2, Mechaniques.—Diogène Laerce, V.
4, Charge.—Var. 88: «Plustost la coustume ordonner de ceste cerimonie, et sauf les choses requises au seruice de ma religion, si c’est en lieu où il soit besoing de l’enioindre, m’en remettray volontiers à la discretion des premiers à qui cette sollicitude tombera en partage», au lieu de: «purement... charge».
10, Voudrez.—Platon, vers la fin du Phédon.
31, Soin.—Ne s’occupa que du soin.
33, Rendre.—Accomplir.
37, Supplice.—En 406, à l’accusation portée contre eux, en vain ils opposèrent qu’une violente tempête étant survenue, ils avaient été empêchés de rechercher et recueillir leurs morts; ils n’en furent pas moins condamnés. Socrate se trouvant alors être du Sénat auquel il appartenait de sanctionner les arrêts du peuple, ni les clameurs les plus bruyantes, ni les menaces les plus terribles ne purent le contraindre à autoriser de son approbation cet acte de démence publique; son opposition ne put empêcher le peuple de se souiller d’un sang innocent. Ils étaient dix: six furent mis à mort; deux s’étaient exilés volontairement; un était prisonnier des Lacédémoniens; Conon, le dixième, n’avait pas été compris dans l’accusation.—En cette circonstance, comme en tant d’autres, le peuple athénien se prit peu après à avoir honte de sa conduite; celui qui avait porté l’accusation fut mis en jugement et condamné à son tour sans qu’on voulût seulement entendre sa défense; exemple bien typique de la versatilité des foules. Diodore de Sicile, XIII, 31 et 32.
1, Souppe.—C.-à-d. de la même façon.
8, Superstition.—Diodore de Sicile, XV, 9.—Sous le règne de Constantin Copronyme, empereur d’Orient, une flotte de 2.600 barques qu’en 766 ce prince avait équipées contre les Bulgares, fut assaillie par un ouragan qui brisa une partie des navires et en submergea une autre; l’empereur passa quatre mois à recueillir les corps flottants sur les eaux et à leur rendre les devoirs funèbres. Lebeau.
10, Iacent.—Cyrano de Bergerac a dit dans le même sens:
18, Dit.—La manière dont Montaigne use des documents qu’il met en œuvre, se révèle tout entière dans cette restriction: Le public ou un auteur croit ou dit telle chose. Lui-même n’en est pas aussi sûr, qu’importe? il suffit que cela se prête à sa thèse pour qu’il en use, en laissant la responsabilité à celui de qui émane cette croyance ou cette assertion.
26, Deult.—Fait mal, endolorit, du latin dolet qui a cette même signification.
26, Vent.—N’atteint que le vide. Image tirée d’un terme employé au jeu de paume.
2, Dit.—Dans la Vie de Périclès, au commencement.
5, Vain.—Oisive.
8, Que.—Sous-entendu «plustôt», qui se trouve quelques lignes plus haut, et éviter la répétition; ces élisions sont fréquentes dans Montaigne.
22, Freres.—En 211, Publius et Cneius Scipion, l’un et l’autre à la tête d’armées romaines opérant en Espagne contre les Carthaginois, après huit années de hauts faits et de triomphes, abandonnés de leurs alliés, furent tous deux, à un mois d’intervalle, défaits et tués, et leurs troupes sérieusement compromises. Tite-Live, XXV, 37.
25, Dueil.—Cicéron, Tusc., III, 26.
28, Athos.—En 480, Xerxès fit fouetter l’Hellespont parce que la tempête avait rompu un pont de bateaux qu’il y avait fait établir, et percer le mont Athos pour donner passage à sa flotte et n’avoir pas à le doubler. Hérodote, VII, 24 et 35; Plutarque, De la colère.
30, Passant.—Sénèque, De Ira, III, 21.—Cyrus, irrité de ce qu’il avait failli périr au passage de ce fleuve, où un de ses chevaux s’était noyé, entreprit de le dessécher et à cet effet fit creuser trois cent soixante canaux par lesquels ses eaux devaient se perdre. Hérodote (I, 189) dit qu’il consacra tout un été à cette œuvre de folie et Orose qu’il y employa toutes ses troupes durant une année entière.
31, Plaisir.—C’est déplaisir qu’il y a lieu de lire, faute d’impression commise dans la première édition et qui a toujours été reproduite depuis: «Caligula, dit Sénèque (De Ira, III, 22), fit démolir une très belle maison, dans le quartier d’Hercule, parce que sa mère y avait été détenue en quelque sorte en prison.»
32, Voysins.—Probablement Alphonse XI, roi de Castille. Charles de Bovelles, Géométrie pratique.
6, Mer.—En 37, lors de sa guerre contre Sextus Pompée, durant laquelle, la tempête ayant dispersé sa flotte, il fut battu près du cap Scylla (pointe S.-O. de l’Italie). Suétone, Auguste, 16.
11, Allemagne.—En l’an 9, Varus, attiré dans une embuscade par les Germains, y périt avec trois légions romaines.
14, Mesmes.—80 et 88 aj.: à belles iniures.
18, Titanienne.—C.-à-d. comme avaient fait les Titans révoltés contre les dieux.
18, Fleche.—Hérodote, IV, 94.
19, Plutarque.—Dans son traité Du Contentement ou Repos de l’esprit, 4.
23, Parlementer.—C’est deviser, conférer, entre deux ou plusieurs, sur quelque affaire; se dit ordinairement des pourparlers en vue de la capitulation d’une place assiégée.
30, Sénat.—Constituait à Rome le premier corps de l’État. Institué par Romulus, il comprit d’abord cent membres, dont le nombre s’éleva progressivement jusqu’à mille sous César, mais qui avant et après lui n’était que de six cents, ce qui semble avoir été le plus généralement. Les sénateurs étaient nommés à l’élection, mais le furent aussi parfois par les consuls, les censeurs ou tout autre exerçant le pouvoir suprême; ils devaient avoir une fortune de 800.000 sesterces (163.000 fr.) sous la République et de 1.200.000 (244.000 fr.) sous l’Empire; le sénateur porté le premier sur la liste était appelé Prince du Sénat.
2, Bataille.—En 170. Le procédé de L. Marcius n’en fut pas moins finalement approuvé par le sénat; ses atermoiements avaient empêché Persée de profiter de l’avance considérable de ses préparatifs et firent que l’année suivante la guerre se terminait par sa ruine complète. Tite-Live, XLII, 37; il le nomme Quintus, au lieu de Lucius.
3, Medecin.—En 275. Pyrrhus, venu en Italie au secours des Tarentins, avait déjà remporté une victoire sur les Romains, quand son médecin leur offrit de les débarrasser de leur ennemi en l’empoisonnant. Le consul Fabricius dénonça au roi cette offre de trahison, et celui-ci, plein d’admiration, lui renvoya sans rançon les prisonniers qu’il avait faits, y joignant des propositions de paix. Les Romains lui renvoyèrent le même nombre de Samnites et de Tarentins, ses alliés, qui étaient en leur pouvoir, et, pour le reste, lui déclarèrent qu’ils ne pouvaient traiter, tant qu’il n’aurait pas évacué l’Italie. Plutarque, Pyrrhus.
4, D’escole.—En 394, se trouvant en guerre avec les Romains, et ceux-ci assiégeant leur ville Faleries (auj. Sainte-Marie de Falari), leur maître d’école amena à leurs ennemis pour les leur livrer et contraindre ainsi la ville à se rendre, les enfants des principaux citoyens confiés à ses soins. Camille qui, en qualité de dictateur, commandait l’armée romaine, refusa cette offre criminelle, fit dépouiller le traître de ses vêtements et ramener par ses élèves à coups de verge; touchés de cette noble action, les Phalisques firent leur soumission. Plutarque, Camille.
11, Sentence.—80 et 88 port.: Si est-ce que le Senat Romain à qui le seul aduantage de la vertu sembloit moyen iuste pour acquerir la victoire, trouua cette pratique laide et deshonneste, n’ayant encore ouy sonner à ses oreilles cette belle sentence, au lieu de: «Si est-ce... sentence».
13, Polybe.—Liv. XIII, ch. 1.
25, Vaincre.—Plus conséquentes que les gens de Ternate, et tenant qu’à la guerre le succès seul est à considérer et que rien ne doit être négligé pour l’obtenir, les nations modernes, dites civilisées, non seulement mettent en œuvre à cet effet tous leurs moyens, mais cherchent encore à en dérober la connaissance à toutes autres, nos amis d’aujourd’hui pouvant être nos ennemis de demain.—Pour en atteindre le but qui est l’anéantissement aussi rapide et aussi complet que possible de l’ennemi, tout est bon sauf la déloyauté; et encore, si chacun, à cet égard, est d’accord en théorie, la divergence est immense dans la pratique; et seul a tort celui qui sera vaincu, au point que s’accentue chaque jour davantage la tendance d’attaquer sans même faire de déclaration de guerre. Cela, à la vérité, s’est vu de tous temps: en Europe, dans ces deux derniers siècles, on ne compte pas moins de 110 cas où les hostilités ont commencé sans déclaration ou avant toute déclaration; c’est notamment dans ces conditions que les Anglais, coutumiers du fait plus que tous autres, détruisirent en 1718 la flotte espagnole, en 1807 bombardèrent Copenhague, et en 1900 ont failli en user à notre endroit lors de l’incident de Fachoda; c’est aussi ce qu’ont fait les Japonais à l’égard des Russes en 1904. Cette pratique est éminemment regrettable pour la paix du monde et la fortune publique; elle ruine les États en les obligeant à être constamment en armes et risque de faire dégénérer toute question en éventualité de guerre. Elle est une tentation continue pour ceux sans scrupule, par l’avantage que peut donner un jour ou deux d’avance sur l’adversaire dont cela déroute les prévisions, trouble la mobilisation, restreint les ressources, en livrant à l’envahisseur celles des territoires sur lesquels il a inopinément pénétré. Aussi quelle infériorité pour ceux chez lesquels le droit de déclarer la guerre est, à si juste titre, soumis à l’assentiment du pouvoir législatif!—Étant donné qu’elle est sans cesse menaçante et peut aboutir à la ruine, il nous faut être forts, très forts, le plus forts possible et toujours prêts, mais en outre il serait à souhaiter que la responsabilité de ceux investis du pouvoir de l’engager fût rendue aussi effective et afflictive que possible. Pour cela, nous souhaiterions qu’il s’introduisît dans nos idées que les chefs d’État et membres de gouvernement, dont les agissements l’ont amenée, méritent de payer de leur vie ce forfait, sont de ce fait voués à tout jamais à la vindicte publique, et que tout attentat contre eux est œuvre pie. Puissions-nous voir des associations (voire même internationales, ce serait bien ici le cas), sorte de Tugend-bund, se former et propager cette doctrine et faire des prosélytes, et il n’en manquerait pas, que n’arrêteraient point sa mise en application, rendue facile avec les progrès de la science à qui a fait le sacrifice de sa vie! Devant les risques personnels auxquels ces mandataires des peuples, abusant de leurs mandats, se trouveraient de la sorte exposés, il est à croire qu’ils se montreraient plus circonspects. C’est là, dira-t-on, une provocation à l’assassinat; j’en conviens, mais c’est le seul moyen de conjurer ce fléau, la plupart du temps déchaîné ou accepté d’un cœur léger et sans raison suffisante, en admettant qu’il en existe en dehors d’une invasion; de plus, qu’est-ce que le meurtre d’une douzaine de grands coupables, auprès de celui de cent, deux cent mille innocents tombant de part et d’autre par la faute de ces criminels et des ruines, quelle que soit l’issue de la lutte, si considérables et de toute nature pour le pays et les individus dont ils sont cause! Guerre à la guerre! G. M.—En ces dernières années, un Congrès international permanent de la paix, auquel toutes les nations ont adhéré par pudeur plutôt que par conviction, s’est constitué à La Haye sur l’initiative de Nicolas II, empereur de Russie. L’intention est excellente, mais faute de sanction efficace possible, il est douteux que les résultats en soient jamais de quelque importance. De fait, on n’y a guère obtenu jusqu’ici que la consécration du principe de l’arbitrage, auquel on avait déjà recours auparavant, et qui n’a chance de prévaloir que pour des questions de peu d’importance.—On a proposé qu’en cas de conflit arrivant à l’état aigu, les hostilités ne puissent s’ouvrir avant un délai de quinze ou vingt jours, durant lequel les gouvernements amis pourraient intervenir et essayer de régler le litige à l’amiable. En cas de non-consentement à cet ajournement des hostilités, la nation opposante serait mise à l’index, ce qui comporterait l’impossibilité, pour elle, de recevoir, pendant toute la durée de la guerre, aucune aide financière ou commerciale, de la part des autres puissances signataires. L’adoption de cette proposition constituerait assurément un grand progrès humanitaire, mais outre qu’elle ralliera difficilement l’unanimité des suffrages, la pénalité qui s’y trouve introduite, en supposant qu’elle ait l’efficacité qu’on lui prête, ne serait-elle pas aisément éludée?—D’autres prônent la réduction des armements; il est peu probable que cette proposition chimérique puisse même être présentée. Sur quelles bases opérer avec tant d’éléments et d’intérêts dont il faudrait tenir compte et sur lesquels l’accord ne se fera jamais? Et puis, il est si facile par des dispositions accessoires de modifier le fond des choses: la Prusse limitée dans ses armements par le traité de Tilsitt n’est-elle pas arrivée à mettre en ligne, cinq ans après, des effectifs bien supérieurs à ceux qu’elle avait présentés jusqu’alors?
28, Exercite.—Armée, du latin exercitus.
29, Martinella.—Du nom de Saint-Martin, dérivé lui-même de Mars, dieu de la guerre; maîtresse cloche dont on usait en cas d’alarme.—De là, le mot de Pierre Capponi, premier secrétaire de la république de Florence, qui, déchirant le papier où étaient écrites les conditions que lui faisait Charles VIII, s’écria: «Eh bien! s’il en est ainsi, sonnez vos trompettes, nous sonnerons nos cloches!» Sismondi, Hist. des républiques italiennes, XII.
32, Regnard.—Plutarque, Lysandre, 4.—Coudre la peau du renard à celle du lion, c’est ajouter la ruse à la force.
7, Mousson.—Pont-à-Mousson, contre le duc de Nassau, en 1521. Cette reddition eut lieu dès que l’artillerie de l’assiégeant se fit entendre; la garnison, composée de nouvelles levées, effrayée, ayant obligé ses deux chefs à entrer en pourparlers. Non seulement ceux-ci eurent la faiblesse d’y consentir, mais ils commirent encore la faute qui leur est reprochée ici de sortir tous deux de la place et de se rendre au camp ennemi pour parlementer. Du Bellay, I.
18, Ville.—En 1521, alors que nous étions maîtres du duché de Milan. Regge, ville des États de l’Église, à peu de distance de là, était le refuge de tous ceux que nous avions bannis; ils devaient nous être livrés. Pour les obtenir, le maréchal de Foix, seigneur de l’Escut, vint sommer Guy de Rangon, qui était gouverneur de la place, de les lui remettre; c’est pendant les pourparlers que se produisit cette échauffourée dont le résultat fut que nous n’obtînmes pas satisfaction. Du Bellay, I; Guicciardini, XIV.
28, Anglois.—En 1359. Le château était abondamment pourvu et les assiégés ne se doutaient pas qu’il fût si complètement sapé. Froissart, I, 209, où le capitaine anglais a nom de Brunes.
3, Chapitre VI.—Ce chapitre n’est qu’une suite du précédent.
7, Pieces.—En 1569. La ville était assiégée par les Catholiques commandés par le comte de Brissac qui y fut tué. La capitulation portait que la garnison aurait la vie sauve; mais, furieux de la mort de leur chef, les vainqueurs la massacrèrent dès qu’elle fut hors de vue de la place.
26, Militaire.—En 190. La ville avait, quelques jours avant, subi un assaut qu’elle avait repoussé. Régillus, voyant ses efforts impuissants à arrêter le pillage, s’efforça de sauvegarder la vie des habitants; et, quand l’ordre fut rétabli, il s’appliqua à réparer de son mieux le préjudice qu’ils avaient subi. Tite-Live, XXXVII, 32.
31, Subtilité.—Vers l’an 600. Cléomène avait conclu avec les Argiens une trêve de huit jours; la troisième nuit, il reprit les hostilités. Sa mauvaise foi ne lui fut en effet d’aucune utilité; il avait pensé, après ce mauvais coup, surprendre la ville d’Argos, mais les femmes, détachant des temples les armes qui s’y trouvaient en trophée, coururent aux murailles et le repoussèrent. Plutarque, Apophthegmes des Lacédémoniens.
3, Romaine.—L’an 214. Casilinum était assiégée par les consuls Fabius et Marcellus; l’année précédente, Annibal s’en était rendu maître à la suite d’un siège mémorable. Tite-Live, XXXIV, 19.
9, Xénophon.—Dans la Cyropédie.—Xénophon débuta dans la guerre du Péloponnèse, où il se distingua; il fit partie des contingents grecs à la solde de Cyrus le Jeune contre son frère Artaxerxès et il en dirigea la retraite, connue sous le nom de «Retraite des dix mille»; plus tard, il combattit à Coronée contre ses concitoyens qui l’avaient banni et ne le rappelèrent que 25 ans après, ce qu’il n’accepta pas. Il est l’auteur de nombreux ouvrages historiques, politiques et philosophiques, parmi lesquels: l’Anabase ou Retraite des dix mille, la Cyropédie, les dits mémorables de Socrate; c’est lui qui publia l’histoire de Thucydide, restée jusque-là inconnue, et qu’il a continuée. Son style est d’une élégance et d’une douceur exquises, parfois cependant diffus et languissant. Comme philosophe, il est l’interprète le plus fidèle des doctrines de Socrate, dont il avait été un des disciples préférés.
14, Cappoüe.—En 1501. La ville avait résisté à une première attaque. Assiégée une seconde fois, elle se résolut à capituler; mais, pendant les pourparlers, la garnison épuisée par de longues veilles s’étant relâchée de sa surveillance, les Français surprirent une des portes et pendant plusieurs jours ce ne fut que meurtre et pillage. Un grand nombre de femmes s’étaient réfugiées dans une tour. César Borgia, fils naturel du pape Alexandre VI, qui marchait avec nous, se les fit toutes amener et choisit les quarante plus belles qu’il envoya à son palais, à Rome, pour y constituer son sérail. Sismondi, Hist. des républiques italiennes.—En 1705, à Barcelone, lord Péterboroug, en pareille occurrence, agit tout autrement: Il traitait de la capitulation de la ville, lorsque les Anglais, profitant du moment, s’y introduisirent par surprise. Lord Péterboroug aussitôt, suspendant les pourparlers, entre dans la ville, court à ses troupes, leur fait honte, parvient à les ramener et reprend les négociations. Servan.
20, Saisie.—En 1542. Yvoy fut pris par le duc d’Orléans, un pan de mur étant venu à s’écrouler. Cet accident, dont les assiégeants profitèrent sur-le-champ, s’est-il produit pendant les pourparlers et est-ce à cela que se rapporte le fait, je ne saurais le dire.
22, Genes.—En 1522. Les habitants, réduits à peu près à eux-mêmes, dès l’approche de l’ennemi, demandèrent à traiter; pendant qu’on était en conférence, les Espagnols, ayant eu connaissance d’un endroit où le mur était en mauvais état et qui n’était pas gardé, s’y portèrent et, l’escaladant, pénétrèrent dans la ville où ils passèrent au fil de l’épée tout ce qu’ils rencontrèrent. Du Bellay, II.
26, Barrois.—En 1544. Les Impériaux pénétrèrent dans le château par la porte de secours, pendant que l’on discutait les conditions de la capitulation. Du Bellay, IX.
32, Chrysippus.—Cicéron, De Off., III, 10.
1, Desrobées.—Quinte-Curce, IV, 13.—Conseil donné à Alexandre la veille de la bataille d’Arbelles au succès de laquelle Polyperchon eut grande part (331).
11, Cinquiesme.—Ceci rappelle l’épitaphe de Pépin le Bref: «Ci-gît Pépin, père de Charlemagne»; et cette autre inscription gravée sur le socle d’une statue de Louis XIV à Pau: «Celuy cy est le petit-fils de nostre bon roy Henry».
15, Décédé.—En 1509. Le duc de Suffolk était de la maison rivale de Lancastre et Henry VII, malgré de très grands services rendus, le redoutait. Le duc, averti des mauvaises dispositions du roi à son égard, s’était réfugié en Flandre; et, lors d’une traversée de Flandre en Espagne, Dom Philippe ayant été contraint de relâcher en Angleterre, Henry VII ne le laissa se rembarquer qu’après qu’il eut livré le duc de Suffolk, sous promesse, il est vrai, d’épargner sa vie, engagement qu’il tint ainsi qu’il est rapporté ici. Du Bellay, I.—Durant cette guerre civile, dite des Deux Roses, qui désola l’Angleterre aux XVe et XVIe siècles, causée par la rivalité des maisons de Lancastre et d’York se disputant le trône, les partisans du duc d’York avaient adopté une rose blanche comme signe de ralliement, les Lancastre une rose rouge.—Dans cette déloyale manière de faire, Henry VII avait eu un précurseur dans David qui, aux approches de sa fin, donna ordre à Salomon, son fils, «de ne pas laisser les cheveux blancs ni de Joab ni de Séméï descendre en paix dans le séjour des morts». Joab avait, malgré ses recommandations, tué Absalon son fils, qui s’était révolté; Séméï l’avait insulté, tandis qu’il fuyait devant ce même Absalon, et il lui avait promis la vie sauve (Xe siècle). Livre des Rois, I, 2.
19, D’Aiguemond.—En 1568. Les comtes de Horn et d’Egmont, tous deux de la plus haute noblesse des Pays-Bas alors sous la domination de l’Espagne, avaient, dans les rangs de l’armée espagnole, puissamment contribué aux victoires de Saint-Quentin et de Gravelines. Lors des troubles qui éclatèrent peu après dans leur patrie pour secouer le joug de l’étranger, d’Egmont étant entré en relations avec Guillaume d’Orange et les confédérés, le duc d’Albe, gouverneur des Pays-Bas pour le roi d’Espagne Philippe II, le fit arrêter, et avec lui de Horn son ami, dont la connivence était moins prouvée, et après neuf mois de détention, les fit décapiter; leur véritable crime était d’appartenir à la religion réformée.—Cet épisode a fait le sujet d’un drame de Gœthe, plein d’émotion et d’intérêt; et plus récemment en France d’une tragédie: Patrie! de Victorien Sardou, depuis mis en opéra.
27, Puissance.—Saint Bernard dit que «l’homme est si peu d’accord avec lui-même, qu’on ne peut bien juger de ses actions par ses intentions, ni de celles-ci par celles-là».
4, Enfans.—Au XIIe siècle. L’architecte n’est pas nommé par Hérodote (II, 121); le roi s’appelait Rhampsinit ou Rhamsès et passait pour posséder des trésors incalculables. Abusant du secret que leur avait livré leur père, les deux fils de cet architecte puisaient dans ces trésors; s’étant aperçu qu’on le volait, le roi dressa un piège dans lequel donna l’un de ses voleurs qui, se voyant pris, en avertit son frère, l’avisant de lui couper la tête et de l’emporter, pour qu’on ne le reconnût pas.
9, Leur.—C.-à-d. ils doivent faire de plus grands sacrifices personnels et ne pas se borner à une réparation qui de fait ne leur coûte rien.
10, Habitat.—Montaigne a traduit ce vers avant de le citer.
16, Meshuy.—Désormais. Meshuy est mis pour mais huy, du latin magis hodie, au delà d’aujourd’huy.
24, Mesmes.—C’est l’idée qui a donné naissance aux Essais. La date à laquelle cette idée a éclos se trouve déterminée par ce passage du début du dernier chapitre du second livre: «Je me suis envieilli de sept ou huit ans depuis que ie commençay»... Comme ce livre terminait la première édition de l’ouvrage, dont l’Avis au lecteur est daté du 1er mai 1580, on est conduit à penser qu’il a été commencé en 1571. C’est au surplus ce que corrobore une inscription de la bibliothèque de l’auteur qui porte qu’au jour anniversaire de ses trente-huit ans, le 28 février 1571, las de toute servitude, il s’est réfugié dans l’intimité des vierges du Parnasse.
25, Mémoire.—Add. de 80 et 88: que moy.
30, Réputation.—Add. de 80: I’en pourrois faire des contes merueilleux, mais pour ceste heure il vaut mieus suyure mon theme.
32, Déesse.—Platon, dans Critias.
34, Mienne.—Montaigne se plaint encore de sa mémoire au chap. XVII du second livre. Malebranche et quelques autres l’accusent d’avoir prétendu faussement n’en pas avoir; ils en donnent pour preuve ses nombreuses citations. Mais outre qu’elles ne sont pas toujours exactes et qu’il lui arrive de se contredire, ceux qui ont écrit savent qu’il ne faut pas beaucoup de mémoire pour citer, et citer souvent: «à faute de memoire naturelle, i’en forge de papier», dit-il, liv. XLIII; là est tout le secret. Le Clerc.
35, Arrouté.—C.-à-d. une fois qu’on est en train.
36, Pertinents.—C.-à-d. les gens habiles, qui ont du tact.
5, Ancien.—Cet ancien, c’est Cicéron qui, dans sa défense de Ligarius, ch. XII, dit à César: «Jamais tu n’oublies, si ce n’est les injures».
6, Protocole.—V. N. II, 402, Protocole.
7, Athéniens.—En 499. Les Athéniens, soutenant les Ioniens révoltés contre les Perses, s’étaient emparés de Sardes, chef-lieu d’une des satrapies (gouvernements) de leur empire, et l’avaient brûlée. Hérodote, V.
12, Menteur.—«Il faut qu’un menteur ait de la mémoire». Apulée.
13, Grammairiens.—En particulier Nigidius dans Aulu-Gelle, XI, et Nonius, V; Montaigne ne fait ici que traduire ce dernier. Le Clerc.
19, Tout.—Cette locution «marc et tout» n’est pas claire, bien que la pensée le soit. Elle semble vouloir dire: principal et accessoires, ce que confirme ce passage du ch. XVII du liv. II (II, 464), où Montaigne dit: «Ie ne conseille non plus aux dames d’appeler honneur leur deuoir... leur deuoir est le marc, leur honneur n’est que l’escorce.»
1, Art.—Ce mot est d’emploi fréquent dans les Essais, et, sauf dans deux ou trois passages, toujours au féminin.
7, Vice.—Homère, dans l’Iliade, fait dire à Achille: «Je hais, à l’égal des portes de l’enfer, celui qui pense d’une façon et parle d’une autre».—Il est à regretter que nous n’ayons, en bon français, qu’un seul mot pour qualifier toute altération de la vérité sciemment faite, qu’elle ait lieu ou non avec le désir ou la volonté de nuire. Dans le premier cas, elle est réellement coupable et mérite toute réprobation; dans le second au contraire, elle s’impose parfois, quand elle a pour objet d’éviter à quelqu’un une déception, une désillusion, un chagrin; elle est excusable, lorsqu’elle n’a d’autre but que de plaisanter, ou de donner plus de piquant à un récit fait uniquement pour divertir. Menterie (mensonge léger, sans conséquence), employé par atténuation dans le style familier, est lui-même un terme éveillant toujours à l’égard du propos auquel il s’applique quelque idée de blâme ou de critique. Ces distinctions, dans l’altération volontaire de la vérité suivant l’intention, faisaient dire à Voltaire: «Le mensonge n’est un vice que lorsqu’il fait du mal; c’est une grande vertu quand il fait du bien». Elles sont admises des théologiens et sont l’origine de ces restrictions mentales qui créent des excuses à qui est ainsi amené à mentir, restrictions que certains, auxquels le reproche en est souvent fait, ont érigées en système.—Quelque chose d’analogue se produit pour la délation et l’espionnage, qui emportent constamment une idée de réprobation parce que nous n’avons pas de mots distincts pour la désignation de faits de ces caractères, soit qu’ils constituent des actes justifiant la réprobation publique, soit qu’ils témoignent au contraire de la plus haute vertu. Commettent en effet tous deux de la délation l’être méprisable qui, dans un but d’intérêt personnel ou pour lui porter préjudice, dénonce son prochain sans nécessité, et l’homme de cœur qui signale des crimes qui sans lui échapperaient à la vindicte de la société, ou de belles actions qui, sans son intervention, demeureraient inconnues; de même tous deux font de l’espionnage, le traître qui vend à l’ennemi les secrets de sa patrie, et le héros qui expose sa vie pour surprendre ceux de l’adversaire et en faire profiter les siens.—Ce sont là des lacunes regrettables de notre langue.
26, Blanc.—C.-à-d. détournent du but. Expression qui vient de ce que les buts sur lesquels on tirait, et on tire encore en certains pays de France, à l’arc et à l’arbalète, sont constitués par des cercles peints en blanc.
29, Pere.—Saint Augustin.
31, Vice.—Passage de Pline, Hist. nat., VII, 1, que Montaigne a modifié pour mieux l’adapter à sa thèse; l’auteur latin dit: «alieno pene non sit (ne sont presque point)».
1, Rouet.—Mettre au rouet, c’est fermer la bouche à quelqu’un, lui ôter le moyen de répondre, l’embarrasser.
12, Niepce.—Cette princesse, peu après cet épisode, épousa en effet le duc de Milan, et, postérieurement, le duc de Lorraine François II.
14, Interest.—Signifie ici dommage, préjudice. Ce mot se prend encore aujourd’hui dans ce sens, quand en langage juridique on dit de quelqu’un qu’il est «condamné aux dépens, dommages et intérêts».
41, François.—En 1534, l’incident Merveille s’était produit l’année précédente. Du Bellay, IV.—Ainsi que permettent de le constater les portraits de ce prince, le roi François Ier avait le nez d’une longueur peu ordinaire.
7, Vie.—En 1513. Erasme, IV. Le roi d’Angleterre était Henry VIII; le roi de France Louis XII et non François Ier qui ne monta sur le trône qu’en 1515, après la mort de Jules II survenue l’année où le fait en question s’est passé.
8, Données.—Ce vers est de la Boétie.
10, Boutehors.—Présence d’esprit ou faculté d’exprimer plus ou moins facilement et sur-le-champ sa pensée.
14, Beau.—Il existe, datant du XVIe siècle, un livre espagnol, traitant de la gymnastique, à l’usage du beau sexe.
22, Lice.—Le poète Accius, auquel on demandait pourquoi il ne plaidait pas, lui qui réussissait si bien au théâtre, répondait: «Dans mes tragédies, je dis tout ce qui me plaît; à la barre, je serais obligé d’entendre tout ce que je ne voudrais pas.»—Bayle, qui donne cette réponse, dit qu’il connaît un homme d’esprit qui eut recours à cette raison pour détourner son fils de la jurisprudence et le pousser vers la théologie: «Quoi de plus commode, lui disait-il, que de parler devant des gens qui ne vous contredisent pas? c’est l’avantage des prédicateurs (il pourrait ajouter aujourd’hui et des conférenciers en général, car tout maintenant est matière à conférence, où parfois à la vérité, mais bien exceptionnellement, la controverse est admise); et quoi de plus incommode que d’être obligé d’entendre, dès que vous avez parlé, quelqu’un vous réfuter, en passant au crible tout ce que vous avez dit? ce qui est la condition de l’avocat.» Il faut convenir du reste que beaucoup de ceux-ci se soucient fort peu de ces réfutations qu’ils n’écoutent pas toujours, comme font en particulier nos parlementaires qui, n’ayant souvent ni compétence ni conviction, ne parlent que pour donner des gages à leur parti, signe de vie à leurs électeurs, prononçant des discours fréquemment vides de sens auxquels personne ne prête attention, chacun ayant, la plupart du temps, son siège fait à l’avance. G. M.
25, Marseille.—Clément VII et François Ier, en 1533. Le pape, venu par mer, séjourna un mois entier à Marseille; cette entrevue avait pour objet une entente contre l’empereur Charles-Quint; l’accord fut scellé par les fiançailles de Catherine de Médicis, duchesse d’Urbin, nièce du pape, qui l’avait amenée avec lui, avec le second fils du roi, depuis Henri II. Du Bellay, IV.
7, Prescheurs.—On naît orateur, tandis qu’on devient prédicateur; et ce qui est don de nature prévaut toujours.
7, France.—«Les Français, dit Stern (et Arthur Young est du même avis), conçoivent mieux qu’ils ne combinent.»
12, Cassius.—Orateur célèbre du temps d’Auguste, que son humeur satirique finit par faire bannir. Il se distinguait par la violence de ses écrits et de ses discours, ne gardant aucune mesure, aucune décence dans l’expression, et, dans l’ardeur de frapper ses adversaires, querellait plus qu’il ne combattait. Sénèque le Rhéteur, III. (V. II, 50, et N. II, 72: Fil).
13, Pense.—On en disait autant de Cazalis, député de la noblesse aux États généraux de 1789.
21, Part.—Le même reproche de «sentir l’huile» fut fait à Démosthène par Pythéas, autre orateur, critiquant par là en lui la préparation excessive de ses discours, ce qui ne l’empêchait pas d’être le premier orateur de son temps et peut-être de tous les temps.—«L’improvisation ne s’improvise pas; il faut une longue préparation et des méditations approfondies pour parler d’abondance.»
31, Fortuites.—C’était le cas de Mirabeau, le grand orateur de ces mêmes États généraux de 1789; la contradiction l’enflammait. Au début ses vues étaient confuses, sa parole entrecoupée, mais, peu à peu, avec la discussion et les interruptions, la lumière se faisait dans son esprit, ses expressions se précisaient, s’accentuaient, et son génie oratoire et politique se faisait jour et s’imposait.
8, Iour.—C.-à-d. le hasard m’en offrira le sens.
10, Piece.—Dès longtemps, comme portent certaines éditions; c’est un italianisme, un buon pezzo, dit-on en italien; ailleurs Montaigne écrit pieça.
11, Credit.—«Notre ignorance générale des causes premières nous interdit toute prédiction. La plupart du temps ce ne sont que des hypothèses basées sur des analogies, et ne devraient se borner qu’à un avenir fort rapproché; toujours elles sont de réussite assez douteuse. Les prédictions des rêveurs que rien n’autorise, se confirment parfois, mais ce n’est que par hasard; combien infinie la quantité d’autres, émanant de même source, qui ne se réalisent pas et dont personne ne parle!» G. Lebon.
14, Delphis.—Delphes était regardée par l’antiquité grecque comme une ville sainte; on la tenait comme occupant le centre de la terre; son temple d’Apollon et les oracles qui s’y rendaient étaient en grande vénération. Toujours obscurs et ambigus, ces oracles étaient rendus par la Pythie, prêtresse du dieu, qui, à cet effet, mâchait des feuilles de laurier, arbre qui lui était consacré, et se tenait sur un trépied au-dessus d’une ouverture d’où s’échappaient des vapeurs qui lui communiquaient une certaine exaltation.
24, Abolies.—Les aruspices étaient des sacrificateurs qui révélaient l’avenir par l’inspection des entrailles des victimes; les augures, d’ordre plus relevé, le révélaient d’après le vol, le chant et l’appétit des oiseaux. Les devins émettaient des prédictions, interprétaient les songes, les présages à la façon de nos diseurs de bonne aventure; il en était à peu près de même des oracles, mais rendus en un lieu, dans des formes et au nom d’une divinité déterminée, ils avaient un caractère plus officiel et inspiraient davantage créance.
27, Préoccuper.—Anticiper; ne s’emploie plus dans ce sens dérivé de son étymologie latine.
1, Olympi.—L’Olympe, sur les confins de la Macédoine et de la Thessalie, montagne la plus élevée (environ 2.500) de la péninsule hellénique. Les anciens en avaient fait la résidence de leurs dieux; Jupiter, souverain maître des dieux et des hommes, l’était aussi de l’Olympe.
8, Salusse.—Une fille de cette famille s’est alliée en 1586 à un Lur des environs de Bordeaux, fondant la branche des Lur-Saluces qui y existe encore, et deux de leurs petits-fils ont épousé les deux petites-filles de Montaigne. V. N. II, 44: Masculines.
12, Faire.—C.-à-d. «de changer de parti», comme il est dit quelques lignes plus bas. Certains éditeurs, choqués de cette longue suspension de sens, ont substitué: «de tourner sa robe», autrement dit «tourner casaque». Coste.
16, Dauantage.—«Il était homme, écrit du Bellay, qui ajoutait foi aux devins, desquels lui avaient prédit que l’Empereur devait cette année détrôner le roi de son royaume.»
27, Contestée.—En 1536. Cette trahison eut aussi pour cause le désir qu’avait le marquis de Saluces d’obtenir de Charles-Quint le marquisat de Montferrat auquel il prétendait; c’était déjà pour recevoir des territoires qui étaient en notre possession et qu’il revendiquait, qu’il était passé dans nos rangs. Il fut tué l’année suivante au siège de Carmagnoles. Du Bellay, VI et VIII.
39, Tort.—C.-à-d. au contraire, ceux-là sont dans l’erreur qui croient la maxime que voici.
1, Art.—Cicéron, De Divin., II, 23.—Les Étrusques (auj. Toscans) étaient les grands magiciens de l’Italie, comme les Thessaliens ceux de Grèce, les Chaldéens ceux de l’Asie. L’empereur Julien, lors de son expédition en Perse, avait avec lui des aruspices toscans.
7, Fortuite.—Platon, dans sa République, V, 8, etc., veut en effet que les chefs du gouvernement fassent en sorte que les plus excellents hommes soient mariés avec les plus excellentes femmes, et de même les hommes les plus méprisables avec des femmes de leur caractère; mais que la chose soit décidée par une espèce de sort, ménagé avec tant d’artifice, que ces derniers s’en prennent à la fortune, dont la part dans son système est pourtant faite très restreinte, et non à leurs gouvernants.
28, Nombre.—Diagoras, disciple de Démocrite, très pieux au début de sa vie, en vint, à la suite d’un parjure dont il avait été victime, à nier l’existence des dieux, ce qui le fait appeler d’ordinaire Diagoras l’Athée. Poursuivi par les Athéniens pour ses tendances antireligieuses, il s’enfuit, et sa tête fut mise à prix: un talent à qui le tuerait et deux à qui le livrerait vivant (le talent avait une valeur variant entre 2.600 et 5.000 fr., le talent attique était de 5.000).—Sa réponse, dans la circonstance présente, est relatée d’une manière un peu différente par Diogène Laërce: «Vous en verriez bien davantage, lui fait-il dire, si c’étaient là les images de ceux qui ont péri!» Cicéron, De Nat. deor., I, 37, cite de lui cette autre réponse: «Il était à bord d’un vaisseau qui essuya une forte tempête; pendant le gros temps, quelqu’un dit qu’on avait bien mérité ce qui arrivait pour avoir embarqué un impie comme lui: «Regardez, répondit Diagoras, le grand nombre de navires qui souffrent de la même tempête que nous, croyez-vous que je sois aussi dans chacun de ces bâtiments?»
28, Cicero.—De Divinat., I, 3.
32, Principesques.—Catherine de Médicis, entre autres, qui avait un astrologue attitré, Ruggieri, qu’elle avait amené d’Italie et pour lequel elle avait fait construire un observatoire. Il lui avait prédit qu’il y avait danger pour le roi son mari (Henri II) à prendre part au tournoi où il fut blessé mortellement, et elle avait fait en suite de cette prédiction tous ses efforts pour détourner ce prince d’entrer en lice.
32, Vanitez.—Chez les Romains, on punissait quelquefois un général vaincu de ne pas avoir tenu compte des présages; c’était un effet de leur politique, voulant montrer ainsi au peuple que les revers qu’ils éprouvaient ne provenaient pas de la mauvaise constitution de l’État, ou de sa faiblesse, mais de l’impiété d’un citoyen contre lequel les dieux étaient irrités.
36, Grece.—Ces prédictions de l’empereur Léon concernaient la chute du Bas-Empire et les malheurs de Constantinople; elles sont consignées dans un manuscrit grec de la bibliothèque de l’Escurial (résidence ordinaire des rois d’Espagne).