Rapides du Gribingui, janvier 1903 (Dr Decorse) ; 1 exemplaire.

Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903 ; 1 exemplaire.

Le lac Tchad (M. le lieutenant L. Lacoin, 1902) ; 2 échantillons.

Variété chariensis Germain, nov. var.

Cette coquille diffère du type :

Par sa forme plus écourtée, elliptico-ovalaire ; par son bord supérieur légèrement ascendant et un peu subconvexe ; par son bord inférieur, non pas rectiligne, mais très notablement et régulièrement convexe ; par son bord postérieur plus développé en hauteur par suite de la divergence plus nette des bords supérieur et inférieur, ce qui fait que la hauteur maximum de la coquille n’est pas égale, comme dans le type, à la hauteur de la verticale, mais se trouve reportée vers la région postérieure ; par ses deux carènes dorsales assez accentuées ; etc.

Chez cette petite coquille, les sommets sont très peu proéminents, le ligament est peu robuste et fort court ; le test, d’un roux jaunâtre pâle, présente des stries d’accroissement fines, serrées et régulières ; la nacre, très irisée, est d’un rose saumon particulièrement vif.

Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903. Avec le type.

§ 2. Nodularia Conrad[457].

Unio (Nodularia) æquatoria Morelet.

1885. Unio æquatorius Morelet, Journ. de Conchyliol. ; XXXIII, p. 31, Pl. II, fig. 9.

1890. Unio æquatorius Paetel, Conch. Sam., III, p. 144.

1891. Unio landanensis Schepman, Notes Leyden Mus. ; VIII, p. 113, Pl. VIII, fig. 3a-3b.

1900. Nodularia æquatoria Simpson, Proceed. unit. stat. nat. Museum ; XXII, p. 823.

Coquille ovalaire un peu allongée ; bord supérieur un peu convexe dans une direction très légèrement ascendante ; bord inférieur bien convexe ; région antérieure médiocre, arrondie ; région postérieure semi-elliptique, plus de deux fois aussi longue que l’antérieure ; sommets petits, assez proéminents ; charnière typique de Nodularia.

Test médiocrement épais, assez solide, d’un vert olivâtre foncé ; stries d’accroissement fines, serrées, régulièrement distribuées ; nacre bien irisée d’un rose violacé.

Les échantillons recueillis par M. A. Chevalier correspondent bien à cette description ; mais ils sont de taille beaucoup plus petite, constituant une variété minor parfaitement nette (longueur max : 27-30 millimètres ; hauteur max. : 16-17 1/2 millimètres ; épaisseur maximum : 11-12 millimètres). Quelques exemplaires ont un épiderme soyeux rappelant celui que l’on observe chez l’Unio Fellmanni Deshayes[458] d’Algérie.

Dans le Bangoran, 10 février 1903 ; 1 exemplaire.

Le Mamoun (pays de Senoussi). Mars 1903 ; 1 exemplaire.

Unio (Nodularia) Chivoti Germain[459], nov. sp.
PLANCHE V, fig. 23.

1907. Unio (Nodularia) Chivoti Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris ; no 1, p. 66.

Coquille de taille moyenne, assez régulièrement ovalaire, très comprimée ; valves minces, mais assez solides, à peine baillantes antérieurement ; bord supérieur régulièrement subconvexe ; bord inférieur très régulièrement et très largement convexe ; région antérieure arrondie, un peu décurrente à la base ; région postérieure une fois et demie plus longue que l’antérieure, terminée par un rostre légèrement tronqué ; sommets érosés, médiocrement proéminents, assez gros et obtus ; arête dorsale médiocrement accentuée ; charnière présentant : sur la valve droite, deux cardinales médiocres, l’inférieure plus élevée que la supérieure, presque lisse, à peine serrulée à son extrémité antérieure, la supérieure un peu plus longue, moins haute, plus mince ; lamelle latérale très longue, mince et saillante ; sur la valve gauche : une dent cardinale subtriangulaire assez élevée et deux lamelles très longues, minces, assez saillantes, l’inférieure plus haute que la supérieure ; impressions musculaires : antérieure médiocre, postérieure très superficielle ; ligament très court, d’un marron brillant.

Longueur max. : 31 millimètres ; hauteur max. : 19 millimètres à 10 1/2 millimètres des sommets ; épaisseur max. : 10 millimètres.

Test marron foncé, passant au brun noirâtre à la région antérieure, présentant des stries d’accroissement fines, assez régulières, très serrées, plus fines et plus irrégulières postérieurement, orné en outre de rides fulgurantes plus ou moins saillantes partant des sommets. Ces rides ne se trouvent que dans la région supérieure du test où elles entourent pour ainsi dire le sommet ; elles sont plus développées postérieurement ; au milieu et antérieurement elles se résolvent en granulations saillantes. Cette sculpture du test est, de tous points, comparable à celle des Unios du Victoria-Nyanza. Nacre bien irisée, bleu de prusse assez foncé.

Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903.

Unio (Nodularia) bangoranensis Germain nov. sp.
PLANCHE V, fig. 22.

1907. Unio (Nodularia) bangoranensis Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris ; no 1, p. 66.

Coquille de petite taille, de forme ovalaire-allongée, assez convexe ; valves solides, médiocrement épaisses, assez baillantes antérieurement, très peu baillantes postérieurement ; bord supérieur régulièrement convexe ; bord inférieur bien convexe ; région antérieure arrondie, légèrement décurrente à la base ; région postérieure à peine une fois et demie aussi longue que l’antérieure, terminée par un rostre médiocre ; sommets médiocrement obtus, un peu comprimés ; arête dorsale très émoussée ; charnière présentant : sur la valve droite : deux cardinales médiocrement longues, l’inférieure subtriangulaire très élevée, beaucoup plus élevée que la supérieure qui est très peu développée, et une longue lamelle latérale peu saillante ; sur la valve gauche : une cardinale assez haute formée de deux pointes saillantes séparées : la première presque sous les sommets, très aiguë ; la seconde au voisinage de l’angle antéro-dorsal, plus longue et plus mousse[460] ; deux lamelles latérales très longues ; impressions musculaires : antérieure profonde, postérieure très superficielle ; ligament court, assez robuste.

Longueur maximum : 23-36 millimètres ; hauteur maximum : 13 1/2 millimètres (à 5 1/2 millimètres des sommets) — 21 1/2 millimètres (à 12 millimètres des sommets) ; épaisseur maximum : 10-14 millimètres.

Test marron très foncé, presque noir, largement excorié au voisinage des sommets ; stries d’accroissement fines, serrées et irrégulières ; nacre bleuâtre, quelquefois saumonée, bien irisée.

Cette espèce ressemble, par le contour de ses valves, à l’Unio Chivoti ; mais elle s’en éloigne par sa forme plus écourtée, la région postérieure étant notablement plus développée ; par ses valves beaucoup plus bombées et bibaillantes (elles ne sont baillantes qu’antérieurement chez l’U. Chivoti) ; et surtout par la sculpture toute différente du test.

Dans le Bangoran, affluent du Chari (Pays de Senoussi), février 1903 ; 1 exemplaire complet et 1 valve [A. Chevalier].

Rapides du Bas Gribingui, janvier 1903 [Dr Decorse] ; 2 échantillons.

Le Chari, à Fort-Archambault, mai 1903 [Dr Decorse] ; 1 échantillon.

Unio (Nodularia) Lacoini Germain[461].

1905. Unio (Nodularia) Lacoini Germain, Bullet. Muséum hist. nat. Paris, XI, no 6, p. 489 (sans descript.).

1906. Unio (Nodularia) Lacoini Germain, Mémoires soc. zoolog. de France, XIX, p. 237, pl. IV, fig. 11-12.

Coquille ovalaire-allongée, assez ventrue, solide, opaque ; bord supérieur à peu près rectiligne ; bord antérieur arrondi, un peu anguleux supérieurement ; bord inférieur régulièrement convexe ; région postérieure allongée, une fois et demie à deux fois plus longue que l’antérieure, présentant une arête dorsale assez nettement accusée chez les jeunes, devenant obtuse chez l’adulte ; sommets proéminents, souvent excoriés et, dans ce cas, laissant voir une nacre blanche sur laquelle les tubercules et les chevrons du test apparaissent nettement ; dents cardinales au nombre de 2 sur la valve droite, relativement bien allongées, la supérieure moins haute que l’inférieure, séparées par une rainure profonde ; une seule cardinale sur la valve gauche, haute, robuste, légèrement comprimée et finement serrulée ; lamelles latérales au nombre de deux sur la valve gauche, minces, comprimées, parallèles et séparées par un sillon profond ; une seule lamelle latérale sur la valve droite, très longue, élevée et assez tranchante ; impressions musculaires : antérieure arrondie et assez profonde, postérieure superficielle.

Longueur maximum : 30-36 millimètres ; hauteur maximum : 19-22 millimètres ; épaisseur maximum : 14-16 millimètres.

Test d’un marron pâle, parfois jaunacé, présentant des stries d’accroissement très fines mais peu régulières et des tubercules ou des chevrons au voisinage des sommets ; nacre irisée, bleuâtre ou rosée.

Cette espèce est très polymorphe tant par sa forme générale que par l’ornementation sculpturale du test. On peut ainsi distinguer les mutations suivantes qui se définissent d’elles-mêmes :

Var. ex-forma : elongata Germain.
curta Germain.
compressa Germain.

L’ornementation du test se compose, fondamentalement, de stries assez fines qui, sur certains échantillons, deviennent fortes, assez saillantes et très irrégulières. Il s’y ajoute souvent, au voisinage des sommets, soit des tubercules, soit des chevrons, soit à la fois des tubercules et des chevrons.

L’Unio Lacoini se rapproche à la fois de l’Unio (Nodularia) ægyptiaca Cailliaud, dont il diffère par sa forme plus elliptique ; par ses dents cardinales beaucoup plus longues ; etc... et de l’Unio (Nodularia) Faidherbei Jousseaume qui s’en sépare par ses valves beaucoup moins convexes ; ses sommets plus antérieurs ; etc...

Faguibine (Haut-Sénégal), 1900 ; 10 échantillons.

Le lac Tchad, Kanassarom, sur la côte nord-est [M. le lieutenant L. Lacoin, 1902] ; 6 exemplaires.

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* *

Deux Unios seulement sont à ajouter aux espèces précédentes : l’un appartient à la série des Nodularia, l’autre à celle des Grandidieria Bourguignat[462].

Unio (Nodularia) essoensis Chaper[463]. — M. le capitaine Duperthuis a découvert dans le Kanem (Tchad oriental) trois exemplaires d’une variété minor Germain[464] de cette espèce. Le test est mince, léger, recouvert d’un épiderme marron brillant, orné d’étroits rayons vert émeraude particulièrement nombreux à la région postérieure. Les sommets sont parfois ornés de forts tubercules. La nacre, bien irisée, est orangée.

Longueur : 26-32 millimètres ; hauteur maximum : 20-23 millimètres ; épaisseur maximum : 11-15 millimètres.

Quelques échantillons très frustes, d’une espèce de Nodularia, ont été rapportés des lacs Daouna, dans la région de Tombouctou [Mission du général de Trentinian, 1899]. Leur mauvais état de conservation ne permet pas de les déterminer spécifiquement ; ils sont cependant intéressants puisqu’ils permettent d’affirmer que les Nodularia habitent les lacs, encore inconnus au point de vue faunique, des environs de Tombouctou.

Unio (Grandidieria) tsadianus Martens[465]. — Coquille solide, oblongue-elliptique, très renflée ; région antérieure courte et arrondie ; région postérieure rostrée ; bord supérieur subrectiligne ; bord inférieur très convexe ; sommets renflés, situés au quart de la longueur totale.

Longueur : 31 millimètres ; hauteur maximum : 20 millimètres ; épaisseur maximum : 18 millimètres.

Test épais, solide, jaune fauve ou verdâtre, irrégulièrement strié. Nacre irisée, bleuâtre.

Habite le lac Tchad, aux environs de Kouka [lieutenant allemand Glauning, 1902]. C’est la première fois qu’une espèce de la série des Grandidieria est signalée en dehors des lacs Tanganika, Victoria-Nyanza ou Rodolphe. Le fait est d’autant plus intéressant que le lac Tchad nourrit également des Pliodons appartenant justement à la section Cameronia si largement représentée dans le lac Tanganika.

Sous-Famille des ÆTHERIDÆ[466].
Genre Ætheria de Lamarck[467].

Ætheria elliptica de Lamarck.

1807. Ætheria elliptica de Lamarck, Ann. Muséum hist. natur. Paris, X, p. 401, pl. XXIX et pl. XXX, fig. 1.

1807. Ætheria trigonula de Lamarck, loc. cit., p. 403, pl. XXX et XXXI.

1807. Ætheria semilunata de Lamarck, loc. cit., p. 404, pl. XXXII, fig. 1-2.

1807. Ætheria transversa de Lamarck, loc. cit., p. 404, pl. XXXII, fig. 3-4.

1819. Ætheria elliptica de Lamarck, Anim. s. vertèbres, VI, I, p. 100.

1819. Ætheria trigonula de Lamarck, loc. cit., p. 100.

1819. Ætheria semilunata de Lamarck, loc. cit., p. 100.

1819. Ætheria transversa de Lamarck, loc. cit., p. 100.

1820. Ætheria semilunata Sowerby, Genera of shells, I.

1823. Ætheria Cailliaudi de Férussac, Mém. Æth. ; in : Mém. Acad. sc., I, p. 359.

1823. Ætheria Lamarcki de Férussac, loc. cit., p. 359.

1823. Ætheria plumbea de Férussac, loc. cit., p. 359.

1825. Ætheria tubifera Sowerby. Zoolog. Journal, I, p. 523, pl. XIX.

1826. Ætheria Cailliaudi Cailliaud, Voyage à Méroë, II, p. 222, IV (1827), p. 261 ; atlas, II (1823), pl. LXI, fig. 1-3.

1830. Ætheria Carteroni Michelin, Magas. zoolog., Mollusques, I, pl. I, fig. 1.

1834. Ætheria plumbea Rang et Cailliaud, Mém. Eth., p. 15 et Ann. Muséum Paris (3), III, p. 142.

1834. Ætheria Lamarcki Rang et Cailliaud, loc. cit., p. 17 et p. 143.

1834. Ætheria Cailliaudi Rang et Cailliaud, loc. cit., p. 17 et p. 143.

1858. Ætheria semilunata H. et A. Adams, Genera of recent Mollusca, pl. CXX, fig. 3.

1858. Ætheria semilunata Woodward, Manual of Conchol., pl. XVIII, fig. 7.

1862. Ætheria Caillaudi Chenu, Man. Conch., II, p. 150, fig. 139.

1866. Ætheria Cailliaudi von Martens, Malak. Blätter, XIII, p. 9.

1868. Ætheria plumbea Morelet, Voyage Welwitsch, Moll., p. 100.

1872. Ætheria elliptica Reeve, Conchol. Icon., XVIII, fig. 1-1b.

1872. Ætheria Cailliaudi Reeve, loc. cit., fig. 2-2 a.

1874. Ætheria Cailliaudi Jickeli, Land- und Süssw. Moll. N. Ost-Afrik., p. 281.

1880. Ætheria elliptica Smith. Proceed. zoolog. soc. London, p. 352.

1881. Ætheria Pettrettini Bourguignat, Matér. hist. Mollusques Acéph. syst. Européen, p. 53 et p. 70.

1881. Ætheria Letourneuxi Bourguignat, loc. cit., p. 56 et p. 70.

1881. Ætheria Chambardi Bourguignat, loc. cit., p. 56 et p. 69.

1881. Ætheria nilotica Letourneux in : Bourguignat, loc. cit., p. 58 et p. 66.

1881. Ætheria Cailliaudi Bourguignat, loc. cit., p. 64.

1881. Ætheria tubifera Bourguignat, loc. cit., p. 65.

1881. Ætheria elliptica Bourguignat, loc. cit., p. 66.

1881. Ætheria senegalica Bourguignat, loc. cit., p. 68.

1881. Ætheria semilunata Bourguignat, loc. cit., p. 70.

1881. Ætheria transversa Bourguignat, loc. cit., p. 71.

1881. Ætheria Carteroni Bourguignat, loc. cit., p. 71.

1883. Ætheria Cailliaudi Bourguignat, Hist. malacolog. de l’Abyssinie, p. 137.

1883. Ætheria tubifera Bourguignat, loc. cit., p. 137.

1883. Ætheria nilotica Bourguignat, loc. cit., p. 138.

1886. Ætheria Bourguignati de Rochebrune, Bullet. soc. malacologique de France, III, p. 14.

1886. Ætheria Cailliaudi Jousseaume, Bullet. soc. zoolog. de France, XI, p. 501 (à part, p. 31).

1886. Ætheria plombea Jousseaume, loc. cit., p. 501 (à part, p. 31).

1890. Ætheria Cailliaudi Dautzenberg, Mémoires soc. zoolog. de France, III, p. 135.

1892. Ætheria elliptica Smith, Ann. magaz. natur. history, 6e série, X, p. 381.

1898. Ætheria elliptica Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik., p. 216.

1898. Ætheria elliptica var. Cailliaudi Martens, loc. cit., p. 217.

1898. Ætheria elliptica var. tubifera Martens, loc. cit., p. 217.

1898. Ætheria semilunata de Rochebrune et Germain, Mém. société zoolog. de France, XVII, p. 27.

1904. Ætheria Bourguignati de Rochebrune et Germain, loc. cit. XVII, p. 27, pl. II, fig. 8.

1905. Ætheria semilunata Germain, Bullet Muséum hist. nat. Paris, XI, no 5, p. 331.

1905. Ætheria Cailliaudi Germain, loc. cit., XI, no 5, p. 331.

1905. Ætheria elliptica Germain, loc. cit., XI, no 4, p. 260.

Le genre Ætheria a été créé par de Lamarck en 1807[468] pour des coquilles fluviatiles, ressemblant à des Huîtres, que l’on crut marines jusqu’aux découvertes faites, dans le Nil, par le voyageur nantais Cailliaud. Il n’est peut-être aucun Mollusque aussi polymorphe et je crois que l’on doit considérer toutes les Æthéries décrites jusqu’ici comme appartenant à une seule espèce. C’est d’ailleurs l’opinion du Dr R. Anthony[469] qui compte publier, très prochainement, une importante monographie de ce genre particulier aux fleuves de l’Afrique[470].

Coquille irrégulière ou très irrégulière, généralement inéquivalve ; crochets prolongés en un talon plus ou moins développé ; charnière sans dents, épaisse et sinueuse ; ligament interne ou externe contigu à une fosse ligamentaire très profonde ; impressions musculaires antérieure et postérieure bien marquées ; impression palléale étroite. Test épidermé, le plus souvent foliacé ; intérieur des valves nacré.

Les Æthéries sont des animaux libres dans leur jeune âge. Leur coquille est alors régulière, « en tout semblable à un petit Unionidé et, plus spécialement, en raison de son absence de dents, à une petite Anodonte »[471]. Au bout d’un certain temps, ces jeunes Æthéries se fixent et cette fixation se fait indistinctement sur la valve droite ou sur la valve gauche, contrairement à ce qu’on observe chez les Mulleria qui se fixent toujours par la valve droite[472].

Les Æthéries se fixant sur tous les corps étrangers, il en résulte fatalement des déformations, souvent très considérables, dans la forme de la coquille. Tel est le cas du très bel échantillon, recueilli par M. A. Chevalier, et qui a dû être fixé sur une branche submergée. La coquille est devenue absolument ellipsoïdale assez allongée, la valve libre très profonde (Longueur : 120 millimètres ; hauteur maximum : 59 millimètres ; épaisseur maximum : 60 millimètres). Cet exemplaire a été trouvé dans le Chari (Mamoun, pays de Senoussi), en mars 1903, par M. A. Chevalier.

On a constaté la présence des Æthéries dans presque toute l’Afrique équatoriale, depuis le Nil jusqu’au Sénégal, au Niger, à la Gambie et au Congo. C’est un Mollusque ordinairement commun, formant très souvent des bancs denses qui, par la suite, devenus subfossiles, sont employés par les indigènes à la fabrication de la chaux.

M. A. Chevalier a rapporté de nombreux échantillons d’Æthéries recueillis dans les localités suivantes :

Le moyen Niger, entre Bamakou et Tombouctou (commun). [Mission du général de Trentinian, 1899].

Pays de Corbol, au S. du Baguirmi, dans le canal (juillet 1902). [A. Chevalier].

Rivière sablonneuse et marais du Mamoun ; lit du Boungoul (pays de Senoussi), mars 1903. [A. Chevalier].

Dans le lac Iro, territoire du Chari. Juin 1903.

Le Gribingui (Haut-Chari), fixé aux blocs éboulés de poundingues ferrugineux. Novembre 1903. Employé par les indigènes pour fabriquer la chaux.

Bords de la rivière Komadougou, près le village de Tselloum, dans le Bornou. (Janvier 1900). [F. Foureau].

Le Chari, au village de Mara, 28 février 1900 [F. Foureau].

Rivière Logone, au village de Kousri, 22 mars 1900 [F. Foureau].

Famille des MUTELIDÆ
Genre Spatha Lea[473].

§ 1. Spatha sens. str.

Spatha rubens de Lamarck.

1819. Anodonta rubens de Lamarck, Anim. sans vertèbres, VI, part. II, p. 85.

1823. Anodonta rubens Cailliaud, Voyage à Méroë, IV [1827], p. 262 ; Atlas, II, 1823, Pl. LX, fig. 12.

1835. Iridina rubens Rang, Nouv. Ann. du Muséum Paris ; p. 314.

1836. Iridina rubens Lea, Synopsis of Naïades, p. 56.

1839. Iridina solida Anton, Verz. der Conch., p. 16.

1838. Platiris (Spatha) rubens Lea, Synopsis of Naïades, p. 33.

1853. Anodonta solida Küster, Conchyl. Cabinet, Anod., p. 50, Taf. XII, fig. 1.

1857. Spatha rubens H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., II, p. 507, Pl. CXIX.

1859. Spatha rubens Chenu, Man. Conchyl., II, p. 148, fig. 729.

1867. Anodon rubens Sowerby in : Reeve, Conch. Icon., XVII, Pl. II. fig. 5.

1876. Spatha rubens Clessin, in : Martini et Chemnitz, Syst. Conchyl. Cabinet Anod., Pl. LXI, fig. 1.

1890. Spatha rubens Paetel, Conch. Sam., III. p. 188.

1900. Spatha rubens Simpson, Proceed. unit. stat. nation. Muséum, XXII, p. 896.

Cette espèce bien connue se rencontre dans toute l’Afrique équatoriale. Elle est abondante dans tous les cours d’eau, depuis le Nil jusqu’au Sénégal. Sa forme et sa taille varient, mais il est impossible de séparer, ainsi que le voulait Bourguignat[474], les exemplaires qui habitent le Nil de ceux qui vivent dans le Sénégal. La coquille nommée Spatha Cailliaudi par von Martens[475] et très exactement figurée par Jickeli[476], n’est encore qu’une variété du Spatha rubens qui habite d’ailleurs les mêmes localités que le type.

Les exemplaires recueillis par la Mission sont assez nombreux ; ils possèdent un test très pesant, marron foncé, un peu brillant ; les stries d’accroissement sont grossières et fort irrégulières ; la nacre, d’un bel orangé, est très irisée. Voici les dimensions de quelques échantillons :

Longueur max. : 101 111 111 1/2 114 114 118 124 125 120 131 mm.
Largeur max. : 64 72 75 74 79 78 78 78 78 82
Epaisseur max. : 39 48 47 45 1/2 46 56 47 50 44 45

Les deux derniers échantillons correspondent à une variété compressa très voisine du Spatha Lepsii Jickeli[477], espèce que l’on doit encore rattacher, comme variété, au Spatha rubens.

Variété rotundata Martens.

1898. Spatha rotundata Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrikas ; p. 242, figuré p. 243.

Coquille plus petite, plus régulièrement arrondie ; bord inférieur plus convexe ; sommets moins antérieurs, parfois presque médians. Même test épais, solide ; stries d’accroissement plus fines ; nacre très irisée, rougeâtre ou violacée.

Longueur max. : 71-77-80 millimètres ; hauteur max. : 50-50-51 millimètres ; épaisseur maximum : 27-33-33 millimètres.

Cette espèce n’est peut-être que l’état jeune du Spatha rubens.

Le Chari, dans le pays de Senoussi. [Mars 1903] ; 4 exemplaires recueillis avec Spatha rubens.

Variété Chudeaui Germain, nov. var.[478].

1907. Spatha rubens var. Chudeaui Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris ; no, 1. p. 65.

Coquille de grande taille, subtrapézoïdale, médiocrement allongée ; valves bien bombées, très épaisses, pesantes ; bord supérieur convexe dans une direction très ascendante ; bord inférieur un peu sinueux, formant, avec le bord supérieur, un angle très accentué ; région antérieure très peu développée, arrondie ; angle antéro-dorsal fort saillant ; région postérieure bien développée, à peine subtronquée, un peu plus de deux fois aussi longue que l’antérieure ; crête dorsale très obtuse ; sommets bien antérieurs, peu proéminents, largement excoriés ; ligament très robuste ; empreintes musculaires antérieures très profondes ; postérieures profondes, palléale médiocre.

Longueur max. : 126 millimètres ; hauteur max. : 86 millimètres, à 52 millimètres des sommets ; épaisseur max. : 54 millimètres.

Test solide, recouvert d’un épiderme brun très foncé, presque noir ; stries d’accroissement fortes, irrégulières, plus faibles antérieurement ; nacre très irisée, d’un rose saumon vif.

Cette magnifique variété se distingue du type :

Par la position très antérieure de ses sommets ; par la région postérieure plus développée, terminée par une partie rostrale régulièrement arrondie ; par sa hauteur maximum plus éloignée des sommets ; enfin par ses bords supérieur et inférieur très divergents. Par ce dernier caractère, cette variété rappelle l’aspect du Spatha Kirki Ancey[479]. Dans ces deux coquilles, le bord postérieur est également fort régulièrement convexe depuis l’angle postéro-dorsal jusqu’au bord inférieur.

Fig. 91. — Spatha rubens de Lam., var. Chudeaui Germ. Demi-grandeur naturelle.

Le Mamoun (Pays de Senoussi) [M. A. Chevalier] ; 1 échantillon.

Le Gribingui [MM. A. Chevalier et Decorse] ; mars 1903 ; 1 exemplaire.

Spatha Renei Jousseaume.

1886. Spatha Renei Jousseaume, Bullet. soc. zoolog. de France, XI, p. 22, pl. XIII, fig. 3-3 a.

1890. Spatha Renei Dautzenberg, Mém. soc. zoolog. France, III, p. 126.

Simpson[480] considère à tort cette espèce comme synonyme du Spatha rubens var. Cailliaudi Martens. M. Chevalier a recueilli, dans le Bani près de San (Soudan français), un exemplaire bien complet et bien typique du Spatha Renei qui diffère très nettement du Sp. rubens. La coquille, de taille beaucoup plus faible, est d’une forme assez régulièrement ovalaire ; les valves sont peu bombées ; le test est recouvert d’un épiderme vert très foncé qui, lorsque l’animal est mort depuis un certain temps, s’exfolie facilement et laisse voir la coquille qui est d’un rouge saumoné assez vif.

Longueur maximum : 89 millimètres ; hauteur maximum : 64 millimètres ; épaisseur maximum : 23 millimètres.

Cet échantillon constitue, par rapport au type, une variété compressa[481].

M. Chevalier a en outre recueilli, dans la même station, un deuxième exemplaire moins typique, mais ayant conservé son épiderme, et un jeune individu dont la coquille, relativement comprimée, est recouverte d’un épiderme plus clair, passant au rougeâtre vineux vers les sommets. La nacre est toujours très irisée, violacée ou rougeâtre.

Spatha chaiziana Rang[482].

1834. Anodonta Chaiziana Rang, Acéph. Sénégal, in : Nouv. Ann. Muséum Paris, p. 13, pl. XXVIII et XXIX.

1838. Margarita (Anodonta) Chaiziana Lea, Synopsis of Naïades, p. 30.

1852. Margaron (Anodonta) Chaiziana Lea, Synopsis of Naïades, p. 49.

1868. Anodonta Chaiziana Morelet, Série Conchyliol., p. 97.

1870. Margaron (Anodonta) Chaiziana Lea, Synopsis of Naïades, p. 79.

1876. Spatha Chaiziana Clessin, in : Martini et Chemnitz, Syst. Conchyl. Cabinet, Anodont., p. 187, taf. LXIII, fig. 3-4[483].

1886. Spatha Chaiziana Jousseaume, Mém. soc. zoolog. France, XI, p. 490.

1890. Spatha Chaiziana Paetel, Conchyl. Sam., III, p. 188.

1900. Spatha Chaiziana Simpson, Proceed. unit. stat. nation Museum, XXII, p. 896.

1905. Spatha Chaiziana Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, XI, no 5, p. 330, XII (1906), no 3, p. 172, et Mémoires soc. zoolog. France, XIX, p. 240.

Cette espèce, bien caractérisée, paraît répandue dans tout le centre de l’Afrique. En dehors du Sénégal, elle a été recueillie dans le Bornou, sur les bords de la rivière Komadougou par M. F. Foureau ; dans le Bas-Chari par le lieutenant L. Lacoin ; enfin dans le Kanem par M. le lieutenant Duperthuis.

M. A. Chevalier a également trouvé cette espèce, notamment dans le Mamoun (pays de Senoussi), en mars 1903. Antérieurement à sa Mission, le général de Trentinian l’avait recueillie dans le Niger Moyen (Soudan français), 1898-1900.

Spatha tawai Rang.

1834. Anodonta Tawai Rang, Acéph. du Sénégal, in : Nouv. Ann. Muséum Paris, p. 14.

1886. Spatha Tawai Jousseaume, Mém. société zoolog. de France, XI, p. 490.

1900. Spatha Tawai Simpson, Proceed. unit. stat. nat. Museum, XXII, p. 902 [Incert. sed.].

Le Spatha tawai est une coquille qui, d’après les types du Muséum de Paris, diffère du Spatha chaiziana seulement par sa forme plus petite, notablement plus comprimée, et par son épiderme plus clair, d’un magnifique vert très brillant. Il est fort probable que les deux espèces sont synonymes et que le Spatha tawai n’est que la forme jeune du Spatha chaiziana.

Un seul exemplaire mesurant 49 millimètres de longueur, 30 millimètres de hauteur et 18 millimètres d’épaisseur maximum. Il a été recueilli, en mars 1903, dans le Mamoun (pays de Senoussi).

Spatha Mabillei Jousseaume.

1886. Spatha Mabillei Jousseaume, Bullet. soc. zoolog. France, XI, p. 495 (à part, p. 25), pl. XIV, fig. 2-2 a.

1890. Spatha Mabillei Dautzenberg, Mém. soc. zoolog. France, III, p. 126 et 135.

1900. Spatha Mabillei Simpson, Proceed. unit. stat. nation. Museum, XXII, p. 897.

Cette espèce est certainement très voisine du Spatha chaiziana dont elle se distingue surtout par sa forme plus comprimée et sa région postérieure moins développée et plus largement arrondie. M. A. Chevalier n’a pas recueilli le type, mais seulement la variété suivante :

Variété mamounensis Germain, nov. var.

1907. Spatha Mabillei var. mamounensis Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris ; no 1, p. 67.

Coquille subrectangulaire, comprimée ; valves médiocrement épaisses, solides ; bord supérieur subrectiligne dans une direction légèrement ascendante ; bord inférieur rectiligne, presque parallèle au bord supérieur ; région antérieure médiocrement développée, semi-circulaire ; région postérieure semi-ovalaire, à peine deux fois aussi longue que l’antérieure ; sommets très peu saillants ; ligament long de 14 1/2 millimètres ; empreintes musculaires antérieures médiocres, postérieures faibles.

Fig. 92. — Spatha Mabillei Jousseaume, var. mamounensis Germain. Grandeur naturelle.

Longueur maximum : 61 millimètres ; hauteur maximum : 40 1/2 millimètres à 20 1/2 millimètres des sommets ; épaisseur maximum : 23 millimètres.

Épiderme marron foncé, presque noir, bien brillant ; stries d’accroissement médiocres et irrégulières ; nacre violacée, assez irisée.

Comparée au type, la variété mamounensis s’en distingue :

Par sa forme générale moins allongée ; par sa région antérieure plus arrondie ; par sa région postérieure bien moins allongée avec un bord plus régulièrement convexe ; par son bord supérieur rectiligne presque parallèle au bord inférieur ; par son ligament plus court ; etc...

Le Mamoun (pays de Senoussi), mars 1903 [M. A. Chevalier].

§ 2. — Leptospatha de Rochebrune et Germain[484].

Genre Spathella Bourguignat, Esp. nouv. genres nouv. Oukéréwé et Tanganika, décembre 1885, p. 13.

Spatha (Leptospatha) sinuata Martens.

1883. Spatha sinuata Martens, Sitz. b. natur. freunde, p. 173.

1885. Spatha sinuata Martens, Conch. Mittheil., II, p. 190, Taf. XXXIV, fig. 5-6.

1889. Spathella sinuata Bourguignat, Mollusques Afrique équat., p. 196.

1900. Spatha sinuata Simpson, Proceed. unit. st. nation. Museum, XXII, p. 899.

Un seul exemplaire de cette espèce, caractérisée par son bord inférieur bien sinueux et son bord postérieur assez largement tronqué, recueilli dans le Bani, près San, par M. A. Chevalier.

Spatha (Leptospatha) Decorsei Germain[485].
PLANCHE LITHOGR. fig. 5.

1904. Spatha (Leptospatha) Decorsei Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, X, no 7, p. 469.

Coquille de taille moyenne, de forme rectangulaire allongée ; valves assez bombées, épaisses, pesantes ; bord supérieur presque rectiligne dans une direction légèrement ascendante ; bord inférieur, nettement sinueux, parallèle au bord supérieur ; région antérieure médiocre, bien arrondie ; région postérieure très développée, un peu plus de deux fois aussi longue que l’antérieure ; crête dorsale médiocre, fort obtuse ; sommets obtus, non comprimés, à peine proéminents, largement excoriés, laissant voir une nacre plombée ; ligament court, assez robuste, long de 18 millimètres ; charnière filiforme, édentulée ; impressions musculaires : antérieure très profonde, postérieure presque superficielle, palléale faible.

Longueur : 87 millimètres ; hauteur max. : 42 millimètres à 39 millimètres des sommets ; longueur de la région antérieure : 27 millimètres ; de la région postérieure : 63 millimètres ; épaisseur max. : 34 millimètres.

Test d’un beau marron très foncé, passant au noir antérieurement et postérieurement, très largement excorié au voisinage des sommets ; stries d’accroissement médiocres, très irrégulièrement distribuées ; nacre peu irisée, d’un blanc bleuâtre.

Cette espèce se distinguera du Spatha (Leptospatha) Stuhlmanni Martens[486] :

Par ses bords supérieur et inférieur subparallèles ; par sa région antérieure moins brièvement tronquée ; par sa région postérieure plus allongée, mais se terminant par un rostre beaucoup moins effilé et non pas médian et nettement tronqué comme chez le Sp. Stuhlmanni, mais très nettement basal et largement convexe ; par son bord inférieur non pas convexe-relevé vers la région postérieure, mais descendant et très nettement sinueux dans sa partie médiane ; etc.

Variété persinuata Germain.