[10] «Fauste prit un couteau pointu, se piqua une veine en la main gauche, reçut son sang sur une tuile, y mit des charbons tout chauds, et écrivit son pacte avec le Diable.» (Ibid., Part. I, Chap. 8 et 9.)

[11] Petit monde, ou mieux, abrégé du monde, monde en miniature.

[12] Vous serez comme Dieu, sachant le bien et le mal. (Genèse, Chap. III, Vers. 5.)

[13] Montagne aux environs de Goettingue, la plus haute de la chaîne du Harz.

[14] Il faut croire que Rippach et monsieur Jean sont deux noms en l'air, dont Frosch se sert pour dérouter Méphistophélès et se moquer de lui.

[15] Il y a dans l'Histoire du Docteur Fauste un chapitre intitulé: Comment les hôtes du Docteur se veulent couper le nez. Dans ce chapitre se retrouve l'idée première et plusieurs détails de la scène de M. de Goethe.

[16] Le nom allemand est Meerkatze, sorte de singe à longue queue. La traduction littérale serait Chat-de-mer, mais n'offrirait aucun sens en français.

[17] N'y aurait-il pas dans cette phrase une intention satyrique contre l'Allemagne, où, comme de ce côté-ci du Rhin, mais plus fréquemment encore, il arrive qu'on passe pour sublime à force d'être obscur?

[18] Le jour de la colère, ce jour réduira le siècle en cendre. (Office des morts.)

[19] Lors donc que le juge s'assiéra, tout ce qui est caché apparaîtra, rien ne demeurera sans vengeance. (Office des morts.)

[20] Que dirai-je alors, misérable Quel protecteur invoquerai-je, quand à peine le juste est en sécurité? (Ibid.)

[21] Que dirai-je alors, misérable? (Ibid.)

[22] Petit village, au pied du Brocken, faisant partie du comté de Wernigerode, dans la Saxe inférieure.

[23] Le Brocken est la crête qui sépare le Harz supérieur du Harz inférieur; son élévation, au-dessus du niveau de la mer, est de trois mille deux cents pieds environ.

[24] J'ai substitué ce nom à celui d'Urian, comme plus connu. D'ailleurs j'y étais, en quelque façon, autorisé par l'Histoire du Docteur Fauste, où Bélial est donné pour chef aux bandes infernales.

[25] Le Blocksberg est la plus haute cime du Brocken; aussi l'appelle-t-on souvent le grand Brocken.

[26] Ceci s'adresse sans doute aux philosophes, poètes et beaux-esprits, qui vont être tournés en ridicule dans l'intermède suivant.

[27] Mieding était un chef de troupe au théâtre de Weimar.

[28] Allusion aux querelles d'Oberon et de Titania, dans le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare. M. de Goethe semble avoir eu en vue cette comédie, dans le titre et dans plusieurs détails de son intermède.

[29] Puck est un des personnages fantastiques, qui figurent dans le Songe d'une nuit d'été; c'est un Esprit à la suite d'Oberon, exécutant ses volontés et le divertissant par ses bouffonneries.

[30] Ariel est un petit Génie aérien aux ordres du magicien Prospero, dans la Tempête de Shakespeare.

[31] Critique des poèmes dans le genre vaporeux, à la mode en Allemagne.

[32] Peut-être le petit couple s'adresse-t-il à Wieland. Au moins, ce qu'il dit nous paraît s'appliquer merveilleusement à l'Oberon de ce poète, imitateur un peu terrestre du divin Arioste.

[33] Schiller ayant composé une ode fort belle, où il exprimait de poétiques regrets sur la disparition de la mythologie riante des Grecs, il y eut à ce propos grande rumeur parmi les théologiens allemands; prenant l'ode au sérieux, ces messieurs se fâchèrent tout de bon et crièrent à l'impiété. C'est à ce petit poème, intitulé les Dieux de la Grèce, que M. de Goethe fait allusion dans cet endroit.

[34] En Allemagne, comme en tout pays, il existe une classe de gens qui s'arroge exclusivement le sceptre de la critique, et juge en dernier ressort les ouvrages de littérature. Lorsqu'ils s'attaquent à un grand écrivain, ils n'osent l'aborder de front, mais ergotent sur chacune de ses phrases, pour tuer le colosse à coups d'épingles, s'il se peut. Quelques-uns de ces puristes se mirent, un jour, à refondre les ouvrages de Schiller et ceux de M. de Goethe, en les purgeant de tout ce qu'ils appelaient solécisme, et y substituant des tournures selon eux plus grammaticales. Néanmoins, on lit encore les originaux de préférence.

[35] Xenien était le titre d'un recueil d'épigrammes, publié par Schiller et M. de Goethe, où tout ce qu'il y avait d'auteurs allemands connus était passé en revue et moqué. La scène des Xénies était placée dans l'enfer.

[36] Hennings était une des victimes immolées dans les Xénies.

[37] Le Musagète paraît être le rédacteur d'un journal d'alors, qui avait pour titre les Muses et les Grâces.

[38] Le Génie du temps était le titre d'un autre journal, rédigé par Hennings, où M. de Goethe était toujours fort maltraité.

[39] Ce couplet semble dirigé contre Nicolaï, à cause d'un Voyage en Europe, où celui-ci rechercha avec soin et dénonça à l'opinion publique les hommes par lui soupçonnés d'appartenir à la société de Jésus, légèrement quelquefois.

[40] Là commence une série de philosophes, des différentes sectes qui partagent l'Allemagne et ont de tout temps partagé le monde. Nous ne nommerons point les individus, de peur de nous tromper; et d'ailleurs, les plaisanteries portant sur les doctrines plus encore que sur les hommes, elles gagneraient peu de chose à devenir personnelles.

[41] Dans le couplet allemand la pointe consiste en un jeu de mots, que nous n'avons pu conserver. Teufel, diable, et Zweyfel, doute, se prononçant de même, le sceptique se trouve bien en enfer, non pas seulement, comme nous l'avons dit, parce que le doute sied au Diable, mais parce qu'ils riment ensemble.

[42] Ce que nous venons de dire au sujet des philosophes, peut également s'appliquer aux gens désignés dans ce quatrain et dans les suivants. Ils parlent assez clairement d'eux-mêmes.

[43] Cette scène est la seule de tout l'ouvrage original, qui ne soit pas versifiée; il serait difficile d'en donner la raison. Peut-être est-ce pour qu'il ne soit pas dit que Faust ait manqué d'une des formes possibles de style.

Tous les différents genres de vers ayant été employés (sauf les vers blancs, qui, appartenant à l'antiquité, ne convenaient point au sujet), il fallait bien, en effet, que la prose eût son tour et trouvât sa place.

[44] Littéralement, la baguette est rompue. Il est d'usage en Allemagne, lorsqu'on va mener un criminel au supplice, de rompre une baguette noire, et de la lui jeter au visage.

[45] Voyez plus haut la note 2.

FIN DES NOTES.
TABLE DES ILLUSTRATIONS

Pl. 1 Portrait de Goethe

Pl. 2 ...De temps en temps j'aime à voir le vieux père,...

Pl. 3 Pauvre crâne vide qu'on veut lui dire avec ton grincement hideux!

Pl. 4 Faust--Heureux qui peut conserver espérance de surnager sur cet océan d'erreurs!...

Pl. 5 Il grogne et n'ose vous aborder: Il se couche sur le ventre il remue la queue ...

Pl. 6 Méph: Pourquoi tout ce vacarme? Que demande monsieur? Qu'y a-t-il pour son service?

Pl. 7 Meph: ...Ce que vous avez de mieux à faire, c'est de jurer sur la parole du maître...

Pl. 8--Au feu à l'aide, l'enfer s'allume. ...—Sorcellerie! jetez vous sur lui... son affaire ne sera pas longue.

Pl. 9 Faust.—Ma belle Demoiselle oserais-je vous offrir mon bras et vous reconduire chez vous?

Pl. 10 Meph:—Il est bien hardi à moi de m'introduire aussi brusquement chez ces dames, je leur en demande un million de pardons.

Pl. 11 Sans lui l'existence / N'est qu'un lourd fardeau / N'est qu'un tombeau / Dans son absence.

Pl. 12 Meph... Pousse... oh!... Meph... Voilà mon rustaud apprivoisé.

Pl. 13 Meph... Il nous faut gagner promptement au large.

Pl. 14 Marg... Malheureuse! Ah! si je pouvais me soustraire aux pensées qui se succèdent en tumulte dans mon âme...

Pl. 15 Meph:—Nous sommes encore loin du terme de notre course.

Pl. 16 Meph—Laisse cet objet, on ne se trouve jamais bien de le regarder... tu as bien entendu raconter l'histoire de Méduse?

Pl. 17 Faust—que vois-je remuer autour de ce gibet? ... ils vont et viennent, ils se baissent et se relèvent.

Pl. 18 Faust—Reviens à toi. Un seul pas, et tu es libre...