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Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa / Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg cover

Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa / Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg

Chapter 132: NOTES
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About This Book

A scholarly compilation reproduces an early ecclesiastical account of Yucatecan customs, rites, and inscriptions, presenting Spanish text with French translation alongside the calendrical signs and a proposed hieroglyphic alphabet for the Maya. The volume includes comparative essays and historical documents, an abridged grammar and French–Maya vocabulary, and commentary that examines parallels between American monuments and Old World antiquities, while supplying ethnographic, calendrical, and epigraphic material for further study.

§ VIII.—De l’Indiction du Cycle de 52 ans, appelé Katun.

Ces explications étant suffisantes pour donner une idée de l’indiction ou cycle de 52 ans, appelé Katun par les Indiens, nous récapitulerons ici brièvement les faits, afin de ne pas renouveler ensuite les mêmes explications.

On a dit que la semaine yucatèque se composait du cours de treize chiffres, appliqués indistinctement aux vingt jours du mois. On a observé également que l’année se composant de vingt-huit semaines et d’un jour, il arrivait, à cause de ce surcroît, que les années se succédaient, en suivant l’ordre corrélatif des chiffres de la semaine jusqu’à 13; en sorte que la première année de l’indiction commençait par le numéro 1 de la semaine et terminait avec le même; la seconde année par le numéro 2, et ainsi des autres jusqu’à finir avec ses treize chiffres: au lieu que si l’année se fût composée de 28 semaines seulement, la première année aurait commencé avec le numéro 1 et fini avec le numéro 13, et ainsi en eût-il été du reste.

On a expliqué aussi comment les Indiens en voyant que les dix-huit mois de vingt jours ne donnaient qu’une somme de 360, en ajoutèrent, pour les compléter, cinq en sus, d’où il résulta que les 20 jours du mois se partagèrent en quatre sections: les premiers de chacune d’elles, Kan, Muluc, Hix et Cauac, devinrent les jours initiaux des années, parce qu’à leur tour ils en devenaient le commencement, et, après une course successive de quatre ans, retournaient à recommencer par le premier. Mais comme les semaines étaient composées de treize chiffres, il y avait dans chaque semaine trois révolutions des quatre initiaux et d’un initial en plus; ainsi l’indiction ou semaine d’année, commençant avec Kan, terminait aussi avec le même Kan; en sorte que l’indiction suivante pût commencer avec Muluc, second jour initial, et à son tour finir avec le même Muluc, et ainsi consécutivement, jusqu’à ce que chacun des signes initiaux eût formé son indiction ou semaine, en lui donnant son nom, l’ensemble faisant un cycle de 52 ans, ce qui est la somme des quatre semaines de treize ans chaque, ainsi qu’on le voit dans le tableau suivant:

Table des indictions.

Première
indiction.
Deuxième. Troisième. Quatrième.
1841 1 Kan. 1854 1 Muluc. 1867 1 Hix. 1880 1 Cauac.
1842 2 Muluc. 1855 2 Hix. 1868 2 Cauac. 1881 2 Kan.
3 Hix. 3 Cauac. 3 Kan. 3 Muluc.
4 Cauac. 4 Kan. 4 Muluc. 4 Hix.
5 Kan. 5 Muluc. 5 Hix. 5 Cauac.
6 Muluc. 6 Hix. 6 Cauac. 6 Kan.
7 Hix. 7 Cauac. 7 Kan. 7 Muluc.
8 Cauac. 8 Kan. 8 Muluc. 8 Hix.
9 Kan. 9 Muluc. 9 Hix. 9 Cauac.
10 Muluc. 10 Hix. 10 Cauac. 10 Kan.
11 Hix. 11 Cauac. 11 Kan. 11 Muluc.
12 Cauac. 12 Kan. 12 Muluc. 12 Hix.
13 Kan. 13 Muluc. 13 Hix. 13 Cauac.

Les quatre indictions ou semaines d’années qui résultent de la révolution particulière des jours initiaux, depuis le numéro 1 jusqu’à 13, et dont l’ensemble donne la somme de cinquante-deux ans, étaient ce à quoi les Indiens donnaient le nom de Katun; car à la fin de cette période ils célébraient de grandes fêtes et érigeaient un monument, dans lequel ils plaçaient une pierre en travers, ainsi que l’indique le mot Kat-tun, en commémoration des cycles ou katun écoulés. Il est bon toutefois de remarquer que jusqu’à parfait complément de cette période, les jours initiaux ne retombaient point dans les mêmes chiffres; en sorte qu’il suffisait de les mentionner pour savoir en quelle année du cycle on se trouvait, ce à quoi les aidait la roue ou le tableau où ils étaient inscrits au moyen de leurs hiéroglyphes. Cela leur servait en même temps à signaler leurs jours fastes et néfastes, les fêtes qui se célébraient dans les temples, les affaires qui intéressaient le sacerdoce, ainsi que les prédictions du temps et des phénomènes de la saison.

§ IX.—De los Ahau-Katunes ó grande siglo de 312 años.

Ademas del Katun ó siglo de 52 años, habia otro grande siglo peculiar de estos indios de Yucatan, en cuyas epocas señalaban los acontecimientos de su historia. Este siglo se componia de trece periodos ó epocas de á 24 años, llamadas Ahau-Katun, cuyo conjunto daba la suma de 312.

Cada periodo ó Ahau-Katun se dividia en dos partes; una de 20 años que era incluida en la rueda ó cuadro, por lo que los llamaban amaytun, lamaitun ó lamaité, y la otra de 4 años y la significaban como pedestal de la anterior, y la titulaban chek-oc-katun ó lath-oc-katun, que todo quiere decir pedestal. A estos cuatro años los consideraban como intercalares y como no existentes creyendolos aciagos por esto, y al modo de los cinco dias complementarios del año los llamaban tambien u yail haab, ó años trabajosos.

De la costumbre de considerarlos como no existentes separándolos de la cuenta de los años, nació la opinion de creer que los Ahau-Katunes eran solamente de 20 años, yerro en que cayeron casi todos los que trataron de paso el asunto; y si hubieran contado los años que intermediaban de una á otra época, jamas hubieran dudado de esta verdad, que confirman los manuscritos diciendo terminantemente que eran de 24 años en la forma dicha.

Nadie duda que estos periodos, epocas, ó edades, como las llamaron los escritores españoles, tomaron su nombre de Ahau-Katun, por que comenzaban á contarse desde el dia Ahau, segundo de los años que principiaban en Cauac, señalandolos con el respectivo numero de la semana en que caían; mas como terminaban de 24 en 24, dichos periodos, jamas podian tener numeros correlativos y segun su orden aritmético, sino con el siguiente: 13, 11, 9, 7, 5, 3, 1, 12, 10, 8, 6, 4, 2. Es probable que principió en el numero 13 por haber acontecido en él algun suceso notable pues despues se contaban por el 8; y acabada la conquista de esta peninsula propúso un escritor indio comenzasen á contar en lo sucesivo estas épocas por el 11 Ahau, por que en el se verificó aquella. Habiendose dicho que el 13 Ahau Katun debia comenzar par un dia segundo del año, precisamente fué este el de 12 Cauac duodécimo de la primera indiccion, cuyo segundo dia fué 13. El 11 Ahau Katun debia comenzar en el 10 Cauac sucediendo despues de un periodo de 24 anos; y asi sucesivamente en los demas periodos, siendo de notar que la secuela de los números de ellos solo se encuentran de 24 en 24 anos, lo que acaba de confirmar que este era su periodo y no el de 20, como algunos creyeron.

Série de los años corridos en dos Ahau Katun, tomando su principio en 1392 en que pasó segun los manuscritos el 8 Ahau en el año 7 cauac.

8ᵉ Ahau Katun.

1392 7 Cauac. 1396 11 Cauac.
1393 8 Kan. 1397 12 Kan.
1394 9 Muluc. 1398 13 Muluc.
1395 10 Hix. 1399 1 Hix.
1400 2 Cauac. 1408 10 Cauac.
1401 3 Kan. 1409 11 Kan.
1402 4 Muluc. 1410 12 Muluc.
1403 5 Hix. 1411 13 Hix.
1404 6 Cauac. 1412 1 Cauac.
1405 7 Kan. 1413 2 Kan.
1406 8 Muluc. 1414 3 Muluc.
1407 9 Hix. 1415 4 Hix.

6ᵉ Ahau Katun.

1416 5 Cauac. 1428 4 Cauac.
1417 6 Kan. 1429 5 Kan.
1418 7 Muluc. 1430 6 Muluc.
1419 8 Hix. 1431 7 Hix.
1420 9 Cauac. 1432 8 Cauac.
1421 10 Kan. 1433 9 Kan.
1422 11 Muluc. 1434 10 Muluc.
1423 12 Hix. 1435 11 Hix.
1424 13 Cauac. 1436 12 Cauac.
1425 1 Kan. 1437 13 Kan.
1426 2 Muluc. 1438 1 Muluc.
1427 3 Hix. 1439 2 Hix.

El punto de apoyo de que se valen para acomodar los Ahau katunes á los años de la era cristiana y contar los periodos y siglos que en ella han pasado, y entender y saber concordar los años que citan los indios en sus historias con los que corresponden á los de dicha era, es el año de 1392, el cual segun todos los manuscritos, y algunos de ellos apoyándose en el testimonio de D. Cosme de Burgos escritor y conquistador de esta peninsula cuyos escritos se han perdido, fué el referido año, en el cual cayó 7 Cauac y dió principio en su segundo dia el 8 Ahau; y de este como de un trunco se ordenan todos los que antecedieron y sucedieron segun el orden numérico que guardan y va espuesto: y como con este concuerdan todas las séries que se hallan en los manuscritos, es necesario creerlo como incontrovertible.

«Al fin de cada Ahau Katun ó periodo de 24 años, dice un manuscrito, se celebraban grandes fiestas en honor del dios de la tal edad, y levantaban y ponian una estátua del dios con letras y rótulos.»

Sumamente importante y ventajoso era el uso de este siglo; pues cuando en las historias se citaba el 8 Ahau, por exemplo y despues de transcurridas otras épocas con diferentes acontecimientos, se volvia á citar como presente el referido Ahau, se suponian pasados los 312 años que componian el siglo, ó Ahau Katun como decian. Las citas se hacian de varios modos, yá refiriendose al medio, ó fin de la época, ó citando ó señalando les años que de allá habian pasado cuando el hecho aconteció. Pero la cita mas exacta que podian hacer, era designando el Ahau Katun, los años que habian pasado, el numero y nombre del que se contaba, el mes, dia, semana en que se verificó el suceso. De este modo se refiere la muerte de peste de un tal Ahpulá, pues dicen que sucedió el 6º año de 13 Ahau, cuando el año de 4 Kan se contaba al oriente de la rueda, á 18 del mes Zip en 9 Ymix. Para sacar esta data es necesario señalar el año de la era vulgar en que pasó el 13 Ahau mas proximo á la conquista, y segun lo que se dice al fin de este opúsculo, fue en él de 1488: ahora los seis años que habian corrido de él se contaron por su secuela y son 12 Cauac en que principió el 13 Ahau en su segundo dia en 1488.—13 Kan en 1489.—1 Muluc en 1490.—2 Hix en 1491.—3 Cauac en 1492;—y 4 Kan que es el citado en 1493. El dia 18 del mes Zip se hallará del mismo modo: el mes Zip es el tercero del año, y segun la regla que se puso cuando se trató del mes, se buscará su principio: habiendo el año empezado en 4 Kan, su segundo mes, comenzó en 11 Kan, el tercero por 5 Kan que es el que se busca: los dias corridos del 1º del mes al 18 son los siguientes.

MES ZIP.

1. 5 Kan.
2. 6 Chicchan.
3. 7 Quimi.
4. 8 Manik.
5. 9 Lamat.
6. 10 Muluc.
7. 11 Oc.
8. 12 Chuen.
9. 13 Eb.
10. 1 Been.
11. 2 Hix.
12. 3 Men.
13. 4 Quib.
14. 5 Caban.
15. 6 Edznab.
16. 7 Cauac.
17. 8 Ahau.
18. 9 Ymix.
Que está señalado en la cita.

Ahora el mes Zip, comienza el 25 de agosto: su decimo octavo dia debe ser el once de setiembre, por que 7 dias que hay desde el 25 al 31 de agosto que se toman de setiembre son los 18 echados del mes Zip. Con esto queda demostrado que la fecha indiana fué el año de 1493 á 11 de setiembre, tan exacta como si se hubiera usado segun nuestro actual estilo, pudiendo servir esta de medio para computar otras que se encuentren.

§ IX.—Des Ahau-Katun ou grands Cycles de 312 ans.

Outre le Katun ou cycle de 52 ans, les Indiens du Yucatan avaient un autre cycle qui leur était particulier, et dans les époques duquel ils signalaient les événements de leur histoire. Ce cycle se composait de treize périodes ou époques de vingt-quatre ans appelées Ahau-Katun, dont l’ensemble donnait la somme de 312.

Chaque période ou Ahau-Katun se divisait en deux parties, l’une de 20 ans, qui était renfermée dans la roue ou tableau, d’où on l’appelait amayun, lamaitun ou lamaité; et l’autre de 4 ans: celle-ci était, dans leur idée, comme le piédestal de la précédente, et ils l’appelaient chek-oc-Katun ou lath-oc-Katun, ce qui dans l’un et l’autre cas signifie piédestal. Ces derniers quatre ans étaient considérés comme intercalaires et sans existence, les croyant à cause de cela funestes, et, de même que les cinq jours complémentaires de l’année, ils les appelaient aussi u yail haab, c’est-à-dire années de peine ou de travail.

De l’usage de les considérer comme sans existence, en les séparant de la computation des années, naquit l’erreur de croire que les Ahau-Katun n’étaient que de 20 ans, erreur dans laquelle tombèrent presque tous ceux qui ont traité, en passant, cette matière; mais s’ils avaient compté les années qu’il y avait d’une époque à une autre, ils n’auraient jamais douté de cette vérité, confirmée, d’ailleurs, par les manuscrits anciens, qui tous déclarent d’une manière absolue qu’elles étaient de 24 ans, et de la manière énoncée plus haut[27].

Il est hors de doute que ces périodes, époques ou âges, ainsi que les appelèrent les écrivains espagnols, ont pris le nom d’Ahau-Katun, parce qu’ils commencèrent à se compter du jour Ahau, le second des années commençant en Cauac, en les signalant avec le nombre respectif de la semaine où ils tombaient; mais ces périodes, se terminant de 24 en 24 ans, ne pouvaient jamais avoir de chiffres corrélatifs et selon l’ordre arithmétique, mais seulement comme ci-après: 13, 11, 9, 7, 5, 3, 1, 12, 10, 8, 6, 4, 2. Le chiffre 13, qui paraît avoir été le premier, l’aurait été probablement, à cause de quelque événement notable qui se serait passé dans sa durée: ensuite ils comptèrent à commencer par le chiffre 8; puis à l’achèvement de la conquête de la péninsule, un écrivain indigène proposa de commencer désormais la computation avec le 11 Ahau, comme étant la période durant laquelle cette conquête avait eu lieu. Maintenant, s’il est vrai que le 13 Ahau-Katun dut commencer avec un deuxième jour de l’année, ce dut être précisément l’année commençant au 12 Cauac, la 12ᵉ de l’indiction, et dont le second jour fut signalé au chiffre 13. Le 11 Ahau-Katun aurait commencé dans l’année 10 Cauac; ce qui aurait eu lieu après une période de 24 ans; et ainsi du reste, sans oublier de remarquer que la suite de ces chiffres ne se retrouve que de 24 en 24 ans, autre preuve que l’Ahau-Katun se composait de ce nombre d’années et non de vingt seulement[28].

Série des années de deux Ahau-Katun, commençant en 1392, année en laquelle, suivant certains manuscrits, le 8 Ahau serait passé à l’an 7 Cauac.

8ᵉ Ahau Katun.

1392 7 Cauac. 1396 11 Cauac
1393 8 Kan. 1397 12 Kan.
1394 9 Muluc. 1398 13 Muluc.
1395 10 Hix. 1399 1 Hix.
1400 2 Cauac. 1408 10 Cauac.
1401 3 Kan. 1409 11 Kan.
1402 4 Muluc. 1410 12 Muluc.
1403 5 Hix. 1411 13 Hix.
1404 6 Cauac. 1412 1 Cauac.
1405 7 Kan. 1413 2 Kan.
1406 8 Muluc. 1414 3 Muluc.
1407 9 Hix. 1415 4 Hix.

6ᵉ Ahau Katun.

1416 5 Cauac. 1428 4 Cauac.
1417 6 Kan. 1429 5 Kan.
1418 7 Muluc. 1430 6 Muluc.
1419 8 Hix. 1431 7 Hix.
1420 9 Cauac. 1432 8 Cauac.
1421 10 Kan. 1433 9 Kan.
1422 11 Muluc. 1434 10 Muluc.
1423 12 Hix. 1435 11 Hix.
1424 13 Cauac. 1436 12 Cauac.
1425 1 Kan. 1437 13 Kan.
1426 2 Muluc. 1438 1 Muluc.
1427 3 Hix. 1439 2 Hix.

Le point de départ fondamental sur lequel ils s’appuient pour faire accorder les Ahau-Katun avec les années de l’ère chrétienne et compter les périodes et les cycles qui se sont écoulés, afin d’ajuster les années, citées par les Indiens dans leurs histoires, à celles de la même ère, est l’année 1392. Cette année serait, au témoignage des manuscrits cités plus haut, confirmée par celui de don Cosme de Burgos, l’un des écrivains et des conquérants de cette péninsule, dont les mémoires sont aujourd’hui perdus[29], celle précisément en laquelle tombait le 7 Cauac et qui, en son second jour, donnait le 8 Ahau; de celle-ci, comme de source, découlent celles qui précèdent et celles qui ont suivi dans l’ordre numérique qu’elles gardent dans le tableau; comme avec ce tableau concordent toutes les séries qui se trouvent dans les monuments en question, il faudrait croire qu’elles sont incontestables[30].

«A la fin de chaque Ahau-Katun ou période de 24 ans, dit un manuscrit, on célébrait de grandes fêtes en l’honneur du dieu qui en était le protecteur, et on lui érigeait une statue avec des lettres et un cartouche[31]

L’usage de ce cycle était aussi important qu’avantageux: en effet, lorsqu’ils référaient, dans leurs histoires, le 8 Ahau, à propos de quelque événement qu’il fallait distinguer des autres, ils l’établissaient comme une date distincte, dans l’intelligence qu’il s’était écoulé une période de 312 ans, ce qui comprenait tout l’ensemble du cycle. Il y avait différentes manières de citer le Katun, en signalant le milieu ou la fin de la période, ou bien encore le nombre des années écoulées, au moment de l’événement en question. La manière la plus exacte était de désigner l’Ahau-Katun, les années passées, le nombre et le nom de celui qu’on comptait, le mois, le jour et la semaine en laquelle s’était vérifié le fait. C’est ainsi qu’on rapporte la mort par la peste d’un certain Ahpula, qui arriva, à ce qu’ils disent, la 6ᵉ année du 13 Ahau, quand l’année du 4 Kan se comptait à l’orient de la roue, au 18 du mois Zip, 9ᵉ jour Ymix. Pour découvrir cette date, il faut signaler l’année de l’ère vulgaire qui se rattache au 13 Ahau, la plus rapprochée de la conquête, et, d’après ce qui se dit à la fin de cet opuscule, ce fut en l’année 1488[32]. En prenant maintenant les six ans qui doivent suivre, on trouve le 12 Cauac avec lequel commença le 13 Ahau, en son second jour, l’an 1488.—Le 13 Kan en 1489.—1 Muluc en 1490.—2 Hix en 1491.—3 Cauac en 1492;—et 4 Kan en 1493. Le 18ᵉ jour du mois Zip se trouvera de la même manière: le mois Zip est le troisième de l’année, et on en cherchera le commencement, suivant la règle adoptée ici à propos du mois; l’année ayant commencé avec le 4 Kan, son second mois a dû commencer avec le 11 Kan, et le troisième avec le 5 Kan qui est la date cherchée. Les jours écoulés du premier du mois au 18 sont les suivants:

MOIS ZIP.

1. 5 Kan.
2. 6 Chicchan.
3. 7 Quimi.
4. 8 Manik.
5. 9 Lamat.
6. 10 Muluc.
7. 11 Oc.
8. 12 Chuen.
9. 13 Eb.
10. 1 Been.
11. 2 Hix.
12. 3 Men.
13. 4 Quib.
14. 5 Caban.
15. 6 Edznab.
16. 7 Cauac.
17. 8 Ahau.
18. 9 Ymix.
C’est le jour signalé dans la citation.

Maintenant le mois Zip commence au 25 août; son dix-huitième jour doit donc tomber au 11 septembre en comptant sept jours, du 25 au 31 août, et onze qu’on prend à septembre. De cette manière, il reste démontré que la date indienne concordait avec le 11 septembre de l’année 1493, aussi exacte que si l’on avait fait usage de notre style moderne et pouvant servir de moyen pour computer les autres qu’on viendrait à trouver.

§ X.—Del origen de este Siglo.

Se ignora cual fué el origen y en que tiempo principió el uso de este siglo, pues ni los mexicanos, ni los tultecos autores y correctores en esta America del sistema cronologico para computar el tiempo, no se sirvieron jamas del presente metodo, ni sus escritores tuvieron noticia de su existencia: los pocos é incompletos manuscritos que existen en esta península, tampoco lo indican: asi es que nada se puede averiguar y decir ni aun por adivinanza: á no ser que en la obra que escribió D. Gaspar Antonio Xiu, nieto del rey de Maní, por orden del gobierno de entónces, y segun el padre Cogolludo existia en su tiempo y que aun existe, segun afirman algunos, se diga sobre esto alguna cosa.

Solo el caballero Boturini parece que tuvo alguna noticia aunque inexacta y desfigurada de este método de contar, por que en su obra ya citada á hojas 122 dice que «cuando los indios cuentan por este numero de ce uno; v. g. ce Tecpatl, un pedernal, se entiende una vez cada quatro cyclos, por que hablan entonces de los caracteres iniciales de cada cyclo; y asi segun el artificio de sus ruedas pintadas, entra ce Tecpatl, tan solamente una vez en los principios de los cuatro cyclos, por que empezando el primer cyclo por el caracter ce Tecpatl, el segundo cyclo empieza por ce Calli, el tercero por ce Tochtli, y el cuarto por ce Acatl; por cuyo motivo puesto en la historia algun carácter de estos iniciales, es fuerza que pasen cuatro cyclos indianos de á 52 años cada uno que hacen 208 años, antes de poderse hallar en adelante, por que de esta manera no se cuenta por los caracteres que estan en el cuerpo de los cuatro cyclos, y aunque se encuentran en ellos mismos caracteres ce Tecpatl, ce Calli, ce Tochtli, ce Acatl, no hacen al caso.....»

Ciertamente este metodo es muy raro y confuso, por que como el siglo lleva la misma denominacion que el año, no puede distinguirse cuando se debe entender este ó aquel, lo que no tiene el gran siglo yucateco, por que tiene la denominacion del 2º dia del año Cauac en que comenzaba el numéro de este dia y la añadidura de Katun que indicaba ser epoca ó periodo de años.

Veytia asegura que en ninguno de los monumentos antiguos que recogió, ha hallado una explicacion semejante, ni cosa que le haga perceptible el sistema que indica Boturini, y que ningun historiador indio lo usa ni aun para señalar sus épocas mas notables. Aunque creo se debe contestar á estas observaciones, visto el sistema que usaban los indios de esta peninsula, que el Caballero Boturini habia indagado, como el mismo asegura en otra parte, los calendarios que en la antiguedad usaron los de Oaxaca, Chiapas y Soconusco, que parciendose en mucho á los yucatecos, no es incongruente que tambien aquellos como estos contasen siglos mayores que los mexicanos, y tomasen la idea, aunque inexacta y confusa en la obra de Boturini, de los Ahaues ó grandes siglos.

Se ha dicho que los calendarios de Chiapas y Soconusco son muy semejantes ál yucateco; y esto se manifiesta comparando los dias del mes que segun Boturini tenian, y los de esta peninsula.

DIAS DEL MES
CHIAPANECO.
DIAS DEL MES
YUCATECO.
1. Votan. 1. Kan.
2. Ghanan. 2. Chicchan.
3. Abagh. 3. Cimi.
4. Tox. 4. Manik.
5. Moxic. 5. Lamat.
6. Lambat. 6. Muluc.
7. Muluc. 7. Oc.
8. Elab. 8. Chuen.
9. Batz. 9. Eb.
10. Euob. 10. Ben.
11. Ben. 11. Hix.
12. Hix. 12. Men.
13. Tziquin. 13. Cib.
14. Chabin. 14. Caban.
15. Chic. 15. Edznab.
16. Chinax. 16. Cauac.
17. Cahogh. 17. Ahau.
18. Aghual. 18. Ymix.
19. Mox. 19. Yk.
20. Ygh. 20. Akbal.

No hay que ponderar sobre la semejanza de los dias del mes chiapaneco con él de Yucatan, con solo una ojeada se halla. Todo esto y el dato de que alguno, de los nombres de los dias yucatecos no tienen significacion conocida ni mas ni menos que el chiapaneco inducen a creer que ambos calendarios tuvieron un origen comun; solamente con la mutacion que los sacerdotes, por sucesos particulares ú opiniones propias hicieron en ellos, y el uso de nuestros peninsulares sancionó; dejando los otros por costumbre, ó por que los era conocida su significacion que al presente se ha olvidado.

Los indios de Yucatan tenian aun otra especie de siglo ó computo; pero como no se ha podido hallar el método que guardaban para servirse de él ni aun ejemplo alguno para suponerlo, se copiará unicamente lo que á la letra dice el manuscrito.

«Habia otro número que llamaban Ua Katun el que les servia como llave para acertar y hallar los katunes, y segun el orden de sus movimientos cae á los dos dias del Uayeb haab y dá su vuelta al cabo de algunos años: Katunes 13, 9, 5, 1, 10, 6, 2, 11, 7, 3, 12, 8, 4.»

Lo dicho solo indica que servia solo para hallar los Katunes ó indiciones, comenzandose á contar aquellos números en el segundo dia intercalar ó complementario. Ahora si solamente se busca el curso de estos dias por los números señalados pasarán respectivamente cada diez años, empezando por el 3º de la indiccion sumando todos juntos 130 años; mas esto es muy vago y conjetural.

Tal es la breve descripcion de la antigua cronologia yucateca, trabajo que emprendido hace algun tiempo, lo dediqué á mi amigo el señor Stephens, quien lo imprimió en su obra sobre las ruinas de Yucatan. Mis amigos los editores del Registro Yucateco verán que si no he tiempo para escribir algo nuevo, he sacudido el polvo de este cuaderno, por si lo juzgan digno de ocupar un lugar en las columnas de su acreditado periódico.

§ X.—De l’origine de ce Cycle.

On ignore quelle fut l’origine de ce cycle et en quel temps il commença; car ni les Mexicains, ni les Toltèques, auteurs et correcteurs du système chronologique dans cette partie de l’Amérique, n’usèrent jamais de la présente méthode et leurs écrivains n’en connurent pas l’existence. Les manuscrits, si incomplets et en si petit nombre, que l’on trouve dans cette péninsule, ne l’indiquent pas davantage[33]: on ne saurait en vérifier ni en dire rien par conjecture; à moins que l’ouvrage écrit par don Gaspar Xiu, petit-fils du roi de Mani, par ordre du gouvernement d’alors et qui, suivant le père Cogolludo, existait de son temps et qui existerait encore aujourd’hui, au dire de certaines personnes, ne relate quelque chose à ce sujet.

Le chevalier Boturini est le seul qui paraisse avoir eu quelque idée, bien qu’incomplète et défigurée, de ce système de computation; voir à la page 122 de son ouvrage, déjà cité, où il dit que: «Lorsque les Indiens comptent par ce nombre Ce, un; v. g.: ce Tecpatl, un silex, on entend une fois à chaque quatre cycles, parce qu’ils parlent alors des caractères initiaux de chaque cycle, et ainsi, suivant la façon ingénieuse de leurs roues peintes, le ce Tecpatl n’entre qu’une seule fois dans les commencements des quatre cycles, parce que le premier cycle, commençant par le caractère ce Tecpatl, le second cycle commence par ce Calli, le troisième par ce Tochtli et le quatrième ce Acatl, d’où il résulte que, ayant mis dans l’histoire quelqu’un de ces caractères initiaux, il est absolument nécessaire qu’il s’écoule quatre cycles indiens de 52 ans chacun, ce qui fait 208 ans, avant de pouvoir se trouver en avant, parce que de cette manière on ne compte pas par les caractères qui sont dans le corps des quatre cycles, et quoiqu’on y trouve les mêmes caractères ce Tecpatl, ce Calli, ce Tochtli, ce Acatl, ils n’y viennent pas d’office...»

Ce système est certainement bien extraordinaire et bien confus, car le cycle, portant la même dénomination que l’année, on ne saurait les distinguer, lorsqu’il faudrait entendre celui-ci ou celui-là; c’est ce qu’on ne voit pas dans le grand cycle yucatèque, ayant pour dénomination le 2ᵉ jour de l’année Cauac, avec lequel il commençait, le chiffre de ce jour et l’addition de Katun qui indiquait que c’était une époque ou période d’années.

Veytia assure qu’en aucun des monuments antiques qu’il avait réunis, il ne trouva d’explication semblable, ni rien qui lui rendît perceptible le système indiqué par Boturini; il ajoute qu’aucun historien indigène n’en fit usage, pas même pour signaler ses époques les plus notables. Bien qu’on puisse répondre à ces observations, vu le système usité par les Indiens de cette péninsule, que le chevalier Boturini avait, ainsi qu’il l’avance ailleurs, examiné les calendriers en usage anciennement chez ceux d’Oaxaca, de Chiapas et de Soconusco, et si analogues à celui des Yucatèques, il n’est pas impossible que ceux-là aient compté, comme ceux-ci, des cycles plus grands que ceux des Mexicains et pris ainsi l’idée des Ahau ou grands cycles, bien qu’aujourd’hui elle apparaisse confuse et incorrecte dans l’ouvrage de Boturini.

On vient de dire que les calendriers de Chiapas et de Soconusco étaient fort analogues à ceux des Yucatèques; ceci devient manifeste, si l’on met en comparaison les jours du mois, tels qu’ils sont donnés dans Boturini avec ceux de cette péninsule.

JOURS DU MOIS
CHIAPANÈQUE.
JOURS DU MOIS
YUCATÈQUE.
1. Votan. 1. Kan.
2. Ghanan. 2. Chicchan.
3. Abagh. 3. Quimi.
4. Toh. 4. Manik.
5. Moxic. 5. Lamat.
6. Lambat. 6. Muluc.
7. Muluc. 7. Oc.
8. Elab. 8. Chuen.
9. Batz. 9. Eb.
10. Euob. 10. Ben.
11. Ben. 11. Hix.
12. Hix. 12. Men.
13. Tziquin. 13. Quib.
14. Chabin. 14. Caban.
15. Chic. 15. Edznab.
16. Chinax. 16. Cauac.
17. Cahogh. 17. Ahau.
18. Aghual. 18. Ymix.
19. Mox. 19. Yk.
20. Ygh. 20. Akbal.

Il est inutile de s’appesantir davantage sur la ressemblance des jours des deux calendriers, et un simple coup d’œil suffit pour la trouver. Tout cela joint à l’ignorance où l’on est sur la signification de quelques-uns des noms, dans l’un comme dans l’autre calendrier, donne bien à penser qu’ils eurent une origine commune, les différences qu’on y voit ayant dû être introduites par les prêtres, pour quelque raison particulière. Ces différences, nos péninsulaires les adoptèrent, sans rien changer aux autres choses, soit parce qu’ils y étaient déjà accoutumés, soit que leur signification, oubliée aujourd’hui, leur fût connue alors.

Les Indiens du Yucatan avaient encore une autre espèce de cycle, mais comme on n’a pas retrouvé la méthode usitée par eux, et qu’on ne peut imaginer rien qui en puisse donner une idée, je me contenterai de copier littéralement ce qui en est dit dans un manuscrit:

«Ils avaient un autre chiffre qu’ils appelaient Ua Katun, qui leur servait comme de clef, pour ajuster et trouver les katun et suivant l’ordre de ses mouvements, il tombe aux deux jours du Uayeb haab et retourne à la fin de quelques années: Katun 13, 9, 5, 1, 10, 6, 2, 11, 7, 3, 12, 8, 4.»

Ceci suffit pour indiquer que cette méthode ne servait qu’à trouver les katun ou indictions, ces chiffres commençant à se compter au second jour intercalaire. Si nous cherchons maintenant la course de ces jours par les chiffres signalés, ils se présenteront respectivement tous les dix ans, à commencer par le troisième de l’indiction et formant un ensemble de 130 ans; mais tout ceci est fort vague et n’a autre fondement que des conjectures.

Telle est la description abrégée de l’antique chronologie yucatèque, travail entrepris il y a quelques années, et que je dédiai à mon ami M. Stephens, qui l’imprima dans son ouvrage relatif aux ruines du Yucatan[34]. Mes amis, les éditeurs du Registro Yucateco, verront que si je n’ai pas eu le temps d’écrire quelque chose de neuf, j’ai secoué au moins la poussière de ce cahier, pour le cas où ils jugeraient opportun de lui donner place dans les colonnes de leur estimable revue[35].

NOTES

[1] Il serait difficile de décider la question de savoir si le chiffre 13 était sacré avant l’invention des combinaisons du calendrier, ou si ce furent ces combinaisons qui y donnèrent lieu. On sait, du reste, par le Manuscrit Cakchiquel, que le nombre treize est celui des premiers hommes qui furent créés sous le nom de Chay-Abah, pour la défense de Tullan, c’est-à-dire des treize premiers chefs de la noblesse guerrière, destinée à soutenir les dieux et le sacerdoce. (Voir la note au chapitre précédent de Lizana.) «La cause de cette prédilection, d’après Signenza, c’est que ce chiffre était le nombre des grands dieux.» (Clavigero, Hist. antig. de Mexico, tom. II, lib. VI.)

[2] De chumuc, moitié, milieu, et kin, soleil, jour, exactement midi.

[3] Gama remarque, à propos du calendrier mexicain, que, outre ces subdivisions, le jour civil se divisait encore en seize parties diverses, chacune ayant son nom particulier, huit pour le jour et huit pour la nuit. Elles commençaient au lever du soleil comme chez la plupart des peuples de l’Asie. Les quatre premières, de ce moment à midi, étaient signalées par un gnomon, sur le cadran solaire, et les quatre suivantes par un autre gnomon finissaient au soir. Ces heures étaient surtout à l’usage des prêtres. Les heures de la nuit se réglaient sur les étoiles; mais, en outre, les prêtres chargés de veiller au sommet des temples, annonçaient, par le bruit d’un instrument, les heures des sacrifices qui se répétaient plusieurs fois durant la nuit.

[4] Ce partage de cinq en cinq réglait aussi l’ordre des marchés, qui avaient lieu tous les cinq jours et qu’on appelait tianquix ou tianquixtli, en langue mexicaine, et kinic en maya.

[5] Kan veut dire aussi jaune; le mot corde se rendrait plutôt par Káan, suivant Ruz. Kan aurait pu avoir été écrit autrefois Can, et alors il s’agirait du serpent qui se présente si fréquemment dans les mythes et symboles de ces contrées.

[6] L’auteur du calendrier n’observe pas ici l’orthographe de son pays; au lieu de qimi ou quimi, il faudait cimi, le c maya, ainsi que nous l’avons dit plus haut, étant également dur devant toutes les voyelles.

[7] Chuen me paraît être une corruption de Chouen, appelé Hun-Choven dans le Livre sacré, le frère de Batz ou Hunbatz, qui occupe dans le calendrier quiché la même place que Chuen dans le yucatèque; comme on sait, l’un et l’autre furent changés en singes par leurs frères, qui les avaient fait monter au haut d’un arbre, le même probablement dont il est fait mention ici sous le nom de Chuen-ché ou arbre de Chuen.

[8] Au dire de Nuñez de la Vega, les vingt noms des jours du calendrier seraient ceux de vingt personnages, ancêtres de la race de ces contrées, et Been serait un prince qui aurait laissé son nom écrit sur le monolithe, appelé la Piedra parada (la pierre debout) de Comitan. Cette ville se trouve sur le chemin de Ciudad-Real de Chiapas à la frontière guatémalienne, et l’on voit dans ses environs des ruines considérables.

[9] Hix, se trouve avec l’orthographe iiz ou itz dans le calendrier quiché où il signifie le sorcier et la sorcellerie.

[10] L’orthographe de ce nom doit être Eznab ou Eɔanab.

[11] Ymix, écrit Imox dans le calendrier quiché et celui de Chiapas, est représenté sous l’image d’un monstre marin d’une forme particulière; c’est le Cipactli du calendrier mexicain, donné par Nuñez de la Vega, comme le premier père de la race de ces contrées. (Constitut. Diœces. del obispado de Chiappas, in præamb. § XXX.)

[12] Ik est le souffle ou le vent, un des symboles de Kukulcan ou Quetzalcohuatl.

[13] Akbal, mot vieilli qu’on retrouve dans la langue quichée avec le sens de marmite, vase, peut-être le même que le mot con ou comitl du mexicain, le vase mystérieux, faisant allusion au sexe de la femme, et qui joue un si grand rôle dans les mythes primitifs de l’Amérique.

[14] Uinal, signifiant un ensemble de vingt jours, paraît avoir la même origine que uinic, homme, vinak en langue quichée où ce mot a aussi le sens de vingt, parce qu’on était homme à vingt ans. Sa racine vin dans le quiché signifie acquérir, gagner, augmenter, croître, et vinak est un ancien participe qui dit, arrivé à sa croissance, d’où le mot homme. Ce mot a de l’analogie avec viginti, vingt, et win, en anglais acquérir, gagner.

[15] Afin de reconnaître quel est le chiffre correspondant avec le premier, il n’y a qu’à chercher le chiffre de la semaine avec lequel commence l’année et à ajouter successivement sept; mais, en faisant soustraction de treize, chaque fois que la somme de cette addition excède treize, ce qui donna les séries suivantes pour le premier jour de chacun des dix-huit mois 1, 8, 2 (15-13), 6, 3 (16-13), 10, 4, 11, 5, 12, 6, 13, 7, 1, 8, 2, 9, 3; en supposant, bien entendu, que le premier jour de l’année soit le premier de la semaine, et, généralement, en prenant pour premier chiffre des séries le chiffre de la semaine par laquelle l’année commence. (Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. I, appendix, p. 436.)

[16] Zip paraît aussi signifier faute, erreur.

[17] Zeec, d’après Ruz, aurait le sens de discours, discourir.

[18] ɔe-yaxkin, ces deux mots ainsi réunis, dit l’auteur, ne signifient rien; cependant ɔe pourrait venir de ɔec, fondation, principe, d’autant plus que yaxkin ou yax-kin, soleil, verd nouveau, signifie l’été, ce qui reviendrait à dire le commencement de l’été; ce qui est d’autant plus exact que c’est le commencement de la saison sèche, appelée l’été dans ces contrées.

[19] Peut-être aussi parce que la campagne, à cette époque, de verte est devenue stérile, l’herbe jaunie et desséchée par les ardeurs du soleil.

[20] En examinant avec attention le signe qui représente le mois moan, on trouve que la partie principale est une tête d’oiseau, laquelle dans le manuscrit mexicain (dialecte maya) de la Bibliothèque impériale paraît être une tête d’ara; or l’ara se dit en maya ou móo.

[21] Páx ou páax signifie aussi rompre, briser.

[22] Ce nom s’applique parfaitement à un mois où les orages sont fréquents et où la foudre gronde avec tant de fracas; l’orage, l’ouragan étaient personnifiés dans les mythes antiques de ces contrées, c’étaient comme des manifestations de la divinité.

[23] Ce nom ferait-il allusion au temps dit de la nuit et des ténèbres qui précéda la civilisation nahuatl, dont il est si souvent question dans les traditions antiques?

[24] Ces jours s’appelaient aussi u tuz kin, u lobol kin, ce qui signifie jours mensongers, jours mauvais. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)

[25] Voir Landa, §.

[26]

Le Codex mexicain Letellier de la Bibliothèque impériale, que j’ai en ce moment sous les yeux, paraît destiné à résoudre cette question, si controversée depuis la conquête du Mexique. Les sept premiers folios de ce document, étant la suite d’un calendrier incomplet, représentent les douze derniers mois mexicains, terminant ici avec le mois de février, en sorte que, suivant l’auteur anonyme du Codex, le 6 mars serait le premier jour de l’année, laissant les cinq premiers jours de ce mois pour épagomènes, comme ils sont marqués ici. Or, l’année en laquelle écrivait l’anonyme était précisément une année bissextile; car il fait commencer les jours supplémentaires à un 29 février. «A XXIX de febrero, dit-il, los V dias muertos que no avia sacrificios.» Mais ce qui jette le plus de jour ici sur cette question, c’est que les jours supplémentaires sont désignés par des signes de couleur rouge et blanche, dans un quadrilatère au fond noir, lequel est surmonté d’un sixième signe semblable, en dehors du quadrilatère, et qui ne peut être que le jour restant, le 29 février, qui a tant embarrassé les savants, lequel est ajouté ici aux intercalaires, comme l’avait pensé Veytia. Ainsi qu’on peut le voir à la gravure ci-jointe, et que nous reproduisons d’après le Codex Letellier, le jour bissextile se représentait par un signe semblable aux supplémentaires; mais comme on ne pouvait le compter parmi ceux-ci d’une manière absolue, afin de ne pas déranger l’harmonie des jours et des années, on le plaçait en dehors du cadre; il avait ainsi sa place dans l’ordre chronologique et il s’écoulait avec les supplémentaires, sans qu’on lui donnât probablement aucune autre désignation. Il est à croire que les Mayas avaient quelque chose d’analogue.

[27] L’auteur de ce petit ouvrage donne d’excellentes raisons pour démontrer que l’Ahau-Katun était formé de périodes de 24 ans; mais en citant les manuscrits qui tous le déclarent, il n’en nomme aucun, et un peu plus loin il dit que ces manuscrits sont en petit nombre et incomplets, et qu’ils ne disent rien de l’origine de ce cycle. Notre auteur a-t-il bien compris ces manuscrits? Ajoutons que Landa et Cogolludo, sans compter même les faits consignés dans l’abrégé d’histoire chronologique, en langue maya, que Pio Perez invoque, paraissent prouver tout à fait le contraire. Voir ce que dit Landa § XLI, p. 315. Voici ce que dit Cogolludo: «Ils comptaient leurs ères et âges qu’ils mettaient dans leurs livres de 20 en 20 ans et par lustres de 4 en 4. Ils fixaient la première année à l’orient, lui donnant le nom de Cuch-haab, le second au couchant et l’appelaient Hiix, le troisième au sud, nommé Cauac, et le quatrième Muluc au nord. Ces lustres arrivant à cinq, faisaient vingt ans, ce qu’ils appelaient un Katun, et ils plaçaient une pierre sculptée sur une autre pierre également sculptée, fixée avec de la chaux et du sable dans les murs des temples, etc.» (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)

[28] Il est certain qu’à prendre ces chiffres pour guides, les périodes en question devraient être de 24 ans; mais ces chiffres, tout en s’accordant avec les séries de 24 en 24 ans, peuvent avoir une origine différente de celle que s’imagine l’auteur et faire partie d’une combinaison distincte, tout en servant à indiquer les Ahau-Katun. Ces calculs de l’auteur, comme on le voit, laissent beaucoup à désirer.

[29] L’auteur oublie complétement ment de nous dire quels sont ces manuscrits, et quant à ceux de don Cosme de Burgos qui vieudraient à l’appui de son système, s’ils sont perdus, comment les a-t-il pu connaître?

[30] Il est fort à regretter que tout cela ne soit pas mieux prouvé; car des faits rapportés par le manuscrit chronologique cité à l’appui de ces assertions, on est forcé de conclure, au contraire, que l’auteur anonyme de ce document donne à chaque période ou katun un nombre de vingt ans et non de vingt-quatre, ce que fait également Landa.

[31] Rien ne nous assure que ces périodes soient les périodes historiques; s’il y a eu des périodes de 24 en 24 ans, la citation actuelle donnerait plutôt à croire que ces chiffres s’appliquent à des périodes sacrées, non historiques ni civiles.

[32] C’est ici surtout que l’auteur se montre en contradiction avec lui-même. Le manuscrit chronologique auquel il réfère, donné par lui à M. Stephens et inséré dans le tome second de l’ouvrage Incidents of travel in Yucatan, porte, dans la traduction comme dans le texte maya, la date de 1536, et non de 1488. Or, nous avons dans Landa que le 13 Ahau, auquel cette année correspond, terminait précisément au 15 juillet 1541, le 11 Ahau, qui est le suivant, commençant avec le 16 juillet de la même année, pour finir, d’après cet écrivain, au 15 juillet 1561, juste vingt ans après. Ceci, non moins que les contradictions où tombe Pio Perez, dans la note explicative donnée par lui à la suite du manuscrit maya, dans laquelle il fait arriver les Espagnols au Yucatan avant l’année 1488, achève de discréditer son opinion au sujet de l’Ahau-Katun. Nous n’avons, néanmoins, pas voulu omettre l’article qu’il consacre à la période de 24 ans, son erreur même pouvant être utile plus tard pour découvrir l’origine des chiffres de 24 en 24 qui y ont donné lieu.

[33] Il semble que l’auteur dans ces dernières lignes prenne lui-même à tâche de détruire tout son système des katuns de 24 ans, bâti, sans aucun doute, sur les chiffres cités plus haut de 24 en 24, mais qui probablement s’expliqueront plus tard d’une autre manière.

[34] Ces pages de don Juan Pio Perez sont traduites, mais avec quelques variantes, dans l’ouvrage de Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. Iᵉʳ, appendix.

[35] Tel qu’il est ici, l’opuscule fut rédigé pour une revue, publiée au Yucatan, sous le titre de Registro Yucateco.