.... Pictoribus atque poetis
Quidlibet audendi semper fuit æqua potestas.
(Art poétique, vers 9 et 10.)

[297] Parmi les éditions publiées en France du vivant de Corneille, les seules qui donnent cet avis Au lecteur et les deux pièces de vers qui le suivent sont celles de 1648, 1652 et 1655.

[298] Voyez ci-dessus la Notice, p. 119, et plus bas l'Examen, p. 137.

[299] Voyez plus loin le commencement de l'Appendice du Menteur, p. 241 et 242.

[300] Constantin Huyghens, seigneur de Zuylichem, né à la Haye, le 4 septembre 1596, mort en 1687, père du célèbre astronome Christian Huyghens. Il était, dans le temps où Corneille écrivait le Menteur, secrétaire des commandements de Henri-Frédéric, prince d'Orange, mort en 1647, et le fut ensuite successivement de Guillaume II et de Guillaume III.—On trouvera pour la première fois dans notre édition deux lettres que Corneille lui a écrites, l'une le 6 mars 1649, l'autre le 20 mai 1650. Notre poëte lui a adressé dans cette même année 1650 la dédicace de Don Sanche.

[301] Cette querelle avait pour objet l'Herodes infanticida, tragédie d'Heinsius dont Corneille a déjà parlé (voyez tome I, p. 102, et tome III, p. 480). On lit dans un passage des Mélanges de littérature tirez des lettres manuscrites de M. Chapelain, relatif aux lettres de M. de Zuylichem: «Il y en a une entre autres où M. Huyghens conseille à Heinsius de ne pas répondre à la dissertation de Balzac sur l'Herodes infanticida» (p. 94). Heinsius tint peu de compte de ce conseil, comme on va le voir. La discussion dura plusieurs années et fit naître un grand nombre d'ouvrages. Voici les titres des principaux: Discours (par Balzac) sur une tragédie de M. Heinsius, intitulée: «Herodes infanticida.» Paris, P. Rocolet, 1636, in-8o. Danielis Heinsii epistola, qua dissertationi D. Balsaci ad Herodem infanticidam respondetur.... editore Marco Zuerio Boxhornio. Lugd. Batavorum, ex officina Elzeviriana, 1636, in-8o. Response à la lettre et au discours de Balzac sur une tragédie de Heins, intitulée: «Herodes infanticida.» 1642, in-8o (par de Croi, ministre en Languedoc). Cl. Salmasii ad Ægidium Menagium epistola super Herode infanticida, Heinsii tragœdia, et censura Balsacii. Parisiis, apud viduam M. Dupuis, 1644, in-8o.

[302] Épigramme était alors généralement du masculin. Voyez le Lexique.

[303] Il s'agit probablement de l'édition du Menteur publiée en 1645, à l'enseigne de la sphère, dans un petit format in-12, et décrite sommairement à la p. 109 de l'Essai bibliographique sur les éditions des Elzéviers, par Bérard.

[304] Ce petit poëme latin se trouve sans aucune variante, et tel que nous le donnons d'après Corneille, en tête des éditions elzéviriennes du Menteur, de 1645 et de 1647. Il n'est pas dans la 1re édition des poésies latines de Zuylichem (Leyde, 1644), mais seulement dans la 2e, au livre X (p. 237) des Épigrammes (la 1re n'en a que IX livres). Cette seconde édition a été publiée en 1655, à la Haye, par Louis Huyghens, sous ce titre: Constantini Hugenii, equitis; Zulichemi, Zeelhemi, etc., toparchæ; principi Auriaco a consiliis; Momenta desultoria; poematum libri XIV. Le vers 13: Et quas negare, etc., y a été supprimé, et, à la fin du vers 16, on lit cui, au lieu de putas.

[305] Cette devise, qui figure sur le titre des poésies hollandaises de Zuylichem, est une allusion à son prénom de Constantin.

[306] Cette pièce se lit, comme la précédente, en tête des éditions elzéviriennes de 1645 et de 1647, qui, au vers 8, donnent l'une et l'autre: J'ose dire, au lieu de: Je tiens tout.

[307] Var. (édit. de 1660): Lope de Vega.

[308] Voyez le commencement de l'Appendice du Menteur, p. 241.

[309] Voyez l'Examen de la Veuve, tome I, p. 396, et celui de la Suivante, tome II, p. 123.

[310] Voyez l'Appendice, p. 269.

[311] Ici, et partout dans la prose, l'édition de 1692 substitue pendant que à cependant que.

[312] Déjà du temps de Corneille les différentes décorations faisaient reconnaître cette duplicité de lieu. Voyez le Discours des trois unités, tome I, p. 120.

[313] Var. (édit. de 1660): les vingt-quatre heures.

[314] «Dans le Menteur, tout l'intervalle du troisième au quatrième vraisemblablement se consume à dormir par tous les acteurs; leur repos n'empêche pas toutefois la continuité d'action entre ces deux actes, parce que ce troisième n'en a point de complète. Dorante le finit par le dessein de chercher des moyens de regagner l'esprit de Lucrèce; et dès le commencement de l'autre il se présente pour tâcher de parler à quelqu'un de ses gens, et prendre l'occasion de l'entretenir elle-même si elle se montre.» (Discours des trois unités, tome I, p. 100.)

[315] Dans les éditions de 1644-1656, il y a, entre Géronte et Dorante, un personnage de plus, qui est ainsi désigné: «Argante, gentilhomme de Poitiers, ami (dans 1644 in-4o: et ami) de Géronte.» Nous le verrons figurer dans une variante du Ve acte, scène 1re, p. 220.

[316] Les noms de Lucrèce et de la suivante Isabelle sont les seuls que Corneille ait empruntés à la comédie espagnole.

[317] Le premier acte se passe aux Tuileries, et les suivants à la place Royale. Voyez ci-dessus, p. 137 et 138, et la note 307 de cette dernière page.

[318] Voltaire, dans son édition du Théâtre de Corneille, a suivi pour le Menteur, comme il nous l'apprend lui-même dans la Préface qu'il a placée en tête de cette comédie, le texte antérieur à 1660, et n'a pas adopté, comme pour les autres pièces, les changements faits depuis par Corneille.—Ce qui paraît assez étrange, c'est que quelquefois ses notes se rapportent au texte de 1660-1682. Ainsi au sujet des vers 41 et 42, qu'il donne ainsi:

Aussi que vous cherchiez de ces sages coquettes
Qui bornent au babil leurs faveurs plus secrètes,
Sans qu'il vous soit permis de jouer que des yeux,

il fait au bas de la page les remarques suivantes, qui sont relatives à une leçon toute différente, à celle que nous avons donnée d'après l'impression de 1682 (voyez p. 143): «Cela n'est pas français. On dit bien: la maison où j'ai été, mais non: la coquette où j'ai été.—Faire l'amour d'yeux et de babil ne peut se dire.»

[319] Var. Et je fais banqueroute à ce fatras de lois. (1644-68)

[320] Var. Ma mine a-t-elle rien qui sente l'écolier?
Qui revient comme moi des royaumes du Code
Rapporte rarement un visage à la mode.
CLIT. Cette règle, Monsieur, n'est pas faite pour vous. (1644-56)

—Voyez ci-dessus la Notice, p. 127.

[321] L'édition de 1692 a remplacé le pluriel par le singulier: au royaume.

[322] Cosme Bartole, que Dumoulin appelle «le premier et le coryphée des interprètes du droit,» naquit à Sasso-Ferrato, dans l'Ombrie, en 1313, et mourut à Pérouse en 1356.

[323] Var. Ayant eu le bonheur que de n'en point sortir. (1644-56)

[324] Var. Qui bornent au babil leurs faveurs plus secrètes,
Sans qu'il vous soit permis de jouer que des yeux[324-a]. (1644-56)

[324-a] Voyez p. 141, note 318.

[325] L'édition de 1682 donne seule des leçons, pour de leçons.

[326] Var. [Ce qu'on admire ailleurs est ici hors de mode:]
J'en voyois là beaucoup passer pour gens d'esprit,
Et faire encore état de Chimène et du Cid,
Estimer de tous deux la vertu sans seconde,
Qui passeroient ici pour gens de l'autre monde,
Et se feroient siffler, si dans un entretien
Ils étoient si grossiers que d'en dire du bien[326-a].
[Chez les provinciaux on prend ce qu'on rencontre.] ( 1644-56)

[326-a] «On voit, dit Voltaire, que Corneille avait encore sur le cœur en 1646 (lisez: en 1642) le déchaînement des auteurs contre le Cid. Il corrigea depuis ces deux vers ainsi:

La diverse façon, etc.» (comme dans notre texte.)

[327] Montre, revue de troupes. Voyez le Lexique.

[328] Se faire de mise, se faire valoir. «On dit au figuré qu'un homme est de mise, pour dire qu'il a de la mine, de la capacité, qu'il peut trouver aisément de l'emploi, qu'il peut rendre de bons services.» (Furetière.)

[329] Corneille a dit deux ans plus tard, dans son Remercîment à M. le cardinal de Mazarin, publié en tête de la Mort de Pompée (voyez ci-dessus, p. 10) et placé par nous dans les Poésies diverses:

Sa façon de bien faire est un second bienfait.

[330] Les derniers mots du jeu de scène: «et comme se laissant choir,» manquent dans l'édition de 1663.

[331] Var. Le mien ne brûle pas du moins si promptement. (1644-56)

[332] Var. Je m'y suis fait longtemps craindre comme un tonnerre.
[CLIT. Que lui va-t-il conter?] DOR. Et durant tout ce temps. (1644-56)

[333] Var. Et la gazette même a souvent divulgués.... (1644-64)

[334] Var.Maraud, te tairas-tu?
(A Clarice.) Avec assez d'honneur j'ai souvent combattu,
Et mon nom a fait bruit peut-être avec justice.
CLAR. Qui vous a fait quitter un si noble exercice?
DOR. Revenu l'autre hiver pour faire ici ma cour. (1644-56)

[335] Ces deux vers ont quelque rapport avec les vers 189 et 190 du Cid:

Attaquer une place, ordonner une armée,
Et sur de grands exploits bâtir sa renommée.

[336] Var. Madame, Alcippe approche; il aura de l'ombrage. (1644-56)

[337] Var. La langue du cocher a bien fait son devoir. (1644-56)

[338] Cliton parle suivant l'usage parisien, avec lequel Dorante, qui arrive de Poitiers, n'est pas encore familiarisé. On disait alors simplement «la Place,» pour «la place Royale.» Ainsi nous lisons dans une lettre de Mme de Sévigné (30 juillet 1677, tome V, p. 241): «Prenez-vous la maison de la Place pour un an?—Je n'en sais rien.»

[339] Var. Ah! depuis qu'une femme a le don de se taire,
[Elle a des qualités au-dessus du vulgaire;]
Cette perfection est rare, et nous pouvons
L'appeler un miracle, au siècle où nous vivons,
Puisqu'à l'ordre commun le ciel fait violence,
La formant compatible avecque le silence.
Moi, je n'ai point d'amour en l'état où je suis,
[Et quand le cœur m'en dit, j'en prends par où je puis.

[340] Var. Et la nature souffre entière violence. (1660-64)

[341] Var. Je t'en crois sans jurer avecque tes boutades. (1644-56)

[342] L'édition de 1682 porte, par erreur, le plus cher, pour les plus chers.

[343] Var. Avecque vos amis vous avez tout pouvoir. (1644-56)

[344] Var. Depuis un mois et plus on me voit de retour;
Mais, pour certain sujet, je sors fort peu de jour:
La nuit, incognito, je rends quelques visites. (1644-56)

[345] Les mots tout bas manquent dans les deux éditions de 1644.

[346] Var. De cinq bateaux qu'exprès j'avois fait apprêter. (1644-56)

[347] Var. S'il eût pris notre avis, ou s'il eût craint ma haine,
Il eût autant tardé qu'à la couche d'Alcmène. (1644-56)

[348] Se passer à, se contenter de Voyez le Lexique.

[349] Var. Je remets en ton choix de parler ou te taire. (1644 in-12 et 48-56)

[350] Corneille désigne ici par le mot Authentiques les extraits sommaires des Novelles, qu'on a placés, dans le Code de Justinien, à la suite des constitutions abrogées ou modifiées.—L'école de Bologne avait divisé le Digeste en trois parties, nommées le vieux Digeste, l'Infortiat (voyez le Lutrin de Boileau, chant V, vers 203), et le nouveau.

[351] Noms de divers jurisconsultes et professeurs célèbres, dont on étudiait les écrits dans les écoles. François Accurse (Accursius) était de Florence (1151-1229); Pierre Balde (Baldus) de Ubaldis (1327-1400), disciple de Bartole, était de Pérouse; Jason Maino (Jaso Magnus, 1435-1519), et André Alciat (1492-1550), le précurseur de Cujas, étaient tous deux de Milan.

[352] Généraux de l'empereur Ferdinand III. La campagne à laquelle Dorante se vantait d'avoir pris part avait été heureuse et brillante. Le 3 novembre 1636, de Rantzau forçait Galas à lever le siége de Saint-Jean de Losne; le 3 mars 1638, le duc de Weimar faisait prisonniers les quatre généraux de l'Empereur, et Jean de Wert était amené en triomphe à Paris; enfin, le 17 janvier 1642, le comte de Guébriant s'emparait de la personne de Lamboy et de Merci à Kempen, et obtenait à cette occasion le bâton de maréchal de France. Un peu plus tôt ou un peu plus tard, les noms de ces généraux auraient pu éveiller de tristes souvenirs.

[353] Voyez la Notice, p. 121.

[354] Donner des bayes (baies) à quelqu'un, c'est le tromper. Voyez le Lexique.

[355] Urgande la déconnue est la fée protectrice d'Amadis de Gaule; quant à Mélusine, son histoire est racontée tout au long par Jehan d'Arras, dans un roman publié en 1478 et dont l'extrait est devenu populaire.

[356] Var. De faire voir partout la pompe et les dangers. (1644-56)
Var. Que de mêler partout la pompe et les dangers. (1660)

[357] Voyez tome I, p. 24, note 245, et le Lexique.—A ce vers Thomas Corneille, dans l'édition de 1692, a substitué celui-ci:

Vous couvriront de honte en devenant publiques.

[358] Var. Nous les démêlerons; mais tous ces vains discours. (1644-56)—Dans l'édition de 1692, ce vers a été ainsi modifié:

N'en prends point de souci; mais tous ces vains discours.

[359] Var. Aussi, d'en recevoir visite et compliment,
Et lui donner entrée en qualité d'amant,
S'il faut qu'à vos projets la suite ne réponde,
Je m'engagerois trop dans le caquet du monde. (1644-56)

[360] Var. Ce que vous souhaitez est la même justice;
Et d'ailleurs c'est à nous à subir votre loi:
Je reviens dans une heure, et Dorante avec moi. (1644-56)

[361] Var. Afin qu'avec loisir vous le puissiez connaître. (1644-56)

[362] Var. CLARICE, ISABELLE. (1644-60)

[363] Var. Quoique en ce choix les yeux aient la première part,
Qui leur défère tout met beaucoup au hasard. (1644-56)

[364] Var. Mais sans leur obéir, il les doit satisfaire. (1644-56)

[365] Var. Et qui nous doit donner plus de peur que d'envie. (1644-56)

[366] Var. Dont vous verriez l'humeur rapportante[366-a] à la vôtre? (1644-56)

[366-a] Les éditions de 1648-56 donnent rapportant, sans accord.

[367] Var. Je voudrois en ma main avoir un autre amant,
Sûre qu'il me fût propre, et que son hyménée. (1644-56)

[368] Un vers presque semblable se trouve dans l'Iphigénie de Racine (acte I, scène II):

On dit qu'Iphigénie, en ces lieux amenée,
Doit bientôt à son sort unir ma destinée.

[369] Var. Pour en venir à bout sans que rien se hasarde. (1644-56)

[370] Var. Elle n'a point d'amant qui devienne jaloux. (1644-63)

[371] Var. Et là, sous ce faux nom, vous lui pourrez parler. (1644-56)

[372] Var. Nous connoîtrons Dorante avecque cette ruse. (1644-56)

[373] Var. Et tout ce qu'on peut dire en semblable sujet. (1644-56)

[374] Dans l'édition de 1692: CLARICE, bas.

[375] Var. Ce que j'ai, malheureuse! et peux-tu l'ignorer? (1644-56)

[376] Au sujet du tutoiement sur la scène française, Voltaire fait la remarque suivante, que nous ne donnons qu'à titre de renseignement historique: «On tutoyait alors au théâtre. Le tutoiement, qui rend le discours plus serré, plus vif, a souvent de la noblesse et de la force dans la tragédie; on aime à voir Rodrigue et Chimène l'employer. Remarquez cependant que l'élégant Racine ne se permet guère le tutoiement que quand un père irrité parle à son fils, ou un maître à un confident, ou quand une amante emportée se plaint à son amant:

Je ne t'ai point aimé, cruel! qu'ai-je donc fait?
(Andromaque, acte IV, scène V.)

Hermione dit:

Ne devois-tu pas lire au fond de ma pensée?
(Ibidem, acte V, scène III.)

Phèdre dit:

Eh bien! connois donc Phèdre et toute sa fureur.
(Phèdre, acte II, scène V.)

Mais jamais Achille, Oreste, Britannicus, etc., ne tutoient leurs maîtresses. A plus forte raison cette manière de s'exprimer doit-elle être bannie de la comédie, qui est la peinture de nos mœurs. Molière en fait usage dans le Dépit amoureux, mais il s'est ensuite corrigé lui-même.»

[377] Var. Mais pour passer la nuit avecque ton galant.... (1644-56)

[378] De toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, les deux de 1644 sont les seules qui donnent fou (foû); fol est l'orthographe des suivantes; fou revient en 1692.

[379] Var.Je le devrois bien être. (1644-56)

[380] Tel est le texte des éditions antérieures à 1652; il nous a paru préférable à celui des impressions de 1652 à 1682, qui toutes donnent, au vers 529, au moins, pour à moins. Celle de 1692 a rétabli notre leçon: «A moins qu'en attendant, etc.»

[381] A propos de ce vers, qu'il blâme, Voltaire rappelle un ancien usage: «On demande comment Corneille a épuré le théâtre? C'est que de son temps on allait plus loin. On demandait des baisers et on en donnait. Cette mauvaise coutume venait de l'usage où l'on avait été très-longtemps en France, de donner par respect un baiser aux dames sur la bouche, quand on leur était présenté. Montaigne dit qu'il est triste pour une dame d'apprêter sa bouche pour le premier mal tourné qui viendra à elle avec trois laquais.»—Voici le texte de Montaigne: «C'est une desplaisante coustume, et injurieuse aux dames, d'avoir à prester leurs levres à quiconque a trois valets à sa suitte, pour mal plaisant qu'il soit.» (Essais, livre III, chapitre V.)

[382] Var. Le redoutable effet de mon ressentiment. (1644-56)
Var. Le juste et prompt effet de mon ressentiment. (1660)

[383] Var. Régleront par le sort tes plaisirs ou tes larmes. (1644)

[384] Var. Mais ce n'est pas ici qu'il le faut quereller. (1644-56)

[385] Var. Je croyois ce matin voir une île enchantée. (1648-56)

[386] Var. Dedans le Pré-aux-Clercs tu verras mêmes choses. (1644-56)

[387] Var. A ce que tu verras vers le Palais-Royal[387-a]. (1644)

[387-a] Le cardinal de Richelieu fit bâtir ce palais par Jacques le Mercier. Les fondements en furent jetés en 1629 sur les ruines des hôtels de Mercœur, de Rambouillet, et de quelques maisons voisines. Il ne fut achevé qu'en 1636. On le nommait d'abord hôtel de Richelieu, mais son propriétaire fit inscrire en lettres d'or sur un marbre au-dessus de la grande porte: Palais Cardinal. Cette inscription fut critiquée, notamment par Balzac (voyez le Lexique). Elle fut toutefois conservée jusqu'au moment où, Louis XIV ayant quitté le Louvre pour habiter le palais Cardinal, que Richelieu lui avait légué, le marquis de Fourille, grand maréchal des logis de la maison du Roi, persuada à la Régente qu'il ne convenait pas que le Roi habitât une maison qui portait le nom d'un de ses sujets; la Reine ordonna d'ôter l'inscription. «On commença dès lors à donner à ce palais le nom de Palais-Royal, qu'il a toujours retenu depuis, quoique la même reine régente, à la prière de la duchesse d'Aiguillon, eût fait remettre l'inscription de palais Cardinal, qu'on y voit encore aujourd'hui,» dit en 1742, dans sa Description de Paris (tome II, p. 220), Piganiol de la Force, qui nous a fourni les détails qui précèdent.—«Ce quartier (où est le Palais-Royal), qui est à présent un des plus peuplés de Paris, n'était, dit Voltaire, que des prairies entourées de fossés, lorsque le cardinal de Richelieu y fit bâtir son palais. Quoique les embellissements de Paris n'aient commencé à se multiplier que vers le milieu du siècle de Louis XIV, cependant la simple architecture du palais Cardinal ne devait pas paraître si superbe aux Parisiens, qui avaient déjà le Louvre et le Luxembourg. Il n'est pas surprenant que Corneille dans ces vers cherchât à louer indirectement le cardinal de Richelieu, qui protégea beaucoup cette pièce, et même donna des habits à quelques acteurs (voyez ci-dessus, p. 126). Il était mourant alors, en 1642, et il cherchait à se dissiper par ces amusements.»

[388] Var. Où la chaleur de l'âge et l'honneur te convie
D'exposer à tous coups et ton sang et ta vie. (1644-56)

[389] Var. Honnête, belle et riche. (1644-56)

[390] Var.Ah! Monsieur, je frémi. (1644-64)

[391] Var. Je veux qu'un petit-fils puisse tenir ton rang. (1644-64)

[392] Var.Mais s'il m'est impossible[392-a]? (1644-63)

[392-a] L'édition de 1682 porte, par erreur: «Mais il est impossible?»

[393] Var. Ah! si vous la saviez! (1644-68)

[394] L'édition de 1656 est la seule qui porte col, et non cou (coû).

[395] «On faisoit autrefois des montres à sonnerie, qui sonnoient d'elles mêmes à l'heure, à la demie, et quelquefois aux quarts.» (Dictionnaire de Trévoux.)

[396] Au commencement du dix-septième siècle, on disait indifféremment horloger ou horlogier, et quelquefois horlogeur. Les éditions de 1656 et de 1692 donnent seules horlogers. Voyez le Lexique.

[397] Var. Pensons faire beaucoup de différer un peu.
Comme à ce boulevard l'un et l'autre travaille. (1644-56)

[398] Le mot ici manque dans l'édition de 1663, qui donne cette indication à la marge.

[399] Var. Donc, pour sauver ma vie avecque son honneur. (1644-56)

[400] Var. Oh l'utile secret de mentir à propos! (1644-56)

[401] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1644-60.

[402] Var. DORANTE, après avoir lu. (1644-68)

[403] Var.

[Autre billet.]
BILLET D'ALCIPPE A DORANTE.
Une offense reçue
Me fait, l'épée en main, souhaiter votre vue.
Je vous attends au mail. ALCIPPE.
DORANTE, après avoir lu.
Oui, volontiers,
Je te suis. (Lycas rentre, et Dorante continue seul.)
Hier au soir je revins de Poitiers. (1644-56)
Le mot seul est omis dans l'édition de 1692.

[404] Var. Mon heur en est extrême, et l'aventure est rare. (1644-60)

[405] Var. Qui me battois à froid et sans savoir pourquoi, (1644-56)

[406] Var.Quoi que j'aye[406-a] pu faire,
Je crois n'avoir rien fait qui vous doive déplaire. (1644-56)

[406-a] Voltaire fait sur ce vers la remarque suivante: «le mot aye ne peut entrer dans un vers, à moins qu'il ne soit suivi d'une voyelle avec laquelle il forme une élision.»

[407] Var. Jusques à cejourd'hui, que sortant d'embuscade,
Vous m'en avez conté l'histoire par bravade. (1644-56)

[408] Var. De voir sitôt finir notre division. (1644 et 48)

[409] Var. Prenez sur un appel le loisir d'y rêver,
Sans commencer par où vous devez achever. (1644-56)

[410] Var. Je viens de tout savoir d'un des gens de Lucrèce. (1644-56)

[411] L'édition de 1692 donne seule su, au lieu de vu.

[412] Var. Comme il en voit sortir ces deux beautés masquées,
Sans les avoir au nez de plus près remarquées,
Voyant que le carrosse, et chevaux, et cocher,
Étoient ceux de Lucrèce, il suit sans s'approcher,
Et les prenant ainsi pour Lucrèce et Clarice. (1644-56)

[413] L'édition de 1656 donne, par une erreur évidente, cesse, pour cessez.

[414] Var. J'ai fait ce grand vacarme à ce divin objet? (1644-56)

[415] Var. Ou bien, s'il l'a donnée, il l'a donnée en songe. (1644-64)

[416] Il y a tes dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, bien qu'Alcippe d'ordinaire ne tutoie pas Dorante. L'impression de 1692 donne vos.

[417] Var. Le voyant resté seul avecque son valet. (1644-56)

[418] Var. Et si l'on les veut croire, ont vu chaque campagne. (1644-56)

[419] Var. D'une autre toute fraîche il dupe encore Alcippe. (1644-56)

[420] Var. Il aura su qu'Alcippe étoit aimé de vous. (1644-56)

[421] Var. Quoi? votre humeur ici lui désobéira? (1644-56)

[422] «Cette métaphore, tirée de l'art des armes, paraît aujourd'hui peu convenable dans la bouche d'une fille parlant à une fille; mais quand une métaphore est usitée, elle cesse d'être une figure. L'art de l'escrime étant alors beaucoup plus commun qu'aujourd'hui, sortir de garde, être en garde, entrait dans le discours familier, et on employait ces expressions avec les femmes mêmes; comme on dit à la boule-vue à ceux qui n'ont jamais vu jouer à la boule; servir sur les deux toits à ceux qui n'ont jamais vu jouer à la paume; le dessous des cartes, etc.» (Voltaire.)

[423] Var. Non, je lui veux parler par curiosité. (1644-56)

[424] Var. Et si c'étoit lui-même, il me pourroit connoître. (1644-56)

[425] Var. Ne hésiter jamais, et rougir encor moins[425-a]. (1644-60)

[425-a] Les éditions de 1648-56 donnent rapportant, sans accord.

[426] Les mots à Isabelle manquent dans les deux éditions de 1644; et de même avant le vers 941 et le vers 949 les mots à Clarice.

[427] Var. Il continue encore à te conter sa chance.
CLARICE, à Lucrèce. Il continue encor dans la même impudence. (1644-56)

[428] Telle est ici l'orthographe de toutes les éditions, y compris celle de 1692. Voyez plus bas, p. 236, note 493, le même vers écrit différemment (avec accord du participe) dans plusieurs éditions.

[429] Var. Que la foudre à vos yeux m'écrase, si je mens! (1644-56)

[430] Var. Et n'en a vu qu'à coups d'écritoire et de verre. (1644-63)

[431] On lit tout autre dans les éditions de 1648-60. Voyez tome I, p. 228, note 759.

[432] C'est-à-dire: Vous payez d'imposture. Voyez le Lexique.

[433] Voyez ci-dessus les vers 349 et 350, (page 166) et la Notice, p. 122.

[434] Var. [CLIT. Si jamais cette part tomboit dans le commerce,]
Quelque espoir dont l'appas vous endorme ou vous berce,
Si vous trouviez marchand pour ce trésor caché. (1644-56)

[435] «Voilà deux vers qui sont passés en proverbe.» (Voltaire.)—Ils sont imités de l'espagnol. Voyez l'Appendice, p. 259.

[436] Var. Elle recevra point un accueil moins farouche. (1644-56)

[437] Var. Mais de quelques effets que les siens soient suivis. (1644-56)

[438] Voyez ci-dessus, p. 138, note 314.

[439] Var. Et quoique sur ce point elle les désavoue. (1644-64)

[440] Var. A quelque prix qu'ils soient, il m'en faut acheter. (1644-56)

[441] Var.L'on ne sait; mais dedans ce murmure,
A peu près comme vous je vois qu'on le figure. (1644-56)

[442] Var. Un homme tel que nous ne se réjouit guère. (1644-68)

[443] Var. Croit qu'on doive l'entendre au moindre mot qu'il dit. (1644-56)

[444] Un peu plus haut (acte II, scène VI, vers 703 et 704) Cliton a dit: