1: Darwin, De l'origine des espèces.—Prosper Lucas, De l'hérédité.

2: Spinoza, Éthique. 4e Partie, axiome.

3: Consulter, pour voir cette échelle d'effets coordonnés: Renan, Langues sémitiques, 1er chapitre.—Mommsen, Comparaison des civilisations grecque et romaine, 2e chapitre, 1er volume, 3e édition.—Tocqueville, Conséquences de la démocratie en Amérique, 3e volume.

4: Montesquieu, Esprit des lois, Principes des trois gouvernements.

5: La philosophie alexandrine ne naît qu'au contact de l'Orient. Les vues métaphysiques d'Aristote sont isolées; d'ailleurs chez lui, comme chez Platon, elles ne sont qu'un aperçu. Voyez par contraste la puissance systématique dans Plotin, Proclus, Schelling et Hegel, ou encore l'audace admirable de la spéculation brahmanique et bouddhique.

6: J'ai essayé plusieurs fois d'exprimer cette loi, notamment dans la préface des Essais de critique et d'histoire.

7: De 1550 à 1750.

8: Malte-Brun, t. IV, 398, Danemark signifie champ bas. Sans compter les baies, golfes et canaux, la seizième partie du pays est occupée par les eaux. Le patois jutlandais a encore beaucoup de ressemblance avec l'anglais.

9: Tableau de Ruysdaël, galerie de M. Baring. Des trois îles saxonnes, North Strandt, Busen et Héligoland, North Strandt a été envahie par la mer en 1300, 1483, 1532, 1615, et presque détruite en 1634,—Busen est une plaine unie, battue de tempêtes, qu'il a fallu entourer d'une digue,—Héligoland a été dévastée par la mer en 800, en 1300, en 1500, en 1649, cette dernière fois si terriblement, qu'il n'est resté d'elle qu'un morceau.—Turner, I, 118.

10: Henri Heine, Die nordsee. Voir dans Tacite, Annales, liv. II, l'impression des Romains. Truculentia cœli.

11: Watten, Platen, Sande, Düneninseln.

12: C'est à 9 ou 10 milles, près d'Héligoland, qu'on trouve pour la première fois des profondeurs de vingt perches.

13: Palgrave, Saxon commonwealth, t. I.

14: Notes d'un voyage en Angleterre.

15: Léonce de Lavergne, De l'agriculture anglaise. Le sol est beaucoup plus mauvais que celui de la France.

16: Tacite, De moribus Germanorum, passim: Diem, noctemque continuare potando, nulli probrum.—Sera juvenum Venus.—Totos dies juxta focum atque ignem agunt.—Dargaud, Voyage en Danemark. Six repas par jour, le premier à 5 heures du matin. Voir les figures et les repas à Hambourg et à Amsterdam.

17: Bède, V. 10. Sidoine, VIII, 6. Lingard, Histoire d'Angleterre.

18: Zosime, III, 147. Ammien Marcellin, XXVIII, 526.

19: Vikings. Aug. Thierry, Hist. sancti Edmundi, t. VI, 441 apud Surium. Voir l'Yglingasaga, et surtout la Saga d'Egill.

20: Francs, Frisons, Saxons, Danois, Norvégiens, Islandais, sont un même peuple. La langue, les lois, la religion, la poésie diffèrent à peine. Ceux qui sont plus au nord restent plus tardivement dans les mœurs primitives. La Germanie aux quatrième et cinquième siècles, le Danemark et la Norvége au septième et au huitième, l'Islande aux dixième et onzième siècles, offrent le même état, et les documents de chaque pays peuvent combler les lacunes qu'il y a dans l'histoire des autres.

21: Tacite, De moribus Germanorum, XXII: Gens nec astuta, nec callida.

22: Pictorial history of England, by Craig and Mac-Farlane, I, 337. W. de Malmsbury. Henri de Huntington, VI, 365.

23: Turner, History of the Anglo-Saxons, III, 29.

24: Tacite, De moribus Germanorum, XXII, XXIII.

25: Kemble, Saxons in England, I, 70; II, 184. «Les actes d'un parlement anglo-saxon sont une série de traités de paix entre toutes les associations qui composent l'État, une révision et un renouvellement continuels de toutes les alliances offensives et défensives entre tous les hommes libres. Ils sont universellement des contrats mutuels pour le maintien de la paix.» (Frid.)

26: Turner, III, 238. Lois d'Ina.

27: Mot de Milton (Kites and Crows). Lingard, t. I, ch. III. Cette histoire ressemble beaucoup à celle des Francs dans les Gaules. Voy. Grégoire de Tours. Les Saxons comme les Francs s'amollissent un peu, mais surtout se dépravent, et sont pillés et massacrés par leurs frères du Nord restés sauvages.

28: Pictorial history, I, 171. Vita sancti Dunstani. Anglia sacra, II.

29: Pictorial history, I, 270. Vie de S. Wulston, évêque.

30: «Tantæ sævitiæ erant fratres illi quod, cum alicujus nitidam villam conspicerent, dominatorem de nocte interfici juberent, totamque progeniem illius possessionemque defuncti obtinerent.» Turner, III, 32. Henri de Huntington, VI, 367.

31: Penè gigas statura, dit le chroniqueur. 1055. Kemble, I, 393. Henri de Huntington, liv. VI, 367.

32: «Ein sinniger Ernst, der sie dem Eitlen entfuhrt, und auf die Spur des Erhabenen leitet.» Grimm, Mythologie, 52. Vorrede.

33: Tacite, XX, XXIII, XI, XII, XIII et passim. On peut voir encore les traces de ce goût dans les constructions anglaises.

34: Tacite, XII.

35: «Une fois mariées, ce sont exactement des couveuses occupées à faire des enfants, et en adoration perpétuelle devant le faiseur.» Stendhal, de l'Amour en Allemagne.

36: Tacite, XIX, VIII, XVI. Kemble, I, 232.

37: Tacite, XIV. Kemble, I, 32.

38: «In omni domo, nudi et sordidi.... Plus per otium transigunt, dediti somno, ciboque; totos dies juxta focum atque ignem agunt.»

39: Grimm, 53, Vorrede, Tacite, X.

40: «Deorum nominibus appellant secretum illud, quod sola reverentia vident.» Plus tard, à Upsal par exemple, il y eut des statues. (Adam de Brême.)

Wuotan (Odin) signifie, par sa racine, le Tout-Puissant, celui qui pénètre et circule à travers tout. (Grimm, Mythologie.)

41: Voyez passim. Edda Sœmundi, Edda Snorri. Ed. Copenhague, 3 vol.

M. Bergmann en a traduit plusieurs poëmes; j'emprunte parfois sa traduction. Visions de la Vala. Discours de Vafthrudnis, etc.

42: Fafnismâl, Edda, t. III. Cette épopée est commune aux races du Nord comme l'Iliade aux peuplades de la Grèce, et se retrouva presque tout entière en Allemagne dans les Niebelungen.

43: Ce mot désigne les hommes qui combattaient sans cuirasse, probablement vêtus d'une simple blouse.

44: Voyez la vie de Sweyn, d'Hereward, etc., même au temps de la conquête.

45: Beowulf, passim. Death of Byrhtnoth.

46: «Gens nec callida, nec astuta.» Tacite.

47: The Wanderer, the Exile's song. Codex Exoniensis, publié par Thorpe.

48: Beowulf, 48. Turner, III, 08. Pictorial history, I, 340.

49: Alfred emprunte ce portrait à Boëce, mais le refait presque entier.

50: Kemble pense que le fond de ce poëme est très-ancien, peut-être contemporain de l'invasion des Angles et des Saxons, mais que la rédaction actuelle est postérieure au septième siècle. Kemble's Beowulf, texte et traduction. Les personnages sont danois.

51: Monstres de l'eau.

52: Fen-dwelling.

53: Conybeare's illustrations of anglo-saxon poetry. Bataille de Finsburg.—La collection complète des poésies anglo-saxonnes a été publiée par M. Grein.

54: La lance, l'épée.

55: Turner, III, 280. Chant sur la bataille de Brunanburh.

56: Les plus habiles entre les érudits qui savent l'anglo-saxon reconnaissent l'obscurité de cette pensée. V. Turner, Conybeare, Thorpe, etc.

57: Turner, III, 261. Nos traductions, si littérales qu'elles soient, faussent le texte; notre langue est trop claire, trop gouvernée par la logique; on ne peut comprendre cette forme d'esprit extraordinaire, qu'en prenant un dictionnaire, et en déchiffrant pendant quinze jours quelques pages d'anglo-saxon.

58: Turner remarque que la même idée exprimée par le roi Alfred, en prose, puis en vers, occupe dans le premier cas seize mots, et dans le second sept. History of the Anglo-Saxons, III, 269.

59: 596-625, Aug. Thierry, I, 81, Bède, 2, XII. Il vaut mieux suivre la traduction du roi Alfred que le latin de Bède.

60: V. Jouffroy, Problème de la destinée humaine.

61: Michelet, préface de la Renaissance. Didion, Histoire de Dieu.

62: Vers 680. Voyez Codex Exoniensis, publié par Thorpe.

63: Conybeare's Illustrations, 222.

64: Kemble, t. I, liv. I, XII. Dans ce chapitre il a rassemblé une foule de traits qui marquent la persistance de l'ancienne mythologie.

65: Grein, Bibliothek der Angelsæchsischen poesie.

66: M. Kemble, 1, 407, a montré que l'analogie subsiste jusque dans les images de ce chant et du morceau correspondant de l'Edda.

67: Ce début est dans Milton. On pense que, par l'érudit Junius, il a pu avoir quelque connaissance de ce poëme.

68: Ils sentent eux-mêmes leur impuissance et leur décrépitude. Bède, divisant l'histoire du monde en six périodes, dit que la cinquième, qui s'étend du retour de Babylone à la naissance du Christ, est la période sénile; la sixième est la présente, ætas decrepita, totius morte sæculi consummanda.

69: Mort en 901. Adlhem, mort en 709. Bède, mort en 735. Alcuin vivait sous Charlemagne, Érigène sous Charles le Chauve.

70: Voici le latin de Boëce, si étudié, si joli, et qu'on ne saurait rendre en français.

«Quondam funera conjugis
Vates Threicius gemens,
Postquam flebilibus modis
Silvas currere, mobiles
Amnes stare coegerat,
Junxitque intrepidum latus
Sævis cerva leonibus,
Nec visum timuit lepus
Jam cantu placidum canem;
Cum flagrantior intima
Fervor pectoris ureret,
Nec qui cuncta subegerant
Mulcerent dominum modi;
Immites superos querens,
Infernas adiit domos.
Illic blanda sonantibus
Chordis carmina temperans,
Quidquid præcipuis Deæ
Matris fontibus hauserat,
Quod luctus dabat impotens,
Quod luctum geminans amor,
Deflet Tartara commovens,
Et dulci veniam prece
Umbrarum dominos rogat.
Stupet tergeminus novo
Captus carmine janitor;
Quæ sontes agitant metu
Ultrices scelerum Deæ
Jam mœstæ lacrymis madent.
Non Ixionium caput
Velox præcipitat rota,
Et longa site perditus
Spernit flumina Tantalus.
Vultur dum satur est modis
Non traxit Tityi jecur.
Tandem, vincimur, arbiter
Umbrarum miserans ait.
Donemus comitem viro
Emptam carmine conjugem.
Sed lex dona coerceat,
Nec, dum Tartara liquerit,
Fas sit lumina flectere.
Quis legem det amantibus!
Major lex fit amor sibi.
Heu! noctis prope terminos
Orpheus Eurydicem suam
Vidit, perdidit, occidit.
Vos hæc fabula respicit,
Quicunque in superum diem
Mentem ducere quæritis.
Nam qui tartareum in specus
Victus lumina flexerit,
Quidquid præcipuum trahit
Perdit, dum videt inferos.

(Livre III, metrum 12)

71: Ingram's Saxon chronicle.

72: Mot de Guillaume de Malmesbury.

73: Primitus (pantorum procerum prætorumque pio potissimum paternoque præsertim privilegio) panegyricum poemataque passim prosatori sub polo promulgantes, stridula vocum symphonia ac melodiæ cantilenæque carmine modulaturi hymnizemus.

74: En Islande, patrie des plus farouches rois de la mer, il n'y a plus de crimes; les prisons ont été employées à d'autres usages; les seules punitions sont des amendes.

75: Pictorial history, I, 249. «Toutes les villes, et même les villages et les hameaux que possède aujourd'hui l'Angleterre, paraissent avoir existé depuis les temps saxons.... La division actuelle en paroisses est presque sans altération celle du dixième siècle.»

D'après le Doomsday-book, M. Turner évalue à trois cent mille le nombre des chefs de famille indiqués. Si chaque famille est de cinq personnes, cela fait un million cinq cent mille. Il ajoute cinq cent mille pour les quatre comtés du Nord, pour Londres et plusieurs grandes villes, pour les moines et le clergé des campagnes qui ne sont point comptés.... Il faut n'accepter ces chiffres que sous toute réserve. Néanmoins ils sont d'accord avec ceux de Mackintosh, de George Chalmers et de plusieurs autres; beaucoup de faits prouvent que la population saxonne était très-nombreuse, et tout à fait hors de proportion avec la population normande.

76: Warton, History of English poetry. Préface.

77: Voir, entre autres peintures de mœurs, les premiers récits de la première croisade: Godefroy fend un Sarrasin jusqu'à la ceinture.—En Palestine, une veuve était obligée, jusqu'à soixante ans, de se marier, parce que nul fief ne pouvait rester sans défenseur.—Un chef espagnol dit à ses hommes épuisés, après une bataille: «Vous êtes trop las et trop blessés; mais venez vous battre avec moi contre cette autre troupe; les blessures fraîches que nous recevrons nous feront oublier celles que nous avons reçues.»—En ce temps-là, dit la Chronique générale d'Espagne, les rois, comtes et nobles, et tous les chevaliers, afin d'être prêts à toute heure, tenaient leurs chevaux dans la salle où ils couchaient avec leurs femmes.

78: Voir, pour tous les détails, les Chroniques anglo-normandes, III, p. 4, citées par Aug. Thierry. J'ai vu moi-même l'endroit et le paysage.

79: Sur trois colonnes d'attaque, à Hastings, il y en avait deux formées par les auxiliaires. Au reste, les chroniqueurs ne se trompent pas sur ce fait capital; ils sont tous d'accord pour déclarer que l'Angleterre fut conquise par des Français.

80: Ce fut un pêcheur de Rouen, soldat de Rollon, qui tua le duc de France à l'embouchure de l'Eure. Hastings, le fameux roi de mer, était fils d'un laboureur des environs de Troyes.

81: «Au dixième siècle, dit Stendhal, un homme souhaitait deux choses: 1o n'être pas tué; 2o avoir un bon habit de peau.»—Voy. ici la Chronique de Fontenelle.

82: Guillaume de Malmesbury.

83: Pictorial history, I, 615. Églises de Londres, de Sarum, de Norwich, Durham, Chichester, Peterborough, Rochester, Hereford, Glocester, Oxford, etc.—Guillaume de Malmesbury.

84: Mot d'Orderic Vital.

85: Robert Wace, roman de Rou.

86:

Et li Normanz et li Franceiz
Tote nuit firent oreisons,
Et furent en aflicions.
De lor péchiés confèz se firent
As proveires les regehirent,
Et qui n'en out proveires prèz,
A son veizin se fist confèz,
Pour ço ke samedi esteit
Ke la bataille estre debveit.
Unt Normanz a pramis e voé,
Si com li cler l'orent loé,
Ke à ce jor mez s'il veskeient,
Char ni saunc ne mangeraient.
Giffrei, éveske de Coustances,
A plusors joint lor pénitances.
Cli reçut li confessions
Et dona li béneiçons.

87:

Taillefer ki moult bien cantout
Sur un roussin qui tot alout,
Devant li dus alout cantant
De Kalermaine e de Rolant,
E d'Oliver et des vassals
Ki morurent à Roncevals.
Quant ils orent chevalchié tant
K'as Engleis vindrent aprismant:
«Sires, dist Taillefer, merci!
Jo vos ai languement servi.
Tut mon servise me debvez,
Hui, si vos plaist, me le rendez:
Por tout guerredun vos requier,
Et si vos voil forment preier,
Otreiez-mei, ke jo n'i faille,
Li primier colp de la bataille.»
Et li dus répont: «Je l'otrei.»
Et Taillefer point à desrei;
Devant toz li altres se mist,
Un Englez féri, si l'ocist.
De sos le pis, parmie la pance,
Li fist passer ultre la lance,
A terre estendu l'abati.
Poiz trait l'espée, altre féri.
Poiz a crié: «Venez, venez!
Ke fetes-vos? Férez, férez!»
Donc l'unt Englez avironé,
Al secund colp k'il ou doné.

(Robert Wace.)

88: Cette idée des types s'applique dans toute la nature physique et morale.

89:

Ço sent Rollans que la mort le trespent,
Devers la teste sur le quer li descent;
Desuz un pin i est alet curant,
Sur l'herbe verte si est culchet adenz;
Desuz lui met l'espée et l'olifan;
Turnat sa teste vers la païene gent;
Pour ço l'at fait que il voelt veirement
Que Carles diet e trestute sa gent,
Li gentilz quens, qu'il fut mort cunquérant.
Cleimet sa culpe, e menut e suvent,
Pur ses pecchez en puroffrid lo guant.
Li quens Rollans se jut desuz un pin,
Envers Espaigne en ad turnet sun vis,
De plusurs choses a remembrer le prist,
De tantes terres cume li bers cunquist,
De dulce France, des humes de sun lign,
De Carlemagne sun seignor ki l' nurrit.
Ne poet muer n'en plurt et ne susprit.
Mais lui meisme ne volt mettre en ubli.
Cleimet sa culpe, si priet Dieu mercit:
«Veire paterne, ki unques ne mentis,
Seint Lazaron de mort resurrexis,
Et Daniel des lions guaresis,
Guaris de mei l'anme de tuz perilz,
Pur les pecchez que en ma vie fis.»
Sun destre guant à Deu en puroffrit.
Seint Gabriel de sa main l'ad pris.
Desur sun bras teneit le chef enclin,
Juntes ses mains est alet à sa fin.
Deus i tramist sun angle cherubin,
Et seint Michel qu'on cleimet del péril
Ensemble ad els seint Gabriel i vint,
L'anme del cunte portent en pareis.

(Chanson de Roland, Ed. Génin.)

90:

Mon très-chier ami débonnaire,
Vous m'avez une chose ditte
Qui n'est pas à faire petite
Mais que l'on doit moult resongnier.
Et nonpourquant, sanz eslongnier,
Puisque garison autrement
Ne povez avoir vraiement,
Pour vostre amour les occiray,
Et le sang vous apporteray.

91:

Vraiz Diex, moult est excellente,
Et de grant charité plaine,
Vostre bonté souveraine.
Car vostre grâce présente,
A toute personne humaine,
Vraix Diex, moult est excellente,
Puisqu'elle a cuer et entente,
Et que à ce désir l'amaine
Que de vous servir se paine.

92: La Fontaine et ses Fables, par H. Taine, p. 15.

93: La Fontaine, Contes, Richard Minutolo.

94:

Parler lui veut d'une besogne,
Où crois que peu conquerrérois
Si la besogne vous nommois.

95: À la mort du roi Étienne, il y avait onze cent quinze châteaux de bâtis.

96: A. Thierry, Histoire de la Conquête de l'Angleterre, II.

97: William de Malmesbury. A. Thierry, II, 20, 122-203.

98: «Dès l'an 652, dit Warton, l'usage commun des Anglo-Saxons était d'envoyer leurs enfants dans les monastères de France pour y être élevés; et l'on regardait non-seulement la langue, mais encore les manières françaises, comme un mérite et comme le signe d'une bonne éducation.»

99: Warton. I, p. 5. Ed. Price, 1840.

100: Trevisa's translation of Hygden's Polychronicon.

101: Statuts de fondation de New-College à Oxford. Dans l'abbaye de Glastonbury, en 1247: Liber de excidio Trojæ, gesta Ricardi regis, gesta Alexandri Magni, etc. Dans l'abbaye de Peterborough: Amys et Amelion, sir Tristam, Guy de Bourgogne, gesta Otuclis, les prophéties de Merlin, le Charlemagne de Turpin, la destruction de Troie, etc. V. Warton, ibidem.

102: En 1154.

103: Warton, t. I. 76-78.

104: En 1400. Warton, t. III, 248. Gower meurt en 1408; ses ballades françaises appartiennent à la fin du quatorzième siècle.

105: Il écrit en 1356, et meurt en 1372.

106: And, for als moch as it is long time passed that there was no general passage ne vyage over the sea, and many men desiren for to hear speak of the holy Lond, and han thereof great solace and comfort, I, John Maundeville, knight, all be it I be not worthy, that was born in Englond, in the town of Saint-Albons, passed the sea in the yer of our Lord Jesu-Christ 1322, in the day of saint Michel; and hider-to have ben long time over the sea, and have seen and gone thorough many divers londs, and many provinces, and kingdoms, and isles.

And ye shull understond that I have put this book out of Latin into French and translated it agen our of French into English, that every man of my nation may understond it.

107: Texte français, imprimé en 1487.—Bibl. impériale.

108: And at the desartes of Arabye he wente into a chapell wher a Eremyte duelte. And whan he entred into the chapell that was but a lytill and a low thing, and had but a lytill dor and a low, than the entree began to wexe so great and so large, and so high, as though it had be of a gret mynster, or the zate of a paleys.

109: On sait que l'original où Wace a puisé pour sa vieille Histoire d'Angleterre est la compilation latine de Geoffroy de Monmouth.

110: Extract from the account of the Proceedings at Arthur's Coronation, given by Layamon, in his translation of Wace, executed about 1180.

Tha the king igeten hafde
And al his mon-weorede,
Tha bugan put of burhge
Theines swithen balde.
Alle tha kinges,
And heore here-thringes.
All tha biscopes,
And alle tha clarckes,
All the eorles.
And alle tha beornes.
Alle tha theines,
Alle the sweines,
Feire iscrudde,
Helde geond felde.
Summe heo gunnen æruen,
Summe heo gunnen urnen,
Summe heo gunnen lepen,
Summe heo gunnen sceoten,
Summe heo wræstleden
And wither-gome makeden,
Summe heo on velde
Pleouweden under scelde,
Summe heo driven balles
Wide geond the feldes.
Moni ane kunnes gomen
Ther heo gunnen drinen.
And wha swa mihte iwenne
Wurthscipe of his gomene,
Hine me ladde mide songe
At foren than leod kinge;
And the king, for his gomene,
Gaf him geven gode.
Alle tha quene
The icumen weoren there,
And alle tha lafdies,
Leoneden geond walles,
To bihalden tha duge then,
And that folc plæie.
This ilæste threo dæges,
Swulc gomes and swulc plæghs,
Tha, at than veorthe dæie
The king gon to spekene
And agaf his gode cnihten
All heore rihten;
He gef seolver, he gef gold,
He gef hors, he gef lond,
Castles, and clæthes eke;
His monnen he iquende.

111: Après 1297.

112: Terminé vers 1339. Son Manuel des péchés est de 1303.

113: Vers 1312.

114: Vers 1349.

115:

Mankynde mad ys to do Goddus wille,
Und alle hys byddyngus to fulfille.
For of al hys making more and les,
Man most principal creature es.
Al that he made, for man hit was done,
As ye schal here after sone.

Ces morceaux sont extraits, pour la plupart, de Warton, Ellis, Thomas Wright, Ritson. Jusqu'au seizième siècle l'orthographe varie selon les auteurs et les éditeurs.

116: Temps de Henri III. Reliquiæ antiquæ. Edited by Th. Wright et Halliwell.

117:

Blessed beo thu, Lavedi,
Ful of hovene blisse,
Swete flur of parais,
Moder of milternisse....
Blessed beo thu, Lavedi,
So fair and so briht;
Al min hope is upon the
Bi dai and bi nicht....
Bricht and scene quen of storre,
So me liht and lere
In this false fikele world,
So me led and steore,
That ich at min ende dai
Ne habbe non feond to fere.

118: Vers 1278. Ritson's Essay on national Song. Ritson's ancient Songs.

119:

Bytuene Mershe and Aueril,
When spray biginneth to springe,
The lutel foul hath hire wyl
On hyre lud to synge,
Ich libbe in loue-longinge
For semlokest of alle thynge.
He may me blysse bringe,
Ich am in hire baundoun.
An hendy hap ich abbe yhent,
Ichot from heuene it is me sent.
From all wymmen my love is lent,
Lyht on Alysoun.

Suete lemmon, y preye the, of loue one speche,
Whil y lyue in world so wide other nulle y seche.
With thy loue, my suete leof, my bliss thou mihtes eche,
A sue cos of thy mouth mihte be my leche.

120:

Sumer is i-cumen in,
Lhude sing cuccu:
Groweth sed, and bloweth med,
And springth the wde nu.
Sing cuccu, cuccu.
Awe bleteth after lomb,
Llouth after calue cu,
Bulluc sterteth, bucke verteth:
Murie sing cuccu,
Cuccu, cuccu.
Wel singes thu, cuccu;
Ne swik thu, nauer nu.
Sing, cuccu, nu,
Sing, cuccu.

121: Poëme sur le Hibou et le Rossignol, qui disputent pour savoir qui a la plus belle voix.

122:

There is a wel fair abbei,
Of white monkes and of grei.
Ther beth bowris and halles:
Al of pasteiis beth the walles,
Of fleis, of fisse, and rich met,
The likfullist that man may et.
Fluren cakes beth the schingles alle,
Of cherche, cloister, boure, and halle.
The pinnes beth fat podinges
Rich met to princes and kinges....
Though paradis be miri and bright
Cokaign is of fairir sight....
Another abbei is ther bi,
Forsoth a gret fair nunnerie....
When the someris dai is hote,
The yung nunnes takith a bote....
And doth ham forth in that river
Both with ores and with stere....
And each munk him takes on,
And snelliche berrith forth har prei
To the mochil grei abbei,
And techith the nunnes an oreisun,
With iamblene up and down.

123: Lettre de Pierre de Blois.

124: W. de Malmesbury.

125: Couronnement d'Édouard Ier.

126: Les prodigalités et les raffinements croissent à l'excès sous son petit-fils Richard II.

127: À la fête d'installation de George Nevill, frère de Warwick, archevêque d'York, on consomma 104 bœufs et 6 taureaux sauvages, 1000 moutons, 304 veaux, autant de porcs, 2000 cochons, 500 cerfs, chevreuils et daims, 204 chevreaux, 22802 oiseaux sauvages ou domestiques, 300 quartels de blé, 300 tonnes d'ale, 100 de vin, une pipe d'hypocras, 12 marsouins et phoques.

128:

Swylk on ne seygh they never non;
All it was whyt of huel-bon,
And every nayl with gold begrave:
Off pure gold was the stave.
Her mast was of ivory;
Off samyte the sayl wytterly.
Her ropes wer off truely sylk,
Al so whyt as ony mylk.
That noble schyp was al withoute
With clothys of golde sprede aboute;
And her loof and her wyndas
Off assure forsothe it was.

129:

To-morrow ye shall in hunting fare;
And yede, my doughter, in a chair;
It shall be covered with velvet red,
And cloths of fine gold all about your head,
With damask white and azure blue,
Well diapered with lilies new.
Your pommels shall be ended with gold,
Your chains enamelled many a fold,
Your mantle of rich degree;
Purple pall and ermine free.
Jennets of Spain, that ben so light,
Trapped to the ground with velvet bright.
Ye shall have harp, sautry, and song,
And other mirths you among.
Ye shall have Rumney and Malespine,
Both Hippocras and Vernage wine;
Montrese and wine of Greek,
Both Algrade and despice eke,
Antioch and Bastard,
Pyment also and garnard;
Wine of Greek and Muscadel;
Both clare, pyment, and Rochelle,
The reed your stomach to defy;
And pots of Osy set you by.
You shall have venison y-bake,
The best wild fowl that may be take;
A leish of harebound with you to streek,
And hart, and hind, and other like.
Ye shall be set at such a tryst,
That hart and hynd shall come to your fist,
Your disease to drive you fro,
To hear the bugles there y-blow.
Homeward thus shall ye ride,
On-hawking by the river's side,
With gossawk and with gentle falcon,
With bugle horn and merlion.
When you come home your menzie among,
Ye shall have revel, dances and song;
Little children, great and small,
Shall sing as does the nightingale.
Then shall ye go to your even song,
With tenors and trebles among.
Threescore of copes of damask bright,
Full of pearls they shall be pight.
Your censors shall be of gold,
Indent with azure many a fold.
Your quire nor organ song shall want,
With contre-note and descant.
The other half on organs playing,
With young children full fain singing.
Then shall ye go to your supper,
And sit in tents in green arber,
With cloth of arras pight to the ground,
With sapphires set of diamond....
A hundred knights, truly told;
Shall play with bowls in alleys cold,
Your disease to drive away;
To see the fishes in pools play,
To a drawbridge then shall ye,
Th' one half of stone, th' other of tree;
A barge shall meet you full right,
With twenty-four oars full bright,
With trumpets and with clarion,
The fresh water to row up and down....
Forty torches burning bright,
At your bridges to bring you light.
Into your chamber they shall you bring,
With much mirth and more liking.
Your blankets shall be of fustian,
Your sheets shall be of cloth of Rennes.
Your head sheet shall be of pery pight,
With diamonds set and rubies bright.
When you are laid in bed so soft,
A cage of gold shall hang aloft,
With long paper fair burning,
And cloves that be sweet smelling.
Frankincense and olibanum,
That when ye sleep the taste may come;
And if ye no rest can take,
All night minstrels for you shall wake.

130:

In Fraunce these rymes were wroht,
Every Englyshe ne knew it not.

(Warton, I, 123.)

131:

They were led into the place full even.
There they heard angels of heaven;
They said: «Seigneures, tuez, tuez!
Spares hem nought, and beheadeth these!»
King Richard heard the angels' voice
And thanked God and the holy cross.

132: Pictorial history, I, 666. Dialogue on the Exchequer. Temps de Henri II.

133: Domsday book.—Froude's History of England, t. I, 13. «À travers toutes les dispositions perce un but unique: c'est que tout homme, en Angleterre, a sa place définie, et son devoir défini, et que nul être humain n'a la liberté de mener sa vie à son gré sans en rendre compte à personne. C'est la discipline d'une armée transportée dans la vie sociale.»

134: Domsday-book. Tenants in chief.

135: Pictorial history, I, 666. Selon Ailred (Temps de Henri II), «un roi, beaucoup d'évêques et d'abbés, beaucoup de grands comtes et de nobles chevaliers, descendus à la fois du sang anglais et du sang normand, étaient un soutien pour l'un et un honneur pour l'autre.»—«À présent, dit un autre auteur du même temps, comme les Anglais et les Normands habitent ensemble et se sont mariés constamment les uns avec les autres, les deux nations sont si complétement mêlées l'une à l'autre, que, du moins pour ce qui regarde les hommes libres, on peut à peine distinguer qui est de race normande et qui est de race anglaise.... Les vilains attachés au sol, dit-il encore, sont seuls de pur sang saxon.»

136: Grande charte, 1215.

137:

A frankelein was in this compagnie;
White was his berd as is the dayesie.
Of his complexion he was sanguin.
Wel loved he by the morwe a sop in win.
To liven in delit was ever his wone.
For he was Epicures owen sone,
That held opinion, that plein delit
Was veraily felicite parfite.
An housholder, and that a grete was he;
Seint Julian he was in his contree.
His brede, his ale, was alway after on;
A better envyned man was no wher non.
Withouten bake mete never was his hous,
Of fish and flesh, and that so plenteous,
It snewed in his hous of mete and drinke,
Of alle deintees that men coud of thinke.
After the sondry sesons of the yere,
So changed he his mete and his soupere.
Ful many a fat partrich hadde he in mewe;
And many a breme, and many a luce, in stewe.
Wo was his coke but if his sauce were
Poinant and sharpe, and redy all his gere.
His table, dormant in his halle, alway
Stode redy covered alle the longe day.
At sessions ther was he lord and sire;
Ful often time he was knight of the shire.
An anelace and a gipciere all of silk
Heng at his girdel, white as morwe milk.
A shereve hadde he ben and a countour.
Was no wher swiche a worthy vavasour.

138: Prologue des Contes de Cantorbéry, v. 547. Édition Urry.

139:

The Miller was a stout carl for the nones,
Ful bigge he was of braun, and eke of bones;
That proved wel; for over all ther he came,
At wrastling he wold bere away the ram.
He was short shuldered, brode, a thikke gnarre,
Ther n'as no dore, that he n'olde heve of barre,
Or breke it at a renning with his hede.
His berd as any sowe or fox was rede,
And therto brode, as though it were a spade:
Upon the cop right of his nose he hade
A wert, and theron stode a tufte of heres,
Rede as the bristles of a sowes eres:
His nose-thirles blacke were and wide.
A swerd and bokeler bare he by his side.
His mouth as wide was as a forneis:
He was a jangler, and a goliardeis,
And that was most of sinne and harlotries.
Wel coude he stelen corne and tollen thries.
And yet he had a thomb of gold parde.
A white cote and a blew hode wered he.
A baggepipe wel coude he blowe and soune,
And therwithall he brought us out of toune.

140: Dès 1214, et aussi en 1225 et 1254. Guizot, Origine du système représentatif en Angleterre, pages 297-299.

141: 1264.

142: Augustin Thierry, IV, 56. Robin Hood, édition Ritson.

143: