TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE CINQUIÈME ET DERNIER VOLUME
LIVRE V.
LES CONTEMPORAINS.
Chapitre I.—Le roman. Dickens.
§ 1. L'ÉCRIVAIN.
- Liaison des diverses parties de chaque talent. — Importance de la façon d'imaginer. 6
- I. Lucidité et intensité de l'imagination chez Dickens. — Audace et véhémence de sa fantaisie. — Comment chez lui les objets inanimés se personnifient et se passionnent. — En quoi sa conception est voisine de la vision. — En quoi elle est voisine de la monomanie. — Comment il peint les hallucinés et les fous. 6
- À quels objets il applique son enthousiasme. — Ses trivialités et sa minutie. — En quoi il ressemble aux peintres de son pays. — En quoi il diffère de George Sand. — Miss Ruth et Geneviève. — Un Voyage en diligence. 21
- II. Véhémence des émotions que ce genre d'imagination doit produire. — Son pathétique. — L'ouvrier Stephen. — Son comique. — Pourquoi il arrive à la bouffonnerie et à la caricature. — Emportement et exagération nerveuse de sa gaieté. 27
- Le roman anglais est obligé d'être moral. — En quoi cette contrainte modifie l'idée de l'amour. — Comparaison de l'amour chez George Sand et chez Dickens. — Peintures de la jeune fille et de l'épouse. 39
- En quoi cette contrainte modifie l'idée de la passion. — Comparaison des passions dans Balzac et dans Dickens. 43
- Inconvénients de ce parti pris. — Comment les masques comiques ou odieux se substituent aux personnages naturels. — Comparaison de Pecksniff et de Tartufe. — Pourquoi chez Dickens l'ensemble manque à l'action. 45
§ 3. LES PERSONNAGES.
- Deux classes de personnages. — Les caractères naturels et instinctifs. — Les caractères artificiels et positifs. — Préférence de Dickens pour les premiers. — Aversion de Dickens pour les seconds. 49
- I. L'hypocrite. — M. Pecksniff. — En quoi il est Anglais. — Comparaison de Pecksniff et de Tartufe. — L'homme positif. — M. Gradgrind. — L'orgueilleux. — M. Dombey. — En quoi ces personnages sont Anglais. 50
- II. Les enfants. — Ils manquent dans la littérature française. — Le petit Joas et David Copperfield. — Les gens du peuple. — L'homme idéal selon Dickens. 60
- III. En quoi cette conception correspond à un besoin public. — Opposition en Angleterre de la culture et de la nature. — Redressement de la sensibilité et de l'instinct opprimés par la convention et par la règle. — Succès de Dickens. 64
Chapitre II.—Le roman (suite). Thackeray.
- Abondance et excellence du roman de mœurs en Angleterre. — Supériorité de Dickens et de Thackeray. — Comparaison de Dickens et de Thackeray. 68
- I. Le satirique. — Ses intentions morales. — Ses dissertations morales. 70
- II. Comparaison de la moquerie en France et en Angleterre. — Différence des deux tempéraments, des deux goûts et des deux esprits. 79
- III. Supériorité de Thackeray dans la satire amère et grave. — L'ironie sérieuse. — Les snobs littéraires; Miss Blanche Amory. — La caricature sérieuse. — Mistress Hoggarty. 82
- IV. Solidité et précision de cette conception satirique. — Ressemblance de Thackeray et de Swift. — Les devoirs d'un ambassadeur. 93
- Misanthropie de Thackeray. — Niaiserie de ses héroïnes. — Niaiserie de l'amour. — Vice intime des générosités et des exaltations humaines. 96
- V. Ses tendances égalitaires. — Défaut des caractères et de la société en Angleterre. — Ses aversions et ses préférences. — Le snob et l'aristocrate. — Portraits du roi, du grand seigneur de cour, du gentilhomme de campagne, du bourgeois gentilhomme. — Avantages de cet établissement aristocratique. — Excès de cette satire. 100
§ 2. L'ARTISTE.
- I. Idée de l'art pur. — En quoi la satire nuit à l'art. — En quoi elle diminue l'intérêt. — En quoi elle fausse les personnages. — Comparaison de Thackeray et de Balzac. — Valérie Marneffe et Rebecca Sharp. 117
- II. Rencontre de l'art pur. — Portrait de Henri Esmond. — Talent historique de Thackeray. — Conception de l'homme idéal. 128
- III. La littérature est une définition de l'homme. Quelle est cette définition dans Thackeray. — En quoi elle diffère de la véritable. 141
Chapitre III.—La critique et l'histoire, Macaulay.
- Rôle et position de Macaulay en Angleterre. 145
§ 1. ESSAIS CRITIQUES ET HISTORIQUES.
- I. Ses Essais. — Agrément et utilité du genre. — Ses opinions. — Sa philosophie. En quoi elle est anglaise et pratique. — Son Essai sur Bacon. Quel est, selon lui, le véritable objet des sciences. — Comparaison de Bacon et des anciens. 147
- Sa critique. — Ses préoccupations morales. — Comparaison de la critique en France et en Angleterre. — Pourquoi il est religieux. — Liaison de la religion et du libéralisme en Angleterre. — Libéralisme de Macaulay. — Essais sur l'Église et l'État. 152
- Sa passion pour la liberté politique. — Comment il est l'orateur et l'historien du parti whig. — Essais sur la Révolution et les Stuarts. 159
- II. Son talent. — Son goût pour la démonstration. — Son goût pour les développements. Caractère oratoire de son esprit. — En quoi il diffère des orateurs classiques. — Son estime pour les faits particuliers, les expériences sensibles et les souvenirs personnels. — Importance des spécimens décisifs en tout ordre de connaissance. — Essais sur Warren Hastings et sur Clive. 166
- Caractères anglais de son talent. — Sa rudesse. — Sa plaisanterie. — Sa poésie. 183
§ 2.
- Son œuvre. — Harmonie de son talent, de ses opinions et de son œuvre. — Universalité, unité, intérêt de son histoire. — Peinture des Highlands. — Jacques II en Irlande. — L'Acte de Tolérance. — Le massacre de Glencoe. — Traces d'amplification et de rhétorique. 197
- Comparaison de Macaulay et des historiens français. — En quoi il est classique. — En quoi il est anglais. — Position intermédiaire de son esprit entre l'esprit latin et l'esprit germanique. 222
Chapitre IV.—La philosophie et l'histoire. Carlyle.
- Position excentrique et importante de Carlyle en Angleterre. 229
§ 1. SON STYLE ET SON ESPRIT.
- I. Ses bizarreries, ses obscurités, ses violences. — Son imagination, ses enthousiasmes. — Ses crudités, ses bouffonneries. 230
- II. L'humour. — En quoi elle consiste. — Comment elle est germanique. — Peintures grotesques et tragiques. — Les dandies et les mendiants. — Catéchisme des cochons. — Extrême tension de son esprit et de ses nerfs. 238
- III. Barrières qui le contiennent et le dirigent. — Le sentiment du réel et le sentiment du sublime. 251
- IV. Sa passion pour le fait exact et prouvé. — Sa recherche des sentiments éteints. — Véhémence de son émotion et de sa sympathie. — Intensité de sa croyance et de sa vision. — Past and Present. — Cromwell's letters and speeches. — Son mysticisme historique. — Grandeur et tristesse de ses visions. — Comment il figure le monde d'après son propre esprit. 251
- V. Que tout objet est un groupe, et que tout l'emploi de la pensée humaine est la reproduction d'un groupe. — Deux façons principales de la reproduire, et deux sortes principales d'esprits. — Les classificateurs. — Les intuitifs. — Inconvénients du second procédé. — Comment il est obscur, hasardé, dénué de preuves. — Comment il pousse à l'affectation et à l'exagération. — Duretés et outrecuidance qu'il provoque. — Avantages de ce genre d'esprit. — Il est seul capable de reproduire l'objet. — Il est le plus favorable à l'invention originale. — Quel emploi Carlyle en a fait. 260
§ 2. SON RÔLE.
- Introduction des idées allemandes en Europe et en Angleterre. — Études allemandes de Carlyle. 268
- I. De l'apparition des formes d'esprit originales. — Comment elles agissent et finissent. — Le génie artistique de la Renaissance. — Le génie oratoire de l'âge classique. — Le génie philosophique de l'âge moderne. — Analogie probable des trois périodes. 268
- II. En quoi consiste la forme d'esprit moderne et allemande. — Comment l'aptitude aux idées universelles a renouvelé la linguistique, la mythologie, l'esthétique, l'histoire, l'exégèse, la théologie et la métaphysique. — Comment le penchant métaphysique a transformé la poésie. 271
- III. Idée capitale qui s'en dégage. — Conception des parties solidaires et complémentaires. — Nouvelle conception de la nature et de l'homme. 273
- IV. Inconvénients de cette aptitude. — L'hypothèse gratuite et l'abstraction vague. — Discrédit momentané des spéculations allemandes. 274
- V. Comment chaque nation peut les reforger. — Exemples anciens. — L'Espagne au seizième et au dix-septième siècle. — Les puritains et les jansénistes au dix-septième siècle. — La France au dix-huitième siècle. — Par quels chemins ces idées peuvent entrer en France. — Le positivisme. — La critique. 276
- VI. Par quels chemins ces idées peuvent entrer en Angleterre. — L'esprit exact et positif. — L'inspiration passionnée et poétique. — Quelle voie suit Carlyle. 278
§ 3. SA PHILOSOPHIE, SA MORALE ET SA CRITIQUE.
- Sa méthode est morale, non scientifique. — En quoi il ressemble aux puritains. — Sartor resartus. 282
- I. Les choses sensibles ne sont que des apparences. — Caractère divin et mystérieux de l'être. — Sa métaphysique. 283
- II. Comment on peut traduire les unes dans les autres les idées positivistes, poétiques, spiritualistes et mystiques. — Comment chez Carlyle la métaphysique allemande s'est changée en puritanisme anglais. 289
- III. Caractère moral de ce mysticisme. — Conception du devoir. — Conception de Dieu. 291
- IV. Conception du christianisme. — Le christianisme véritable et le christianisme officiel. — Les autres religions. — Limite et portée de la doctrine. 294
- V. Sa critique. — Quelle valeur il attribue aux écrivains. — Quelle classe d'écrivains il exalte. — Quelle classe d'écrivains il déprécie. — Son esthétique. — Son jugement sur Voltaire. 299
- VI. Avenir de la critique. — En quoi elle est contraire aux préjugés de siècle et de race. — Le goût n'a qu'une autorité relative. 304
§ 4. SA CONCEPTION DE L'HISTOIRE.
- I. Suprême importance des grands hommes. — Qu'ils sont des révélateurs. — Nécessité de les vénérer. 307
- II. Liaison de cette conception et de la conception allemande. — En quoi Carlyle est imitateur. — En quoi il est original. — Portée de sa conception. 309
- III. Comment la véritable histoire est celle des sentiments héroïques. — Que les véritables historiens sont des artistes et des psychologues. 312
- IV. Son histoire de Cromwell. — Pourquoi elle ne se compose que de textes reliés par un commentaire. — Sa nouveauté et sa valeur. — Comment il faut considérer Cromwell et les puritains. — Importance du puritanisme dans la civilisation moderne. — Carlyle l'admire sans restriction. 314
- V. Son histoire de la Révolution française. — Sévérité de son jugement. — En quoi il est clairvoyant et en quoi il est injuste. 319
- VI. Son jugement sur l'Angleterre moderne. — Contre le goût du bien-être et la tiédeur des convictions. — Sombres prévisions pour l'avenir de la démocratie contemporaine. — Contre l'autorité des votes. — Théorie du souverain. 322
- VII. Critique de ces théories. — Dangers de l'enthousiasme. — Comparaison de Carlyle et de Macaulay. 327
Chapitre V. — La philosophie. Stuart Mill.
- I. La philosophie en Angleterre. — Organisation de la science positive. — Absence des idées générales. 331
- II. Pourquoi la métaphysique manque. — Autorité de la religion. 332
- III. Indices et éclats de la pensée libre. — L'exégèse nouvelle. — Stuart Mill. — Ses œuvres. — Son genre d'esprit. — À quelle famille de philosophes il appartient. — Valeur des spéculations supérieures dans la civilisation humaine. 334
§ 1. L'EXPÉRIENCE.
- I. Objet de la logique. — En quoi elle se distingue de la psychologie et de la métaphysique. 337
- II. Ce que c'est qu'un jugement. — Ce que nous connaissons du monde extérieur et du monde intérieur. — Tout l'effort de la science est d'ajouter ou de lier un fait à un fait. 339
- III. La logique a deux pierres angulaires: la théorie de la définition, et la théorie de la preuve. 345
- IV. Théorie de la définition. — En quoi cette théorie est importante. — Réfutation de l'ancienne théorie. — Il n'y a pas de définition des choses, mais des définitions des noms. 346
- V. Théorie de la preuve. — Théorie ordinaire. — Réfutation. — Quelle est, dans un raisonnement, la partie probante. 351
- VI. Théorie des axiomes. — Théorie ordinaire. — Réfutation. — Les axiomes ne sont que des expériences d'une certaine classe. 356
- VII. Théorie de l'induction. — La cause d'un fait n'est que son antécédent invariable. — L'expérience seule prouve la stabilité des lois de la nature. — En quoi consiste une loi. — Par quelles méthodes on découvre les lois. — La méthode des concordances, la méthode des différences, la méthode des résidus, la méthode des variations concomitantes. 361
- VIII. Exemples et applications. — Théorie de la rosée. 369
- IX. La méthode de déduction. — Son domaine. — Ses procédés. 380
- X. Comparaison de la méthode d'induction et de la méthode de déduction. — Emploi ancien de la première. — Emploi moderne de la seconde. — Sciences qui réclament la première. — Sciences qui réclament la seconde. — Caractère positif de l'œuvre de Mill. — Lignée de ses prédécesseurs. 383
- XI. Limites de notre science. — Il n'est pas certain que tous les événements arrivent selon des lois. — Le hasard dans la nature. 386
§ 2. L'ABSTRACTION.
- I. Concordance de cette doctrine et de l'esprit anglais. — Liaison de l'esprit positif et de l'esprit religieux. — Quelle faculté ouvre le monde des causes. 394
- II. Qu'il n'y a ni substances, ni forces, mais seulement des faits et des lois. — Nature de l'abstraction. — Rôle de l'abstraction dans la science. 396
- III. Théorie de la définition. — Elle est l'exposé des abstraits générateurs. 400
- IV. Théorie de la preuve. — La partie probante du raisonnement est une loi abstraite. 402
- V. Théorie des axiomes. — Les axiomes sont des relations d'abstraits. — Ils se ramènent à l'axiome d'identité. 404
- VI. Théorie de l'induction. — Ses procédés sont des éliminations ou abstractions. 407
- VII. Les deux grandes opérations de l'esprit, l'expérience et l'abstraction. — Les deux grandes apparences des choses, les faits sensibles et les lois abstraites. — Pourquoi nous devons passer des premiers aux secondes. — Sens et portée de l'axiome des causes. 408
- VIII. Il est possible de connaître les éléments premiers. — Erreur de la métaphysique allemande. — Elle a négligé la part du hasard et les perturbations locales. — Ce qu'une fourmi philosophe pourrait savoir. — Idée et limites d'une métaphysique. — Position de la métaphysique chez les trois nations pensantes. 411
- IX. Une matinée à Oxford. 416
Chapitre VI. La poésie. Tennyson.
§ 1. LE TALENT ET L'ŒUVRE.
- En quoi il s'oppose aux poëtes précédents. — En quoi il les continue. 420
- I. Première période. — Ses portraits de femmes. — Délicatesse et raffinement de son sentiment et de son style. — Variété de ses émotions et de ses sujets. — Sa curiosité littéraire et son dilettantisme poétique. — The Dying Swan. — The Lotos-Eaters. 421
- II. Deuxième période. — Sa popularité, son bonheur et sa vie. — Sensibilité et virginité permanentes du tempérament poétique. — En quoi il est d'accord avec la nature. — Locksley Hall. — Changement de sujet et de style. — Explosion violente et accent personnel. — Maud. 427
- III. Retour de Tennyson à son premier style. — In Memoriam. — Élégance, froideur et longueurs de ce poëme. — Il faut que le sujet et le talent soient d'accord. — Quels sujets conviennent à l'artiste dilettante. 436
- IV. The Princess. — Comparaison de ce poëme et d'As you like it. — Le monde fantastique et pittoresque. — Comment Tennyson retrouve les songes et le style de la Renaissance. 438
- V. Comment Tennyson retrouve la naïveté et la simplicité de l'ancienne épopée. — Les Idylles du roi. — Pourquoi il a renouvelé l'épopée de la Table-Ronde. — Pureté et élévation de ses modèles et de sa poésie. — Elaine. — La mort d'Arthur. — Manque de passion personnelle et absorbante. — Flexibilité et désintéressement de son esprit. — Son talent pour se métamorphoser, pour embellir et pour épurer. 446
§ 2. LE PUBLIC.
- Le monde en Angleterre. — La campagne. — Le confort. — L'élégance. — L'éducation. — Les habitudes. — En quoi Tennyson convient à un pareil monde. — Le monde en France. — La vie parisienne. — Les plaisirs. — La représentation. — La conversation. — La hardiesse d'esprit. — En quoi Alfred de Musset convient à un pareil monde. — Comparaison des deux mondes et des deux poëtes. 456
FIN DE LA TABLE.
10616.—Imprimerie générale de Ch. Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.