223. Les bâtiments de l'abbaye furent affectés, sous l'Empire, à l'établissement du lycée Napoléon, depuis collège Henri IV. La bibliothèque y demeurait indépendante; mais, sous prétexte d'un délabrement plus ou moins réel qui menaçait les dortoirs situés au-dessous, le lycée poursuivit avec une remarquable ténacité l'expulsion de la bibliothèque dont il convoitait surtout les galeries. Il obtint de l'Empereur un décret portant translation de la bibliothèque au Luxembourg, palais du Sénat[316]. Il est vraisemblable que de hautes influences s'interposèrent alors et arrêtèrent l'exécution de la mesure. Mais la lutte continua entre la bibliothèque et le collège. Ce dernier en sortit vainqueur. Une ordonnance du 22 juin 1842, motivée par les mêmes prétendues craintes, déposséda enfin la bibliothèque et ordonna sa translation provisoire dans la partie des bâtiments de l'ancien collège de Montaigu faisant face à la place du Panthéon. Après de vives discussions, les Chambres votèrent un crédit de 1,775,000 fr. pour la construction d'une nouvelle bibliothèque[317] dans laquelle les collections ont été définitivement aménagées en 1850.

224. Une ordonnance du 27 mars 1828 avait créé à la bibliothèque Sainte-Geneviève un dépôt particulier pour recevoir l'exemplaire des livres du dépôt légal destinés au ministère de l'intérieur[318]. Chaque année, le ministre y faisait un choix des ouvrages à répartir entre les bibliothèques du royaume, suivant leurs besoins et leur importance. L'ordonnance du 30 juillet 1835 supprima ce service à la bibliothèque Sainte-Geneviève et le rattacha au ministère de l'instruction publique.

225. L'ancien cabinet d'estampes a été démembré par l'arrêté ministériel du 15 novembre 1860, pris sur le rapport de la commission des échanges dont nous avons déjà parlé. La Bibliothèque nationale en a retiré tous les dessins, ainsi que les états d'estampes et gravures qui lui manquaient: les doubles qu'elle a donnés en compensation n'ont qu'une valeur insignifiante. Mais, depuis cette époque, la bibliothèque Sainte-Geneviève a reçu, en 1868, de M. de la Roquette, ancien consul de France à Christiania, le legs d'une collection sur l'histoire et la littérature des langues scandinave, danoise et islandaise, la plus riche peut-être de ce genre qui existe à Paris[319]. D'autre part, en 1874, le cabinet des estampes a été sensiblement accru par le don que lui a fait M. Guénebault de ses dessins et gravures; cette collection, intéressante surtout pour la topographie de la France et l'iconographie sacrée, n'a pas été répartie dans le fonds général et reste maintenue dans son intégrité[320]. Depuis trois ans, on a créé à la bibliothèque Sainte-Geneviève un fonds des périodiques français et étrangers, revues hebdomadaires ou mensuelles, qui complète heureusement la création du fonds des journaux politiques de l'Arsenal. Ce service est presque entièrement alimenté par les versements du dépôt légal qui sont, au demeurant, la principale source des accroissements de la bibliothèque dans toutes les branches. En résumé, la bibliothèque Sainte-Geneviève qui, suivant la statistique de M. Petit-Radel, comptait 110,000 volumes en 1819, atteint actuellement près de 200,000, avec 4,000 manuscrits. La Réserve, installée au rez-de-chaussée comme la salle des manuscrits, dépasse 15,000 ouvrages, incunables ou éditions princeps, livres à gravures ou à reliures de luxe[321].

226. Depuis 1830, la bibliothèque est ouverte tous les jours au public, de dix à trois heures, et, de plus, depuis le 1er janvier 1838, de six à dix heures du soir; les vacances vont du 1er septembre au 15 octobre[322]. Le mouvement des lecteurs est considérable: on ne l'évalue pas à moins de sept à huit cents par jour. Malgré cette affluence, et bien que l'on n'impose pas au public l'ennuyeuse formalité du laissez-passer, les vols sont fort rares. Au début des séances du soir, qui sont le plus fréquentées et pendant lesquelles la surveillance est moins facile, on constata quelques soustractions; les délinquants furent poursuivis, et l'affichage, à la porte de la bibliothèque, des condamnations prononcées contre eux suffit à éviter le retour de semblables tentatives. Cependant, par mesure de prudence, on ne communique, le soir, ni les manuscrits, ni les ouvrages de la Réserve.

227. L'examen des bulletins de demande permet de constater depuis plusieurs années un retour sensible vers les études et les lectures sérieuses. Cette fréquentation exceptionnelle assigne à la bibliothèque Sainte-Geneviève un rang à part dans les grandes bibliothèques de Paris, et nécessite un personnel très nombreux: vingt fonctionnaires, savoir un administrateur, un administrateur-adjoint, deux conservateurs, quatre conservateurs-adjoints, six bibliothécaires, deux sous-bibliothécaires, un employé et deux surnuméraires; plus, dix-neuf garçons de salle[323].

228. Le classement, qui remonte à Daunou, comporte les cinq grandes divisions de Brunet, subdivisées en séries désignées par des lettres[324].

Les ouvrages de chaque série portent la même lettre sur une étiquette, au dos et au commencement du ou des volumes. Cette lettre est suivie d'un numéro particulier.

L'ordre des séries n'est pas toujours absolument logique, et le numérotage est fort compliqué. Non seulement chaque série donne lieu à un numérotage indépendant, qui va de 1 à x, mais, dans la série, chaque format a son numérotage. Ainsi, l'on a 28 nos 1: A 1, B 1, BB 1, etc.; et l'on a encore A 1 in-fol., A 1 in-4o, A 1 in-8o. Dans quelques séries, il est vrai, le numérotage est suivi: le no 395 étant le dernier in-fol., le no 396 est le premier in-4o; cette singularité devient une seconde complication. Jusqu'à ces dernières années, on rangeait par intercalation les acquisitions nouvelles: depuis deux ou trois ans, on y a renoncé pour commencer un supplément. Malheureusement, on a renouvelé de tous points les errements anciens; le supplément compte autant de séries que le vieux fonds, ce qui contraint de laisser sur les rayons, pour chaque série, des vides assez considérables en vue des entrées ultérieures, et, comme il est impossible d'en prévoir exactement l'importance, dès qu'une lacune est comblée, il faut procéder à un refoulement général. Enfin, on comprend, sous le nom d'Omnium, une catégorie de 5 à 6,000 volumes presque constamment demandés, qui sont rangés dans des travées spéciales, toujours selon l'ordre et le numérotage indiqués. C'est comme une autre bibliothèque dans la bibliothèque, et il en existe un catalogue spécial sur fiches.

Toute cette disposition est aussi défectueuse que possible; il est fort regrettable qu'elle ait été maintenue dans le supplément en voie de formation. Le sujet mériterait d'appeler l'attention du comité central des bibliothèques; et il serait temps encore d'y remédier. Il convient d'ajouter que le catalogue est assez bien tenu et les fonctionnaires et gens de service assez habitués à cette classification pour qu'elle ne nuise pas aux recherches; mais si la communication des volumes se fait avec la rapidité désirable, ce n'est pas à l'organisation, c'est à l'intelligence et au zèle du personnel qu'on le doit.

229. La bibliothèque Sainte-Geneviève possède un assez grand nombre de volumes de catalogues. Le P. Pingré, vers 1754, en avait dressé un en 9 volumes in-folio. Celui dont on se sert actuellement a été établi sous la direction de Daunou, dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs et forme 32 volumes in-folio. Nous retrouvons ici une nouvelle trace des complications bizarres que le savant historien s'est plu à introduire dans le classement de la bibliothèque comme dans celui des Archives nationales. Le catalogue est double: une partie est affectée aux in-folio et aux in-quarto, une autre aux formats inférieurs; d'où la nécessité de faire double recherche lorsque l'on ignore le format du volume demandé. Il existe encore plusieurs catalogues méthodiques spéciaux, dont l'un, pour la littérature dramatique avec table des noms d'auteurs et de pièces, est dû à Daunou; d'autres, pour l'histoire, les sciences et arts, les sciences mathématiques; mais ils ne sont pas tenus au courant. On se sert, pour les manuscrits, d'un catalogue fait à la fin du XVIIIe siècle, avec classement par langues et par formats. Hænel en a publié la liste dans son Catalogus manuscriptorum, et M. Ulysse Robert en prépare un nouvel inventaire sommaire, dressé sur le même plan que celui des manuscrits de l'Arsenal[325].

SECTION V.
BIBLIOTHÈQUES DES PALAIS NATIONAUX.

230. On désigne sous ce nom les bibliothèques de l'ancienne liste civile, conservées dans les palais de Fontainebleau, de Compiègne et au château de Pau. Celle du palais de Versailles a été supprimée et, en partie, réunie à celle de Compiègne; celles de Saint-Cloud, du Louvre, des Tuileries ont été complètement détruites par les incendies de 1870-1871.

Ces bibliothèques successivement rattachées, en 1848, au département de l'instruction publique[326] et, en 1852, au ministère d'État[327], ont été replacées, en 1870, dans les attributions du ministre de l'instruction publique[328]. Elles sont peu considérables; toutefois celle de Fontainebleau possède une collection de pièces rares, pamphlets, brochures, plaquettes sur l'histoire des guerres de religion[329].

231. Elles sont administrées chacune par un conservateur, et sont ouvertes au public, pour le prêt des livres, les 1er et 15 de chacun des mois de mai à octobre inclusivement, et le 1er seulement de chaque mois pendant le reste de l'année; cette dernière restriction n'est pas applicable à la bibliothèque du château de Pau[330].

232. Sont autorisés à emprunter les livres: les membres de l'Université, les officiers, les professeurs et élèves de l'École spéciale militaire de Fontainebleau, les fonctionnaires de l'État en résidence dans la ville, ainsi que les personnes jouissant d'une honorable notoriété, qui adressent aux bibliothécaires une demande signée, faisant connaître leurs nom, profession et domicile. Les bibliothécaires, qui sont responsables de la conservation des ouvrages, peuvent toujours refuser le prêt des livres à gravures, à riches reliures, ou appartenant à de grandes collections. La même personne ne peut emprunter plus de trois ouvrages à la fois: la durée du prêt est fixée à un mois, avec faculté de renouvellement, à condition que les volumes soient représentés aux bibliothécaires. Ceux-ci ont toujours le droit, dans l'intérêt du service, de faire rapporter les livres avant l'expiration du délai, et le refus de satisfaire à cette réquisition suffirait à justifier leur radiation de la liste du prêt. Les emprunts sont inscrits sur un registre émargé par les emprunteurs ou leurs fondés de pouvoirs, qui se reconnaissent par là responsables, en cas de dégradation ou de perte des volumes. Si le remplacement n'est pas possible, ils doivent réparer le tort causé à la bibliothèque suivant l'estimation faite par le bibliothécaire et approuvée par le ministre[331].

[216] Rapport du ministre de l'Instruction publique à l'Empereur, du 14 juillet 1858. Bull. du minist., 1858, p. 133.

[217] Rapp. de M. Mérimée au ministre, du 27 mars 1858, Ibid., p. 147.

[218] Arr. min. du 19 décembre 1857.

[219] Bull. du min. I. P., 1858, p. 143-170.

[220] La section de géographie avait été érigée en un département distinct, pour la première fois, en 1828 (Ord. 2 novembre); réunie au cabinet des estampes (Ord. 14 novembre 1832), puis reconstituée isolément (Ord. 22 février 1839), et encore rattachée aux estampes (Ord. 2 juillet 1839), elle en a été définitivement distraite par le décret du 31 août 1854.

[221] Le catalogue alphabétique de ces ouvrages, suivi d'un plan de la salle, est imprimé et placé sur la table des périodiques.

[222] Journ. off. du 19 juin 1878. — Cf. Arr. min. du 20 mars 1878.

[223] L. du 28 décembre 1880 et du 15 juillet 1882. — Cf. le décret du 22 août 1881, les arrêtés préfectoraux des 24 mars, 29 septembre et 15 novembre 1881.

[224] Le titre d'administrateur général a été relevé par l'ordonnance du 2 septembre 1847.

[225] Ord. du 22 février 1839 et du 2 septembre 1847.

[226] Le développement des services n'a pas permis de maintenir le même privilège aux conservateurs ou employés de la Bibliothèque nationale, moins favorisés en cela que leurs collègues des autres bibliothèques publiques (Déc. des 15 décembre 1856 et 17 août 1857).

[227] Ces conditions d'admission ne sont pas exigées pour la nomination du secrétaire-trésorier. — Le grade de sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale est une des meilleures innovations du décret du 17 juin 1885. Jusque-là il était remplacé par le titre d'employé de 1re, 2e ou 3e classe, qualification fâcheuse, susceptible d'éveiller dans l'esprit du public l'idée d'une situation sociale inférieure et qui ne correspondait nullement au mérite et au rang réel des fonctionnaires auxquels on l'appliquait.

Voici les programmes des examens nouvellement institués pour l'admission aux titres de stagiaire et de bibliothécaire; ils varient avec les départements:

DÉPARTEMENT DES IMPRIMÉS.

I. Candidats au titre de stagiaire.

1o Cataloguer une vingtaine d'ouvrages ou pièces, parmi lesquels des incunables, des livres imprimés en grec, en latin, et dans les principales langues européennes, notamment en allemand;

2o Dégager des titres de ces ouvrages les mots caractéristiques qui peuvent entrer dans un répertoire alphabétique par noms de matières. Ce répertoire sera établi d'après les principes suivis pour la table par noms de matières des ouvrages portés au Bulletin des publications françaises que la Bibliothèque fait imprimer chaque mois. Tous les noms à mettre en rubrique seront ramenés aux formes françaises;

3o Analyser une préface écrite en latin ou dans une langue étrangère vivante, pour rendre un compte sommaire des circonstances indiquées dans cette préface sur la composition et la publication de l'ouvrage;

4o Répondre par écrit à des questions posées sur le plan et l'usage des principaux ouvrages de bibliographie ancienne et moderne, française et étrangère.

II. Au titre de sous-bibliothécaire.

1o Cataloguer une dizaine d'ouvrages ou de pièces parmi lesquels des incunables, des livres imprimés en grec, en latin, et dans les principales langues européennes, notamment en allemand. Indiquer la division bibliographique à laquelle chacun de ces articles doit être rattaché, suivant les usages admis à la Bibliothèque;

2o Trouver à l'aide des bibliographies et des différents répertoires du département des imprimés une dizaine d'ouvrages demandés d'une façon plus ou moins régulière par des lecteurs fréquentant la salle de travail;

3o Répondre par écrit à des questions posées pour s'assurer que le candidat connaît les systèmes de classement employés à la Bibliothèque nationale, qu'il est familier avec les principaux ouvrages bibliographiques, qu'il a des notions sur l'histoire de l'Imprimerie, qu'il sait apprécier les particularités importantes à remarquer dans un livre (condition exceptionnelle des exemplaires, reliure, ex libris, annotations manuscrites).

DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS.

I. Candidats au titre de stagiaire.

1o Copier quelques textes manuscrits;

2o Rédiger la notice de quatre ou cinq manuscrits;

3o Répondre à des questions de chronologie et de diplomatique;

4o Résumer une notice ou dissertation écrite en latin ou dans une langue vivante étrangère et portant sur un point de paléographie ou d'histoire littéraire.

II. Au titre de sous-bibliothécaire.

1o Rédiger la notice de quatre ou cinq manuscrits;

2o Répondre par écrit à des questions posées sur des points de paléographie, de bibliographie des manuscrits et d'histoire des bibliothèques;

3o Montrer qu'on est familier avec les systèmes de classement et les catalogues employés à la Bibliothèque depuis le XVIIe siècle et dans les principaux établissements dont la Bibliothèque a recueilli les manuscrits.

DÉPARTEMENT DES ESTAMPES.

I. Candidats au titre de stagiaire.

1o Répondre à des questions élémentaires sur l'histoire des arts et des artistes depuis le XVe siècle;

2o Justifier de connaissances élémentaires sur les divers procédés de reproduction, tels que gravure, lithographie, photographie, etc.;

3o Expliquer succinctement le sujet et les légendes de quelques gravures.

II. Au titre de sous-bibliothécaire.

1o Décrire une ou plusieurs gravures anciennes;

2o Répondre à des questions dont la solution suppose la connaissance des ouvrages relatifs à l'histoire des arts en général et à celle de la gravure en particulier, à l'œuvre des principaux maîtres, à la composition des plus célèbres collections publiques;

3o Montrer qu'on est familier avec les systèmes de classement suivis au département des estampes et qu'on est en état d'y faire les communications habituellement demandées par le public.

DÉPARTEMENT DES MÉDAILLES ET ANTIQUES.

I. Candidats au titre de stagiaire.

1o Répondre à des questions de mythologie, d'histoire et de géographie, ancienne et moderne;

2o Justifier de connaissances élémentaires sur l'épigraphie, la numismatique et l'archéologie;

3o Analyser un mémoire numismatique publié en latin ou dans une langue étrangère vivante.

II. Au titre de sous-bibliothécaire.

1o Déchiffrer quelques monnaies et quelques inscriptions;

2o Montrer qu'on est familier avec la bibliographie numismatique et avec les systèmes de classement suivis à la Bibliothèque, de façon à pouvoir y faire les communications habituellement demandées par le public (Bull. du min. I. P., 1885, no 669).

[228] Règl. int., art. 37.

[229] Déc. du 21 avril 1875, art. 4.

[230] Tableaux respectifs du personnel des deux établissements:

Bibliothèque nationale.     Administration Imprimés Section de géographie Manuscrits Médailles Estampes Total
Administrat. général 1           1
Secrétaire-trésorier 1           1
Conservateurs   1   1 1 1 4
Conservat. adjoints   3 1 1 1 1 7
Bibliothécaires   10 2 4   1 17
Sous-bibliothécaires 4 17   2 2 3 28
Stagiaires   4         4
Commis   19 1 1 1   22
Total[B] 6 54 4 9 5 6 84

[B] A ce total on peut ajouter 9 attachés au bureau du catalogue, non commissionnés et payés à la séance. — Les hommes et femmes de service sont au nombre de 50, les ouvriers et ouvrières au nombre de 17.

 
British Muséum.     Administration Imprimés Section de géographie Manuscrits Médailles Estampes Total
Principal librarian 1           1
Secretary 1           1
Treasury 1           1
Keepers   1 1 2 1 1 6
Assistant keepers   4   1 1   6
Assistants[C] 9 35 2 10 3 2 61
Attendants 1 82 3 12   3 101
Total 13 122 6 25 5 6 177

[C] Les assistants se divisent en senior assistants et junior assistants.

La comparaison des traitements n'est pas moins intéressante. Bibliothèque nationale: Administrateur général, 15,000 fr.; conservateurs, 10,000; conservateurs-adjoints, 7,000; bibliothécaires, 3,600 à 6,000 (1re cl. 6,000; 2e cl., 5,500; 3e cl., 5,000; 4e cl., 4,500; 5e cl., 4,000; 6e cl., 3,600); sous-bibliothécaires, 2,400 à 3,300 (1re cl., 3,300; 2e cl., 3,000; 3e cl., 2,700; 4e cl., 2,400); stagiaires, 1,800; commis, 1,500 à 2,400.

British Muséum: Principal librarian, 30,000 fr.; keepers, 18,750 fr., assistant keepers, 12,500 à 15,000; senior assistants, 6,250 à 11,250; junior assistants, 3,750 à 10,250; attendants (répartis en deux classes), 1,500 à 3,000.

[231] Un arrêté du 14 avril 1885, donnant satisfaction à un désir souvent exprimé, a décidé que la Bibliothèque serait ouverte jusqu'à 6 heures du soir, du 1er mai au 15 septembre.

[232] Traitements des gagistes: chef du service, 1,500 à 1,800 fr.; hommes de service de 1re classe, 1,300 à 1,400; de 2e classe, 1,100 à 1,200; concierges-femmes et femmes de service, 500 à 600 francs.

[233] Déc. du 6 décembre 1863.

[234] Le crédit des acquisitions seules, en 1885, est de 181,200 francs ainsi répartis: Imprimés, 86,200 fr.; Manuscrits, 28,500; Médailles, 40,500; Estampes, 26,000; ces chiffres sont susceptibles de varier chaque année suivant les besoins des départements. «Dans les ventes publiques, écrivait le ministre en 1860 (Rapp. à l'Emper., du 31 mars 1860), la Bibliothèque ne peut soutenir le concours des enchères et se retire impuissante des luttes que sa pauvreté semble lui interdire désormais. Il lui faut renoncer à acquérir les plus indispensables compléments de ses collections. Lorsqu'elle a épuisé sa maigre allocation, elle a beau désirer ce qui lui manque en livres anciens, manuscrits précieux, médailles rares, ouvrages nouveaux publiés à l'étranger, l'opulence des particuliers ou la libéralité des autres gouvernements écrasent ses tentatives d'acquisition et elle laisse, avec un amer regret, échapper ce qui devrait appartenir à sa renommée et à sa supériorité.» Depuis, il est vrai, l'allocation a été doublée, mais le développement énorme de la production littéraire à l'étranger, l'élévation progressive des prix des publications nouvelles et de ceux atteints dans les ventes publiques ont empêché que l'amélioration apparente donnât des résultats sérieux. «Il est impossible avec le crédit actuel, écrivait le ministre en 1883, de placer dans notre grand établissement scientifique les livres rares indispensables à sa mission, tels que les séries d'incunables, de romans gothiques et d'éditions originales. Les fonds alloués sont absorbés très légitimement par les achats des publications nouvelles, etc.» La situation n'a donc pas changé. Alors que notre Bibliothèque nationale reçoit pour ses acquisitions et reliures une somme totale de 230,000 fr., le British Muséum, qu'il faut encore citer en exemple, toucha, pour ce double objet, un crédit de 655,000 fr., sans parler des subventions exceptionnelles qui lui sont assez fréquemment accordées (Proj. de budg. de 1883, p. 1604). Depuis lors, les crédits, loin d'être relevés, ont subi une légère réduction. — D'après les documents contenus dans le rapport de M. L. Delisle, du 3 juin 1885, le chiffre total des acquisitions, de 1847 à 1884, s'élève à 63,800 articles: soit, de 1847 à 1870, une moyenne de 1,215 par an; de 1876 à 1883, une moyenne de 3,630; et, en 1884, 5,609 (Bull. des bibl. et arch., 1885, p. 27). Ces accroissements portent à peu près uniquement sur des publications modernes.

[235] De 1810 à 1884, la Bibliothèque a reçu par la voie du dépôt légal 1,656,921 articles: de 1810 à 1829, 139,889, en moyenne 6,994 par an; de 1830 à 1847, 393,613, en moyenne 21,867; de 1848 à 1870, 654,971 (dont 294,234 provenant de Paris et 360,737 des départements), en moyenne 28,477; de 1871 à 1884, 468,448 (dont 138,645 provenant de Paris, 329,803 des départements), en moyenne 33,460; ce chiffre est considérablement dépassé depuis trois ans.

[236] D'après le rapport précité de M. Delisle, le total des dons reçus de 1847 à 1884 est de 38,513: soit, de 1847 à 1870, une moyenne annuelle de 449 articles; de 1876 à 1883, une moyenne de 2,474; en 1884, 4,049. Il s'agit ici d'ouvrages distincts et non des volumes. Dans les 3,031 articles donnés en 1883, figurait une collection de près de 2,000 ouvrages principalement consacrés à l'esclavage et offerts par M. Schœlcher (Ibid., 1884 et 1885, p. 23).

[237] Ord. des 3 décembre 1830, 30 août 1831, 26 février et 2 juillet 1838, 6 juillet 1846; Déc. des 16 août 1851, 30 novembre 1862, 6 décembre 1863, 20 août 1865, 30 octobre 1879, etc.

[238] Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, 1867-1879; 4 vol. in-4o dont un de pl.

[239] Les reliures se décomposent ainsi au budget des dépenses de 1885: pour les imprimés, y compris la section géographique, 31,300 fr.; pour les manuscrits, 12,000; pour les estampes, 5,500; total 48,800 fr. Il y faut joindre les frais de personnel et de matériel: pour l'atelier de reliure, 23,900 fr.; pour l'atelier de collage, 4,200 fr. — Les traitements du personnel des ateliers ont été fixés par le décret du 17 juin 1885: chef, 1,800 à 2,200 fr.; relieurs, 1,300 à 2,000; relieuses, 800 à 1,200; colleurs de l'atelier d'estampes, 1,100 à 1,600 fr.

[240] L. Delisle, Rapp. préc., p. 28.

[241] Voici ce cadre avec l'indication des ouvrages contenus dans chaque série et de la longueur de tablettes qu'ils occupent sur les rayons, soit du fonds ordinaire soit de la Réserve. Il est à noter que les chiffres des cotes n'ont pas tous la même signification. Tantôt, et c'est le cas des divisions récemment inventoriées, l'unité représente un volume ou une pièce susceptible d'être reliée isolément; tantôt l'unité répond à un ouvrage, quel que soit le nombre des volumes (ainsi dans les divisions de la théologie et du droit canonique inventoriées avant 1876); ailleurs enfin, dans les divisions cataloguées et classées méthodiquement, l'unité comprend toutes les éditions d'un même ouvrage: on l'appelle alors cote principale. Pour connaître approximativement le nombre des volumes, il faut majorer le chiffre des cotes dans des proportions très variables. Nous citons, à la suite de la colonne des cotes employées, le total obtenu par la majoration que propose M. L. Delisle. On conçoit tout ce qu'une telle évaluation a de relatif. Quoiqu'elle produise un total de 1,923,562 volumes, M. Delisle estime que ce chiffre peut, sans exagération, être porté à 2,200,000.

Lettres des séries. CADRE DE CLASSEMENT
de la Bibliothèque nationale.
COTES
employées.
ÉVALUATION
en volumes.
LONGUEUR
des tablettes.
Fonds ordinaire. Réserve.
  THÉOLOGIE.     m m
A Écriture sainte 17,088 22,784 626 121
B Liturgie et Conciles 26,083 34,777 682 72
C Pères de l'Église 4,585 6,113 189 74
D Théologie catholique 68,741 91,654 3,679 190
D2 Théologie non catholique 15,704 20,938 317 12
  Total des divisions de la Théologie 132,201 176,266 5,493 469
  JURISPRUDENCE.        
E Droit canonique 8,129 10,832 207 33
*E Droit de la nature et des gens 6,723 6,842 185 14
F Droit civil 117,381 120,135 1,571 69
  Total des divisions de la Jurisprudence 132,233 137,809 1,963 116
  HISTOIRE.        
G Géographie et Histoire générale 35,941 36,974 911 80
H Histoire ecclésiastique 31,977 32,450 658 62
J Histoire ancienne (Grecs, Byzantins, Turcs, Romains, Antiquités) 27,910 28,505 583 84
K Histoire d'Italie 16,713 17,212 395 24
L Histoire de France 242,082 363,123 3,962 293
M Histoire d'Allemagne, des Pays-Bas, des pays du nord et de l'est de l'Europe 45,261 46,894 1,080 26
N Histoire de la Grande-Bretagne 12,957 19,435 650 27
O Histoire d'Espagne et de Portugal (Espagne, 5,547; Portugal, 1,317) 6,864 10,296 220 18
O2 Histoire d'Asie 5,810 8,715 207 15
O3 Histoire d'Afrique 2,756 4,134 68 4
P Histoire d'Amérique 6,469 9,703 336 3
P2 Histoire d'Océanie 270 405 11 »
Q Bibliographie 39,049 39,461 663 35
  Total des divisions de l'Histoire 474,079 617,307 9,744 671
R Sciences philosophiques, politiques, économiques, morales et physiques 81,230 84,792 1,620 77
S Sciences naturelles 59,456 61,196 1,179 41
T Sciences médicales (y compris environ 25,000 thèses) 51,173 93,230 1,456 38
V Mathématiques, sciences et arts 115,200 119,009 2,028 67
Vm Musique 18,828 204,000 631 11
  Total des divisions des Sciences et arts 325,887 562,227 6,914 234
X Linguistique et rhétorique 48,781 50,467 887 86
Y Poésie et théâtre 158,208 158,908 1,542 279
Y2 Romans 95,327 100,232 1,777 74
Z Polygraphie et collections diverses 90,353 120,346 2,025 343
  Total des divisions des Belles-lettres et de la Polygraphie 392,669 429,953 6,231 782
  Total général 1457,069 1923,562 30,345 2,252

«Sur ces 30 divisions, il y en a 8 dont les livres ont été classés méthodiquement dans les trente dernières années, sans qu'il soit resté trace des rangements antérieurs. Ce sont les divisions L, N, O, O2, O3, P, P2 et T. Chacune de ces divisions comporte un nombre plus ou moins considérable de subdivisions, à la fin de chacune desquelles trouvent place les livres de même nature dont s'enrichit la Bibliothèque. (Ainsi l'histoire de France, L, forme 15 chapitres subdivisés en 892 sections; les chapitres sont désignés par des sous-lettres La, Lb, etc., que l'on surcharge de chiffres pour indiquer les sections: La1 — La16, Lb1 — Lb57, etc.)

«Dans les 22 autres divisions il faut distinguer trois fonds: 1o l'ancien fonds ou fonds porté, comprenant les livres portés sur les anciens catalogues méthodiques; ces livres sont cotés et rangés suivant l'ordre de ces catalogues; 2o le fonds intermédiaire ou fonds non porté, comprenant les livres qui ne figurent pas aux anciens catalogues et qui sont rangés suivant l'ordre alphabétique des noms d'auteurs ou, pour les ouvrages anonymes, suivant l'ordre alphabétique des premiers mots des titres; 3o le fonds nouveau, où, depuis un certain nombre d'années, généralement depuis 1876, viennent se placer, suivant l'ordre d'arrivée, les volumes qui entrent journellement à la Bibliothèque.

«L'ancien fonds des divisions A, B, C, D, D2, E, *E, X, Y, Y2 et Z est coté et rangé suivant l'ordre de classement employé dans les volumes du catalogue imprimé au XVIIIe siècle et dans les suppléments manuscrits de ce catalogue.

«L'ancien fonds des divisions F, G, H, J, K, M, Q, R, S et V est coté et rangé suivant l'ordre du catalogue dressé par Clément à partir de l'année 1688 et continué par différents bibliothécaires du XVIIIe et du XIXe siècle.

«Le fonds intermédiaire a reçu, dans l'ordre alphabétique indiqué ci-dessus, la plupart des livres entrés à la Bibliothèque depuis la Révolution jusqu'en 1860 ou environ pour les divisions A, B, C, D, D2, et E, — jusqu'en 1875 inclusivement pour les divisions *E, F, G, H, J, K, M, Q, R, S, V, X, Y2 et Z, — jusqu'en 1881 inclusivement pour la division Y.

«Les volumes et les pièces du fonds ancien et du fonds intermédiaire, dans les divisions A, B, C, D, D2, E, *E, G, J (en partie), K, V (en partie) et X (en partie), ont été soumis à un nouveau numérotage, qui repose uniquement sur l'ordre dans lequel les volumes et les pièces se trouvaient sur les rayons au moment où l'opération a été entreprise. Ce nouveau système de cotes n'a apporté aucun trouble à l'état antérieur, et l'on peut, aujourd'hui comme par le passé, trouver un article désigné par la cote ancienne ou faire une recherche en s'aidant du rangement méthodique des anciens fonds et du rangement alphabétique des fonds intermédiaires.

«Pour les divisions A, B, C, D, D2 et E, les volumes et les pièces du nouveau fonds ont pu être englobés dans la même série numérique que les volumes et les pièces du fonds ancien et du fonds intermédiaire. Dans les autres divisions, où le numérotage du fonds ancien et du fonds intermédiaire n'était pas arrêté, il a fallu ouvrir des séries distinctes pour les volumes et les pièces du fonds nouveau.

«Dans chacune des grandes divisions, on a mis à part les articles qui, en raison de l'ancienneté, de la beauté ou de la rareté des éditions, de la condition des exemplaires, du luxe ou de l'élégance des reliures, de la célébrité des anciens possesseurs et de la valeur des annotations manuscrites, demandent des soins plus délicats et ne sauraient être communiqués sans des précautions particulières. C'est ce qui constitue la Réserve: les volumes de la Réserve portent pour signe caractéristique une lettre de classement dont les traits sont à jour, tandis que, sur les autres volumes, les traits de la même lettre sont pleins. Les cotes des livres de la Réserve ne forment pas des séries distinctes dans les divisions récemment soumises à un classement méthodique (L, N, O, O2, O3, P, P2 et T), ni dans les divisions A-E. Il en est ou il en sera autrement dans les divisions *E, F, G, H, J, K, M, Q, R, S, V, X, Y, Y2 et Z.»

[242] Report of the commissioners appointed to enquire into the constitution and government of the British Museum; London, 1850.

[243] Le British Muséum a commencé, en 1875, l'impression de son catalogue. A la fin de l'année dernière, 74 volumes avaient paru, dont 30 dans la seule année 1884. L'ouvrage est mis en vente; tout souscripteur d'une somme annuelle de 3 liv. 10 sh. (88 francs) a droit à ce qui paraît dans l'année. Les exemplaires livrés au commerce sont sur deux colonnes, mais ceux destinés au service sont imprimés d'un seul côté sur des bandes de papier que l'on colle sur des feuilles de papier fort parchemin, reliées à leur tour en volumes. On obtient ainsi de larges marges pour les insertions postérieures. De plus, les volumes ont été pourvus d'onglets permettant de les interfolier. Par ces précautions on s'est réservé assez de place pour ajouter dix-huit millions de titres, c'est-à-dire pour suffire aux besoins de deux ou trois siècles! — En outre, pour la commodité du public, on a tiré à part et mis en vente à bas prix certains articles tels que Amérique, Byron, Virgile, etc., qui forment des bibliographies très utiles aux travailleurs (La Bibliophilie, 1885, p. 550).

[244] Voir son rapport au ministre, en date du 25 août 1852, inséré au Moniteur.

[245] Le tome XI a paru en 1879.

[246] Cat. des livr. impr. sur vélin de la Biblioth. du roi, 1822-23, 6 tom. en 5 vol. in-8o.

[247] Téchener, 1878, in-8o.

[248] Voir, pour plus de détails sur ce sujet, les recommandations officielles adressées aux bibliothécaires, no 438 note 619. — M. Omont a fait, cette année même, à la Bibliothèque nationale, une série de conférences pratiques sur la rédaction des catalogues de manuscrits.

[249] Catalogus codicum manuscriptorum Bibliothecæ regiæ, 4 vol. in-fol.

[250] Entre ces travaux contemporains et celui de 1740, avaient paru: un Catalogue des manuscrits sanskrits de la Bibliothèque du roi, par Hamilton et Langlès (1807, in-8o); un Mémoire sur les livres chinois de la Biblioth. du roi, par Abel Rémusat (1818, in-8o); et A catalogue of the ethiopic biblical manuscripts in the royal Library of Paris, by Thomas Pell Plat, (London, 1823, in-4o), publications auxquelles l'administration était demeurée étrangère.

[251] M. Henri Omont vient de publier l'Inventaire-sommaire des manuscrits du supplément grec (1883, in-8o). En même temps, M. Henri Bordier a commencé de faire paraître la Description des peintures et ornements contenus dans les manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale [au nombre de 1,540 (1883, in-4o)], travail actuellement terminé. — Cf. le rapport de M. Omont à l'administrateur général, de novembre 1883, duquel il ressort que le fonds grec comprend 4,589 volumes en 4,527 numéros [ancien fonds 3,117 numéros; fonds Coislin, 400; supplément, 1010 (aujourd'hui 1,044)]. Les autres bibliothèques de Paris ne possèdent ensemble que 54 manuscrits grecs, et celles des départements, que 88.

[252] Exemples: Catalogue du Saint-Germain français; 1009, Recueil de plusieurs pièces d'État et autres matières de remarque; 1580, Collection de divers sujets d'histoire et de dévotion, prose et vers. (Ce dernier n'est autre qu'une Crónica de España desde la guerra de Grenada hasta el año de 1538, par Sancho Cota, chronique entremêlée de pièces de vers en l'honneur des princes et princesses d'Espagne.) Voir le rapport de M. Taschereau, du 25 décembre 1854 (Bull. du min. de l'instr. publ., 1855, p. 12-20). Cf. L. Delisle, Le Cab. des mss., t. II, p. 319 et suiv.

[253] Les raisons en sont exposées dans le rapport de M. Taschereau, du 27 juin 1868, placé en tête du tome Ier du Catalogue des manuscrits français.

[254] Invent. génér. et méthod. des mss. franç. de la Biblioth. nat., 1876-78, 2 vol. in-8o.

[255] Les numéros 1-1,450 furent réservés au moyen format (0,27 à 0,37 cent.); 1,451 à 1,500, au très grand format (plus de 0,50 cent.); 1,501-2,000 et 4,001-5,000, au petit format (moins de 0,27 cent.); 2,001-4,000, au grand format (de 0,37 à 0,50 cent.).

[256] Manoscritti italiani della regia Bibliotheca parigina, ecc., descritti ed illustrati; 2 vol. in-4o. — Catalogo razonado de los manuscritos españoles esistentes en la Bibliotheca real de Paris; in-4o. — Invent. des mss. italiens de la Bibl. nat. qui ne figurent pas dans le catalogue de Marsand, par M. G. Raynaud, 1882, in-8o. — Catal. des mss. anglais de la Biblioth. nat., par le même; 1883, in-8o. — Catal. des mss. espagnols de la Bibl. nat., par M. Morel-Fatio; in-4o. — Les mss. slaves de la Bibliothèque impériale, par le P. Martinof; 1858, in-8o.

[257] Moins 40, perdus ou volés antérieurement à 1848.

[258] On réserva au petit format les numéros 1-1,000; les numéros 1,001-2,000 au moyen format; 2,001-2,500 au grand format; 2,501 et suiv. au très grand format.

[259] Il a également publié la Bibliotheca Bigotiana manuscripta, catalogue annoté des manuscrits rassemblés au XVIIe siècle par les Bigot, aujourd'hui conservés à la Bibliothèque nationale (Rouen, in-4o), l'Inventaire des manuscrits du fonds de Cluny (1884, in-8o), et Les Collections de Bastard d'Estang à la Bibliothèque nationale, catalogue analytique (1885, in-8o). — Les Manuscrits français de la Bibliothèque du roi, leur histoire, etc., avaient encore, de 1836 à 1848, fait l'objet d'une importante publication de M. Paulin Paris, restée inachevée; 7 volumes ont paru, contenant la description d'environ 1,000 manuscrits français et d'un certain nombre de manuscrits en langues étrangères.

[260] Journ. off. du 26 juillet 1874.

[261] Ces chiffres, empruntés à l'Inventaire de M. Delisle, indiquent l'état du département au 1er mai 1876. Les acquisitions ultérieures ne les ont pas très sensiblement modifiés. — Cf. L. Delisle, op. cit., t. II, p. 334.

[262] Leipzig, 1771, in-8o.

[263] «L'A fut affecté aux reproductions, à l'état de recueils des tableaux, des dessins ou des morceaux de sculpture conservés dans les galeries publiques ou particulières. Le B et les deux lettres suivantes devinrent la marque des volumes renfermant chacun l'œuvre personnel d'un peintre, placé à son rang chronologique dans l'école à laquelle il appartient. L'E fut consacré aux œuvres des graveurs, et ainsi de suite pour tout ce qui tient aux beaux-arts proprement dits. Les autres lettres de l'alphabet — sauf la lettre H consacrée à l'architecture — servirent, dans leur ordre successif, à désigner les différentes matières ou, si l'on veut, les différents groupes de documents sur des sujets intéressant l'histoire sacrée ou profane, les sciences naturelles ou mathématiques, les variations des mœurs ou les conditions physiques des pays, — depuis le G qui comprend les pièces relatives à l'antiquité, jusqu'au V et à l'X, auxquels se rattachent les suites topographiques et les atlas de géographie. Enfin, sous une dernière lettre, l'Y, sont rangés tous les livres concernant la théorie ou l'histoire de l'art, la biographie des artistes ou la nomenclature de leurs travaux, ainsi que les catalogues des principales ventes de tableaux ou d'estampes ayant eu lieu dans le XVIIe siècle.» (Delaborde, Le Départ. des est., p. 124.)

[264] Delaborde, p. 153. — On a adopté pour les recueils factices un système de reliure mobile qui se prête à toutes les intercalations de pièces. (Ibid., p. 158.)

[265] Rapp. de la commission au ministre, du 27 mars 1858. (Bull. du min. I. P., 1858, p. 164.)

[266] Bull. du min. I. P., 1875, p. 814.

[267] Les monuments égyptiens de la Bibliothèque nationale; 1879, in-4o.

[268] Déc. du 21 avril 1875, art. 4. — Avant cette époque, la Bibliothèque était fermée durant la quinzaine de Pâques, au préjudice des professeurs de Paris et des départements, qui ne pouvaient mettre à profit leurs vacances de Pâques pour y venir travailler.

[269] Cf. Ord. du 22 novembre 1830, art. 1er. — Depuis les récents perfectionnements apportés à l'éclairage par la lumière électrique, le public a plusieurs fois réclamé l'ouverture de séances du soir. S'il semble assez facile d'éclairer sans danger une salle de travail, il n'en est pas de même des dépôts des livres. La question, mise à l'étude, n'a pu recevoir encore une solution satisfaisante.

[270] On y entre par la rue Colbert, d'où elle a pris le nom de Salle Colbert, et elle est ouverte même le dimanche. Le nombre des lecteurs qui, en 1869, était de 34,472, s'est élevé, en 1884, à 59,131 auxquels ont été communiqués 93,782 volumes. — Cf. les rapports de M. Chéron bibliothécaire. (Journ. off. du 21 février 1876; Bull. min. I. P., 1877, p. 396; Bull. des bibl. et arch., 1885, p. 29.)

[271] La même facilité est offerte aux travailleurs du département des manuscrits.

[272] La publication des manuscrits est soumise aux mêmes formalités dans toutes les bibliothèques publiques.

[273] Les hommes de service du département des médailles ne vaquent eux-mêmes à leurs travaux qu'en présence d'un fonctionnaire du cabinet.

[274] Arr. min. du 7 février 1877.

[275] L'arrêté précité du 1er juin 1877 a institué près le ministère un laboratoire central de photographie, destiné:

1o A conserver les clichés des reproductions;

2o A exécuter les travaux photographiques ordonnés par l'administration, tels que les reproductions faites par l'État pour les villes de province ou de l'étranger qui, à titre gratuit, onéreux, ou par réciprocité, demandent à faire photographier des objets de nos établissements; les planches faites pour les publications du ministère (Documents inédits, Revue des sociétés savantes, Archives des missions), etc.;

3o A exercer aux opérations photographiques les personnes désignées par le ministre pour remplir des missions scientifiques;

4o A vérifier avant le départ l'état des appareils et des produits emportés par ces missionnaires.

[276] Journ. off. du 26 janvier 1872.

[277] Le catalogue raisonné des objets exposés par les départements des imprimés, des manuscrits et des estampes, a été publié par les soins de l'administration (1881, in-8o).

[278] L. 11 frimaire an VII (1er décembre 1798), art. 2.

[279] Voir, pour la proportion adoptée en 1885, les nos 133 et 140, notes 234 et 239.

[280] Histoire de la Bibliothèque Mazarine par Alfr. Franklin, 1860, in-8o. — Cf. du même, les Anciennes bibliothèques de Paris, t. III, p. 37-160.

[281] Voir, sur la vente de cette bibliothèque, outre l'ouvrage précité de M. A. Franklin, deux articles de M. Kaulek, dans le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris, nos de sept.-oct. 1881 et de mai-juin 1882.

[282] Arr. du Conseil du 25 juin 1668.

[283] Les bâtiments du collège furent achevés en 1674, mais l'ouverture des classes ne se fit qu'en 1688, quatre ans après la translation du corps de Mazarin, demeuré jusque-là dans l'église du château de Vincennes. L'inventaire avait été dressé en quatre volumes in-folio et parafé par Piques, depuis bibliothécaire, le 9 décembre 1690.

[284] Franklin, loc. cit.

[285] Arr. min. I. P., du 1er février 1865 et du 22 avril 1880.

[286] Arr. min. du 16 juillet 1872, qui a fixé définitivement les dates des vacances des bibliothèques Mazarine, Sainte-Geneviève et de l'Arsenal. Jusque-là, ces dates étaient déterminées par des arrêtés annuels. — Cf. arr. min. du 21 mars 1882.

[287] Ord. du 26 décembre 1821.

[288] Ces manuscrits, cotés en 3,317 articles, se divisent en deux séries distinctes; la 1re} (n{os 1 à 1358) comprend les manuscrits anciens c'est-à-dire antérieurs à 1500; la 2e (nos 1359 à 3,288), les manuscrits plus récents; presque tous sont latins ou français.

[289] En y comprenant les gagistes, le traitement du personnel atteint 26,400 fr.; 8,800 fr. sont affectés aux achats et reliures, 7,400 aux dépenses de chauffage, matériel et entretien, ce qui porte à 42,600 fr. le total du budget de la bibliothèque Mazarine, en 1885 (46,600 en 1884).

[290] Bull. des bibl. et arch., 1884; rapp. de M. A. Franklin.

[291] Dispositions en vigueur pour toutes les bibliothèques publiques de l'État. — Cf. Déc. du 9 mars 1852, art. 1 et 3.

[292] Bull. des bibl. et archiv., 1884, p. 24. — On a reçu, en 1883, 12,206 lecteurs et communiqué 14,761 volumes. (Rapp. de l'admin.)

[293] Les numéros 1 à 10,000 sont affectés aux in-fol., 10,000 à 30,000 aux in-4o, 30,000 à 100,000 aux in-8o. Si une série est épuisée, on en recommence une nouvelle que l'on fait précéder d'une lettre: A10,001, A10,002, etc. — Les cartes sont de format in-4o et réunies dans une reliure mobile qui permet les intercalations illimitées.

[294] Tit. IV de l'arr. min. du 24 mars 1882. — Les représentants étrangers transmettent les demandes de leurs nationaux. (Voir no 180.)

[295] Ordre de service de l'administrateur, du 25 mars 1882.

[296] Arr. min. I. P. du 30 octobre 1879.

[297] Arr. min. I. P. du 25 juin 1881.

[298] En vertu de l'arrêté du 30 octobre 1879, les cartes, plans et dessins ont été versés à la Bibliothèque nationale.

[299] Celle qui fait l'objet du Catalogue Nyon, en 5 vol. in-8o.

[300] Les divers éléments dont elle se composait n'avaient pas été confondus. La bibliothèque de M. de Paulmy occupait l'ancienne galerie et le cabinet de Sully, la galerie de la chapelle et le salon des Célestins démolis en 1818. La bibliothèque La Vallière était presque tout entière dans la galerie neuve des Célestins construite en 1778 et démolie en 1832. Les pièces du grand bâtiment ayant vue sur la rivière renfermaient les bibliothèques de Versailles et du Temple et enfin, les pièces à gauche du grand escalier contenaient les 3,590 volumes achetés en 1789 à la vente du prince de Soubise. — Labiche, Not. sur les dép. litt., p. 27.

[301] Arr. du Directoire, du 9 ventôse an VI (27 mars 1798).

[302] Déc. min. du 18 septembre 1810. — Le tribunal de la Seine, la Cour des comptes et l'archevêché en avaient recueilli la plus belle part.

[303] Journ. off. du 25 juillet 1872.

[304] Journ. off. du 1er novembre 1880. Ce sont 40,000 à 50,000 numéros provenant de 679 journaux qu'il faut trier, classer et faire relier chaque année. — Voir au Bull. des bibl. et arch., 1884, p. 188-248, la liste des 1739 journaux et revues conservés à l'Arsenal; beaucoup ont été éphémères et sont devenus absolument introuvables ailleurs. — Cf. Ibid., 1885, p. 65-68, une liste supplémentaire de 84 autres périodiques révolutionnaires, récemment acquis.

[305] Ord. du 25 avril 1816.

[306] Ce règlement est à peu près identique à celui de la bibliothèque Mazarine que nous avons analysé (nos 203 et suiv.).

[307] Arr. min. du 16 juillet 1872 et du 24 mars 1882.

[308] Le budget de l'Arsenal, pour 1885, est de 55,814 francs: 36,700 pour le personnel; 15,200 pour les acquisitions, abonnements et reliures; 3,914 pour le chauffage et l'entretien.

[309] Cet arrêté attribua les médailles, dessins, manuscrits orientaux et livres chinois de l'Arsenal à la Bibliothèque nationale qui fut, de plus, autorisée à y prendre toutes les estampes et gravures et tous les états d'estampes et gravures qui manquaient à son cabinet.

[310] Rapp. de M. Éd. Thierry, admin. gén., du 30 décembre 1884. — Bull. des bibl. et arch., 1884, p. 174-184.

[311] Catalogus librorum mss. qui in bibliothecis Galliæ, Helvetiæ, etc. asservantur: Lipsiæ, 1828, in-4o.

[312] Le cabinet de la bibliothèque Sainte-Geneviève. — Paris, 1692, in-fol.

[313] Nicolas Clément en a publié le catalogue en un volume in-folio.

[314] Selon M. de Bougy (Histoire de la bibliothèque Sainte-Geneviève, p. 128), elle devait contenir 80,000 volumes et 2,000 ou 3,000 manuscrits. — Les scellés y furent apposés le 14 août 1792.

[315] Arr. du Direct., du 6 mai 1797.

[316] Déc. du 21 mars 1812.

[317] L. du 5 juillet 1843; Moniteur du 7 juin précédent. — Cf. Ord. du 21 septembre 1843.

[318] En vertu de l'ord. du 9 janvier 1828.

[319] Elle a fait l'objet d'un intéressant rapport de M. Mongin, sous-bibliothécaire. — Journ. off. des 16 et 17 septembre 1873.

[320] Voir, sur cette collection, le rapport de M. Chalamel, bibliothécaire chargé des estampes. (Bull. du min. I. P., 1874, p. 297-304.) — M. Guénebault a légué en même temps ses manuscrits à la bibliothèque des Beaux-Arts.

[321] Le budget qui, en 1793, était de 13,620 francs s'élève, pour 1886, à 116,000, ainsi répartis: personnel, 78,000; achats, abonnements, reliures, 16,440; chauffage, éclairage, etc., 22,746.

[322] Ord. des 22 novembre 1830 et 28 juillet 1838. — Au sujet de l'institution des séances du soir, voir au Moniteur les séances de la Chambre des pairs, des 3 et 7 juillet 1838. — Cf. Arr. min. du 16 juillet 1872 et du 24 mars 1882. — Un curieux arrêté du ministre de l'intérieur, en date du 1er avril 1806, interdisait d'admettre à la bibliothèque «aucun homme au-dessous de dix-huit ans, s'il n'était accompagné d'un homme plus âgé, directeur de ses études, ou s'il n'était porteur d'une carte d'entrée donnée par les conservateurs», carte qui n'était délivrée aux élèves des établissements publics que sur la demande de leurs directeurs.

[323] Le traitement de l'administrateur est de 6,000 francs; celui de l'administrateur-adjoint, de 4,000. Fonctionnaires et employés sont astreints à un service de trois séances par semaine. On a organisé, en outre, un système de séances supplémentaires et facultatives dont la rémunération varie suivant les grades et se règle par trimestres; système bizarre et peu digne du personnel, dont nous ne connaissons pas d'autre exemple. Il serait préférable, si les besoins l'exigent, d'imposer aux fonctionnaires un service de quatre séances par semaine et d'élever les traitements en conséquence.

[324] Cadre de classement.

Théologie  
  • A. Bible.
  • B. Explications de la Bible.
  • BB. Liturgie.
  • C. Conciles.
  • CC. Théologiens des douze premiers siècles ou Pères de l'Église.
  • D. Théologiens des six derniers siècles.
Jurisprudence  
  • E. Droit canon.
  • F. Droit civil (actes et traités, droit romain, droit étranger, droit français).
Les actes et traités sont marqués d'une astérisque (F*).
Histoire  
  • G. Préliminaires de l'histoire et appendices, géographie et voyages, chronologie, histoire universelle, généalogie, blason et dictionnaires historiques.
  • H. Histoire ecclésiastique.
  • I. Histoire ancienne, grecque, romaine, byzantine.
  • K. Histoire moderne de l'Italie (Savoie, Piémont, etc.).
  • L. Histoire de France.
  • M. Histoire d'Allemagne, Suisse, Belgique, Hollande.
  • N. Histoire du nord de l'Europe, Danemark, Suède, Norvège, Russie, etc.
  • O. Histoire d'Angleterre, Écosse, Irlande.
  • P. Histoire d'Espagne et Portugal.
  • PP. Histoire moderne d'Asie, d'Afrique, d'Amérique.
  • Q. Histoire littéraire.
Sciences et Arts  
  • R. Philosophie. Philosophie générale, idéologie, logique, métaphysique, psychologie, magie, sciences morales et politiques.
  • S. Histoire naturelle.
  • T. Médecine, chimie.
  • V. Mathématiques, arts.
Belles-lettres  
  • X. Grammaire et rhétorique.
  • Y. Poésie.
  • Z. Philologues et polygraphes.

Trois séries, trop considérables pour rester à leur division naturelle, ont fourni les appendices suivants:

  • ZZ. Antiquités (détachées de l'Histoire).
  • W. Gravures (détachées des Arts).
  • Bibliographie (détachée de l'Histoire littéraire et numérotée sans lettre).

[325] Le règlement intérieur de la bibliothèque Sainte-Geneviève a été arrêté le 24 mars 1882, comme ceux de la Mazarine et de l'Arsenal, dont il reproduit presque identiquement les dispositions (Voir nos 180 et suiv.)

[326] Arr. de la commission du pouvoir exécutif, du 30 mai 1848.

[327] Déc. du 27 mars 1852.

[328] Déc. du 26 septembre 1870.

[329] Voir au Journ. off. du 19 septembre 1873 un rapport de M. L. Larchey. — Cf. Arr. min. du 16 juillet 1873.

[330] Le budget des bibliothèques des palais nationaux a été ramené, pour 1885, de 33,900 à 25,100 francs, y compris le service de la bibliothèque musée d'Alger. Traitements: Fontainebleau, 3,000 fr.; Compiègne, 2,400; la bibliothèque-musée d'Alger absorbe 15,700 francs. — Le conservateur de la bibliothèque du château de Pau a été récemment admis à la retraite et n'a pas été remplacé. Le gouvernement a mis la bibliothèque à la disposition de la ville, à charge pour celle-ci d'en assurer le service comme par le passé. Ce soin a été confié au bibliothécaire de la bibliothèque municipale (Arr. min. du 25 février 1885).

[331] Arr. min. I. P., du 2 septembre 1873.