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Les diables noirs: drame en quatre actes

Chapter 4: SCÈNE II
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About This Book

A four-act drama unfolds in an aging coastal château where relatives and retainers gather when the household's mistress returns after a long absence. Social tensions and inheritance stakes surface as competing cousins, an outspoken uncle, servants, and friends reveal resentment, ambitions, and comic hypocrisy. Scenes alternate between domestic bustle and heated confrontations, mixing farcical misunderstandings with sharper critiques of greed, manners, and the fragility of social pretenses. The play balances theatrical set pieces, rapid entrances and exits, and outspoken dialogue to dramatize shifting alliances and the moral complexity behind polite facades.

The Project Gutenberg eBook of Les diables noirs: drame en quatre actes

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Title: Les diables noirs: drame en quatre actes

Author: Victorien Sardou

Release date: August 13, 2010 [eBook #33422]

Language: French

Credits: Produced by Chuck Greif and the Online Distributed
Proofreading Team at DP Europe (http://dp.rastko.net).

*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LES DIABLES NOIRS: DRAME EN QUATRE ACTES ***

LES
DIABLES
NOIRS

DRAME EN QUATRE ACTES

PAR

VICTORIEN SARDOU

PARIS
MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS
RUE VIVIENNE, 2 BIS, ET BOULEVARD DES ITALIENS, 15
A LA LIBRAIRIE NOUVELLE
M DCCC LXIV


LES
DIABLES NOIRS

DRAME

Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Vaudeville,
le 28 novembre 1863


DU MÊME AUTEUR
 
 
Nos Intimes! comédie en quatre actes.
Les Ganaches, comédie en quatre actes.
Les Pattes de mouche, comédie en trois actes.
Piccolino, comédie en trois actes.
La Perle noire, comédie en trois actes.
Les Femmes fortes, comédie en trois actes.
La Papillonne, comédie en trois actes.
Les Prés Saint-Gervais, comédie en deux actes.
M. Garat, comédie en deux actes.
L'Écureuil, comédie en un acte.
Les Gens nerveux, comédie en trois actes.
La Taverne, comédie en trois actes.
Les Premières armes de Figaro, comédie en trois actes.
Bataille d'amour, opéra-comique en trois actes.
 
LA PERLE NOIRE
 
ROMAN
 
Un volume grand in-18.

Imprimerie L. TOINON et Cie, à Saint-Germain.


GASTON DE CHAMPLIEU     MM.Berton.
ROLANDFélix.
RENNEQUINNuma.
TRICK{Parade.
Ricquier
.
PROFILET Chaumont.
CYPRIENSaint Germain.
DUCROC{Munié.
Colson
.
HONORÉ Bastien.
JEANNEMmesFargueil.
SARAHFrancine Cellier.
SYLVIEAthalie Manvoy.

La scène de nos jours, 1er acte, près de Dieppe; 2e, 3e et 4e actes, à Paris.

Toutes les indications sont prises de la gauche du spectateur; les changements sont indiqués par des renvois. Pour la mise en scène détaillée, s'adresser à M. Ricquier, régisseur au théâtre.

ACTE PREMIER
SCÈNE PREMIÈRE, II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX, X, XI, XII, XIII, XIV, XV, XVI
ACTE DEUXIÈME
SCÈNE PREMIÈRE, II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX, X, XI, XII, XIII, XIV, XV
ACTE TROISIÈME
SCÈNE PREMIÈRE, II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX, X, XI, XII, XIII, XIV
ACTE QUATRIÈME
SCÈNE PREMIÈRE, II, III, IV, V, VI, VII

LES
DIABLES NOIRS


ACTE PREMIER

Un salon de vieux château. A gauche, premier plan, une petite porte, entre, bâillée, au deuxième plan, grande cheminée. Au fond, pan coupé, une porte qui conduit à la bibliothèque.—Porte d'entrée au milieu.—A droite, pan coupé, une fenêtre ouvrant sur la campagne et sur la mer, avec rideaux de soie fanés, comme le reste de la décoration.—Deuxième plan du même côté, une porte conduisant à l'appartement de Jeanne.—Une table-chaises, à gauche, premier plan.

SCÈNE PREMIÈRE

HONORÉ, SYLVIE, en Poletaise.

SYLVIE, à Honoré qui paraît au fond et qui ne sait de quel côté se diriger.

Eh bien, ici.

HONORÉ, sur le seuil, déposant à terre un sac de voyage.

Voilà un chien de pays où l'on monte! (Il descend en scène.)

SYLVIE, à la table.

Dame! sur les falaises! c'est aussi la beauté de l'endroit!

HONORÉ, se débarrassant de ses bagages.

Oui, c'est joli! et l'habitation aussi; parlons-en!

SYLVIE.

Regardez donc la vue! Est-ce beau? on voit la mer et Dieppe, tout là-bas!

HONORÉ, allant à la cheminée et s'asseyant.

J'aime mieux le boulevard! Fermez donc les portes au moins; je vais m'enrhumer. (Sylvie ferme la porte de la chambre à droite.) Et c'est vous qui gardez cette baraque de château?

SYLVIE.

Non, c'est mon père, qui tient aussi la ferme!

HONORÉ.

Je lui fais mon compliment! c'est bien entretenu ici!

SYLVIE, allant à la cheminée et ranimant le feu.

Dame! nous ne sommes pas chargés des réparations! Et le vent de la mer! pensez donc! ça fait du ravage dans une maison!... surtout quand on n'y est pas venu depuis trois ans! car, comprenez-vous que madame n'a pas paru ici depuis la mort de son mari?

HONORÉ.

Ah! oui! je le comprends!

SYLVIE, allant à la fenêtre et tâchant de l'ouvrir.

Sans compter qu'elle arrive au moment où on ne l'attend pas, je n'ai eu le temps de rien ranger.

HONORÉ.

Qu'est-ce que vous faites là?

SYLVIE, poussant la fenêtre qui ne s'ouvre pas facilement.

Eh bien, j'ouvre un peu pour donner de l'air, et ce n'est pas facile! ce bois est gonflé!... (Faisant un dernier effort.) Ça y est! (La fenêtre s'ouvre ainsi que la porte du fond.) Tiens! la poignée de cuivre est tombée! ah! la voilà! (Elle la ramasse à terre.)

HONORÉ.

C'est encore gentil! quel chenil!

SYLVIE, descendant en scène après avoir replacé le bouton à la serrure.

Bon! ça ira toujours bien comme ça pour aujourd'hui! Demain, on fera venir le serrurier!

HONORÉ.

Oui, et le médecin pour moi!

SYLVIE, riant.

Oh! bien! si toutes les personnes que madame amène avec elle sont aussi douillettes que vous! (Allant à lui.) Est-ce que vous venez beaucoup de monde?

HONORÉ.

Il y a madame; son oncle, M. Rennequin, un vieux qui taquine toujours tout le monde et qui se fâche après; ensuite deux cousins; tout ça des parents du défunt: et puis madame ou mademoiselle Sarah.

SYLVIE.

Comment! madame ou mademoiselle?

HONORÉ.

Oui, une amie de madame qui demeure chez elle; les uns disent qu'elle est mariée, d'autres qu'elle ne l'est pas; moi je ne crois ni l'un ni l'autre!...

SYLVIE.

Il faut pourtant bien... (Elle descend à droite.)

SCÈNE II

Les Mêmes, CYPRIEN, PROFILET.

CYPRIEN, au fond.

Allons donc! Profilet, allons donc! (Honoré se lève et va à Cyprien.)

PROFILET, courant et allant à la table déposer sa valise.

Mais j'arrive! j'arrive!... (Sylvie lui prend son manteau.)

HONORÉ, débarrassant Cyprien de son escarcelle.

Ces messieurs sont donc venus seuls avec les effets?

CYPRIEN.

Oui, par la voiture, ces dames ont voulu faire la route à cheval!

PROFILET, doucereux.

Des dames à cheval! quelle indécence! si elles tombaient!

CYPRIEN.

Ah! voilà le cousin Profilet qui trouve tout immoral.

HONORÉ, descend à la table tenant la malle de Profilet.

Et M. Rennequin est aussi à cheval?

CYPRIEN.

Non! il n'a trouvé qu'un âne pour suivre ces dames! (Honoré sort, précédé de Sylvie qui lui montre le chemin.)

SCÈNE III

PROFILET, CYPRIEN.

PROFILET, pendant la sortie.

Un âne!...

CYPRIEN.

Est-ce aussi indécent, ça?

PROFILET.

Non!

CYPRIEN.

Allons, tant mieux. (Frissonnant en voyant la fenêtre.) Brrr! eh bien, en voilà une idée, (Il la ferme.) Comme ça ferme... (Regardant.) Alors voilà le château!—Vieux style.

PROFILET, assis.

Oui, oui... c'est un peu fané.

CYPRIEN.

Et rococo... oh! ces guirlandes, regardez donc! Si tout l'héritage était ainsi!

PROFILET.

La cousine Jeanne n'aurait pas deux cent mille livres de rente...

CYPRIEN, à la cheminée, debout.

Oui, qui sont à nous!

PROFILET, assis près de la table.

Chut! chut!

CYPRIEN.

Oh! bien! quoi! nous sommes seuls! c'est assez de se contenir devant elle, et de faire le gracieux et l'empressé, en enrageant dans l'âme. Faut-il que cet imbécile de Dolivet, notre cousin, ait fait la sottise de l'épouser et de tester en sa faveur au détriment des héritiers directs, de vous, de moi, de l'oncle Rennequin, et que nous venions en invités là où nous devrions entrer en maîtres! Et cela ne vous agace pas, vous? Et vous croyez que tout à l'heure encore, à Dieppe, quand elle m'offrait une seconde tasse de thé, et des sandwichs, je n'avais pas envie de lui crier: Mais j'en prendrai si je veux, de ton thé et de tes sandwichs! mais il est à moi, ton thé! mais ils sont à moi, tes sandwichs!

PROFILET, doucement.

Pas encore! mais cela viendra peut-être!... (Il tire sa tabatière.)

CYPRIEN, retournant à la cheminée.

Après sa mort!... quand nous n'aurons plus de dents!...

PROFILET, prend une prise de tabac.

Peuh! qui sait? ce brave cousin était un original, qui nous a laissé une chance de salut!

CYPRIEN.

Oui! jolie! il donne tout son bien à sa veuve à condition qu'elle ne se remariera pas...

PROFILET, se levant.

Et que si elle se marie, toute la fortune fait retour aux héritiers directe... c'est-à-dire! à vous! à moi! à Rennequin!

CYPRIEN.

Eh bien?

PROFILET.

Eh bien, mais!...

CYPRIEN.

Eh bien, elle ne se remariera pas! quoi, c'est très-évident!

PROFILET.

Il faut voir!...

CYPRIEN.

Oh! c'est tout vu!... Et nous sommes volés!

PROFILET, prêtant l'oreille.

Chut! voici ces dames!

CYPRIEN.

Oui! on court!

PROFILET, allant vivement à la fenêtre.

On court!

CYPRIEN, avec une certaine nuance d'espoir.

Il est arrivé quelque chose! un accident, le cheval!...

PROFILET, de même.

Elle se serait tuée!...

SCÈNE IV

Les Mêmes, JEANNE, SARAH.

JEANNE, entrant par le fond et soutenant Sarah.

Pas encore!

CYPRIEN.

Ah! chère cousine!

PROFILET, de même.

Nous étions dans une inquiétude!...

JEANNE, essoufflée.

Oui, oui! Un peu d'air, s'il vous plaît... pour Sarah.

SARAH.

Non! une chaise!... (Jeanne fait asseoir Sarah sur la chaise qui est près de la table; Cyprien donne à Jeanne un flacon de sels.)

PROFILET.

Qu'est-il donc arrivé?

JEANNE.

Ah! ce n'est rien! une petite aventure, et une peur!

PROFILET et CYPRIEN.

Une aventure?

JEANNE.

Oui! nous avions pris toutes deux par la grève!... c'est le plus beau! c'est le plus court! et nous avions une heure de marée basse, pour faire un quart de lieue, nous nous amusions à regarder les rochers, les herbes, les falaises, tout ce qui se rencontrait, enfin!... en nous arrêtant à chaque pas! De l'heure qui s'avançait, du reflux et du danger... aucune idée!... quand tout à coup, je sens frissonner mon cheval... il se met à gratter la terre de son pied!... puis le vent se lève et fraîchit. Je me retourne et je vois!... Une frange d'écume roulait sur la grève à cent pas de nous, et devant, à un détour de la falaise, le passage était déjà cerné par une foule de petites vagues courant l'une sur l'autre!—Je crie: «Sarah! Sarah! la marée haute!... nous sommes perdues!»—Je lance mon cheval, Sarah suit, et déjà les lames arrivaient, arrivaient, de quelle vitesse, vous le savez!... Et puis, le vent de la pleine mer, et tout cela déferlant, bouillonnant, grondant, et nous fouettant l'écume au visage!... les chevaux effrayés courent à la falaise! un rempart!... ils se rabattent sur les rochers! leur pied glisse et trébuche! Ils reviennent au sable, mais le flot l'a déjà détrempé... Je perds la tête! Sarah! crie: «Au secours!» (Sarah se lève.) Les chevaux s'emportent! je ne vois plus, je n'entends plus que le bourdonnement de la vague qui me déborde et m'envahit! je ferme les yeux avec horreur!... je me vois perdue, morte, noyée!... Et je ne reviens à moi que sur la rampe de gazon de Varangeville, où mon cheval hennit de joie en regardant la mer à deux cents pas au-dessous de nous, et où Sarah a tout à coup une petite attaque de nerfs à cheval... (Riant.) Qui était bien la chose la plus bouffonne... ah! ah! ah! mon Dieu! que je voudrais donc rire si je n'avais pas aussi une petite crise!... (Sarah lui offre sa chaise où Jeanne tombe assise en riant aux éclats d'un rire nerveux.) Ah! ah! mais au moins ce n'est pas à cheval, celle-là!

CYPRIEN.

Pauvre cousine!

PROFILET.

Qu'est-ce qu'on pourrait bien?... (Il court à la cheminée prendre un verre d'eau.)

JEANNE, riant toujours.

Oh! rien! ce n'est rien! cela se calme! Et j'en suis quitte pour une manchette perdue sur le sable!

SARAH.

Avec un bouton de diamant admirable!

JEANNE.

C'est ma rançon que la mer emportera!

CYPRIEN, à Profilet, lui prenant le verre d'eau.

Voilà pourtant comme elle gaspille notre bien! (A Jeanne, avec empressement.) Voulez-vous un peu d'eau, chère cousine?

JEANNE, riant toujours.

Oh! non! merci! assez d'eau comme cela!

PROFILET.

Si vous ne vous étiez pas retournée, pourtant!...

CYPRIEN, à Profilet.

Oui, quand on pense que si elle ne s'était pas retournée à temps!

PROFILET.

A-t-elle une chance! (Il porte le verre sur la cheminée.)

JEANNE, respirant, gaiement.

Ah! cela va mieux! (A Sarah en lui prenant les deux mains.) Et toi?

SARAH.

Moi aussi!

JEANNE.

Voilà les femmes, tenez! quelles pauvres natures!... Avec un peu de sang-froid... c'était si beau à regarder. Ah! (se levant) c'était vraiment beau!—Ce cheval emporté!... ce fracas de vagues et de galets... ce vent détachant l'écume par flocons! Et avec tout cela, l'effroi, les cris, la mort prochaine et la folie plus près encore... c'était enivrant!

CYPRIEN.

Délicieux!—on recommencerait tout de suite!

JEANNE, se levant.

Bah! pourquoi pas?—Un petit danger de temps à autre, lutter! se défendre!—Eh! à la bonne heure! c'est vivre, cela! (Elle remonte vers le feu.)

CYPRIEN, tout en replaçant la chaise près de la table.

Tudieu! vous dites cela avec un sourire, un œil brillant! c'est à donner envie de vous attaquer, pour vous voir vous défendre!...

PROFILET, choqué.

Oh!

CYPRIEN.

Quoi?

PROFILET.

Devant des dames!... c'est vif!...

JEANNE.

Eh bien, quoi donc?

PROFILET.

Vous n'avez pas compris?... (A Sarah, qui va rejoindre Jeanne à la cheminée.) Il vient de dire quelque chose d'un peu léger!...

CYPRIEN, stupéfait.

Moi?

JEANNE, près de la cheminée.

De léger...

PROFILET, étonné à Cyprien.

Non! vous ne vouliez pas?... alors n'en parlons plus; je vous demande pardon!... j'ai cru qu'il faisait une équivoque!...

CYPRIEN.

Ah ça! quelle tournure d'esprit avez-vous? On ne peut pas dire deux mots que vous n'y voyiez des choses!...

PROFILET.

Oh! ne vous fâchez pas! je vous croyais plus d'esprit que vous n'en avez, voilà tout!... (Allant à Jeanne.) Je croyais qu'il voulait dire...

JEANNE, assise.

Ah! bien, non, ne le dites pas!...

PROFILET, souriant.

C'était assez drôle!...

CYPRIEN.

Voilà une façon de défendre la morale!

SCÈNE V

Les Mêmes, SYLVIE, avec un fagot.

SYLVIE, entrant par le fond.

Ah! c'est madame!... (Elle jette le fagot par terre et va à Jeanne.)

JEANNE.

Bonjour, fillette!...

SYLVIE, à genoux près-d'elle; Sarah est debout devant la cheminée.

Ah! quel bonheur!... voilà madame revenue! quel bonheur!

JEANNE.

Comme tu es grandie! comme tu es belle! et toujours bonne et sage?...

SYLVIE.

Ah! madame, si vous vouliez m'emmener avec vous à Paris?

PROFILET, à droite avec Cyprien; à demi-voix.

C'est ça.—Les voilà toutes, pour se perdre!

CYPRIEN, à demi-voix.

Laissez donc; nous les retrouverons!

PROFILET, choqué.

Oh!... (Ils regardent par la fenêtre.)

JEANNE.

Nous verrons cela, petite; mais rien n'est prêt, à ce que je vois!

SYLVIE, se relevant.

C'est que mon père n'a reçu la lettre de madame que ce matin; et c'était dans un état ici! (Elle traverse en descendant et va prendre sur la table les gants et les cravaches des deux femmes.) Des fenêtres qui ne ferment pas, et le vent qui vient de se lever avec la marée!—Ça va souffler cette nuit!... nous allons danser!

SARAH.

Ah! mais un instant!... j'ai peur du vent, moi!

JEANNE.

Bah! tu es folle! Sylvie couchera à côté de toi, dans ta chambre, si tu veux!

SARAH.

Et toi?

SYLVIE, montrant la chambre à droite, où elle est sur le point d'entrer.

Oh! madame couche ici, elle; c'est un peu isolé; mais elle est brave, madame, elle n'a peur de rien!...

JEANNE.

Quant à vous, cousins, nous allons chercher vos chambres tout à l'heure.

SYLVIE, s'arrêtant.

Oh! à propos de chambre, il y a bien la bibliothèque là-haut!... mais je ne la conseille à personne!

JEANNE.

Parce que?

SYLVIE, redescendant au milieu.

Parce qu'il y revient un esprit donc!...

SARAH.

Un esprit!

SYLVIE.

Oui, madame, c'est un train là-dedans!...

JEANNE.

Et ton père n'est pas monté voir?

SYLVIE.

Oh! il est bien trop poltron! s'il m'avait seulement laissé faire, avec mon manche à balai, je t'aurais travaillé l'esprit, moi... il ne serait pas revenu, allez!

SARAH.

Est-elle brave!

JEANNE, riant.

Enfin, il y a progrès, au moins! Elle y croit encore; mais c'est pour frapper dessus!...

SYLVIE.

Vous voulez monter voir!... voilà la porte!... nous le cognerons!

CYPRIEN, vivement.

Non, non! à quoi bon?... cette bibliothèque ne me dit rien du tout, à moi!...

PROFILET.

Rien du tout!—On n'a que faire de la bibliothèque pour coucher! (Sylvie redescend, reprend les objets et entre chez Jeanne.)

CYPRIEN.

A moins qu'on n'y mette M. Rennequin.

JEANNE.

Mon oncle!... au fait, où est-il?... Et Trick?

PROFILET.

Votre domestique?—Il a fait la route à pied. Quant à l'oncle Rennequin, je ne sais; n'est-il pas venu avec vous?

JEANNE.

Mais non!

CYPRIEN.

Ah! je croyais!—Comme nous montions en voiture, je l'ai entendu parler de louer un âne pour vous suivre...

JEANNE, inquiète.

Pour nous suivre... mais alors, il est venu par la grève!...

CYPRIEN.

Probablement!

JEANNE, effrayée.

Ah! le malheureux! mais la marée!... Il est perdu!... (Ils vont pour remonter. Rennequin paraît; Sylvie rentre.)

SCÈNE VI

Les Mêmes, RENNEQUIN.

RENNEQUIN, entrant par le fond.

Ah! voilà! on crie maintenant!... Il est perdu!... Il serait bien temps de crier, si j'étais perdu!...

JEANNE.

Enfin, vous voilà!

RENNEQUIN.

Et on n'aurait pas eu la cœur de m'arracher à un affreux péril!

JEANNE.

Vous avez donc couru le même danger que nous?

RENNEQUIN.

J'ai couru!... D'abord, je n'ai pas couru du tout!... L'âne n'a jamais voulu marcher!

CYPRIEN.

Ah!

RENNEQUIN.

Du moment que je le dis, c'est que c'est réel, il n'y a pas à faire: Ah!...

JEANNE.

Mais, personne...

RENNEQUIN.

Non! je dis ça pour monsieur... là... qui fait: Ah!—Comme si j'avançais quelque chose de mon invention.

JEANNE.

Mon oncle, monsieur ne songe pas!...

RENNEQUIN.

On voit tous les jours des ânes qui ne marchent pas!... il n'y a pas de quoi pousser des: Ah!...

JEANNE.

Mais enfin, mon oncle, puisque monsieur assure qu'il n'avait pas l'intention de vous offenser.

CYPRIEN.

Mais jamais, mon Dieu! jamais!

RENNEQUIN.

Vous le dites! je veux le croire. (Attendri.) J'ai besoin de le croire!... car, dans ma position, un manque d'égards, quand on n'est pas riche, voyez-vous, et qu'on a eu, comme moi, si peu de chance dans sa vie! et avec cela le cœur trop sensible!... (Il essuie ses yeux.) Une sensibilité exaltée! (A Profilet qui prise tranquillement.) Exaltée, monsieur, qui a empoisonné toute ma vie!

JEANNE.

Oui, mon oncle, et pour revenir à cet âne...

RENNEQUIN.

Ah! crrr! c'est fait pour moi, ces choses-là! toujours ma chance!—Tant que nous avons descendu à la mer... il trottait, cet âne, c'était merveille... mais quand il a fallu tourner pour vous suivre... plus rien!... une borne!... J'avais beau lui dire les choses les plus aimables, il secouait l'oreille, il souriait en dessous, en faisant de la tête... non! non!... Je me dis: C'est un parti pris... c'est pour me contrarier ce qu'il en fait, il voit que ça me contrarie! ça l'amuse! Je descends, je tire, je pousse!... enfin, le voilà parti! Et moi de courir derrière, en me disant: si je l'arrête pour me remettre sur son dos, il n'ira plus; et si je ne l'arrête pas, nous allons donc courir toujours comme ça: moi, par derrière; c'est bête, ça!... Il faut un peu d'audace! Là-dessus, je prends mon élan, et je saute sur lui, tout courant!

TOUS.

Ah!

RENNEQUIN.

Alors, il s'arrête! je rage, je crie, je cogne!... Bandit, va! tu marcheras! Et lui des oreilles (secouant la tête): Non! non!—Je te dis que si!—Je te dis que non!... (même jeu) je suis entêté!—Et moi donc!... Là-dessus, il tourne bride, et il revient au galop à son écurie... Les gamins couraient derrière nous en criant, les femmes riaient, les chiens aboyaient, j'étais vexé! mais je faisais l'homme enchanté! Je disais,... tout haut: «Il est très-drôle, cet âne, très-drôle! c'est un plaisir!...» Oh! gredin! va, si je te rattrape dans un coin!

CYPRIEN, riant.

Ah! ah! j'aurais voulu voir...

RENNEQUIN, vexé.

Ah! oui, oh! c'était bien risible! je pouvais, tomber et me casser une jambe!... mais qu'est-ce que ça fait... Rennequin?... (Il remonte.)

JEANNE.

Oui, mon oncle, mais enfin, puisque ce malheur n'est pas arrivé, puisque vous êtes venu sans encombre...

RENNEQUIN.

Par la grand'route! en voiture. (Il va pour s'asseoir près de la table, on l'entoure.)

JEANNE.

Eh bien, c'est charmant, cela!

RENNEQUIN, prêt à s'asseoir, se relevant.

C'est charmant! Je pouvais ne pas trouver la voiture!...

CYPRIEN.

Enfin!... voyons!...

RENNEQUIN, même jeu.

Ou la trouver pleine?...

CYPRIEN.

Mais puisque rien de tout cela n'est arrivé, sapristi!

PROFILET.

Et que vous n'avez eu que la peine de vous faire traîner...

SARAH.

Tandis que nous courions, nous, le plus grand danger d'être noyées!...

RENNEQUIN, assis.

Oh! vous! vous êtes jeunes, vous!...

SARAH.

Cela ne nous aurait pas empêchées!

RENNEQUIN.

C'est à mon âge que les accidents sont terribles...

JEANNE.

Enfin, mon oncle...

RENNEQUIN.

On n'en revient pas!... à mon âge!

JEANNE.

Eh bien, oui, là, c'est convenu! n'en parlons plus!...

RENNEQUIN, ému.

Moi qui ai toujours eu si peu de chance!

SYLVIE.

Vous en avez pourtant eu cette fois-ci, car enfin, si l'âne avait marché!... vous pouviez être surpris par la marée comme ces dames...

JEANNE.

Oui! et alors, Dieu sait!...

RENNEQUIN, d'un air fin et souriant.

Oui, après ça il aurait peut-être couru dans ce cas-là!... Il ne lui fallait qu'une vive émotion, à cette bête!... (Sylvie et Profilet remontent; Sarah et Jeanne passent à gauche; Cyprien redescend à droite.)

SARAH.

Je ne m'y fierais pas!

RENNEQUIN.

Moi non plus! Je dis ça parce que c'est drôle!... c'est même très-drôle! (Il rit tout seul, les regarde, et ne rencontrant la figure de personne.) Et vous ne seriez pas morts pour en rire plus que ça!...

JEANNE

Ah! mon oncle!...

RENNEQUIN.

Si c'était un autre que moi, on se tordrait de rire! parce que c'est vraiment drôle; mais de ma part... on en serait bien fâché...

JEANNE.

Eh bien, nous allons rire, et il y a de quoi! (On rit.)

RENNEQUIN, se levant.

Ah! oui, oui, un rire ironique. (Montrant Profilet qui rit au fond.) Ah! l'autre là-bas!... ne vous forcez pas, allez!... je ne suis pas exigeant, moi, je n'ai pas le droit de l'être. Quand, à mon âge, (ému) on est forcé de vivre aux crochets des autres!...

JEANNE.

Ah! mon oncle! voulez-vous que nous pleurions maintenant?...

RENNEQUIN.

Allons, bon! voilà autre chose. Ah! je ne te souhaite pas de me ressembler jamais, va! (Il passe et monte à la cheminée, Profilet le suit, Sarah va à Rennequin et cherche à le calmer; Sylvie, qui est remontée, descend, à Jeanne.)

SYLVIE.

C'est votre oncle, madame, ce monsieur-là?

JEANNE.

Oui!

SYLVIE, agacée.

Brrr!...

JEANNE.

On s'y fait!

SCÈNE VII

Les Mêmes, TRICK.

JEANNE.

Eh! voici Trick!... arrive donc!...

TRICK, accent allemand.

Tu curs! tu curs à cheval! je peux pas te suivre!...

SYLVIE, stupéfaite.

Ah! tutoie madame!...

JEANNE.

Je crois bien, et tout le monde aussi, c'est une habitude dont il n'a jamais pu se défaire, n'est-ce pas, Trick? Et, comme il m'a connu petite fille, et qu'il m'a portée cent fois à son épaule, tu ne lui persuaderais pas que nous ne sommes pas encore à ce temps-là!

TRICK.

Oui! t'étais pien chentille, et tu m'aimais pien!

JEANNE.

Et je t'aime toujours, brave cœur, car je ne sais rien de meilleur et de plus dévoué que toi! (Jeanne remonte à droite.)

RENNEQUIN, assis à la cheminée.

Bon qu'il te tutoie, mais les autres: moi, par exemple!... il ne m'a jamais porté sur son épaule!

TRICK.

Je te porte toute la journée, toi, sur mon épaule, tu crognes tujurs. (Il redescend et sort par la petite porte de gauche.)

RENNEQUIN, se levant, vexé.

Quoi... qu'est-ce qu'il a dit? (Il le suit jusqu'à la petite porte qui se ferme sur Trick.)

JEANNE.

Allons! allons! ne perdons pas de temps, et tâchons de nous installer un peu pour la nuit... Il faut que tout le monde s'en mêle... Sarah, veille aux lumières... mon oncle, trouvez un soufflet. (A Cyprien.) Cousin, déliez ce fagot, que je vous fasse un beau feu.

PROFILET.

Vous-même?...

JEANNE.

De ma blanche main! nous sommes aux champs, allons! allons! un peu de courage, voici le froid qui vient! (Mouvement général, Jeanne remonte à la fenêtre, Rennequin va d'abord à gauche et cherche le soufflet, puis il passe à-droite au fond; Cyprien prend le fagot jeté par Sylvie, le descend à l'avant-scène, un peu sur la gauche, tire un couteau de sa poche et coupe les liens, Profilet descend près de lui, Cyprien commence à faire une brassée, Sarah va à la cheminée, prend deux flambeaux et descend à la table à droite, où elle les apprête.)

SARAH.

Sylvie a raison, nous aurons du vent.

JEANNE, à la fenêtre.

Et le soleil se couche dans les flots de sang; Dieu, est-ce beau, voyez donc! (Elle passe à la cheminée.)

SARAH.

Moi, cela me donne envie de pleurer, on se sent si petit ici, et si loin du monde.

PROFILET, prenant la brassée que Cyprien lui tend.

Pas du monde de Paris, toujours, car j'ai aperçu à Dieppe, au moment où nous nous séparions, quelqu'un qui s'apprêtait évidemment à suivre le même chemin que nous! (Il remonte et se dirige vers la cheminée.)

JEANNE, préparant le foyer.

Un ami?...

PROFILET.

Une connaissance au moins. (Il jette le bois dans la cheminée; avec intention.) M. Gaston de Champlieu. (Mouvement. Rennequin se retourne; Cyprien, qui brise des sarments sur son genou, s'arrête, et ils échangent un regard.)

JEANNE, un peu saisie.

Ah! il est ici.

SARAH.

Eh bien, c'est ce monsieur dont je t'ai parlé, qui nous suit depuis Paris!

JEANNE, avec embarras, tisonnant.

Je ne sais! me l'as-tu dit?

SARAH.

J'ai fait mieux! je te l'ai montré.

JEANNE, se penchant vers la cheminée.

Ah! c'est possible.

RENNEQUIN, descendant et malignement.

Ah! bien! il est encore entêté, celui-là! nous ne pouvons plus faire un pas sans le rencontrer; c'est le contraire du soufflet! En voilà un qui se cache!... (Il jette un coup d'œil sous la table; Rennequin descend près de la table, Profilet redescend près de Cyprien qui lui donne du bois.)

JEANNE.

Ce monsieur est peut-être un peu indiscret; mais, après tout, fort distingué et bien élevé!

RENNEQUIN, d'un air fin, assis à la table.

Oh! nous savons bien que tu le trouves aimable!

JEANNE.

Moi?

RENNEQUIN, échangeant des regards avec Cyprien et Profilet.

Oui, oui, tu me l'as dit vingt fois!

JEANNE.

Moi!

RENNEQUIN.

Oh! bien, on ne peut pas plaisanter un peu... sans que tu... quel caractère!...

PROFILET.

Ma cousine a bien raison de s'en défendre, car s'il est un homme taré, c'est bien celui-là!

CYPRIEN, bas, en lui passant une seconde brassée de branches mortes.

Mais taisez-vous donc! c'est peut-être un épouseur!

PROFILET, bas.

Nigaud! il n'épousera pas! il mangera.

CYPRIEN, bas, prenant les broussailles qui restent.

Notre fortune! bigre! (Haut.) C'est un monstre! (Bas.) Marchez! marchez! je vous suis!... (Ils remontent à la cheminée tout en parlant.)

PROFILET.

Des aventures!

CYPRIEN.

Des duels!

PROFILET.

Des scandales!

CYPRIEN.

Des enlèvements!

PROFILET, jetant le bois dans la cheminée au delà de Jeanne.

Et des dettes! Il a mangé deux héritages.

CYPRIEN, de même, en avant.

Pardon... quatre! (Ils redescendent.)

RENNEQUIN.

Et quatre qui en valaient bien huit.

CYPRIEN, à genoux, ramassait les restes des fagots, et à demi-voix à Rennequin.

Tiens! vous en êtes, vous!

RENNEQUIN, bas.

Pour la taquiner! Oh! c'est amusant! (Il se frotte les mains.)

SARAH, à Jeanne.

Comment! c'est vrai?...

JEANNE, allumant du feu.

On le dit! mais on en dit tant, que c'est à donner envie de ne rien croire!

RENNEQUIN assis à la table, Profilet derrière lui, Cyprien à droite.

Ah! si tu t'intéresses à ce monsieur!...

JEANNE, vivement.

Mais, mon Dieu! je ne m'intéresse pas à ce monsieur: seulement, on l'attaque, il est absent, je le défends... il n'y a rien là que de fort naturel!...

PROFILET.

Nous ne sommes pas seuls à le blâmer! et ses meilleurs amis, ses associés même.

SARAH.

Ses associés?...

PROFILET.

Sans doute!... ne savez-vous pas qu'il a fait partie de certaine société imitée de Balzac?

CYPRIEN.

Les dévorants?

PROFILET.

Oui, un club de désœuvrés, de viveurs, ces messieurs avaient leurs lieux de réunion, leurs statuts, leur chef même, qui s'appelait Ferragus XXIV. Un gaillard dont le vrai nom était Canillac!

SARAH, vivement.

Vous dites?... (Mouvement de Jeanne qui la contient.)

PROFILET.

Je dis Canillac, madame; vous l'avez connu?

SARAH, se contenant.

Nullement!

PROFILET.

Et, ce qui s'est fait, dans cette société de bandits; non! il faut en avoir fait partie pour le savoir!

RENNEQUIN, taquin, le tirant par sa redingote avec malice.

Vous en avez donc fait partie, vous?

PROFILET.

Moi?

RENNEQUIN.

Oui! puisque vous le savez?...

PROFILET.

Mais non! mais non! on sait toujours!...

RENNEQUIN, ravi, à Cyprien.

Il en était! ça le vexe! Oh! c'est amusant!

JEANNE, se levant et descendant.

En tout cas, je ne vois là qu'un homme fort à plaindre d'être tombé en de si méchantes mains.

SARAH, la suivant.

Ah! moi, je lui pardonne tout! excepté de tromper celles qui font la sottise de l'aimer!

JEANNE.

Eh! chère enfant, sais-tu si la meilleure de celles qu'il a fait souffrir méritait mieux que son mépris?

SARAH.

Dans le nombre, il s'en est bien trouvé au moins une.

JEANNE.

Non!

SARAH.

Pourquoi?

JEANNE.

Parce qu'il vaudrait mieux!—A quoi serait bon notre amour, sinon à rendre meilleurs ceux que nous aimons. Dis-moi qui tu aimes, je te dirai qui tu es!... celles qui l'ont aimé, ou qui l'ont cru du moins, n'ont-elles jamais tenté de le disputer à ses vices? Elles étaient donc bien faibles ou bien lâches... Belle partie à jouer pourtant que le salut de cette âme à gagner! mais il fallait aimer grandement, éperdument, l'envahir, le posséder, lui souffler une âme nouvelle, se dévouer, s'immoler, souffrir! et trouver du charme à ses souffrances même! Il fallait enfin!... il fallait aimer! (Exclamation et mouvement de Profilet; Cyprien l'arrête.) Et, après cela, que ce monsieur soit ce qu'il voudra... bon ou mauvais, loyal ou parjure, cela m'est égal, n'est-ce pas, et je me trouve bien bonne de discuter pour lui?... Voici le feu qui flambe!... (Elle va à la cheminée.)

RENNEQUIN, à part, à Cyprien et à Profilet et après avoir regardé Jeanne qui s'est assise à la cheminée.

Heu!... il n'y a pas que le fagot qui brûle! Et j'ai peur que nous n'ayons fait à nous trois l'office de soufflet.

JEANNE.

Eh bien, vous ne venez pas?

SYLVIE, au dehors.

Non, monsieur; madame n'y est pas! ça ne se peut pas!