[58] Sur la liste de Spon, en 1673, il figure comme amateur de médailles antiques. Il logeoit alors rue Saint-Martin.

M. Croissade, rue Coquilliere[59].

[59] Lisez Crosade. Il étoit premier commis de Penautier, receveur général du clergé. Il possédoit entre autres tableaux celui de François Perrier, Alexandre et le médecin Philippe.

M. du Vaux[60], rue Tictonne.

[60] Lisez De Vaux ou Des Vaux, car Mariette l’appelle indifféremment de l’une ou l’autre manière. Il avoit de beaux tableaux, notamment une vierge du Pesarèse qu’il céda à Pasquier, autre amateur. Sa collection d’émaux par Petitot étoit célèbre ; il possédoit aussi de très-précieuses médailles.

M. de la Forest[61], rue du Colombier.

[61] C’est, croyons-nous, le peintre J.-B. Forest, un des meilleurs élèves de Mole pour le paysage, et dont Largillière devint le gendre. Si ce n’est lui, c’est peut-être Forest, « fameux marchand de tableaux », dont parle le marquis de Châtre, et chez lequel le bourreau de Paris, qui étoit grand amateur, alloit monter sa collection composée surtout de peintures analogues à son métier : tortures, supplices, etc. (Nouveaux entretiens des Jeux d’esprit, 1709, in-12, p. 218-224.)

M. Brangeon, quay des Balcons[62].

[62] C’est le nom qu’on donnoit vulgairement au quai de Béthune, Ile-Saint-Louis.

Mrs Desvieux[63] et de la Haye, quay de l’Ecole[64].

[63] C’est lui qui, étant devenu l’un des directeurs de la compagnie des Indes sous la Régence, décida Nattier, qui faisoit alors son portrait, à vendre, pour des actions, à Law ses dessins de la galerie du Luxembourg ; ce qui le ruina.

[64] Lisez Le Hay. Il étoit ingénieur du Roi, et avoit épousé la célèbre Mlle Sophie Chéron, poëte, musicienne et artiste en tous genres : peinture, gravure, etc.

M. le Vasseur[65], rue Grenier saint Lazare.

[65] L’abbé François Le Vasseur, ami de l’historiographe de l’Académie de peinture, Guillet de Saint-Georges.

Mrs de la Touche et du Frayer, Cloître saint Honoré.

M. le Febvre, rue Beautreillis[66].

[66] Grand amateur de fleurs, qui en faisoit des échanges avec le voyageur antiquaire Vaillant, aussi engoué que lui de cette passion.

M. Poirée, prés saint Sauveur[67].

[67] Dans la liste de Spon, il est désigné ainsi : « M. Poiret, à Saint-Sauveur, tableaux, estampes et livres. »

M. Biet, prés saint Jean en Grève.

M. Rivet, rue saint Honoré.

M. Mandin, rue des Victoires.

M. de Pile[68], prés les Minimes.

[68] Roger de Piles, qui, d’assez mauvais peintre, devint meilleur historien de la peinture. Nous avons cité plus haut un de ses ouvrages. Il voyagea beaucoup, soit à la suite de M. Amelot tour à tour ambassadeur à Venise et en Portugal, soit avec son fils. Il rapporta de Portugal et d’Espagne une curieuse collection de dessins ; et de Hollande, où il fut retenu en prison pour avoir trop mêlé la politique aux arts, des manuscrits de Rubens et des dessins de Rembrandt.

M. de Sainfroy[69], rue de l’Egout.

[69] Lisez Sainte-Foi. Il étoit maître des requêtes.

M. Varlet[70], rue saint Antoine, prés les Jésuites.

[70] Peut-être faut-il lire Vallet et non Varlet. Ce seroit le graveur au burin Vallet, qui fut de l’Académie de peinture.

M. de Lonpré, carrefour saint Benoist[71].

[71] C’est le même que nous retrouverons plus loin parmi les académistes. Il étoit grand amateur des médailles de l’empire, dont il possédoit toute la série moins une. Il paroît hors de doute que c’est lui qui figure dans les Caractères sous le nom de Diognête, « l’homme aux médailles. » V. La Comédie de La Bruyère, 2e édit., t. I, p. XXXIV-XXXVI.

Mrs de la Guerre et Chaperon[72], Cour du Palais.

[72] Nous les avons déjà rencontrés tous deux, p. 208, 214, parmi les musiciens, l’un, comme maître de clavecin, l’autre, comme compositeur. Peut-être collectionnoient-ils des instruments de musique, comme faisoit Dovin, dont a parlé M. Bonnaffé dans son charmant petit livre Les Collectionneurs de l’ancienne France, p. 60, et qui devroit figurer ici.

M. Tirard[73], rue du Bout du Monde.

[73] Il faut, croyons-nous, lire Tissard. Ce seroit alors l’amateur dont Rigaud fit le portrait en 1688.

Mrs Orangé et de Chambrault, Cloitre saint Germain l’Auxerrois.

M. de Beauchamp, ruë Bailleul[74].

[74] C’est le fameux maître à danser, que nous retrouverons plus loin au chapitre des nobles exercices, et dont il a déjà été question, p. 126, note 1. G. Brice parle ainsi (3e édit., t. I, p. 268-269) de son cabinet qu’il avoit, en 1701, transféré de la rue Bailleul dans une maison neuve faisant le coin à gauche des rues Saint-Honoré et des Petits-Champs : « on trouvera dans ce cabinet des choses d’une excellente beauté ; mais les tableaux en sont la principale partie, qui sont la plupart des plus fameux maîtres d’Italie. On y remarquera aussi quantité de porcelaines anciennes, très-rares, à présent, des cabinets de vernix (sic) du Japon, des bronzes et d’autres choses curieuses disposées avec beaucoup de jugement et de connoissance. »

M. l’Abbé du Plessy, prés le Puits d’Amours[75].

[75] C’étoit plutôt un brocanteur qu’un amateur, car nous le trouverons tout-à-l’heure parmi ceux « qui se plaisent à troquer les tableaux. »

M. Dron, prés saint Thomas du Louvre[76].

[76] L’abbé François Dron. Il logeoit près de l’église, dont il étoit chanoine : « Il a, dit G. Brice (3e édit., t. II, p. 86), un cabinet de médailles de moyen bronze, dont la suite est des plus étendues que l’on puisse voir, et dont le choix est admirable. Les sçavants sont charmés de la quantité et de la diversité des revers singuliers que l’on y remarque, et il seroit bien difficile de rien voir ailleurs de mieux conservé et de plus entier. Il a aussi quelques tableaux de prix dans son cabinet. » Il mourut le 22 avril 1702. L’abbé Goujet possédoit de lui 2 vol. in-4o de lettres originales et manuscrites, de 1687 à 1690, traitant de numismatique, « avec les empreintes dessinées de quantité de médailles. » Elles étoient adressées à Thoynard, Vaillant, Morelle, Nicaise, etc. V. le Catal. ms. de l’abbé Goujet à la Bibliothèque.

M. Bonart, rue Hautefeuille.

M. de Chatigny, rue Neuve des Petits Champs.

M. Fracansani, rue du Petit Lion[77].

[77] Michel-Ange Fracanzani. Il jouoit le personnage de Polichinelle à la Comédie Italienne, près de laquelle — étant logé, comme nous le voyons ici, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur — il demeuroit. Son père, assez proche parent de Salvator Rosa, et peintre lui-même de l’école de Ribera, l’avoit suivi de Naples à Paris, où ils collectionnoient ensemble livres d’art, estampes, dessins. Les études de Le Sueur pour sa galerie des Chartreux, qui sont maintenant au Louvre, viennent de la collection de Fracanzani : « Il étoit bon curieux, dit Mariette à son nom dans l’Abecedario ; il se mêloit de dessiner, et même de génie, mais d’un goût lourd et fort mauvais. »

M. de Blegny, rue de Guenegaud.

Le R. P. Dom Placide, Bibliotequaire de saint Germain des Prez[78].

[78] Dom David-Placide Porcheron, qui mourut à 42 ans, le 14 février 1694. Il étoit très-entendu en numismatique, histoire et surtout géographie, comme le prouve son célèbre ouvrage sur l’Anonyme de Ravennes.

Le R. P. Dom Estienne, aux Blancs Manteaux.

Le R. P. Auchereau, aux Celestins[79].

[79] « J’ai vu, dit Lister (chap. V), le cabinet ou la cellule du R. P. Hochereau, qui a une collection très-choisie de tableaux originaux de plusieurs des meilleurs maîtres. » Il avoit entre autres le Repentir de saint Pierre, peint par Rembrandt, en 1634, et gravé aussitôt par Van Vliet.

Au surplus, voyez à la Préface un avis important touchant la Curiosité.