans, le 24 juillet 1717 : « il avoit toujours été fort estimé », dit Dangeau à cette date. Il étoit fils d’une sœur aînée de Boileau, qui, par ironie pour les grands airs qu’il se donnoit, l’appelle souvent dans ses lettres « mon illustre neveu. » Il logea de longues années chez lui, cour du Palais. Voltaire, dont le père, M. Arouet, après avoir été notaire, devint, comme « receveur des épices », le collègue de Dongois, s’est aussi moqué dans son Epître à Boileau des ridicules de ce neveu, chez qui on l’avoit souvent mené étant enfant :

Chez ton neveu Dongois je passai mon enfance,
Bon bourgeois, qui se crut un homme d’importance.

Receveur des Amandes du Parlement.

M. Dongois, Cour du Palais[66].

[66] Dans l’Almanach royal de 1702, p. 42, où nous le trouvons à la même adresse, on ajoute : « chez lequel on retire les lettres, quand elles sont scellées. »

Receveur des Amandes du Châtelet.

M. de l’Autel, ruë Jean Robert[67].

[67] Simon de l’Autel, qui vivoit encore en 1716, et ne fut mis à la taxe que pour 6,400 livres.