L'Historia general d'España[188-b], d'où Corneille a tiré le fragment qui précède son Avertissement, n'est qu'une traduction libre, faite par le P. Mariana lui-même, de son histoire latine, intitulée Historiæ de rebus Hispaniæ libri XXX, dont les diverses parties ont paru en 1592, 1595 et 1616. Voici le passage qui correspond, dans l'ouvrage original, au fragment espagnol cité par Corneille:

Gormatii comitem Gometium non multo antea, in privata contentione, adacto in viscera gladio peremerat (Rodericus Diacius). Occisi patris, pro quo supplicium debebatur, merces Semenæ filiæ conjugium fuit; quum illa juvenis virtutem admirata, sibi virum dari, aut lege in eum agi regem postulasset. Rodericus, ad paternam ditionem, dotali principatu occisi soceri auctus, viribus et potentia validus, etc.

(Mariana, Historiæ de rebus Hispaniæ lib. IX, cap. V.)

[188-a] Afin de pouvoir, sans paraître se donner trop de licence, ramener toute l'histoire à un seul jour, Corneille se sert un peu artificieusement du texte de Mariana, dont les mots: pocos dias antes (dans la rédaction latine: non multo antea) viennent immédiatement après une phrase où il est parlé de l'âge de trente ans qu'avait alors Rodrigue; cette phrase fait partie du récit d'une querelle que faisait au roi Fernand l'empereur Henri II. Dans les romances, il y a un assez long intervalle entre le duel et le mariage. Il paraît même que Chimène était encore une enfant lors du duel et ne fit sa démarche auprès du Roi qu'après un certain nombre d'années.

[188-b] Publiée pour la première fois en 1601, à Tolède, chez Pedro Rodriguez, 2 vol. in-folio.

[189] Corneille a-t-il ici en vue les deux chroniques dont parle M. Damas-Hinard (Romancero, tome II, p. 52), ou bien les deux ouvrages connus sous les noms de Chronique rimée et de Poëme ou Chanson du Cid, dont il est question au chapitre 1, p. 3, des Documents relatifs à l'histoire du Cid, publiés par M. Hippolyte Lucas?

[190] Doña Elvire, fille aînée du Cid, épousa le roi don Ramire de Navarre, et doña Sol, la cadette, l'infant don Sanche d'Aragon.

[191] «Ce Cid Ruis eut querelle avec D. Gomès, seigneur du lieu de Gormès, qui avoit été conquêté par le roi D. Fernand sur les Maures, peu d'années auparavant: tellement que entrant en combat eux deux, D. Gomès fut tué. De lui resta une fille nommée D. Ximena Gomès, laquelle faisoit grandes et continuelles plaintes de la mort de son père; mais il ne passa longtemps qu'elle-même pria le Roi de faire le mariage d'elle et du Cid, ce qu'il fit, et ainsi demeura cette dame toute consolée.» (Histoire générale d'Espagne.... par Loys de Mayerne Turquet. Édition de Lyon, 1587, in-fol., p. 334; édition de Paris, 1635, 2 vol. in-fol., tome I, p. 297.) On lit en marge en manchette: «Fille tôt consolée de la mort de son père.» Évidemment c'est surtout à cette indication, que se rapporte la remarque de Corneille.

[192] Sur ces traductions, voyez, au tome I, le passage de la Notice biographique de Corneille où il est question de ses livres. Nous savons par Fontenelle qu'il eut plus tard aussi dans sa bibliothèque la version espagnole. Il n'en parle pas ici. Son silence s'accorde avec ce qui est dit dans la Notice du Cid (p. 4 et suivantes) au sujet de la traduction ou plutôt de l'imitation de Diamante.

[193] Comedia del Engañarse engañando, jornada segunda; la pièce n'est pas divisée en scènes. Elle a été imprimée en 1625, dans la Segunda parte de las Comedias de don Guillem de Castro. Valencia, por Miguel Sorolla.—Le titre espagnol, qui signifie se tromper en trompant, rappelle par la pensée et par la forme ce vieux proverbe, regretté de la Fontaine (livre IV, fable XI):

Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui,
Qui souvent s'engeigne soi-même.

[194] L'édition espagnole de 1625, indiquée à la note précédente, donne tengo, au lieu de siento, et au dernier vers vencer, au lieu de resistir.

[195] «Si le monde a raison de dire que ce qui éprouve le mérite d'une femme, c'est d'avoir des désirs à vaincre, des occasions à rejeter, je n'aurais ici qu'à exprimer ce que je sens: mon honneur n'en deviendrait que plus éclatant. Mais une malignité qui se prévaut de notions d'honneur mal entendues convertit volontiers en un aveu de faute ce qui n'est que la tentation vaincue. Dès lors la femme qui désire et qui résiste également, vaincra deux fois, si en résistant elle sait encore se taire.»

[196] Voyez tome I, p. 38.

[197] Voyez ci-dessus, p. 47, 48 et 66.

[198] «Le désert ne m'a pas rendu si sauvage que je ne sois touché des raretés qu'on nous apporte du monde,» dit Balzac dans sa lettre à Scudéry.

[199] Allusion aux Lettres choisies du Sieur de Balzac. Paris, Augustin Courbé, 1647, in-8o, 2 parties. La lettre à Scudéry figure à la p. 394 de la 1re partie.—Il faut se souvenir que cet Avertissement a paru pour la première fois dans l'édition de 1648: voyez ci-dessus, p. 79, note 187.

[200] «Tourner sans scrupule le sens du bon Aristote du côté de la politique» paraît signifier, d'après l'ensemble du passage, «tourner le sens d'Aristote du côté de la politique de celui qui l'interprète, de ses opinions, de ses intérêts, de ses passions.»

[201] Var. (édit. de 1654 et de 1656): les préceptes qu'il nous en a donnés.

[202] Var. (édit. de 1654 et de 1656): et bien loin de s'amuser au travail des bienséances.

[203] Voyez l'Art poétique d'Horace, vers 189 et 190.

[204] Cet est au masculin dans les impressions de 1648-1656, c'est-à-dire dans toutes les éditions publiées par Corneille qui donnent cet Avertissement. Voyez ci-dessus, p. 22, ligne 5.

[205] Corneille veut parler de Robortel qu'il nomme dans un passage du Discours de la tragédie où il a déjà exposé les idées sur lesquelles il revient ici. Voyez tome I, p. 59 et p. 33.

[206] Var. (édit. de 1654 et de 1656): celui qui souffre en être aimé.

[207] Ces romances font partie tous deux du Romancero general. On les trouve dans le Romancero espagnol.... traduction complète par M. Damas-Hinard, 2 vol. in-18, tome II, p. 24 et 27.

[208] Ce dernier alinéa a été supprimé dans les éditions de 1654 et de 1656, auxquelles il ne pouvait s'appliquer: elles ne contiennent pas les extraits de Guillem de Castro dont parle ici Corneille, et que l'on trouvera dans notre édition à l'Appendice qui suit la pièce.

[209] C'est-à-dire en lettres italiques.

[210] Corneille, dans ses diverses éditions, et après lui son frère, dans celle de 1692, impriment en italiques les discours directs, les paroles d'autrui rapportées par les acteurs, paroles qu'on met plus ordinairement aujourd'hui entre guillemets. Ainsi dans le Cid (acte V, scène I):

On dira seulement: Il adoroit Chimène,
Il n'a pas voulu vivre
, etc.;

et dans la scène VI du même acte:

Ne crains rien, m'a-t-il dit, quand il m'a désarmé;
Je laisserois plutôt, etc.

[211] «Par-devant le roi de Léon, un soir se présente doña Chimène, demandant justice pour la mort de son père. «Elle demande justice contre le Cid, don Rodrigue de Bivar, qui l'a rendue orpheline dès son enfance, quand elle comptait encore bien peu d'années. «Si j'ai raison d'agir ainsi, ô Roi, tu le comprends, tu le sais bien: les devoirs de l'honneur ne se laissent point méconnaître. «Chaque jour que le matin ramène, je vois celui qui s'est repu comme un loup de mon sang, passer pour renouveler mes chagrins, chevauchant sur un destrier. «Ordonne-lui, bon roi, car tu le peux, de ne plus aller et venir par la rue que j'habite: un homme de valeur n'exerce pas sa vengeance contre une femme. «Si mon père fit affront au sien, il l'a bien vengé, et si la mort a payé le prix de l'honneur, que cela suffise à le tenir quitte. «J'appartiens à ta tutelle, ne permets pas que l'on m'offense: l'offense qu'on peut me faire s'adresse à ta couronne. «—Taisez-vous, doña Chimène: vous m'affligez vivement. Mais je saurai bien remédier à toutes vos peines. «Je ne saurais faire du mal au Cid; car c'est un homme de grande valeur, il est le défenseur de mes royaumes, et je veux qu'il me les conserve. «Mais je ferai avec lui un accommodement dont vous ne vous trouverez point mal: c'est de prendre sa parole pour qu'il se marie avec vous.» «Chimène demeure satisfaite, agréant cette merci du Roi, qui lui destine pour protecteur celui qui l'a faite orpheline.»

[212] De Rodrigue et de Chimène le Roi prit la parole et la main, afin de les unir ensemble en présence de Layn Calvo. «Les inimitiés anciennes furent réconciliées par l'amour; car où préside l'amour, bien des torts s'oublient.... «Les fiancés arrivèrent ensemble et, au moment de donner la main et le baiser, le Cid, regardant la mariée, lui dit tout troublé: «J'ai tué ton père, Chimène, mais non en trahison: je l'ai tué d'homme à homme, pour venger une réelle injure. «J'ai tué un homme, et je te donne un homme: me voici pour faire droit à ton grief, et au lieu du père mort tu reçois un époux honoré.» «Cela parut bien à tous; ils louèrent son prudent propos, et ainsi se firent les noces de Rodrigue le Castillan.»

[213] Var. (édit. de 1660-1663): et depuis vingt-trois ans;—(édit. de 1664) et depuis vingt-huit ans;—(édit. de 1668) et depuis trente-cinq ans.—Ces dates sont peu précises: en 1682 il y avait, non pas cinquante ans, mais seulement quarante-six, que le Cid avait été représenté. Il y a d'autres inexactitudes de ce genre dans les écrits de Corneille. Nous avons vu Claveret lui reprocher de s'être vanté en 1637, dans la Lettre apologétique, de ses «trente années d'études.» Voyez tome I, p. 129 et 130.

[214] Var. (édit. de 1660-1668): chez les anciens et les modernes.

[215] Var. (édit. de 1660-1664): entre un mari et une femme, une mère et un fils, un frère et une sœur.—Voyez tome I, p. 65.

[216] Toutes les éditions, jusqu'à celle de 1692, qui, la première, met les deux verbes au pluriel, donnent s'accommodast.... et fortifiast.

[217] Var. (édit. de 1660): par la douleur où il l'abîme; et si la présence, etc.

[218] Vers 1556.

[219] Vers 1667.

[220] Voyez la scène IV de l'acte III, (page 153) et la scène I de l'acte V. (page 182)

[221] Voyez la Poétique, fin du chapitre XXIV.

[222] Voyez las Mocedades del Cid, au premier tiers de la seconde journée; la pièce n'est pas divisée en scènes distinguées par des chiffres.

[223] Corneille a remarqué dans le Discours du Poëme dramatique (tome I, p. 48) que l'amour de l'Infante est un épisode détaché, et dans l'Examen de Clitandre (tome I, p. 272), que don Fernand agit seulement en qualité de juge et que ce roi «remplit assez mal la dignité d'un si grand titre.» Il revient encore sur ces deux personnages dans l'Examen d'Horace.

[224] Voyez las Mocedades del Cid, au premier tiers de la première journée.

[225] Var. (édit. de 1660-1663): Je ne pense pas non plus qu'il manque beaucoup à ne jeter point, etc.

[226] Var. (édit. de 1660): que la règle des vingt-quatre heures.

[227] Var. (édit. de 1660): mais les vingt-quatre heures ne l'ont pas permis.

[228] Corneille aurait pu l'assurer. Madoz dit que le flux se fait sentir jusqu'à dix ou douze lieues au-dessus de Séville. (Diccionario geografico-estadistico-historico de España. Madrid, 1847, gr. in-8o, tome IX, p. 22.)

[229] Voyez tome I, p. 43.

[230] Voyez las Mocedades del Cid, deuxième journée.

[231] Var. (édit. de 1660 et de 1663); de rendre un service d'importance à son roi.

[232] Ailleurs Corneille a déjà dit la même chose, mais en précisant un peu plus: «Le Cid multiple encore davantage les lieux particuliers sans quitter Séville; et comme la liaison de scènes n'y est pas gardée, le théâtre, dès le premier acte, est la maison de Chimène, l'appartement de l'Infante dans le palais du Roi, et la place publique; le second y ajoute la chambre du Roi; et sans doute il y a quelque excès dans cette licence.» (Discours des trois unités, tome I, p. 120.) On doit bien penser que Scudéry ne manqua pas d'insister sur cette irrégularité: «Le théâtre, dit-il, en est si mal entendu, qu'un même lieu représentant l'appartement du Roi, celui de l'Infante, la maison de Chimène et la rue, presque sans changer de face, le spectateur ne sait le plus souvent où en sont les acteurs.» (Fautes remarquées dans la tragi-comédie du Cid, p. 29.)—Actuellement on change les décorations. Voyez la Notice, p. 52.

[233] Voyez las Mocedades del Cid, au deuxième tiers de la première journée.

[234] Voici le vrai texte de ce passage (Art poétique, vers 44 et 45):

Pleraque differat, et præsens in tempus omittat;
Hoc amet, hoc spernat promissi carminis auctor.

[235] Ici Corneille a changé le mode du verbe pour faire mieux concorder les deux citations. Il y a dans l'Art poétique (vers 148):

Semper ad eventum festinat.

[236] Scudéry revient à deux reprises sur ce point: «Rodrigue y paroît d'abord (dans le troisième acte) chez Chimène, avec une épée qui fume encore du sang tout chaud qu'il vient de faire répandre à son père; et par cette extravagance si peu attendue, il donne de l'horreur à tous les judicieux qui le voient, et qui savent que ce corps est encore dans la maison.» (Fautes remarquées, p. 22.)—«Rodrigue vient en plein jour revoir Chimène.... Si je ne craignois de faire le plaisant mal à propos, je lui demanderois volontiers s'il a donné de l'eau bénite en passant à ce pauvre mort qui vraisemblablement est dans la salle.» (P. 27.)

[237] Segnius irritant animos demissa per aurem,
Quam quæ sunt oculis subjecta fidelibus....

(Art poétique, vers 180 et 181.)

[238] Nous avons confronté plusieurs exemplaires de l'édition originale, parce qu'ils ne sont pas tous identiques: en les comparant, nous avons constaté, comme on pourra le voir aux variantes, plusieurs différences, dont une est très-notable: voyez vers 312-314, p. 122.

[239] Nous avons fait réimprimer cet avis à la fin de notre Appendice du Cid.

[240] Fernand ou Ferdinand Ier, dit le Grand, mourut en 1075. Doña Urraque est aussi un nom historique: les deux filles que laissa le roi Fernand s'appelaient, l'une doña Urraca, l'autre doña Elvira. Nous avons vu plus haut (p. 79), dans l'extrait de Mariana, don Gomès, Chimène, et don Rodrigue (ou Ruy Diaz de Bivar, surnommé le Cid). Le père de don Rodrigue est appelé par le même historien (livre IX, chapitre v) don Diego Laynez. Quant à don Arias, qu'il nomme don Arias Gonzalès, il parle de lui comme d'un vieil officier qui avait longtemps servi sous le roi don Fernand. Les autres noms de ses acteurs, Corneille les a trouvés également, à l'exception peut-être de celui de Léonor, soit dans le livre IX de Mariana, soit dans don Guillem de Castro; seulement il a donné ceux de don Sanche et de don Alonse à d'autres personnages que ceux à qui ils appartiennent dans l'histoire ou chez le poëte espagnol.

[241] Var. (édit. de 1637-1656): Don Rodrigue, fils de don Diègue et amant de Chimène.

[242] Var. (édit. de 1637-1644): Chimène, maîtresse de don Rodrigue et de don Sanche.

[243] Var. (édit. de 1637-1656): Elvire, suivante de Chimène.

[244] Var. TRAGI-COMÉDIE. (1637-44)

[245] Voyez la Notice, p. 51.

[246] Var. SCÈNE PREMIÈRE.

LE COMTE, ELVIRE[246-a].

ELV. Entre tous ces amants dont la jeune ferveur
Adore votre fille et brigue ma faveur,
Don Rodrigue et don Sanche à l'envi font paroître[246-b]
Le beau feu qu'en leurs cœurs ses beautés ont fait naître.
Ce n'est pas que Chimène écoute leurs soupirs,
Ou d'un regard propice anime leurs desirs:
Au contraire, pour tous dedans l'indifférence,
Elle n'ôte à pas un ni donne d'espérance,
Et sans les voir d'un œil trop sévère ou trop doux,
C'est de votre seul choix qu'elle attend un époux.
LE COMTE. [Elle est dans le devoir; tous deux sont dignes d'elle[246-c].]

[246-a] ELVIRE, LE COMTE. (1638 P.)

[246-b] Dans l'édition originale, et dans plusieurs de celles qui l'ont suivie, il y a parestre, et à l'autre vers naistre. Nous avons signalé une rime semblable: cognestre et naistre, dans la Comédie des Tuileries (voyez tome II, p. 315, note 905). Dans l'intérieur des vers, les éditions les plus anciennes donnent tantôt parestre (par exemple, à la variante du vers 1250), tantôt paroistre (à la variante du vers 1419).

[246-c] On voit que, dans ses premières éditions, Corneille faisait dire au Comte lui-même ce qu'à partir de 1660 Elvire rapporte comme un discours du Comte.

[247] Var. Qui n'enfle de pas un ni détruit l'espérance, (1637-56)
Et sans rien voir d'un œil trop sévère ou trop doux. (1660)

[248] Var. M'en ont donné tous deux un soudain témoignage. (1660)

[249] Var. Don Rodrigue surtout n'a trait de son visage. (1637 in-12)

[250] «J'ai vu feu M. Corneille fort en colère contre M. Racine pour une bagatelle, tant les poëtes sont jaloux de leurs ouvrages. M. Corneille.... avoit dit en parlant de don Diègue:

Ses rides sur son front ont gravé ses exploits;

M. Racine, par manière de parodie, s'en joua dans ses Plaideurs, où il dit d'un sergent, acte I, scène I:

Ses rides sur son front gravoient tous ses exploits.

«Quoi! disoit M. Corneille, ne tient-il qu'à un jeune homme de venir tourner en ridicule les plus beaux vers des gens?» (Ménagiana, édition de 1715, tome III, p. 306 et 307.)

[251] Var. [Et ma fille, en un mot, peut l'aimer et me plaire.]
Va l'en entretenir; mais dans cet entretien
Cache mon sentiment et découvre le sien.
Je veux qu'à mon retour nous en parlions ensemble;
L'heure à présent m'appelle au conseil qui s'assemble:
Le Roi doit à son fils choisir un gouverneur,
Ou plutôt[251-a] m'élever à ce haut rang d'honneur;
Ce que pour lui mon bras chaque jour exécute,
Me défend de penser qu'aucun me le dispute.

SCÈNE II[251-b].

CHIMÈNE, ELVIRE[251-c].

ELVIRE, seule[251-d]. Quelle douce nouvelle à ces jeunes amants!
Et que tout se dispose à leurs contentements!
CHIM. Eh bien! Elvire, enfin que faut-il que j'espère?
Que dois-je devenir, et que t'a dit mon père?
ELV. Deux mots dont tous vos sens doivent être charmés:
[Il estime Rodrigue autant que vous l'aimez.]
CHIM. L'excès de ce bonheur me met en défiance:
Puis-je à de tels discours donner quelque croyance?
ELV. Il passe bien plus outre, il approuve ses feux,
Et vous doit commander de répondre à ses vœux.
Jugez après cela, puisque tantôt son père
Au sortir du conseil doit proposer l'affaire,
S'il pouvoit avoir lieu de mieux prendre son temps,
[Et si tous vos desirs seront bientôt contents.] (1637-56)

[251-a] L'édition de 1638 P. porte: «Au plutôt,» ce qui est sans doute une faute.

[251-b] Les scènes se trouvent ainsi reculées d'un rang, jusqu'à la fin de l'acte, dans les éditions de 1637-56.—L'édition de 1638 P. numérote partout les scènes en nombres ordinaux: SCÈNE DEUXIÈME, SCÈNE TROISIÈME, etc.

[251-c] ELVIRE, CHIMÈNE. (1638 P.)

[251-d] Le mot seule manque dans les éditions de 1638 P. et de 1644 in-12.

[252] Var. Il alloit au conseil, dont l'heure qu'il pressoit. (1660)

[253] Var. Vous verrez votre crainte heureusement déçue. (1637-56)

[254] Var. LE PAGE. (1638 P. et 44 in-12)

[255] Var. L'INFANTE, au Page. (1637-60)

[256] Var. Va-t'en trouver Chimène, et lui dis de ma part. (1637-44)
Var. Va-t'en trouver Chimène, et dis-lui de ma part. (1648-56)

[257] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1637 in-12 et de 1638 L.—Il se trouve trois vers plus loin dans l'édition de 1644 in-12.

[258] Var. Et je vous vois pensive et triste chaque jour. (1637-56)

[259] Var. L'informer[259-a] avec soin comme va son amour. (1637-44)
Var. Demander avec soin comme va son amour. (1648-56)

[259-a] Voyez tome I, p. 472, note 1532, et tome II, p. 31, note 94.

[260] Var. J'en dois bien avoir soin: je l'ai presque forcée
A recevoir les coups dont son âme est blessée[260-a]. (1637-56)

[260-a] A recevoir le coup dont son âme est blessée. (1644 in-12)

[261] Var. Je dois prendre intérêt à la fin de leurs peines. (1637-56)

[262] Var. On vous voit un chagrin qui va jusqu'à l'excès. (1637-56)

[263] Var. Et plaignant ma foiblesse, admire ma vertu. (1637 in-4o et 39-56)
Var. Et plaignant ma tristesse, admire ma vertu. (1637 in-12 et 38)

[264] Voyez le Lexique, au mot Cavalier.

[265] Var. Ce jeune chevalier, cet amant que je donne. (1637 in-4o, 38 P. et 39-44)

[266] «L'Infante dans le Cid avoue à Léonor l'amour secret qu'elle a pour lui, et l'auroit pu faire un an ou six mois plus tôt.» (Corneille, Examen de Polyeucte.)

[267] Var. Si je sors du respect pour blâmer votre flamme. (1637 in-12 et 38 L.)

[268] Var. Choisir pour votre amant un simple chevalier! (1637 in-4o, 38 P. et 39-44)
Var. Choisir pour votre amant un simple cavalier! (1637 in-12; 38 L. et 48-56)

[269] Var. Et que dira le Roi? que dira la Castille?
Vous souvenez-vous point de qui vous êtes fille[269-a]?
L'INF. Oui, oui, je m'en souviens, et j'épandrai mon sang
Plutôt que de rien faire indigne de mon rang. (1637-56)

[269-a] Vous souvenez-vous bien de qui vous êtes fille? (1638 L.)

[270] Var. Si j'ai beaucoup d'amour, j'ai bien plus de courage. (1637-56)

[271] Var. Un noble orgueil m'apprend qu'étant fille de roi. (1637, 38, 44 in-12 et 48-56)
Var. Un noble orgueil m'apprend qu'étant fille du Roi. (1639 et 44 in-4o)

[272] Var. Si l'amour vit d'espoir, il meurt avecque lui. (1637-56)

[273] L'édition de 1637 in-12 porte guari, pour guéri.

[274] Var. Je suis au désespoir que l'amour me contraigne. (1637-60)

[275] Var. Je ne m'en promets rien qu'une joie imparfaite.
Ma gloire et mon amour ont tous deux tant d'appas,
Que je meurs s'il s'achève et ne s'achève pas. (1637-56)

[276] Var. Pour souffrir la vertu si longtemps au supplice. (1637-56)

[277] Les mots à Léonor manquent dans les éditions de 1637-44.

[278] L'édition de 1637 in-12 porte avant que, pour autant que.

[279] Var. Vous choisissant peut-être on eût pu mieux choisir;
Mais le Roi m'a trouvé plus propre à son desir. (1637-56)

[280] Var. A l'honneur qu'on m'a fait ajoutez-en un autre. (1660 et 63)

[281] Var. Rodrigue aime Chimène, et ce digne sujet
De ses affections est le plus cher objet:
Consentez-y, Monsieur, et l'acceptez pour gendre.
LE COMTE. A de plus hauts partis Rodrigue doit prétendre. (1637-56)

[282] Var. Lui doit bien mettre au cœur une autre vanité. (1637-56)

[283] L'édition de 1682 porte, par erreur, sous la loi, pour sous sa loi.

[284] Var. Instruisez-le d'exemple, et vous ressouvenez
Qu'il faut faire à ses yeux ce que vous enseignez. (1637-56)

[285] Var. Là, dans un long tissu des belles actions. (1639 et 44 in-4o)

[286] Var. Attaquer une place et ranger une armée. (1660-64)

[287] Var. Les exemples vivants ont bien plus de pouvoir. (1637-56)

[288] Var. Et si vous ne m'aviez, vous n'auriez plus de rois.
Chaque jour, chaque instant entasse pour ma gloire
Laurier dessus laurier, victoire sur victoire[288-a].
Le Prince, pour essai de générosité,
Gagneroit des combats marchant à mon côté;
Loin des froides leçons qu'à mon bras on préfère,
[Il apprendroit à vaincre en me regardant faire.]
DON DIÈG. Vous me parlez en vain de ce que je connoi[288-b]:
[Je vous ai vu combattre et commander sous moi.] (1637-56)

[288-a] Lauriers dessus lauriers, victoire sur victoire. (1648-56)

[288-b] Voyez tome I, p. 421, note 3.

[289] Var. Un monarque entre nous met de la différence. (1637-56)

[290] Var. Parlons-en mieux, le Roi fait l'honneur à votre âge. (1644 in-4o)

[291] Var. Le Roi, quand il en fait, les mesure au courage. (1648-56)

[292] «On ne donnerait pas aujourd'hui un soufflet sur la joue d'un héros. Les acteurs mêmes sont très-embarrassés à donner ce soufflet, ils font le semblant. Cela n'est plus même souffert dans la comédie, et c'est le seul exemple qu'on en ait sur le théâtre tragique. Il est à croire que c'est une des raisons qui firent intituler le Cid tragi-comédie. Presque toutes les pièces de Scudéry et de Boisrobert avaient été des tragi-comédies. On avait cru longtemps en France qu'on ne pouvait supporter le tragique continu sans mélange d'aucune familiarité. Le mot de tragi-comédie est très-ancien: Plaute l'emploie[292-a] pour désigner son Amphitryon, parce que si l'aventure de Sosie est comique, Amphitryon est très-sérieusement affligé.» (Voltaire.)

[292-a] Dans le Prologue d'Amphitryon (vers 59 et 63), Plaute désigne la pièce par le nom de tragicocomœdia, non pour la raison que donne ici Voltaire, mais parce qu'on voit figurer ensemble dans ce drame, d'une part des dieux et des rois, personnages de la tragédie, et de l'autre des esclaves, personnages de la comédie.

[293] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1637 in-12 et de 1638. Les autres impressions de 1637-48 ont à la place, soit en marge, soit au-dessous du nom de DON DIÈGUE: Ils mettent l'épée à la main.

[294] Var. O Dieu! ma force usée à ce besoin me laisse! (1637-56)

[295] Var. [Ne lui servira pas d'un petit ornement.]
DON DIÈG. Épargnes-tu mon sang? LE COMTE. Mon âme est satisfaite,
Et mes yeux à ma main reprochent ta défaite.
DON DIÈG. Tu dédaignes ma vie! LE COMTE. En arrêter le cours
Ne seroit que hâter la Parque de trois jours[295-a]. (1637-56)

[295-a] Ce vers termine la scène dans les éditions indiquées.

[296] Var. DON DIÈGUE, seul. (1637-60)

[297] Var. [Passe, pour me venger, en de meilleures mains.]
Si Rodrigue est mon fils, il faut que l'amour cède,
Et qu'une ardeur plus haute à ses flammes succède:
Mon honneur est le sien, et le mortel affront
Qui tombe sur mon chef rejaillit sur son front[297-a]. (1637-56)

[297-a] Ce vers termine la scène dans les éditions indiquées.

[298] Var. Je l'ai vu tout sanglant, au milieu des batailles,
Se faire un beau rempart de mille funérailles.
DON RODR. Son nom? c'est perdre temps en propos superflus.
DON DIÈG. Donc pour te dire encor quelque chose de plus. (1637-56)

[299] Var. Montre-toi digne fils d'un tel père que moi. (1637-56)

[300] Var. Je m'en vais les pleurer: va, cours, vole, et nous venge. (1637-56)

[301] «On mettait alors des stances dans la plupart des tragédies, et on en voit dans Médée. On les a bannies du théâtre. On a pensé que les personnages qui parlent en vers d'une mesure déterminée ne devaient jamais changer cette mesure, parce que s'ils s'expliquaient en prose, ils devraient toujours continuer à parler en prose. Or les vers de six pieds étant substitués à la prose, le personnage ne doit pas s'écarter de ce langage convenu. Les stances donnent trop l'idée que c'est le poëte qui parle. Cela n'empêche pas que ces stances du Cid ne soient fort belles et ne soient encore écoutées avec beaucoup de plaisir.» (Voltaire.)—D'Aubignac a fait dans sa Pratique du théâtre (p. 345 et 346) des réflexions analogues sur ces stances: «Pour rendre.... vraisemblable qu'un homme récite des stances, c'est-à-dire qu'il fasse des vers sur le théâtre, il faut qu'il y ait une couleur ou raison pour autoriser ce changement de langage.... Souvent nos poëtes ont mis des stances en la bouche d'un acteur parmi les plus grandes agitations de son esprit, comme s'il étoit vraisemblable qu'un homme en cet état eût la liberté de faire des chansons. C'est ce que les plus entendus au métier ont très-justement condamné dans le plus fameux de nos poëmes, où nous avons vu un jeune seigneur, recevant un commandement qui le réduisoit au point de ne savoir que penser, que dire, ni que faire, et qui divisoit son esprit par une égale violence entre sa passion et sa générosité, faire des stances au lieu même où il étoit, c'est-à-dire composer à l'improviste une chanson au milieu d'une rue. Les stances en étoient fort belles, mais elles n'étoient pas bien placées; il eût fallu donner quelque loisir pour composer cette agréable plainte.» D'Aubignac constate du reste le succès de ce morceau: «Les stances de Rodrigue, où son esprit délibère entre son amour et son devoir, ont ravi toute la cour, et tout Paris» (p. 402).

[302] Var. DON RODRIGUE, seul. (1637-60)

[303] L'édition de 1682 porte par erreur: «Percé jusqu'au fond du cœur.»

[304] Var. L'un échauffe mon cœur, l'autre retient mon bras. (1637-55)

[305] Var. Illustre tyrannie, adorable contrainte,
Par qui de ma raison la lumière est éteinte,
A mon aveuglement rendez un peu de jour[305-a]. (1637 in-4o P. et 44 in-12)
Var. Impitoyable loi, cruelle tyrannie. (1637 in-12, 38 et 44 in-4o)

[305-a] Tel est le texte des deux éditions in-4o de 1637 qui appartiennent à la Bibliothèque impériale. L'édition de l'Institut et celle de la Bibliothèque de Versailles sont, pour ces trois vers, conformes à l'édition de 1682.

[306] Var. Noble ennemi de mon plus grand bonheur. (1637-48)

[307] Var. Qui fais toute ma peine. (1637-56)

[308] Var. Qui venge cet affront irrite sa colère,
Et qui peut le souffrir ne la mérite pas[308-a].
Prévenons la douleur d'avoir failli contre elle,
Qui nous seroit mortelle.
Tout m'est fatal, rien ne me peut guérir,
Ni soulager ma peine. (1637-56)

[308-a] Et qui peut la souffrir ne la mérite pas. (1637 in-12 et 38)—L'édition de 1644 in-12 porte: «ne le mérite pas,» au lieu de: «ne la mérite pas.»

[309] Var. Allons, mon bras, du moins sauvons l'honneur,
Puisqu'aussi bien il faut perdre Chimène. (1637-56)

[310] L'édition de 1637 in-12 porte par erreur: «Oui, mon esprit est déçu.»

[311] Var. Dois-je pas à mon père avant qu'à ma maîtresse? (1637-48)
Var. Dois-je pas à mon père autant qu'à ma maîtresse? (1652-56)

[312] Var. Et tous honteux d'avoir tant balancé. (1637, 38 L. et 39)

[313] Var. LE COMTE, DON ARIAS. (1638 P.)

[314] Var. Je l'avoue entre nous, quand je lui fis l'affront,
J'eus le sang un peu chaud et le bras un peu prompt. (1637-56)

[315] Var. Qu'il prenne donc ma vie, elle est en sa puissance.
DON ARIAS. Un peu moins de transport et plus d'obéissance:
D'un prince qui vous aime apaisez le courroux. (1637-56)

[316] Var. Monsieur, pour conserver ma gloire et mon estime. (1637-56)

[317] Var. Et quelque grand qu'il fût, mes services présents. (1637-56)

[318] Voyez la Notice du Cid, p. 17 et note 41.

[319] Var. Tout l'État périra plutôt que je périsse. (1637-56)

[320] Dans les premières éditions, il y a un point d'interrogation à la fin de ce vers et du précédent.

[321] Voyez tome I, p. 150, note 479-a.

[322] Var. Tout couvert de lauriers, craignez encor la foudre. (1637-56)

[323] Il n'y a point ici de jeu de scène dans les éditions de 1637 in-12 et de 1638. Dans celles de 1637 in-4o et de 1638-60, on lit: Don Arias rentre, au lieu de: Il est seul.

[324] Var. Je m'étonne fort peu de menaces pareilles[324-a]:
Dans les plus grands périls je fais plus de merveilles;
Et quand l'honneur y va, les plus cruels trépas
Présentés à mes yeux ne m'ébranleroient pas. (1637-56)

[324-a] L'édition de 1644 in-12 porte, par erreur:

Je m'étonne fort peu de pareilles menaces.

Cette transposition fortuite a cela de remarquable qu'elle donne au vers la rime qu'il aura à partir de 1660.

[325] Var. DON RODRIGUE, LE COMTE. (1638 P.)

[326] Var. La valeur n'attend pas le nombre des années. (1637 in-12 et 38)—Cicéron a dit dans la cinquième Philippique, chapitre XVII: «C. Cæsar ineunte ætate docuit ab excellenti eximiaque virtute progressum ætatis exspectari non oportere;» et du Vair dans sa quatorzième Harangue funèbre, en parlant de Louis XIII enfant: «Ne nous promet-il pas que nous verrons, et bientôt, la vengeance de ce terrible assassinat? Ce sera son apprentissage, ce seront ses premiers faits d'armes que la vengeance de son père. Ne mesurez pas sa puissance par ses ans: la vertu aux âmes héroïques n'attend pas les années; elle fait son progrès tout à coup.» (Œvres de messire Guill. du Vair. Paris, Séb. Cramoisy, 1641, in-fol., p. 715.) Corneille, qui dans Polyeucte paraît s'être rappelé un autre passage de du Vair, pourrait bien s'être souvenu ici de celui que nous venons de citer. Voyez aussi l'Appendice du Cid, II, p. 214.

[327] Var. Mais t'attaquer à moi! qui t'a rendu si vain? (1637-56)

[328] Var. Mille et mille lauriers dont ta tête est couverte. (1637-56)

[329] Var. Et que voulant pour gendre un chevalier parfait. (1637 in-4o, 38 P., 39 et 44.)

[330] Corneille se rappelle sans doute ici ce passage de Sénèque: «Ignominiam judicat gladiator cum inferiore componi, et scit cum sine gloria vinci qui sine periculo vincitur.» (De Providentia, cap. III.) Plus tard, dans son Arminius, représenté en 1642, et imprimé seulement en 1644, Scudéry a reproduit presque textuellement (acte I, scène III) le vers de Corneille:

Les lâches seulement dérobent la victoire,
Et vaincre sans péril seroit vaincre sans gloire;

et par une singulière erreur, plusieurs critiques, confondant les dates, ont voulu, à cette occasion, faire de Corneille un plagiaire de Scudéry.

[331] Var. Ton bonheur n'est couvert que d'un petit nuage. (1637-56)

[332] Var. Et je vous en contois la première nouvelle. (1637-56)

[333] Var. Impitoyable honneur, mortel à mes plaisirs. (1637-56)

[334] Var. Et de ma part mon âme, à tes ennuis sensible. (1637-56)

[335] Var. Les accommodements ne sont rien en ce point. (1638 P.)

[336] Var. Les affronts à l'honneur ne se réparent point. (1637-56)

[337] Var. En vain on fait agir la force et la prudence. (1637 in-12, 38 et 44 in-4o)

[338] Ce vers, dans l'édition de 1682, a une ponctuation différente et qui change le sens:

Que crains-tu d'un vieillard l'impuissante foiblesse?

[339] Var. Souffrir un tel affront, étant né gentilhomme!
Soit qu'il cède ou résiste au feu qui le consomme. (1637-44)

[340] Var. Chimène est généreuse, et quoiqu'intéressée,
Elle ne peut souffrir une lâche pensée. (1637-56)

[341] Var. Ah! Madame, en ce cas je n'ai point de souci. (1637 in-12)

[342] Var. L'INFANTE, LE PAGE, CHIMÈNE, LÉONOR. (1638 P.)

[343] Var. Hors de la ville ils sont sortis ensemble. (1637 in-12)

[344] Var. Avecque mon espoir fait renaître ma peine. (1637-56)

[345] Var. Alors que le malade aime sa maladie. (1637-44)
Var. Sitôt que le malade aime sa maladie. (1648-60)

[346] Var. Il ne peut plus souffrir que l'on y remédie. (1637-56)

[347] Var. Mais toujours ce Rodrigue est indigne de vous. (1637-56)

[348] Telle est partout l'orthographe du mot dans les éditions publiées du vivant de Corneille, et encore dans celle de 1692, et cela sans doute afin de rendre certaines rimes plus satisfaisantes pour l'œil, comme par exemple celle-ci (vers 1177 et 1178):

L'espérance et l'amour d'un peuple qui l'adore, Le soutien de Castille, et la terreur du More.

Mais dans les Discours et les Examens Corneille écrit les Maures.

[349] Var. Au milieu de l'Afrique arborer ses lauriers. (1637-56)

[350] Var. Et faire ses sujets des plus braves guerriers. (1637 in-12)