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Jeudi 17 juin.—Fielding le matin.—La planche. A midi l'atelier.—La dame des Italiens est venue. Beaucoup ému.—Perpignan est venu et M. Rivière.
—Été aux Italiens avec Fielding.—Ricciardi.
Mlle Mombelli [145] et Marie. La dame y était. I am very fond of this pretty lady. I was looking at her incessantly.
—Il faut absolument composer, à mesure qu'ils me viennent, tous les sujets intéressants. Je sais, par expérience, que je ne peux en tirer parti, quand c'est pour les exécuter au moment.
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Vendredi 18.—Le matin, chez Fielding,—et ma planche au Musée. A l'atelier, mon fond. Fedel venu.
—Aux Français. La belle Mme Biez. Pierre de Portugal, et les Plaideurs sans procès.[146]
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Samedi 19.—Avec Pierret et Fielding, à Montfaucon.
Vu Cogniet et le tableau de Géricault. Vu les Constable. C'était trop de choses dans un jour. Ce Constable me fait un grand bien.
Revenu vers cinq heures.—J'ai été deux heures à mon atelier. Grand manque de sexe. Je suis tout à fait abandonné.
«Puis-je espérer, belle dame, de vous voir jeudi...? et me pardonnez-vous de n'avoir pas été chez vous? J'ose me flatter que vous ne serez pas aussi sévère que vous le disiez, et que vous n'aurez pas la barbarie de passer devant la porte jaune sans entrer. J'imagine que ce serait après midi, comme l'autre fois. Si ce n'est pas trop présumer encore, je me permettrais de vous demander un peu plus de temps.»
Un combat s'élève: l'enverrai-je ou non?
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Dimanche 20 juin.—La journée chez Fielding.—Achevé ma planche.—Dîné ensemble chez Tautin.
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Lundi 21 juin.—Porté ma planche chez l'imprimeur. Ébauché les deux chevaux morts.—Vu Mayer[147].—Ils veulent tous plus d'effet: c'est tout simple.
—Désappointé aux Français. J'avais un billet pour Bothwell, mais daté du 19.
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Vendredi 25 juin.—Été, chez Dorcy, voir les études de Géricault.—Chez Cogniet.—Revu les Constable, etc.
—A Montfaucon. Dîné par là.
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Samedi 26.—Parti pour Frépillon[148] avec Henry, Riesener, Léon et ses camarades. Resté jusqu'à lundi matin.
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Mardi 29 juin.—Malade. Presque toute la journée à l'atelier; le soir, Leblond.
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Mercredi 30 juin.—Chez M. Auguste[149]. Vu d'admirables peintures d'après les maîtres: costumes, chevaux surtout, admirables... comme Géricault était loin d'en faire.
Il serait très avantageux d'avoir de ces chevaux et de les copier, ainsi que les costumes grecs et persans, indiens, etc.
—Vu aussi chez lui de la peinture d'après Haydon[150]: très grand talent. Mais, comme disait très bien Édouard, absence d'un style bien ferme à lui, dessin à la West. J'oubliais les belles études de M. Auguste, d'après les marbres d'Elgin[151]. Haydon a passé un temps considérable à les copier; il ne lui en est rien resté... Les belles cuisses d'homme et de femmes! Quelle beauté sans enflure! incorrections qui ne se remarquent pas.
—Le soir avec Fielding. Pris du thé, rue de la Paix.
[141] Sans doute le docteur Joseph Bailly, né en 1779, mort en 1832, qui fit les campagnes du Consulat et de l'Empire, et publia des ouvrages appréciés.
[142] La suite manque dans le manuscrit.
[143] Cette idée de lutte qu'on retrouvera, d'ailleurs, à maintes reprises dans son Journal, n'était que le corollaire, la conséquence de l'opinion que professait le maître sur la méchanceté naturelle de l'homme: «Je me souviens fort bien, disait-il parfois, que quand j'étais enfant, j'étais un monstre. La connaissance du devoir ne s'acquiert que très lentement, et ce n'est que par la douleur, le châtiment et par l'exercice progressif de la raison que l'homme diminue peu à peu sa méchanceté naturelle.» (BAUDELAIRE, L'œuvre et la vie d'Eugène Delacroix.—Art romantique.)
[144] Jean-Nicolas Laugier, graveur français, qui attacha son nom à la reproduction d'un grand nombre d'œuvres des principaux peintres de cette époque, David, Gros, Prud'hon, Gérard, Coignet, etc.
[145] Esther Mombelli, cantatrice italienne, qui obtint de 1823 à 1826 un immense succès au Théâtre-Italien; elle épousa le comte Gritti en 1827 et renonça ensuite définitivement au théâtre.
[146] Pierre de Portugal, tragédie en cinq actes et en vers, de Lucien Arnault, représentée pour la première fois au Théâtre-Français le 21 octobre 1823.
Les Plaideurs sans procès, comédie en trois actes et en vers, d'Étienne, représentée pour la première fois au Théâtre-Français le 29 octobre 1821.
[147] Mayer, peintre, demeuré inconnu. Delacroix écrivait de Londres en 1825: «J'ai rencontré Mayer qui gagne de l'argent, beaucoup, avec des portraits.» (Corresp., t. I, p. 106.)
[148] Frépillon, près Saint-Leu-Taverny. C'est là que Riesener, l'oncle de Delacroix, passait l'été.
[149] Dans une note de la Correspondance de Delacroix, M. Burty écrit: «Ce M. Auguste,—c'est ainsi que le désignaient toujours ses contemporains,—avait obtenu le second grand prix de sculpture et était parti pour Rome en même temps que Ingres. Il devint un riche dilettante, qui mettait ses collections d'armes et de costumes orientaux à la disposition des artistes romantiques. Il signala le premier à Géricault et à Delacroix l'intérêt capital des marbres du Parthénon, recueillis par lord Elgin et exhibés à Londres.»
(V. le livre de M. Ernest Chesneau: Peintres et statuaires romantiques,, p. 70 à 73.)
[150] Haydon, peintre anglais, né en 1786, mort en 1846. Il fut l'élevé de Fuessli. Il a laissé de curieux Mémoires.
[151] Il s'agit ici de la célèbre collection de sculptures en marbre que lord Elgin rapporta d'Athènes en 1814 et qui fut déposée au British Museum.
Mercredi 7 juillet.—Aujourd'hui, M. Auguste est venu à l'atelier: il est fort charmé de ma peinture; ses éloges m'ont ranimé. Le temps s'avance. J'irai demain chez lui chercher des costumes.
—Passé la soirée avec Pierret.—Hier Leblond.—J'ai vu Édouard qui est malade et qui m'inquiète.
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Jeudi 8 juillet.—Le matin chez Scheffer.—Rencontré Cogniet chez M. de Forbin[152].—Chez M. Auguste, chercher les costumes.—M. de Forbin venu à mon atelier avec Granet[153].—Zélie, etc.—Le soir, Pierret.—Vu Édouard, le soir, qui part; il a meilleure mine, cela me charme.
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Samedi 17 juillet.—Aujourd'hui, Gassies[154] venu à mon atelier avec M. d'Houdetot[155].—Hier, Drolling.—Aujourd'hui, Moïse avec Pierret et Fielding.
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Dimanche 18 juillet.—Quitté l'atelier de bonne heure.—Dîné avec Henry et promené avec lui le soir, et revenu par Asnières.
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Lundi 19 juillet.—Comairas venu le matin.—J'ai avancé beaucoup, quoique je ne sois resté que jusqu'à quatre heures.
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Mardi 20 juillet.—Le matin, chez Soulier et Fielding.—M. de Forbin, qui m'a traité avec toute la bonté imaginable.—Gassies et M. d'Houdetot. Sa peinture m'a fait le plus grand effet: y penser.
—Leblond. Assez bonne petite soirée... Parlé de pêche, de chasse, de Walter Scott, etc.
—Penser beaucoup au dessin et au style de M. d'Houdetot. Faire beaucoup d'esquisses et se donner le temps: c'est en cela surtout que j'ai besoin de faire des progrès. C'est à ce propos qu'il faut avoir de belles gravures du Poussin et les étudier. La grande affaire, c'est d'éviter cette infernale commodité de la brosse. Rends plutôt la matière difficile à travailler comme du marbre: ce serait tout à fait neuf... Rendre la matière rebelle pour la vaincre avec patience.
[152] Comte de Forbin, peintre et archéologue français, né en 1777, mort en 1841. Il fut élève de David. Nommé sous la Restauration directeur des Musées nationaux, il réorganisa le musée du Louvre, dépouillé pendant l'invasion d'un grand nombre de ses chefs-d'œuvre; il l'enrichit notamment de l'Enlèvement des Sabines et du Naufrage de la Méduse.
[153] Granet, peintre, né à Aix en 1775. Il fut protégé durant toute sa carrière par le comte de Forbin, aux tableaux duquel il collabora, dit-on.
[154] Gassies, peintre, né à Bordeaux en 1786, mort en 1831, élève de Vincent et de David. Il fit de la peinture d'histoire, de marines et de paysage.
[155] D'Houdetot, administrateur et homme politique, né en 1778, mort en 1859. Il cultiva avec un certain succès la peinture, qu'il avait apprise sous Regnault et Louis David, et devint en 1841 membre libre de l'Académie des Beaux-Arts.
19 août.—Vu M. Gérard[156] au Musée. Éloges les plus flatteurs. Il m'invite à venir dîner demain à sa campagne.
—Le soir, chez Soulier avec Leblond et Pierret.
—Déjeuné aujourd'hui avec Horace Vernet et Scheffer. Appris un grand principe d'Horace Vernet: finir une chose quand on la tient. Seul moyen de faire beaucoup.
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Lundi 4 octobre.—Revu la Galerie des maîtres.—Fait des études au manège et dîné avec M. Auguste. A propos d'un de ses superbes croquis d'après les tombeaux napolitains, il parle du caractère neuf qu'on pourrait donner aux sujets saints, en s'inspirant des mosaïques du temps de Constantin.
Vu chez lui le dessin d'Ingres, d'après son bas-relief et sa composition de Saint Pierre délivré de prison, etc.
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Mardi 5 octobre.—Passé la journée chez M. de Conflans, à Montmorency. Promenade dans la forêt, etc., et le soir revenu avec Félix. La dame entre nous deux et Leblond.
—Reçu ce soir une lettre de Soulier.
[156] L'opinion flatteuse de Gérard avait été très sensible à Delacroix. Gérard avait été frappé des débuts du jeune peintre; on lui prête ce mot: «C'est un homme qui court sur les toits.» Mais, comme dit Baudelaire, «pour courir sur les toits, il faut avoir la tête solide», et cette apparente critique n'était en réalité que le voile dont il couvrait l'étonnement que lui avaient inspiré ses admirables débuts. En 1837, Delacroix posa sa candidature au fauteuil de Gérard: «Je vous prie, écrivait-il au président, de vouloir bien faire agréer, par la classe des Beaux-Arts, ma candidature à la place vacante dans son sein par la mort de M. Gérard. En mettant sous ses yeux les titres sur lesquels je pourrais fonder mes prétentions à l'honneur que je sollicite, je ne puis me dissimuler leur peu d'importance, surtout dans cette occasion où la perte d'un maître aussi éminent que M. Gérard laisse dans l'École française un vide qui ne sera pas comblé de longtemps.» (Corresp., t. I, p. 215.)
1825
Sans date[157].—L'envie a noirci chaque feuillet de son histoire. Pendant que les Tartufe et les Basile de l'Angleterre se liguaient contre lui, il déposait la lyre à laquelle il devait sa renommée, il saisissait l'épée de Pélopidas et prodiguait en faveur des Hellènes ses travaux, ses fatigues, ses veilles, sa santé, sa fortune et enfin sa vie.—Ses ennemis ont été nombreux: mais voici son tombeau. La haine expire, l'envie pardonne. L'avenir juste va le ranger au nombre de ces hommes que des passions, le trop d'activité ont condamnés au malheur en leur donnant le génie. On dirait qu'il s'est voulu peindre dans ses vers: le malheur, voilà le partage de ces grands hommes. Telle est la récompense de leurs pensées élevées, et de ce grand sacrifice qu'ils consomment, lorsque, réunissant pour ainsi dire en des paroles harmonieuses la sensibilité de leurs organes, la délicatesse de leurs idées, leur force, leur âme, leurs passions, leur sang, leur vie, ils donnent à leurs semblables de grandes leçons et d'immortelles voluptés.
[157] Le journal subit ici une interruption de plusieurs années, soit que Delacroix eût alors cessé de prendre ses notes journalières, soit que les petits cahiers où il inscrivait ses impressions aient disparu; cette dernière hypothèse nous paraît la plus vraisemblable.
Sur cette période de sa vie (1825-1832) il n'a été retrouvé, en fait de document intime, qu'un petit album rouge que Delacroix portait sur lui dans son voyage en Angleterre (1826) et qui contient des croquis de paysages.
On y lit aussi ces courtes réflexions inspirées par la vie et la mort de lord Byron, pour qui Delacroix eut toujours une admiration passionnée. L'idée qu'il exprime sur le malheur réservé aux grands hommes lui tenait au cœur, car il l'a développée à plusieurs reprises; il remarque quelque part que «les grands hommes ont une vie plus traversée et plus misérable que les autres».
1830
Sans date.—Ordinairement, le point d'interruption de la composition, c'est-à-dire la manière dont tranche le groupe de devant avec les figures plus éloignées, doit être sombre et fait mieux au bord qu'éclairé; encore par la raison que les devants doivent autant que possible se détacher en sombre par les bords. Jusqu'ici, je crois ce principe le plus fécond pour le clair-obscur.
Le Corrège ne me paraît pas aussi complet dans le clair-obscur que Véronèse et Rubens; il détache trop souvent des membres très clairs sur un fond sombre; ce qui fait bien sur un fond sombre, c'est alors des parties entièrement reflétées.
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Mercredi 14 mai.—Article sur Michel-Ange[158]. Heureux homme! il a pétri le marbre et animé la toile, etc. Mais qu'importe après tout, si la nature vous a donné, dans quelque genre que ce soit, d'animer, de faire vivre! Quel bonheur de rendre la vie, l'âme!—Chacun des plans, dans l'ombre, ou plutôt dans tout effet de demi-teinte, doit avoir chacun son reflet particulier; par exemple, tous les plans qui regardent le ciel, bleuâtres; tous ceux qui sont tournés vers la terre, chauds, etc., et changer soigneusement, à mesure qu'ils tournent. Les plans de côté reflétés verts ou gris.
Dans Véronèse, le linge froid dans l'ombre, chaud dans le clair.
Quand il y a beaucoup de figures, qu'elles aient bien l'air de se correspondre comme grandeur, suivant le plan où elles sont.
La pâleur dans les reflets indique, plus que le reste, la pâleur, ou de la maladie, ou de la mort.
Burnet[159] dit que Rubens entoure ordinairement la masse de lumière de l'ombre, et ne se sert de vigueur dans le clair que pour lier. Sa lumière est composée de teintes fraîches, délicates, etc. Au contraire, dans les ombres des teintes très chaudes qui sont de l'essence ordinaire du reflet et ajoutent ainsi à l'effet du clair-obscur. Il n'y met surtout pas de noir.
Mettre dans l'ombre des tons feuille morte (Van Dyck), bruns, opposés au rouge.
La Femme au bain: pour les chairs, teinte locale plate; pour les clairs, de rouge de Venise et blanc, dans laquelle, suivant l'endroit des clairs, jaune de Naples et blanc, De jaune de Naples, blanc et noir pêche, de blanc et noir pêche. Les ombres préparées avec tons de reflets orangés les plus chauds et des tons gris d'ombre par places, tels que blanc, jaune Naples et terre d'ombre, etc.
Un grand avantage de composer toujours les mêmes tons est pour la facilité de retoucher et de rentrer dans ce qu'on a fait.
Il y a beaucoup d'académique dans Rubens, surtout dans son exécution, surtout dans son ombre systématiquement peu empâtée et marquant beaucoup au bord.
Le Titien est bien plus simple sous ce rapport, ainsi que Murillo.
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Mai.—Tu es triste, tu te ranges toi-même dans le cercle pénible de la sérénité...
—L'or ne se trouve guère dans ces terrains riants et fertiles qui portent de paisibles moissons et de gras pâturages: il se trouve dans les entrailles des rochers terribles qui effrayent le voyageur.
—Repaire des tigres et des oiseaux sauvages; les oiseaux sauvages y effrayent les voyageurs de leurs cris sauvages, et le tigre, qui cache dans leurs cavernes les fruits de ses amours, en écarte le.....[160].
[158] Cet article parut dans la Revue de Paris en 1830. Delacroix avait inscrit en tête de son étude ce fragment des poésies du grand artiste qui peint si exactement la hauteur et la fierté d'âme qu'il admirait en lui par-dessus toutes choses: «J'ai du moins cette joie, au milieu de mes chagrins, que personne ne lit sur mon visage ni mes ennuis ni mes désirs. Je ne crains pas plus l'envie que je ne prise les vaines louanges de la foule ignorante... et je marche solitaire dans les routes non frayées.»
[159] John Burnet, graveur et peintre anglais, né en 1784, mort en 1862; auteur d'un grand nombre de planches remarquables.
VOYAGE AU MAROC
Tanger, 26 janvier[161].—Chez le pacha.
L'entrée du château: le corps de garde dans la cour, la façade, la ruelle entre deux murailles. Au bout sous l'espèce de voûte, des hommes assis se détachant en brun sur un peu de ciel[162].
Arrivé sur la terrasse; trois fenêtres avec balustrade en bois, porte moresque de côté par où venaient les soldats et les domestiques.
Avant, la rangée de soldats sous la treille: cafetan jaune, variété de coiffures; bonnet pointu sans turban, surtout en haut sur la terrasse.
Le bel homme à manches vertes.
L'esclave mulâtre qui versait le thé, à cafetan jaune et burnous attaché par derrière, turban. Le vieux qui a donné la rose, avec haïjck et cafetan bleu foncé.
Le pacha avec ses deux haïjcks ou capuchons, de plus le burnous. Tous les trois sur un matelas blanc, avec un coussin carré long couvert d'indienne. Un petit coussin long en arlequin, un autre en crin, de divers dessins; bouts de pieds nus, encrier de corne, diverses petites choses semées.
L'administrateur de la douane[163], appuyé sur son coude, le bras nu, si je m'en souviens: haïjck très ample sur la tête, turban blanc au-dessus, étoffe amarante qui pendait sur la poitrine, le capuchon non mis, les jambes croisées. Nous l'avions rencontré sur une mule grise en montant. La jambe se voyait beaucoup; un peu de la culotte de couleur; selle couverte par devant et par derrière d'une étoffe écarlate. Une bande rouge faisait le tour de la croupe du cheval en pendant. La bride rouge de même ou, plutôt, le poitrail. Un More conduisait le cheval par la bride.
Le plafond seul était peint, et les côtés du pilastre intérieurement en faïence. Dans la niche du pacha c'était un plafond rayonnant, etc...; dans l'avant-chambre des petites poutres peintes.
Le troisième personnage était le fils du pacha: deux haïjcks sur la tête, ou plutôt deux tours du même, à ce que je suppose; burnous bleu foncé sur la poitrine laissant voir un peu de blanc. Pieds, tête énorme, gras de figure, air stupide.
Le bel homme à manches vertes, chemise de dessus en basin. Pieds nus devant le pacha.
Le jardin partagé par des allées couvertes de treilles. Orangers couverts de fruits et grands, des fruits tombés par terre; entouré de hautes murailles.
Entré dans tous les détours du vieux palais. Cour de marbre, fontaine au milieu; chapiteaux d'un mauvais composite; l'attique des pierres toute simple: délabrement complet.
Les plafonds des niches et même des petites salles sont remplis de sculptures peintes comme la rose d'une mandoline.
Les colonnes du tour de la cour sont en marbre blanc et la cour pavée de même.
Remarqué, en retournant vers un bel escalier à droite, un bel homme qui nous suivait, l'air dédaigneux.
Sorti par la salle où le pacha est censé rendre la justice. A gauche de la porte du fond par où nous y sommes entrés, une sorte de tambour en planches de deux pieds et demi de hauteur environ, et allant depuis la porte jusqu'à l'angle, sur lequel s'assied le pacha. Le long des murs, dans les intervalles des pilastres qui vont à la voûte, des avances de pierre pour servir de sièges. Les soldats sans fusils nous attendaient à la porte sur deux rangées aboutissant au corps de garde par lequel nous étions entrés.
Vu une Juive très bien[164] ressemblant à Mme R...
Nègre, que Mornay m'a fait remarquer; il m'a semblé avoir une manière particulière de porter le haïjck.
Vu de côté la mosquée en allant chez un des consuls. Un Maure se lavait les pieds dans la fontaine qui est au milieu; un autre se lavait accroupi sur le bord[165].
*
29 janvier[166].—Vue ravissante en descendant le long des remparts, la mer ensuite. Cactus et aloès énormes. Clôture de cannes; taches d'herbes brunes sur le sable.
En revenant, le contraste des cannes jaunes et sèches avec la verdure du reste. Les montagnes plus rapprochées d'un vert brun, tachées d'arbustes nains noirâtres. Cabanes.
La scène des chevaux qui se battent[167]. D'abord ils se sont dressés et battus avec un acharnement qui me faisait frémir pour ces messieurs, mais vraiment admirable pour la peinture. J'ai vu là, j'en suis certain, tout ce que Gros et Rubens ont pu imaginer de plus fantastique et de plus léger. Ensuite le gris a passé sa tête sur le cou de l'autre. Pendant un temps infini, impossible de lui faire lâcher prise. Mornay est parvenu à descendre. Pendant qu'il le tenait par la bride, le noir a rué furieusement. L'autre le mordait toujours par derrière avec acharnement. Dans tout ce conflit, le consul est tombé. Ensuite laissé tous deux; allant sans se lâcher du côté de la rivière, y tombant tous deux et le combat continuant et en même temps cherchant à en sortir; les jambes trébuchent dans la vase et sur le bord, tout sales et luisants, les crins mouillés. A force de coups, le gris lâche prise et va vers le milieu de l'eau, le noir en sort, etc.... De l'autre côté le soldat tâchant de se retrousser pour retirer l'autre.
La dispute du soldat avec le groom. Sublime avec son tas de draperie, l'air d'une vieille femme et pourtant quelque chose de martial.
En revenant, superbes paysages à droite, les montagnes d'Espagne du ton le plus suave, la mer bleu vert foncé comme une figue, les haies jaunes par le haut à cause des cannes, vertes en bas par les aloès.
Le cheval blanc entravé qui voulait sauter sur un des nôtres.
Sur la plage, près de rentrer, rencontré les fils du kaïd, tous sur des mules. L'aîné, son burnous bleu foncé; haïjck à peu près comme notre soldat, mais bien propre; cafetan jaune serin. Un des jeunes enfants tout en blanc, avec une espèce de cordon qui suspendait probablement une arme.
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30 janvier.—Visite au consul anglais et suédois. Le jardin de M. de Laporte[168]. Tombeau dans la campagne.
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31 janvier.—Dessiné le Maure du consul sarde.—Pluie.—En allant chez le consul anglais, remarqué un marchand assez propre dans sa boutique; le plancher et le tour garnis de nattes blanches avec des pots et marchandises seulement d'un côté.
[161] Delacroix fit ce voyage au Maroc en compagnie du comte de Mornay, ambassadeur de France près l'empereur Muley-Abd-Ehr-Rhaman. Dans sa correspondance, il décrit ainsi son arrivée à Tanger: «A neuf heures, nous avons jeté l'ancre devant Tanger. J'ai joui avec bien du plaisir de l'aspect de cette ville africaine. C'a été bien autre chose, quand, après les signaux d'usage, le consul est arrivé à bord dans un canot qui était monté par une vingtaine de marabouts noirs, jaunes, verts, qui se sont mis à grimper comme des chats dans tout le bâtiment et ont osé se mêler à nous. Je ne pouvais détacher mes yeux de ces singuliers visiteurs.» (Corresp., t. I, p. 173.)
[162] Il nous paraît indispensable, pour expliquer le décousu de ces notes rapides sur le Maroc, d'indiquer de quelle manière Delacroix les prenait. Le petit cahier dans lequel elles se trouvent et qui fut légué à M. le professeur Charcot par M. Burty, contient, en regard de presque toutes, des croquis et des esquisses qui en sont pour ainsi dire l'illustration, si bien qu'elles forment un tout en quelque sorte inséparable.
Le soin minutieux avec lequel Delacroix note les moindres détails du voyage, costumes, paysages, physionomies, attitudes, montre à quel degré l'artiste poussait cet esprit d'observation pénétrante qu'on retrouve dans son œuvre.
[163] Sidi Taieb Bios ou Biaz, Marocain, administrateur de la douane de Tanger, et chargé par le gouvernement du Maroc de traiter avec le comte de Mornay.
[164] «Les Juives sont admirables, écrivait Delacroix à Pierret, le 25 janvier; je crains qu'il ne soit difficile d'en faire autre chose que de les peindre: ce sont des perles d'Éden.» (Corresp., t. I, p. 174.)
[165] A propos des paysages si nouveaux pour lui et des traits de mœurs qui le frappaient, l'artiste écrivait, toujours à Pierret: «Je viens de parcourir la ville, je suis tout étourdi de tout ce que j'ai vu. Je ne veux pas laisser partir le courrier, qui va tout à l'heure à Gibraltar, sans te faire part de mon étonne ment de toutes les choses que j'ai vues.» (Corresp., t. I, p. 174.)
[166] Ce qui suit semble avoir été écrit le soir d'une promenade dans la campagne.
[167] Cette scène, qui avait vivement frappé l'imagination de Delacroix et dont on retrouve la description dans la Correspondance (t. I, p. 176), a sans doute inspiré le tableau connu sous le nom de Rencontre de cavaliers maures, qui fut refusé au Salon de 1834. Le catalogue Robaut en donne la description suivante: «Les chevaux se heurtent, et l'un d'eux se dresse sous le choc en même temps que sous l'effort de son cavalier pour l'arrêter. Dans ce mouvement la puissante silhouette du cheval bai brun s'enlève sur un fond de collines qu'éclairent les fumées d'un combat et les clartés opalines d'un ciel gris très doux où passent des bleus de turquoise. Sur ce premier groupe se découpe le profil allongé, élégant du cheval gris-blanc, dont le poil soyeux et fin laisse passer comme des lueurs roses la transparence de la peau. Le geste des cavaliers, celui surtout de l'homme dont on n'aperçoit que la tête et le poing, est d'une audace de vérité extraordinaire, dont on ne retrouve l'exemple que dans Rubens, et c'est à Rubens aussi que fait penser l'éclatante variété des rouges que Delacroix s'est plu à multiplier dans cette précieuse composition, étincelante et joyeuse comme l'œuvre d'un peintre coloriste, vivante comme l'œuvre d'un grand dessinateur du mouvement, solide et forte comme l'œuvre d'un maître statuaire.» (Voir Catalogue Robaut.)
[168] M. de Laporte était alors consul général de France au Maroc.
2 février, jeudi.—Dessiné la fille de Jacob en femme maure [169].—Sortie vers quatre heures. Un Maure à tête très remarquable qui avait un turban blanc par-dessus le haïjck. Tête des Maures de Rubens, narines et lèvres un peu grosses, yeux hardis.—Remarqué les canons rouilles.
Le vieux Juif dans sa boutique en redescendant à la maison (Gérard Dow)[170].—Femme avec les talons et, je pense, les pieds peints en jaune.
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Vendredi 4 février.—Dessiné après déjeuner d'après le Maure du consul sarde.
Sorti vers deux heures; été voir le consul de Danemark; passé devant l'école.
Incinctus, gens qui ne sont pas guerriers. Cinctus ou accinctus, militaires. Cette distinction qui existait chez les anciens se trouve ici. La gélabia, costume du peuple, des marchands, des enfants. Je me rappelle cette gélabia, costume exactement antique, dans une petite figure du Musée: capuchon, etc. Le bonnet est le bonnet phrygien.
Le palimpseste est la planche sur laquelle écrivent les enfants à l'école. L'enseignement mutuel est originaire de ces pays. Dans les moments de détresse, les enfants vont en bande portant cette planche sur la tête. Elle est enduite d'une espèce de glaise sur laquelle ils écrivent avec une encre particulière. On efface, je crois, en mouillant, et en faisant sécher au soleil.
Porte du consul danois.
Vu dans le quartier des Juifs des intérieurs remarquables en passant. Une Juive se détachant d'une manière vive; calotte rouge, draperie blanche, robe noire.
C'est le premier jour du Rhamadan. Au moment du lever de la lune, le jour étant encore, ils ont tiré des coups de fusil, etc.; ce soir ils font un bruit de tambours et de cornets à bouquin infernal.
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Samedi 5 février.—Dans le jardin du consul suédois, après déjeuner; chez Abraham, à midi. Remarqué, en passant devant la porte de sa sœur, deux petites Juives accroupies sur un tapis dans la cour. En entrant chez lui, toute sa famille[171] dans l'espèce de petite niche et le balcon au-dessus avec la porte d'escalier. La femme au balcon, joli motif.
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11 février.—Muley-Soliman avait cinquante-quatre enfants. Il abdique nonobstant en faveur de Muley-Abd-Ehr-Rhaman, son neveu, reconnaissant à ses enfants peu de capacité.
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Dimanche 12 février.—Dessiné la Juive Dititia avec le costume d'Algérienne[172].
Été ensuite au jardin de Danemark. Le chemin charmant. Les tombeaux au milieu des aloès et des iris (Ægyptiaca). La pureté de l'air. Mornay aussi frappé que moi de la beauté de cette nature.
Les tentes blanches sur tous les objets sombres. Les amandiers en fleur. Le lilas de Perse. Grand arbre. Le beau cheval blanc sous les orangers. Intérieur de la cour de la petite maison.
En sortant, les orangers noirs et jaunes à travers la porte de la petite cour. En nous en allant, la petite maison blanche dans l'ombre au milieu des orangers sombres. Le cheval à travers les arbres.
Dîner à la maison avec les consuls. Le soir, M. Rico a chanté des airs espagnols. Le Midi seul produit de pareilles émotions.
Indisposé et resté seul le soir. Rêverie délicieuse au clair de lune dans le jardin.
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Mercredi 15 février.—Sorti avec M. Hay[173]. Vu le muezzin appelant du haut de la mosquée.
—L'école des petits garçons. Tous des planches avec écriture arabe. Le mot table de la loi, et toutes les indications antiques sur la manière d'écrire montrent que c'étaient des tables de bois. Les encriers et les pantoufles devant la porte.
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Mardi 21 février.—La noce juive[174]. Les Maures et les Juifs à l'entrée. Les deux musiciens. Le violon, le pouce en l'air, le dessous de l'autre main très ombré, clair derrière, le haïjck sur la tête, transparent par endroits; manches blanches, l'ombre au fond. Le violon; assis sur ses talons et la gélabia. Noir entre les deux en bas. Le fourreau de la guitare sur le genou du joueur; très foncé vers la ceinture, gilet rouge, agréments brans, bleu derrière le cou. Ombre portée du bras gauche qui vient en face, sur le haïjck sur le genou. Manches de chemise retroussées de manière à laisser voir jusqu'au biceps; boiserie verte; à côté verrue sur le cou, nez court.
A côté du violon, femme juive jolie; gilet, manches, or et amarante. Elle se détache moitié sur la porte, moitié sur le mur. Plus sur le devant, une plus vieille avec beaucoup de blanc qui la cache presque entièrement. Les ombres très reflétées, blanc dans les ombres.
Un pilier se détachant en sombre sur le devant. Les femmes à gauche étagées comme des pots de fleurs. Le blanc et l'or dominent et leurs mouchoirs jaunes. Enfants par terre sur le devant.
A côté du guitariste, le Juif qui joue du tambour de basque. Sa figure se détache en ombre et cache une partie de la main du guitariste. Le dessous de la tête se détache sur le mur. Un bout de gélabia sous le guitariste. Devant lui, les jambes croisées, le jeune Juif qui tient l'assiette. Vêtement gris. Appuyé sur son épaule un jeune enfant juif de dix ans environ.
Contre la porte de l'escalier, Prisciada; mouchoir violâtre sur la tête et sous le cou. Des Juifs assis sur les marches; vus à moitié sur la porte, éclairés très vivement sur le nez, un tout debout dans l'escalier; ombre portée reflétée et se détachant sur le mur, reflet clair jaune.
En haut, les Juives qui se penchent. Une à gauche, nu-tête, très brune, se détachant sur le mur éclairé du soleil. Dans le coin, le vieux Maure à la barbe de travers: haïjck pelucheux, turban placé bas sur le front, barbe grise sur le haïjck blanc. L'autre Maure, nez plus court, très mâle, turban saillant. Un pied hors de la pantoufle, gilet de marin et manches idem.
Par terre, sur le devant, le vieux Juif jouant du tambour de basque; un vieux mouchoir sur la tête; on voit la calotte noire. Gélabia déchirée; on voit l'habit déchiré vers le cou.
Les femmes dans l'ombre près de la porte, très reflétées.
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21 février, le soir.—En sortant pour aller à la noce juive, les marchands dans leur boutique. Les lampes les unes au mur, le plus souvent pendues en avant à une corde, des pots sur une planche, des palancos. Ils prennent le beurre avec les mains et le mettent sur une feuille. En entrant dans la rue à droite, il y en avait un dont la lampe était cachée par un morceau de toile qui pendait de l'auvent.
Avant le dîner, en allant au jardin de Suède, les fusils pendus et le fourreau pendu à côté; grande cruche à côté.
Le soir, toilette de la Juive. La forme de la mitre. Les cris des vieilles. La figure peinte, les jeunes mariées qui tenaient la chandelle pendant qu'on la paraît. Le voile lancé sur la figure. Les filles sur le lit, debout.
Dans la journée, les nouvelles mariées contre le mur, leur proche parent en guise de chaperon. La mariée descendue du lit. Ses compagnes restées dessus. Le voile rouge. Les nouvelles mariées quand elles arrivaient dans leur haïjck. Les beaux yeux.
La venue des parents. Torches de cire; les deux flambeaux peints de différentes couleurs. Tumulte. Figures éclairées. Maures confondus. La Juive tenue par les deux côtés; un par derrière soutient la mitre.
En chemin, les Espagnols regardant parla fenêtre. Deux Juives ou Mauresques sur des terrasses se détachant sur le noir du ciel.—Donné à la fille de M. Hay le dessin de femme maure assise.—Les vieux Maures montés sur les pierres du chemin. Les lanternes. Les soldats avec des bâtons. Le jeune Juif qui tenait deux ou plusieurs flambeaux, la flamme lui montant dans la bouche.
Chez Abraham, les trois Juifs jouant aux cartes.—Femmes près de la porte de la ville, vendant oranges, branches de noisettes. Chapeaux de paille.—Paysans tête nue, accroupis avec leurs pots de lait.