SUPPLÉMENT
Pendant que ce mémoire était à l’impression, j’ai reçu de nouveaux matériaux recueillis par M. le Dr Decorse au cours de la Mission Chari-Tchad. J’ai déjà publié une note à ce sujet[531]. Je la résumerai ici afin de compléter utilement mon travail. On verra que ces nouveaux documents viennent confirmer et compléter les généralités exposées dans mon Introduction[532].
C’est ainsi que d’assez nombreux Thapsia, parmi lesquels une espèce nouvelle, montrent que ce genre est aussi répandu dans le bassin du Chari que dans le Nyassaland. Un nouvel exemplaire de Trochonanina Adansoniæ Morelet, récolté à Krébedjé, indique l’existence de cette espèce du Gabon dans toute la région explorée. La présence du Trochonanina reticulata d’Ailly, sur les bords du Gribingui, étend singulièrement l’aire de dispersion de ce Mollusque du Kameroun. Enfin les Homorus Courteti nov. sp. et Curvella Guerini nov. sp. sont les représentants de deux genres encore inconnus dans cette partie de l’Afrique.
Genre Nanina Gray, 1834
Nanina hepatizon Gould.
1845. Helix hepatizon Gould, Proceed. Boston society, II, p. 38.
1853. Helix hepatizon Pfeiffer, Monogr. heliceor. vivent., III, p. 46, no 122.
1868. Helix hepatizon Morelet, Mollusques terr. fluv. Welwitsch, p. 54, no 6. tabl. II, fig. 7.
1886. Nanina hepatizon Tryon, Manual of Conchology, 2e série, Pulmon., II, p. 34, pl. IX, fig. 34.
1907. Nanina hepatizon Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris, no 5, p. 343.
Un exemplaire en excellent état, mesurant 34 millimètres de diamètre maximum, 29 millimètres de diamètre minimum et 22 millimètres de hauteur a été recueilli, par M. A. Chevalier, aux environs de Konakry.
Genre Thapsia Albers, 1860.
Thapsia calamachroa Jonas.
1843. Helix calamachroa Jonas in : Philippi Abbildungen und Beschreib. Conchylien, I, p. 47, no 2, tabl. III, fig. 2a.
1848. Helix calamachroa Pfei ffer, Monogr. heliceor. vivent., I, p. 57.
1886. Nanina (Thapsia) calamachroa Tryon, Manual of Conchology, 2e série, Pulmon., II, p. 127, pl. 42, fig. 8-9.
1896. Thapsia calamachroa d’Ailly, Mollusques terr. eau douce Kaméroun, p. 38.
1907. Thapsia calamachroa Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris, no 5, p. 344.
Le test de cette espèce est d’un corné brillant, plus foncé dessus que dessous, parfois un peu fauve et plus coloré que dans la figure originale de Philippi. Ainsi que l’a fait remarquer d’Ailly[533], la suture est légèrement marginée. Le diamètre maximum atteint 10 millimètres, le diamètre minimum 9 millimètres et la hauteur 6 millimètres. La sculpture est extrêmement tenue : les stries longitudinales, très fines et inégales, sont coupées par des stries spirales excessivement fines et serrées, non granuleuses, ce qui permet de distinguer facilement cette espèce du Thapsia troglodytes Morelet[534]. En dessous, la sculpture est encore moins marquée, mais présente les mêmes caractères.
Environs de Konakry [Dr Decorse], 2 exemplaires.
Thapsia indecorata Gould.
1830. Helix indecorata Gould, Proceed. Boston society, III, p. 194.
1853. Helix indecorata Pfeiffer, Monogr. heliceor. vivent., III, p. 50, no 141.
1868. Helix indecorata Morelet, Mollusques terr. fluv. Welwitsch, p. 45.
1886. Nanina (Thapsia) indecorata Tryon, Manual of Conchology, 2e série, Pulmonata, II, p. 126, pl. 42, fig. 97-99.
1907. Thapsia indecorata Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris, no 5, p. 344.
Test mince et brillant, d’un corné pâle, légèrement verdâtre, surtout en dessous ; sommet plus clair, suture nettement marginée ; stries fines, irrégulières, aussi accentuées dessous que dessus.
Environs de Libreville (Dr Decorse) ; 3 échantillons.
Thapsia insimulans Smith.
Voir ci-dessus, page
471.
Niellims, sur le Moyen-Chari ; mai 1903 [Dr Decorse] ; 1 exemplaire.
Thapsia nyikana Smith.
Voir ci-dessus, page
472.
Kousri, territoire du Chari, juillet 1903 [Dr Decorse] ; un échantillon de la variété Courteti Germain.
Thapsia Lamyi Germain[535].
1907. Thapsia Lamyi Germain, Archives zoologie expérim. et génér., 4e série, IV, p. 110 (sans descript.).
1907. Thapsia Lamyi Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris, no 5, p. 345, fig. 24.
Coquille très déprimée, planorbique, assez étroitement ombiliquée, spire composée de 6 tours convexes, très légèrement étagés, à croissance régulière un peu rapide, les premiers enroulés sur un même plan ; dernier tour grand, légèrement comprimé à sa naissance, beaucoup plus convexe dessous que dessus, non descendant, un peu dilaté à l’extrémité ; suture profonde, très nettement marginée à partir du premier tour ; sommet fort obtus ; ouverture oblique, semi-lunaire ; un peu anguleuse en haut, à bords externe et inférieur largement convexes ; péristome mince, fragile ; bord columellaire blanc, notablement réfléchi sur l’ombilic.
Diamètre maximum : 10-10 1/2 millimètres ; diamètre minimum : 8 1/2-9 millimètres ; hauteur 4 1/2-5 millimètres.
Test mince, fragile, subtransparent, d’un corné ambré légèrement verdâtre, à peine plus clair en dessous. La sculpture comprend des stries longitudinales très fines, obliques, flexueuses et irrégulières, visibles sur les premiers tours, à peine plus fortes sur le dernier au voisinage de l’ouverture, un peu plus fortes et plus irrégulières en dessous. Ces stries longitudinales sont coupées par des stries spirales extrêmement fines et serrées, très régulières, plus accentuées au voisinage immédiat des sutures, presque invisibles sur les premiers tours et beaucoup moins nettes en dessous.
Kouom, Moyen Chari, 31 mai 1903 [Dr Decorse], 3 exemplaires.
Genre Trochonanina Mousson, 1869.
Trochonanina Adansoniæ Morelet.
Voir ci-dessus, page
474.
Krebedjé, novembre 1902 [Dr Decorse] ; un exemplaire.
Trochonanina reticulata d’Ailly.
1896. Trochozonites reticulatus d’Ailly, Mollusques terr. eau douce Kaméroun, p. 43, pl. II, fig. 26-31.
1907. Trochonanina reticulata Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris, no 5, p. 347.
Cette espèce, qui n’était jusqu’ici connue que de quelques localités du Kameroun, présente des analogies de forme avec le Trochonanina percarinata Martens[536], répandu dans presque toute l’Afrique équatoriale. On l’en distinguera facilement :
Par sa forme plus conique élevée ; par ses tours plus convexes, séparés par des sutures beaucoup plus profondes, la dernière étant canaliculée et parfois marginée ; enfin par son ombilic notablement plus large.
D’Ailly, qui a remarquablement figuré cette espèce, la rapproche du Trochonanina ibuensis Pfeiffer[537], mais elle présente, avec le Trochonanina percarinata, des rapports beaucoup plus étroits. En tous les cas, elle se sépare de l’espèce de Pfeiffer par sa forme plus déprimée, par ses sutures plus profondes, par sa carène plus tranchante et par sa sculpture.
Les exemplaires recueillis par le Dr Decorse sont absolument conformes à la figuration de d’Ailly. Leur test est d’un jaune corné pâle, plus brillant dessous que dessus. La sculpture comprend deux séries de stries : les unes sont longitudinales, obliques, onduleuses, régulières et régulièrement espacées, visibles même sur les tours embryonnaires, plus obliques et plus fortes au dernier tour ; les autres, qui coupent les premières, sont des stries spirales, moins régulières, plus fines que les stries longitudinales. Elles sont plus denses au voisinage des sutures que sur le reste des tours et se distinguent sur les tours embryonnaires. Ce double mode de striation donne à la coquille une apparence réticulée très caractéristique. En dessous, les stries spirales sont extrêmement fines et les stries longitudinales, également moins fortes, sont beaucoup plus inégales.
Diamètre maximum : 11-11 1/2 millimètres ; diamètre minimum ; 9 1/4-10 millimètres ; hauteur : 7-7 1/4 millimètres.
Bords du Gribingui (Dr Decorse) ; un échantillon.
Kouom, Moyen-Chari, 31 mai 1903 (Dr Decorse) ; deux exemplaires.
Genre Subulina Beck, 1839.
Subulina krebedjeensis Germain.
Voir ci-dessus, p.
490.
Beso, à 20 kilomètres en amont du Fort-de-Possel (Haut-Oubangui), [Dr Decorse] ; un échantillon.
Genre Homorus Albers, 1850.
Homorus Courteti Germain[538].
1907. Homorus Courteti Germain, Archives Zoologie expér. et générale, 4e série, IV, p. 112 (sans descript.).
1907. Homorus Courteti Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris, no 5, p. 348, fig. 25.
Coquille conoïde très allongée ; spire normalement tronquée, composée de 6 tours médiocrement convexes à croissance régulière, mais assez rapide ; dernier tour grand, peu convexe, n’égalant pas tout à fait la demi-hauteur ; sutures très marquées mais peu profondes, celles séparant les premiers tours, absolument rectilignes ; ouverture oblique, ovalaire-allongée, très anguleuse en haut, bien arrondie en bas ; columelle arquée, obliquement tronquée à la base ; péristome mince et tranchant ; bords réunis par une faible callosité blanche.
Longueur : 23-25 millimètres ; largeur maximum 7 1/2-8 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 8 millimètres ; largeur de l’ouverture : 3 3/4-4 millimètres.
Test d’un corné blond, subtransparent, orné de stries longitudinales fines et inégales.
Krébedjé, novembre 1902 (Dr Decorse) ; 4 exemplaires.
Genre Curvella Chaper, 1885.
Curvella Guerini Germain[539].
1907. Curvella Guerini Germain, Bulletin Muséum hist. nat. Paris, no 5, p. 349, fig. 26.
Coquille petite, ovalaire oblongue, assez étroitement ombiliquée ; spire composée de cinq tours bien convexes à croissance régulière ; dernier tour médiocre, un peu atténué en bas ; sutures très profondes, d’apparence canaliculée ; sommet obtus ; ouverture oblongue, subpyriforme, un peu oblique, très anguleuse en haut, subanguleuse en bas, n’atteignant pas la demi-hauteur de la coquille ; bord columellaire très légèrement convexe, réfléchi triangulairement sur l’ombilic.
Longueur : 4 millimètres ; diamètre maximum : 2 1/4 millimètres.
Test mince, très fragile, transparent, d’un corné clair, orné de stries longitudinales fines, peu régulièrement distribuées, plus accentuées au voisinage de la suture.
Kouom, Moyen-Chari, 31 mai 1903 (Dr Decorse) ; un exemplaire.
Genre Physa Draparnaud, 1801.
Physa (Pyrgophysa) Dunkeri Germain.
1903. Physa (Pyrgophysa) Dunkeri Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris, no 6, p. 486.
Kousri, août 1903 (Dr Decorse) ; 3 échantillons très jeunes.
Genre Bythinia Gray, 1840.
Bythinia (Gabbia) Martreti Germain.
Voir ci-dessus, page
522.
Pays Mamoun, mars 1903 (Dr Decorse), un exemplaire conservé dans l’alcool.
Genre Spatha Lea, 1838.
Spatha rubens de Lamarck.
Voir ci-dessus, page
551.
Aux variétés de cette espèce que j’ai déjà signalées, il faut ajouter la suivante :
Variété Wismani Martens.
1883 Spatha Wismani Martens, Sitzungsb. der Gesellsch. naturf. Freunde Berlin, p. 73.
1885. Spatha Wismani Martens, Conchol. Mitth., III, p. 139, taf. XXVII.
1900. Spatha rubens (pars.) Simpson, Proceed. unit. st. nation. Museum, XXII, p. 896.
1907. Spatha rubens variété Wismani Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris, no 5, p. 351.
Je considère le Spatha Wismani comme une variété du Spatha rubens. C’est une coquille de grande taille, subtrigone, possédant une région antérieure courte et une région postérieure deux fois et demie aussi longue. Les sommets sont peu proéminents, les impressions musculaires profondes, le ligament très robuste, court et large. Le test, très épais, solide, d’un noir marron brillant, très sombre, présente des stries d’accroissement assez fines, irrégulières, devenant lamelleuses vers le bord inférieur. Enfin la nacre est bleuâtre, fortement irisée, surtout vers le bord postérieur.
Longueur maximum : 103 millimètres ; longueur de la région antérieure : 28 millimètres ; longueur de la région postérieure : 75 millimètres, hauteur maximum : 75 millimètres ; épaisseur maximum : 39 millimètres.
Le Moyen Niger (Soudan français), mission économique dirigée par le général de Trentinian (1899) ; un exemplaire.