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L'Afrique centrale française

Chapter 93: GASTÉROPODES PROSOBRANCHES
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About This Book

The narrative describes a scientific expedition into central Africa that combines botanical and zoological collecting, geographic observation, and ethnographic notes alongside contemporary military and administrative operations. The leader records long, difficult routes through diverse landscapes, inventories plant and forest products, documents local societies and material culture, and reflects on logistical challenges of travel and scientific work. The text interweaves field journals, specimen lists, and practical reflections, and includes appended technical reports by specialists on flora, fauna, and other natural-history findings.

Lac Tchad, archipel Kouri, octobre 1903 ; 5 exemplaires.

Planorbis adowensis Bourguignat.

1879. Planorbis adowensis Bourguignat, Descript. esp. nouv. Mollusques Egypte, Abyss., Zanzib., etc., p. 11.

1883. Planorbis adowensis Bourguignat, Hist. malacolog. Abyssinie, p. 101 et p. 128 et Annales sc. natur., 6e série, XV, même pagin.

1888. Planorbis adowensis Bourguignat, Iconogr. malacolog. Tanganika, pl. I, fig. 1-4.

1890. Planorbis adowensis Bourguignat, Hist. malacol. lac. Tanganika, p. 17, pl. I, fig. 1-4 ; et Annal. sc. natur., 7e série, X, même pagin.

1898. Planorbis adowensis Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik., p. 147.

1898. Planorbis Herbini var. adowensis, Pollonera, in : Bollett. Musei... Torino, XIII, 4 mars 1898, p. 11.

1904. Planorbis adowensis Smith, Proceed. malacol. society London, VI, no 2, p. 98.

1904-1905. Planorbis adowensis Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, X, no 6, p. 350 et XI, no 4, p. 252.

Cette espèce se retrouve dans un grand nombre de localités africaines, bien qu’elle ne soit nulle part très commune. Les échantillons, absolument identiques à la figuration donnée par Bourguignat, sont rares[385] ; généralement, le dernier tour forme, en dessus, presque toute la coquille, l’avant-dernier s’enfonce brusquement dans la cavité ombilicale, ce qui fait que les deux premiers tours sont difficiles à bien distinguer. On les voit mieux en dessous, où la dépression ombilicale semble plus grande, grâce à l’angulosité, nettement accentuée, qui circonscrit le dernier tour, angulosité qui se poursuit, mais en s’émoussant considérablement, jusqu’au fond de l’ombilic. Dans la figuration donnée par Bourguignat l’ouverture présente quatre angulosités très nettes qui ne se retrouvent que très exceptionnellement chez les exemplaires de cette espèce. Ordinairement, les angulosités supérieure et inférieure sont les seules parfaitement marquées ; les deux angulosités médianes étant nettement émoussées. Chez les échantillons bien adultes et, à fortiori, chez les coquilles séniles, les angles s’arrondissent et l’ouverture devient presque ronde. En même temps, le profil du dernier tour s’arrondit régulièrement. Le test, de couleur ambrée, assez pâle, présente des stries assez fines, mais irrégulières.

β) minor Germain.

1904. Planorbis adowensis var. minor Germain, Bullet. Muséum Paris, X, no 6, p. 351.

Coquille un tiers plus petite ; dernier tour moins dilaté aux environs de l’ouverture.

γ) major.

Coquille plus grande ; même forme et même test.

Diamètre maximum : 13 millimètres ; diamètre minimum : 10 millimètres ; épaisseur maximum : 5 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 5 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 6 millimètres.

Un exemplaire ; Mamoun [Chevalier, 1904].

δ) var. problematica Germain.

Coquille possédant un dernier tour arrondi et relativement peu développé en hauteur, comme chez le Planorbis Herbini Bourguignat[386] ; ouverture nettement ascendante, présentant quatre angulosités très atténuées. En dessus, l’enroulement est très analogue à celui du Pl. adowensis, mais le dernier tour, légèrement dilaté, rappelle certaines formes, peu typiques, du Pl. Bridouxi Bourg.

Rapides de la rivière Gribingui ; janvier 1903 (Dr Decorse).

Cette variété est une des nombreuses formes qui établissent un passage entre les Pl. adowensis et Pl. Bridouxi dont les formes types sont pourtant si différentes.

Localités du Planorbis adowensis typique. — Rapides de la rivière Gribingui ; janvier 1903 [Dr Decorse] ; 2 exemplaires.

Le Chari, à Fort-Archambault ; février 1903 [Dr Decorse].

Le Mamoun [Chevalier, 1904].

Planorbis Bridouxi Bourguignat.

1888. Planorbis Bridouxianus Bourguignat, Iconographie malacol. lac Tanganika, pl. I, fig. 9-12.

1890. Planorbis Bridouxianus Bourguignat, Histoire malacol. lac Tanganika, p. 20, pl. I, fig. 9-12, et : Annales sciences natur., 7e série, X, même pagin.

1898. Planorbis Bridouxianus Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik., p. 147.

1904. Planorbis Bridouxianus Smith, Proceed. malacol. society London, IV, no 2, p. 98.

1904. Planorbis Bridouxi Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, X, no 6, p. 349 et p. 350.

1905. Planorbis Bridouxi Germain, loc. cit., XI, no 4, p. 252 et p. 255.

J’ai déjà montré, dans une précédente note, que l’on devait considérer la figure donnée par Bourguignat comme représentant le type de cette espèce. Ce type paraît, jusqu’ici, habiter seulement le lac Tchad, tous les échantillons provenant d’autres régions de l’Afrique, — y compris ceux donnés au Muséum de Paris par Bourguignat lui-même — appartenant à une mutation, que j’ai nommée orientalis[387], caractérisée par une coquille de taille plus faible, présentant un dernier tour relativement plus petit et beaucoup moins dilaté à l’extrémité.

Les échantillons recueillis par M. Chevalier dans la région S.-E. du lac Tchad sont bien identiques à ceux que M. Foureau-Lamy avait déjà récoltés en grande abondance aux environs de Kouka[388]. Ils atteignent parfois jusqu’à 15 millimètres de diamètre, constituant ainsi une variété major[389] et possèdent un dernier tour de spire remarquablement dilaté à l’extrémité.

L’aire de dispersion du Pl. Bridouxi s’étend ainsi de la côte orientale d’Afrique au bassin du lac Tchad où il semble, d’ailleurs, beaucoup plus abondant que partout ailleurs.

Rapides de la rivière Gribingui, janvier 1903 [Dr Decorse].

Le Chari, à Fort-Archambault, février 1903 [Dr Decorse].

S.-E. du lac Tchad [Chevalier, 1904].

Telle qu’elle a été figurée par Bourguignat, cette espèce paraît très différente du Pl. adowensis. En réalité, on observe d’assez nombreuses formes de passage entre ces deux espèces, formes qui, toutes, habitent soit l’Abyssinie, soit le bassin du Chari. Le tableau suivant indique et précise ces affinités :

Planorbis adowensis
Planorbis adowensis var. minor.
Planorbis adowensis var. problematica.
Planorbis bridouxi forma orientalis.
Planorbis bridouxi forma occidentalis[390].
[JPG]
Genre Planorbula Haldeman[391].

Planorbula tchadiensis Germain.
PLANCHE V, fig. 8-9.

1904. Planorbula tchadiensis Germain. Bullet. Muséum histoir. natur. Paris, X, 1904, no 7, p. 467.

1905. Planorbula tchadiensis Germain, loc. cit., XI, 1905, no 4, p. 253.

1906. Planorbula tchadiensis Germain, Mém. soc. zoolog. France, XIX, p. 223.

Coquille petite, assez aplatie ; surface supérieure presque plane, à concavité centrale relativement large et profonde ; surface inférieure nettement concave, largement ombiliquée ; spire composée de 5 tours à croissance assez rapide, un peu plus rapide dessus que dessous ; dernier tour grand, très nettement dilaté vers l’ouverture, subarrondi, aussi bombé dessus que dessous, présentant trois angulosités très émoussées, l’inférieure, entourant la cavité ombilicale étant la plus accentuée ; suture assez profonde ; ouverture bien oblique, à bords convergents réunis par une callosité blanchâtre plus ou moins marquée, de forme subarrondie aussi haute que large, présentant inférieurement une angulosité accentuée, garnie d’un bourrelet interne blanc très robuste et d’un système de denticulations assez compliqué comprenant six plis très saillants : trois plis pariétaux lamelliformes et longitudinaux : le supérieur très petit et difficilement visible ; le médian triangulaire, extrêmement saillant ; l’inférieur petit ; trois plis pariétaux situés vis-à-vis des précédents : les deux supérieurs petits et dirigés, comme les pariétaux, dans le sens spiral ; l’inférieur beaucoup plus saillant, subtriangulaire, dirigé dans le sens transversal.

Diamètre : 8 1/2-9 millimètres ; hauteur : 3-3 1/2 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 2-3 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 2-3 millimètres.

Test un peu épais, solide, d’un corné très pâle, brillant, orné de stries extrêmement fines, bien régulières, presque effacées en dessous ; intérieur de l’ouverture d’un corné plus sombre et plus brillant.

Cette espèce ne peut se rapprocher que du Pl. tanganikana Smith[392], dont elle se distingue très nettement :

Par sa forme un peu plus profondément ombiliquée en dessus, limitée, en dessous, par une angulosité moins accentuée ; par sa spire dont le dernier tour, moins anguleux en dessus, est en outre très nettement dilaté à l’extrémité à la façon du Planorbis Crossei Bourguignat[393] d’Europe, ce qui ne s’observe pas chez le Planorbula tanganikana qui possède, au contraire, une croissance particulièrement régulière ; par son ouverture plus oblique, pourvue d’un bourrelet marginal plus robuste et d’un système de denticulations.

Lac Tchad, archipel Kouri ; octobre 1903 [A. Chevalier]. Cette intéressante espèce a été retrouvée abondante par M. R. Chudeau, notamment aux environs de N’Guigmi et de Kouloua (Lac Tchad).

Genre Segmentina Fleming[394].

Segmentina Chevalieri Germain.

1904. Segmentina Chevalieri Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, X, no 7, p. 468.

1905, Segmentina Chevalieri Germain, loc. cit., XI, no 4, p. 256.

1906. Segmentina Chevalieri Germain, Etudes sur les Mollusques récoltés par M. E. Foa dans le lac Tanganika et ses environs, fig. 6-7.

Coquille petite, orbiculaire, médiocrement convexe en dessus avec une dépression centrale assez marquée, bien plane en dessous, avec un ombilic très profond et ponctiforme ; spire composée de 4 tours à croissance très rapide, séparés par des sutures presque superficielles ; dernier tour très grand, orné d’une carène émoussée submarginale ; ouverture bien oblique, largement échancrée par l’avant-dernier tour ; péristome droit et aigu.

Diamètre : 3 1/4-4 1/4 millimètres ; hauteur : 1 1/2 millimètre.

Test mince, brillant, presque pellucide, très finement strié, blanchâtre ou d’un corné très pâle.

Cette petite espèce ne peut se rapprocher que du Segmentina angusta Jickeli[395] ; on l’en séparera :

Par sa spire à croissance plus rapide, avec un dernier tour un peu dilaté vers l’ouverture et bien moins convexe en dessus ; par son ouverture beaucoup plus oblique, moins développée en largeur ; par son ombilic moins élargi, à peu près ponctiforme ; etc.

Le S.-O. du lac Tchad ; 4 exemplaires.

GASTÉROPODES PROSOBRANCHES

Famille des VIVIPARIDÆ
Genre Vivipara de Lamarck[396].

Vivipara unicolor Olivier.

1804. Cyclostoma unicolor Olivier, Voyage empire Ottoman, III, p. 68 ; Atlas, II, Pl. XXXI, fig. 9.

1822. Paludina unicolor de Lamarck, Anim. sans vertèbres, VI, p. 174.

1832. Paludina unicolor Deshayes, Encyclop. méthod. ; Vers ; III, p. 698.

1838. Paludina unicolor de Lamarck, Anim. sans vertèbres, 2e édit. (par Deshayes), VIII, p. 513.

1852. Paludina unicolor Küster in : Martini et Chemnitz, Syst. Conchyl. Cabinet ; Gatt. Paludina, p. 21, no 16, Taf. IV, fig. 12-13.

1852. Paludina biangulata Küster in : Martini et Chemnitz, loc. cit., p. 25, Taf. V, fig. 11-12.

1864. Paludina unicolor Dohrn, Proceed. zool. soc. London ; p. 117.

1874. Vivipara unicolor Jickeli, Land- und Süsswass. Mollusk. Nordostafrik. ; p. 235, Taf. VII, fig. 30.

1878. Paludina unicolor Martens, Monatsb. d. Akad. d. Wiss. Berlin, p. 297.

1880. Vivipara unicolor Bourguignat, Recens. Vivipares syst. europ., p. 33.

1888. Paludina unicolor Smith, Proceed. zoolog. soc. London, p. 53.

1890. Vivipara unicolor Bourguignat, Hist. malacolog. du lac Tanganika, p. 39 et Ann. sc. natur., X, p. 39.

1894. Vivipara unicolor variété, Sturany : in : Baumann, Durch Massailand zur Nilquelle, p. 15, Taf. XXIV, fig. 7, 12, 13, 17, 22, 23 et 25.

1898. Vivipara unicolor Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik., p. 175.

1906. Vivipara unicolor Germain, Mém. soc. zoolog. de France, XIX, p. 227.

1905. Vivipara unicolor Germain, Bull. Muséum hist. natur. Paris, XI, p. 327 ; et XII (1906), no 1, p. 82 et p. 58.

Le Vivipara unicolor est une espèce très répandue dans tout le centre africain, depuis le Nil jusqu’au Sénégal. Elle abonde aussi dans le lac Tchad où sa présence a été constatée par de nombreux voyageurs[397].

Plus peut-être que toute autre espèce du genre, le V. unicolor présente un polymorphisme étendu portant à la fois sur la forme générale de la coquille, l’allure de la spire et la sculpture du test. Aussi de nombreuses formes, comme les V. biangulata Küster[398], V. polita Frauenfeld[399], etc., et même V. Duponti de Rochebrune[400], élevées au rang spécifique par différents auteurs, doivent-elles être considérées comme synonymes du V. unicolor[401].

Sur une importante série d’échantillons on observe facilement : des individus dont les tours, nettement arrondis, ne présentent pas trace de carène spirale ; d’autres [mode unicarinata] chez lesquels la carène inférieure est très saillante, la supérieure ayant plus ou moins disparu ; des exemplaires présentant le mode bicarinata [= biangulata Küster] ; enfin des échantillons, beaucoup plus rares, du mode tricarinata, caractérisé par la présence d’une troisième carène médiane. Ces différentes manières d’être du test sont d’ailleurs indépendantes de la forme générale et se rencontrent aussi bien chez les individus présentant le mode globosa que chez ceux appartenant au mode elata.

L’ombilic, plus ou moins ouvert, permet de distinguer un mode microporus et un mode pervius.

Enfin le test est lui-même très diversement coloré. J’ai déjà eu l’occasion de signaler les variétés ex colore : viridis, fusca et pallescens recueillies, dans le lac Tchad, par M. le lieutenant L. Lacoin[402].

Variété elatior Martens.

1896. Paludina rubicunda Sturany in : Baumann, Durch Massailand zur Nilquelle, p. 8, Taf. XXIV, fig. 2-4 (non von Martens !)

1898. Vivipara unicolor var. elatior Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik. ; p. 177, Taf. VI, fig. 25.

1906. Vivipara unicolor var. elatior Germain, Mém. soc. zoolog. France ; XIX, p. 228.

Coquille à spire plus haute et à croissance plus régulière ; tours plus convexes sans trace de carène, le dernier bien plus arrondi et proportionnellement moins grand ; ouverture exactement circulaire (hauteur et diamètre : 7 1/2 millimètres), un peu plus petite ; test finement strié, vert olive. Hauteur : 21 millimètres ; diamètre : 16 millimètres.

Cette variété présente un peu l’aspect du V. rubicunda Martens[403] et, notamment, de la variété subturrita Martens[404], mais s’en distingue assez nettement par ses tours moins convexes séparés par des sutures également moins profondes. Le Dr von Martens a en outre décrit, sous le nom de variété conoidea[405], une coquille qui ne diffère pas sensiblement de la var. elatior.

Le lac Tchad, archipel Kouri ; octobre 1903.

Variété obesa Germain.

1906. Vivipara unicolor var. obesa Germain, loc. cit., XIX, p. 228.

Coquille très ventrue ; spire composée de 5-6 tours bien arrondis séparés par des sutures profondes ; ouverture subcirculaire ; même test. Hauteur : 17 millimètres ; diamètre : 12-13 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 8 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 7 millimètres.

Avec la variété précédente.

Variété Jeffreysi Frauenfeld.

1865. Paludina Jeffreysi Frauenfeld, Proceed. zoolog. soc. London, p. 658 ; et Verhandl. d. zoolog.-bot. Gesellsch. Wien, XV, p. 352, taf. XXII, fig. 3-4.

1877. Vivipara Jeffreysi Smith, Proceed. zoolog. soc. London, p. 716, pl. LXXIV, fig. 1-2.

1890. Vivipara Jeffreysi Bourguignat, Mollusques Afrique équator., p. 39.

1890. Vivipara Simonsi Bourguignat, loc. cit., p. 40.

1890. Vivipara Smithi Bourguignat, loc. cit., p. 40.

1898. Vivipara unicolor var. Jeffreysi Martens, loc. cit., p. 177.

Coquille trapue ; spire plus courte à tours supérieurs non étagés ; dernier tour très développé, bien ventru ; ombilic un peu plus ouvert.

Bourguignat a établi ses V. Simonsi et V. Smithi sur les figurations de Smith qui représentent bien, avec d’insignifiantes variations, le V. Jeffreysi.

Cette variété, qui habite le lac Nyassa, n’a pas encore été recueillie dans le bassin du Chari-Tchad.

Variété Lenfanti Germain[406].

1905. Vivipara Lenfanti Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, p. 256 [sans description].

1906. Vivipara unicolor var. Lenfanti Germain, Mém. soc. zoolog. France, XIX, p. 228, pl. IV, fig. 7-8.

Coquille médiocrement ombiliquée (ombilic partiellement recouvert par une légère réflexion du bord columellaire), globuleuse-allongée, épaisse, élégamment ornée de stries très régulières, assez fortes et bien onduleuses ; spire un peu élevée (sommet obtus, souvent érosé), composée de 6 tours à croissance rapide et régulière, séparés par des sutures profondes ; dernier tour très grand, orné d’une carène médiane relativement saillante, formant les 3/4 de la hauteur totale ; ouverture à peine oblique, presque ronde, anguleuse supérieurement, bien arrondie inférieurement ; péristome continu. Opercule inconnu.

Hauteur maximum : 15-16 millimètres ; diamètre maximum : 10-10 1/4 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 7-8 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 6 1/2-7 1/4 millimètres.

Test d’un fauve clair ou d’un vert olivâtre plus ou moins foncé.

Cette remarquable variété rappelle, par son mode d’ornementation sculpturale, le Vivipara costulata Martens[407] ; elle habite le lac Tchad où elle ne semble pas très rare [MM. Chevalier, Lenfant et Lacoin].

Variété Bellamyi Jousseaume.

1886. Bellamya Bellamya Jousseaume, Bullet. soc. zoolog. France, XI, p. 479, pl. XII, fig. 3.

1890. Vivipara unicolor var. Bellamyi Dautzenberg, Mém. société zoolog. France, III, p. 134.

C’est avec raison que MM. Dautzenberg et Morelet considèrent cette coquille comme une variété du V. unicolor. J’y rapporte le Vivipara Duponti recueilli par le Dr Martin Dupont sur les bords du Bakoy à Pangalla (Haut-Sénégal) et décrit par le Dr A. T. de Rochebrune[408]. Cette coquille ne diffère, en effet, du V. unicolor que par sa taille un peu plus petite et sa forme légèrement plus trapue à carènes un peu moins accusées.

La variété Bellamyi doit être considérée comme une race locale, propre au Sénégal, du Vivipara unicolor. Comme le type, elle est susceptible de très nombreuses variations portant : soit sur la forme générale (mut. alta, globosa, etc...), soit sur l’ornementation sculpturale du test (mut. unicarinata, bicarinata, tricarinata, etc...), soit enfin sur la couleur du test (mut. viridis, fusca, subrufa, pallescens, etc.)[409].

Étangs de Kollangui [Guinée Française], mars 1905 ; 20 échantillons.

Konakry (Guinée française), M. Chevalier ; 3 exemplaires.

*
* *

Une seule espèce de Vivipara, en dehors de celles signalées précédemment, a été recueillie dans le Bassin du Tchad. C’est le Vivipara gracilior Martens[410] dont voici les caractères principaux :

Coquille perforée, conoïde un peu globuleuse ; spire composée de 6 tours convexes séparés par des sutures assez profondes ; dernier tour grand, bien ventru inférieurement, obscurément caréné ; ouverture peu oblique, subcirculaire, anguleuse supérieurement ; hauteur maximum : 25 millimètres ; diamètre maximum : 17 1/2 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 12 millimètres : diamètre de l’ouverture : 10 1/2 millimètres. Test luisant, vert rougeâtre, finement strié.

Cette espèce, qui se rapproche à la fois du V. unicolor Olivier et du Vivipara rubicunda Martens[411] du Victoria-Nyanza, a été découverte aux environs de Kouka (lac Tchad) par le lieutenant allemand Glauning (1902).

Genre Cleopatra Troschel[412].

Cleopatra cyclostomoides Küster.

1852. Paludina cyclostomoïdes Küster in : Martini et Chemnitz, Syst. Conchyl. Cab. ; Gatt. Paludina, p. 32, taf. XI, fig. 11-12.

1856 Bythinia cyclostomoïdes Bourguignat, Amén. malacolog., I, p. 184.

1879. Cleopatra cyclostomoïdes Bourguignat, Descript. Mollusques Egypte, Zanzibar, Sénégal, etc., p. 26.

1890. Cleopatra cyclostomoïdes Bourguignat, Histoire malacologique lac Tanganika ; p. 45 ; et Annales sciences naturelles ; X, p. 45.

1906. Cleopatra cyclostomoïdes Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, XII, no 1, p. 54, et Mém. soc. zool. France, XIX, p. 230, pl. IV, fig. 9.

Ce Cleopatra, qui n’avait encore été signalé qu’en Egypte, paraît abondant dans le lac Tchad. Il y est parfois très typique, ainsi qu’en témoignent les nombreux échantillons, encore pourvus de leur épiderme, recueillis par M. Lenfant. M. Chevalier n’a rapporté que peu d’exemplaires de cette espèce ; ils proviennent tous du Minia-Ngoulou, affluent du Bangoran (territoire du Chari) ; par contre, cet explorateur a récolté très abondamment la variété suivante :

Variété tchadiensis Germain.

1905. Cleopatra tchadiensis Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, XI, no 5, p. 328 (en note et sans description).

Coquille un peu allongée, oblongue, assez ventrue, pourvue d’une perforation ombilicale médiocre, plus ou moins recouverte par la patulescence du bord columellaire ; spire souvent tronquée, assez haute, composée de 5-6 tours convexes, un peu étagés, séparés par des sutures profondes ; dernier tour grand, dépassant notablement la moitié de la hauteur totale ; ouverture peu oblique, ovalaire-oblongue, bien anguleuse en haut et en bas ; péristome continu ; opercule inconnu.

Hauteur totale : 20-22 millimètres ; diamètre maximum : 6-8 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 5-6 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 3-4 1/2 millimètres.

Test un peu épais, solide, crétacé, assez finement strié.

Cette variété diffère surtout du type par sa forme beaucoup plus globuleuse et ses tours plus étagés séparés par des sutures beaucoup plus profondes.

Lac Tchad, Faguibine ; 150 exemplaires.

Abords du lac Faguibine, dans la région de Tombouctou [Mission du général de Trentinian ; août 1899] ; 20 échantillons.

Cleopatra bulimoides Olivier.

1804. Paludina bulimoides Olivier, Voyage emp. Ottoman, II, p. 39 ; III, p. 68 ; Atlas, II, Pl. XXXI, fig. 6.

1838. Paludina bulimoides de Lamarck, Anim. sans vertèbres, édit. II, VIII, p. 517, no 9.

1852. Paludina bulimoides Küster, in : Martini et Chemnitz, Syst. Conchyl. Cabin., Gatt. Paludina, p. 32, no 32, Taf. VII, fig. 11-15 (seulement).

1855. Cyclostoma Gaillardotii Bourguignat, Aménités malacologiques, I, p. 104, Pl. VII, fig. 5-7 ; et Revue et Magas. de zoologie, XXVIII, no 6, p. 335, Pl. VII, fig. 5-7.

1856. Bythinia bulimoides Bourguignat, Aménités malacologiques, I, p. 183.

1865. ? Paludina bulimoides Dohrn, Proceed. zoolog. society London, p. 233.

1868. Paludina bulimoides Morelet, Voyage Welwitsch, p. 96.

1874. Cleopatra bulimoides Jickeli, Land- und Süssw. Mollusk. N. O. Afrik., p. 240, Taf. VII, fig. 31 (opercule).

1879. Cleopatra bulimoides Bourguignat, Mollusques Egypte, Zanzibar, Sénégal ; etc., p. 22.

1890. Cleopatra bulimoides Bourguignat, Hist. malacolog. lac Tanganika, p. 44 ; et Ann. sc. natur. ; 7e série, X, p. 44.

1898. Cleopatra bulimoides Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik. ; p. 184.

Voici encore une des espèces de la faune nilotique que nous retrouvons dans toute l’Afrique équatoriale. Autrefois signalée par Morelet dans la région d’Angola[413] ; retrouvée par Dohrn dans les eaux du Zambèse[414] et par Dupuis[415] dans le fleuve Lualaba, elle a été recueillie, peu abondamment il est vrai, par le Dr Decorse aux environs de Fort-Archambault (Bas-Chari). Bourguignat en a également indiqué l’existence aux environs de Sayda en Syrie où il suppose l’espèce introduite[416].

Enfin A. Aubry a signalé la présence du Cleopatra bulimoides, à l’état fossile, dans le Choa et notamment dans les tufs gris marneux des environs du lac d’Assal, tufs qu’il considère comme appartenant à l’époque pliocène[417].

Cleopatra mweruensis Smith.

1893. Cleopatra mweruensis Smith, Proceed. zoolog. society of London ; p. 639, Pl. 59, fig. 10.

Coquille ovale, acuminée, étroitement perforée ; spire composée de 7 tours convexes ornés de 1-4 carènes plus ou moins saillantes, séparés par des sutures profondes ; ouverture ovalaire bien anguleuse en haut et en bas ; bords réunis par une callosité assez marquée ; bord columellaire réfléchi sur l’ombilic.

Longueur : 15 millimètres ; diamètre max. : 8 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 6 1/3 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 4 millimètres.

Test solide, jaune verdâtre, finement strié.

Cette espèce, d’abord découverte dans le lac Mweru par le voyageur anglais R. Crawshay se rapproche surtout du Cl. Emini Smith[418]. Elle présente, au point de vue de la sculpture spirale, un polymorphisme assez étendu portant sur le nombre des carènes qui peut varier de une à quatre.

Le Chari, à Fort-Archambault ; février 1903 [Dr Decorse].

Le Chari, aux environs de Fort-Archambault ; 18-19 juin 1903 [Dr Decorse].

Genre Bythinia Gray[419].

§ 1. — Gabbia Tryon[420].

Bythinia (Gabbia) Neumanni Martens.

1898. Bythinia (Gabbia) Neumanni Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik. ; p. 191, Taf. VI, fig. 33 et fig. de la radula, p. 191.

1905. Bythinia (Gabbia) Neumanni Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris ; XI, no 5, p. 327.

Coquille petite, solide, de forme variable par suite de l’allure de la spire qui est plus ou moins haute ; test d’un corné jaunâtre très clair, un peu brillant, orné de stries extrêmement fines et serrées.

Hauteur : 5-6 millimètres ; diamètre : 3 1/2-4 1/4 millimètres.

Le polymorphisme de cette espèce permet de distinguer les variétés ex forma suivantes :

Variété elata.

Spire plus haute ; tours légèrement plus convexes séparés par des sutures un peu plus profondes ; même test.

Variété globosa.

Spire plus courte, dernier tour plus ventru-globuleux ; même test.

Le Bythinia Neumanni est une espèce qui paraît extrêmement abondante. M. Foureau, au cours de sa Mission saharienne, en avait déjà recueilli quelques échantillons. M. A. Chevalier a pu récolter une centaine d’exemplaires de cette intéressante coquille qui semble habiter aussi bien la région du S.-E. que celle du S.-O. du lac Tchad.

Bythinia (Gabbia) Martreti Germain.
PLANCHE V, fig. 12-12 a.

1904. Bythinia Martreti Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris ; X, no 7, p. 468.

Coquille petite, de forme globuleuse, pourvue d’une perforation ombilicale extrêmement étroite, presque entièrement recouverte ; spire médiocrement allongée, composée de 4-5 tours extrêmement convexes, à croissance assez rapide bien que régulière, séparés par des sutures très profondes ; dernier tour grand, parfaitement arrondi ; sommet obtus, généralement absent par érosion ; ouverture peu oblique, très régulièrement circulaire, à peine anguleuse en haut ; péristome continu, droit et aigu.

Opercule concave, à nucleus excentrique situé au voisinage du bord inférieur.

Hauteur : 5 millimètres ; diamètre : 3 1/4 millimètres ; hauteur de l’ouverture égale à son diamètre : 1 1/2 millimètre.

Test assez épais, solide, olivâtre ou corné brun brillant, très finement mais irrégulièrement strié.

Variété major.

Coquille atteignant 7 millimètres de hauteur pour 3 3/4 millimètres de diamètre. Même test, ou d’un rougeâtre plus sombre. Le sommet est ordinairement érosé et la coquille réduite parfois aux deux derniers tours de spire.

Le Bythinia Martreti a surtout des affinités avec le B. Neumanni. On l’en distinguera :

Par sa spire à tours plus convexes séparés par des sutures beaucoup plus profondes ; par son ouverture plus petite, très régulièrement circulaire, à peine anguleuse en haut ; par son ombilic presque entièrement recouvert ; etc.

Rapprochée du Bythinia Stanleyi Smith[421], notre espèce s’en distingue :

Par ses tours également plus convexes, à croissance plus régulière, séparés par des sutures encore plus profondes ; par sa spire relativement plus haute ; par son ouverture plus détachée du dernier tour et proportionnellement plus petite ; etc.

Chez cette Bythinie, la spire est très souvent tronquée et le test fortement corrodé : nombre d’échantillons, recueillis vivants, ne possèdent plus que les deux derniers tours de spire. Les sutures, fort profondes, font paraître les tours très détachés les uns des autres et donnent, en petit, à cette coquille, l’apparence du Bythinia Leachi[421] d’Europe.

Pays Mamoun ; 5 échantillons.

Bythinia (Gabbia) neothaumæformis Germain, nov. sp.
PLANCHE V, fig. 13-13 a.

1907. Bythinia (Gabbia) neothaumæformis Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, no 1, p. 65.

Coquille petite, très globuleuse, pourvue d’une perforation ombilicale très étroite, presque entièrement recouverte ; spire courte, scalariforme, composée de 4-5 tours très nettement étagés, à croissance spirale rapide, séparés par des sutures extrêmement profondes ; dernier tour largement développé dans le sens transversal, atteignant les 4/5 de la hauteur totale, fortement bicaréné : carène supérieure subsuturale très saillante, carène inférieure saillante à l’origine, plus ou moins émoussée vers l’ouverture ; sommet obtus ; ouverture peu oblique, arrondie, très nettement anguleuse en haut, subanguleuse en bas ; péristome continu, un peu épaissi intérieurement et offrant, sur le bord columellaire, une surface légèrement réfléchie sur l’ombilic.

Opercule inconnu.

Hauteur : 4-5 millimètres ; diamètre : 3 1/2-4 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture (égal à sa hauteur) : 2 millimètres.

Test épais, solide, d’un blanc sale ou d’un corné brun très pâle, très finement strié.

Cette espèce, si caractérisée, ne peut se rapprocher d’aucune des Bythinies africaines connues. Elle est surtout remarquable par sa spire dont les tours sont, pour ainsi dire, emboîtés les uns dans les autres à la façon des espèces du genre Neothauma et, plus spécialement, du Neothauma bicarinatum Bourguignat[422]. Cette ressemblance est encore accentuée par suite de la présence des deux carènes, toujours très marquées, que l’on observe sur le dernier tour du Bythinia neothaumæformis.

Cette Bythinie est peu variable ; cependant, l’un des exemplaires présente une spire un peu plus élevée que dans le type et constitue une mutation elata.