[175] On se rappelle que cet épisode figurait déjà dans le conte catalan cité plus haut.—Sans parler de bon nombre de contes européens, n'appartenant pas à cette famille, il se retrouve dans un conte kalmouk et dans un conte arabe d'Egypte que nous donnerons tout à l'heure, et aussi dans un conte arabe des Mille et une Nuits (Histoire de Mazen de Khorassan, éd. du Panthéon littéraire, p. 741), dans un conte persan du Bahar-Danush (ibid., p. xxiij), dans un conte chinois du recueil des Avadanas, traduit par M. Stanislas Julien (no 74), dans un conte populaire du Bengale (miss Stokes, no 22), et enfin dans un conte indien de la collection de Somadeva (trad. Brockhaus, t. I, p. 19).

[176] Pour abréger, nous supprimons dans cette analyse toute la partie du conte où se trouve combiné avec le thème principal le thème de l'oiseau merveilleux et des deux frères, dont nous avons dit quelques mots dans nos remarques sur le no 5 de notre collection, les Fils du Pêcheur (p. 73).

[177] Ces grenouilles correspondent, on le voit, à l'oiseau dont on mange le cœur.

[178] Trois contes, l'un de la Basse-Bretagne (Koadalan, dans la Revue celtique de mai 1870), l'autre, catalan (Rondallayre, III, p. 21; comparer III, p. 103), le troisième, portugais (Braga, no 11), présentent cette même introduction, mais diffèrent ensuite complètement des contes de cette famille.

[179] Comparer, pour cet épisode des deux animaux, l'introduction d'un conte portugais du Brésil (Roméro, no 38) et celle d'un conte albanais (G. Meyer, no 5), qui se termine brusquement après la poursuite. Comparer aussi l'introduction, tout à fait du même genre, d'un conte corse intitulé le Petit Teigneux (Ortoli, p. 108), qui présente, sous une forme extrêmement altérée, une partie des thèmes dont se compose notre Prince et son Cheval.—Le service rendu aux animaux se retrouve, tout à fait sous la même forme, dans des contes orientaux. Nous citerons d'abord un conte syriaque de la Mésopotamie (Prym et Socin, no 58), sur lequel nous aurons occasion de revenir dans ces remarques. Là, un jeune prince, qu'un démon a emmené chez lui, dans le monde inférieur, ouvre, pendant l'absence de ce démon, une des chambres du château. Il y trouve un cheval et un lion: devant le cheval, il y a de la viande; devant le lion, du foin. Un autre jeune homme, que le prince a fait sortir d'un cachot où le démon le tenait enchaîné, conseille au prince de donner le foin au cheval et la viande au lion. Le prince le fait, et, par reconnaissance, le cheval ramène les deux jeunes gens à la surface de la terre.—Le même trait figure dans un conte indien d'un autre type, recueilli dans le Pandjab (Indian Antiquary, août 1881, conte no 9): Les gardiens d'une cage renfermant un oiseau dans lequel est la vie d'un djinn, sont un cheval et un chien. Devant le cheval, il y a un tas d'os; devant le chien, une botte d'herbe. Si quelqu'un donne à l'un ce qui est devant l'autre, les deux animaux le laisseront passer, par reconnaissance.—Comparer encore un passage d'un conte arabe d'Egypte (Spitta-Bey, no 11, p. 143), où les deux animaux sont un chevreau et un chien, attachés devant le palais où se trouve une certaine rose merveilleuse.

[180] Comparer un conte très particulier de cette même famille, recueilli dans le «pays saxon» de Transylvanie (Haltrich, no 15): Un jeune berger voit un jour un arbre si beau et si grand qu'il a l'idée d'y grimper. Il arrive dans un pays tout de cuivre; il casse à un arbre une branche de cuivre, puis se baigne les pieds dans une fontaine de cuivre: aussitôt ses pieds deviennent comme de cuivre. Il monte encore plus haut sur l'arbre et arrive dans un pays d'argent; là ses mains deviennent d'argent. Plus haut encore, dans un pays d'or, sa chevelure devient d'or. Il redescend sur la terre et entre comme marmiton chez le cuisinier du roi: il garde toujours ses souliers, ses gants et son chapeau et passe pour teigneux.—On serait infini si l'on voulait comparer, détail par détail, les ressemblances qui existent entre tels et tels contes de cette famille. Ainsi, dans un conte du Tyrol allemand (Zingerle, I, no 28), dont nous parlerons plus bas, le héros doit répondre à toutes les questions: «Qui sait?» comme le héros du conte petit-russien répond: «Je ne sais pas.» (Comparer le conte russe no 4 de la collection Dietrich et le conte hongrois no 8 de la collection Gaal-Stier.)

[181] Dans un conte portugais du Brésil (Roméro, no 8), il semble que l'introduction soit un souvenir affaibli de cette forme particulière. Le jeune garçon met en liberté un gros oiseau noir que son père a chez lui, et l'oiseau l'emporte dans son château, où il se fait appeler «parrain» par le jeune garçon. Suit l'histoire des chambres défendues, etc.

[182] Un conte italien, publié au XVIe siècle par Straparola (no 5 de la trad. allemande des contes proprement dits), présente une introduction presque identique à celle du conte danois. Une flèche d'or, dont l'«homme des bois» a l'adresse de s'emparer, remplace la boule d'or.—Le reste de ce conte ne se rapporte pas aux contes que nous étudions ici.

[183] Comparer l'épisode d'un conte syriaque (Prym et Socin, no 39), analysé dans les remarques de notre no 1 Jean de l'Ours. Le héros se couvre la tête d'une vessie, afin d'avoir l'air chauve et de ne pas être reconnu.

[184] Dans le conte danois de la collection Grundtvig, dans le conte hongrois, dans un conte sicilien (Gonzenbach, no 61) et dans les contes du Brésil, il est aussi question, nous l'avons vu, de gibier.—Dans un passage très altéré d'un conte sicilien (Gonzenbach, no 67), il est parlé, comme dans le récit cambodgien, d'oreille et de nez coupés par le héros. Dans le romance espagnol cité plus haut (p. 144), on a vu que Juanillo coupe une oreille à ses frères.

[185] Il est très remarquable que les contes allemand et grec moderne de ce groupe, cités plus haut, ont également ici un juif.

[186] Ce petit détail se retrouve dans le conte allemand.

[187] Dans un conte tchèque de cette famille, résumé dans les remarques des contes lithuaniens de la collection Leskien (pp. 539-540), le héros s'est revêtu de la peau d'un ours, et il entre au service d'un roi comme jardinier. La princesse, quand elle est pour se choisir un mari, prend l'ours, dans lequel elle a reconnu un beau jeune homme. Elle est mise à la porte du château et vit avec son mari dans une caverne de la forêt.

[188] M. Kœhler, dans ses remarques sur le conte sicilien no 61 de la collection Gonzenbach, cite un conte russe dans lequel c'est aussi contre un petit doigt du pied, puis de la main, et contre une lanière sanglante taillée dans leur dos que les beaux-frères du héros reçoivent de lui trois animaux merveilleux qu'ils étaient allés chercher.

[189] Il y a ici une lacune, qu'indiquent bien le conte swahili et le conte cambodgien. Avant d'ouvrir la chambre aux ossements, le jeune homme a dû ouvrir une chambre dans laquelle se trouve une fontaine d'or et y tremper le doigt, qui devient tout doré et qu'il enveloppe ensuite d'un linge. C'est ce trait qui fait lien avec les contes européens du type du conte lorrain, et particulièrement avec ceux où le jeune homme a été, avant sa naissance, promis à quelque être malfaisant.

[190] Il se trouve, dans le conte swahili, un passage tout à fait du même genre. Cette ressemblance dans tous ces détails montre bien l'origine indienne du conte swahili, mieux conservé sur certains points que le conte kamaonien.

[191] Comme dans le conte kamaonien, les sept femmes du roi n'avaient pas eu d'enfants jusqu'au jour où un vieux fakir dit au roi de leur donner du fruit d'un certain arbre. (A la différence du conte kamaonien, du conte swahili et d'un certain nombre de contes européens de cette famille mentionnés plus haut, le fakir ne se fait pas promettre un des enfants qui doivent naître.) Le roi rapporte sept fruits de l'arbre; mais six de ses femmes mangent tout, et la plus jeune ne trouve plus qu'un noyau; elle le mange, et le fils qu'elle met au monde a la forme d'un singe.

[192] Cette dernière partie se rattache à un thème que M. Th. Benfey a étudiée dans son Introduction au Pantchatantra, § 92, et dont nous parlerons dans les remarques de notre no 63, le Loup blanc.

[193] Dans le conte autrichien de la collection Vernaleken et dans le conte italien de Sora, cité plus haut, la princesse remarque également le chant du garçon jardinier.

[194] Comparer la pomme d'or ou la boule d'or du conte lorrain et d'autres contes européens.

[195] Il y a ici une altération. Dans les contes européens, d'un côté, et, de l'autre, dans le récit cambodgien ainsi que dans le conte arabe d'Egypte et dans le poème des Tartares de Sibérie, ce n'est pas pour satisfaire leur faim et leur soif que les beaux-frères du héros se laissent marquer ou mutiler par ce dernier; c'est pour obtenir qu'il leur cède différentes choses demandées par le roi (parfois du gibier). Donc, à la source commune d'où tous ces récits sont dérivés, c'est-à-dire dans l'Inde, il a dû exister, il existe sans doute encore un conte présentant cette forme.

[196] Dans tous les autres contes de cette famille où se rencontre ce thème, c'est, comme dans notre conte, au fond des eaux que le héros est prisonnier.

[197] Le Dardistan est une contrée située au nord de Cachemire, dans la vallée du Haut-Indus, entre trois chaînes de montagnes: l'Himalaya, le Karakoroum et l'Hindoukousch.

[198] Voir les remarques pour l'explication du mot main de gloire.

[199] Dans un conte espagnol de cette famille (Caballero, II, p. 42), nous trouvons aussi l'«oiseau de la vérité» (el pajaro de la verdad).

[200] Un autre conte catalan (Rondallayre, I, p. 63) présente ici la forme ordinaire.

[201] Il peut être intéressant de constater que, dans le cours de ce conte indien, tous les enfants moins un (ici, la jeune fille) sont métamorphosés en oiseaux, comme dans le roman du moyen-âge, mais dans des circonstances absolument différentes.

[202] Il en est à peu près de même dans le conte italien du XVIe siècle, où, comme on l'a vu, chaque fois que l'on coupe les cheveux aux enfants, il tombe des perles et des pierres précieuses.—Dans un conte toscan de cette famille (Imbriani, Novellaja Fiorentina, no 6) et dans un conte sicilien (Pitrè, Nuovo Saggio, no 1), les parents adoptifs des enfants s'enrichissent en vendant leurs cheveux d'or, qu'ils coupent de temps en temps.—Dans le conte lorrain, les enfants (cela ressort du récit) font également la fortune des gens qui les ont recueillis.

[203] Un conte syriaque du nord de la Mésopotamie (Prym et Socin, no 83) se rapproche sur divers points de ce conte arabe, mais il est moins complet. Le seul point où il est mieux conservé, c'est que la reine a deux enfants, un garçon et une fille, et non un seul, comme dans le conte arabe.

[204] Ici, évidemment, Galland a dû affaiblir l'original, aujourd'hui perdu. D'ordinaire, dans les contes, les personnages qui pleurent des perles, laissent tomber des roses de leurs lèvres quand ils rient.—Du reste, il y a encore, dans cette introduction, une autre altération: il devait être parlé, non d'un prince, mais de deux princes et une princesse.

[205] Dans un conte siamois (Asiatic Researches, Calcutta, 1836, t. XX, p. 348), la femme d'un roi est accusée par une rivale d'être accouchée d'un morceau de bois.

[206] Dans un conte hongrois (Gaal-Stier, no 7), dont la première partie, jusqu'à la substitution des chiens aux enfants, doit être rapprochée des contes de cette famille, l'une des trois sœurs dit que, si le roi l'épousait, elle lui tisserait, avec une quenouillée de chanvre, une tente assez grande pour abriter tous ses soldats; la seconde, qu'avec un grain de blé elle lui ferait un gâteau assez grand pour les rassasier tous.—Il a déjà été question de la «tente» dans le conte arabe de la Mésopotamie.

[207] C'est ainsi que s'exprime le conte. Il semble bien que ce ne soit pas une des deux dont il a été parlé. Il y aurait donc là une altération.

[208] Il est curieux de trouver, dans ce conte arabe, la «rose qui chante» du conte lorrain, détail que nous n'avons rencontré dans aucun des contes européens de cette famille.

[209] Cette forme d'introduction, identique a celle des contes arabes d'Egypte et de Mésopotamie, est bien certainement la forme primitive. Elle a dû forcément être modifiée dans les pays où n'existe pas la polygamie.

[210] Il la fait envelopper dans une peau d'âne, et quiconque entre ou sort, doit cracher sur elle. De même, dans le conte arabe de la Mésopotamie.—Dans le conte arabe d'Egypte, la reine est enduite de goudron et attachée sur l'escalier: quiconque montera ou descendra, crachera sur elle.—Dans les Mille et une Nuits, la sultane est enfermée à la porte de la principale mosquée, dans un réduit dont la fenêtre est toujours ouverte, et chaque musulman, en passant, doit lui cracher au visage.—Dans un conte sicilien (Gonzenbach, no 5) et dans un conte grec d'Epire (Hahn, no 69, var. 1), la reine est l'objet des mêmes outrages.

[211] On a vu que, dans le conte sicilien no 36 de la collection Pitrè, les enfants sont allaités par une biche, qu'envoie une fée.

[212] Ce passage est évidemment mieux conservé que le passage analogue du conte arabe d'Egypte.

[213] Dans le conte italien des Abruzzes (Finamore, no 39) la mère du roi cherche aussi à empoisonner les enfants, et l'oiseau les préserve de ce danger. Même passage dans un conte portugais (Braga, no 39), où le poison est donné aux enfants par les méchantes sœurs.—Comparer le conte toscan no 27 de la collection Nerucci.

[214] Mie, en vieux français.

[215] Bellotement, bellement, doucement.

[216] On dit: à part soi.

[217] Mets du pays, fait de pâte cuite dans du lait.

[218] Chut, du verbe choir.

[219] Le Val-Derrière. C'est dans cette rue de Montiers qu'était née, à la fin du siècle dernier, celle dont nous tenons ce conte.

[220] Charrier, c'est-à-dire traîner en grinçant, battre.

[221] Le père de notre conteuse.

[222] Un homme du village.

[223] Encore une personne du village.

[224] Comparez buire, burette.

[225] Le four banal.

[226] Le fournier du four banal, avant 1789.

[227] Dans le conte hessois, l'arbre se secoue et fait tomber toutes ses feuilles. Il en est de même dans le conte catalan.—Comparer notre no 74.

[228] Dans le conte portugais, les petits oiseaux s'arrachent les yeux.

[229] Dans le conte portugais, comme on l'a vu, le roi et la reine font aussi des choses ridicules. Comparer le conte sicilien, le conte grec moderne, le conte roumain, le conte italien d'Istrie.

[230] C'est-à-dire à reculons.

[231] On a déjà vu, dans notre no 3, le Roi d'Angleterre et son Filleul, une mule merveilleuse, qui fait cent lieues d'un pas.—Dans un conte arabe (Contes inédits des Mille et une Nuits, traduits par G.-S. Trébutien, t. I, p. 299), figure une mule «qui est un génie faisant en un seul jour un voyage d'une année».

[232] Dans un conte du «pays saxon» de Transylvanie (Haltrich, no 7), les deux frères sont également devenus valets d'auberge.

[233] Ce conte arabe a beaucoup de rapport avec des contes européens, du type de l'Eau de la vie, où le héros, qui a pénétré dans le palais d'une princesse endormie, laisse, en se retirant, son nom écrit sur une feuille de papier, sur la muraille ou sous une table. Voir, entre autres, un conte suédois (Cavallius, no 9), deux contes poméraniens (Knoop, pp. 224 et 236) et un conte polonais (Tœppen, p. 154). Dans ces quatre contes, la princesse arrive aussi avec une armée ou une flotte devant la ville du roi.

[234] Pour cet épisode, comparer le conte italien no 37 de la collection Comparetti, mentionné plus haut. Le prince est, là aussi, aidé par un ogre.—Dans le conte avare cité plus haut, c'est une vieille ogresse qui aide le héros.

[235] Nous étudierons ce passage en détail à l'occasion de notre no 32, Chatte Blanche.

[236] Nous donnons ce passage assez au long,—bien qu'il ne se rapporte pas aux contes du type du nôtre,—à cause des ressemblances qu'il présente avec un passage de notre conte de Jean de l'Ours (no 1 de cette collection). Dans le conte indien comme dans le conte lorrain, ce sont des bijoux merveilleux, dons de trois princesses, qui font connaître à celles-ci, quand elles les revoient, la présence non loin de là du héros que des traîtres avaient abandonné au fond d'un puits.—Comparer, pour la combinaison de ce thème des bijoux avec celui de l'Oiseau d'or, le conte grec moderne no 51 de la collection Hahn.

[237] Ce trait est à ajouter aux rapprochements faits dans les remarques de notre no 5, les Fils du Pêcheur (pp. 70 et suivantes).

[238] Pour cet épisode, voir l'étude de M. Th. Benfey sur un conte du Pantchatantra (I, p. 193 seq.).

[239] Dans plusieurs contes étrangers,—allemand de la collection Prœhle, II, no 54; tyrolien de la collection Zingerle, II, p. 414; danois, résumé par M. Kœhler (loc. cit., p. 505); lithuanien de la collection Schleicher, p. 41,—le héros vend à ses dupes un chapeau que, dit-il, on n'a qu'à tourner pour se trouver avoir payé son écot dans les auberges.

[240] Comparer le conte toscan de la collection Nerucci.

[241] Ce trait se rencontre dans des contes qui diffèrent du nôtre pour tout le reste. Ainsi, dans un conte grec moderne, recueilli dans l'Asie Mineure (Hahn, no 49), une jeune fille, fiancée d'un prince, est changée en un poisson d'or par une négresse qui prend sa place auprès du prince. Voyant que celui-ci a beaucoup de plaisir à regarder le poisson d'or, la négresse fait la malade et dit que, pour qu'elle soit guérie, il faut qu'on tue le poisson et qu'on lui en fasse du bouillon.—De même, dans une variante italienne, la négresse demande à manger pour se guérir une tourterelle qui est en réalité la vraie fiancée du prince (Comparetti, no 68).

[242] L'épingle qui transforme en oiseau se trouve encore dans d'autres contes, par exemple dans le conte espagnol du Chili, dans le conte portugais, et aussi dans un conte de la Flandre française (Deulin, II, p. 191 seq.) et dans un conte italien des Abruzzes (Finamore, no 50).

[243] Les trolls jouent à peu près dans l'imagination islandaise le même rôle que les yaks dans l'imagination siamoise.

[244] Après avoir ramassé l'argent des voleurs, l'homme et la femme empruntent un boisseau pour le mesurer, et le récit se poursuit dans le genre de notre no 20, Richedeau: pour expliquer sa fortune, l'homme prétend, comme Richedeau, qu'il a vendu une vache à raison d'un louis le poil.

[245] Deux contes appartenant à un autre thème, celui de notre no 16, la Fille du Meunier,—un conte du Tyrol allemand et un conte lithuanien,—ont ce trait ou un trait analogue. Voir les remarques de notre no 16 (pp. 181-182).

[246] Comparer le conte breton no 3 du 1er volume de la collection Sébillot, conte que nous soupçonnons d'être dérivé, plus ou moins directement, du livre même d'Asbjœrnsen, ou plutôt d'une traduction anglaise.

[247] Deux contes, portant le titre de Cendrillon, sont encore à citer ici. Dans la version serbe (Vouk, no 32), c'est aussi une vache qui file pour Cendrillon. La marâtre, quand elle en est avertie, fait tuer la vache. Cendrillon recueille les os, ainsi que la vache lui a dit de le faire, et, à la place où elle les a enterrés, elle trouve tout ce qu'elle peut désirer. Comme dans le conte corse, la vache n'est autre que la mère de la jeune fille, qui a été ensorcelée.—Dans la version allemande (Grimm, no 21), Cendrillon s'en va pleurer près de la tombe de sa mère sur laquelle elle a planté un arbre (comparer l'arbre qui pousse à la place où l'on a enterré les os du mouton ou de la vache), et, chaque fois, il vient se percher sur l'arbre un bel oiseau blanc,—l'âme de sa mère évidemment,—qui lui donne tout ce qu'elle demande.—Dans un conte toscan (Gubernatis, Novelline di S. Stefano, no 1), Nena reçoit de sa marâtre l'ordre d'avoir filé pour le soir une demi-livre de laine. Une vieille lui conseille d'aller dire à la vache qu'elle mène paître de lui filer cette laine. Le lendemain, la marâtre la fait accompagner par sa fille à elle; la vieille dit à Nena de peigner sa sœur, qui ne tarde pas à s'endormir (comparer notre variante les Clochettes d'or), et la vieille file; le jour d'après, la sœur ne s'endort pas, et la jeune fille est battue. Le conte passe ensuite dans un autre thème (comparer un autre conte toscan, no 32 de la collection Nerucci).—Dans un conte romain (Busk, p. 31), c'est la vache elle-même qui propose à la jeune fille de faire son ouvrage pendant que celle-ci ira lui couper de l'herbe. Ici, comme le mouton dans notre conte, la vache est tuée par ordre de la marâtre, et, à partir de cet endroit, nous passons à l'histoire de Cendrillon. La «fée» du conte de Perrault, c'est ici une «boule d'or», que la vache a dit à la jeune fille de recueillir sous son cœur, quand on l'aura tuée; cette boule accomplit les souhaits de celle qui la possède (comparer le conte sicilien no 32 de la collection Gonzenbach).

[248] Voir, pour les «trois yeux», divers autres contes résumés dans les remarques du Poirier d'or.

[249] Il y a ici une altération. Dans plusieurs des contes mentionnés ci-dessus, le petit homme creuse la terre autour d'un puits et dit au géant qu'il va lui rapporter tout le puits, comme, dans notre conte et dans d'autres, il prétend vouloir rapporter tout un arbre ou toute une forêt.

[250] Pour cette dernière partie, voir l'Introduction au Pantchatantra de M. Benfey (§ 211). Aux contes tirés de divers livres orientaux (dont deux livres sanscrits), qui y sont résumés, on peut ajouter un conte populaire indien actuel (no 7 des contes du pays de Cachemire, publiés dans l'Indian Antiquary, novembre 1882).

[251] Ce conte nous paraît être dérivé directement du texte imprimé du conte suédois, traduit en allemand.

[252] Cette première partie du conte bolonais, que nous rencontrerons encore dans un des contes cités plus loin et qui figure dans des contes européens appartenant à d'autres familles, se retrouve dans un conte populaire indien du Bengale, la Princesse qui aimait son père comme du sel (miss Stokes, no 23).

[253] Dans le conte albanais, la princesse, après avoir goûté de tous les mets, se lave les mains et va frotter celles du prince, avant de rentrer dans son chandelier.

[254] Dans le conte albanais et dans le conte romain (Busk, p. 84), la mère de la princesse a fait faire au roi la même promesse.—Dans un conte arabe d'Egypte, du type de Peau d'Ane (H. Dulac, no 1), le roi ordonne d'essayer à toutes les femmes du pays l'anneau de jambe de la défunte reine.

[255] Petite poule.

[256] Petit coq.

[257] Petit gosier.

[258] Truie.

[259] Cet épisode de la rivière, qui se trouve encore dans un conte oldenbourgeois, dont nous aurons à parler, se raconte aussi à Montiers: nous y avons entendu faire allusion à une histoire qui n'est autre que cet épisode. Dans cette histoire, c'est saint Pierre,—ou plutôt Pierre, car il n'est encore que disciple,—qui joue le rôle du soldat.