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Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV cover

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Chapter 179: LIVRE SECOND (Suite).
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About This Book

A series of reflective essays that probe human behavior, belief, and the limits of knowledge through intimate self-examination, classical learning, and anecdote. The pieces consider education, friendship, custom, mortality, and political life, employing skeptical inquiry and conversational digressions. The writing mixes philosophical observation, personal reminiscence, and learned citation, and this volume is accompanied by editorial notes, biographical material, and a chronological summary that places the essays in the context of the author’s life and thought.

668,

15, Sçauriez.—«Ne savez-vous pas, fait dire Martial à Porcie fille de Caton d’Utique, qu’on ne peut empêcher personne de mourir; je croyais que mon père vous l’avait appris?» V. N. II, 430: Premier.

29, Instant.—Var. des éd. ant.: Cela dit, au lieu de: «Et en mesme instant».

39, Riche.—Il est incontestable que les trois mots mis par Pline dans la bouche d’Arria, en disent beaucoup plus, dans leur concise simplicité, que la phrase étudiée que lui prête Martial.

44, Crainte.—Var. des éd. ant.: en quoy il estoit de suyure son conseil, au lieu de: «de la suyure en mourant».

670,

2, Paulina.—Tacite, Ann., XV, 61 et 64.

2, Ieune.—L’éd. de 80 porte: belle, ieune.

4, Seneque.—Fut d’abord orateur, puis s’adonna à la philosophie; accusé d’intrigues criminelles avec la fille de Germanicus, il fut exilé en Corse et il y demeura huit ans; rentré en grâce, il fut choisi comme précepteur de Néron. Lorsque, parvenu à l’empire, celui-ci donna carrière à sa mauvaise nature, Sénèque essaya de s’y soustraire en sollicitant sa retraite; l’empereur s’y opposa par hypocrisie, puis ne voyant en lui qu’un censeur incommode, il feignit de le trouver compromis dans la conspiration de Pison et lui envoya l’ordre de se donner la mort, ce qu’il fit en se faisant ouvrir les veines et témoignant d’un calme absolu, ce dont Montaigne nous donne ici un récit complet (68). On a reproché à Sénèque les richesses considérables acquises pendant qu’il était en crédit, l’approbation qu’il a donnée à l’empoisonnement de Britannicus et l’apologie qu’il a faite du meurtre d’Agrippine. On a de lui des écrits philosophiques et de nombreuses lettres à Lucilius; partout il y prêche la morale la plus austère et le mépris de la mort; Montaigne leur a fait de très fréquents emprunts; son style est brillant, élégant, quoique un peu affété. Sénèque semble né à Rome; on le donne parfois comme étant de Cordoue, d’où était son père venu à l’âge de 15 ans à Rome, où il a vécu et où il est mort.

13, Estriuoit.—Refusait de se soumettre.

672,

18, Beauté.—Var. des éd. ant.: noblesse, au lieu de: «beauté».

20, Vieillesse.—L’éd. de 80 ajoutait: (car il auoit lors enuiron cent quatorze ans); il en avait en réalité soixante-cinq.

30, Elle.—La poison; le mot, du temps de Montaigne, était féminin; aujourd’hui encore, on le fait tel dans le langage trivial.

37, Fascheuse.—Var. des éd. ant. à 88: lourde, au lieu de: «fascheuse».

674,

6, Commun.—C’est du reste de la réalité, à laquelle n’atteint jamais la fiction, que les auteurs, se bornant à modifier certains détails et parant le tout avec plus ou moins de talent, tirent généralement le fond des ouvrages qui leur font le plus honneur; l’imagination serait impuissante à concevoir l’infinité des situations que nécessite la production littéraire qui va sans cesse croissant; et c’est en serrant au plus près la vie réelle, ses incidents et ses accidents, qu’ils captivent le plus notre intérêt.

15, De ce.—Les éd. ant. portent: ou comme Arioste a rangé en vne suite, ce; au lieu de: «de ce».

22, Lucilius.—Epist. 104.


NOTES.


TROISIÈME VOLUME.

LIVRE SECOND
(Suite).

CHAPITRE XXXVI.
10,

21, Aueugle.—Ce qui ne veut pas dire qu’il était aveugle-né; croire qu’Homère est né aveugle, dit Velleius Paterculus, c’est être soi-même aveugle et privé de tout sens et surtout de bon sens.

21, Auant que.—Les éd. ant. aj.: les arts et.

12,

17, Elle est.—Les éd. ant. aj.: foible et.

23, Imiter.—Ce jugement sur Homère a été formulé par Velleius Paterculus, I, 5.

23, Aristote.—Poétique, 24.

24, Substantiels.—Les éd. ant. aj.: et massifs.

26, Coffret.—Pline, Hist. nat., VII, 9.—A la bataille d’Issus, tout le camp de Darius, qui traînait avec lui sa famille, sa cour, des richesses considérables, et où régnait un luxe inouï, était tombé aux mains du vainqueur.

28, Militaires.—Plutarque, Alexandre, 2.

29, Cleomenes.—Plutarque, Apophth. des Lacédémoniens.

32, Plutarque.—Dans son traité Du trop parler, 5.

37, Point.—Plutarque, Alcibiade, 3.

42, Qu’il est.—Plutarque, Apophth. des rois, art. Hiéron.

43, Philosophes.—Cicéron, Tusc., I, 32.

46, Helene.—Fille de Jupiter et de Léda, femme de Tyndare roi de Sparte, était sœur de Castor et de Pollux, ainsi que de Clytemnestre femme d’Agamemnon. Elle épousa Ménélas, qui succéda à Tyndare comme roi de Sparte et dont elle eut une fille Hermione. Elle fut enlevée par Pâris, fils de Priam, roi de Troie, ce qui détermina la guerre de ce nom, entre les Grecs et Troie. Après la prise de cette ville qu’Hélène livra perfidement aux Grecs pour rentrer en grâce auprès de son époux, celui-ci la ramena à Sparte. Ménélas mort, elle dut quitter Sparte et se retira à Rhodes où Polixo, femme de Tlépolème qui avait péri au siège de Troie, la fit pendre.

47, Iamais.—Montaigne semble avoir des doutes que le siège de Troie ait jamais eu lieu.

14,

5, Troyens.—Les Romains se réclamaient, par la descendance d’Énée, d’une prétendue origine troyenne; cette origine a été également revendiquée par les Vénètes; on a même été jusqu’à l’établir pour les Francs.

7, Moy.—Cette lettre a toujours passé pour apocryphe.—En citant ce passage, Bayle dit: «Voilà comment des maux chimériques, forgés par des poètes, ont servi d’apologie à des maux réels»; forgés par des poètes, par d’autres ou par nous-mêmes; cette réflexion est bien juste.

12, Athenæ.—Vers grec cité par Aulu-Gelle, III, 11, et reproduit en latin.—La même incertitude règne sur le lieu de naissance de quelques illustrations semblables: Christophe Colomb est revendiqué par Gênes, Savone, Nervi, Cogoletto, Cuecaro et Calvi. Huit villes se sont disputé l’honneur d’avoir vu naître Cervantès: Madrid, Tolède, Séville, Lucana, Esquivias, Alcazar de San Juan, Consnegra et Alcala de Hénarès.—On ne connaît pas avec certitude où est né Charlemagne.

13, Alexandre le Grand.—Fils de Philippe et d’Olympias, eut Aristote pour précepteur et monta sur le trône en 336. Dès son début, il soumit la Grèce qui, se fiant sur sa jeunesse, avait cru pouvoir secouer le joug que son père lui avait imposé, et détruisit Thèbes de fond en comble. Puis, se faisant nommer généralissime des Grecs contre les Perses, il franchit l’Hellespont avec 30.000 hommes et 5.000 chevaux; défit sur les bords du Granique (334) l’armée de Darius roi des Perses et soumit l’Asie Mineure; l’année suivante il le vainquit lui-même à Issus en Cilicie (333), et y fit prisonnière sa famille qu’il traita avec générosité; acheva la soumission de la Syrie, de l’Égypte où il fit bâtir Alexandrie, et pénétra jusqu’en Libye où il se fit déclarer fils de Jupiter, par l’oracle d’Ammon. A son retour, il remporta une nouvelle victoire sur Darius (331), qui fut bientôt suivie de la mort de ce roi et le rendit maître de toute la Perse. Poursuivant ses conquêtes, il attaqua les Scythes, les Indiens, défit le roi Porus qu’il traita avec magnanimité et s’avança jusqu’à l’Indus. Ses soldats refusant de le suivre plus loin, il revint à Babylone où il mourut d’une fièvre aiguë (323), usé qu’il était par les débauches et les excès de toutes sortes.—A sa mort, son corps, après avoir été embaumé et exposé pendant sept jours, fut placé dans un cercueil d’or et transporté, suivant le désir qu’il en avait manifesté, à Alexandrie (Égypte). Sur le chariot qui effectuait le transport et qui était traîné par 64 mulets, attelés à quatre timons, se présentant 8 de front, sur une égale profondeur, s’élevait une chambre sépulcrale monumentale où abondaient l’or, la pourpre et les pierreries. César et Auguste se firent ouvrir son tombeau, et sur sa tête ce dernier plaça une couronne d’or; l’empereur Septime Sévère en interdit l’accès; et, depuis, on ignore ce qu’il est devenu.

31, Possession.—Alexandre ne désigna personne pour lui succéder, se contentant de léguer sa couronne au plus digne. Son empire fut partagé entre ses généraux et ce partage fut la source de guerres longues et sanglantes. Perdiccas, auquel en mourant il avait remis son anneau royal, se considérant de ce fait comme appelé à régner sur l’ensemble, effectua le partage sans rien se réserver pour lui-même en particulier: Séleucus reçut la Syrie et la haute Asie; Ptolémée, l’Égypte; Antigone, l’Asie Mineure; Eumène, la Cappadoce et la Paphlagonie; Lysimaque, la Thrace; Antipater, la Macédoine et la Grèce. Quelques-uns, comme Séleucus et Ptolémée, firent souche et leurs dynasties régnèrent jusqu’au moment où, deux ou trois siècles après, leurs états devinrent simples provinces romaines.

32, Temperance.—Ce mot est à prendre ici dans le sens de modération, bien qu’Alexandre n’ait guère été plus modéré que tempérant.

34, Reproche.—Les éd. ant. à 88 aj.: que la colere.

38, Thebes.—Certaines éditions postérieures ajoutent: et de Persepolis.—Pour ce qui est de la ruine de Thèbes, V. N. I, 22: Esclaues. Celle de Persépolis, que Montaigne eût également pu citer, eut lieu dans les conditions suivantes: Dans le cours d’une orgie et sous l’influence de l’ivresse et à l’incitation de Thaïs, courtisane athénienne, Alexandre, quittant la salle du festin, portant lui-même une torche enflammée, alla mettre le feu au palais des rois de Perse; ce palais, dont les ruines subsistent encore, construit en bois de cèdre, passait pour la huitième merveille du monde (331).

38, Menander.—Commandant d’une forteresse en Perse, ne voulut pas y demeurer quand Alexandre se proposa de passer dans les Indes; irrité de son refus, ce prince le tua de sa propre main.

39, Hephestion.—Favori d’Alexandre, compagnon de ses travaux et de ses plaisirs, atteint de maladie, mourut du fait de sa propre imprudence; Alexandre fut si affecté de cette mort, qu’il fit, dit Plutarque, mettre en croix le médecin qui le soignait. Arrien conteste le fait.

39, Persiens.—Après la bataille d’Issus, où les pertes des Perses s’élevèrent, dit-on, à cent mille hommes.

40, Indiens.—Ces Indiens, guerriers de profession, se mettaient à la solde des peuplades voisines et les servaient avec fidélité et courage; ils avaient fait souvent du mal à Alexandre qui, les tenant assiégés dans une ville d’abord difficile, leur offrit une capitulation honorable pour les amener à en sortir; comme ils se retiraient, il les surprit dans leur marche et les fit tous passer par le fil de l’épée (330).

16,

1, Cosseïens.—Pour se distraire du chagrin que lui causait la mort d’Héphestion, Alexandre, dit Plutarque, partit en guerre, comme on va à une partie de chasse, contre les Cosséiens qu’il extermina, sans distinction de sexe, ni d’âge, n’épargnant même pas les petits enfants: holocauste, dit son entourage, à la mémoire d’Héphestion (327).

2, Clytus.—Quinte-Curce, X, 5.—Clitus était frère de la nourrice d’Alexandre, l’avait suivi dans toutes ses expéditions et lui avait sauvé la vie au passage du Granique. Dans un festin, le roi, échauffé par le vin, et irrité de ce qu’il mettait les exploits de son père au-dessus des siens, le tua (326). Revenu à lui, il le pleura et lui fit faire des funérailles magnifiques; mais ce qui contribua le plus à calmer sa douleur et ses remords, c’est que la veille du meurtre, l’ayant vu en songe vêtu d’une robe noire, assis au milieu des enfants de Parménion qui tous étaient morts, le divin Aristandre lui rappela ce songe, comme un indice certain que c’était là un événement réglé par le destin; et que, d’autre part, le philosophe Anaxagoras s’évertua à lui prêcher que toutes les actions des princes sont justes et légitimes, et qu’il se devait à lui-même de ne pas se laisser maîtriser par une vaine opinion.

5, Vices.—Si Alexandre a pu mériter d’être jugé ainsi au début, il n’en a pas été de même plus tard, quand la nature s’éveillant en lui et la prospérité l’enivrant, ses passions ont pris le dessus. Dès lors, il se plongea dans la débauche et sa vie ne fut plus qu’une suite ininterrompue de désordres de tous genres qui scandalisèrent ses anciens sujets. Tite-Live et Athénée le jugent beaucoup moins favorablement que Montaigne qui, comme Plutarque et Quinte-Curce ses historiens, se montre fort indulgent à son égard. C’est chez ce dernier qu’on trouve le récit curieux de son attitude vis-à-vis de Bagoas, cet eunuque mignon de Darius, qui servit de même aux plaisirs de son vainqueur, lequel en plein théâtre lui prodiguait les baisers les plus lascifs; Tite-Live, qui ne s’est occupé de lui qu’incidemment, estime qu’il n’eût pas triomphé des Romains aussi facilement qu’il a subjugué les nations orientales.

9, Indes.—Ses troupes refusant de le suivre au delà du Gange, Alexandre revint sur ses pas. Mais, pour laisser dans ces contrées une haute idée de son nom, il fit, dit Plutarque, forger des armes plus grandes, des mangeoires pour chevaux plus hautes, des mors plus pesants que d’ordinaire, et les abandonna, les faisant semer çà et là.

10, Fortune.—Voir sur les faits qui précèdent: Plutarque, Alexandre, 18, 19, 22, etc.;—Quinte-Curce, IX, 3; X, 4, 5, etc.;—Diodore de Sicile, XVII, 95.

13, Hommes.—Annibal, d’après Tite-Live, donnait le pas à Alexandre sur tous autres, parce qu’avec une poignée d’hommes, il avait triomphé d’innombrables ennemis, et qu’il avait atteint les régions extrêmes qu’il était donné à l’homme de pouvoir atteindre. V. N. II, 622: Hannibal.

15, Miracle.—Les éd. ant. à 88 aj.: car on tient entre autres choses que sa sueur produisoit une tres douce et souafue odeur, ce que Montaigne a déjà dit dans son chapitre des senteurs, I, 574.

23, Medailles.—Trébellius Pollion, Trig. tyrann., 14.—On a eu la même opinion, après saint Louis, sur les pièces de monnaie à son effigie.

18,

1, Epaminondas.—S’était d’abord adonné à l’étude des lettres et de la philosophie. Lié avec Pélopidas, il l’aida à délivrer Thèbes des Lacédémoniens qui s’en étaient emparés par trahison. Nommé général lors de la guerre qui s’ensuivit, il fut vainqueur à Leuctres (371), et releva Messène de ses ruines pour l’opposer à Lacédémone. Postérieurement, il obtint plusieurs avantages sur Alexandre, tyran de Phères; puis, la guerre ayant repris contre les Lacédémoniens, il les battit à nouveau à Mantinée, mais y fut blessé mortellement (363). Épaminondas donna l’exemple de toutes les vertus; il n’avait pas moins de frugalité et de désintéressement que de génie et de courage. V. N. I, 344: Reng.

13, Eux.—Diodore de Sicile, XV, 88; Pausanias, VIII, 13, etc. C’est aussi le jugement de Cicéron, De Orat., III, 34; Tusc., I, 2; il est vrai qu’ailleurs, Acad., II, 1, il en dit autant de Thémistocle.

16, Luy.—Plutarque, De l’Esprit familier de Socrate, 23.

20, Partie.—Les éd. ant. aj.: qui est de la vertu et.

23, Cestuy-cy.—Épaminondas.

25, Parangon.—En comparaison. Ce mot s’employait aussi dans le sens de modèle: «O dame illustre, ô parangon d’honneur!»  Marot.

20,

18, Leuctres.—Plutarque, Coriolan, 2; et dans le traité où il entreprend de prouver Qu’on ne saurait vivre joyeusement selon la doctrine d’Épicure, 13.

19, Beaucoup.—Coucher de beaucoup, c’est exagérer, se vanter.—Ce mot «coucher» était à l’époque fréquemment employé et présentait des acceptions très diverses suivant la nature du complément qui l’accompagnait: «coucher de peu», c’était faire bon marché de, faire le modeste; «coucher gros», mettre gros jeu sur une carte par exemple; «coucher par écrit» se dit encore dans le langage familier. Regnier a dit: «Ne couche de rien moins que l’immortalité», c.-à-d. ne vise, n’aspire à rien moins qu’à l’immortalité.

20, Tant.—L’éd. de 88 aj.: vtile et.

22, Cause.—Plutarque, De l’Esprit familier de Socrate, 4.

25, L’espargner.—Id., ibid., 17.

22,

2, Luy.—Diodore de Sicile, XX, 88; Cornélius Népos, Épaminondas, 10; Justin, VI, 8; etc.

CHAPITRE XXXVII.

3, Pieces.—C’est son livre même que Montaigne désigne de la sorte.

9, Oster.—Cependant, précisément dans ce chapitre (pag. 26), a été supprimé et remplacé par quelques mots, un assez long passage qui se trouvait dans l’édition de 1588.

18, Conuersation.—C.-à-d. une vie qui se prolonge jusque dans la vieillesse ne se passe...

30, Membre.—Les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux aj.: mais c’estoient vaines propositions.

24,

7, Mæcenas.—S’était lié avec Auguste, alors que celui-ci étudiait en Grèce. Il l’accompagna dans toutes ses guerres et, quand il devint empereur, se contenta d’être son ami et refusa toutes charges et honneurs. Il ne se servit de son crédit que pour le porter à la clémence et surtout favoriser les gens de lettres: Virgile, Horace, Properce étaient ses amis et ses protégés; lui-même avait composé quelques poésies, dont il ne reste que quelques fragments.

11, Bene est.—Vers de Mécène conservés par Sénèque et que La Fontaine a traduits ainsi dans sa fable La Mort et le malheureux:

 «... Qu’on me rende impotent,
Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu’en somme
Je vive, c’est assez: je suis plus que content.»

17, Stoïcien.—Ou plutôt «le cynique». Est le fondateur de cette école: il était disciple de Socrate et fut le maître de Diogène. Il faisait consister le souverain bien dans la vertu qu’il plaçait dans le mépris des richesses, des grandeurs et de la volupté; c’est lui qui, le premier, prit la besace et le bâton de mendiant comme symbole de la philosophie.—Ce trait est rapporté par Diogène Laerce, VI, 18.

38, Essayé.—Éprouvé.

26,

6, Accointer.—Me familiariser avec la mort.

13, Opter.—La pensée exprimée par ce vers de Martial a été souvent reproduite:

«Las d’espérer et de me plaindre
Des Muses, des grands et du sort,
«Être satisfait de son sort,
Quel qu’il soit, ne jamais s’en plaindre,
C’est ici que j’attends la mort,
Sans la désirer ni la craindre.» Meynard.
Et regarder venir la mort
Sans la désirer ni la craindre.» Bussy-Rabutin.

Madame de Tracy l’a développée: «La vraie philosophie c’est de préférer ce qu’on a, et de voir toutes choses du bon côté; de même le vrai christianisme consiste à faire à tous les êtres animés, bêtes et gens, le plus de bien possible et à attendre la mort sans crainte, comme sans impatience.»—Quinault l’a résumée ainsi:

«Faites choix de l’indifférence,
Elle assure un sort plus heureux.»

20, Gestes.—Au lieu de: «Qu’elle laisse... gestes» (l. 18 à 20), les éd. ant. portent: comme si elle dressoit les hommes aux actes d’vne comedie, ou comme s’il estoit en sa iurisdiction, d’empescher les mouuements et alterations que nous sommes naturellement contraincts de receuoir: qu’elle empesche donq Socrates de rougir d’affection, ou de honte, de cligner les yeux à la menace d’vn coup, de trembler et de suer aux secousses de la fiebure: la peincture de la Poesie, qui est libre et volontaire, n’ose priuer des larmes mesmes, les personnes qu’elle veut representer accomplies et parfaictes.

 E se n’afflige tanto,
Che si morde le man, morde le labbia,
Sparge le guancie di conticuo pianto,

elle deburoit laisser cette charge à ceulx, qui font profession de reigler nostre maintien et nos mines.—Traduction de la citation: «Son affliction est telle qu’il se mord les mains, qu’il se mord les lèvres et que sa joue est sans cesse inondée de pleurs» (Auteur inconnu).

20, Condonne.—Accorde, permette, du latin condonare qui a même sens.

22, Voyelle.—Qui se décèle par la voix, par des plaintes, des gémissements.

29, Instruire.—Les éd. ant. aj.: qu’elle luy ordonne ses pas et le tienne en bride et en office.

35, En accidens.—Précédé dans l’éd. de 88 par: Voyla sa charge: du dehors, il importe peu et.

37, Corps.—Les éd. ant. port.: C’est bien assez que nous soyons tels, que auons nous accoustumé en nos pensées et actions principales: quant au corps, s’il, au lieu de: «Si le corps».

38, Tourneboule.—Qu’il se tourne et se retourne comme une boule.

28,

5, Epicurus.—Diogène Laerce, X, 18.

8, Cæstibus.—Cestes: gantelets garnis de fer ou de plomb, dont se servaient les athlètes dans les combats du pugilat.

12, Assaux.—Les éd. ant. aj.: de la douleur.

19, Desespoir.—Les éd. ant. aj.: et à la rage.

22, Refert.—Vers du Philoctète d’Attius, cités deux fois par Cicéron, De Finibus, II, 29 et Tusc., II, 14.

30, Cicero.—De Divinat., II, 69.

32, Desgarcent.—Mot forgé par Montaigne pour exprimer que les douleurs de la pierre ne le portaient à rêver qu’il avait commerce avec une femme, comme il était arrivé à l’individu dont parle Cicéron.

33, Vreteres.—Canaux qui mettent en communication les reins et la vessie.

34, Ordinaire.—Les éd. ant. aj.: ie deuise, ie ris, i’estudie, sans esmotion et alteration.

36, Preparer.—Les éd. ant. aj.: par estude et.

30,

1, Essayé.—Je me suis cependant mis à l’essai, à l’épreuve.

8, Santé.—Les éd. ant. aj.: et pure de douleurs.

13, Presomption.—Socrate disait d’Antisthène affectant de ne porter que des vêtements dépenaillés, qu’il apercevait sa vanité au travers des trous de son manteau.—«L’excès de modestie est un raffinement d’orgueil.» Pascal.—«La simplicité affectée est une imposture délicate.»—«L’orgueil est égal chez tous les hommes; il n’y a de différence qu’aux moyens et à la manière de le mettre à jour.»  La Rochefoucauld.

32, Cartilage.—Pline, Hist. nat., VII, 12.

34, Illegitime.—Plutarque, dans son traité De ceux dont Dieu diffère la punition, 19, ne dit pas qu’on ait jamais tenu pour illégitimes ceux qui ne portaient pas l’empreinte d’un fer de lance sur le corps; il remarque au contraire qu’après avoir disparu, cette empreinte avait reparu dans cette même famille après un assez long intervalle de temps.

36, Ressemblance.—C’est ce qu’Hérodote, VI, 180, raconte d’un peuple de Libye.

32,

15, Mere.—Le père de Montaigne paraît avoir eu dix enfants, dont les deux aînés seraient morts en bas âge, peut-être avant la naissance de Michel, de telle sorte que, né le troisième après cinq années de mariage, il se trouva être l’aîné de quatre frères et trois sœurs qui parvinrent à âge d’homme. V. N. I, 114: Frere.

38, Deux.—Ramon Eyquem, son bisaïeul, mort en 1478.

41, Sept.—Les éd. ant. port.: six.

34,

10, Empeschement.—Les éd. ant. port.: rengregement de mal.

13, Quatre.—Ces quatre frères étaient: Pierre, le père de Montaigne, qui était l’aîné. Thomas, que l’on appelait M. de S.-Michel, parce qu’il était curé de cette paroisse où se trouvait sis le château de Montaigne; il mourut jeune. Pierre minor, dit Seigneur de Gaviac; il succéda aux emplois ecclésiastiques de son frère Thomas et devint chanoine de S.-André et de S.-Seurin de Bordeaux et curé de Lahontan, localité dont il est question plus loin, page 60. Enfin Raymond, Seigneur de Dussaguet, avocat au parlement de Bordeaux.

16, Mal.—Et cela lui réussit si mal.

19, Dyspathie.—Aversion; le mot est emprunté du grec, nous disons aujourd’hui antipathie.

25, Consideration.—Préjugé.

29, Epicurus.—Cicéron, Tusc., V, 33; Diogène Laerce, X, 129.

35, Iniurieuse.—Les éd. ant. port.: ne peut auoir ny grace, ny faueur, au lieu de: «nous vient... à estre iniurieuse».

40, Secours.—Les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux port.: de s’ayder de ces nobles, au lieu de: «d’appeler à son secours».

36,

2, Chere.—Les éd. ant. port.: espineuse.

6, Certain.—Les éd. ant. aj.: Mais ie dy que ce qui s’en void en practique, il y a grand dangier que ce soit pure imposture, i’en crois leurs confraires Fiorauanti et Paracelse.

8, Refforts.—Raifort; sorte de rave sauvage de goût très prononcé.

9, Sené.—Arbrisseau des pays chauds, dont les valves des fleurs sont purgatives.

11, Solon.—C’est Plutarque qui le lui fait dire dans le Banquet des sept Sages, 19.

14, Vberté.—Fertilité; du latin ubertas qui a même signification.

15, Arondes.—Hirondelles; cet ancien nom de l’hirondelle se retrouve encore dans «queue d’aronde», à la fois terme de charpentier et de fortification.

19, Pastissage.—Mélange informe, espèce de salmigondis ou de macédoine.

25, Designe.—Prescrit, ordonne.

26, Estime.—Montaigne raconte dans son Voyage que, se trouvant, pour sa santé, aux bains «della Villa» près de Lucques, en 1581, il laissa échapper cette exclamation: «La vaine chose que la medecine!» Ce qui suit prouve que ce mot partait du fond de l’âme; et pour le confirmer dans son idée, plusieurs fois, rapporte-t-il encore, il fut appelé à Rome à des consultations de médecins; à l’une, entre autres, le malade était résolu de s’en tenir à sa décision; et il ajoute: «J’en riois en moi-même.» Le Clerc.

37, Ordonnances.—Les éd. ant. port.: drogues.

38,

1, Point.—Je ne me fais pas un sujet de frayeur, je ne souffre pas d’être sans médecin;—c’est le sens propre de «passionner» qui ne se dit plus aujourd’hui qu’au sens figuré.

13, Censeur.—Pline, d’où cette assertion semble tirée, émet en effet que les médecins ne furent reçus à Rome que six cents ans après la fondation de cette ville; mais pour ce qui est de leur expulsion, il dit expressément qu’elle n’eut lieu que longtemps après la mort de Caton.

18, Plutarque.—Vie de Caton le Censeur, 12.

19, Pline.—Hist. nat., XXV, 8.

20, Herodote.—Liv. IV, ch. 187.—Hippocrate dit à peu près la même chose des Scythes.

40,

2, Platon.—Dans le Timée.

3, Appartiennent.—Dont nous avons la disposition.—Ces trois modes de perturbations intestines sont les vomitifs, les purgations et la saignée.

7, Harpades.—Combats; coups de harpon ou de griffes.—Se harper, c’est lutter à qui mieux mieux, corps à corps, se prenant aux cheveux, se mordant, mettant tout en jeu pour se faire le plus de mal possible.

10, Infiable.—Incertain, sur lequel on ne peut compter.

14, Dihore.—Expression employée jadis dans le Languedoc et qui peut se traduire par «Holà!» ou encore: «Alerte, à l’aide, au secours»;—était employée couramment dans cette région, alors dans son premier sens, par les laboureurs, les charretiers pour presser la marche de leurs bêtes.

15, Impiteux.—Impitoyable, sans pitié.

21, Entraine.—Imitation de ce vers de Sénèque, Epist. 107: «Ducunt volentem fata, nolentem trahunt (Le destin mène qui s’y prête et contraint qui résiste).» Ce que Fénelon a rendu sous cette autre forme: «L’homme s’agite, Dieu le mène.»

27, Tué.—Pline l’Ancien, qui vivait avant Adrien, cite une épitaphe exactement conçue dans les mêmes termes: «Le trop grand nombre de médecins qui l’ont assisté, l’a tué.»—Dans une de ses comédies, Casimir Delavigne exprime la même idée, en parodiant le vers si connu de Corneille et l’appliquant à un malade auquel plusieurs médecins ont apporté leurs soins: «Que vouliez-vous qu’il fît contre trois?—Qu’il mourût.»

28, Diogenes.—Diogène Laerce, VI, 62.

29, Autresfois.—«Parlons franchement, Docteur, dit un jour, en plaisantant, Frédéric II de Prusse à son médecin. Combien avez-vous tué d’hommes pendant votre vie?—Sire, répondit celui-ci, à peu près trois cent mille de moins que Votre Majesté.»—«Diaulus était médecin, maintenant il est croque-mort; il n’a pas changé de métier.» Martial.—«Tu tuais les hommes étant médecin; gladiateur, tu les tues encore.»  Martial.

29, Nicocles.—Le mot de Nicoclès se trouve dans le ch. 46 de la Collection des moines Antonius et Maximus; cette épigramme a souvent été répétée.

33, Faute.—Les éd. ant. à 88 port.: heur, que leur erreur et leurs fautes sont soudain mises sous terre et enseuelies, au lieu de: «heur... faute».

37, Moy.—Les éd. ant. port.: query à moy, au lieu de: «query moy».

39, Subiects.—C.-à-d. les médecins s’en font honneur auprès de ceux qui se sont mis entre leurs mains.

42,

15, Morfondement.—Ce que nous appelons aujourd’hui un chaud et froid, une affection causée par un froid subit, vous surprenant ayant chaud.

21, Propos.—De la République, III.

27, Conte.—Dans sa fable Le malade et le médecin.—Les éd. ant. à 88 port.: ce me semble.

40, Propres.—Les Chinois, les Japonais paient, dit-on, leurs médecins, tant par journée de bonne santé; et, quand ils sont malades, ils sont soignés gratis. La chose n’est pas aussi paradoxale qu’elle en a l’air au premier abord; c’est l’analogue de ce qui se pratiquait il y a un demi-siècle en France, et qui se pratique peut-être encore dans les campagnes, où l’on contractait abonnement avec le médecin; c’est également ce qui se passe dans les sociétés de secours mutuels. Ce mode a disparu dans les grandes villes depuis que les médecins ont mis leurs soins à des prix tellement exorbitants que, pour échapper à leurs exigences souvent peu en rapport avec leur science (les plus modestes ne sont pas les moins bons), beaucoup de personnes de condition aisée cherchent à se faire admettre dans les hôpitaux. On se plaint qu’en agissant ainsi, elles volent les pauvres pour lesquels ces établissements ont été créés; c’est la nécessité qui les y oblige: elles n’ont d’autre moyen de se procurer des soins dont elles soient sûres, et d’échapper ainsi à l’ignorance des uns et aux prix exagérés des autres. «Les anciens ne voulaient pas surtout que la vie des hommes fût au prix d’un énorme salaire»; mais déjà du temps de Pline qui écrivait ainsi, les médecins étaient parfois payés des prix excessifs, effet de la civilisation qui, augmentant le bien-être physique, fait que chacun tient davantage à la vie. D’après lui, Erasistrate aurait reçu cent talents (575.000 fr.) pour avoir guéri le roi Antiochus et il en cite plusieurs qui en ont laissé plus de mille à leurs héritiers, après en avoir dépensé autant durant leur vie. Aujourd’hui on a également tendance à l’exagération, et quand on leur parle de tarif, les princes de la science répondent en concédant le paiement de leurs honoraires au prorata du revenu représenté par le prix du loyer. Si encore ils étaient tenus de garantir la guérison ou seulement du soulagement!

44,

1, Æsculapius.—Avait appris la médecine du centaure Chiron. Non content de guérir les malades, il ressuscitait même les morts; c’est ainsi qu’il rendit la vie à Hippolyte, fils de Thésée, qui, repoussant les obsessions de Phèdre sa belle-mère, accusé par elle auprès de Thésée d’avoir voulu la séduire, sur la demande, adressée par son père à Neptune, de le venger, avait été déchiré par un monstre marin. Jupiter, irrité de l’audace d’Esculape, le foudroya, à la prière de Pluton, dieu des enfers, dont l’empire, s’il eût eu des imitateurs, eût couru risque de devenir désert.

2, Hypolitus.—Les éd. ant. et l’ex. de Bord. port. à tort Heleine, au lieu de «Hypolitus».

6, Stygias.—Du Styx. Ce fleuve faisait sept fois le tour des enfers; ses eaux étaient glacées et vénéneuses; c’est par lui que les dieux avaient coutume de jurer et leur serment alors était irrévocable; s’ils y manquaient, ils étaient déchus pendant neuf ans de leur divinité.

9, Mon.—Vraiment oui, puisqu’il peut impunément...—Expression elliptique d’usage fréquent du temps de Montaigne, mise pour: «C’est mon avis».—Cette réponse de Nicoclès se trouve dans le ch. 146 de la Collection des moines Antonius et Maximus.

18, Cassam.—En citant ce vers, Cicéron l’explique, ajoutant: «au lieu de dire comme tout le monde, «un limaçon» ou plutôt fort probablement «un bouillon de limaçons».

20, Fanatiques.—Les éd. ant. et l’ex. de Bord. port.: fantastiques.

46,

2, Contestations.—Pline, Hist. nat., XXIX, 1.

22, Hierophilus.—Celse, préface du Ier livre.—Hiérophile fut le créateur de l’anatomie; on dit qu’il poussa l’amour de la science jusqu’à disséquer des corps de criminels vivants.

23, Erasistratus.—Erasistrate s’est adonné à l’anatomie; a été le chef de l’école des Méthodistes qui, procédant d’après des méthodes déterminées, était opposée à celle des Empiriques, qui s’appuyaient exclusivement sur l’expérience; son école a jusqu’à Galien joui d’une grande célébrité.

23, Asclepiades.—Il préconisait les douches; le premier, il a pratiqué la bronchotomie dans le cas de l’angine.

24, Alcmæon.—A écrit sur la nature de l’âme et sur la médecine; admettait comme causes de toutes choses, certains principes fondamentaux, dont chacun avait son contraire.

27, Strato.—Straton; il passa une partie de sa vie en Égypte où il fut précepteur de Ptolémée Philadelphe. Il expliquait tout par la force productrice de la nature et les maladies par les entraves qu’on lui opposait.

28, Hippocrates.—Le père de la médecine, ainsi qu’on l’a surnommé.—Avait beaucoup voyagé; enseigna et pratiqua, surtout à Athènes. Se basait, pour traiter les malades, sur l’observation, plus que sur des hypothèses, comme on l’avait fait jusqu’à lui; usait de remèdes simples; le premier, divulgua les méthodes curatives jusqu’alors tenues secrètes; a beaucoup écrit, en relatant ses observations; n’a pas craint d’avouer ses erreurs. On a dit de lui qu’il avait refusé des propositions d’Artaxerxès, roi des Perses, qui, à prix d’or, voulait l’enlever à la Grèce et se l’attacher.

28, Amis.—Pline l’Ancien, Hist. nat., XXIX, 1, au commencement.

37, Peloponnesiaque.—Guerre du Péloponnèse; guerre mémorable de la Grèce ancienne, qui eut lieu de 431 à 401, entre Sparte et Athènes, et qui, après des alternatives de succès et de revers, se termina par la défaite de cette dernière.

38, Science.—Tous ces détails sur la médecine sont extraits de Pline, Hist. nat., XXIX, 1.