Liures.—Dans ce chapitre, Montaigne passe en revue les principaux auteurs latins ou français dont il faisait sa lecture habituelle et qui ont fourni la majeure partie des faits ou des idées qui ont servi soit de point de départ, soit d’arguments à l’appui des réflexions qui composent les Essais.
4, Acquises.—«Comment Montaigne peut-il parler ainsi, après les lectures infinies dont son ouvrage même est la preuve? N’est-ce pas acquérir que de lire beaucoup, et surtout de réfléchir, comme lui, sur tout ce qu’on a lu?» Servan.
14, Retention.—Je suis homme qui ne retiens rien de ce que j’ai appris.
15, Iusques... i’en ay.—Les éd. ant. port.: ce que ie pense: Excutienda damus præcordia (donnant nos pensées pour ce qu’elles valent), citation qui n’est donnée que par l’éd. de 88, et qui est rayée en cette place sur l’ex. de Bordeaux et reportée sur cet exemplaire et la présente édition liv. III, ch. IX, III, 444: et iusques à quel poinct monte, pour cette heure, la connoissance que i’ay de ce dequoy ie traitte.
16, S’attende.—Ne s’arrête pas.
16, Matieres... i’y donne.—Var. des éd. ant.: choses de quoy ie parle, mais à ma façon d’en parler et à la creance que i’en ay.
17, Qu’on voye... sçauroient payer.—Var. des éd. ant.: Ce que ie desrobe d’autruy, ce n’est pas pour le faire mien; ie ne pretends icy nulle part que celle de raisonner et de iuger: le demeurant n’est pas de mon rolle. Ie n’y demande rien sinon qu’on voie si i’ay sceu choisir ce qui ioignoit iustement à mon propos. Et ce, que ie cache parfois le nom de l’autheur à escient és choses que i’emprunte, c’est pour tenir en bride la legereté de ceux qui s’entremettent de iuger les choses par elles-mesmes, s’arrestent au nom de l’ouurier et à son credit.
26, Solage.—Terroir, terrain; du latin solum qui a cette même signification et dont nous avons fait sol.
28, Escrits.—Les éd. ant. aj.: et n’ayant pas le nez capable, de gouster les choses par elles-mesmes, s’arrestent au nom de l’ouurier et de son credit.
1, Vulgaire.—Qui sont en langage vulgaire, ce qui met tout le monde à même d’en parler, et aussi donne à croire qu’il n’y a rien que de vulgaire dans le plan et les pensées.
3, Veux.—Les éd. ant. port.: Ie veux qu’ils s’eschaudent à condamner Ciceron et Aristote en moy, au lieu de: «Ie veux... moy».
5, Musser.—Cacher par de belles paroles: «Louis XI savait, par de belles paroles, donner la musse à ses ennemis.» Pasquier.
5, Credits.—«Montaigne a commis plagiats sur plagiats; il s’en accuse en particulier envers Sénèque, Plutarque, déclarant que s’il ne signale pas les emprunts qu’il leur a faits, c’est qu’il est bien aise que ceux qui critiqueront les Essais, critiquent ces auteurs et autres dont il s’est inspiré, en croyant le critiquer lui-même; mais, au moins en ce qui touche Sénèque, il est plus facile que Montaigne ne le croit de reconnaître la phrase courte, figurée, sentencieuse, presque toujours antithétique de l’auteur latin, au travers de la riche abondance du style des Essais, étendue sans être lâche, détaillée sans être prolixe.» Ch. Nodier.
Quant à Cicéron, vis-à-vis duquel il est très sévère et qu’il ne nomme pas parmi ceux auxquels il a fait des emprunts très considérables cependant, S. de Sacy écrivait en 1865: «Je viens de relire Cicéron et je sais Montaigne par cœur; j’affirme que les traités philosophiques du premier, dont celui-ci dit: «qui me peuvent servir chez lui, à mon desseing», notamment ceux de la Nature des dieux et de la Divinité, ont passé presque tout entiers dans les Essais; on peut même y joindre les Tusculanes et les Questions académiques. Non seulement Montaigne a pris le fond, il s’est aussi inspiré de la forme.»—Par contre, Charron, dans son traité de la Sagesse, a copié textuellement de Montaigne ses plus magnifiques passages et d’autres aussi que Montaigne a tirés de Sénèque ou de tel autre. La Mothe le Vayer, La Bruyère, S.-Evremond, Fontenelle, Bayle et Voltaire ne se sont pas montrés plus délicats; mais aucun d’eux cependant n’approche de Pascal dans l’audace du larcin. Parmi les Pensées de ce dernier il y en a qui lui appartiennent en propre, ce sont celles empreintes de mélancolie superstitieuse, morose, et comme illuminée, qui trahit l’état où le plongeait la maladie; mais ces élans d’une âme forte, ces traits grands et inattendus, dont on a dit qu’ils tenaient plus des dieux que de l’homme, c’est Timée de Locres, S. Augustin, Charron et spécialement Montaigne qui les ont fournis; et le ton tranchant et dédaigneux dont nonobstant il parle des Essais, comme si, non content de s’en être enrichi, il voulait les perdre de considération pour hériter seul de leur gloire, impressionne défavorablement. Ch. Nodier.
9, Nation.—C.-à-d. d’où ils viennent.
21, Bande.—Sergent de bande ou de bataille; celui qui les jours de combat rangeait les troupes en bataille.
27, Temerairement.—C.-à-d. dont on peut parler sans préparation et hardiment.—Personne n’a jamais et plus exactement rendu le pêle-mêle, la demi-science, le jugement qui se rencontrent dans les Essais, que leur auteur ne le fait ici.
31, Science.—Add. des éd. ant.: mesme.
6, Primsautier.—Qui fait ses plus grands efforts du premier coup, de prime saut; du latin a primo saltu. V. N. I, 620: Prim-saut.
9, Dissipe.—L’exemplaire de Bordeaux porte ajouté, puis rayé: mon esprit pressé se iette au rouet.
18, Intelligence.—Les éd. ant. port.: ne se satisfaict pas d’vne intelligence moyenne, au lieu de: «ne sçait... intelligence».—Montaigne veut dire qu’il n’avait qu’une médiocre connaissance de la langue grecque, ce qu’il a déjà indiqué au ch. XXV du liv. I et au ch. IV du liv. II, ce qui ne l’empêche pas d’en citer assez souvent des passages.
19, Decameron.—Ouvrage capital de Boccace, publié en 1352 et qui l’a placé à la tête des prosateurs italiens et a immortalisé son nom. C’est un recueil de cent nouvelles pleines de gaîté, où la décence n’est pas toujours respectée, mais dont le style original n’a été égalé par aucun des écrivains contemporains de l’auteur.
19, Rabelays.—Auteur de l’histoire de Gargantua et Pantagruel, roman satirique publié de 1533 à 1534 (en partie après la mort de l’auteur), rempli de folies, d’extravagances, de quolibets, de mots barbares et forgés à plaisir, de passages inintelligibles, et, en même temps, plein d’originalité, de bon sens et même d’érudition; c’est un ouvrage où le fond et la forme sont tout imagination, mais qui, dans certains détails, offre d’utiles leçons, des allusions piquantes et de sévères censures; les moines et le clergé y sont surtout fort maltraités.—Rabelais, disait Boileau, veut toujours être plaisant et l’est toujours.—Nul, disait J.-J. Rousseau, n’a mieux connu les richesses et l’énergie de la langue française et n’en a su si bien tirer parti.
20, Second.—Poésie latine du genre élégiaque, publiée en 1541, se composant d’épigrammes sur le sujet constituant le titre de l’ouvrage.—L’auteur, mort n’ayant pas encore vingt-cinq ans, un des meilleurs poètes latins modernes, fut qualifié par un de ses contemporains, par ce jeu de mots: «Jean Second, qui fut loin d’être le second parmi ceux de son époque».
20, Tiltre.—Add. des éd. ant.: et des siecles vn peu au dessus du nostre l’Histoire Æthiopique.
21, Amadis.—Ce roman espagnol de chevalerie, autrefois très célèbre, a pour héros Amadis de Gaule, dit le Chevalier du lion, fils de Perion, roi fabuleux de France, qui est resté le type des amants constants et respectueux, aussi bien que de la chevalerie errante dans ce qu’elle avait de noble et de beau; on pense que les aventures qui y sont relatées, n’ont rien d’historique, on ne sait même à quelle époque les rapporter. La traduction qui en a été faite au XVIe siècle par le Sieur des Essarts a été longtemps en grande faveur et fut longtemps classique; on peut y cueillir, disait un écrivain de ce temps, toutes les belles fleurs de notre langue française.
24, L’Arioste.—Auteur italien de Roland furieux (Orlando furioso), épopée chevaleresque publiée en 1516, dont Roland, neveu de Charlemagne, est le héros et où les exploits des paladins sont racontés avec un art inimitable qui mêle le plaisant et le sérieux, le gracieux et le terrible, et fait marcher de front une foule d’actions diverses qui toutes intéressent.
25, Ouide.—Dont le chef-d’œuvre est sans contredit son poème des Métamorphoses, un des plus brillants monuments de la poésie latine, vaste épopée qui embrasse tous les faits de la mythologie et des temps fabuleux.
31, Axioche.—Dialogue d’une très haute antiquité; longtemps attribué à Platon, bien qu’il n’en reflète pas le style, et qui au jugement des meilleurs critiques serait d’Eschine, disciple de Socrate.
33, Outrecuidé.—C.-à-d. il n’est pas si vain, comme portent les éditions antérieures; ou: il n’est pas si sot, comme il y a dans l’exemplaire de Bordeaux.
34, Qu’il tient... faillir.—Var. des éd. ant.: ny ne se donne temerairement la loy de les pouuoir accuser.
3, Esope.—Ces fables ne sont pas de lui; les Grecs se sont emparés de ses apologues et les ont arrangés sous diverses formes, soit en vers, soit en prose; mises en recueil, pour la première fois, 200 ans après sa mort, elles ont été traduites dans toutes les langues et imitées notamment par Phèdre et La Fontaine.
8, Virgile.—L’Énéide, les Géorgiques et les Bucoliques composent l’œuvre de Virgile.—Les Bucoliques sont des églogues ou pastorales écrites avec esprit et élégance, quelquefois vagues et obscures, mais où se révèle déjà néanmoins le génie de leur auteur, alors âgé de 25 ans. Les Géorgiques, qui suivirent, sont un poème didactique, un ouvrage d’économie rurale où se trouvent décrits les travaux des champs et le bonheur de la vie champêtre; on y admire une infinie variété de formes, la richesse des descriptions, une sensibilité pénétrante qui anime tout, enfin une excellence littéraire qu’il est impossible de trouver une seule fois en défaut.—L’Énéide, poème épique, dont le héros est Énée, prince troyen venu d’après les traditions s’établir en Italie, dans le Latium, après la chute de Troie et auquel les Romains faisaient remonter leur origine. L’auteur y chante le berceau de Rome et les antiquités de l’Italie; c’est une composition plutôt faible sous le rapport du plan et des caractères, mais on y admire l’art de rendre la passion, l’exquise délicatesse des vers, la perfection du style, le fini de l’exécution. Virgile, quand il mourut, n’avait pas entièrement terminé l’Énéide qu’il travaillait depuis dix ans, et par son testament, il ordonna de jeter au feu son œuvre inachevée; l’empereur Auguste s’y opposa.
8, Lucrece.—Imbu des principes d’Épicure, Lucrèce s’est fait, au Ier siècle, l’apôtre du matérialisme et de l’athéisme dans son poème philosophique célèbre «De la Nature des choses», écrit dans un langage d’un souffle puissant et parfois sublime, sans égal dans aucune langue, comme audace de pensée, amertume de sentiment et rigueur de logique.
9, Catulle.—Catulle réussit surtout dans l’épigramme et le genre érotique; on a aussi de lui deux poèmes épiques qui, notamment celui des Noces de Pélée et de Thétis, révèlent des qualités sérieuses en ce genre; tout cela d’un style exquis, achevé, d’une brièveté raffinée sous un air de simplicité extrême.
9, Horace.—Quatre livres d’odes, un d’épodes, deux de satires, deux d’épîtres, et une épître aux Pisons connue sous le nom d’Art poétique, composent l’œuvre de ce poète si célèbre. Dans ses odes, il se montre à la fois brillant, énergique, sublime et naïf, délicat, gracieux; ses satires et ses épîtres sont des modèles d’urbanité, de raillerie douce et bienveillante; son Art poétique est un poème didactique que Boileau a imité en le développant et qui encore aujourd’hui est le code des hommes de goût. Horace est le type accompli de l’épicurien latin; c’est un poète élégant et habile, un moraliste spirituel et savant; il est aussi courtisan, sans cesser de conserver une certaine liberté de langage et d’humeur; de caractère indépendant, il faisait consister le bonheur dans l’usage modéré des biens de la vie.
15, Lucain.—Auteur de la Pharsale, poème épique où il raconte la guerre civile entre César et Pompée; œuvre brillante et élevée, mais pompeuse et déclamatoire; au reste le poète n’eut guère le temps de la polir et de la terminer, obligé qu’il fut de se donner la mort par ordre de Néron. V. II, 50, et N. 52: Bouche.
17, Terence.—Il ne nous reste plus de lui que six comédies, parmi lesquelles l’Andrienne. Térence était l’ami de Scipion Émilien et de Lelius qui, dit-on, prirent quelque part à la composition de ses pièces; son style est élégant et pur, la composition chez lui est régulière, le ton parfait, mais souvent l’intérêt est presque nul et on y trouve peu de mouvement et de gaîté.
23, Inegale.—Le style de l’Énéide est beaucoup plus parfait que celui de Lucrèce, sa poésie plus magnifique, quoique ennuyeuse parfois; mais celui-ci est plus plein, pense davantage, est par moment aussi grand poète, et a plus d’originalité.
30, Plaute.—Il nous reste de lui une vingtaine de pièces qui, la plupart, ont été imitées par nos auteurs français. Il est caractérisé par son originalité, des coups de théâtre imprévus, un dialogue rapide, une verve étincelante, des pointes, des jeux de mots, des charges souvent grossières, mais vraies au fond; il est franchement comique et faisait les délices du peuple.
32, Romaine.—Cicéron.
34, Compagnon.—Ce juge, c’est Horace qui dit dans son Art poétique, v. 270: «Il est vrai que nos pères ont goûté les vers et les saillies de Plaute; à mon sens, leur admiration a été excès d’indulgence, pour ne pas dire sottise.»
10, Oublions... fable.—Var. des éd. ant.: fuyons la fin de son histoire.
15, Petrarchistes.—A l’imitation de Pétrarque, l’un des créateurs de la langue italienne, célèbre entre autres par les sonnets et les centons qu’il écrivit pour Laure de Noves.
19, Martial.—Auteur d’épigrammes sur toutes sortes de sujets, pièces fugitives, élégantes, acérées, écho fidèle de la dépravation de l’empire romain, et dont bien des traits, encore justes, pourraient s’appliquer à notre époque; à beaucoup d’esprit, joint souvent une licence excessive et parfois aussi une basse adulation.
26, Sont assez... iambes.—Var. de 88: peuuent aller à pied.
29, Noblesse.—Add. des éd. ant. à 88: en recompense de cette grace qu’ils ne peuuent imiter.
36, Iours.—C.-à-d. vêtus des habits qu’ils mettent d’ordinaire, comme portent les éditions antérieures; cette expression est encore en usage et assez répandue en France.
1, Auoir besoin... sauuages.—Var. des éd. ant.: il faut qu’ils s’enfarinent le visage, il leur faut trouuer des vestements ridicules, des mouuements et des grimaces.
14, Furieux.—L’Orlando furioso, ou le Roland furieux de l’Arioste, œuvre capitale de ce poète, où il raconte les exploits des paladins, mêlant avec art le plaisant et le sérieux, le gracieux et le terrible, faisant marcher de front une foule d’actions diverses auxquelles il sait également intéresser.
14, Seruent.—Add. des éd. ant.: plus ordinairement.
14, Plutarque.—Auteur des Vies des hommes illustres de la Grèce et de Rome, et de nombreux traités de politique, d’histoire ou de morale, dits Œuvres morales, que quelques lignes plus bas Montaigne désigne sous le nom d’Opuscules, parmi lesquels on remarque ceux intitulés: L’Origine de l’âme; Du Génie de Socrate; Du Silence des oracles; Questions de table; Des Contradictions des Stoïciens.—On trouve dans ses écrits un grand jugement, des connaissances profondes et variées, une bonhomie et une morale douce qui les font lire avec charme; il vous fait vivre intimement avec les hommes dont il raconte la vie. La qualification de parallèles donnée à certains fragments des Vies de Plutarque, vient de ce qu’il y place en regard un Grec et un Romain dont les existences, dans leur ensemble, présentent de l’analogie, et les compare, semblant s’être proposé de montrer que la Grèce n’était point inférieure à Rome.—Plutarque venait d’être traduit en français par Amyot et publié (les Vies des hommes illustres en 1555, les Œuvres morales en 1574), lorsque Montaigne écrivait les Essais.
15, Seneque.—On a de lui un grand nombre d’écrits sur la philosophie; il y prêche la morale la plus austère et enseigne surtout le mépris des richesses et de la mort; son style est brillant et élégant, mais souvent affété et rempli d’antithèses; il vise beaucoup à l’effet. Dans ses Lettres à Lucilius, le penseur déploie toutes les ressources de son esprit, et l’écrivain tous les charmes de son style.—Montaigne lui a souvent fait de très larges emprunts et a souvent adopté ses idées.
20, Profitable.—On s’étonne de cette préférence pour cette partie de l’œuvre de Plutarque qui, malgré son mérite, ne saurait être comparée à ses «Vies des hommes illustres»; du reste au ch. XXXII de ce même livre (N. II, 630), Montaigne revient sur son jugement et dit que ses «Parallèles», qui sont partie intégrante des «Vies», constituent «la piece plus admirable de ses œuures».
22, Autres.—Add. de 88: I’ayme en general les liures qui vsent des sciences, non ceux qui les dressent. (Cette phrase est reportée un peu plus loin avec variante dans la présente édition, pag. 74, 5).
25, Romains.—Sénèque fut précepteur de Néron. Plutarque l’aurait été de Trajan suivant les uns, d’Adrien suivant d’autres. A l’égard de Trajan, on s’appuie sur une lettre dont l’authenticité est contestée; ce qui porterait en outre à penser que cela n’a pas été, c’est qu’ils étaient à peu près du même âge; mais Plutarque a fait des leçons publiques de philosophie à Rome, et il se peut très bien que Trajan ait été du nombre de ses auditeurs.—Sénèque était né à Cordoue (Espagne); Plutarque, à Chéronée, en Grèce.—Le poète anglais Dryden (1631 à 1701) a écrit un parallèle de Plutarque et de Sénèque.
2, Cicero.—V. N. II, 628. Ce fut le plus éloquent des orateurs romains; sans rival surtout dans l’éloquence judiciaire, par la richesse de son imagination, la souplesse de son génie plein d’abondance, de grâce et de séduction, et par l’habileté de sa dialectique; comme écrivain, s’est, sans grand succès, adonné dans sa jeunesse à la poésie, mais est sans contredit le premier des prosateurs latins, et nul n’a jamais dépassé la pureté, la richesse, l’harmonieuse élégance de son style. Il ne nous est parvenu qu’une partie de ses ouvrages, que l’on divise en quatre groupes: 1o les Harangues, parmi lesquelles on admire surtout les Catilinaires et les Philippiques; 2o les Livres de Rhétorique, dont le plus beau est l’Orateur; 3o les Traités philosophiques, dont les plus estimés sont De la Nature des dieux et les Tusculanes; 4o les Lettres, parmi lesquelles nombre d’épîtres familières; elles constituent un monument incomparable et un modèle du genre épistolaire; on y distingue surtout celles à Atticus, à Quintus, à Brutus; elles fournissent les matériaux les plus précieux pour l’histoire du temps (V. N. I, 430: Amis).
4, De la philosophie... morale.—Var. des éd. ant.: des meurs et regles de nostre vie.
4, Morale.—Avant Cicéron, les Romains, si on en excepte Lucrèce, s’étaient peu adonnés à la philosophie, et n’y avaient que médiocrement réussi.
6, Impudence.—Allusion à la lettre de Cicéron par laquelle il prie Lucceius d’écrire l’histoire de son consulat de manière à lui mériter les éloges de la postérité (V. I, 430 et N. Registres).
7, Prefaces.—Les éd. ant. aj.: digressions.
10, Apprets.—Montaigne parle du style de Cicéron en des termes qui ne permettent pas de douter qu’il en fait beaucoup moins de cas que de Sénèque; le cardinal Duperron (1556 à 1618) ne pensait pas de même: «Il y a plus, disait-il, en deux pages de Cicéron, qu’en dix pages de Sénèque.»
21, Fil.—Il est en effet peu de cours, de conférences, de plaidoyers et aussi de sermons dont on puisse dire ce que Sénèque disait des harangues de Cassius Severus, «que tout y portait coup et que les plus courtes distractions de ses auditeurs leur faisaient toujours perdre quelque chose d’intéressant» (V. I, 70 et N. Cassius, et II, 50). De combien de nos hommes politiques peut-on en dire autant?
30, Or oyez.—Ce cri, sorte d’avertissement d’avoir à prêter attention à ce qui allait suivre, est encore employé en Angleterre, dans certaines solennités, par les héraults d’armes dont l’usage s’est conservé et qui, lorsque bien rarement ils remplissent un devoir de leur charge, le font en observant les traditions du passé.
31, Hoc age.—Sentence philosophique grecque qui se complétait par ces mots: et eris beatus (Fais ainsi et tu seras heureux, tu y trouveras avantage, cela te réussira).
32, Sursum corda.—Cette formule, dans l’ancienne Église, précédait toujours la célébration de ses plus augustes cérémonies, rappelant les assistants au recueillement; les païens, dans le même but, disaient: Favete linguis (Favorisez-nous de votre silence), pour le recommander lors de la célébration de leurs principaux mystères.
37, Platon.—Célèbre par sa philosophie, qui est la plus haute expression de l’idéal et se rapproche parfois des idées chrétiennes. Platon a laissé un grand nombre d’écrits, presque tous sous la forme de dialogues; Socrate y joue le principal rôle; les plus importants sont: Criton, ou le Devoir des citoyens; Phédon, ou de l’Ame; l’Apologie de Socrate; Théétète, ou de la Science; le Sophiste, ou de l’Être; la Politique; Parménide, ou des Idées; le Banquet, ou de l’Amour; Phèdre, ou du Beau; Théagès, ou de la Sagesse; Lachès, ou du Courage; Lysis, ou de l’Amitié; Gorgias, ou de la Rhétorique; Ménon, ou de la Vertu; Ion, ou de l’Enthousiasme poétique; la République; Timée, ou de la Nature; Critias; les Lois.—Ses écrits, où l’on admire la sublimité de ses conceptions, la pureté de sa morale, la noblesse de son style, sont le monument le plus important de la dialectique des anciens; en même temps qu’ils sont un chef-d’œuvre d’art, ils nous offrent par la méthode d’interrogation et de réfutation qui y est partout suivie, un modèle d’analyse philosophique.
6, Premiers.—Sénèque et Plutarque.
6, Pline.—Pline l’Ancien ou le naturaliste.—Certains de ses ouvrages sont perdus; nous ne possédons plus de lui que son Histoire naturelle en 37 livres, sorte d’encyclopédie encore estimée, traitant de l’astronomie, de la géographie, de la zoologie, de la botanique, de la minéralogie et accessoirement de questions touchant l’agriculture, la métallurgie, les monnaies, etc.; son style a de la vigueur et de l’originalité.
10, Epistres.—Les éd. ant. aj.: et notamment celles.
18, Vertu.—Ce traité de Brutus sur la vertu est perdu; il subsistait encore du temps de Sénèque qui en cite un fragment.
19, Practique.—«Les vertus comme celles de Brutus (Brutus était, dit-on, le fils de César qui l’aimait, l’avait appelé à lui et comblé de faveurs; au moment de mourir, le voyant au nombre des conjurés, il s’écria: «Et toi aussi, mon fils!»), ces vertus sont si voisines du crime, que la conscience des républicains eux-mêmes se trouble, en face du vote du duc d’Orléans prononçant la mort de Louis XVI.» Lamartine, Les Girondins.
30, Beaucoup.—Dans le petit nombre d’erreurs qu’on peut reprocher à Montaigne, est le jugement qu’il porte sur Cicéron; il qualifie bien son éloquence d’incomparable, mais il estime que hors la science, il n’y avait pas beaucoup d’excellence en son âme. Avait-il donc une âme commune, cet orateur que ni l’or, ni les intrigues, ni la violence des passions ne purent jamais ni corrompre, ni intimider; qui déconcerta, par l’autorité de son langage et la fierté de ses regards, l’audace même de Catilina; qui sur ses vieux jours, abandonnant les doux loisirs de Tusculum, reparut avec son génie sur le théâtre où la liberté et les dépouilles du monde romain étaient le prix offert aux triomphes de l’ambition, poursuivit de son courroux éloquent le plus implacable des triumvirs, et périt avec gloire, victime de son amour pour la patrie. Abbé Jay.
32, Vers.—«On peut être honnête homme et mal faire des vers.» Molière.
34, Nom.—Ce jugement de Montaigne sur les vers de Cicéron, n’est pas celui de tous; et peut-être sa grande réputation d’orateur a-t-elle fait tort à celle de poète; un autre que lui eût, sans doute, été plus estimé pour ses poésies.
35, L’egalera.—Saint Jérôme a dit de lui: «Démosthène t’a ravi la gloire d’être le premier orateur; toi, tu lui as ôté celle d’être l’unique.»—Les éd. ant. aj.: Si est-ce qu’il n’a pas en cela franchi si net son aduantage, comme Vergile a faict en la poésie: car bien tost apres luy, il s’en est trouué qui l’ont pensé egaler et surmonter, quoy que ce fust à bien fauces enseignes, mais à Vergile nul encore depuis luy n’a osé se comparer, et à ce propos i’en veux icy adiouster vne histoire.
8, Presence.—Sénèque, Suasor, 8.
12, Elumbem.—Cicéron, De Oratoribus, 18.
15, Souuent.—Se reporter à ce même dialogue, De Oratoribus, 23.
19, Essem.—Pour pouvoir, en dehors de la négligence de style résultant de la répétition de mots que présente cette phrase, juger exactement de la défectuosité de sa prononciation qu’incrimine Montaigne, il faudrait l’entendre dire avec celle de l’époque que nous ne connaissons guère, faute de données suffisantes sur ce point.
20, Bale.—C.-à-d. la lecture des historiens est mon passe-temps le plus agréable, celui où je me complais davantage; métaphore tirée du jeu de paume, où, quand la balle vous arrive de côté droit, elle est plus facile à renvoyer.—Les éditions antérieures présentent cette variante: Les historiens sont le vray gibier de mon estude, car ils sont plaisans et aysez: et quant et quant la consideration des natures et conditions de diuers hommes, les coustumes des nations differentes, c’est le vray suiect de la science morale, au lieu de: «Les historiens... menacent».
28, Plutarque.—Add. des éd. ant.: Ie recherche bien curieusement non seulement les opinions et les raisons diuerses des philosophes anciens sur le suiect de mon entreprinse, et de toutes les sectes, mais aussi leurs meurs, leurs fortunes et leur vie.
29, Laërtius.—Diogène Laërce, historien grec, auteur d’une biographie des principaux philosophes; toute critique en est absente et les anecdotes y tiennent plus de place que les vues scientifiques, l’ouvrage n’en est pas moins précieux par les nombreux renseignements qu’il contient.
2, Salluste.—A écrit l’histoire de Rome depuis la mort de Sylla jusqu’à la conspiration de Catilina, il n’en reste que des fragments; nous avons encore de lui la guerre de Catilina et celle de Jugurtha. Il se distingue par la précision de son style, sa perspicacité, sa science pratique; mais il a tendance à la partialité et présente des lacunes et de fréquentes digressions.
7, Dit Cicero.—Cicéron, Brutus, 4.—Voici le jugement qu’il en porte, et il est d’autant plus flatteur qu’il était compétent et n’aimait pas César: «Parmi les orateurs, il n’en est point à qui César doive céder; il y a dans sa manière de l’élégance et de l’éclat, de la magnificence et de la grandeur; qui pourrait l’emporter sur lui pour l’abondance et la vigueur de ses pensées?» Comme historien: «Ses Commentaires sont un livre excellent; le style en est simple, pur, élégant, dépouillé de toute pompe de langage; c’est une beauté sans parure; en ne chargeant pas d’ornements frivoles ces grâces naturelles, il a ôté aux gens de goût, jusqu’à l’envie de traiter le même sujet.»
8, Ennemis.—Add. des éd. ant.: mesmes et tant de verité.
20, Froissard.—Chroniqueur français. Sa chronique de France, d’Angleterre et d’Écosse, de 1326 à 1400, est une suite de récits sans ordre, qui offrent beaucoup d’incorrections, mais où l’on trouve une grâce et une naïveté qui charment; ses descriptions sont d’un naturel saisissant.—Le jugement qu’en porte Montaigne réduit par trop son mérite: le siège de Calais, la bataille de Poitiers par exemple, ne se composent pas seulement de renseignements recueillis çà et là et rassemblés sans ordre, ni triage; c’est de l’histoire.
36, Biais.—«Les faits changent de forme dans la tête de l’historien; ils se moulent sur ses intérêts; ils prennent la teinte de ses préjugés.» J.-J. Rousseau, Émile, IV.
1, Latin.—Antérieurement à Montaigne et même encore de son temps, le latin était la langue universelle en Europe, et les érudits, en France, écrivaient beaucoup plus en latin qu’en français; ce n’est guère qu’à partir de son époque que la langue française se fixait et qu’on en fit usage dans le monde savant; lui-même est un de ceux qui y contribuèrent le plus.
6, Dimensions.—Add. des éd. ant.: Ceux-là sont aussi, bien plus recommandables historiens, qui connoissent les choses, dequoy ils escriuent, ou pour auoir esté de la partie à les faire, ou priuez auec ceux qui les ont conduites.
20, Et le sçauoir... communement.—Les éd. ant. port.: de la fortune estoit tousiours accompagnée du sçauoir.
22, Douteux.—Les éd. ant. aj.: S’ils n’escriuoient de ce qu’ils auoient veu, ils auoient aumoins cela, que l’experience au maniement de pareils affaires, leur rendoit le iugement plus sain.
31, Absence.—Suétone, César, 56.—«Pour ce motif, ajoutait Asinius Pollio, César avait été dans l’intention de refaire ou de corriger ses Commentaires.»
36, Accident.—C.-à-d. si l’on ne confronte les témoignages, si l’on ne reçoit les objections, lorsqu’il s’agit de prouver les moindres détails de chaque fait.—Au lendemain même de la bataille de Sedan (1870), il n’a pas été possible, malgré une polémique longue et ardente, de déterminer qui, du général de Bauffremont ou du général de Galliffet, menait ces charges héroïques de cavalerie qui arrachèrent à l’empereur Guillaume cette exclamation: «Ah! les braves gens!» si bien que l’honneur en revient à tous et à personne en particulier. La charge avait été préparée par le général Margueritte qui, au dernier moment, avant de la lancer, se portant en avant pour bien juger de la direction à lui donner, fut blessé à mort; voyant leur général ramené, déjà ne se soutenant plus, les têtes de colonne, d’un mouvement spontané, se précipitèrent, brûlant du désir de le venger; les autres suivirent.
38, Bodin.—Dans l’ouvrage qu’il a publié en 1566, sous le titre: Méthode pour faciliter la vérification des faits historiques.
9, Lisant.—Parmi les livres ainsi annotés par Montaigne se trouve un exemplaire des Commentaires de César (V. N. II, 646: Militaire) acheté sur les quais, par un amateur, au prix de 0 fr. 90; ce livre, acquis depuis par le duc d’Aumale, se trouve à la bibliothèque de Chantilly, aujourd’hui propriété de l’Institut.
11, Guicciardin.—A écrit une histoire de l’Italie, allant de 1490 à 1534, ouvrage de mérite dans lequel l’auteur, qui avait joué un rôle considérable de ce temps-là, se montre de l’école sceptique de Machiavel.
36, Soy.—Sur l’exemplaire de Bordeaux, Montaigne avait ajouté: «tres commune et tres dangereuse corruption du iugement humain»; mais il a biffé ensuite cette addition qui, pourtant, exprime une vérité très réelle.
30, Comines.—A laissé sur les règnes de Louis XI et de Charles VIII des mémoires qui parurent en 1523; il s’y montre politique profond, chroniqueur fidèle, écrivain original; mais en racontant les actes les plus iniques, n’y ajoute pas un mot pour les flétrir; il ne juge les événements que par le résultat.
1, Du Bellay.—Les Mémoires des Seigneurs du Bellay (dix livres, dont les quatre premiers et les trois derniers sont de Martin du Bellay, et les autres de son frère Guillaume de Langey) embrassent les événements de France de 1515 à 1547, autrement dit le règne de François Ier, dont ils sont plutôt le panégyrique que l’histoire.
6, De Iouinuille.—Les Mémoires du Sire de Joinville constituent une histoire de S. Louis et des Croisades entreprises par ce prince; c’est le récit d’un témoin oculaire plein de naturel, de sensibilité et de charme (fin du XIIIe siècle).—Domestique signifie ici qui est de la maison, familier. V. N. I, 24: Domestiques.
6, Eginard.—Secrétaire de Charlemagne dont il a écrit la vie, et, y faisant suite, l’histoire des événements pendant les premières années de Louis le Débonnaire, ensemble de 741 à 829.
8, Icy.—Dans les Mémoires des du Bellay.
14, De Montmorency.—Le connétable de Montmorency, que des intrigues de cour firent exiler dans ses terres, en 1547, par François Ier, disgrâce à laquelle mit fin l’avènement de Henri II.
14, De Brion.—Philippe de Chabot, amiral de France, connu sous le nom de Seigneur de Brion, chargé en 1535 du commandement de l’armée en Piémont, après de brillants succès, s’arrêta court à Verceil, ce que François Ier ne lui pardonna pas, condamné en 1540 comme concussionnaire, il ne fut sauvé que par la protection de la duchesse d’Étampes, maîtresse du roi.
7, Partie.—Sans partie adverse, sans opposition.
9, Vertueux.—J.-J. Rousseau, dans son Émile, répète Montaigne en le précisant: «Quoique nous appelions Dieu bon, nous ne l’appelons pas vertueux, parce qu’il n’a pas besoin d’effort pour bien faire.» V. N. II, 16: Force.
10, Des philosophes.—Dans la traduction, le passage du texte: «Des philosophes, non seulement Stoiciens, mais encore Epicuriens (et cette enchere... colunt, et retinent)», a été, pour plus de clarté, placé après celui-ci: «Des philosophes Stoiciens et Epicuriens, dis-je... virtus lacessita».
13, Rencontre.—Réplique.—Diogène Laerce, IV, 43.
18, Reconnaissant.—Montrant plus de bonne foi.
27, Retinent.—A observer l’insistance que Montaigne apporte à réhabiliter la secte d’Épicure, à l’encontre de l’opinion générale qui veut que les Épicuriens soient moins rigides dans leur doctrine que les Stoïciens, ce qui au fond n’est pas vrai.
36, Secte.—Cicéron, De Officiis, I, 44.—Épaminondas était de l’école de Pythagore. Cette école, fondée à Crotone en Italie (VIe siècle), formait dans le principe une sorte de congrégation où l’on n’était admis qu’après un long noviciat et diverses épreuves, entre autres un silence de plusieurs années. Les Pythagoriciens menaient la vie la plus frugale et s’abstenaient de manger de la chair des animaux; ils croyaient à la métempsycose ou transmigration des âmes d’un corps dans un autre. On ne sait rien de bien certain sur les autres points de leur doctrine, parce qu’on n’a aucun écrit de Pythagore, dont l’esprit cependant embrassait toutes les sciences connues de son temps, et qu’il exerçait un empire absolu sur ses disciples qui admettaient tous ses dogmes sans discussion.
1, Esmoulu.—Qui est une rude et dangereuse épreuve pour la vertu.—Combattre à fer émoulu, c’est combattre avec des armes aiguisées, pour tout de bon.
28, Commune.—Du peuple ou des plébéiens.
34, Vertu.—Plutarque, Marius, 10.—Saturninus proposait, pour un partage de terres, un plébiscite contraire à la loi et qui, en outre, portait que tout sénateur jurerait devant le peuple de concourir à son exécution. Métellus Numidicus seul refusa d’y acquiescer, quelque pression qu’on exerçât sur lui, et les partis étant sur le point d’en venir aux mains par suite de sa résistance, il préféra s’exiler que d’être cause d’une sédition (102).
3, Tres certaines.—Cicéron, De Finibus, II, 30.
5, Entrailles.—V. N. II, 430: Premier.
8, Effroy.—Add. des éd. ant.: de la mort.
19, Brigand.—C’est César que Montaigne qualifie de la sorte, malgré l’admiration qu’il lui témoigne souvent; mais il l’envisage ici comme auteur du plus grand des crimes, l’asservissement de sa patrie. Cicéron, dans ses Lettres à Atticus, VII, 18, le gratifie de la même épithète perditus latro (brigand fieffé).
25, Ferocior.—C’est en parlant de Cléopâtre qu’Horace s’exprime ainsi; Montaigne en fait application à l’âme de Caton.
26, Populaires.—Add. des éd. ant.: vains.
39, Erat.