NOTES:

[1] Montiers-sur-Saulx est un chef-lieu de canton du département de la Meuse; il se trouve tout près de la Haute-Marne.

[2] Une première esquisse de ce travail a paru, le 25 juin 1873, dans le Correspondant.

[3] Griechische und albanesische Mærchen (Leipzig, 1864).

[4] D'après l'opinion la plus générale, les Aryas, peuplade japhétique, habitaient, bien des siècles avant l'ère chrétienne, sur le plus haut plateau de l'Asie centrale, dans la région qui s'appela plus tard la Bactriane et qui aujourd'hui fait partie du Turkestan. C'est à cette souche que se rattachent les Indiens et les Perses, les Grecs, les Romains et la plupart des races européennes.

[5] Kinder- und Hausmærchen, t. III (3e éd., Gœttingue, 1856), p. 409.

[6] Préface à la traduction allemande du Pentamerone (Breslau, 1846), p. VIII.

[7] Chips from a German Workshop, t. II, p. 226; article publié d'abord en 1859.

[8] Op. cit., p. 233.

[9] Indian Antiquary, 1881, p. 347;—Luzel, 1er Rapport, p. 151;—Sébillot, III, no 18;—Dozon, p. 73;—Gubernatis, Zoological Mythology, II, pp. 56, 57;—Zeitschrift der Deutschen Morgenlændischen Gesellschaft, 1882, p. 238;—Journal of the Asiatic Society of Bengal, t. XXXIV (1865), 2e partie, p. 225. (Voir, pour ces indications, l'Index Bibliographique, à la fin du tome second.)

[10] Op. cit., p. 411.

[11] Voir, par exemple, le remarquable travail dans lequel M. Max Müller démontre, après d'autres, que le sauvage actuel est un homme non pas primitif, mais dégénéré (Nineteenth Century, livraison de janvier 1885).

[12] A propos de quelques contes recueillis chez les indigènes du Brésil, nous lisons dans Mélusine: «Cette collection fournit des similaires à des contes connus en Europe, en Asie, en Afrique, etc., et leur présence au Brésil pose bien des problèmes» (no du 5 juin 1885, col. 408).—Il nous est impossible de voir quels problèmes peuvent se poser ici. Les Portugais ont apporté au Brésil les contes de leur pays, et ils continuent à les raconter; M. Roméro en a publié, en 1885, un recueil assez considérable. Que quelqu'un de ces contes ou de leurs traits principaux ait pénétré chez les indigènes, c'est là une chose dont il n'y a nullement lieu de s'étonner.—Disons, à ce propos, que les Espagnols ont, de leur côté, apporté leurs contes au Chili; M. Machado y Alvarez en a donné plusieurs, en 1884, dans la Biblioteca de las tradiciones populares españolas.

[13] M. Benfey a fait connaître ses découvertes, avec les conclusions qu'il en tirait, dans divers articles insérés dans des revues: Bulletin de l'Académie de Saint-Pétersbourg, no du 4/16 septembre 1857;—Ausland, 1858, nos 41 à 45;—Gœttingische Gelehrte Anzeigen, années 1857 et suivantes;—Orient und Occident (1860 à 1866), et dans le volume d'introduction dont il a fait précéder sa traduction allemande du livre sanscrit intitulé le Pantchatantra (Leipzig, 1859). On peut voir aussi son introduction à la vieille traduction syriaque du même livre, publiée par M. Bickell, professeur à la Faculté de théologie catholique de l'Université d'Inspruck, sous ce titre: Kalilag und Damnag (Leipzig, 1876).

[14] Weimarer Beitræge zur Literatur und Kunst (Weimar, 1865), p. 190.

[15] Le Vénitien Straparola a inséré plusieurs contes merveilleux dans son recueil de nouvelles Tredici piacevoli Notti, publié de 1550 à 1554, dont Guillaume Grimm (III, p. 285) flétrit l'impardonnable licence, et qui, après avoir été mis à l'Index en 1605, fut réimprimé en une édition expurgée.—Giambattista Basile a donné, sous le titre de Pentamerone, un recueil de contes populaires napolitains, dans le dialecte et dans la manière parfois effrontée du pays. Ce livre, qui parut en 1637, eut un grand nombre d'éditions, dont une à Rome en 1679 et la plupart à Naples.—Les Histoires ou Contes du temps passé, que Perrault publia sous le nom de son fils, âgé de dix ans, parurent en 1697; les Contes des Fées, de la comtesse d'Aulnoy, en 1698.

[16] Ce passage du Fihrist, nous dit M. G. Weil dans l'introduction à sa traduction des Mille et une Nuits, a été découvert par un orientaliste allemand, M. de Hammer.—Il est très possible, du reste, pour ne pas dire certain, que le recueil des Mille et une Nuits ait subi, depuis le Xe siècle, de nombreuses modifications et quant à la forme et quant au fond.

[17] L'introduction et les treize premiers contes du Siddhi-Kûr ont été deux fois traduits en allemand sur le texte kalmouk: en 1804, par le voyageur B. Bergmann, et en 1866, par M. Jülg, professeur à l'Université d'Inspruck. M. Jülg a publié, à la fin de 1868, le texte et la traduction des neuf derniers contes, d'après un manuscrit en langue mongole.

[18] M. Schiefner a publié un grand nombre de «Récits indiens», tirés de livres thibétains. (Voir Mémoires de l'Académie de Saint-Pétersbourg, année 1875, et Mélanges asiatiques, publiés par la même Académie, t. VII.)—M. Ralston a traduit ces récits en anglais, sous le titre de Tibetan Tales.

[19] Adolf Bastian, Geographische und ethnologische Bilder (Iéna, 1873), p. 248.

[20] Voir les travaux de M. Benfey sur le Pantchatantra, indiqués plus haut, p. XV.

[21] Ce fait est si curieux, que nous croyons devoir lui consacrer une étude spéciale. Voir, à la suite de cette introduction, l'Appendice A.

[22] Les contes si curieux et présentant avec nos contes européens de si nombreux traits de ressemblance, qui ont été recueillis chez les Kabyles du Djurdjura par feu le P. Rivière et publiés en 1882, ont été évidemment apportés en Kabylie, avec l'islamisme, par les Arabes.

[23] Nous étudions cette fable de Psyché dans les remarques de nos nos 63, le Loup blanc, et 65, Firosette (II, pp. 224-230; 242-245).

[24] Relations politiques et commerciales de l'Empire romain avec l'Asie orientale pendant les sept premiers siècles de l'ère chrétienne, par Reinaud (Paris, 1863), pp. 18, 19.

[25] Le bouddhisme, fondé, probablement vers le commencement du sixième siècle avant notre ère, par l'ascète indien Çâkyamouni, surnommé Bouddha, c'est-à-dire sage, savant, fut d'abord une simple secte philosophique qui rejetait les Védas, livres sacrés du brahmanisme, supprimait les distinctions de castes et prêchait une morale sans Dieu. Il se transforma ensuite en une religion des plus superstitieuses, qui se répandit hors de l'Inde dès avant l'ère chrétienne, et qui, combattue pendant des siècles par le brahmanisme, finit par être presque entièrement bannie de l'Inde vers le XIVe siècle de notre ère.

[26] «La domination mongole se consolida en Europe entre la mer Caspienne et la mer Noire, et au nord de ces deux mers. C'est là un des faits les plus considérables de l'histoire, car l'élément tartare est prépondérant dans le sud de la Russie, les souvenirs de la domination mongole y sont nombreux et vivaces.» Voir la Puissance et la Civilisation mongoles au XIIIe siècle, par M. Léon Feer, professeur de thibétain au Collège de France, 1867, p. 7.

[27] La Puissance et la Civilisation mongoles au XIIIe siècle, p. 37.

[28] Page XXIII, note 2.

[29] Voir suprà, pp. XVII et XIX.

[30] Th. Benfey, Introduction au Pantchatantra, § 225.

[31] Orient und Occident, 1861, p. 373.

[32] Pantschatantra, t. I, § 71; t. II, p. 128.

[33] Le pali est la langue sacrée du bouddhisme, comme le sanscrit est la langue sacrée du brahmanisme. L'un et l'autre appartiennent à la famille des langues âryennes ou indo-européennes.

[34] Il est intéressant de noter, avec M. Benfey, que ce conte s'est introduit, plus ou moins modifié, dans deux ouvrages du moyen âge, le Livre des Merveilles et les Gesta Romanorum. En 1195, d'après la Grande Chronique de Mathieu Paris, Richard Cœur-de-Lion la racontait en public. On le retrouve également dans un recueil de contes populaires de la Souabe (Meier, no 14) et dans la collection de contes siciliens de M. Pitrè (no 90). Enfin, ce qui est curieux, ce même conte, un peu altéré, a été trouvé chez les Nagos, peuple nègre de la Côte-des-Esclaves (Mélusine, II, col. 49 seq.).

[35] Un missionnaire, Mgr Bruguière, écrivait de Bangkok, en 1829, que les dévots siamois achètent du poisson encore vivant et le rejettent dans la rivière. Absolument comme le héros du conte tchèque de la Vierge aux cheveux d'or (Chodzko, p. 84, ou Waldau, p. 17).

[36] Voir Introduction au Pantchatantra, p. 217.

[37] Ibid., p. 389.

[38] Il faut se rappeler que le bouddhisme prêche la charité envers tout être vivant. L'oiseleur viole constamment cette maxime.

[39] Journal Asiatique (août-septembre 1873, p. 114).

[40] Bulletin des religions de l'Inde, dans la Revue de l'histoire des religions (t. III, 1881, pp. 83 seq.).

[41] Ce conte a été recueilli dans plusieurs pays de l'Inde (Steel et Temple, p. 98; Stokes, no 11; Lal Behari Day, no 7); il se retrouve chez les Siamois (Asiatic Researches, t. XX, Calcutta, 1836, p. 345) et chez les Arabes du Caire (Spitta-Bey, no 2).

[42] Ce conte est encore plus altéré dans un conte espagnol (Biblioteca de las tradiciones populares españolas, I, p. 172) et dans un conte italien des Abruzzes (Finamore, no 94).

[43] Comparer un conte swahili de l'île de Zanzibar (Steere, p. 51), le conte no 14 du Pentamerone napolitain, livre antérieur d'une soixantaine d'années à la publication de Perrault, le conte sicilien no 65 de la collection Gonzenbach, etc.

[44] Cela est même contesté. Voir l'ouvrage du Dr Dœllinger, Heidenthum und Judenthum (Ratisbonne, 1857, pp. 559, 560).

[45] Voir la revue Orient und Occident, 3e année (1864), p. 170.

[46] Dans l'Appendice B, à la suite de cette introduction, nous traitons ce sujet avec les développements que nous ne pourrions lui donner ici.

[47] Voir, par exemple, le Manuel d'histoire ancienne de l'Orient, par M. François Lenormant (septième édition, 1869), III, pp. 415-429.

[48] Mélusine, I, 1877, col. 236; article de M. Loys Brueyre.

[49] Mélusine, I, col. 276 seq.

[50] Bulletin de l'Académie de Saint-Pétersbourg, t. III, 1861, p. 503.

[51] Revue critique, 1882, II, p. 236.

[52] Weimarer Beitræge, p. 186.

[53] Voir notre tome II, pp. 224 seq., 242 seq.

[54] Voir I, pp. 48, 77, 80; II, p. 28.

[55] Weimarer Beitræge, p. 190.—Il est assez curieux de constater qu'un écrivain allemand de la seconde moitié du XVIe siècle, Rollenhagen, dans la préface de son Froschmæuseler, croit aussi trouver dans les contes des veillées «les doctrines païennes des anciens Germains.» (Cité dans l'Academy du 21 janvier 1882, p. 38.)

[56] Les Epopées françaises, I, p. 273.

[57] Th. Benfey, Introduction au Pantchatantra, p. 416.

[58] Un conte westphalien, variante du Fidèle Jean (Grimm, III, p. 17), présente la plus grande ressemblance avec ce conte indien: Une voix mystérieuse a révélé à Joseph plusieurs dangers qui menacent son ami, et les moyens de l'en préserver; mais Joseph ne doit point répéter ce qu'il a entendu, sinon il sera changé en pierre. Trois fois Joseph, par des démarches singulières, sauve la vie à son ami, qui ne se doute pas du danger qu'il court, et qui trouve fort étrange la conduite de Joseph. (Toute cette partie du récit est à peu près identique dans le conte allemand et dans le conte indien.) Forcé de s'expliquer, Joseph est changé en pierre. Un an après, la femme de son ami, ayant mis au monde un fils, rêve trois nuits de suite que, si l'on frottait Joseph avec le sang de l'enfant, il serait délivré du charme qui pèse sur lui. L'enfant est immolé, et Joseph se réveille de son sommeil. Il se met aussitôt en route, et finit par trouver une fiole d'eau de la vie, avec laquelle il ressuscite l'enfant.—Bien que nous n'ayons pas à étudier ici ce type de conte, nous ajouterons qu'on l'a encore trouvé dans l'Inde, sous une forme affaiblie, chez les populations du Deccan (miss Frere, no 5).

[59] Voir l'analyse de ce conte annamite à la fin de notre second volume, dans le Supplément aux remarques (au no 23, le Poirier d'or).

[60] Leçons sur les Contes orientaux dans la littérature du moyen âge (1875).

[61] Orient und Occident (1861, pp. 341-354).

[62] R. C. Temple, The Legends of the Panjâb. (Bombay, 1883), p. 64.—Cette version est meilleure que celle que M. Gaston Paris a donnée dans la Romania (1883, p. 359), d'après M. C. Swynnerton.

[63] Storia delle novelline popolari (Milan. 1883), p. 83.

[64] Voir notre no 56, le Pois de Rome et les remarques de ce conte.

[65] Mitologia Vedica, p. 96.—On trouvera encore d'autres spécimens des fantaisies mythiques de M. de Gubernatis dans l'excellent petit livre du P. de Cara, Errori mitologici del professore Angelo de Gubernatis (Prato, 1883).

[66] Pages XXII et XXXII.

[67] Cet Appendice se rapporte à la p. XIX.

[68] Cette étude a paru d'abord dans la Revue des Questions historiques d'octobre 1880.

[69] «On lui attribue encore (à saint Jean Damascène), nous ignorons sur quel fondement, deux ouvrages hagiographiques: La vie de saint Barlaam et de saint Josaphat et la Passion de saint Arthémius.» (Patrologie, trad. de l'abbé P. Belet, 1877, p. 625.)

[70] Voir Barlaam und Josaphat. Franzœsisches Gedicht des dreizehnten Jahrhunderts von Gui de Cambrai, herausgegeben von H. Zotenberg und P. Meyer (Stuttgart, 1864), p. 310 seq.—Barlaam und Josaphat von Rudolf von Ems, herausgegeben von Franz Pfeiffer (Leipzig, 1843), p. VIII seq.—Bulletin de l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg (classe historico-philologique), t. IX (1852), nos 20, 21, pp. 300, 309.

[71] Die Quellen des Barlaam und Josaphat, dans la revue Jahrbuch für romanische und englische Literatur, t. II (1860) p. 314 seq., ou dans le volume de M. Liebrecht intitulé Zur Volkskunde (Heilbronn, 1879), p. 441.

[72] On the Migration of Fables, dans la Contemporary Review de juillet 1870, ou dans le 4e volume des Chips from a German Workshop (1875).

[73] Rgya tch'er rol pa, ou Développement des jeux, contenant l'histoire du Bouddha Çâkya Mouni, traduit sur la version thibétaine du Bkah Hgyour, et revu sur l'original sanscrit (Lalitavistâra), par Ph. E. Foucaux (Paris, 1849).

[74] Joasaph est la forme primitive, telle que la donne l'original grec.

[75] Du vivant de son père, Joasaph avait consenti à gouverner la moitié du royaume, et il en avait converti les habitants.—De même, le Bouddha amène son père et les sujets de celui-ci à embrasser la nouvelle religion qu'il prêche (Barthélemy Saint-Hilaire, p. 43).

[76] Suivant les Chinois, la première traduction du Lalitavistâra dans leur langue a été faite vers l'an 76 après Jésus-Christ (Foucaux, op. cit., p. XVI).

[77] Barthélemy Saint-Hilaire, p. 15; Max Müller, Chips from a German Workshop, t. IV, p. 180.

[78] Voici, sur ce nom de Yoûasaf, ce que dit feu M. Reinaud dans son Mémoire géographique, historique et scientifique sur l'Inde antérieurement au milieu du XIe siècle de l'ère chrétienne, d'après les écrivains arabes, persans et chinois (t. XVIII des Mémoires de l'Académie des Inscriptions, p. 90), qui a été lu à l'Académie des Inscriptions, le 28 mars 1845: «Massoudi (auteur arabe) rapporte qu'un des cultes les plus anciens de l'Asie était celui des Sabéens. Suivant lui, il naquit jadis dans l'Inde, au temps où la Perse était sous les lois, soit de Thamouras, soit de Djemschid, un personnage appelé Youdasf, qui franchit l'Indus et pénétra dans le Sedjestan et le Zabulistan, puis dans le Kerman et le Farès. Youdasf se disait envoyé de Dieu, et chargé de servir de médiateur entre le créateur et la créature. C'est lui, ajoute Massoudi, qui établit la religion des Sabéens; or, par la religion des Sabéens, Massoudi paraît entendre le bouddhisme. En effet, il dit que Youdasf prêcha le renoncement à ce monde et l'amour des mondes supérieurs, vu que les âmes procèdent des mondes supérieurs, et que c'est là qu'elles retournent. D'ailleurs... l'auteur du Ketab-al-Fihrist (autre écrivain arabe), qui emploie la forme Youasaf, dit positivement qu'il s'agit du Bouddha considéré, soit comme le représentant de la divinité, soit comme son apôtre. Il est évident que Youdasf et Youasaf sont une altération de la dénomination sanscrite bodhisattva, qui, chez les Bouddhistes, désigne les différents Bouddha.»

Quelques explications sur la transformation de bodhisattva en Yoûasaf ne seront pas inutiles. La forme Boûdâsp, Boûdâshp, qui se trouve chez les auteurs arabes et persans (A. Weber, Indische Streifen, t. III, p. 57, note), se rapproche déjà davantage de Bodhisattva, dont la transcription exacte aurait dû être Boûdsatf (Bodh [i] sattv [a]). Mais comment, de cette forme, est-on arrivé à Yoûasaf? Par une altération due au système d'écriture employé par les Arabes et les Persans. Dans l'écriture arabe, le même signe, selon qu'il est accompagné ou non de points diversement disposés, représente diverses lettres, entre autres B et Y. Dans le cas présent, les points étant omis, on a eu la forme Yoûdsatf, dont les auteurs ne présentent pas d'exemple, mais que suppose le mot Yoûdsasp, qui a été trouvé (A. Weber, loc. cit.); puis est venu Yoûdasf et enfin Yoûasaf.

M. Théodore Benfey a fait remarquer qu'un autre nom qui figure dans Barlaam et Josaphat se retrouve dans les légendes bouddhiques. Le nom du magicien Theudas, qui cherche à séduire Joasaph, est, en effet, philologiquement identique à celui de Devadatta, l'un des principaux adversaires du Bouddha (Theudat = Dev [a] datt [a]).

[79] Voir M. Benfey (Pantschatantra, I, p. 80 seq., II, p. 528, et I, p. 407) et M. Liebrecht, op. cit.

[80] On a la certitude qu'outre le Pantschatantra, rapporté par lui de l'Inde, Barzôî, médecin de Chosroës le Grand, traduisit aussi divers ouvrages indiens (Benfey, Pantschatantra, I, p. 84). Parmi ces ouvrages se trouvait-il la légende du Bouddha? Naturellement il est impossible de l'affirmer; mais la chose n'est nullement impossible, le bouddhisme étant encore florissant dans l'Inde à l'époque où Barzôî visita ce pays.

[81] Notice sur le livre de Barlaam et Joasaph (Paris, 1886), extraite des Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, t. XXVIII.—Voir aussi le Journal Asiatique (mai-juin 1885), et le compte rendu de M. Gaston Paris dans la Revue critique (no du 7 juin 1886).

[82] Dans l'article de la Revue des Questions historiques, indiqué ci-dessus.

[83] «Apud Indos Persis finitimos, sanctorum Barlaam et Josaphat (commemoratio), quorum actus mirandos sanctus Joannes Damascenus conscripsit.»

[84] Dans notre article de la Revue des Questions historiques et dans le Français du 1er septembre 1883.

[85] Journal des Débats, du 26 juillet 1859.

[86] Trois lettres de M. Barthélemy Saint-Hilaire, adressées à M. l'abbé Deschamps, vicaire général de Châlons (Paris, 1880), p. 2.

[87] Cet appendice se rapporte à la p. XXXIII.

[88] Publié d'abord en octobre 1877, dans la Revue des Questions historiques, notre travail a été longuement cité par M. Maspero, dans ses Contes populaires de l'Egypte ancienne (Paris, 1882).

[89] Le manuscrit, dit M. Maspero (op. cit., p. 4), a été écrit par le scribe Ennànà, qui vécut sous Ramsès II, sous Minephtah et sous Seti II. Il porte, en deux places, le nom de son propriétaire antique, le prince Seti Minephtah, qui régna plus tard sous le nom de Seti II.

[90] Revue des cours littéraires, t. VII, p. 780 seq. (1871).—Contes populaires de l'Egypte ancienne (pp. 5-28).

[91] Cité d'après O. L. B. Wolff, Die schœnsten Mærchen und Sagen aller Zeiten und Vœlker (Leipzig, 1850), t. I, p. 229 seq.

[92] Rambaud, la Russie épique, pp. 377-380.

[93] Comparer un conte russe de la collection Erlenwein (Gubernatis, Florilegio, p. 210).

[94] Comparer un autre conte grec moderne (baron d'Estournelles de Constans, la Vie de province en Grèce, Paris, 1878, p. 260 seq.), et un conte hongrois (Erdelyi, no 13).

[95] Nouveaux Contes de fées (1718). Voir le conte Incarnat, Blanc et Noir (Cabinet des Fées, t. XXXI, p. 233 seq.).

[96] Comparer un conte norvégien (Asbjœrnsen, Tales from the Fjeld, p. 156).

[97] Dans un conte lithuanien (Chodzko, p. 368), le héros, à qui un roi a promis sa fille et la moitié de son royaume, est tué traîtreusement par ordre d'un des courtisans. De son sang, qui a jailli sous les fenêtres de la princesse, il naît un pommier, dont bientôt les branches touchent ces fenêtres. Quand la princesse veut prendre une des pommes, celle-ci se détache de l'arbre, et le jeune homme reparaît plein de vie.

[98] Comparer le conte grec moderne cité plus haut, p. LXI.

[99] Asiatic Researches, t. XX (Calcutta, 1836), p. 142.

[100] Voir notre tome II, p. 302.

[101] G. Ebers, Ægypten und die Bücher Mose's, 1868, p. 315.

[102] Hérodote, livre II, 121.

[103] Un autre conte égyptien, le conte du Prince prédestiné, presque aussi vieux que le conte des Deux Frères (Maspero, p. 33 seq.), présente aussi des points de ressemblance avec des contes actuels. Ainsi, dans le conte égyptien, le roi de Syrie fait construire à sa fille une maison dont les soixante-dix fenêtres sont éloignées du sol de soixante-dix coudées, et il dit aux princes des environs que celui qui atteindra la fenêtre de sa fille l'aura pour femme; de même, dans un conte russe, un conte polonais, un conte finnois, les prétendants à la main d'une princesse doivent faire sauter leur cheval jusqu'au troisième étage du château royal. (Voir notre tome II, p. 96.)

[104] Comparer encore, pour cette introduction, divers contes où le héros est aussi le fils d'un ours: un conte basque, l'Ourson (Mélusine, 1877, col. 160); un conte allemand du grand-duché d'Oldenbourg, Jean l'Ours (Strackerjan, II, p. 316); un conte serbe (Vouk, no 1). Tous ces contes, pour la suite des aventures, appartiennent plus ou moins au thème de l'Homme fort, que nous aurons plus loin à étudier (voir nos nos 46, Bénédicité, et 69, le Laboureur et son Valet); du reste, plusieurs épisodes de ce thème se sont, ainsi que nous l'indiquerons tout à l'heure, infiltrés dans certains contes du genre de Jean de l'Ours.—Dans un conte russe dont nous ne connaissons que ce passage, cité par M. de Gubernatis dans sa Zoological Mythology (II, p. 117), le héros, Ivanko Medviedko (Jean, fils de l'Ours), qui est né d'un ours et d'une femme enlevée par celui-ci, est homme de la tête à la ceinture, et de la ceinture aux pieds il est ours.

[105] Dans l'introduction d'un conte slave de cette famille, recueilli en Herzégovine (Krauss, no 139), le héros, étant déjà grand, est nourri au moyen d'une nappe merveilleuse, qu'une vache lui donne et qui se couvre de mets au commandement. Cette forme particulière, qui se retrouve dans une autre famille de contes (comparer notre no 23, le Poirier d'or), s'est substituée ici au thème de l'allaitement, que nous examinons.

[106] Pour ces divers contes où le héros a été allaité par sa mère pendant des années, comparer, dans les remarques de notre no 46, l'introduction de plusieurs contes, se rapportant au thème de l'Homme fort, déjà mentionné.

[107] Il faut excepter le conte du Schleswig, où les compagnons de Jean à la Barre de fer sont un casseur de pierres, un scieur de planches et un fendeur de bois (altération évidente du thème primitif, où se trouve, par exemple, un personnage qui, à coups de poing, brise des rochers); il faut excepter aussi le conte suisse de la collection Sutermeister, où les compagnons du héros sont un chasseur et un pêcheur; le premier conte du Tyrol italien (Schneller, p. 189) où Giuan dall' Urs rencontre et emmène avec lui un cordier et un boulanger, appelé Bouche de Four; le conte du Mantouan, où les deux compagnons de Giovanni dell' Orso n'ont rien de caractéristique, et le conte souabe, où les compagnons de Jean l'Ours sont un cordonnier et un tailleur qu'il a rencontrés sur la route et mis dans sa poche.

[108] Voir Sébillot, I, no 6.—L'introduction de ce conte, qui a été raconté à M. Sébillot par un matelot, a pris, en passant par la bouche des marins, une couleur toute particulière; mais les deux personnages extraordinaires que rencontre le «capitaine Pierre» sont deux des trois personnages du conte lorrain, Appuie-Montagne et Tord-Chêne.

[109] Dans un conte valaque (Schott, no 10), figurent aussi la rencontre par le héros de personnages extraordinaires, l'épisode de la maison isolée et la descente dans le puits. Les aventures du héros dans le monde inférieur sont différentes et se rapprochent principalement d'un des thèmes de notre no 5, les Fils du Pêcheur (le thème de la princesse exposée à un dragon et délivrée par le héros), thème qui, du reste, s'est, dans certains contes, joint épisodiquement au thème dont nous traitons ici.

[110] Les trois mêmes châteaux ou à peu près (verre, argent et or) figurent encore dans le conte du Tyrol italien, no 39, cité plus haut.—Rappelons aussi le conte russe de Svetozor.

[111] Dans deux variantes lorraines que nous donnerons plus loin (no 52), les princesses sont gardées par des monstres: bête à sept têtes, serpent, etc.

[112] Voir, pour ce détail et pour le trait des trois tournois, notre no 12, le Prince et son Cheval, ainsi que les remarques de ce conte.

[113] Les contes syriaques, publiés par MM. Prym et Socin en 1881, ont été recueillis de la bouche d'un chrétien jacobite, originaire du Tûr 'Abdîn, région montagneuse située au nord de la Mésopotamie, dans le district de Mardin, et habitée par des Kurdes et des Jacobites.

[114] Les Avares, peuplade d'origine mongole, de même race que les tribus de ce nom exterminées par Charlemagne, habitent le versant septentrional du Caucase. M. Ant. Schiefner a publié, en 1873, d'après des manuscrits, plusieurs contes en langue avare, auxquels il a joint une traduction allemande et des remarques fort intéressantes, dues à M. Reinhold Kœhler.

[115] Toute cette partie du conte avare se rapporte au thème de l'Homme fort (voir nos nos 46 et 69), que nous avons déjà vu se combiner avec des contes de la famille du Jean de l'Ours. Nous aurons occasion d'y revenir.

[116] Dans le conte valaque (Schott, no 10), cité plus haut en note, le nain à grande barbe arrive chevauchant «sur une moitié de lièvre».

[117] Cet épisode, se rattachant à un thème que nous aurons à étudier dans les remarques de notre no 5, les Fils du Pêcheur, se trouve intercalé également dans des contes européens de la famille de Jean de l'Ours (dans le conte grec moderne no 70 de la collection Hahn et le conte russe de Svetozor).

[118] On se rappelle que, dans plusieurs des contes européens cités plus haut et recueillis en Allemagne, en Suisse, en Sicile, et aussi en Russie (Ralston, p. 144-146), c'est une vieille sorcière qui bat les compagnons du héros.

[119] Dans le conte avare que nous avons donné il y a un instant, le nain s'arrache également un poil de la barbe pour lier les compagnons d'Oreille-d'Ours.

[120] Nous aurons à étudier la première partie de ce conte dans les remarques de notre no 12, le Prince et son Cheval.

[121] On trouvera dans un conte indien du Bengale, résumé dans les remarques de notre no 19, le Petit Bossu, un épisode qui n'est pas sans ressemblance avec cet épisode des bijoux.

[122] Ce conte syriaque offre, pour l'ensemble, une grande ressemblance avec un conte grec moderne, analysé plus haut (Hahn, no 26).—Dans plusieurs des contes de ce type, cités dans ces remarques, le prince paraît également à cheval, sous divers costumes. Voir, entre autres, les contes grecs modernes, p. 195 de la collection Em. Legrand et no 70 de la collection Hahn; le conte de la Vénétie no 4 de la collection Widter et Wolf; le conte portugais no 22 de la collection Coelho. Dans les trois derniers, il y a un tournoi ou une course de chevaux.—Dans le conte portugais, le héros s'est couvert la tête d'une vessie; dans le second conte grec, d'un bonnet en boyau de mouton.

[123] Dans un conte russe, déjà mentionné (Ralston, p. 144-146), c'est également grâce aux avis des filles de la Baba Yaga (sorte de sorcière ou d'être malfaisant) que le héros réussit à tuer celle-ci.—Comparer le conte italien de Sorrente.

[124] Nous devons la traduction sommaire de ce conte et des autres contes kamaoniens que nous aurons occasion de citer, à l'obligeance d'un savant bien connu, le R. P. Martinov, S. J.

[125] Comparer le passage correspondant du conte avare et du conte valaque, où le nain chevauche sur un lièvre.

[126] Voir, pour ce détail, les remarques de notre no 5, les Fils du Pêcheur.

[127] Ce trait correspond au passage de notre conte où Adolphe doit retrouver la fille du roi, qui est on ne sait où—Dans un conte portugais (Coelho, no 19), dont nous donnerons le résumé à l'occasion de notre no 73, la Belle aux cheveux d'or, c'est la fille du roi qu'il s'agit de retrouver, comme dans le conte français.

[128] Inutile de faire remarquer que cette partie du conte avare correspond au Petit Poucet de Perrault. Dans plusieurs contes européens du type de Tchilbik, ce sont les coiffures que le héros échange, comme dans Perrault.

[129] Ce même conte se retrouve chez les Kabyles (Rivière, p. 224). Bien qu'il soit, en général, assez altéré, il est, sur un point important, un peu mieux conservé que le conte avare. Après s'être échappés de chez l'ogresse, les sept frères rentrent chez leur père. Un jour, l'un d'eux dit à celui-ci: «O mon père, il y a chez l'ogresse un tapis qui s'étend seul. Amor (l'un des frères, le héros du conte) nous le rapportera.»

[130] Ici ce sont trois frères qui reçoivent chacun successivement un des objets merveilleux.

[131] Comparer le conte russe cité plus haut.

[132] Comparer le groupe de contes européens, ci-dessus indiqué, où des génies armés de bâtons sortent, au commandement, d'un sac, d'un tonneau ou d'une bouteille.—En Orient, nous retrouvons aussi les génies bienfaisants des contes européens. Ainsi, dans un conte des Mille et une Nuits (Histoire de Djaudar), figure un bissac «où habite un serviteur (c'est-à-dire un génie) qui donne tous les mets que l'on désire».

[133] Ce terme est considéré comme injurieux chez les Kamaoniens.

[134] Comparer le conte syriaque et les contes européens qui en ont été rapprochés.

[135] Un second conte du Pentamerone (no 7) doit également être rapproché de notre conte pour l'ensemble; mais il n'a pas l'introduction.

[136] Dans deux autres contes indiens, l'un du Bengale, l'autre du Kamaon, figure aussi un fakir, qui donne ou indique à un roi un certain fruit dont il devra faire manger à ses sept femmes, pour que chacune ait un fils. (Voir les remarques de notre no 12, le Prince et son Cheval.)—Comparer, plus bas, p. 72 et p. 80, l'introduction de contes indiens du Pandjab et du Bengale.—Dans un conte indien du Deccan (miss Frere, no 22), une femme s'en va trouver Mahadeo (le Créateur) pour lui demander de lui accorder un enfant. Mahadeo lui donne un fruit, une mangue, qu'elle partage avec deux autres femmes qui avaient fait route avec elle. De retour à la maison, elle a un fils, et les deux autres, chacune une fille.

[137] Vies des saints, par Mgr Paul Guérin (7e édition, Bar-le-Duc, 1872), au 9 janvier.

[138] Comparer plus haut, p. 68, le conte écossais de la collection Campbell.

[139] Cette introduction se retrouve dans plusieurs contes orientaux où ne figure pas l'épisode du dragon: dans un livre thibétain, provenant de l'Inde (Mélanges asiatiques, publiés par l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg, t. VII, p. 676), dans un conte des Tartares de la Sibérie méridionale (Radloff, t. IV, p. 477), dans un conte arabe recueilli à Mardin, an nord de la Mésopotamie (Zeitschrift der Deutschen Morgenlændischen Gesellschaft, 1882, p. 238), dans un conte de l'île de Bornéo (L. de Backer, l'Archipel indien, 1874, p. 203).—Comparer encore une légende birmane (Bastian, Die Vœlker des œstlichen Asiens, t. I, p. 27) et un conte du Cambodge (ibid., t. IV, p, 128 seq.).

[140] Dans plusieurs contes européens, les deux traits du conte persan et du conte allemand se trouvent réunis: l'un des frères mange la tête de l'oiseau et devient roi; l'autre mange le cœur, et chaque matin il trouve de l'or sous son oreiller. Voir, par exemple, un conte de la Haute-Bretagne (Sébillot, I, p. 97), un conte hessois (Grimm, III, p. 102), un conte serbe (Vouk, no 26), un conte grec moderne (Hahn, no 36), un conte tchèque de Bohême (Waldau, p. 91), un conte italien de Rome (Busk, p. 146), etc.—Il en est de même dans le conte arabe de Mardin, mentionné dans la note précédente.

[141] Comparer l'introduction d'un autre conte indien, un conte manipuri (Indian Antiquary, 1875, p. 260).—Dans le conte sibérien et dans le conte de l'île de Bornéo, indiqués plus haut, il y a également deux enfants, mais un seul oiseau: dans le conte sibérien, celui qui mange la tête de l'oiseau devient roi, et celui qui mange le cœur devient vizir.

[142] Ce qu'il y a de caractéristique dans cet épisode du conte avare se retrouve dans un conte grec moderne (Hahn, no 70), où l'histoire de la jeune fille délivrée du dragon est, comme dans le conte avare, intercalée dans un conte de la famille de notre no 1, Jean de l'Ours. Dans ce conte grec de l'île de Syra, la ville où arrive le héros dans le monde inférieur n'a qu'une seule fontaine, et dans cette fontaine est un serpent à douze têtes, auquel il faut livrer, chaque semaine, une victime humaine; après quoi, il laisse puiser de l'eau. La vieille femme chez qui loge le héros lui ayant appris la chose, il lui demande une cruche et se rend à la fontaine. Ce jour là, précisément, c'était la fille du roi qui allait être dévorée par le serpent. Le héros tue le monstre; le roi lui ayant offert la main de la princesse, il le remercie et lui demande seulement de le faire ramener sur la terre. (Voir, pour ce dernier épisode, les remarques de notre no 52, La Canne de cinq cents livres.)—Comparer deux contes, également grecs, du type des Fils du Pêcheur (Hahn, no 22; Legrand, p. 161).

[143] Ici encore nous retrouvons, mais introduit d'une autre façon dans le récit, l'objet qui doit faire connaître le sort de celui de qui on le tient. Dans un conte suédois, cité plus haut, nous avons déjà vu ce trait du lait qui devient rouge; mais le vase de lait avait été donné par un frère à son frère. Le conte indien est ici beaucoup plus naturel.

[144] M. de Gutschmid, dans les comptes rendus de l'Académie de Leipzig (1861, p. 180).

[145] Le conte portugais (Coelho, no 52) mentionné ci-dessus met un «saint Georges» en scène dans un récit analogue à ceux que nous étudions ici. Après l'histoire du poisson merveilleux et de la bête à sept têtes, tuée par Georges, celui-ci dit à son frère, qui est venu le rejoindre, que, par suite d'un vœu, il ne peut se marier; il lui donne une des têtes de la bête en lui disant de se faire passer pour lui auprès du roi. Il fait ensuite «tant d'exploits pour la patrie», et il est si vertueux, qu'il est canonisé après sa mort.

[146] Dans plusieurs des contes européens, c'est au moyen d'un cheveu que la sorcière enchaîne les animaux du jeune homme, avant de changer celui-ci en pierre. Voir, par exemple, le conte suédois (Cavallius, p. 352), le conte danois (Grundtvig, p. 315), un conte serbe (Mijatowics, p. 256), deux contes portugais (Consiglieri-Pedroso, no 11; Braga, no 48), etc.—Comparer, dans les remarques de notre no 1 Jean de l'Ours (p. 20), le passage du conte avare du Caucase et d'un conte de l'Asie centrale, où le nain s'arrache un poil de la barbe pour lier les compagnons du héros. (Dans le conte italien des Abruzzes, où la sorcière est remplacée par un magicien, c'est en jetant sur les gens un poil de sa barbe, que ce magicien les transforme en statues de marbre.)

[147] Dans un conte valaque, en partie de ce type (Schott, no 10), et dans plusieurs autres contes européens, par exemple, dans des contes grecs modernes (t. II, p. 204 et 260, de la collection Hahn), un serpent ayant été tué, un autre va chercher une certaine herbe au moyen de laquelle il lui rend la vie. Cette herbe, qui a été ramassée avec soin, sert ensuite à ressusciter le héros. Voir encore le conte allemand no 16 de la collection Grimm, et comparer la fable antique de Polyidus et Glaucus (Apollodore, III, 3, 1).—M. R. Kœhler a étudié à fond ce thème dans ses remarques sur les Lais de Marie de France (édition K. Warake, 1885, pp. CIV-CVIII).

[148] Dans le conte allemand no 60 de la collection Grimm, cité plus haut, des animaux sauvages, épargnés par les deux frères, leur donnent chacun deux de leurs petits, qui se mettent à leur suite. Comparer les contes allemands no 58 de la collection Meier et p. 337 de la collection Kuhn et Schwartz, le conte suédois de Wattuman et Wattusin, un conte du Tyrol allemand (Zingerle, II, p. 260), un conte valaque Schott, (no 10), etc.

[149] Dans le conte napolitain no 7 du Pentamerone, mentionné ci-dessus, le héros, fasciné par la beauté d'une sorte de magicienne ou de sorcière, entre dans sa maison. Alors la magicienne crie: «Enchaînez cet homme, mes cheveux!» Et ses cheveux l'enchaînent, et il devient prisonnier de la magicienne. (Comparer le conte kabyle et les contes européens où c'est au moyen d'un crin, d'un cheveu, que la sorcière enchaîne les animaux du héros.)

[150] Dans certains contes, tels qu'un conte allemand (Grimm, no 107) et deux contes hongrois (Gaal, p. 175; Erdelyi-Stier, no 10), l'introduction est celle de ce groupe; mais la suite des aventures n'est plus la même.—Un conte croate (Krauss, I, no 74), voisin de ces contes, se rapproche beaucoup plus qu'eux des contes du genre de nos Deux Soldats.

[151] Voir dans le Jahrbuch für romanische und englische Literatur, t. VI, p. 28, la traduction de ce conte.—M. H. Oesterley a montré, dans la revue la Germania (années 1864, p. 126 et 1871, p. 129), que le Libro de los Gatos n'est qu'une traduction, souvent servile, des Narrationes composées dans le dernier tiers du XIIe siècle par le moine cistercien anglais Eudes de Sherrington (Odo de Ciringtonia). Mais, dans ce que M. Oesterley a publié des Narrationes, nous n'avons pas trouvé de conte de ce genre.

[152] Dans notre variante Jacques et Pierre, le lion raconte aux autres animaux que la princesse d'Angleterre a quatre millions cachés dans un pot. (Comparer aussi le passage du conte kirghis où il est question d'un morceau d'or enfoui, et les deux contes kamaoniens résumés ci-après.)

[153] Cette expression s'explique par les idées des Hindous sur la métempsychose.

[154] Pour cet épisode de la consultation des arbitres, qui se trouve dans une fable de La Fontaine (livre X, fable II), comparer un passage du Pantchatantra, extrait de l'édition en usage chez les populations du sud de l'Inde (Th. Benfey, Pantschatantra, t. I, p. 113, seq.).

[155] Cet épisode des géants forme parfois un conte à part, par exemple dans notre no 25, le Cordonnier et les Voleurs. Voir les remarques de ce conte.—Le passage de notre conte où le petit tailleur feint d'être malade pour ne pas montrer au géant qu'il ne peut manier sa boule, est évidemment une altération; dans la forme primitive, le tailleur devait, par diverses ruses, persuader de plus en plus le géant de sa force.

[156] Comparer le conte irlandais.—Dans un conte du Cambodge, un homme, apercevant un tigre, se réfugie sur un arbre. La branche sur laquelle il s'est mis vient à rompre et il tombe à califourchon juste sur le dos du tigre. Alors c'est le tour du tigre d'avoir peur. Il s'enfuit à toutes jambes, emportant à travers champs son cavalier malgré lui. Celui-ci, de son côté, tremble si fort de frayeur que, sans le vouloir, il ne cesse d'éperonner sa monture. Et, dit le conte cambodgien, ils courent encore. (Ad. Bastian, Die Vœlker des œstlichen Asiens, t. IV, p. 122.)

[157] Même chose dans le livre allemand du XVIe siècle utilisé par les frères Grimm, et dans le livre populaire hollandais. Mais, à la différence du conte avare, le héros joue un rôle actif dans l'affaire. Pendant que les trois géants dorment sous un arbre, il leur jette à chacun successivement des pierres du haut de cet arbre, de sorte que chaque géant croit que les autres l'ont frappé et devient furieux.

[158] Cet épisode de l'arbre, que nous avons vu dans le conte russe, se rencontre sous une forme altérée dans le conte hongrois, dans les deux contes du Tyrol italien, dans un des contes du Tyrol allemand (Zingerle, II, p. 15) et dans le livre populaire hollandais. Le héros, emporté par son cheval vers l'ennemi, saisit sur son passage, pour se retenir, une croix plantée le long du chemin et la déracine. Quand les ennemis voient accourir cet homme à cheval, une croix dans ses bras, ils sont pris de terreur et s'enfuient.

[159] Comparer, pour cet épisode de l'éléphant empoisonné, la dernière partie du conte mongol résumé plus haut.

[160] Comparer notre no 22, Jeanne et Brimboriau, et les remarques.

[161] Dans un conte de la Haute-Bretagne (Sébillot, Littérature orale, p. 125), c'est un soufflet avec lequel le héros dit qu'il ressuscite les gens, en leur soufflant sur la figure.

[162] Voir cette forme bien conservée dans notre no 20, Richedeau.

[163] Le conte flamand no 11 de la collection Wolf, Deutsche Mærchen und Sagen, nous paraît dériver directement du livre de Straparola.

[164] Comme on voit, c'est tout à fait l'introduction du conte de la Basse-Bretagne et du conte bourguignon, cités plus haut.—Cette même introduction forme tout le récit à elle seule dans un conte picard (Carnoy, p. 192). Ici, comme dans le conte afghan, le chef des voleurs dit: «Si je vous trompe, que le tonnerre m'écrase à l'instant!» Kiot-Jean, en l'entendant, laisse tomber de peur sa peau de vache au milieu des voleurs.

[165] Voir, pour ce passage, notre no 20, Richedeau, et les remarques.

[166] Il est curieux de constater que cette première partie du conte afghan, qui parfois forme un conte à elle seule (voir le Pantchatantra indien et les observations de M. Benfey, I, p. 355, et II, p. 238), se trouve aussi combinée avec notre thème dans le conte de Straparola.

[167] Comparer plusieurs contes cités plus haut: le conte sicilien no 71 de la collection Gonzenbach, le conte basque (Webster, p. 154), le conte catalan (Rondallayre, III, p. 182), et le petit livre italien du XVIe siècle.

[168] Dans un conte bavarois, cité par M. Kœhler (Orient und Occident, II, p. 497), le héros, qui s'est entendu avec sa femme, bat celle-ci, qui ensuite se cache. Alors apparaît leur fille. Le héros dit que son bâton rajeunit les femmes. Les dupes achètent le bâton et assomment leurs femmes.

[169] Comparer pour cet épisode, qui appartient à la seconde forme de notre thème, un conte islandais (Arnason, II, p. 581), où Sigurdr fait croire aux fils du roi qu'il a gagné beaucoup d'argent en vendant les cendres de la forge qu'ils lui ont méchamment brûlée.

[170] Nous avons déjà rencontré cet Ananci ou Anansé, «l'Araignée», figurant comme personnage principal dans un conte recueilli chez les nègres du pays d'Akwapim, qui fait partie du royaume des Achantis. (Voir les remarques de notre no 5, Tapalapautau, p. 58.)—Le Folklore Journal (1883, I, p. 280) nous apprend que les nègres des Antilles appellent, dans leur jargon anglais, Ananci Stories, «Histoires d'Ananci», toute espèce de contes bleus, qu'Ananci y figure ou non.

[171] Avant la Révolution, on appelait appointés les soldats qui touchaient de plus grosses paies que les autres.

[172] Comparer, pour cette introduction seulement, entre autres contes, les contes allemands, p. 16 de la collection Wolf, et no 93 de la collection Grimm, ainsi que le conte écossais no 44 de la collection Campbell.

[173] Essai historique sur les fables indiennes, par Loiseleur-Deslongchamps, p. XXXIII.

[174] Comparer la fin de nos deux contes lorrains, et aussi le conte irlandais, le conte hessois (Grimm, III, p. 202) et le conte du Tyrol allemand (Zingerle, II, p. 142).