184: Mémoires de M. Guizot, t. VII, p. 309, et t. VIII, p. 108.

185: Voy. ce qui a été déjà dit des affaires d'Espagne, liv. II, ch. XIV, § V; liv. III, ch. II, §§ IV et VI; ch. III, § III, et ch. VI, § I.

186: Le maréchal Soult écrivait au duc d'Orléans, le 15 octobre 1839: «En Espagne, tout marche à notre satisfaction, et le mérite des événements qui s'y sont passés depuis deux mois appartient incontestablement à la sagesse des conseils et des manifestations qui, avec l'approbation de Sa Majesté, ont eu lieu de notre part pour imprimer une impulsion nouvelle aux opérations.» (Documents inédits.)

187: Lettre adressée à M. de Sainte-Aulaire, mais destinée en réalité à lord Aberdeen. (Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 305 et suiv.)

188: Documents inédits.

189: Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 298, 299. Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 590, 591.

190: Dépêche du 5 janvier 1842.

191: Rappelons ici ce passage, déjà cité par nous, d'une lettre écrite, le 25 octobre 1833, par le duc de Broglie à lord Brougham: «Nous eussions fort préféré que don Carlos eût succédé naturellement à son frère, selon la loi de 1713. Cela était infiniment plus dans l'intérêt de la France. La succession féminine, qui menace de nous donner un jour pour voisin je ne sais qui, nous est au fond défavorable.» (Documents inédits.)

192: En commençant dans ses Mémoires le récit des négociations relatives à ce mariage, M. Guizot l'appelle «l'événement le plus considérable de son ministère». (T. VIII, p. 101.)

193: Dès le 1er novembre 1836, lord Palmerston, dont la méfiance jalouse était si facilement en éveil, écrivait à son frère: «Louis-Philippe est aussi ambitieux que Louis XIV et veut mettre un de ses fils sur le trône d'Espagne, comme mari de la jeune reine.» (Bulwer, Life of Palmerston, t. III, p. 24.)

194: Des écrivains anglais ont prétendu que Louis-Philippe avait commencé par désirer marier la Reine à un de ses fils. Cette assertion ne peut un moment se soutenir, en face des preuves données par M. Guizot. (Mémoires, t. VIII, p. 107, 108.)

195: Lettre du 9 août 1843. (Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 107.)

196: La maison de Saxe-Cobourg-Gotha, cette maison «si rapidement ascendante», comme a dit M. Guizot, se divisait en plusieurs branches. Le duc régnant, Ernest Ier, avait deux fils: Ernest, qui devait lui succéder, et Albert, l'époux de la reine Victoria. Le frère cadet d'Ernest Ier, Ferdinand, avait quatre enfants: Ferdinand, mari de la reine de Portugal; Auguste, qui devait épouser la princesse Clémentine d'Orléans; Léopold, le prétendant à la main d'Isabelle, et une fille mariée au duc de Nemours. Un autre frère d'Ernest Ier était Léopold, le roi de Belgique. Enfin ces trois frères avaient eu deux sœurs, l'une mariée en Russie, l'autre, Victoria, duchesse de Kent, et mère de la reine Victoria.

197: Un peu plus tard, M. de Sainte-Aulaire, qui avait vainement cherché à faire expliquer le roi Léopold sur cette question, résumait ainsi son impression: «Le roi Léopold ne veut pas mécontenter notre roi; il s'emploiera toujours en bon esprit entre nous et l'Angleterre. Mais, après tout, il est beaucoup plus Cobourg que Bourbon, et il fera pour son neveu tout ce qu'il jugera possible.» (Dépêche de M. de Sainte-Aulaire, en date du 14 juillet 1843. Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 132.)

198: Par un calcul facile à comprendre, le baron de Stockmar, dans ses Mémoires, et sir Théodore Martin, dans sa Vie du prince consort, ont cherché à diminuer ou à supprimer complètement la responsabilité du gouvernement et de la cour d'Angleterre dans cette candidature du prince de Cobourg. Je ne leur opposerai pas les renseignements contraires recueillis alors par la diplomatie française. Je me bornerai aux aveux mêmes du baron de Stockmar, tels qu'on les trouve dans ses Mémoires. Le confident du prince Albert, examinant, à la date du 14 mai 1842, la question du mariage espagnol, et parlant évidemment pour le prince autant que pour lui, commençait par dire que «les Bourbons offraient prise à beaucoup d'objections». Puis il ajoutait ces paroles significatives: «Notre candidat est plus acceptable.» Non qu'il fût sûr des aptitudes personnelles du jeune Léopold: «Mais, ajoutait-il, en de telles circonstances, c'est faire assez, c'est même tout faire que de permettre au destin de le trouver, si le destin, dans sa capricieuse envie de réaliser des choses invraisemblables, persistait à le chercher en dépit de tous les empêchements et de tous les obstacles. C'est ce qui a eu lieu, autant du moins que la chose était en notre pouvoir. Nous avons dirigé sur ce candidat l'attention de l'Espagne et de l'Angleterre avec la prudence que conseillait un examen attentif de toutes les convenances.» Puis, après avoir parlé des dispositions d'Espartero, il terminait ainsi: «Nous avons déjà obtenu que notre ministère, d'abord favorable à un Bourbon, parce qu'un Bourbon susciterait le moins de difficultés extérieures, devienne tout à fait impartial et soutienne loyalement tout choix conforme aux vrais intérêts de l'Espagne. Ainsi la semence est déjà confiée à la terre, à une terre, il est vrai, où, selon toute vraisemblance, elle ne lèvera pas. Qu'importe? Notre part du travail est accomplie, la seule part qui fût possible, la seule que conseillât la raison; nous n'avons plus qu'à attendre le résultat.»

199: Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 130.

200: Dans l'écrit du 14 mai 1842, déjà cité plus haut, le baron de Stockmar, après avoir rapporté comment le prince Albert et lui avaient «dirigé» sur leur candidat «l'attention de l'Espagne», ajoutait: «Espartero ne s'est déclaré ni pour ni contre; il a dit très sagement qu'une telle affaire ne pouvait être décidée que par le gouvernement espagnol, en vue des véritables intérêts de la nation espagnole, sous le patronage et avec l'assentiment de l'Angleterre

201: Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 110 à 118.

202: Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 598, 620, 658, 682 à 702. Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 118 à 122.

203: Lettres du duc de Glücksberg, chargé d'affaires de France, à M. Désages, en date du 18 mars et du 5 avril 1843. (Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 131.)

204: Dépêche de M. Guizot à M. de Sainte-Aulaire. (Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 134 à 138.)

205: Lettre du 15 février 1843. (Documents inédits.)

206: Dès septembre 1842, l'un des hommes politiques du parti radical, M. Olozaga, de passage à Paris, disait à M. Guizot: «L'influence anglaise est fort diminuée; elle pèse à tout le monde.» (Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 124.)—Peu d'années après, le duc de Broglie, rappelant, à la tribune de la Chambre des pairs, la chute d'Espartero, s'exprimait ainsi: «C'est la nation espagnole elle-même qui s'est chargée de renverser le parti antifrançais, le parti soi-disant national; c'est la rupture de ce parti, de son chef avec la France, qui a préparé et précipité sa ruine.» (Discours du 19 janvier 1847.)

207: The Greville Memoirs, second part, t. II, p. 50.—Bulwer, Life of Palmerston, t. III, p. 179.—Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 684.

208: Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 141.

209: Cette idée d'un accord avec la France sur les affaires espagnoles s'était, du reste, déjà manifestée dans l'entourage de lord Aberdeen. En mars 1842, lord Wellington avait dit à un envoyé de M. Guizot: «Ils ont détruit, dans ce pays-là, tous les vieux moyens de gouvernement, et ils ne les ont remplacés par aucun autre; il faudrait que les deux grandes puissances, l'Angleterre et la France, se concertassent pour la pacification de l'Espagne.» (Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 117.)

210: Ibid., p. 143.

211: Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 144.

212: Dépêche à M. de Jarnac, chargé d'affaires à Londres, citée par M. Guizot, à la tribune de la Chambre des pairs, dans son discours du 20 janvier 1847.

213: À Eu, lord Aberdeen dit à M. Guizot: «La Reine n'ira point à Paris; elle veut être venue pour voir le Roi et la famille royale, non pour s'amuser.» (Mémoires du M. Guizot, t. VI, p. 193.)

214: Rappelons que la duchesse de Kent, mère de la Reine, et le prince Albert, son mari, étaient des Cobourg. D'autre part, trois enfants de Louis-Philippe, les princesses Louise et Clémentine et le duc de Nemours, avaient épousé des Cobourg.

215: The Greville Memoirs, second part, t. II, p. 196, 197.

216: Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 188, 189.

217: Les extraits de ce journal, auquel je ferai plusieurs autres emprunts, ont été publiés par sir Théodore Martin, dans son ouvrage The Life of H. R. H. the Prince Consort. M. Craven a donné une traduction abrégée de cet ouvrage, sous ce titre: Le Prince Albert, extraits de l'ouvrage de sir Théodore Martin.

218: À propos des acclamations des populations, M. Guizot faisait, dans une lettre écrite le lendemain, les réflexions suivantes: «Ce pays-ci n'aime pas les Anglais. Il est normand et maritime. Dans nos guerres avec l'Angleterre, le Tréport a été brûlé deux ou trois fois et pillé je ne sais combien de fois. Mais on a dit, on a répété: La reine d'Angleterre fait une politesse à notre roi; il faut être bien poli avec elle. Cette idée s'est emparée du peuple et a surmonté souvenirs, passions, tentations, partis. Ils ont crié et ils crieront: Vive la Reine! et ils applaudissent le God save the Queen de tout leur cœur. Il ne faudrait seulement pas le leur demander trop longtemps.» (Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 191.)

219: À propos de la visite faite à la chapelle du château, la Reine écrit sur son journal: «C'est la première chapelle catholique que j'aie vue.»

220: Pour l'exposé des conversations politiques qui ont eu lieu à Eu, pendant la visite de la reine d'Angleterre, je me suis principalement attaché au témoignage de l'un des interlocuteurs, aux Mémoires de M. Guizot (t. VI, p. 191 et suiv., et t. VIII, p. 144). Les citations qui seront faites sans indication de source spéciale sont empruntées à ces Mémoires.

221: Les historiens anglais ont naturellement cherché à établir que leur gouvernement ne s'était nullement engagé à repousser la candidature du prince de Cobourg. Telle est notamment la thèse de M. Bulwer (Life of Palmerston) et de sir Théodore Martin (Life of H. R. H. the Prince Consort). Le baron de Stockmar présente les faits de même dans ses Mémoires.

222: M. Guizot, revenant sur ces événements, le 20 janvier 1847, à la tribune de la Chambre des pairs, a raconté ainsi, sans être contredit par lord Aberdeen, ce qui s'était passé à Eu, en 1843, au sujet du mariage espagnol: «Cette question devint, entre lord Aberdeen et moi, l'objet de plusieurs conversations: il fut convenu, non pas que lord Aberdeen accepterait et proclamerait notre principe sur les descendants de Philippe V qui seuls nous convenaient pour le trône d'Espagne, mais qu'en fait, en pratique, les conseils de l'Angleterre seraient donnés dans ce sens, que tout autre candidat serait découragé, par voie d'influence seulement, mais qu'il le serait.» Et l'orateur citait, à l'appui de son récit, la dépêche par laquelle, le 21 septembre 1843, il mandait à M. de Flahault, son ambassadeur à Vienne, le résultat des conversations qui venaient d'avoir lieu, quelques semaines auparavant: «...Lord Aberdeen accepte les descendants de Philippe V comme les seuls candidats convenables au trône de la reine Isabelle. Il ne proclamera pas le principe hautement et absolument comme nous. Il l'adopte en fait, et se conduira en conséquence. Aucune exclusion n'est formellement prononcée. Nous n'excluons pas formellement les Cobourg. L'Angleterre n'exclut pas formellement les fils du Roi. Mais il est entendu que nous ne voulons ni l'une ni l'autre de ces combinaisons, que nous ne poursuivions ni l'une ni l'autre, que nous travaillerons, au contraire, à empêcher que l'une ou l'autre soit proposée par l'Espagne, et que si l'une des deux propositions était faite, l'autre reprendrait à l'instant sa liberté... Cela convenu, lord Aberdeen s'engage à appuyer, de concert avec nous, celui des descendants de Philippe V qui aura en Espagne le plus de chance de succès, sous ces deux réserves, qui sont parfaitement notre avis aussi à nous: 1o que l'indépendance de l'Espagne et de la Reine sera respectée; 2o que l'Angleterre ne prendra aucune initiative et se bornera à marcher avec nous, en appuyant de son influence notre résolution commune.»

223: Notre assertion n'est nullement contredite par ce fait que lord Aberdeen a affirmé plus tard avoir «toujours protesté contre la prétention d'imposer comme mari à la Reine et à son peuple un prince pris expressément dans telle ou telle famille». (Lettre à M. Guizot, du 14 septembre 1846, publiée dans la Revue rétrospective.) C'était là la réserve de principe. Mais dans cette même lettre, lord Aberdeen se faisait honneur de n'avoir jamais rien fait pour la candidature Cobourg, d'en avoir, au contraire, détourné la Reine et le prince Albert, d'avoir désavoué ceux de ses agents qui s'étaient laissé compromettre dans ce sens, et d'avoir exprimé l'avis que le mariage avec un Bourbon était le plus convenable. Voilà l'exécution de l'engagement de fait.

224: C'est ainsi seulement qu'on peut expliquer comment le prince Albert écrivait, le 10 septembre 1843, en revenant d'Eu, à son confident, le baron de Stockmar: «Il ne s'est rien passé de politique, excepté la déclaration de Louis-Philippe à Aberdeen qu'il ne donnerait pas son fils à l'Espagne, même si on le lui demandait, et la réponse d'Aberdeen qu'excepté un de ses fils, tout aspirant que l'Espagne choisirait serait accepté par l'Angleterre.» (Le Prince Albert, t. I, p. 98.)—Évidemment, si le mari de la reine Victoria avait été tenu au courant des longues conversations échangées entre les deux ministres anglais et français, il n'eût pu écrire qu'il «ne s'était rien passé de politique», et il n'eût pas tout réduit à un abandon de la candidature française sans aucune contre-partie. Il est donc probable que lord Aberdeen, qui n'aimait pas à contredire et à contrister les gens, n'avait pas été empressé de faire savoir au prince consort à quel point il avait sacrifié, en fait, les chances matrimoniales de son cousin.

225: Ce propos si significatif était rapporté, quelques jours après avoir été tenu, dans la dépêche adressée par M. Guizot à M. de Flahault. (Discours précité du 20 janvier 1847.)

226: Lettre du 2 novembre 1843. (Documents inédits.)

227: Le Prince Albert, t. I, p. 96 et 97.

228: Ibid., t. I, p. 97 et 98.

229: Lettre du 10 septembre 1843. (Documents inédits.)

230: Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 195, 196.

231: Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 196.

232: «Les ambassadeurs du Nord ont montré de la mauvaise humeur, écrivait le prince Albert à Stockmar, ce qui est peu judicieux... L'empereur de Russie en sera impatienté, mais cela nous est égal.» (Le Prince Albert, t. I, p. 98.)

233: Lettre du 31 août 1843. (Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 196, 197.)

234: Lettre du 22 septembre 1843. (Documents inédits.)—À la même époque, la duchesse de Dino écrivait à M. de Barante: «On ne dit pas Nicolas de trop belle humeur, et ce qui se passe à Eu lui déplaît mortellement. Je pense que tous nos petits princes allemands, qui craignent de se crotter en passant le Rhin, vont peu à peu le sauter à pieds joints.» (Documents inédits.)

235: Dépêches de M. de Flahault du 11 et du 20 septembre 1843. (Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 197, 198.)

236: Lettre du 12 octobre 1843. (Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 690.)

237: Lettre à M. de Barante. (Documents inédits.)

238: Documents inédits.

239: Notice de M. le comte de Jarnac sur lord Aberdeen.

240: Cité dans une lettre du comte Bresson à M. Guizot, en date du 29 septembre 1843. (Documents inédits.)

241: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1848, t. II, p. 583.

242: La seule consolation que M. de Metternich trouvait au spectacle de cette «monstrueuse jonction», était l'espoir qu'elle ne durerait pas. «On a pris à Paris et à Londres, écrivait-il au comte Apponyi le 26 janvier 1844, l'habitude d'une politique de sous-entendus; à Paris, c'est la finesse qui doit remplacer le fond qui manque en toutes choses; à Londres, on est franchement stupide. Or, comme la stupidité a aussi son réveil, c'est de Londres que viendront les premières causes de tension. La finesse, étant toujours éveillée, n'est pas soumise aux mêmes lois; elle va aussi longtemps que le permet la force des choses.» (Mémoires de M. de Metternich, t. VII, p. 19 et 20.)

243: Notice sur lord Aberdeen.

244: Documents inédits.

245: Ibid.—J'aurai occasion d'exposer plus tard les affaires de Grèce et de continuer le récit de celles d'Espagne. Voir plus loin dans ce même volume le ch. VII.

246: Voir plus haut, t. III, ch. III, § V.

247: Instructions envoyées à Vienne, à Dresde, à Berlin, décembre 1842 à septembre 1843. (Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 46 à 53.)

248: Cette déclaration se trouvait dans une lettre que le roi de Prusse avait fait écrire par M. de Humboldt à M. Guizot, le 23 septembre 1843, pour le rassurer sur les conditions dans lesquelles s'était accomplie la visite. (Mémoires de M. Guizot, t. VIII.)

249: Lettre du comte de Jarnac à M. Guizot, du 31 octobre 1843. (Ibid., p. 54 et suiv.)

250: Lettre de M. Guizot à M. de Jarnac, du 4 novembre 1843. (Mémoires de M. Guizot, p. 56.)

251: Ibid., p. 57 et suiv.

252: Revue rétrospective.

253: Lettre de M. de Sainte-Aulaire à M. Guizot, du 10 novembre 1843. (Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 61.)

254: Lettre du comte de Jarnac à M. Guizot, du 8 novembre 1843. (Ibid., p. 60, 61.)

255: Revenant peu après sur ces événements, notre ambassadeur à Londres, M. de Sainte-Aulaire, écrivait, le 6 février 1844, à M. de Barante: «Bien que le parti légitimiste ne rencontre aucune sympathie en Angleterre, le pays est trop aristocratique pour n'être pas un peu ébloui par beaucoup de noms historiques, et, abstraction faite de l'intention du pèlerinage, on aurait voulu fêter les pèlerins. Je crois en vérité que la Reine et le gouvernement anglais nous ont rendu un fort grand service, en entravant cette tendance. Si M. le duc de Bordeaux eût été reçu à Windsor, des ovations eussent été données à lui et à ses leudes dans toutes les demeures hospitalières de l'Angleterre. Il retournait sur le continent, tout autre personnage qu'il n'en était venu. Les invitations de toutes les cours d'Allemagne arrivaient, les ministres de France ne pouvaient tenir à leurs postes, et l'isolement nous devenait non moins coûteux qu'en 1840.» (Documents inédits.)

256: Un autre député, le marquis de Preigne, se rendit aussi à Londres: mais il déclara plus tard que son voyage avait eu pour motif des affaires personnelles, et que sa visite au prince n'avait été dictée que par un sentiment de convenance et de politesse.

257: Sur cette retraite de M. de Chateaubriand après 1832, cf. liv. II, ch. IX, § X.

258: Le comte de Marnes n'avait plus, du reste, que quelques mois à vivre. Il mourut le 3 juin 1844.

259: Journal inédit du baron de Viel-Castel, à la date du 27 novembre 1843.

260: Lettres de M. de Sainte-Aulaire, en date des 30 novembre, 1er et 8 décembre 1843, et note de lord Aberdeen, en date du 9 décembre. (Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 63 à 66.)

261: Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 62.

262: Revue rétrospective.—Le Times avait publié, pendant le séjour du duc de Bordeaux à Londres, un article tout à fait conforme aux vues du gouvernement français. L'auteur de cet article était M. Reeve, alors à Paris. Peu de jours après, comme il était présenté au Roi, celui-ci lui dit: «Je regrette, monsieur Reeve, de ne pouvoir vous exprimer plus complètement, en cette circonstance, combien je vous ai d'obligations pour le service que vous nous avez rendu.» (The Greville Memoirs, second part, vol. II, p. 216.)

263: Lettre de M. Guizot au comte de Jarnac, en date du 6 novembre 1843. (Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 58.)

264: Lettre du comte de Jarnac, en date du 8 novembre 1843. (Ibid., p. 61.)

265: Le duc de Broglie a développé cette idée, le 16 janvier 1845, à la tribune de la Chambre des pairs: «Il y a deux manières, a-t-il dit, d'être en paix avec les autres puissances. On peut être en paix, et puis aussi en bonne intelligence, en amitié, en confiance; ou bien on peut être en paix, et puis être dans un état de hauteur, de froideur, dans un état de défiance et de bravade. On peut avoir des relations pacifiques qui soient amicales, et on peut avoir des relations pacifiques qui ne soient pas amicales. Ces deux situations sont également compatibles avec la paix; il ne faut pas s'y tromper cependant: elles ne sont pas compatibles avec la paix également dans tous les cas et pour tous les pays.» L'orateur montrait par exemple qu'entre la France et la Russie «l'état de paix et un état de froideur et de méfiance pouvaient durer assez longtemps, sans inconvénients graves». Mais en pouvait-il être de même entre la France et l'Angleterre? Il montrait ces puissances à peu près limitrophes, ayant «des relations commerciales ou autres immenses, de toutes les natures, de tous les jours et de tous les instants, se rencontrant partout», en Europe et dans le reste du monde. «Croyez-vous que, dans un tel état de choses, une situation de froideur, de réserve et de mésintelligence soit longtemps compatible avec la paix? Si les deux nations se placent dans une telle situation, l'une vis-à-vis de l'autre, que, des deux tribunes, on s'envoie à tous les instants des défis; dans une telle situation que, toutes les fois que leurs marins se rencontrent quelque part, ils enfoncent leurs chapeaux et se regardent entre les deux yeux; que lorsque l'une dise blanc, l'autre dise noir; que leurs agents diplomatiques, lorsqu'ils ont à traiter des affaires ensemble, en Espagne, en Grèce, à Constantinople, partout, car ils se rencontrent partout, si l'un prend un parti, l'autre prenne nécessairement un parti opposé, je ne crois pas, pour ma part, qu'un tel état de choses puisse être durable.»

266: M. de Metternich a critiqué assez finement M. Guizot d'avoir choisi pour qualifier ses relations avec l'Angleterre «un mot exprimant un sentiment». «Il eût bien mieux fait, ajoutait le chancelier, de prendre position sur le terrain de l'intérêt réciproque qu'ont ces États de vivre en paix et dès lors en bonne harmonie... Les mots d'entente cordiale ne marquent qu'une disposition morale, et ce sont justement les dispositions qui prêtent le plus à la critique passionnée et haineuse... En exprimant un sentiment, M. Guizot a fait appel aux sentiments opposés.» (Lettre au comte Apponyi, du 29 août 1844. Mémoires de M. de Metternich, t. VII, p. 27 et 28.)

267: Cette intervention de M. Duvergier de Hauranne fut connue alors dans le monde parlementaire. M. Thiers lui-même s'amusait de ce qu'on racontait à ce sujet: «Que voulez-vous? disait-il, puisqu'il faut absolument un gouvernement personnel, j'ai choisi Duvergier.» Il écrivait à ce dernier: «Au roi de mon choix.» Des quatre anciens doctrinaires qui s'étaient séparés de M. Guizot en 1840, deux, M. Duvergier de Hauranne et M. de Rémusat, étaient restés dans l'opposition et même s'y étaient enfoncés plus avant; deux, M. Piscatory et le comte Jaubert, étaient au contraire revenus aux conservateurs: le premier avait été nommé, en juin 1843, ministre de France à Athènes; le second devait être élevé à la pairie, à la fin de 1844.

268: Quarante-huit heures avant l'ouverture de la session britannique, le collaborateur de M. Guizot, M. Désages, écrivait à notre chargé d'affaires à Londres: «Je vois avec peine que sir Robert Peel a plus peur que lord Aberdeen et même qu'il nous rend moins justice. J'espère toutefois qu'il ne fera pas à ses adversaires de concessions qui se traduiraient ici en démenti donné à la cordiale entente et nous vaudraient de nouveaux débats où nous serions conduits, à notre tour, à affaiblir la valeur de notre expression.» (Documents inédits.)

269: M. Désages mandait à M. de Jarnac, le 9 février 1844: «M. Guizot a écrit à votre chef (M. de Sainte-Aulaire, ambassadeur à Londres) que nous étions contents de lord Aberdeen, de sir Robert Peel et de lord Brougham.» (Documents inédits.)

270: Voy. t. III, ch. III, § X, et t. IV, ch. I, § XI.

271: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.

272: Papiers inédits du duc de Broglie et Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.

273: «La fureur que l'article excite, écrivait le Roi à M. Guizot, le 1er juillet 1844, ne m'étonne pas et ne me paraît pas un mauvais symptôme... Mais à présent que la polémique est engagée, il faut la soutenir vigoureusement. Il est clair qu'on veut faire, comme les autres fois, tomber la question, en arrêtant le débat par intimidation, et, cela étant, il faut au contraire leur montrer qu'ils ne font pas peur et qu'ils n'étoufferont pas les justes cris de ma famille et de moi-même. Je vous recommande cela bien vivement, mon cher ministre, et je vous prie de mettre les fers au feu dans ce sens-là.» (Revue rétrospective.)

274: Séance du 1er juillet 1844.

275: Circulaire aux agents diplomatiques, en date du 2 janvier 1844.

276: Lettre du 13 janvier 1844. (Documents inédits.)

277: M. Sainte-Beuve écrivait sur le moment: «M. Guizot a montré la plus véritable, la plus énergique éloquence, la force, la sobriété, quelque chose de démosthénique et d'accompli.» (Chroniques parisiennes, p. 177.)

278: Un historien démocratique, écho fidèle de l'opposition du temps, M. Elias Regnault, dit à ce sujet: «Il faut l'avouer, M. Guizot fit preuve d'une vigueur et d'une éloquence dignes du sujet et put, à bon droit, s'enorgueillir d'une éclatante victoire.» (Histoire de huit ans, t. II, p. 364.)

279: Lettre du 19 janvier 1844. (X. Doudan, Mélanges et Lettres, t. II, p. 1.)

280: M. Duvergier de Hauranne, ordinairement bien au courant de ce qui se passait dans les coulisses parlementaires, donne, dans ses Notes inédites, une explication assez étrange du silence de M. Berryer. À l'entendre, M. Guizot avait fait avertir M. Berryer qu'il avait entre les mains une lettre fort compromettante, écrite par lui en 1831 ou 1832 et saisie dans les papiers d'un conspirateur vendéen. Si M. Berryer prononçait le mot de Gand, cette lettre serait lue. C'est devant cette menace qu'il s'était arrêté. Mais alors, pourquoi la lettre n'a-t-elle pas été lue lors du second débat, quand M. Berryer s'est décidé à parler de Gand? M. Duvergier de Hauranne suppose qu'au milieu du tumulte, M. Guizot, troublé, ne pensa plus à la lettre. Ce récit paraît peu vraisemblable.

281: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne. Ce dernier dit tenir ces détails de M. Vitet, ami du ministre.

282: M. Doudan écrivait le surlendemain: «Ceux qui ont assisté à ce beau spectacle disent que rien ne ressemblait à une meute de chiens de bouchers comme l'élite de l'opposition hurlant contre M. Guizot.» (Mélanges et Lettres, t. II, p. 3.)

283: En rentrant chez lui, M. Guizot se coucha et dormit douze heures de suite. (Journal inédit du baron de Viel-Castel.)

284: Mémoires de M. Guizot, t. VIII, p. 73.

285: «La scène faite à M. Guizot, lisons-nous dans une lettre du duc de Broglie, a augmenté, auprès des connaisseurs, sa réputation d'intrépidité et de talent; mais pour le gros même de la majorité, il reste quelque chose de pénible, des imputations, des vociférations, des menaces. Le souvenir de Gand n'est bon à remuer auprès de personne, et, malgré l'éclat de la résistance, j'aurais préféré, tout compte fait, qu'au lieu de faire avaler goutte à goutte toute cette histoire à la minorité furieuse, M. Guizot se fût borné à dénoncer la scène comme une scène préparée et arrangée, et qu'il eût refusé d'y jouer un rôle.» (Documents inédits.)

286: Documents inédits.

287: Ce comité, qui venait d'être constitué sous le nom de conseil des Dix, se composait, pour la gauche, de MM. Odilon Barrot, de Beaumont, de Tocqueville, Abbatucci, Havin; pour le centre gauche, de MM. Thiers, de Rémusat, Vivien, Billault, Duvergier de Hauranne. Il se concertait, au besoin, avec les deux délégués de l'extrême gauche, MM. Garnier-Pagès et Carnot. (Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.)

288: Journal inédit du baron de Viel-Castel.

289: Voy. entre autres liv. II, ch. VIII, § V.

290: Journal inédit du baron de Viel-Castel.

291: Lettre du 6 février 1844. (Documents inédits.)

292: Ainsi M. Guizot dira, deux ans plus tard, le 28 mai 1846, en pleine Chambre des députés: «Nous avons beaucoup d'estime pour la plupart des hommes qui composent le parti légitimiste; nous faisons grand cas de leur position sociale, des idées et des sentiments qui les animent... C'est notre désir que l'ensemble de notre politique, l'état de notre pays, l'empire de nos institutions rallient successivement tout ce qu'il y a d'éclairé, d'honorable et de considérable dans cette portion de la société française.»

293: Un milliard de 1830 à 1848: soit 323 millions de 1830 à 1841, et, de 1841 à 1848, environ 100 millions par an.

294: Lettre du maréchal Bugeaud à M. de Corcelle, en date du 28 septembre 1845. (Documents inédits.)

295: Mémoires de M. Guizot, t. VII, p. 141.

296: Sur les événements d'Algérie de 1830 à 1839, voir tome III, ch. X.

297: C'est alors, en février 1840, qu'eut lieu la défense de Mazagran, autour de laquelle on fit tant de bruit. Le fait se réduisait à ceci: 123 zéphyrs, soldats des compagnies de discipline, occupant un ancien fortin turc en assez bon état, s'étaient vus assiéger par environ 1,500 Arabes. À l'abri de leurs remparts, ils tinrent bon pendant quatre jours, et l'ennemi, qui n'avait ni canons pour faire brèche ni échelles pour escalader les murailles, dut se retirer. La défense était honorable, mais n'avait rien d'extraordinaire. On en pouvait juger aux pertes de la garnison qui, pendant ces quatre jours, n'avait eu que trois tués et seize blessés. La guerre d'Afrique offrait maints faits d'armes bien autrement remarquables. Mais l'opinion, égarée par le rapport exagéré du commandant, le capitaine Lelièvre, par les amplifications fantastiques des journaux et aussi par l'étrange penchant des honnêtes bourgeois à exalter le soldat vicieux aux dépens des autres, s'engoua des «héros de Mazagran», qui furent comparés aux défenseurs des Thermopyles. Le gouvernement lui-même, dupe de cette mise en scène, leur prodigua les récompenses, jusqu'au jour—près de trois ans plus tard—où, mieux informé, mais ne voulant pas confesser publiquement son erreur, il se contentera de mettre silencieusement le capitaine Lelièvre à la retraite. Le commandant de Montagnac, un vrai brave, celui-là, écrira à ce propos, dans une lettre en date du 22 novembre 1842: «Notre fameux lapin de Mazagran a fini par être expulsé de l'armée, à la suite de tous ses méfaits. Il y a longtemps qu'on aurait dû lui rendre cette justice.» Beaucoup d'historiens en sont encore restés à la légende de Mazagran.

298: Cité par M. Camille Rousset, l'Algérie de 1830 à 1840, t. II, p. 389 à 391.

299: Le général de La Moricière, par M. Keller, t. I, p. 231.

300: Lettres d'un soldat, correspondance du colonel de Montagnac.

301: Ce témoin est M. Louis Veuillot, qui vint en Algérie avec le général Bugeaud, au commencement de 1841, et qui, aussitôt après, publia ses impressions de voyage, sous ce titre: Les Français en Algérie.

302: Lettres d'un soldat, correspondance du colonel de Montagnac.

303: Chiffre avoué par le gouvernement dans la séance du 14 avril 1841.

304: Camille Rousset, l'Algérie de 1830 à 1840, t. II, p. 473.

305: Lettres d'un soldat.

306: Ce tableau de la garnison de Miliana a été tracé par le général Changarnier lui-même, dans un passage que cite M. Camille Rousset.

307: Sur les antécédents algériens du général Bugeaud, voir t. III, ch. X, § X et XII.

308: J'ai déjà eu occasion de citer un fragment de ce discours, t. IV, ch. V, § IX.

309: Lettre du 17 octobre 1840. (Le maréchal Bugeaud, par le comte d'Ideville, t. II, p. 149.)

310: Cette conversation m'a été rapportée par M. le général Trochu, qui la tenait lui-même du maréchal Bugeaud. Il en avait conservé un souvenir très vif, sans pouvoir en préciser la date. Aux débuts de sa carrière, le capitaine Trochu avait été l'officier d'ordonnance et l'homme de confiance du maréchal, qui faisait de lui le plus grand cas. «Je ne connais dans l'armée aucun homme plus distingué que lui», écrivait le maréchal à M. Guizot, le 2 juillet 1846.

311: Sur ces lettres, voir t. IV, ch. V, § IX.

312: Discours du 8 avril 1839.

313: Expression du général Trochu.

314: Voir, passim, au tome Ier de l'ouvrage de M. d'Ideville sur le maréchal Bugeaud.

315: Voici le tableau de l'effectif progressif de l'armée d'Afrique:

1831   17,900 hommes.
1832   22,400
1833   27,000
1834   31,000
1835   30,800
1836   31,400
1837   42,600
1838   48,000
1839   54,000
1840   63,000
1841   78,989
1842   83,281
1843   85,664
1844   90,562
1845   89,099
1846   107,688
1847   101,520

316: Lettre du 29 décembre 1843, à M. de Corcelle. (Documents inédits.)

317: Voy. t. III, ch. X, § V.

318: Sur le rôle de La Moricière dans l'assaut de Constantine, voir t. III, seconde édition, ch. X, § XIII.—L'impression fut très vive en France, et M. de Tocqueville traduisait le sentiment général, quand il écrivait, le 14 novembre 1837: «Je m'intéresse plus que je ne puis me l'expliquer à La Moricière. Cet homme m'entraîne malgré moi, et, quand j'ai lu le récit de son assaut de Constantine, il m'a semblé que je le voyais arriver le premier au haut de la brèche, et que toute mon âme était un instant avec lui. Je l'aime aussi pour la France, car je ne puis m'empêcher de croire qu'il y a un grand général sous ce petit homme-là.»

319: Lettres de 1840 et de 1843 citées par M. Keller dans sa Vie du général de La Moricière.

320: Le général de La Moricière, par E. Keller, t. I, p. 224 à 226.

321: M. de Montagnac. (Lettres d'un soldat, p. 141 et 142.)

322: Ceux qui auraient intérêt à connaître le détail des opérations peuvent se reporter aux ouvrages spéciaux. En ce moment même, le premier de nos historiens militaires, M. Camille Rousset, poursuit, avec le même éclat, jusqu'en 1857, le récit de la conquête algérienne que, dans un premier livre, il avait conduit jusqu'en 1840. Je me suis beaucoup servi de cet important ouvrage. Signalons aussi le Maréchal Bugeaud, d'après sa correspondance intime, par M. d'Ideville; le Général de La Moricière, par M. Keller; les Souvenirs d'un officier d'état-major, par le général de Martimprey; les Lettres d'un soldat, correspondance inédite du colonel de Montagnac; les Lettres du maréchal de Saint-Arnaud, les articles sur les Dernières Campagnes du général Changarnier en Afrique, publiés, dans le Correspondant, par le comte d'Antioche, etc., etc.

323: Lettre du 9 mai 1841.

324: Lettre du 12 mai 1841.

325: Ce n'étaient pas seulement les soldats, c'étaient aussi les colons pour lesquels le général était ainsi d'un facile abord. Un jour, l'un de ces colons, pauvre diable, vient le trouver à Alger et lui expose sa requête. «Mais, mon ami, lui dit le gouverneur après l'avoir écouté, cela ne me regarde pas; allez trouver le comte Guyot, le directeur civil.—Ah! reprit le colon en montrant son costume, comment puis-je aller parler à M. Guyot dans la tenue misérable où vous me voyez?»

326: «Nous n'avons trouvé, a dit le général Bugeaud dans son rapport, aucun mécompte ni sur les distances, ni sur la configuration des lieux, ni sur les eaux, ni sur les cultures.»

327: Voir notamment la scène assez curieuse que fit un jour le gouverneur au capitaine de Martimprey. (Souvenirs d'un officier d'état-major, par le général de Martimprey, p. 101 à 105.)

328: Lettres d'un soldat, correspondance inédite du colonel de Montagnac, p. 192-193.

329: Lettres d'un soldat, p. 204.

330: Lettre du 8 mars 1842. (Ibid., p. 206 et 207.)

331: Lettre du 31 mars 1842. (Lettres d'un soldat, p. 217.)

332: 28 janvier et 8 mars 1842. (Lettres d'un soldat, p. 199, 209.)

333: 31 mars 1842. (Ibid., p. 222.)

334: Souvenirs d'un officier d'état-major, par le général de Martimprey, p. 131.

335: Lettre du 31 mars 1842. (Lettres d'un soldat, p. 222.)

336: Souvenirs d'un officier d'état-major, p. 131.

337: Lettres du 9 janvier, des 2 et 11 février 1842. (Lettres d'un soldat, p. 186, 191, 202 à 205.)

338: «La Moricière, disait un jour le gouverneur au duc d'Aumale, est vaillant, infatigable, débrouillard, sans doute, mais doctrinaire; il discute sans cesse, ergote, hésite et n'aime pas les responsabilités.»

339: Le général Bugeaud faisait allusion à La Moricière, quand, dans une lettre à Changarnier, il se plaignait de voir «les journaux préconiser les actions magnifiques de tel jeune et brillant général, qualifier de fautes ses propres opérations, blâmer son système et louer, chez les chefs de colonne, les mêmes faits qu'on venait d'imputer à tort au gouverneur».

340: Cette lettre, qui fait tant d'honneur au général Bugeaud, a été citée pour la première fois par M. Camille Rousset.

341: Souvenirs d'un officier d'état-major, par le général de Martimprey, p. 177.

342: «Bedeau fait très-bien, disait le général Bugeaud, mais on a besoin de le pousser par les épaules.»

343: Lettre de M. de Montagnac, en date du 27 juillet 1842. (Lettres d'un soldat, p. 259 à 261.)

344: Lettre de M. de Montagnac, en date du 18 juin 1842. (Lettres d'un soldat, p. 255.)

345: Les zouaves et les chasseurs à pied, par M. le duc d'Aumale.

346: En 1848, Abd el-Kader, causant à Toulon avec le général Daumas, a parlé de soixante mille âmes. C'était probablement une exagération.

347: C'était le futur Général Ducrot. M. d'Ideville a reçu communication de cette lettre et l'a publiée dans son ouvrage sur le maréchal Bugeaud, t. II, p. 281.

348: Pour les faits qui vont suivre, je me suis attaché au rapport du duc d'Aumale, à un récit du général Fleury, alors lieutenant et attaché à la colonne, récit publié par M. d'Ideville, enfin au tableau très vivant et très exact tracé par M. Camille Rousset. J'ai trouvé aussi quelques renseignements dans les articles du comte d'Antioche, qui a eu à sa disposition les papiers du général Changarnier.

349: Sur ce qui s'est passé après que Yusuf eut rejoint le duc d'Aumale, j'ai suivi la version de M. Camille Rousset, qui diffère, en quelques points, du récit du général Fleury. J'ai des raisons de croire la version de M. Rousset plus exacte.

350: Le duc d'Aumale, les Zouaves et les chasseurs à pied.

351: Le maréchal Soult félicitait le prince sur «la parfaite combinaison de ses mouvements, sa hardiesse d'exécution et son coup d'œil exercé».—«J'ai appris presque sur les lieux, lui mandait La Moricière, le brillant succès que vous venez d'obtenir; j'ai pu juger mieux que personne la hardiesse de l'entreprise et l'importance du résultat. Vous avez porté à la puissance de l'émir le coup le plus rude qu'elle pût recevoir.»

352: M. Charras se trompait sur l'âge du prince; celui-ci n'avait que vingt et un ans.

353: Le Roi écrivait au maréchal Soult, le 30 septembre 1843: «Il me paraît bien désirable de fortifier la hiérarchie et la subordination dans notre armée d'Afrique, et d'y décourager cet esprit d'opposition envers leurs supérieurs, de jalousie et de mauvais coucheurs, dont la correspondance que vous me communiquez ne cesse de donner de tristes exemples.» (Documents inédits.)

354: Lettre à M. de Corcelle, en date du 29 décembre 1843. (Documents inédits.)

355: Lettre à M. de Corcelle.

356: Lettre du 29 décembre 1843 à M. de Corcelle. (Documents inédits.)

357: Documents inédits.

358: Circulaire du 17 septembre 1844.

359: Cf. plus haut, t. III, ch. X, § V.

360: Cf. séances des 14 et 15 avril 1841, des 4 et 5 avril 1842, des 23, 24 et 25 mai 1843, des 5 et 6 juin 1844.

361: Sur la correspondance du général Bugeaud avec M. Guizot, voyez les Mémoires de ce dernier, t. VI, p. 387 et suiv., et t. VII, p. 135 et suiv.

362: Lors de l'envoi du général Bugeaud en Algérie, il lui avait donné les instructions suivantes: «Prendre une offensive hardie; faire une guerre énergique, poussée à fond, en vue d'amener l'entière soumission des Arabes et de préparer les voies à la colonisation qui, seule, après la conquête, peut nous maintenir en possession du territoire soumis par nos armes.»

363: Quelque temps après, le général Bugeaud écrivait à M. de Corcelle: «Votre lettre m'a renforcé dans l'opinion que vous êtes bien l'homme le plus loyal et le plus généreux qu'il y ait au monde.» (Documents inédits.)

364: Lisez, par exemple, dans le Moniteur algérien du 25 décembre 1843, un article de trois colonnes, signé: Un touriste. C'est la prétendue conversation du «touriste» avec un officier qui lui démontre comment la guerre était nécessaire et comment elle n'avait pu se faire qu'avec des razzias. Le touriste était arrivé plein de préventions contre «ces barbares razzias, condamnées par tous les philanthropes et par toutes les âmes sensibles en France». L'officier lui répond: «Qu'est-ce que la guerre en Europe et partout? N'est-ce que la destruction des armées belligérantes? Non, c'est aussi une attaque aux intérêts des peuples... On s'empare des grandes villes, des centres de population et de commerce, de la navigation des fleuves et des grandes routes; à la première guerre, on s'emparera des chemins de fer. C'est en mettant la main sur tous ces grands intérêts que l'on fait capituler les nations et qu'on fait la guerre. Avions-nous des intérêts semblables à saisir en Afrique? Les villes, fort clairsemées, ne sont que de misérables bourgades dont les habitants sont étrangers au peuple arabe, qui les méprise; point de routes, point de navigation, point de capitale, point de centre enfin... L'intérêt agricole, que l'on néglige en Europe, est le seul vraiment que l'on puisse blesser en Afrique. Il y est plus difficile à saisir que partout ailleurs; car on ne trouve, chez les Arabes du moins, ni villages ni fermes; ce peuple vit sous la tente, et toutes ses richesses mobilières peuvent être transportées par les bêtes de somme dont il dispose... Dès que nos colonnes se mettaient en mouvement, le vide s'opérait devant nous: les villages se chargeaient sur les chameaux, les mulets, les bœufs, et fuyaient avec les femmes et les enfants... Il nous a fallu longtemps pour agir de manière à atteindre les populations fugitives. Nous l'avons pu enfin, et, de ce moment, vous avez vu commencer et progresser la pacification. C'est donc à la razzia, qui vous faisait horreur, que nous devons tous nos progrès, particulièrement cette sécurité qui vous a permis de visiter si paisiblement une grande partie de l'Algérie.» Suivait une comparaison entre la razzia algérienne et le bombardement européen, tout à l'avantage de la première, présentée comme beaucoup moins cruelle. Naturellement, le touriste finit par se déclarer convaincu et un peu honteux des critiques qu'il avait faites. «Je fis des excuses à l'officier, dit-il, et lui promis que la loyauté et l'humanité de l'armée d'Afrique n'auraient pas de plus ardent défenseur que moi.»—Peu après, le 28 avril 1844, le maréchal Bugeaud écrivait à M. de Corcelle: «Je ne puis pas me résoudre à ménager la sottise de nos philanthropes; je leur ai prouvé, dans le Moniteur algérien du 25 décembre, que la razzia était un moyen de guerre indispensable... S'ils ne veulent pas me comprendre, tant pis pour eux, car cela prouve qu'ils sont des sots.» (Documents inédits.)