[251] Ami de Delacroix.

[252] Gaultron, peintre, élève de Delacroix.

Delacroix avait ouvert, en 1838, un atelier rue Neuve-Guillemin, où il réunissait ses élèves. En 1846, l'atelier avait été transféré de l'autre côté de la Seine, rue Neuve-Breda.

[253] Le nom de Couture (1815-1879) paraît ici pour la première fois, mais on l'y retrouvera plus loin. L'extrême suffisance du peintre des Romains de la décadence, qui le poussa à abandonner plusieurs fois le pinceau pour la plume, le servit bien mal en ce qui concerne Delacroix, car il écrivit sur lui en 1867 un article que nous nous dispenserons de qualifier, mais à propos duquel M. Paul Mantz a dit très justement qu'il «dépassait les limites du comique ordinaire.» Nous recommandons particulièrement aux curieux d'art, et à tous ceux qui voudraient se convaincre du danger que court un spécialiste à sortir du domaine de sa spécialité, cet article trop peu connu dans lequel il est dit à propos d'Eugène Delacroix: «Intelligent et insuffisant tout ensemble, la médiocrité de son faire lui constitue une fausse originalité... Là où beaucoup de gens croient voir des créations nouvelles, moi, je ne vois que des efforts malheureux.» (Revue libérale, 10 avril 1867, p. 70 et 76.) L'article est de 1867, postérieur par conséquent aux magnifiques études dans lesquelles les Baudelaire, les Saint-Victor, les Gautier avaient proclamé le génie de Delacroix. Couture a-t-il voulu se singulariser? Nous hésitons à croire qu'il ait réellement pensé ce qu'il a écrit!...

[254] Voir Catalogue Robaut, n° 1015.

[255] Voir Catalogue Robaut, n° 1034.

[256] «Le baron Charles Rivet, qui de nos jours a attaché son nom à la fondation de la troisième république, demeura un des fidèles amis de cœur de Delacroix. Celui-ci, dans un premier testament que lui fit déchirer sa gouvernante, Jenny Le Guillou, l'avait désigné comme son légataire universel. C'était un homme de grand sens et de mœurs aimables. Il avait été plus que camarade d'atelier de Bonington: il l'avait obligé avec infiniment de délicatesse dans son année de début et de gêne. «(Note de Ph. Burty dans la Correspondance de Delacroix, t. I, p. 127.)

[257] Cet article sur Prud'hon, qui avait paru dans la Revue des Deux Mondes du 1er novembre 1846, est un des plus intéressants du volume qui contient les écrits de Delacroix. (EUGÈNE DELACROIX, Sa vie et ses œuvres.)

[258] Le comte L. Clément de Ris, critique d'art, auteur d'ouvrages appréciés, qui devint conservateur du Musée de Versailles.

[259] Ces voussures se trouvent au plafond d'une grande salle des Pas perdus, au palais du Corps législatif.

[260] Les peintures décoratives de la bibliothèque du Palais-Bourbon furent commencées par E. Delacroix en 1838 et terminées en 1847. Elles se composent de deux hémicycles et de cinq coupoles divisées chacune en quatre pendentifs. Les deux hémicycles sont peints sur le mur enduit d'une préparation à la cire; ils représentent: le premier, Orphée apportant la civilisation à la Grèce (côté de la cour du Palais-Bourbon); le second, Attila ramenant la barbarie sur l'Italie ravagée (côté de la Seine). Les coupoles sont peintes à l'huile sur toile marouflée sur enduit; chaque coupole se compose de quatre pendentifs et comprend par conséquent quatre sujets, que le maître a choisis dans un même ordre d'idées: 1° la Poésie; 2° la Théologie; 3° la Législation; 4° la Philosophie; 5° les Sciences. Enfin, à l'intersection desdits pendentifs, se trouvent de grands mascarons, que Delacroix a imaginés d'après des types rencontrés un peu partout sur son passage, et principalement parmi les travailleurs des champs.

Première coupole: 1° Alexandre et les poèmes d'Homère; 2° L'éducation d'Achille; 3° Ovide chez les Barbares; 4° Hésiode et la Muse.

Deuxième coupole: 1° Adam et Ève; 2° La captivité à Babylone; 3° La mort de saint Jean-Baptiste; 4° La drachme du tribut.

Troisième coupole: 1° Numa et Égérie; 2° Lycurgue consulte la Pythie; 3° Démosthène harangue les flots de la mer; 4° Cicéron accuse Verrès.

Quatrième coupole: 1° Hérodote interroge les traditions des Mages; 2° Les bergers chaldéens inventeurs de l'astronomie; 3° Sénèque se fait ouvrir les veines; 4° Socrate et son démon.

Cinquième coupole: 1° La mort de Pline l'Ancien; 2° Aristote décrit les animaux que lui envoie Alexandre; 3° Hippocrate refuse les présents du roi de Perse; 4° Archimède tué par le soldat.

Pour bien juger de toute cette suite de peintures décoratives, il est absolument utile de circuler sur la galerie saillante qui contourne cette magnifique salle.

Delacroix avait déjà exécuté des peintures décoratives au Palais-Bourbon, en 1833, par l'entremise de M. Thiers; il fut chargé de décorer le Salon du Roi qu'il acheva en cinq ans et qui lui fut payé la modeste somme de 30,000 francs. (Voir Catalogue Robaut, n° 892 à 917.)

[261] Il s'agit probablement ici de M. Eudore Soulié, qui appartenait à l'administration des Musées, et qui mourut conservateur du Musée de Versailles.

[262] Petite-cousine de Delacroix.

[263] Balthazar Gracian, Jésuite espagnol, né en 1584, mort en 1658, est l'auteur d'un certain nombre d'œuvres littéraires, notamment un Traité de rhétorigue et des allégories pleines de métaphores.

[264] Amelot de la Houssaye, né en 1634, mort en 1706, s'est fait connaître par quelques traductions estimées, notamment celle du Prince, de Machiavel.

[265] M. Niel, bibliothécaire au ministère de l'intérieur, était un homme des plus distingués, très brillant causeur, d'un esprit très fin et très délicat, et grand amateur de crayons du seizième siècle. Il publia avec son propre texte le beau recueil de Portraits historiques, d'après les crayons de Dumoustier, Clouet et autres, gravés par Riffaut.

[266] Le texte exact du Neveu de Rameau vient d'être publié récemment par MM. Monval et Thoinan, qui ont retrouvé le manuscrit original, écrit de la main même de Diderot.

[267] Planet, de Toulouse, peintre, élève de Delacroix. M. Lassalle-Bordes prétend que Planet fit dans l'atelier de Delacroix les quatre pendentifs suivants, qui font partie de la décoration de la voûte de la bibliothèque, à la Chambre des députés: Aristote décrit les animaux que lui envoie Alexandre; Lycurgue consulte la Pythie; Démosthène harangue les flots de la mer; La drachme du tribut. (Correspondance, t. II. p. IX.)

Cette assertion de M. Lassalle-Bordes ne doit être accueillie, croyons-nous, qu'avec une extrême réserve, car son témoignage, en maintes circonstances, n'a pas rencontré partout un crédit absolu. Néanmoins, en admettant qu'il ne se soit point trompé en ce qui concerne Planet, on doit affirmer hardiment que ce dernier n'aurait, en tout cas, exécuté que des agrandissements des esquisses arrêtées du maître, et l'on sait combien d'études dessinées sur nature et autres accompagnaient ces peintures de moindre dimension qu'il remettait à ses élèves préparateurs, en ayant soin de ne rien livrer sans avoir donné lui-même les dernières touches portant bien la marque de sa maîtrise.

[268] Probablement Joseph-Nicolas-Robert Fleury, dit Robert-Fleury.

Le diable d'enfant dont il est question ici doit être son fils, Tony Robert-Fleury.

D'autre part, Delacroix veut peut-être parler de Léon Fleury, un paysagiste qui eut son heure de célébrité et dont il y a quelques études au château de Compiègne et dans divers musées (1804-1858).

[269] Grand hémicycle d'Orphée.

[270] Jean-François Demay, peintre, né en 1798, qui exposa aux divers Salons de 1827 à 1846.

[271] Haussoullier, peintre et graveur, élève de Delaroche.

[272] En 1847, Don Juan était chanté au théâtre Italien par Labflache, Tagliafico, Coletti, Mario, Mmes Grisi, Persiani et Corbari.

[273] Il ne peut être ici question, comme on pourrait le supposer, de Clésinger, car ce n'est qu'au mois de mai suivant que furent officiellement annoncées les fiançailles de Mlle Solange, fille de Mme Sand, avec le célèbre sculpteur. (Voir infra, p. 305 et 307.)

[274] Grand hémicycle d'Orphée.

[275] Sans doute Planet.

[276] Cette toile admirable appartient à M. le duc d'Aumale. Th. Gautier en donnait la description suivante: «Le doge Foscari est obligé d'assister à la lecture de la sentence de son fils, Jacques Foscari, torturé et banni pour de prétendues intelligences avec les ennemis de la République... Le doge, coiffé de son bonnet à cornes, vêtu de sa robe de brocart d'or, est assis sur son trône au premier plan, accablé de douleur sous sa contenance stoïque. Jacques Foscari, dont le bourreau vient de torturer les membres, lui jette un suprême adieu et tend ses mains brisées aux baisers de sa femme. La scène est disposée de la façon la plus dramatique dans une de ces belles architectures que Delacroix sait si bien construire et auxquelles il donne la profondeur d'un décor.»

[277] Toile de 1m,60 X 1m,30, datée de 1848, exposée au Salon la même année et à l'Exposition universelle de 1855. Ce tableau fut peint à l'origine pour le comte de Geloës, qui l'acheta 2,000 francs. Vente Faure, 1873: 60,000 francs. Une variante du même tableau fut vendue à la vente Laurent Richard, 1873: 29,100 francs. (Voir Catalogue Robaut, n°s 1034 et 1035.)

[278] Ce Christ porte la date de 1839.

[279] «Sans idéal, il n'y a ni peintre, ni dessin, ni couleur; et ce qu'il y a de pis que d'en manquer, c'est d'avoir cet idéal d'emprunt que ces gens-là vont apprendre à l'école et qui ferait prendre en haine les modèles.» (Correspondance, t. II, p. 19.)

[280] Comte de Mornay.

[281] Collectionneur; il fut propriétaire de la Barque de don Juan. (Voir Catalogue Robaut, n° 707.) Mme Moreau a donné ce tableau au Musée du Louvre après la mort de son mari.

[282] Voir Catalogue Robaut, n° 1044.

[283] Auguste-Joseph Franchomme, violoncelliste, né à Lille en 1809. Cet artiste des plus distingués et l'un des noms les plus considérés de l'école française, a fondé, avec l'illustre violoniste Alard, des matinées de quatuors dans lesquelles la musique classique était exécutée avec une étonnante perfection.

[284] Asseline, secrétaire des commandements des princes d'Orléans.

[285] Le duc de Montpensier, qui, en effet, était logé et recevait à Vincennes.

[286] Jadin, paysagiste, né à Paris en 1805, fut élève de Hersent et s'attacha, dès ses débuts, aux sujets de chasse et à la peinture de nature morte. Il fréquenta plus tard l'atelier d'Abel de Pujol, et aborda le paysage. Il voyagea en Italie en 1835, et peignit à son retour un grand nombre de toiles pour la galerie du duc d'Orléans.

[287] Charles His, publiciste, né en 1772, mort en 1851. D'abord attaché à la rédaction du Moniteur, puis proscrit, il se fit soldat après le 13 vendémiaire. En 1811, il entra à la direction de la librairie, où il resta attaché jusqu'en 1848.

[288] Louis Boulanger(1806-1867), peintre, élève de A. Devéria.

[289] Octave Penguilly L'Haridon (1811-1870), peintre, élève de Charlet, exposa au Salon de 1847 Le tripot qu'on a revu au Musée du Luxembourg. Ancien élève de l'École Polytechnique, officier d'artillerie distingué, il fut nommé en 1854 conservateur du Musée d'artillerie, dont il rédigea le Catalogue.

[290] Salon de 1848. Appartient au Musée de Tours. (Voir Catalogue Robaut, n° 1044.)

[291] Auguste Préault, statuaire, élève de David d'Angers.

[292] Le baron de Mareste, ami de jeunesse de Stendhal, et plus tard de Mérimée. C'était un homme aimable, très répandu dans les salons.

[293] Claire-Hippolyte-Josèphe Legris de la Tude, dite Mlle Clairon, célèbre tragédienne, née en 1723, morte en 1803.

[294] Eugène Pelletan, écrivain et homme politique, né en 1813, mort en 1884. Il débuta dans la littérature en 1837 par des articles critiques dans différents journaux et devint bientôt rédacteur de la Presse. Là, sous le pseudonyme d'Un inconnu, il publia sur la philosophie, l'histoire, la poésie, les arts, des articles qui furent très remarqués a cette époque.

[295] Philarète Chasles.

[296] Adrien Dauzats, peintre, né à Bordeaux en 1803, mort en 1868: il fit de l'aquarelle et de la lithographie, et fut un des artistes attachés par le baron Taylor à la grande publication des Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Il entreprit alors dans le midi de la France une série d'excursions artistiques qui l'ont conduit plus tard en Espagne, en Portugal, en Égypte, en Orient. Il peignit surtout des paysages, ainsi que des sujets de genre et d'intérieur.

[297] Émile Lassalle, peintre, élève de Delacroix. Il faisait partie des élèves que Delacroix avait réunis dans son atelier de la rue Neuve-Guillemin. Il se distingua surtout comme lithographe; il exécuta une grande lithographie d'après la Médée de Delacroix. «C'est un homme que j'aime beaucoup, écrivait Delacroix à propos de lui, et qui avait entrepris avec beaucoup d'ardeur cet ouvrage... Je pense que, comme moi, vous serez surpris de certaines parties, où le caractère est très bien rendu.»

[298] Arnoux, peintre et homme de lettres, a rendu compte, à plusieurs reprises, et dans des termes élogieux, des expositions de Delacroix. Celui-ci, de son côté, le recommanda chaleureusement en 1858 à M. Michaux, chef des services d'art à la Ville: «Je prends la liberté de vous recommander M. Arnoux, dont les travaux sur les arts sont bien connus, et qui a entrepris des études sur les monuments de Paris, leurs tableaux et leurs statues... J'ai compté sur votre extrême complaisance pour aider le travail remarquable d'un homme de talent pour qui j'ai beaucoup d'affection.» (Correspondance, t. II, p. 135. Note de Burty.)

[299] François Buloz, directeur de la Revue des Deux Mondes.

[300] Un des élèves de Delacroix qui fréquentaient son atelier transporté depuis 1846 de l'autre côté de la Seine, rue Neuve-Breda.

[301] D'après Rubens. (Voir Catalogue Robaut, n° 736.)

[302] Sans doute l'achèvement des travaux du tombeau de son frère, le général Delacroix.


1er mars.—L'Afrique vaincue, nos soldats se jetant à la mer pour en prendre possession.

La bataille d'Isly traitée poétiquement.

L'Égypte soumise au génie de Bonaparte, etc.

—Je me suis mis, après mon déjeuner, à reprendre le Christ au tombeau.[303] C'est la troisième séance d'ébauche; et, malgré un peu de malaise au milieu de la journée, je l'ai remonté vigoureusement et mis en état d'attendre une quatrième reprise.

Je suis satisfait de cette ébauche, mais comment conserver, en ajoutant des détails, cette impression d'ensemble qui résulte des masses très simples? La plupart des peintres, et j'ai fait ainsi autrefois, commencent par les détails et donnent l'effet à la fin.

Quel que soit le chagrin que l'on éprouve à voir l'impression de simplicité d'une belle ébauche disparaître à mesure qu'on y ajoute des détails, il reste encore beaucoup plus de cette impression que vous ne parviendrez à en mettre quand vous avez procédé d'une façon inverse.

—Projeté toute la journée d'aller m'enterrer dans une loge en haut, au Mariage secret. Après dîner, le courage m'a manqué, et je suis resté lisant Monte-Cristo, qui ne m'a pas préservé du sommeil.

*

2 mars.—Le ton des rochers du fond, dans le Christ au tombeau.

Clairs; terre d'ombre et blanc à côté de jaune de Naples et noir; ce dernier ton ôte la teinte rose.

Autres clairs dorés exprimant de l'herbe: le ton d'ocre jaune et noir, modifié en sombre ou en clair.

Ombre: terre d'ombre et terre verte brûlée.

La terre verte naturelle se mêle également à tous les tons ci-dessus, suivant le besoin.

—Ce matin, s'est présenté un modèle qui m'a rappelé la nature de la pauvre Mme Vieillard (c'est Mme Labarre, rue Vivienne, 38 bis.) Elle n'est pas bien et a cependant quelque chose de piquant; c'est une nature originale.

Dufays est venu; puis Colin[304]. Le premier des deux est frappé de la nécessité d'une révolution; l'immoralité générale le frappe, il croit à l'avènement d'un état de choses où les coquins seront tenus en bride par les honnêtes gens.

Le jeune Knepfler est venu me montrer des esquisses et compositions.

—Mal disposé. J'ai essayé, très tard, de travailler au fond du Christ. Retravaillé les montagnes.

Un des grands avantages de l'ébauche par le ton et l'effet, sans inquiétude des détails, c'est qu'on est forcément amené à ne mettre que ceux qui sont absolument nécessaires. Commençant ici par finir les fonds, je les ai faits le plus simples possible, pour ne pas paraître surchargés, à côté des masses simples que présentent encore les figures. Réciproquement, quand j'achèverai les figures, la simplicité des fonds me permettra, me forcera même de n'y mettre que ce qu'il faut absolument. Ce serait bien le cas, une fois l'ébauche amenée à ce point, de faire autant que possible chaque morceau, en s'abstenant d'avancer le tableau en entier: je suppose toujours que l'effet et le ton sont trouvés partout. Je dis donc que la figure qu'on s'attacherait à finir parmi toutes les autres qui ne sont que massées, conserverait forcément de la simplicité dans les détails, pour ne pas la faire trop jurer avec les voisines, qui ne seraient qu'à l'ébauche. Il est évident que si, le tableau arrivé par l'ébauche à un état satisfaisant pour l'esprit, comme lignes, couleur et effet, on continue à travailler jusqu'au bout dans le même sens, c'est-à-dire en ébauchant toujours en quelque sorte, on perd en grande partie le bénéfice de cette grande simplicité d'impression qu'on a trouvée dans le principe; l'œil s'accoutume aux détails qui se sont introduits de proche en proche dans chacune des figures et dans toutes en même temps; le tableau ne semble jamais fini. Premier inconvénient: les détails étouffent les masses; deuxième inconvénient: le travail devient beaucoup plus long.

—Bornot[305] le soir.

*

3 mars.—Ce mercredi, repris les rochers du fond du Christ et achevé l'ébauche de la Madeleine[306]: la figure nue du devant. Je regrette que cette ébauche manque un peu d'empâtement. Le temps lisse incroyablement les tableaux; ma Sibylle[307] me paraissait déjà toute rentrée en quelque sorte dans la toile. C'est une chose à observer avec soin.

—Vu les Puritains[308] le mardi soir, avec Mme de Forget. Cette musique m'a fait grand plaisir. Le clair de lune de la fin est magnifique, comme ceux que fait le décorateur au théâtre. Ce sont des teintes très simples, je pense, du noir, du bleu et peut-être de la terre d'ombre, seulement bien entendu de plans, les uns sur les autres. La terrasse qui figure le dessus des remparts, ton très simple, avec rehauts très vifs de blanc, figurant les intervalles du mortier dans les pierres. La détrempe prête admirablement à cette simplicité d'effets, les teintes ne se mêlant pas comme dans l'huile. Sur le ciel très simplement peint, il y a plusieurs tours ou bâtiments crénelés, se détachant les uns sur les autres par la seule intensité du ton, les reflets bien marqués, et il suffit de quelques touches de blanc à peine modifié, pour toucher les clairs.

*

4 mars.—Ce matin, Villot venu; je l'ai vu avec plaisir.

M. Geoffroy, de la part de Buloz. Villot ne lève jamais le siège, quand vient un étranger; c'est incroyable d'indiscrétion.

—Retourné à la Chambre et pris la résolution de faire mon ménage de peintre moi-même; je m'en suis fort bien tiré et j'y gagnerai de la liberté. C'était la onzième fois que j'y retournais, et le tableau est déjà bien avancé. Travaillé surtout à l'Orphée.

Ces ébauches avec le ton et la masse seule sont vraiment admirables pour ce genre de travaux sur parties comme des têtes, par exemple, préparées par une seule tache à peine modelée. Quand les tons sont justes, les traits se dessinent comme d'eux-mêmes. Ce tableau prend de la grandeur et de la simplicité; je crois que c'est ce que j'ai fait de mieux dans le genre.

—Le soir, un instant chez Leblond, qui était venu après sa maladie.

Vieillard est venu aussi pendant la journée. J'ai bien regretté d'être absent.

*

5 mars.—Hier, en travaillant l'enfant qui est près de la femme de gauche dans l'Orphée, je me souvins de ces petites touches multipliées faites avec le pinceau et comme dans une miniature, dans la Vierge de Raphaël, que j'ai vue rue Grange-Batelière, avec Villot. Dans ces objets où l'on sacrifie au style avant tout, le beau pinceau libre et fier de Vanloo ne mène qu'à des à peu près. Le style ne peut résulter que d'une grande recherche, et la belle brosse est forcée de s'arrêter quand la touche est heureuse.

Tâcher de voir au Musée les grandes gouaches du Corrège: je crois qu'elles sont faites à très petites touches.

—Arnoux sort d'ici ce matin. Nous parlions des artistes qui se trouvent dans la position d'écrire sur leurs confrères, et il me rapporte le mot d'un M. Gabriel, vaudevilliste, qui dit à ce sujet: «On ne peut à la fois tenir les étrivières et montrer son derrière.»

—Je reçois une invitation pour dîner lundi chez le duc de Montpensier. Fatigue.

—Arnoux est venu me trouver ce matin; il n'est pas agréé pour le Salon, à la Revue[309].

—Été à la Chambre. Travaillé avec un entrain médiocre, mais néanmoins avancé beaucoup.

—Le soir, fatigué et humeur affreuse; je suis resté chez moi. En vérité, je ne suis pas assez reconnaissant de ce que le ciel fait pour moi. Dans ces moments de fatigue, je crois tout perdu.

—Reçu en rentrant une lettre de Mme R..., avec un bon de 300 francs payable le 15; elle m'écrit aussi pour me demander comment il faut placer les fenêtres de son atelier, que je n'ai jamais vu.

*

6 mars.—Reposé par ma nuit.

Rentré dans mon atelier, j'y ai retrouvé de la bonne humeur; je regarde les Chasses de Rubens: celle de l'hippopotame, qui est la plus féroce, est celle que je préfère. J'aime son emphase, j'aime ses formes outrées et lâchées. Je les adore de tout mon mépris pour les sucrées et les poupées qui se pâment aux peintures à la mode et à la musique de M. Verdi.

Mme Leblond, avant-hier, ne pouvait rien comprendre à mon admiration pour les deux charmants dessins de Prud'hon qu'a son mari.

—Mme G*** me demande un dessin pour une loterie et m'a assuré de son amitié.

—J'écris enfin à M. Roché[310].

—J'ai fait quelques croquis d'après les Chasses de Rubens; il y a autant à apprendre dans ses exagérations et dans ses formes boursouflées que dans des imitations exactes.

—Dîné chez Mme de Forget. Revu M. Cayrac et sa fille, qui a fait un peu de musique.

*

7 mars.—Pierret est arrivé vers une heure et demie, comme j'allais m'habiller pour aller au Conservatoire.

Arrivé et entendu le premier morceau, seul dans la loge; Mme Sand n'arrivait pas. Elle est venue juste pour entendre le morceau d'Onslow[311], morceau fort ennuyeux. En général, ce concert ne m'a pas ravi; un morceau de piano et basse seulement, de Beethoven, m'a plu médiocrement, et un quatuor de Mozart a conclu. J'ai dit à Mme Sand, au retour chez elle, que Beethoven nous remue davantage, parce qu'il est l'homme de notre temps: il est romantique au suprême degré. Dîné avec elle: elle a été fort aimable; nous devions aller ensemble voir le Luxembourg et la Chambre des députés.

D'Arpentigny venu le soir et rentré très tard.

La vue du Jugement de Paris, de Raphaël, dans une épreuve affreusement usée, m'apparaît sous un jour nouveau, depuis que j'ai admiré, dans la Vierge au voile, de la rue Grange-Batelière, son admirable entente des lignes. Cet intérêt, mis à tout, est aussi une qualité qui efface complètement tout ce qu'on voit après. Il n'y faut même pas trop penser, de peur de jeter tout par les fenêtres.

Est-ce que l'espèce de froideur que j'ai toujours sentie pour le Titien ne viendrait pas de l'ignorance presque constante où il est relativement au charme des lignes?

*

8 mars.—Repris l'Othello toute la journée; il est très avancé. A cinq heures, parti pour Vincennes. Dîné chez le Prince, en passant par chez M. Delessert[312]. Dîné entre deux hommes qui m'étaient inconnus; mon voisin de droite est un vieux major d'artillerie, qui est à moitié sourd, par l'effet du canon, sans doute. Nous avons causé néanmoins. Vu Spontini, auquel j'ai été présenté[313].

*

9 mars.—Hoffmann a fait un article sur Walter Scott. M. Dufays est venu ce matin et me le dit entre autres choses. Voilà qu'il me demande une recommandation auprès de Buloz. Je lui ai dit que je venais de parler pour Arnoux. Hoffmann, m'a-t-il dit, ayant lu les premiers ouvrages de Walter Scott, en fut très frappé; il se regardait comme incapable de ce beau calme, et peut-être ne se savait-il pas gré des qualités tout opposées qui forment son talent.

Paresse extrême et lassitude de la veille.

Monte-Cristo me prend une partie de la journée.

*

10 mars.—Hésitation jusqu'à midi et demi. Je suis allé à la Chambre à cette heure et j'ai travaillé raisonnablement: les hommes à la charrue, la femme et les bœufs.

J'apprends, à mon retour, que mon vieux maître d'écriture Werdet est passé pour me voir. J'ai été heureux de ce souvenir.

Je reçois une lettre pour le convoi de la fille unique de Barye: ce malheureux va se trouver bien triste et bien seul.

*

11 mars.—Villot le matin. Il me parle des exécutions du jury.

Au convoi de la fille de Barye. Il ne s'y trouvait aucun des artistes ses amis que je vois ordinairement avec lui. A l'église sont venus Zimmermann, Dubufe, Brascassat, que je voyais pour la première fois: petite figure noire et rechignée. De l'église, chez Vieillard, que j'ai trouvé au lit; il souffre d'un rhume. Il est toujours inconsolable. Nous avons beaucoup causé de l'éternelle question du progrès que nous entendons si diversement. Je lui ai parlé de Marc-Aurèle; c'est le seul livre où il ait puisé quelque consolation depuis son malheur. Je lui ai cité le malheur de Barye, plus seul encore que lui; d'abord c'est sa fille, ensuite il a certainement moins d'amis. Son caractère réservé, pour ne pas dire plus, écarte l'épanchement. Je lui ai dit qu'à tout bien considérer, la religion expliquait mieux que tous les systèmes la destinée de l'homme, c'est-à-dire la résignation. Marc-Aurèle n'est pas autre chose.

—Vu Perpignan pour toucher. Il m'a parlé de l'usine de Monceau comme placement.

Le dernier actionnaire restant de la première classe sur la tontine Lafarge a trente mille francs de rente; il a cent ans. C'est un peu tard pour en jouir beaucoup.

—Rentré chez moi, et reparti à deux ou trois heures, pour aller chez M. Delessert. Trouvé Colet dans l'omnibus[314]; il ne paraît pas ébloui par la gloire de Rossini; il me dit qu'il n'était pas assez savant, etc... Vu M. Delessert, M. de Rémusat. M. Delessert venu; il nous a parlé de la fin de son frère. J'ai vu avec grand plaisir le Samson tournant ta meule, de Decamps: c'est du génie[315].

Revenu par le froid le plus glacial, malgré le soleil.

—Après mon dîner,J'ai été chez Mme de Forget; c'était son jeudi. Larrey[316] et Gervais sont venus; David[317]... Comme j'allais partir, il m'a fait des compliments sur ma coupole[318], mais ces compliments-là ne signifient rien.

—Perpignan m'avait raconté l'anecdote du vieux Thomas Paw, qui a vécu cent quarante ans. Un homme qui désirait le voir rencontra un vieillard décrépit qui se lamentait, et qui lui dit qu'il venait d'être battu par son père, pour n'avoir pas salué son grand-père, lequel était Paw.

Il dit très justement que les émotions usent la vie autant que les excès; il me cite une femme qui avait expressément défendu qu'on lui racontât le moindre événement capable d'impressionner.

J'éprouve, du reste, combien je suis fatigué de parler avec action, même de prêter une attention soutenue à la pensée d'un autre.

*

12 mars.—Journée de fainéantise complète... J'ai essayé, au milieu de la journée, de me mettre au Valentin: j'ai été obligé de l'abandonner; je suis retombé sur Monte-Cristo.

Après mon dîner, chez Mme Sand. Il fait une neige affreuse, et c'est en pataugeant que j'ai gagné la rue Saint-Lazare.

Le bon petit Chopin[319] nous a fait un peu de musique que... Quel charmant génie! M. Clésinger, sculpteur, était présent; il me cause une impression peu favorable. Après son départ, d'Arpentigny m'a commencé son apologie dans le sens de mon impression.

*

13 mars.—Lacroix Gaspard[320] venu un instant. Il m'a beaucoup loué du dessin de mon Christ de la rue Saint-Louis. C'est la première fois qu'on m'en fait compliment.

Hier, Clésinger m'a parlé d'une statue de lui qu'il ne doutait pas que je n'aimasse beaucoup, à cause de la couleur qu'il y a mise. La couleur étant, à ce qu'il paraît, mon lot exclusif, il faut que j'en trouve dans la sculpture, pour qu'elle me plaise, ou seulement pour que je la comprenne...!

—Repris le Valentin.

—Mme de Forget est venue me chercher pour dîner, et à neuf heures j'ai été chez M. Moreau; Couture y était.

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14 mars.—Gaspard Lacroix est venu me prendre, et nous avons été chez Corot. Il prétend, comme quelques autres qui n'ont peut-être pas tort, que, malgré mon désir de systématiser, l'instinct m'emportera toujours.

Corot est un véritable artiste. Il faut voir un peintre chez lui pour avoir une idée de son mérite. J'ai revu là et apprécié tout autrement des tableaux que j'avais vus au Musée, et qui m'avaient frappé médiocrement. Son grand Baptême du Christ plein de beautés naïves; ses arbres sont superbes. Je lui ai parlé de celui que j'ai à faire dans l'Orphée. Il m'a dit d'aller un peu devant moi, et en me livrant à ce qui viendrait; c'est ainsi qu'il fait la plupart du temps... Il n'admet pas qu'on puisse faire beau en se donnant des peines infinies. Titien, Raphaël, Rubens, etc., ont fait facilement. Ils ne faisaient à la vérité que ce qu'ils savaient bien; seulement leur registre était plus étendu que celui de tel autre qui ne fait que des paysages ou des fleurs, par exemple. Nonobstant cette facilité, il y a toutefois le travail indispensable. Corot creuse beaucoup sur un objet. Les idées lui viennent, et il ajoute en travaillant; c'est la bonne manière.

—Chez M. Thiers, le soir.

Je suis rentré souffrant et dans une humeur affreuse, après une courte promenade sur le boulevard. Ce Paris est affreux! que cette tristesse est cruelle!... Pourquoi ne pas voir les biens que le ciel m'a accordés?... L'hypocondrie offusque tout.

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15 mars.—Grenier venu à la Chambre. Il est venu me joindre. Après avoir servi d'enclume, je vais, selon lui, servir de marteau.

LeSénèque est une de ses préférences; il aime le Socrate pour la couleur.

C'était la quatorzième fois!... J'ai peu travaillé, à cause de cette interruption; j'ai pris le groupe des déesses en l'air.

—Ensuite chez Mlle Mars; elle était mourante[321]. Je l'ai vue: c'était la mort!

—Rentré fatigué, et chez Leblond le soir. Il m'a montré des aquarelles du temps de nos soirées; j'ai été étonné de celles de Soulier; elles font toutes une impression sur l'imagination bien supérieure à celle que font les Fielding, etc.

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16 mars.—Peu disposé ce matin.

J... venue dans la journée, en sortant du Salon; mes tableaux n'y font pas mal. Elle est sortie à la vue de Vieillard; il venait de l'Exposition des Artistes, rue Saint-Lazare. La tête de Cléopâtre admirée par lui et par M. Lefebvre[322], qui trouvait que c'était la seule qui eût cette force... Et d'où vient qu'ils ne voyaient pas cela il y a dix ans? Il faut donc que la mode se mêle de tout!...

M. Van Isaker[323] venu me demander quels étaient ceux de mes tableaux à vendre: le Christ, l'Odalisque lui convenaient. Je lui ai montré les Femmes d'Alger et le Lion en train avec le Chasseur mort; il me prend les premiers pour quinze cents francs; l'autre pour huit cents francs.

Le prévenir quand j'aurai achevé.

Je voulais le soir retourner chez Mlle Mars et aller chez Asseline, mais j'ai préféré me reposer et me suis couché de bonne heure.

—Grenier me dit que le ton qui est violet dans la partie supérieure du tableau des Marocains endormis aurait fait également la lumière de la lampe, étant orangé. Je crois qu'il a raison, témoin le terrain dans l'Othello[324], qui était violâtre et que j'ai massé d'un ton orangé. L'observer dans le Valentin.

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17 mars.—Travaillé à la Chambre. J'ai éprouvé combien ce lieu est malsain; j'y suis trop resté.

Mlle Mars, en sortant. La pauvre femme est toujours dans le même état.

Malade ce soir et la journée suivante.

Grenier venu le matin; il m'a donné des nouvelles du Salon.

Lacroix venu ensuite pour me donner l'adresse d'un maître de dessin, pour des gens qui m'ont été adressés par Mme Babut.

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18 mars.—Je devais aller le soir chez Bertin[325], j'y ai renoncé; mal d'oreille, joint au mal de gorge.

Sorti vers quatre heures; cette promenade, au lieu de me disposer favorablement, a fait le contraire.

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19 mars.—Chez J..., vers midi et demi; elle allait sortir avec Mme de Querelles. Elles ont un peu modifié leurs arrangements, et nous sommes sortis ensemble vers trois heures. Elles m'ont mené chez M. Barbier[326]; j'y ai vu Mme Robelleau; je suis rentré chez moi, en passant chez Mme Sand, que je n'ai pas trouvée.

Resté le soir et souffrant.

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20 mars.—Resté toute la journée chez moi lire le Chevalier de Maison-Rouge, de Dumas, très amusant et très superficiel. Toujours du mélodrame.

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21 mars.—Écrit à Mme Babut et à M. Thiers, pour m'excuser de ne pas dîner avec lui; nous partons ce matin.

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27 mars.—Parti de Champrosay à quatre heures et demie. Le matin, promenade charmante: pris par la petite rue qui longe le parc de M. Barbier, puis un sentier à gauche; continué sur le côté de la colline jusqu'à la petite fontaine, où je me suis assis. Station charmante, que je ferai souvent, si je puis, jusqu'à la mare aux grenouilles, et revenu par la plaine, avec beaucoup de chaleur.

M. Barbier est venu dans la journée.

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28 mars.—Dîné chez Bornot. Vu là un dernier cousin Berryer, Gaultron, Riesener et sa femme.

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29 mars.—Dîné chez J... Hier, repris le Lion et l'Homme mort, et remis dans un état qui me donne envie de l'achever.

Le lendemain, repris les Femmes d'Alger[327], la négresse et le rideau qu'elle soulève.

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30 mars.—Aux Italiens avec Mme de Forget pour la clôture: le premier acte du Mariage secret; deuxième de Nabucho; deuxième et troisième d'Othello[328].

Le Mariage m'a paru plus divin que jamais; c'était la perfection... il fallait bien descendre... mais quelle chute jusqu'à Nabucho! Je m'en suis allé avant la fin.

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31 mars.—Chez Mme Sand le soir. Convenus d'aller le lendemain au Luxembourg.

Depuis mon retour de la campagne, je ne travaille pas, excepté les deux premiers jours; je suis pris d'une lassitude ou fièvre, vers deux heures.