Bousin, Bousingot. Bordel, petit bordel. D’où, par extension: Faire du bousin, pour: Faire du bruit,—les bordels n’étant pas précisément des Paraclets.

Un soir, dans la rue aux Fèves,
Près d’un bousingot,
Un’ putain me suc’ les lèvres,
M’ fait l’offr’ du dodo.
Schanne.

Bout. Le membre viril, qui ressemble à un bout de quelque chose—de bien agréable pour la femme.

Le pauvre monsieur Cabout,
Dont le bout
Est toujours petit et mou.
Tallemant des Réaux.

Boute-feu, Boute-joie. Le membre viril, parce qu’il met à feu et à flamme l’amadou féminin.

Cependant, je ne laissais pas de redouter l’instant où mon nouvel enfileur m’incrusterait son formidable boute-joie, mais je m’armai de courage.

(Mon noviciat.)

Boutique. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.

Oh! ma mie, venez ici, et fermez la boutique, c’est aujourd’hui fête.

(Moyen de parvenir.)
J’avais pourtant encor bonne pratique,
Et pour cela ne fermai la boutique.
J. Du Bellay.
Bien souvent à telle pratique
Les femmes ouvrent leur boutique.
(Variétés historiques et littéraires.)

Vertu de ma vie! c’était une belle boutique.

Tabarin.

Bouton. L’extrémité de chaque téton, qui est d’une sensibilité telle, qu’en le pressant un peu des lèvres ou des doigts on en fait sortir un flot de jouissance.

Ce beau sein sur ma bouche,
Qu’il est pur!
Ce bouton que je touche,
Qu’il est dur!
Gustave Nadaud.

Bouton. L’extrémité du clitoris, qu’il suffit de toucher de la langue, du doigt ou de la pine pour ouvrir à la femme la porte des félicités divines.—Voir aussi Sonner le Bouton.

Laisse mon bouton... mon tit bouton...

Henry Monnier.
Tout s’ouvre: le bouton des roses,
Et celui des femmes aussi.
(Parnasse satyrique.)

Boutonnière. La nature de la femme, en opposition à l’anus, que MM. les pédérastes appellent l’œillet.

Boxon. Bordel, probablement parce que, comme on y va gris, on s’y boxe souvent,—et non comme l’avance Francisque Michel, sans preuves à l’appui, parce qu’il y avait autrefois, à la porte de ces maisons-là, comme à la porte des cabarets, un rameau de buis (en lat. buxus).

Y dit qu’ dans tous les boxons
On le r’çoit en paillasson.
Dumoulin.

Boxonner. Aller de bordel en bordel; fréquenter les filles publiques. Se dit aussi pour: Baiser.

Du dieu Vulcain quand l’épouse mignonne,
Va boxonner loin de son vieux sournois.
(Parnasse satyrique.)

Boxonneur. Coureur de bordels.

Boyau. Le membre viril, qui semble sortir du ventre—et qui y rentre quelquefois, au grand déplaisir de la femme.

Lorsque je bande,
Je me demande
Si j’ai dans le boyau pinal
Tous les sabres de l’arsenal.
(Chanson moderne.)
Adieu! et jamais plus ne t’advienne entreprendre
De faire le vaillant, toi qui ne saurais tendre.
Adieu! contente-toi, et ne pouvant dresser,
Que le boyau ridé te serve pour pisser.
Remy Belleau.

Braguette. Le membre viril,—par corruption de brayette, fente de la culotte par laquelle maître Jean Frappart met le nez à la fenêtre quand il a trop chaud ou qu’il a envie d’éternuer.

De l’image de la braguette
Qui entre, corps, oreille et teste
Au précieux ventre des dames.
(Ancien Théâtre français.)
L’insecte prend le bon moment:
Il mord si dru, qu’à sa braguette
Le Saint-Père porte la main,
Et, sur son auguste roupette,
Du morpion bénit l’hymen.
B. de Maurice.

Braise, Braiser, Abouler de la braise, de l’argent, dans le langage des filles, parce que ce métal brille comme charbon allumé—surtout lorsque c’est de l’or,—et que c’est avec cela qu’on les chauffe.

Brandon et Brandilloires. Le membre viril, et les testicules, qui brandillent si voluptueusement sous une main de femme.

Levant mes jupes, il me fit voir un superbe brandon..., qu’il fit agir avec toute l’impétuosité qu’un long jeûne de mer pouvait lui fournir.

(Mémoires de miss Fanny.)

Brandouiller. Branler doucettement quelqu’un ou quelqu’une, pour le—ou la—faire bander et l’exciter à jouir.

Qui n’invoque point le secours
D’une main qui vous le brandouille.
(Satan et Eve, 47.)
Le roi disait à la reine Victoire:
Si tu voulais,
Une heure ou deux, me brandouiller l’histoire,
Je banderais...
Plus d’une fois, une main sous ta cotte,
Tandis que l’autre écartait ton fichu,
Je caressais et brandouillais ta motte...
Dis-moi, Marton, dis-moi, t’en souviens-tu?
(Chansons anonymes modernes.)

Branler. Employer la masturbation pour faire jouir les hommes quand on est femme, ou les femmes quand on est homme.

Prends-le donc, petite coquine... Là... à poignée!... Branle! branle! pour le remettre en train.

La Popelinière.
... ... J’ai vu rarement
Une putain sachant branler parfaitement.
Louis Protat.
Un jour que madame dormait,
Monsieur branlait sa chambrière.
(Cabinet satyrique.)

Branler (Se). Se servir de la main entière quand on est homme, et seulement du doigt médium quand on est femme, pour arriver à jouir sans collaboration.

On n’est jamais si bien branlé que par soi-même.
Gérard de Nerval.
Maintenant je suis réduite, farouche,
A me branler, moi! Que je te maudis!
(Parnasse satyrique.)

Branler du cul, ou Branler la croupière. Remuer des fesses, de façon à faire jouir l’homme qui vous a payée pour cela.

Philis veut avoir un écu
Pour branler une heure du cu
Théophile.
Cette jeune espicière
Que vous cognoissez bien
Pour branler la croupière
A gagné tout son bien.
(Chansons folastres.)

Branleur, ou Branleuse. Paillard ou femme qui n’est pas assez belle ou qui n’est plus assez jeune pour être baisée, ou qui redoute de l’être à cause des enfants, et qui fait son métier de branler les hommes.

... On ne devient pas, il faut naître branleuse
Louis Protat.

Branlotte. Action de branler ou de se faire branler.

Colle-toi sur moi; faisons-nous une bonne branlotte.

La Popelinière.

Branlotter le prépuce. Oter et remettre le petit chapeau de chair qui le protége et le rend si tendre au moindre contact.

Te souvient-il de ta sœur Luce
Qui me branlottait le prépuce?
(Parnasse satyrique.)

Braquemard. Le membre viril,—par allusion à l’épée courte et large dont on se servait au moyen-âge: c’est avec le braquemard, en effet, qu’on blesse les femmes au ventre.

De tant de braquemarts enroidis qui habitent par les brayettes claustrales.

Rabelais.

Mettant la main sous les draps, et trouvant son braquemard.

(Moyen de parvenir.)
Il est nommé. . . . . . . . . . .
Jacques par le farceur, braqmard par l’étudiant.
Louis Protat.

Braquemarder. Baiser une femme avec énergie et conviction.

Bras. Le membre viril, qui nous sert à prendre les femmes par le—sentiment.—On dit aussi un bras d’enfant pour donner une idée de la longueur et de la grosseur de l’objet.

Brasier. La nature de la femme, où règne une chaleur à faire fondre les pines les plus solides.

Tant plus mon mari me brûle en mon brasier.

Brantôme.

Brèche. La nature de la femme, par laquelle l’homme entre dans le paradis.

Et passant la main à la brèche.

(Moyen de parvenir.)
Madame, n’entendez plus rien,
Laissez donner à votre brèche.
Théophile.

Bricoler une femme. La baiser, lui mettre la bricole masculine dans le vagin.

Se trouvant en lieu d’assignation où cinq ou six se trouvaient pour la bricoler.

(Moyen de parvenir.)
Et du tout pour avoir bricolé
Avec une jeune guenon.
(Recueil de poésies françaises.)
Lorsque l’on est las de Catin,
On embrasse Nicole,
Qu’on abandonne le matin
Pour Suzon, qu’on bricole.
Collé.

Brigadier de l’amour (Le). Le doigt médium,—à cause de l’assistance qu’il prête aux amants dans les jeux libertins, puisque c’est avec lui qu’on branle une femme.

Quand amour perd de sa flamme,
Ce doigt la réveille en vous;
Lorsque aussi près d’une dame
Le dieu cueille un beau laurier
Ce doigt est son brigadier.
(Chansons anonymes modernes.)

Brimballer. Vieux mot hors d’usage signifiant sonner les cloches, employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Seulement il ne voyoit sa femme brimballant.

Rabelais.
Et que sur le tombeau, où je reposerai,
Neuf fois par neuf matins il brimballe des filles,
Et de neuf coups de cul son vit je bénirai.
Théophile.

Brimborions (Les). Les testicules,—qui ont l’air de pendre à la queue de l’homme comme les pompons à la tête d’un mulet.

Peux-tu, me dire aussi tous les différents noms
Que l’on donne parfois aux deux brimborions
Qui sont pendus après?...
Louis Protat.

Broque, ou Broquette. Le membre viril—avant qu’il soit viril.—Monstrelet parle d’une statue d’enfant (le modèle de Mannekenpis) qui «par sa broquette donnait eau rose.»

Allons, mon petit ami, sors ta broquette pour que je la baise.

J. Le Vallois.
Lorsque d’Adam en paradis
Ève soulevait la breloque,
Qu’importait à son clitoris
Un nœud, une pine... une broque!
Paul Saunière.
Ici-bas, voilà notre état:
A coup de cul il faut qu’on broque.
Le plus pauvre sur son grabat
Se démène à grands coups de broque;
Rois, juges, soldats valeureux,
Musulmans, païens, chacun broque;
Et le Saint-Esprit amoureux
Nous a faits chrétiens par la broque.
Paul Saunière.
... L’avenir m’inquiète...
De Pincecul, hélas! l’exécrable broquette
Peut n’être pas...
Louis Protat.

Brûler, ou Brûler un cierge. Être très amoureux. Tirer un coup avec une femme,—qui se charge de vous faire couler.

Vénus, à ta charmante loi
Mon cœur n’est point rebelle:
Je me sens presque malgré moi
Brûler pour chaque belle.
Armand Gouffé.

Buisson (Le). Les poils qui ornent le mont de Vénus et qui défendent souvent l’entrée du vagin, quand ils sont mal peignés et mal lavés.

C’est là-d’ssus qu’ la vieill’ femm’ se r’jette:
Son buisson est large et touffu;
N’eût-on plus d’ cheveux sur la teste,
Il faut avoir du poil au cul.
Auguste Lefranc.

Burette (Petite). Le membre viril, qui contient l’huile essentielle de l’amour, cette «bonne eau» (de vit) dont parle Brantôme en ses Dames galantes, et «qui est si douce sans sucre.»

Va... ferme! que rien ne t’arrête...
Fais-moi cadeau d’ ta p’tit’ burette
H. Monnier.

J’y vas d’ma burette tous les matins et tous les soirs.

Lemercier.

But d’amour, ou But du désir, ou But mignon de fouterie (Le). La nature de la femme, à laquelle tendent tous les membres suffisamment virils.

Et lorsqu’il vit le but d’amour.

(Moyen de parvenir.)
Et quand ma main approche
Du but de mon désir,
J’attrape une taloche
Qui fait toujours plaisir.
Collé.

Et qu’en cela presque paraissait le but mignon de ficherie.

(Moyen de parvenir.)
C

Ça (cela). Ça, c’est le vit; ça, c’est le con;—ça, c’est tous les agréments de la fouterie qu’on n’ose nommer, parce qu’ils s’appellent comme ça.—Faire ça, ou cela, c’est faire l’amour. Faire ci et ça, c’est faire ça... et autre chose.

Quand je suis sur ça,
Mon plaisir ne se peut comprendre,
Et, ma foi, sans ça,
Que pourrais-je faire de ça?
J’aime assez m’y reprendre,
Pour arriver encore à ça.
Afin de mieux m’étendre
Sur ce beau sujet-là,
Ah! que j’aime ça!
Ce mot me plaît à la folie;
Il semble déjà
Que je suis à même de ça.
(Gaudriole de 1834.)

Cabinet. La nature de la femme, où l’homme fait ses nécessités amoureuses,—ce qui donne à ce cabinet une odeur sui generis fort agréable, quoique un peu violente.

Le jardinier voyant et trouvant le cabinet aussi avantageusement ouvert, y logea petit à petit son ferrement.

Noel du Fail.

Cadran. La nature de la femme, à laquelle le membre viril sert d’aiguille pour marquer les heures minutules du bonheur.

Conduis vite l’aiguille au milieu du cadran.
(Théâtre italien.)

Café des deux colonnes. Prendre son café aux deux colonnes, c’est-à-dire gamahucher une femme. Le con sert le café au lait; les deux jambes sont là, pour la forme, et ne servent que d’enseigne: aux Deux Colonnes.

Cage. La nature de la femme,—dans laquelle se trémousse si agréablement le petit oiseau à longue queue que les savants appellent penis et les ignorants, pine.

Des autres perroquets il diffère pourtant,
Car eux fuient la cage, et lui, il l’aime tant,
Qu’il n’y est jamais mis qu’il n’en pleure de joie.
(Cabinet satyrique.)
Elle le prit de sa main blanche,
Et puis dans sa cage le mit
Regnard.
Lisette avait dans un endroit
Une cage secrète:
Lucas l’entr’ouvrit, et tout droit
D’abord l’oiseau s’y jette.
Collé.

Calcul. Plaisir vénérien.

Les deux amants étoient au plus fort de leur calcul.

P. de Larivey.
Je sais quelqu’un
Qui rend encor le calcul
Nul.
Collé.

Calfeutrer une femme. Boucher son trou avec une pine.

Le garçon de boutique calfeutra aussi bien mon bas, que maître juré qui soit du métier de culetis.

(Variétés historiques et littéraires.)

Callibistri. Le membre viril, ou la nature de la femme.

Montrant mon callibistri à tout le monde, qui n’était pas petit sans doute.

Rabelais.

Je crois que les callibistris des femmes de ce pays sont à meilleur marché que les pierres.

Rabelais.

Camelottes, le monde camelotte. Celui des femmes galantes d’une catégorie très infime. Les fleuves ne peuvent pas remonter à leur source; les mots y remontent volontiers, au contraire; par exemple celui-ci. Il est de création moderne, quant au sens nouveau qu’on lui a donné sans songer à l’étymologie: or, camelotte vient de camelus, qui veut dire chameau.

Campagnes. Les aventures amoureuses d’une femme: autant d’amants, autant de campagnes—sous de simples soldats comme sous tel ou tel général, militaires ou bourgeois.—Le mot est pris quelquefois dans le sens de: Années consacrées au service de l’homme, à propos duquel il y a tant d’enrôlements volontaires.

Madame Durut: «J’ai pourtant, comme tu sais, mes petits trente-six ans bien comptés, dont, grâce à Dieu, vingt campagnes.»

Andréa de Nerciat.

Canal. Le membre viril, qui est en effet le canal du bonheur—pour les femmes. Quel dommage qu’on soit forcé de le faire draguer si souvent par les chirurgiens!

Par le canal de son amant
Le bien lui arrive en dormant.
Collé.

Canichon. Con poilu et frisé comme un caniche.

Est-il bien méchant, ma tante,
Vot’ p’tiot canichon?
Non, que m’ répond ma parente,
C’est un vrai bichon.
N’ sens-tu pas sa bouch’ qu’est close?
Entre ton doigt d’dans...
—Tiens, que j’ dis, la drôl’ de chose,
Vot’ quien n’a point d’ dents.
Léon Charly.

Cantharide. Insecte qui, réduit en poudre, est un aphrodisiaque énergique et dangereux qu’emploient les gens épuisés par les excès vénériens pour en recommencer d’autres.

La cantharide est, à Cythère,
En usage comme à Paris;
Son effet est très salutaire,
Surtout pour nous autres maris.
Ce bonbon me change en Alcide!
J’étais si faible auparavant...
En avant de la cantharide!
Oui, la cantharide en avant!
J. Du Boys.

Capote. Autrement dit, redingote anglaise. Préservatif en baudruche ou en caoutchouc historié, dont on habille le membre viril, toutes les fois qu’on le conduit au bonheur,—ce qui ne le préserve pas du tout de la chaude-pisse ou de la vérole, d’après l’opinion du docteur Ricord, autorité compétente en cette matière, qui a dit: «La capote est une cuirasse contre le plaisir et une toile d’araignée contre la vérole.» Les frères Millan, gros et petits, sont seuls intéressés à soutenir le contraire.

Il fuyait me laissant une capote au cul.
Louis Protat.
Les capotes mélancoliques
Qui pendent chez le gros Millan,
S’enflent d’elles-mêmes, lubriques,
Et déchargent en se gonflant.
(Parnasse satyrique.)

Caprice. Amant ou maîtresse.

Mon dernier caprice m’a cassé trois dents.

Gavarni.

Carabine. Femme qui fréquente les élèves en médecine et se fait carabiner par eux.

... Son petit air mutin
Plaît fort au quartier Latin.
C’est Flora, la carabine,
Dont la mine si lutine,
Promet à chacun son tour
Un beau jour d’amour.
J. Choux.

Carabiner une femme. La baiser à la gendarme, la flûte entre les jambes.

Et tandis que vous jouerez gros jeu avec la princesse, ne pourrai-je point carabiner avec la soubrette?

(Théâtre italien.)

Caracoler. Baiser, ce qui est proprement faire des caracoles sur le ventre d’une femme.

Caramboler. Faire l’acte vénérien, parce que l’homme se sert de sa queue pour jouer au billard amoureux, pour y faire des effets de queue, pour mettre ses billes dans la blouse de la femme.

Carcan à crinoline. Nom que les voyous donnent aux drôlesses du quartier Breda, qui font de l’embarras avec leurs crinolines à vaste envergure sous lesquelles il y a souvent des maigreurs désastreuses.

C’est pas un de ces carcans à crinoline.

Charles Monselet.

Cardinales (Les). Les menstrues, qui teignent en rouge la chemise des femmes.—On disait même autrefois: «Le cardinal est logé à la motte», pour signifier: «Cette femme a ses menstrues.»

La jeune fille un peu pâle et tout éplorée,
A son amant chéri fit cet aveu fatal
Qu’elle avait pour neuf mois perdu son cardinal.
(Tour du Bordel.)

Caresser un homme. Le peloter, lui passer une main adroite dans le pantalon pour réveiller le membre qui y dort sur ses deux coussins, et le faire ainsi gaudiller.—Caresser une femme, la baiser,—ce qui est, pour elle, la caresse par excellence.

Chloé, d’où vient cette rigueur?
Hier tu reçus mes caresses,
J’accours aujourd’hui plein d’ardeur
Et tu repousses mes tendresses.
E. T. Simon.
Afin, se disoit-il, que nous puissions, nous autres,
Leurs femmes caresser, ainsi qu’ils font les nôtres.
Régnier.
J’avois un mari si habile,
Qu’il me caressoit tous les jours.
(Parnasse satyrique.)

La jeune demoiselle qui avait été si bien caressée, s’imaginait que cela devait durer toutes les nuits de la même façon.

D’Ouville.

Il les repoussa de la porte, la referma, et retourna caresser la belle.

Tallemant des Réaux.
Si vous vouliez madame caresser,
Un peu plus loin vous pouviez aller rire.
La Fontaine.
Que de caresses
Que de tendresses,
Pour réchauffer vos cœurs, vieux députés!
Gustave Nadaud.

Carillonner. Baiser une femme, en frappant les parois de sa cloche avec le battant priapesque.

Et il carillonne à double carillon de couillons.

Rabelais.

N’est-ce pas un sujet de rire, lorsqu’on est sur le point de carillonner à ma paroisse.

D’Ouville.

Carotte. Le membre viril,—par allusion à sa forme et à sa couleur.

Pourquoi la retires-tu, ta petite carotte? Je ne voulais pas te la manger.

E. Jullien.

Carte (Avoir sa, ou Être en). Être inscrite comme fille exerçant le métier de putain, sur le registre ad hoc ouvert à la préfecture de police.

... Dès demain
Je ferai demander ta carte à la police,
Et tu pourras alors commencer ton service.
Louis Protat.

Cartes transparentes. Cartes à jouer qui, au premier abord, ressemblent à d’innocentes cartes, mais qui, lorsqu’on les regarde avec attention, entre le soleil et les yeux, sont autant de compulsamenti à fouterie.

Elle fait défiler devant ses yeux une foule de cartes transparentes, qui sont autant des outrages au bon goût qu’aux bonnes mœurs.

Lemercier de Neuville.

Cas. Le membre viril aussi bien que la nature de la femme.

Un capucin, malade de luxure,
Montroit son cas, de virus infecté...
Piron.
Je croyois que Marthe dût être
Bien parfaite en tout ce qu’elle a;
Mais, à ce que je puis connoître,
Je me trompe bien à cela,
Car, bien parfaite, elle n’est pas
Toujours en besogne à son cas.
Berthelot.

Qui a froid aux pieds, la roupie au nez, et le cas mol, s’il demande à le faire, est un fol.

(Moyen de parvenir.)
Mon cas, fier de mainte conquête,
En Espagnol portoit la tête.
Régnier.

Il avoit sa femme couchée près de lui, et qui lui tenoit son cas à pleine main.

Brantôme.
Les tetons mignons de la belle,
Et son petit cas, qui tant vaut.
Marot.

Le cas d’une fille est fait de chair de ciron, il démange toujours; et celui des femmes est de terre de marais, on y enfonce jusqu’au ventre.

Brantôme.

La servante avait la réputation d’avoir le plus grand cas qui fût dans le pays.

D’Ouville.

Cascadeuse. Drôlesse du quartier Breda, qui se joue de l’amour et des amoureux.

Ne t’y fie pas: c’est une cascadeuse.

Charles Monselet.

Casquer. Donner de l’argent à une femme galante quand on est miché, à un maquereau quand on est femme galante. Casquer, c’est tendre son casque; tendre son casque, c’est tendre la main: la fille d’amour tend la main, et l’homme qui bande y met le salaire exigé, pour avoir le droit d’y mettre sa queue.

En ai-je t’y reçu de l’argent des menesses!... Oui, elles ont casqué, et dru!...

Lemercier de Neuville.

Casse-noisette. Habile contraction du sphincter du vagin qui retient prisonnier le membre viril qui s’est engagé, la tête la première, dans ces mystérieuses Thermopyles, et le force ainsi à combattre vaillamment—et à jouir.

L’art du casse-noisette remonte à la plus haute antiquité; quelques femmes modernes le pratiquent encore avec succès, avec moins de succès cependant que les Chinoises, qui sont conformées de façon à faire gaudiller le Chinois le plus écourté du Céleste Empire.

A. François.
Je possède l’art du casse-noisette,
Qui ferait jouir un nœud de granit.
Anonyme.

Casser le lit. Baiser avec énergie, à tout casser, le sommier élastique et le cul de la femme—plus élastique encore.

Sur le lit que j’ai payé
Je ne sais ce qui se passe:
A peine l’ai-je essayé,
Que le bougre me le casse.
Gustave Nadaud.

Casser un œuf. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Je ne vous ferai point de mal, je veux casser un œuf, qui est près de durcir dans votre ventre.

(Moyen de parvenir.)

Castrat. Se dit, non pas seulement des hommes qui ont perdu leurs testicules naturellement, mais encore de ceux qui ne bandent plus à force d’avoir bandé dans le cours de leur vie.

Dans ton théâtre, où règnent les castrats.
Joachim Duflot.
Es-tu pédéraste ou castrat, voyons?
Un pareil état m’excite et m’offense:
Descends de mon lit, ou bien rouscaillons.
Anonyme.

Catau, ou Cathos, ou Catin. Fille ou femme légère—comme chausson.—Nom de femme qui est devenu celui de toutes les femmes—galantes.

Je vous chanterai, dans mes hexamètres,
Superbe catin dont je suis l’amant
(Parnasse satyrique.)
Une catin, sans frapper à la porte,
Des cordeliers jusqu’en la cour entra.
Marot.
Parmi les cataux du bon ton,
Plus d’une, de haute lignée,
A force d’être patinée
Est flasque comme du coton.
Emile Debraux.

Retiens cette leçon, Philippine: quelque catin que soit une femme, il faut qu’elle sache se faire respecter, jusqu’à ce qu’il lui plaise de lever sa jupe.—Je pense de même...

Andréa de Nerciat.
... En tout, tant que vous êtes,
Non, vous ne valez pas, ô mes femmes honnêtes,
Un amour de catin.
Alfred de Musset.
Des catins du grand monde
J’ai tâté la vertu.
Émile Debraux.