[997] Var. Ranime tes ardeurs, qu'il dût faire mourir. (1632-57)
[998]
Var. Le respect que je porte à ses perfections
M'empêche d'employer aucune violence. (1632-57)
[999] Var. Je ne le veux devoir qu'à mes chastes ardeurs. (1632-57)
[1000] Dans l'édition de 1632, on lit en marge: Cléon entre, et, comme nous l'avons dit, il n'y a point de division de scène après le vers 507.
[1001] Var. Pardonnez, Monseigneur, si je romps vos discours. (1632-57)
[1002]
Var. LE PR. Clitandre? CLÉON. Oui, Monseigneur.
LE PR. [Et que lui veut le Roi?] (1632-57)
[1003] Var. Monseigneur, ses secrets ne s'ouvrent pas à moi. (1632)
[1004] Var. Le moyen, cher ami, que je te laisse aller. (1632-57)
[1005]
Var. [J'y consens à regret: va, mais qu'il te souvienne]
Combien le Prince t'aime, et quoi qu'il te survienne[1005-a],
Que j'en sache aussitôt toute la vérité:
Jusque-là mon esprit n'est qu'en perplexité. (1632-57)
[1005-a] Combien ton Prince t'aime, et quoi qu'il te survienne. (1644-57)
[1006] En marge, dans l'édition de 1632: On sonne du cor derrière le théâtre.
[1007] Var. Elle entre demi-vêtue de l'habit de Géronte, qu'elle avoit trouvé dans le bois, avec celui de Pymante et de Lycaste. (1632, en marge.)—Elle sort demi-vêtue de l'habit de Géronte, qu'elle avoit trouvé dans le bois. (1663, en marge.)
[1008] Var. En le désavouant l'oblige infiniment. (1632-57)
[1009]
Var. Et je suis à moi-même une nouvelle horreur:
Cet insolent objet de Caliste échappée
Tient et brave toujours ma mémoire occupée. (1632-57)
[1010]
Var. Mais, hélas! dans l'excès du malheur qui m'opprime,
Il ne m'est point permis de jouir de mon crime[1010-a].
Mon jaloux aiguillon, de sa rage séduit,
En mérite la peine et n'en a pas le fruit.
Le ciel, qui contre moi soutient mon ennemie,
Augmente son honneur dedans mon infamie. (1632-57)
[1010-a] Il ne m'est pas permis de jouir de mon crime. (1644)
[1011]
Var. N'importe, Rosidor de mon dessein failli
A de quoi malmener ceux qui l'ont assailli. (1632)
Var. N'importe, Rosidor de mon dessein manqué,
A de quoi malmener ceux qui l'ont attaqué. (1644-57)
[1012]
Var. D'un autre que de moi ne tient l'air qu'il respire:
Il m'en est redevable, et peut-être qu'un jour. (1632-60)
[1013] Var. Il prend Dorise pour Géronte, et court l'embrasser. (1632, en marge.)—Il la prend pour Géronte dont elle a vêtu l'habit, et court l'embrasser. (1663, en marge.)
[1014] Var. Elle croit qu'il, etc. (1632, en marge.)—Elle croit qu'il la prend pour Rosidor, et qu'il l'embrasse pour la poignarder. (1663, en marge.)
[1015]
Var. Qui seul et désarmé cherche dedans ces bois
Un bœuf piqué du taon, qui, brisant nos closages,
Hier, sur le chaud du jour, s'enfuit des pâturages:
M'en apprendrez-vous rien, Monsieur? j'ose penser
Que par quelque hasard vous l'aurez vu passer.
DOR. Non, je ne te saurois rien dire de ta bête.
PYM. Monsieur, excusez donc mon incivile enquête:
Je vais d'autre côté tâcher à la revoir;
Disposez librement de mon petit pouvoir[1015-a].
[DOR. Ami, qui que tu sois, si ton âme sensible]
A la compassion se peut rendre accessible. (1632-57)
[1015-a] C'est le vers 646 de Mélite.
[1016]
Var. Prends pitié de mes maux, et durant quelques jours
Tiens-moi dans ta cabane, où bornant ma retraite,
Je rencontre un asile à ma fuite secrète.
PYM. Tout lourdaud que je suis en ma rusticité,
Je vois bien quand on rit de ma simplicité.
Je vais chercher mon bœuf: laissez-moi, je vous prie,
Et ne vous moquez plus de mon peu d'industrie.
DOR. Hélas! et plût aux Dieux que mon affliction
Fût seulement l'effet de quelque fiction!
Mon grand ami, de grâce, accorde ma prière.
PYM. Il faudroit donc un peu vous cacher là derrière:
Quelques mugissements entendus de là-bas
Me font en ce vallon hasarder quelques pas:
J'y cours et vous rejoins. DOR. Souffre que je te suive.
PYM. Vous me retarderiez, Monsieur: homme qui vive
Ne peut à mon égal brosser dans ces buissons.
DOR. Non, non, je courrai trop. PYM. Que voilà de façons!
Monsieur, résolvez-vous, choisissez l'un ou l'autre:
Ou faites ma demande, ou j'éconduis la vôtre.
DOR. Bien donc, je t'attendrai. PYM. Cette touffe d'ormeaux
Aisément vous pourra couvrir de ses rameaux. (1632-57)
[1017] Dans l'édition de 1632, on lit en marge: Il est seul, et il n'y a point de distinction de scène.
[1018] Var. Simple! J'ai peur encor que ce malheur m'advienne. (1652, 57 et 60)
[1019] Var. Je ne m'y peux résoudre: un reste de pitié. (1632)
[1020] Var. J'en pâme déjà d'aise, et mon âme ravie. (1632-60)
[1021] Voyez plus haut, p. 208, note [692].
[1022] Var. Fais qu'en cette caverne il rencontre sa mort. (1632-60)
[1023] Var. Modère-toi, Pymante, et plutôt examine. (1632-57)
[1024] Nous avons cru devoir conserver cette leçon, qui nous a paru conforme aux habitudes de style de Corneille. Cependant les éditions de 1632 et de 1657 sont les seules où ce monosyllabe soit accentué comme une préposition (à). Dans toutes les autres, jusqu'à celle de 1682, et même encore dans l'édition de 1692, publiée par Thomas Corneille, on lit a (verbe, sans accent).
[1025]
Var. Qu'en deux desseins divers pareille jalousie
Même lieu contre vous, et même heure a choisie. (1632-64)
[1026]
Var. Admirèrent l'effet d'une amitié pudique,
Me voyant appliquer par ce jeune soleil
D'un peu d'huile et de vin le premier appareil;
Enfin quand, pour bander ma dernière blessure,
La belle eut prodigué jusques à sa coiffure,
[Leurs bras officieux m'ont ici rapporté.] (1632)
[1027] Var. Qui ne me peut donner qu'une fausse allégeance. (1632-57)
[1028] Var. Vous touche, et peut souffrir que je vous importune. (1632)
[1029] Var. Sire, vous tarirez la source de nos maux. (1657)
[1030] Var. Fait qu'un seul desir cède à l'amour qui te presse. (1657)
[1031] Var. Mais Rosidor, surpris et blessé comme il est. (1632-60)
[1032] Var. A mon devoir de roi joint mon propre intérêt. (1632-57)
[1033] Var. Quelque part que mon fils y puisse ou veuille prendre. (1632-60)
[1034] Var. Combien mal à propos sa sotte vanité. (1632-57)
[1035] Var. Je le tiens, l'affronteur: un soupçon véritable. (1632)
[1036]
Var. M'avoit si bien instruit de son perfide tour,
Qu'il s'est vu mis aux fers sitôt que de retour. (1632-57)
[1037]
Var. Quelque dessein qu'elle eût, je lui suis redevable,
Et lui voudrai du bien le reste de mes jours
De m'avoir conservé l'objet de mes amours.
LE ROI. L'un et l'autre attentat plus que vous deux me touche:
Vous avez bien, de vrai, la clémence en la bouche;
[Mais votre aspect m'emporte à d'autres sentiments;]
Vous voyant, je ne puis cacher mes mouvements. (1632-57)
[1038] Var. Votre pâleur de teint me rougit de colère. (1632)
[1039] Var. Et vouloir m'adoucir, ce n'est que me déplaire. (1632-57)
[1040]
Var. Qui m'a fait en tout cas plus de bien que de mal,
Lorsqu'en votre conseil vous orrez sa défense. (1632-57)
[1041] En marge, dans l'édition de 1632: Il montre un cartel qu'il avoit reçu de Rosidor avant que d'entrer.
[1042]
Var. [Envoyé de sa part, et rendu par son page,]
Peut-il désavouer ce funeste message?
[Peut-il désavouer que ses gens déguisés.] (1632-57)
[1043] C'est ce qu'on appelait traîner sur la claie. Les cadavres de ceux qui avaient subi ce châtiment après leur mort étaient d'ordinaire jetés à la voirie.
[1044] Var. L'autre, aussitôt que pris, se mettra sur la roue. (1632-57)
[1045]
Var. Qu'on l'amène au conseil, seulement pour entendre
Le genre de sa mort, et non pour se défendre[1045-a].
Toi, va te mettre au lit, et crois que pour le mieux. (1632-57)
[1045-a] En marge, dans l'édition de 1632: Le Prévôt sort, et va querir Clitandre.
[1046] Var. Sortir la vérité d'un moyen impourvu. (1632)
[1047] En marge, dans l'édition de 1632: Il sort.—Il n'y a pas de distinction de scène.
[1048] Var. Mon cœur, ainsi le Roi, te refusant, t'oblige. (1632-57)
[1049] Var. Vois dedans ces refus une marque certaine. (1632-57)
[1050] Var. Mais un plus long séjour ici te pourroit nuire. (1632-60)
[1051] Var. Viens donc, mon cher souci, laisse-moi te conduire. (1632-57)
[1052] Var. Et l'informer comment, par un cruel destin. (1632-64)
[1053] Var. Ne crains pas, mon souci, que mon amour s'oublie. (1632-57)
[1054] Var. Et tu peux du surplus te reposer sur moi. (1632-57)
[1055] Var. Il parle en prison. (1663, en marge.)—Dans l'édition de 1632, on lit en tête de la scène: CLITANDRE, en prison, LE GEÔLIER, et au-dessous de ces noms: CLITANDRE, seul.
[1056]
Var. Doncques aucun forfait, aucun dessein infâme
N'a jamais pu souiller ni ma main ni mon âme. (1632-57)
[1057]
Var. [Non, cela ne se peut: vous vous trompez, mes yeux;]
Vous aviez autrefois des ressorts infaillibles
Qui portoient en mon cœur les espèces visibles[1057-a];
Mais mon cœur en prison vous renvoie à son tour
L'image et le rapport de son triste séjour.
Triste séjour! que dis-je? Osai-je appeler triste
L'adorable prison où me retient Caliste?
En vain dorénavant mon esprit irrité
Se plaindra d'un cachot qu'il a trop mérité;
Puisque d'un tel blasphème il s'est rendu capable,
D'innocent que j'entrai, j'y demeure coupable.
Folles raisons d'amour, mouvements égarés,
Qu'à vous suivre mes sens se trouvent préparés!
Et que vous vous jouez d'un esprit en balance
Qui veut croire plutôt la même extravagance,
Que de s'imaginer, sous un si juste roi. (1632-57)
[1057-a] Qui portoient dans mon cœur les espèces visibles. (1644)
[1058] Var. M'y voilà cependant, et bien que ma pensée. (1632-57)
[1059] Var. Épluche à la rigueur ma conduite passée. (1632)
[1060]
Var. Mais vous montrerez bien, embrassant ma défense,
Que qui vous venge ainsi lui-même vous offense.
Les damnables auteurs de ce complot maudit. (1632-57)
[1061]
Var. De son visage affreux redouble ma terreur[1061-a].
Parle, que me veux-tu? LE GEÔL. Vous ôter cette chaîne.
CLIT. Se repent-on déjà de m'avoir mis en peine?
LE GEÔL. Non pas que l'on m'ait dit. CLIT. Quoi! ta seule bonté
Me détache ces fers? LE GEÔL. Non, c'est Sa Majesté
Qui vous mande au conseil. CLIT. Ne peux-tu rien m'apprendre
Du crime qu'on impose au malheureux Clitandre?
[LE GEÔL. Descendons: un prévôt, qui vous[1061-b] attend là-bas.] (1632-57)
[1061-a] En marge, dans l'édition de 1632: Le Geôlier ouvre la prison.—Il n'y a pas de distinction de scène.
[1061-b] L'édition de 1632, au lieu de vous, porte ici
nous, ce qui pourrait bien être une faute d'impression.
[1062] Var. Il regarde une aiguille que Dorise avoit, etc. (1663, en marge.)—Ce jeu de scène n'est point indiqué ici dans l'édition de 1632, mais on lit en marge, aux derniers vers du premier couplet: Il lui montre une aiguille que par mégarde elle avoit laissée dans ses cheveux en se déguisant.
[1063] Var. Ressent fort les faveurs de quelque belle fille. (1632-57)
[1064] Var. Qui vous l'aura donnée en gage de sa foi[1064-a]. (1632-60)
[1064-a] L'édition de 1657 donne, par erreur sans doute, en garde, pour en gage.
[1065]
Var. Ou payant vos ardeurs d'une infidélité,
[Vous auroit-elle bien pour un autre quitté?]
Vous ne me dites mot; cette rougeur confuse. (1632-57)
[1066]
Var. Qu'après plusieurs devis, n'ayant plus où me prendre,
J'ai touché par hasard une chose si tendre,
Dont beaucoup toutefois aiment bien mieux parler. (1632-57)
[1067] Dans les éditions de 1668 et de 1682, il y a en des propos; mais ce pourrait bien être une faute: toutes les autres donnent à des propos.
[1068] Var. Que de perdre leur temps à des propos en l'air. (1632-63)
[1069] Var. Il ne me peut lasser, indifférent qu'il est. (1632-60)
[1070] Var. Ont avecque les siens un merveilleux rapport. (1632-60)
[1071] Var. Ma belle, il ne faut plus que mon feu vous déguise. (1632)
[1072]
Var. Ce n'est pas sans raison qu'à vos yeux cette fois
Je passe pour quelqu'un d'entre nos villageois;
M'ayant traité toujours en homme de leur sorte,
Vous croyez aisément à l'habit que je porte,
Dont la fausse apparence aide et suit vos mépris. (1632-57)
[1073]
Var. [Cachent sans les changer nos inclinations.]
PYM. Pardonnez-moi, ma reine, ils ont changé mon âme,
Puisque mes feux plus vifs y redoublent leur flamme.
DOR. Aussi font bien les miens, mais c'est pour Rosidor.
PYM. Trop cruelle beauté, persistez-vous encor
A dédaigner mes vœux pour un qui vous néglige? (1632-57)
[1074] Var. J'y trouve, malgré lui, je ne sais quel appas. (1632-57)
[1075] Var. Qu'espérez-vous enfin de cette amour frivole. (1632-57)
[1076]
Var. Envers un qui n'est plus peut-être qu'une idole? (1632)
Var. Vers un homme qui n'est peut-être qu'une idole? (1644-57)
[1077] Var. Je t'ai vu dans ces bois moi-même le poursuivre. (1632-57)
[1078] Var. De ce tigre jadis si cruel envers vous. (1632-57)
[1079] Var. D'un compliment moqueur ta malice me flatte! (1632-57)
[1080]
Var. L'impétueux bouillon d'un courroux féminin,
Qui s'échappe sur l'heure et jette son venin,
Comme il est animé de la seule impuissance,
A force de grossir, se crève en sa naissance. (1632-57)
[1081] Var. Traître, ne prétends pas que le mien s'adoucisse. (1632-57)
[1082] Voyez au Complément des variantes, p. 365.
[1083] Dans ce passage, qui paraît pour la première fois en 1660, Dorise exprime la même confiance qu'Émilie:
Et si pour me gagner il faut trahir ton maître,
Mille autres à l'envi recevroient cette loi,
S'ils pouvoient m'acquérir à même prix que toi.
(Cinna, acte III, sc. IV.)
Si j'ai séduit Cinna, j'en séduirai bien d'autres.
(Ibid., acte V, sc. II.)
[1084] Var. Adieu: j'en perds le temps à crier dans ces bois. (1660-64)
[1085] Var. PYMANTE, DORISE dans une caverne. (1632-57)
[1086] Var. Tarissez désormais ce déluge de larmes[1086-a]. (1632-57)
[1086-a] Le IVe acte commence à ce vers dans les éditions de 1632-57.
[1087] Var. Au moins par eux mon âme y trouvera la voie. (1632-57)
[1088]
Var. Belle, ne songez plus à rejoindre les morts. (1632)
Var. Ne songez plus, Dorise, à rejoindre les morts. (1644-57)
[1089] Var. Pensez plutôt à ceux qui vivants n'ont envie. (1632-57)
[1090] Var. Ton perfide attentat obtiendroit ce pouvoir? (1632-57)
[1091] Var. Il me faut un baiser malgré vos cruautés[1091-a]. (1632-57)
[1091-a] En marge, dans l'édition de 1632: Il veut user de force.
[1092]
Var. Veulent sur ma foiblesse user de violence.
PYM. Que sert d'y résister? je sais trop la licence. (1632-57)
[1093] Var. Elle lui crève un œil du poinçon qui lui étoit demeuré dans les cheveux. (1632, en marge.)—Elle lui crève l'œil de son aiguille. (1663, en marge.)
[1094] Var. Il porte les mains à son œil crevé. (1663, en marge.)
[1095] Var. DORISE, en s'échappant de lui. (1632-1657)
[1096] Var.Ah! infâme! (1632)
[1097] Var. DORISE, sortie de la caverne.
[1098]
Var. De tirer mon honneur des efforts d'un corsaire[1098-a].
PYMANTE, ramassant son épée.
Barbare, je t'aurai. DORISE, se cachant. Fuyons, il va sortir.
Qu'à propos ce buisson s'offre à me garantir!
PYMANTE, sorti. Ne crois pas m'échapper: quoi que ta ruse fasse,
J'ai ta mort en ma main. DORISE, cachée. Dieux! le voilà qui passe.
PYMANTE passe de l'autre côté du théâtre[1098-b].
Tigresse!
DORISE, revenant sur le théâtre[1098-c].
Il est passé, je suis hors de danger.
Ainsi dorénavant mon sort puisse changer!
Ainsi dorénavant le ciel plus favorable
Me prête en ces malheurs une main secourable!
Cependant, pour loyer de sa lubricité[1098-d],
Son œil m'a répondu de sa pudicité,
Et dedans son cristal mon aiguille enfoncée,
Attirant ses deux mains, m'a désembarrassée.
Aussi le falloit-il que ce même poinçon,
Qui premier de mon sexe engendra ce soupçon,
Fût l'auteur de ma prise et de ma délivrance,
Et qu'après mon péril il fît mon assurance[1098-e].
Va donc, monstre bouffi de luxure et d'orgueil,
Venge sur ces rameaux la perte de ton œil,
Fais servir si tu veux, dans ta forcenerie,
Les feuilles et le vent d'objets à ta furie:
Dorise, qui s'en moque et fuit d'autre côté,
En s'éloignant de toi se met en sûreté.
PYM. Qu'est-elle devenue? Ainsi donc l'inhumaine
Après un tel affront rend ma poursuite vaine!
Ainsi donc la cruelle, à guise d'un éclair,
En me frappant les yeux est disparue en l'air!
[Ou plutôt, l'un perdu, l'autre m'est inutile.] (1632-57)
[1098-a] De sauver mon honneur des efforts d'un corsaire. (1644-57)
[1098-b] PYMANTE, passé de l'autre côté du théâtre. (1644-57)
[1098-c] Ici commence la scène II dans les éditions de 1644-57.
[1098-d] Pour peine cependant de sa lubricité. (1644-57)
[1098-e] Ces quatre vers, à partir de: «Aussi le falloit-il, etc.,» manquent dans les éditions de 1644-57.
[1098-f] SCÈNE III. (1644-57)
[1099] Var. Il prend son épée dans la grotte où il l'avoit jetée au second acte. (1663, en marge.)
[1100] Var. Coule, coule, mon sang: dans de si grands malheurs. (1632-57)
[1101] Var. Mon forfait évident se lit dans ma disgrâce. (1632-57)
[1102]
Var. Bourreau qui, secondant son courage inhumain[1102-a],
Au lieu d'orner son poil, déshonorez (sic) sa main. (1632)
[1102-a] En marge: Il tient à la main le poinçon que Dorise lui avoit laissé dans l'œil.
[1103] On lit tu devrois dans l'édition de 1632, mais c'est probablement une faute d'impression.
[1104]
Var. Quoi que te commandât son âme courroucée,
Devoit être adoré de ta pointe émoussée;
Quelque secret instinct te devoit figurer
Que se prendre à mon œil c'étoit le déchirer.
Et toi, belle, reviens, reviens, cruelle ingrate,
Vois comme encor l'amour en ta faveur me flatte.
Ce poinçon qu'à mon heur j'éprouve si fatal,
Ce n'est qu'à ton sujet que je lui veux du mal:
Vois dans ces vains propos, par où mon cœur se venge,
Moins de blâme pour lui que pour toi de louange[1104-a].
Tu n'as dans ta colère usé que de tes droits,
Et ma vie et ma mort dépendant de tes lois,
Il t'étoit libre encor de m'être plus funeste,
Et c'est de ta pitié que j'en tiens ce qui reste.
Reviens, belle, reviens, que j'offre tout blessé
A tes ressentiments ce que tu m'as laissé.
Lâche et honteux retour de ma flamme insensée!
Il semble que déjà ma fureur soit passée,
Et tous mes sens, brouillés d'un désordre nouveau,
Au lieu de ma maîtresse adorent mon bourreau. (1632-57)
[1104-a] Ces quatre vers, à partir de: «Ce poinçon qu'à mon heur, etc.,» ne sont que dans l'édition de 1632.
[1105] Var. Pourrois-je en ma maîtresse adorer mon bourreau. (1660)
[1106] Var. Seule je te permets d'occuper mon courage. (1632-57)
[1107]
Var. L'amour vient d'expirer, et ses flammes dernières
S'éteignant ont jeté leurs plus vives lumières. (1632-57)
[1108]
Var. Que ce qu'il faut de place aux soins de la punir:
Je n'ai plus de penser qui n'en veuille à sa vie. (1632-57)
[1109]
Var. Implacable pour moi, s'obstine à mes tourments,
Si vous me réservez à d'autres châtiments. (1632-57)
[1110] Var. Prenons dorénavant pour guide les hasards. (1644-57)
[1111]
Var. Quiconque rencontré n'en saura de nouvelle. (1632 et 48)
Var. Quiconque rencontré n'en saura la nouvelle. (1644 et 52-57)
[1112]
Var. L'univers, n'ayant pas de force à m'opposer,
Me vient offrir Dorise afin de m'apaiser. (1632-57)
[1113] Var. Quelque part où la peur porte ses pas errants. (1632-57)
[1114]
Var. O suprême faveur! Ce grand éclat de foudre,
Décoché sur son chef, le vient de mettre en poudre.
Ce fer, s'il est ainsi, me va tomber des mains;
Ce coup aura sauvé le reste des humains.
Satisfait par sa mort, mon esprit se modère,
Et va sur sa charogne achever sa colère[1114-a].
LE PRINCE. Que d'heur en ce péril! sans me faire aucun mal,
[Le tonnerre a sous moi foudroyé mon cheval,]
Et consommant sur lui toute sa violence[1114-c],
M'a montré son respect parmi son insolence.
Holà! quelqu'un à moi! Tous mes gens écartés,
Loin de me secourir, suivent de tous côtés
L'effroi de la tempête ou l'ardeur de la chasse.
Cette ardeur les emporte ou la frayeur les glace.
[Cependant seul, à pied, je pense à tous moments.] (1632-57)
[1114-a] Et va par ce spectacle assouvir sa colère. (1644-57)
[1114-b] SCÈNE IV. (1644-57)