110,

14, Regles.—Var. des éditions antérieures: sectes des Philosophes, au lieu de: «regles».

22, Santé.—«Ignorant toutes les incommodités de l’humanité, il mourut dans des conditions telles qu’on ne saurait en souhaiter de meilleures», dit Valère Maxime, VIII, 13, en parlant de Xénophyle de Chalcis, philosophe pythagoricien, que Montaigne qualifie musicien.

24, Broche.—Couper broche, c’est mettre fin, interrompre. V. N. III, 444: Broche.

33, Tantale.—Tantale, roi de Lydie, ayant reçu la visite des dieux, leur fit servir, pour éprouver leur divinité, les membres de son propre fils. Pour ce forfait, il fut précipité dans le Tartare et condamné à une soif et à une faim inextinguibles; on le représente au milieu d’un fleuve dont l’eau s’abaisse dès qu’il en approche les lèvres, et sous des arbres dont les branches s’élèvent dès qu’il veut en détacher les fruits.—Cicéron et Montaigne, avec lui, le confondent ici avec Sisyphe, roi de Corinthe, qui, en punition de ses brigandages et de ses cruautés, fut condamné, après sa mort, à rouler dans les Enfers, au sommet d’une montagne, un rocher qui redescendait sans cesse au bas des pentes, dès qu’il atteignait le faîte.  Mythologie.

35, Commis.—Ceci se pratique encore fréquemment en France; l’acte de condamnation porte toujours où se fera l’exécution.

112,

3, Mort.—«La mort est bien le bout, non pourtant le but de la vie,» dit ailleurs Montaigne avec beaucoup plus de raison. V. N. III, 574: But.

4, Comme.—Comment. Corneille l’emploie parfois aussi dans ce sens, il dit dans Horace:

J’ai su par son rapport...
Comme de vos deux fils vous portez le trépas.

8, Queuë.—Brider l’âne par la queue, c’est s’arranger mal, mal prendre ses mesures, un âne ne se bridant pas de la sorte.

12, Seignent.—Font le signe de la croix.

19, Vescu.—Plutarque, Vie de Cicéron, 12.

20, Consolent.—Ils disaient de même et pour le même motif: semianimis (à demi vivant), tandis que nous disons: «à demi-mort».

21, Feu.—Défunt, se dit de quelqu’un récemment décédé; semble venir du latin fuit (il a été); cette étymologie assez naturelle est cependant contestée.

21, Maistre Iehan.—Appellation qui se donnait aux pédants, aux savants et aux docteurs. V. N. II, 478: Maistre-Iean.

22, L’argent.—Proverbe; quand on a du temps devant soi, on a possibilité de se procurer de quoi se tirer d’embarras. Les Anglais disent avec un sens analogue: Time is money (le temps, c’est de l’argent).

25, Ianuier.—En France, l’année a eu différents points de départ: le 1er mars, sous les rois de la première race; le jour de Noël, sous ceux de la deuxième; le jour de Pâques, sous ceux de la troisième jusqu’à Charles IX qui, par une ordonnance rendue en 1563, en fixa le commencement au 1er janvier. Par suite, le 1er janvier 1563 devint le premier jour de l’an 1564; le parlement ne se conforma à cette ordonnance que trois ans après, en 1567.—Ajoutons qu’en 1793, le début de l’année fut fixé au 22 septembre, en même temps que cette même année était dénommée an 2 de la République; cette manière de compter prit fin le 1er janvier 1806.

26, Autant.—Montaigne ayant trente-neuf ans à ce moment, devait à son compte aller jusqu’à soixante-dix-huit; c’est beaucoup. D’après les tables de mortalité établies par Déparcieux en 1746, les premières, croyons-nous, qui aient été faites, il pouvait espérer arriver à l’âge de soixante à soixante-cinq ans; de fait cette probabilité s’est réalisée, puisqu’il est mort en 1592, dans sa soixantième année. V. N. I, 596: Esperable.

114,

1, Terme.—Les éditions antérieures à 1588 ajoutent: «et ce fameux Mahumet aussi.» Ce membre de phrase a disparu, Montaigne s’étant vraisemblablement aperçu de l’inexactitude qu’il commettait, Mahomet n’ayant commencé à prêcher qu’à quarante ans et étant mort à soixante-deux.

6, Lyon.—En 1305. Le pape Clément V (Bertrand de Got), que Montaigne appelle son voisin parce qu’il était gascon et qu’il avait été archevêque de Bordeaux, venait d’être couronné à Lyon. Après la cérémonie, retournant à son logis, il traversait la ville à cheval, la tiare sur la tête. Le roi (Philippe le Bel) et successivement ses deux frères avaient tenu la bride de sa monture, et cet honneur venait d’échoir au duc Jean II de Bretagne, quand passant près d’un mur surchargé de spectateurs, le mur s’écroula, le pape fut renversé de cheval, sa tiare tomba; il y eut douze morts, dont le duc de Bretagne, et un grand nombre de blessés, dont le duc de Lorraine qui eut un bras et une cuisse cassés.

7, Iouant.—Henri II, blessé à mort, en 1559, dans un tournoi, par le comte de Montgommery, capitaine de ses gardes.

8, Pourceau.—En 1131. Philippe, fils aîné de Louis le Gros, âgé de seize ans, qui avait été couronné du vivant de son père, comme il était de règle à cette époque, pour mieux assurer l’hérédité. Se promenant à cheval, un pourceau vint à se jeter dans les jambes de l’animal qui s’abattit, brisant la tête de son cavalier contre une borne et l’étouffant de son poids.

9, L’airte.—Sur ses gardes. On écrit aujourd’hui «alerte»; les Italiens disent encore «fare all’erta», être alerte, être au guet, prendre garde à soi. Le Clerc.

10, L’air.—En 406. D’après la tradition, il avait été prédit à Eschyle qu’il périrait en plein air.  Valère Maxime, IX, 12, 2.

11, Raisin.—Anacréon suçant le jus d’un grain de raisin, un pépin s’arrêta dans sa gorge et il en mourut.  Valère Maxime, IX, 12, 8.

13, Huis.—Pline, Hist. nat., VII, 33; les deux exemples qui suivent se trouvent aussi en cet endroit.

14, Conseil.—Ce fut un accident analogue qui causa la mort du roi de France Charles VIII; se rendant à une partie de jeu de paume, il se heurta le front contre le haut d’une porte basse, et quelques heures après n’était plus (1498).

16, Mantoue.—Guy de Gonzague, père de ce Ludovic, avait été condamné par ses concitoyens à perdre la tête sur l’échafaud, pour cause d’adultère (1382).

17, Platonicien.—Tertullien (Apologétique, 46) rapporte le fait, mais seulement comme un on-dit. Diogène Laërce conte au contraire que Speusippus, perclus depuis déjà quelques années par suite de paralysie, et accablé de douleurs, se donna la mort dans un âge avancé, version que Montaigne reproduit, I, 632.

18, Papes.—Le pape Jean XII fut, dit-on, assassiné dans les bras de sa maîtresse (964).

21, Siens.—Cet exemple et le précédent sont tirés de Pline, VII, 33.

22, Frere.—Montaigne eut quatre frères et trois sœurs.—Ses frères étaient: Thomas, seigneur de Beauregard, qui épousa Mademoiselle Carle, belle-fille de la Boétie, qui était mort depuis quelques années quand le mariage eut lieu; Mademoiselle Carle possédait la propriété d’Arsac en Médoc, dont son mari prit le nom. Pierre, seigneur de la Brousse, propriété de la famille, non loin de Montaigne. Arnaud, dit le capitaine Saint-Martin, dont il est question ici. Bertrand, seigneur de Mattecoulom, petite propriété près de Bordeaux.—Ses sœurs: Jeanne, mariée à Richard de Lestonna, conseiller au parlement de Bordeaux. Léonor, mariée à Thiébaud de Camain, également conseiller. Marie, mariée à Bernard de Cazalis. V. N. III, 32: Mere.

24, Esteuf.—Balle dont il était et est encore fait usage pour jouer à la paume.

27, Causa.—Les cas de mort subite sont journaliers et se produisent en toutes circonstances; Rabelais en cite plusieurs, en outre de quelques-unes des précédentes: Spurius Saufeius mourut, dit-il, en humant un œuf mollet en sortant du bain; Fabius, préteur romain, fut suffoqué par un poil de chèvre en buvant une tasse de lait; Philomènes, par un fou rire que lui causa la vue d’un âne mangeant des figues nouvelles qu’on avait apportées pour lui-même; Zeuxis, le peintre, en se pâmant de rire, en considérant le minois d’une vieille dont il venait de faire le portrait, et autres.—De nos jours en 1904, la mère d’un cardinal mourait à la nouvelle que son fils venait d’être promu patriarche de Venise; une servante du Limousin, en apprenant qu’elle venait de gagner 25.000 fr. à une loterie; en Champagne, un candidat à la députation, à l’annonce de son élection.—La plupart du temps cependant, les circonstances extérieures dans lesquelles les morts subites se produisent et qui font qu’on les remarque, n’y sont pour rien.

34, Veau.—Niais; cette qualification de veau était souvent appliquée aux gens par trop simples d’esprit.

44, Dessoude.—Soudainement, du latin de subito, à l’imprévu, comme portent les éditions antérieures.

116,

17, Accoustumons-le.—«Il n’est point d’objet si effrayant qu’on ne puisse envisager sans crainte, quand on s’est familiarisé avec lui; plus on s’occupe de la mort, moins on la redoute.» De Ségur.—«C’est un accident si banal, si inévitable, si peu à redouter pour qui a la conscience tranquille, que ce n’est vraiment pas la peine d’y penser, si on a mis ordre à ses affaires et si rien de particulier ne vous porte à désirer une prolongation d’existence.» G. M.

27, Egyptiens.—Hérodote, II, 78.

29, Seche.—Un squelette.

32, Attende.

«C’est un arrêt du ciel, il faut que l’homme meure.
Tel est son partage et son sort.
Rien n’est plus certain que la mort,
Et rien plus incertain que cette dernière heure.» Abbé Testu.

36, Mal.—«Le jour de la mort vaut mieux que le jour de la naissance; mieux vaut la fin d’une chose que son commencement.»  Ecclésiaste, VII, 1 et 8.

40, Mesme.—Persée, qui n’eut pas le courage, en se tuant, de suivre le conseil qui lui était implicitement donné et qu’on fit mourir dans sa prison, de faim, disent les uns, en le privant de sommeil, disent les autres, après avoir servi d’ornement au triomphe de son vainqueur. Plutarque, Paul Émile, 17; Cicéron, Tusc., V, 40.

118,

3, Ageret.—Mademoiselle de Gournay a donné de ce vers de Catulle la traduction suivante: «Quand mon âge fleuri roulait son gai printemps», qui mérite d’être conservée pour sa grâce et la fidélité originale de la traduction. Le Clerc.

11, Non plus.—Pas davantage. On trouve dans l’Horace de Corneille cette expression avec la même signification:

«...... Quel malheur si l’amour de sa femme
Ne peut non plus sur lui, que le mien sur ton âme.»

26, Pres.—Le 6e paragraphe du ch. XXIII du liv. I de l’Imitation de Jésus-Christ résume, ainsi que l’a fait Montaigne, ici et ailleurs, les divers genres de mort qui nous menacent continuellement; Corneille le traduit ainsi:

«Combien de fois entends-tu dire:
Celui-ci vient d’être égorgé;
Celui-là d’être submergé;
Cet autre, dans les fers, expire.
L’un, écrasé subitement,
Dans les débris d’un bâtiment
A fini ses jours et ses vices;
L’autre au milieu d’un bon repas,
L’autre parmi d’autres délices
Se sont vus surpris du trépas.»

37, Mort.

«Que l’homme connaît peu la mort qu’il appréhende,
Quand il dit qu’elle le surprend!
Elle naît avec lui; sans cesse lui demande
Un tribut dont en vain son orgueil se défend;
Il commence à mourir, longtemps avant qu’il meure,
Et périt en détail imperceptiblement;
Le nom de mort qu’on donne à notre heure dernière,
N’en est que l’accomplissement.» Mme Deshoulières.
120,

5, Estre.—Dans sa fable «La mort et le mourant», La Fontaine a développé cette même pensée de Montaigne, si bien résumée par le dernier vers de cette fable: «Le plus semblable aux morts, meurt le plus à regret.» Cette fable se retrouve du reste dans Abstemius, fabuliste italien du XVe siècle.

10, Mortes morts.—Les morts où tout meurt à la fois chez l’homme, par opposition à celles où il s’éteint graduellement, perdant tout ou partie de ses facultés avant de perdre la vie.

13, Manent.—Le texte de Virgile porte Pendent.

19, Agir.—Les éditions antérieures ajoutent: Et ie suis d’aduis que non seulement vn Empereur, comme disoit Vespasien, mais que tout gallant homme doit mourir debout.

32, Lycurgus.—Plutarque, Vie de Lycurgue, 20.

35, Condition.—Actuellement, par mesure d’hygiène, les cimetières sont établis loin des groupes d’habitations; le souvenir et le culte des morts y ont perdu. Être inhumé au pied de son clocher, au centre même du lieu où l’on avait vécu, de ses affections, avait autrement de poésie que d’être, comme aujourd’hui, relégué au loin et à l’écart.

42, Tel.—Cette exhibition, au dire même d’Hérodote qui la rapporte, n’avait nullement pour objet, comme Montaigne le donne à entendre, une pensée morale, mais, au contraire, celui de s’exciter à boire et à mener joyeuse vie, bannissant peines et soucis, se rappelant le peu de temps durant lequel il est donné à l’homme d’en jouir.

122,

4, Diuerses.—Ce registre, à la vérité non commenté, et c’est là le point essentiel de l’idée de Montaigne, existait de son temps, établi par de Ravisi (Bâle, 1552); d’autres depuis, toujours sans commentaires, en ont pareillement donné des relevés. Parmi les auteurs mêmes qu’il avait dans sa bibliothèque, Pline, Valère Maxime, Boccace y ont consacré des chapitres entiers de leurs ouvrages.

7, Fin.—Cicéron, De Off., II, 5. Dicearchus, dans son livre, énumère tout ce qui concourt à la destruction de l’homme: épidémies, cataclysmes de toutes sortes, et termine en montrant que les guerres, les séditions, en un mot la fureur de l’homme contre ses semblables, en fait périr plus que toutes les autres calamités réunies.

23, César.—De Bello Gallico, VII, 81.

30, Mort.—Montaigne mourut, comme il en manifeste l’espoir, avec courage et résignation. Il s’éteignit lentement le 13 septembre 1592. «Depuis trois jours déjà, il ne pouvait plus parler, mais était plein d’entendement. Sentant sa fin approcher, il fit mander à quelques gentilshommes ses voisins de venir, pour qu’il prit congé d’eux; et, alors qu’on était réuni et tandis qu’on disait la messe dans sa chambre, à l’élévation, par un effort suprême il joignit les mains, tenta de se dresser sur son séant et rendit l’âme.»  Pasquier.

33, Manet!—Citation tirée de Pseudo-Gallus. Gallus, contemporain d’Auguste, prit part aux grandes affaires de l’État, et composa des élégies qui ne nous sont pas parvenues. Il en a été, nonobstant, publié sous son nom, en 1501; elles semblent lui avoir été faussement attribuées et être d’un poète inconnu du VIe siècle que certains dénomment Maximianus et que l’on a pris le parti de désigner sous l’appellation de Pseudo-Gallus.

37, Vie.—Sénèque, Epist. 76.

124,

5, Vieillesse.—Curius Dentatus, rapporte Sénèque, disait «préférer être mort que vivre mort».

21, Figue.—«Faire la figue», expression italienne. C’est se moquer de quelqu’un en lui faisant un geste indécent avec les doigts, lui montrant le bout du pouce entre l’index et le médius. En 1162, Frédéric Barberousse, empereur d’Allemagne, pour se venger des Milanais, qui avaient promené ignominieusement sa femme sur une mule, les ayant battus, fit placer une figue dans les parties génitales de la mule et chacun de ses prisonniers dut, à tour de rôle, sous peine de mort, la retirer avec les dents, d’où ce geste et cette expression, rappelant cette aventure aux Milanais et tenu par eux comme une injure.

34, Mort.—Diogène Laerce, II, 15; Cicéron, Tusc., I, 40.—Socrate ne fut pas condamné à mort par les trente tyrans, mais après leur expulsion, par les Athéniens eux-mêmes (400), ou mieux par le conseil des Héliastes. Ce conseil, ainsi nommé parce qu’il siégeait en plein air, et dont le nombre des membres variait de 200 à 600, était composé de sénateurs. Pour Socrate, 556 membres étaient présents; il fut déclaré coupable à la majorité de 3 voix, et condamné à mort à celle de 33; il est vraisemblable que la hardiesse de sa défense indisposa d’un scrutin à l’autre quelques-uns de ceux qui, de prime abord, s’étaient prononcés pour la non-culpabilité. V. N. III, 576: L’vn.

40, Ans.—Allusion au sentiment éprouvé par Xerxès voyant défiler son armée et songeant que, dans cent ans, de tous ces êtres humains, pas un ne demeurerait, fait mentionné ci-après, I, 408.—Un jour, en présence du peuple romain auquel il donnait des jeux, Titus versa des larmes provoquées par de semblables réflexions.

126,

7, Decrepitude.—Cicéron, Tusc., I, 39.

10, Eternité.-«L’éternité commencée tout à l’heure, est aussi ancienne que l’éternité datée de la première mort, du meurtre d’Abel.»  Chateaubriand.

11, Arbres.—Il existerait au Mexique, encore actuellement en 1907, près d’un village appelé Chepultepec, un cyprès qui aurait trente-cinq mètres de tour et qui, d’après les botanistes, serait âgé de plus de six mille ans. On trouve également en Amérique, notamment en Californie, des séquoias qui auraient de 3000 à 3500 ans d’existence; en Judée, au jardin de Gethsémani, sont nombreux les oliviers qui ont été témoins de l’agonie de Jésus-Christ; en Angleterre existe un chêne de toute beauté auquel on attribue une existence de douze siècles. Il y a en Normandie un chêne qui serait contemporain de Guillaume le Conquérant; en Sardaigne se trouveraient des orangers qui auraient sept cents ans; à l’orangerie de Versailles en existe un, en fort bon état, planté au XVe siècle par Éléonore de Castille.  Larousse.

11, Animaux.—L’éléphant serait de tous les animaux celui qui vivrait le plus longtemps; on en cite un qui, pris par Alexandre le Grand, lors de la défaite de Porus, pouvant avoir à ce moment une cinquantaine d’années, existait encore à Alexandrie trois siècles après. La tortue, la corneille, le perroquet atteindraient cent ans; l’aigle, cent cinquante ans. Les esturgeons, les squales, passent pour vivre plusieurs siècles; on prétend que dans les pièces d’eau du château de Fontainebleau, se trouvent des carpes datant de la fondation par François Ier, il y a quatre cents ans.  Larousse.

12, Ridicule.—Sénèque, Consol. ad Marciam, 20.

16, Monde.—«Il est aussi naturel de mourir que de naître.»  Bacon.

20, Creation.

«Homme, contre la mort, quoi que l’art te promette,
Il ne saurait te secourir.
Prépares-y ton cœur; dis-toi: C’est une dette
Qu’en recevant le jour j’ai faite;
Nous ne naissons que pour mourir.» Mme Deshoulières.

«L’enfant naît pour mourir, la maison s’élève pour tomber.» Adage arabe.

23, Viure.

«... Tout passe et tout meurt: tel est l’arrêt du sort.
L’instant où nous naissons est un pas vers la mort.»
Voltaire, Exhortation villageoise du Curé de C.

25, Pendet.—Add. de 80: Et ne mourés iamais trop tost.

27, Mort.—«Nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eaux qui se perdent sans retour.»  Bossuet, Oraison funèbre de Madame la duchesse d’Orléans.

«Le moment où je parle est déjà loin de moi.» Boileau.
«Dans tout berceau germe une tombe.» Victor Hugo.
128,

3, Disposition.—Terme d’astronomie; c’est l’état des astres et leur aspect.

11, Mesme.—«Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera; il n’y a rien de nouveau sous le soleil.»  Ecclésiaste, I, 9.

38, Videmus.—La phrase qui précède est la traduction de ces deux vers.

45, Vsage.—«La durée de la vie se compte réellement, non par le nombre des années, mais par celui des pensées et des actions.»  De Ségur.

46, Vescu.—«Quelque jeune qu’on soit, quand on a bien su vivre, on a toujours assez vécu.»  Mme Deshoulières.»

130,

1, Issue.—A Saint-Antoine de Padoue (Italie), on voit dans le cloître une tombe française, datant de 1595, dont l’épitaphe se termine par ce vers:

«Car il n’est si beau jour qui n’amène sa nuit.»

23, Donnée.—«Si Dieu avait donné le choix, ou de mourir, ou de toujours vivre; après avoir médité profondément ce que c’est, que de ne voir nulle fin à la pauvreté, à la dépendance, à l’ennui, à la maladie; ou de n’essayer des richesses, des plaisirs et de la santé que pour les voir changer inévitablement en leurs contraires par la révolution du temps, et être ainsi le jouet des biens et des maux, l’on ne saurait guère à quoi se résoudre. La nature nous fixe et nous ôte l’embarras de choisir; et la mort qu’elle nous rend nécessaire, est encore adoucie par la religion.» La Bruyère.—«Si nous étions immortels, nous serions des êtres très misérables. Il est dur, sans doute, de mourir; mais il est doux d’espérer qu’on ne vivra pas toujours et qu’une meilleure vie finira les peines de celle-ci. Si on nous offrait l’immortalité sur la terre, qui est-ce qui voudrait accepter ce triste présent? quelles ressources, quels espoirs, quelles consolations nous resteraient contre les rigueurs du sort et les injustices des hommes?»  J.-J. Rousseau, Émile, II.

24, Priué.—Le Tasse, près de rendre le dernier soupir, disait: «Si la mort n’était pas, il n’y aurait au monde rien de plus misérable que l’homme.»

«La vie n’est qu’un amas de craintes, de douleurs,
De travaux, de soucis, de peines;
Pour qui connaît les misères humaines,
Mourir n’est pas le plus grand des malheurs.» Mme Deshoulières.

«Celui-là qui meurt jeune, est aimé des dieux.»—«J’aurais bien aimé à mourir entre les bras de ma nourrice, cela m’aurait ôté bien des ennuis et m’aurait donné le ciel bien sûrement et bien aisément»  (Mme de Sévigné).

30, Indifférent.—Diogène Laerce, I, 35.

132,

1, Arriue.—C’est de cette même idée que s’inspire cette inscription qui se lit fréquemment sur les cadrans solaires: «Vulnerant omnes, ultima necat (Toutes les heures nous blessent, la dernière nous tue)», que certains trouveraient plus juste si elle était rédigée: «Vulnerant omnes, ultima sanat (la dernière guérit)», puisque cette dernière met fin à nos maux.

2, Nature.—Tout ce discours de la nature est imité de Lucrèce, III, du vers 945 jusqu’à la fin du livre. Les deux dernières phrases sont traduites de Sénèque, Epist. 20; le traité de ce même philosophe, De brevitate vitæ, a aussi fourni à Montaigne quelques imitations.  Le Clerc.

14, Prescheurs.—«Qui demandent: Où voulez-vous, Monsieur, qu’on vous enterre?»  Voltaire, La Pucelle.

17, Nous.—Cette idée et celle de la phrase suivante appartiennent à Sénèque, Epist. 24.—«C’est moins la mort qui est horrible, que le fantôme sous lequel on nous la fait envisager.»  Chilon.

17, Masque.—«La mort est belle; elle est notre amie. Néanmoins, nous ne la reconnaissons pas, parce qu’elle se présente à nous masquée et que son masque nous épouvante.»  Chateaubriand.

20, Mort.—Les éd. ant. aj.: et heureuse trois fois.

21, Equipage.—«Mon ami, je mourrai aujourd’hui. Quand on en est là, il ne reste plus qu’une chose à faire, c’est de se parfumer, de se couronner de fleurs, de s’environner de musique, afin d’entrer agréablement dans ce sommeil dont on ne se réveille plus.» Paroles de Mirabeau à Cabanis, le jour de sa mort.—«Le dernier plaisir de la vie, a dit César, est de mourir sans y penser.»

CHAPITRE XX.

Ce chapitre porte le no XXI dans les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.

23, L’imagination.—Charron a puisé dans ce chapitre la plupart des idées qu’il exprime au ch. 17 du liv. I de son Traité sur la Sagesse.

134,

18, Sagesse.—Ce Vibius Gallus était rhétoricien de profession. Il s’imagina que les emportements de la raison, représentés devant ses auditeurs, captiveraient leur esprit; et, par le soin qu’il prit à contrefaire le fou, il le devint effectivement. «C’est le seul homme que je sache, dit Sénèque le Rhéteur, Controv., II, 9, à qui il est arrivé de devenir fou, non par accident, mais par acte de jugement.»

21, Imagination.—On a vu maintes fois des patients mourir sur la table d’opération, avant même que le chirurgien eût commencé.—En 1794, Hébert, ce terroriste qui avait envoyé de si nombreuses victimes à l’échafaud, appelé à son tour à y monter, fut si faible devant la mort que ses jambes ne le portaient plus; il fallut, lorsqu’on le descendit de la charrette, l’asseoir sur le pavé. A la vue de la fatale machine, il s’évanouit; il était sans vie, lorsqu’on l’attacha sur la bascule; on ne guillotina qu’un mort.—Au collège royal d’Aberdeen, en Angleterre, des étudiants ayant à se plaindre du portier, s’en saisissent et lui annoncent qu’ils vont lui trancher la tête; ils l’agenouillent les yeux bandés et le frappent à la nuque avec une serviette mouillée; quand on le relève, il a cessé de vivre.—Lors du cataclysme qui, en 1902, ravagea la Martinique et détruisit la ville de Saint-Pierre, tous les navires qui étaient dans la rade périrent consumés par les flammes. Un seul, le «Roddus», parvint à s’échapper indemne; on n’y découvrit pas moins, une fois en sûreté, dans le salon du bord, les cadavres de plusieurs matelots qui, effrayés par la soudaineté de l’éruption et la pluie de feu, avaient dû se réfugier en toute hâte dans cette pièce et y étaient morts de peur, car ils ne portaient aucune trace de blessure.  Fulbert Dumonteil.

28, Cruentent.—Montaigne a rendu lui-même, avant de les citer, l’idée exprimée dans ces deux vers de Lucrèce, dont la traduction textuelle est la suivante: «Semblables aux flots tumultueux d’un fleuve franchissant toute limite, les amoureux inondent leurs vêtements.»

31, Italie.—Valère Maxime, V, 6, qualifie Cippus de préteur et dit qu’étant sorti de Rome en habit de général et l’accident dont parle Montaigne lui étant arrivé, les devins déclarèrent qu’il serait roi, s’il retournait à Rome; sur quoi, il se condamna volontairement à un exil éternel. V. aussi  Pline, XI, 58.

35, Refusée.—En 546, Crésus, roi de Lydie (Asie Mineure), avait un fils muet de naissance. Lors de la prise de sa capitale par les Perses, l’un d’eux allait tuer le roi qu’il ne connaissait pas, lorsque son fils qui était à ses côtés, saisi d’effroi, fit un effort qui lui rendit la voix: «Soldat, se serait-il écrié, ne tue pas Crésus!» et, pour le reste de sa vie, il conserva la faculté de parler.  Hérodote, I, 85.

37, Ame.—Antiochus, fils de Séleucus Nicator roi de Syrie, dépérissait. Erasistrate, son médecin, ne pouvant en pénétrer la cause, pensa qu’il se mourait d’amour, et, pour connaître l’objet de sa passion, imagina de mettre la main sur le cœur du malade et de faire défiler devant lui toutes les personnes de son entourage. A l’entrée de chacune, le jeune homme resta parfaitement calme, jusqu’à l’arrivée de Stratonice, sa belle-mère; à ce moment, il change de couleur, une sueur froide l’envahit, un frisson s’empare de lui, son cœur palpite; ces mouvements révèlent au médecin ce qu’il voulait connaître et il déclare au roi que le seul moyen de sauver son fils est de l’unir à la princesse; Séleucus consentit à la lui céder.  Lucien, Traité de la déesse de Syrie.

38, Nopces.—Outre cet exemple de changement de sexe, Pline, Hist. nat., VII, 4, en cite plusieurs autres, mais aucun en sens inverse d’homme changé en femme; Ausone leur consacre une de ses épigrammes.—Le fait se présente de temps à autre, mais plus apparent que réel, ne tenant en quoi que ce soit du merveilleux; chez la plupart, il n’est que le fait de fausses déclarations, faites à la naissance par les parents qui espèrent de la sorte éviter à leur fils le service militaire. Cependant, en dehors de toute supercherie, il naît parfois des hermaphrodites; les Romains avaient pour principe de les détruire; de nos jours, on les admet à l’existence comme tous autres. Cette année même (1906), à Charlottenbourg (Prusse), un nouveau-né aurait été inscrit à l’état civil sans indication de sexe, l’accord n’ayant pu se faire sur sa détermination, et l’on aurait remis à l’avenir de décider la question.

41, Iphis.—Lors de la naissance d’Iphis, son père, partant en voyage, avait ordonné que si c’était une fille, ce qui arriva, elle fût exposée. Sa mère, pour la sauver, déguisa son sexe et l’éleva comme un garçon. Quand vint le moment de la marier, durant la cérémonie nuptiale, les dieux, cédant à ses prières et à celles de sa mère, la changèrent en garçon; et, par reconnaissance, Iphis offrit un sacrifice à Isis (une des divinités principales de l’Égypte, personnification de la nature), inscrivant sur un ex-voto le vers que cite Montaigne.  Myth.

136,

1, François.—Vitry-le-François s’écrit et se prononce encore avec un O. Cette ville a été bâtie par François Ier, pour recevoir les habitants de Vitry-le-Brûlé, bourg distant d’environ 5 kil., que Charles-Quint venait de détruire (1554).

2, Soissons.—En 1580. Dans son journal de voyage, Montaigne écrit: «Nous ne le sceumes voir, parce qu’il estoit au village». Il y est dit aussi que ce fut l’évêque de Châlons, et non de Soissons, le cardinal de Lenoncourt, qui lui donna ce nom de Germain.  Le Clerc.

9, Marie Germain.—Le fait est mentionné par Ambroise Paré; c’était, dit-il, une jeune paysanne du nom de Marie Garnier qui, à l’âge de quinze ans, gardant les moutons et ayant sauté un fossé, éprouva une vive douleur et se trouva avoir changé de sexe; on lui donna alors le nom de Germain. Ce devait être, ajoute le célèbre chirurgien de l’époque, un véritable garçon, dont les organes étaient jusque-là demeurés à l’intérieur. Cuvier.—En 1907, à Savia (Italie), est né un enfant hermaphrodite, chez lequel les médecins n’ont pas été d’accord sur le sexe prédominant.—La duchesse d’Orléans, mère du Régent, sous Louis XV, parle dans ses Mémoires de Marie Germain, et avoue avoir, dans l’espoir de devenir homme comme elle, fait, elle aussi, des sauts si terribles que c’est miracle si, cent fois, elle ne s’est pas rompu le cou.

16, Dagobert.—Ce roi, dit la légende, était couvert de lèpre; s’étant dévotieusement frictionné avec la rosée de certain lieu d’une vénération particulière, il en fut miraculeusement guéri, ne conservant que les cicatrices de ses plaies.

16, Saint François.—Deux ans avant sa mort (1224), saint François d’Assise étant en prière, tomba en extase; le Christ sur la croix lui apparut, et, en même temps, il se sentit comme percé de trous dans tous les membres où les clous avaient été enfoncés dans ceux de Notre-Seigneur; et depuis il en conserva les cicatrices.—Ce fait de stigmates a été relevé à diverses reprises; en des temps rapprochés, en 1843, il a été assez longuement question d’un cas semblable, chez trois vierges, dans le Tyrol. En ce qui touche saint François d’Assise, le fait a été accepté par l’Église qui a institué une fête en cet honneur; ce qui n’a pas empêché un incrédule d’avancer qu’au dire des Jacobins, adversaires des Cordeliers dont saint François est le fondateur, ces stigmates avaient été produits par saint Dominique armé d’une broche, lors d’un différend survenu entre eux.

19, Autre.—Cet autre, c’est Restitutus. Cité de Dieu, XIV, 24.

22, Haleine.—Les extases, plus ou moins prolongées, sont un fait courant que la science explique dans une certaine mesure et qu’on arrive même assez aisément à provoquer chez certaines personnes, par le magnétisme.

27, Visions.—«Des miracles», ajoutent toutes les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.

32, Liaisons.—«Des mariages», ajoutent les éditions antérieures. Il s’agit ici de nouement d’éguillettes, ou impuissance momentanée empêchant la consommation du mariage, attribuée alors à des maléfices et qui jadis était l’objet de bien des préoccupations: Virgile semble y faire allusion; l’Écriture sainte relate la peine de mort contre ceux se livrant à des enchantements pour les produire; la loi salique leur inflige une amende de quarante sous d’or.

138,

16 à 22, On n’a pas... préseruer.—Var. des éd. ant.: A qui a assez de loisir pour se rauoir et se remettre de ce trouble, mon conseil est qu’il diuertisse ailleurs son pensement ou qu’on luy persuade, qu’on luy fournira des contrenchantemens d’vn effect merueilleux et certain.

31, Test.—A la base du crâne.

140,

1, Resueillon.—Collation faite au milieu de la nuit, quand on veillait, fréquemment pratiquée alors, le souper ayant lieu d’ordinaire à 5 heures du soir; est encore, de nos jours, de pratique courante la nuit de Noël, mais avec en plus une idée de divertissement qui à l’époque n’en faisait pas partie intégrante.

32, Sacrifices.—Hérodote, II, 81, d’où le fait est tiré, dit que ce fut Laodice qui s’avisa de faire vœu à Vénus de lui ériger une statue, ce dont elle s’acquitta très fidèlement.

34, Mineuses.—Qui font des mines, des manières; minaudières.

35, Allumant.—Var. des éd. ant.: «Mais il faut aussi que celles, à qui legitimement on le peut demander, ostent ces façons ceremonieuses et affectées de rigueur et de refus, et qu’elles se contraignent vn peu, pour s’accommoder à la necessité de ce siecle malheureux», au lieu de: «Or elles ont... allumant».

35, Cotte.—Ce propos émane de Théano. Cf.  Hérodote, I, 8.

142,

4 à 5, Qui luy... suiuantes.—Var. des éd. ant.: que cette frayeur s’en augmente et redouble à toutes les occasions suiuantes: et sans quelque contremine on n’en vient pas aisement à bout.

144,

13, Saint Augustin.—Dans la Cité de Dieu, XIV, 24; voir aussi le commentaire de Vivès sur ce passage.—Il y a vingt ou trente ans, un individu, tirant parti de cette même affection, affublé de la qualité de Pétomane, se donnait en spectacle à Paris; il en était arrivé à jouer certains airs.

25, Pouuoir.—Claude, empereur romain. Suétone (Claude, 32) dit seulement: Il méditait, assure-t-on, de rendre un édit «pour permettre de lâcher des vents à sa table», parce qu’il avait appris qu’un de ses convives avait pensé mourir pour s’être retenu devant lui. «Ne vous étonnez pas davantage, dit Rabelais, de celui-ci qui, pour retenir son vent et défaut de péter un mauvais coup, mourut subitement en présence de Claudius», origine probable de cette intention.

146,

12, Espaigne.—Les écrouelles, affection chronique des glandes du cou, vulgairement appelées «humeurs froides».—Les rois de France passaient jadis pour avoir le don de guérir cette maladie. A cet effet, ils faisaient sur la face du malade un signe de croix, en le touchant du front au menton et d’une oreille à l’autre, en disant: «Le roi te touche, Dieu te guérit.» Ils procédaient à cette opération, plus particulièrement le jour de leur sacre et à différentes fêtes annoncées à l’avance, pour que ceux qui le voulaient pussent se présenter. Le jour de son sacre, Louis XIV en toucha près de 2.000. Les étrangers se présentaient en grand nombre, notamment les Espagnols, chez lesquels cette maladie était, paraît-il, assez répandue; ce seraient eux qui, pour cacher ce mal, auraient inventé ces grandes fraises, en usage autrefois, particulièrement au XVIe siècle.—L’antiquité est fertile en superstitions de ce genre: Pyrrhus, roi d’Épire, guérissait les gens malades de la rate en leur touchant le flanc gauche avec son orteil droit; ils devaient au préalable avoir sacrifié un coq blanc. Montaigne, d’après Plutarque, cite ailleurs le fait de Vespasien rendant la vue à deux aveugles en leur humectant la paupière avec sa salive.

17, Aposéme.—Apozème, terme de médecine; potion faite d’une décoction d’herbes.

37, Façon.—Ce trait est, après Montaigne, rapporté dans les anecdotes de médecine de Dumonchau.—De cet effet d’imagination vrai ou faux, on peut rapprocher celui bien réel qui se produit journellement quand on souffre des dents et qu’on se décide à s’en faire arracher; l’appréhension de la douleur fait que très fréquemment le mal disparaît, quand le dentiste se dispose à opérer.