Foutre (Le). Le sperme de l’homme et de la femme, la semence que celui-ci jette, à couillons rabattus, dans le champ de celle-là où poussent, au bout de neuf mois, des enfants mâles ou femelles.
Ensuite de cela, il me monte dessus, et en me faisant entrer son gros vit bandé au con, il me chevauche jusqu’à ce que son foutre me coule au fond de la matrice.
Foutre. Interjection témoignant le mépris que l’on fait d’une chose.
Foutre. Le mot le plus énergique du langage érotique. Il signifie:
Jouir!—dépenser son sperme, n’importe de quelle façon,—en foutant.
Il y a fouteurs et fouteurs, comme il y a fagots et cotterets. Ainsi:
On fout à couillons rabattus, comme un Dieu, comme un roi, comme un prince,—ou comme un âne débâté.
On fout comme un daim, comme un épicier, comme un maçon, comme un pigeon.
On fout en main, en bouche, en aisselle, en con, en cul, en tétons, en cuisses.
On fout à la paresseuse, en levrette, à la florentine, à culs nus, à la dragonne, en cygne, etc.
On fout sa maîtresse, sa tante, sa cousine, sa femme, sa belle-sœur, sa belle-mère, sa bonne, sa portière, sa voisine, et—quelquefois son voisin.
Foutre, comme verbe passif, signifie être perdu.
Foutre, comme verbe réfléchi, signifie se moquer.
Foutre à couillons rabattus. Avec énergie, comme toutes les femmes voudraient être foutues,—même, et surtout, celles qui ont le plus l’air de cracher sur le jus divin.
Foutre à la paresseuse. Baiser une femme le plus commodément possible; quelquefois, l’homme se met derrière la femme, laquelle replie un peu ses cuisses en avant. Plus généralement, ils se placent en face l’un de l’autre et la femme lève la cuisse et passe la jambe sur la hanche de son fouteur; les deux amants se trouvent alors collés l’un à l’autre depuis la poitrine jusqu’aux parties sexuelles, la pine dans le vagin: on pousse sans effort, et on jouit sans s’en apercevoir, en s’endormant même, si l’on est trop fatigué des coups précédemment tirés.
Foutre comme un âne débâté. Baiser avec énergie, sans se soucier d’autre chose que de bien jouir,—à la façon du héros de Lucius.
Vilains hypocrites... foutez comme des ânes débâtés; mais permettez-moi de dire foutre.
Foutre en aisselle. Décharger sous l’aisselle d’une femme au lieu de lui décharger dans le con: c’est aussi agréable pour l’homme—et moins dangereux pour la femme.
Foutre en artilleur. Vous faites coucher la demoiselle sur le bord du lit, et debout devant elle, vous prenez ses jambes de chaque main, les écartez et les placez sur vos épaules, comme des leviers servant à manœuvrer une pièce de canon sur un affût. Vous fourrez votre écouvillon dans la gueule béante de son canon; il y entrera tout entier, et même un peu les testicules.
Foutre en con. Baiser bourgeoisement, comme baisaient Adam et Ève, les ignorants, bouche contre bouche et ventre contre ventre.
Foutre en cuisses. Décharger entre les cuisses d’une femme qui ne tient pas à faire d’enfant, mais qui tient à faire plaisir à un homme.
Foutre en cul. Sodomiser.
Foutre en espalier. Posture usitée seulement chez les écoliers ou chez les gens de service qui se rencontrent dans des endroits sans meubles et veulent foutre cependant à la hâte et tant bien que mal en appuyant la femme contre un mur. Un brave évêque vit un jour son valet de chambre baiser une fille en espalier: «Imbécile, lui dit-il, tu ménages les matelas. Eh bien! c’est à ce beau métier que j’ai gagné la goutte.»
Foutre en levrette. Jouir d’une femme en se plaçant derrière elle, more canino, posture des plus estimées de la foutronomie, et l’une des plus agréables pour le fouteur. Soit à genoux, soit appuyée sur une fenêtre ou sur une table, soit couchée à plat ventre sur le lit ou sur le gazon, la femme vous présente ses fesses, vous pénétrez dans son con sans perdre un seul centimètre; vous vous y trouvez très serré et vous lui donnez quelques bons coups de cul. Malheureusement, cela vous fait jouir tout de suite, et l’opération ne dure pas assez longtemps au gré de la dame.
Foutre en main. Se faire branler.
Foutre en tétons. Décharger sur la gorge d’une femme qui, au préalable, a ramené ses deux tétons vers le milieu de sa poitrine, de manière à presser, aussi doucement qu’avec les lèvres de son con, la pine qu’elle a mission de faire jouir. Cette façon d’aller au bonheur, comme toutes les autres artificielles, n’a de charmes que pour celui qui fout et non pour celle qui est foutue.
Foutre par l’oreille. Faire répandre à quelqu’un les pleurs du désir, soit en lui lisant, soit en lui récitant des vers lubriques. L’expression est du poète Maynard.
Foutue (Être bien ou mal). Bonheur, ou malheur.
Non, tu n’es que foutue, et tu l’es bien.
Fraise. Le bout des tétons d’une femme, à cause de sa couleur.
Fressure. Le siége des désirs amoureux, la nature de la femme.
Fricarelle (La). Le Lesbicus amor, qui tend de plus en plus à faire des ravages parmi les Parisiennes.
Fringuer, Fringasser une femme. La baiser.
Fromage. Sperme de l’homme ou de la femme; caséum produit par les parties basses, ayant l’aspect du caséum produit par les parties hautes. D’où, à propos d’une fille qui s’est laissé dépuceler, l’expression proverbiale: laisser aller son chat au fromage.
Frotter le lard (Se). Faire l’acte copulatif, qui consiste en effet dans le frottement des chairs de ces deux cochons qui s’appellent deux amants.
Joyeusement se frottant leur lard.
Quand tu voudras, je frotterai ma coine contre ton lard.
Fureur d’amour. La voluptueuse démence que ressentent mutuellement un homme et une femme dans l’accouplement.
Fureur utérine.
Outre le terme de nymphomanie que nous adoptons pour exprimer cette maladie, on lui donne encore différentes dénominations. Moschio, médecin grec, l’appelle satyriasis, d’autres métromanie, d’autres érotomanie, qui signifie manie d’amour; mais tous ces noms étant arbitraires, nous nous en tiendrons à celui de nymphomanie, toutes les fois qu’il sera question de la fureur utérine.
Voir Nymphomanie.
Fuseau. Le vit, qui pour celles qui ont de l’haleine sert à enfiler.
Gabahoter. Gamahucher une femme.
Galant. Amant—d’une galanterie douteuse, souvent.
Galanterie. Maladie vénérienne.
Sur la fin de la quatrième année, je m’aperçus que la supérieure m’avait communiqué ce qu’on appelle une galanterie.
Galipoter le fondement. Besogner dans le derrière au lieu de besogner dans le devant, faire acte de bougre au lieu de faire acte d’honnête homme.
Gamahuché (Être). Se dit de l’un comme de l’autre sexe, la langue étant à la disposition de tous les deux.
Gamahucher le canal. Sucer un homme, aspirer la moelle qui coule dans son canal de l’urètre.
Gamahucher une femme. La faire jouir en jouant de la langue dans son con, au lieu d’y jouer de la pine. Un métier de chien!
Gamin (Faire le). Quand une femme a bien fait la patte d’araignée, collé un joli bécot sur le bout du vit d’un homme, quand, enfin, elle a usé de toutes les gamineries capables de le faire bander, elle n’a plus qu’à s’enfourcher sur le glorieux priape façonné par elle,—pour elle.—Alors: Hue! dada!... notre gamin allant au trot, puis au galop: patatrot, patatrot!—comme s’il sautait sur les genoux de son grand-père,—se bourre le vagin à sa fantaisie, jusqu’à ce que plaisir s’ensuivant, le cavalier tombe épuisé sur sa monture.—C’est du nanan!—Voir le Tire-bouchon américain.
Gandin. Imbécile bien mis qui paie les filles pour qu’elles se moquent de lui avec leurs amants de cœur.
Il reste une consolation aux gandins qui grappillent dans les vignes amoureuses après ces maraudeurs de la première heure, c’est de se dire:
Gants. Ce qu’on donne aux femmes galantes comme supplément au prix convenu pour les baiser, qu’elles vous demandent avant de vous ouvrir leurs cuisses et qu’il est prudent de ne leur donner qu’après avoir joui—si elles vous ont fait jouir. Ce sont nos anciennes épingles, la drinkgeld des Flamands, le paraguantes des Espagnols et la buona mancia des Italiens—à propos de laquelle on pourrait dire, avec Rabelais, que ces sortes de femmes aiment mieux la manche que le bras.
Employé dans un sens obscène pour désigner la virginité.
Elle fit toutes les grimaces que ses parents lui avaient dit de faire, pour lui faire croire qu’il en avait eu les gants.
Je puis donc m’attendre, dit Potiron, que si j’épouse cette demoiselle, je n’en aurai pas les gants.
Ganymède. Ce que l’on nommait anciennement un giton et que les Parisiens appellent une tante.
Garce. Mot qui, dans le vieux langage, a signifié fille pucelle, et qui, dans le langage moderne, signifie—tout le contraire.
Garde nationale (Être de la). Avoir des habitudes pédérastiques.
Il s’approche, je crois qu’il en veut à ma montre que je m’empresse de préserver; il s’approche davantage, avance sournoisement la main vers l’objet chéri des dames: je vis qu’il était de la garde nationale, et alors...
Gars à poil. Homme qui a des couilles au cul et passe pour un rude jouteur.
... Mon aîné?... c’est un gars à poil, et qui vous a une vraie pine de famille. Il foutra votre femme, vos deux filles, et vous enculera par-dessus le marché, histoire de dire qu’il a mis un pied chez vous.
Gaupe. Fille légère—comme chausson.
Gazon de la femme. Les poils de sa motte.
Gendarme. Concubine ou femme légitime qui, toujours pendue au bras de son homme, ou sur ses talons, le suit partout—et quand même.
Géniteur. Homme qui ne peut baiser une femme sans lui faire un enfant,—genitor.
Génitoires. Les couilles, qui contiennent la liqueur de la génération.
Mes doigts, légèrement promenés sur les fesses, les cuisses et les génitoires de l’Adonis, paraissaient lui faire grand plaisir.—Oh! oui, comme cela, chatouille, mon petit ange, chatouille-les bien!...
Et le montrait, voyant tout chacun ses génitoires.
Gentille (Être bien). Bien arranger un homme, le faire jouir à gogo.
Joli garçon, viens avec moi, tu ne t’en repentiras pas... je serai bien gentille...
Gentille au dodo (Être bien). Promesse que vous fait une fille en vous raccrochant; cela consiste à vous faire jouir comme jamais vous n’avez joui avec aucune femme, soit en vous suçant, soit en vous branlant, soit en se laissant enculer par vous, soit en vous faisant postillon pendant que vous la foutez,—et tout cela pour arriver à vous faire tirer un pauvre petit coup de deux liards qui ne vous remue pas autant que le premier baiser de votre première bonne amie.
Giberne. Le fessier d’une femme, qui est, si on le veut, une boîte à cartouches. Allusion à la place ordinaire de la giberne.
Elle a une crâne giberne, ton adorée, faut lui rendre justice. Tout est-il à elle, dis?
Gibier d’amour. Jolie fille que l’on chasse—pour mieux la tenir et la posséder.
Gibier de bordel. Petite drôlesse qui fréquente avec les polissons de son âge, en attendant que les vieux polissons fréquentent avec elle,—ce qui la conduira fatalement au bordel.
Gibier de Saint-Lazare. Fille publique, qui mérite toujours, peu ou prou, d’aller passer quelques jours ou quelques mois dans cette prison.
Gigolette. Drôlesse de quinze à seize ans qui débute dans la vie en même temps que dans le vice et qui est du bois—pourri—dont on fait les putains.
La gigolette est une adolescente, une muliéricule... qui tient le milieu entre la grisette et la gandine,—moitié ouvrière et moitié fille.
Gigolo. Le mâle de la gigolette—comme le pierrot est celui de pierrette, comme le maquereau celui de la maquerelle.
Le gigolo est un adolescent, un petit homme... qui tient le milieu entre Chérubin et don Juan,—moitié nigaud et moitié greluchon.
Gigots sans manche. Les cuisses et les fesses d’une femme, qui n’ont de manche que le vit que l’on peut y mettre.
Gigotter. Remuer, saccader, osciller et jouer des reins; danser la gigue sur les reins, ayant un homme entre les cuisses.—Dans un autre cas, on dit gigotter, pour manger du gigot. D’où cette facétie:
J’aime le lapin; ma femme préfère le gigot. Or, quand nous dînons dehors, chacun son goût: je prends mon plat de chat, mon lapin, et elle son gigot.—Quand je lapine, ma femme gigotte.
Gimblette (Faire la). Se donner mutuellement des douceurs, entre pensionnaires:—se masturber.—Dans le tableau de Frago, c’est une jeune fille qui se fait lécher le con par un chien qu’elle attire avec une gimblette (petite pâtisserie appelée ainsi).
Giton. Fils d’Hermès et d’Aphrodite, d’après M. de Chompré—qui avait lu le Satyricon de Pétrone; nom du jeune homme qui est devenu celui de tous les jeunes hommes—du même sexe que celui qui servait aux plaisirs d’Ascylte et d’Encolpe.
Glaire. Sperme qui sort du membre viril, et qui ressemble, en effet, à une spermosité crachée par le trou de la pine.—On dit aussi: Pousser son glaire, pour introduire son membre dans la nature de la femme.
Gland. La partie supérieure du membre viril,—ainsi nommée à cause de son exacte ressemblance avec le fruit du chêne et du hêtre. On prend souvent cette partie du membre pour le membre lui-même.
Globes (Les). Les tétons, sur lesquels les lèvres voyagent sans se lasser;—quelquefois les fesses ou les testicules.
Gober le merlan. Sucer un homme jusqu’à l’éjaculation inclusivement, et boire le sperme qui sort de son membre frémissant,—par allusion au merlan roulé dans la farine et à sa forme allongée.
Gober un homme. Avoir envie de coucher avec lui.
Mon cher Arthur, Emma te gobe.
Godemichet. Phallus de cuir ou de velours avec ou sans ressorts, que les femmes libertines ou pusillanimes substituent au véritable phallus de chair et d’os que la prévoyante nature nous a soudé à tous au bas du ventre pour nous reproduire, et surtout pour jouir.—Ce mot vient du latin: Gaude mihi, fais-moi plaisir. Cet engin, aussi singulier qu’ingénieux,—le rival sérieux de l’homme, dont la vigueur est malheureusement limitée,—cet engin est en usage depuis que le monde est monde, c’est-à-dire livré à la corruption. Les dames romaines s’en servaient bien avant les dames françaises, comme l’indique le Satyricon, où l’on voit le pauvre Encolpe-Polyænos étrangement arrangé par Œnethée, la vieille prêtresse.—Une autre preuve, c’est le passage suivant de l’Escole des Filles, où Suzanne la délurée dit à Fanchon, à peine déniaisée par son ami Robinet:
J’ai leu dans un livre l’histoire d’une fille de roy, qui se servoit d’une plaisante invention, au défaut du véritable masle. Elle avoit une statue d’homme de bronze, peinte en couleur de chair et fournie d’un puissant engin d’une matière moins dure que le reste. Cest engin estoit droit et creux, il avoit la teste rouge et un petit trou par le bout, avec deux pendants en forme de couillons, le tout imité au naturel. Et quand la fille avoit l’imagination eschauffée de la présence de ce corps, elle s’approchoit de cest engin, qu’elle se fourroit dedans le con, elle empoignoit les fesses de cette statue et les trémoussoit vers elle; et quand ce venoit à descharger elle tournoit un certain ressort qui luy sortoit derrière les fesses, et la statue jettoit incontinent par l’engin une certaine liqueur chaude et espaisse, blanche comme bouillie, dans le con de la fille, dont elle estoit arrosée et satisfaite pour le coup.
Les anciens écrivains gaillards avaient donc raison d’écrire gaudemichi—qui se rapproche plus, étymologiquement, de gaude mihi que godemichet.
L’une se trouva saisie et accommodée d’un gros godemichet entre les jambes, si gentiment attaché avec de petites bandelettes autour du corps, qu’il semblait un membre naturel.
Godiche (Être ou n’être pas). Se laisser ou ne pas se laisser facilement duper par les femmes, ces éternelles monteuses de coups.
Ça me rappellera... le temps où j’étais si godiche avec le sexe, où les femmes m’allumaient si facilement.
Godiller ou Gaudiller. Jouir en baisant.—Cette expression a passé du dictionnaire des matelots dans celui des Parisiens, gens amphibies, moitié canotiers et moitié l’autre chose. Godiller, pour un homme de mer, c’est se servir d’un aviron appelé godille ou goudille, qui, placé dans une entaille arrondie sur l’arrière d’une embarcation, lui sert à la diriger.
Godiller (Faire). Faire jouir une femme ou un homme.—Éprouver un accès de priapisme; bander.
Je veux qu’on me paie pour me faire godiller, moi!
Gogotte. Le membre viril, lorsqu’il manque de virilité; vit d’enfant.
Gonfler (Faire) son andouille. Se masturber.
Gonzesse. Fille ou femme de mœurs beaucoup trop légères; fille publique même.
Allumer tous les soirs la chandelle de l’hyménée en faveur d’un tas de gonzesses...
Gorge (Avoir de la). Posséder de plantureux tétons,—la seule richesse dont les femmes soient fières: c’est comme si elles avaient pignon sur rue.
Dis donc, a-t-elle autant de gorge que moi, ta madame?
Je suis sûre qu’elle ne se tient pas comme la mienne, sa gorge.