1, Preoccuper.—De s’emparer, avant ses compagnes, de la gloire...
20, Nostre.—«La vertu de l’homme et celle de la femme sont les mêmes,» disait Antisthène. Diogène Laerce, VI, 12.
22, Paele.—Le fourgon, long crochet en fer dont se sert le boulanger pour remuer la braise du four; paele, pelle dont il se sert pour enfourner et retirer les pains. L’un et l’autre faisant même service et également noircis par les cendres, «le fourgon se moque de la pelle» (dicton populaire qui se dit aussi: «le chaudron se moque de la poêle») peut se traduire: «l’un vaut l’autre», ou encore «qui critique les autres, n’est pas sans y prêter lui-même».
23, Coches.—Au XVIe siècle, on appelait «coches» des voitures et aussi des bateaux affectés aux transports publics, tant par terre que par eau.—En tant que voiture le coche était à peu près le carrosse de nos jours, un landau ne se découvrant pas.
6, Recueil.—Chez les Orientaux, l’usage est autre; c’est à celui de ces effets qui se produit par la bouche, provenant de vapeurs émises par l’estomac et témoignant d’une certaine satisfaction de cet organe quand il est repu, qu’ils font bon accueil. Ils ne se gênent aucunement pour le produire; sa manifestation chez eux ne blesse en rien la bienséance, et les assistants y répondent par la formule sacramentelle, الحمد الاله (louange à Dieu), qui correspond à celle de «Dieu vous bénisse», que nous répondons à ceux qui éternuent.
7, Aristote.—Problem., 33, 9.
7, Plutarque.—Dans le traité intitulé Les Causes naturelles, 11.
32, D’armes.—La citation qui suit, se trouve dans le Banquet, dialogue que Platon consacre à l’amour et qu’il termine par cet éloge de Socrate qu’il place dans la bouche d’Alcibiade.
32, Route.—Déroute. V. N. I, 366.
23, Leuée.—Rompre la digue, la chaussée qui m’empêche d’être submergé.
24, Epicurus.—Diogène Laerce, X, 117.
27, Robe.—A moi, comme à chacun, Dieu donne le froid, selon qu’il est vêtu: «A brebis tondue, Dieu mesure le vent.»
29, Desarmé.—M’ayant peu garni de force...
32, Littiere.—C’était un lit reposant sur des brancards, qui étaient portés d’ordinaire par des chevaux, surtout quand c’était une litière de voyage.
2, Esgallement.—Les navires, à cette époque, marchaient soit à la voile (vaisseaux), soit à la rame (galères).
2, Toue.—Remorque; d’où touage, ce procédé de remorquage établi sur la Seine, dans la traversée de Paris, au moyen d’une chaîne reposant sur le lit du fleuve et sur laquelle se hèlent les bateaux remorqueurs.
15, Peres.—Tout le XVe siècle est rempli des guerres de la Hongrie contre la Turquie.
16, Rondelier.—Soldat armé d’une rondelle ou rondache, sorte de bouclier, ainsi nommé parce qu’il était rond, au lieu d’être oblong.
18, Pauesade.—Ou pavoisade, garniture de pavois ou boucliers juxtaposés en grand nombre que l’on plaçait au-dessus du pont des bateaux armés en guerre, pour mettre de tous côtés à l’abri des traits ceux qui servaient à bord, rameurs et autres.
18, Galliotte.—Galiote.—Bateau de petite grandeur.
25, Logis.—Un poste, une position, un cantonnement, un bivouac.
26, Impost.—Impotent, peu dispos.
28, Peinture.—Semblable à ceux que je viens de décrire.
30, Neantise.—Fainéantise.
31, Race.—Ces rois sont désignés dans l’histoire sous le nom de «rois fainéants», parce qu’ils étaient dépourvus de toute autorité et que l’exercice du pouvoir était entièrement aux mains des maires du palais. Ils commencent à Thierry III (673) qui se laissa gouverner par Ebroïn, puis par Pépin d’Héristal, et prennent fin à Childéric III (752), qui fut détrôné par Pépin le Bref, son maire du palais.
32, Bœufs.
34, Luy.—Et, avec lui, une jeune musicienne (la comédienne Cytheris). Plutarque, Antoine, 3; Cicéron, Philippic., II, 24; Pline, Hist. nat., VIII, 16.
34, Heliogabalus.—Æl. Lampridius, Heliog., 28, 29.
1, Nud.—En des temps plus rapprochés, semblables exhibitions se sont produites. A l’entrée solennelle à Paris de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, dans le bassin d’une des places publiques, s’ébattaient deux belles filles entièrement nues.—Lors de son entrée à Anvers, Charles-Quint fut escorté d’un essaim de belles jeunes filles de la société, plus ou moins nues.—Vers 1880, à l’inauguration à Vienne (Autriche) du nouvel Opéra, le directeur, a-t-il été dit, fit défiler devant lui, dans une fête intime, le corps de ballet au grand complet, chaque danseuse, sans aucun voile, portant sur l’épaule une lampe allumée, soutenue à la manière antique.
3, Rouler.—L’historien Flavius Vopiscus, Firmus, 6, ne dit pas que Firmus attelait des autruches à son char, mais qu’assis sur elles, il semblait voler avec elles; il dit aussi qu’il montait des hippopotames et accomplissait d’autres prouesses du même genre.
13, Roy.—Discours à Nicoclès.
17, Parure.—N’ayant pas d’autre moyen de me faire distinguer, et cela m’allait bien.
18, Pleurent.—Il est des hommes auxquels de beaux habits ne conviennent pas.
21, Demosthenes.—IIIe Olynthienne.
25, Theophrastus.—C’est Cicéron, De Off., II, 16, qui est l’auteur de cette critique.
27, Aristote.—Cicéron, De Off., II, 16.
28, Commune.—La populace.
30, L’emploitte.—La dépense. Montaigne continue à reproduire les pensées de Cicéron, De Off., 17.
34, Gregoire treizieme.—S’est surtout rendu célèbre par la réforme du calendrier Julien; était très versé dans la jurisprudence; aimait les lettres et les arts et embellit Rome de plusieurs édifices; fit célébrer par d’odieuses réjouissances la S.-Barthélemy.
35, Catherine.—Catherine de Médicis, qui fit commencer les Tuileries et encouragea les travaux de Bernard Palissy, quand il eut découvert l’émail. Quant au Pont-Neuf, jeté sur la Seine à Paris où il existe encore sous ce nom, commencé en 1578 sous Henri III, ses travaux furent interrompus de 1580 à 1601, et il ne fut achevé qu’en 1604, sous Henri IV.
9, Pourtant.—C’est pour cela que...
10, Porter.—Var. de 88: aporter.
11, Boëte.—Sa cassette particulière (distincte du trésor public).
12, Mien.—Plutarque, Galba, 5.—Autres temps, autres mœurs: N’avons-nous pas vu en ces temps-ci un Président de la République, élu pour entrer en charge un mois après, s’abstenir dans l’intervalle de remplir ses fonctions de Président du Sénat, en percevoir nonobstant les émoluments et croire faire largesse en faisant abandon de ces 6.000 francs au personnel inférieur sous ses ordres, à la grande admiration de tous. En équité, sinon en conscience, les avait-il gagnés et pouvait-il vraiment dire comme Galba: «Ce n’est pas du public, c’est du mien.»
17, Sien.—Aujourd’hui, et nous ne saurions le regretter, les recettes budgétaires des états sont moins que par le passé à la dévotion des souverains, qui en usaient comme ils l’entendaient; chefs d’état, rois ou autres, ont actuellement leurs revenus et leur liste civile, absolument distincts du trésor public, mais tout abus n’a pas de ce fait disparu. Il y en a qui thésaurisent comme de bons bourgeois, qui se livrent à l’agiotage, jouant sur les fonds publics en connaissance de cause comme du reste la plupart des membres du Gouvernement, grâce aux renseignements qu’ils ont avant tous autres et avec plus de certitude des événements qui peuvent influer sur les cours, il leur arrive même de les faire naître pour servir leurs intérêts. Nombreux sont ceux qui placent leurs fonds à l’étranger pour se ménager des ressources contre les fluctuations de la politique; ils n’entament même que bien peu leur liste civile dans leur représentation; quand ils ont des cadeaux à faire, des prix à allouer, ils puisent généreusement dans les manufactures de l’État, Sèvres, les Gobelins, dont c’est présentement à peu près l’unique raison d’être, dans les haras nationaux; et, à tout propos: voyages, réceptions de souverains ou visites rendues, expositions, etc., se font allouer des crédits supplémentaires; toutes choses qu’il est bon de connaître pour ne pas admirer outre mesure un faste qui, en réalité, est un surcroît de charges pour le contribuable, lequel, malgré l’apparence, en fait tous les frais.
21, Soy.—Ce principe a-t-il jamais existé autrement qu’en théorie? on en douterait à voir ce qui en est aujourd’hui, où chaque jour, au grand préjudice de nos crédits budgétaires, on crée et maintient nombre d’emplois dont le besoin ne se fait nullement sentir. Est-il rien de plus typique à cet égard que le cas des sous-préfets, devenus une superfétation depuis que les moyens de communication ont pris le développement que l’on sait (chemins de fer, automobiles, télégraphe, téléphone, machines à écrire)? leur inutilité est reconnue de tous, leur suppression est périodiquement votée; on les conserve quand même parce que ce sont de précieux agents électoraux, et que leurs emplois sont des ressources tout particulièrement décentes et avantageuses pour récompenser ce genre de services, ou encore pourvoir les créatures gouvernementales, en même temps que se ménager l’affection des villes qui en sont dotées, et à l’importance desquelles elles ajoutent; ici, comme partout, la politique intérieure intervenant, l’intérêt général est sacrifié à l’intérêt particulier.
22, D’elle.—C’est pourquoi en architecture, par exemple, il n’y a pas de véritable beauté sans l’utilité, et que dire: «Voilà un bel édifice», n’a pas de sens; on devrait dire: «Voilà une belle église, un beau palais.» Dans l’appréciation, le but poursuivi, qui est ici la destination, est la première condition dont il y a à tenir compte.—C’est ce qui fait qu’une armée dont la valeur militaire est en décroissance, une magistrature dont les arrêts prêtent à suspicion, un gouvernement qui n’a pas pour unique objectif l’intérêt public et la défense de la société, quoi qu’ils fassent d’autre part, sont jugés exclusivement sur ces points essentiels qui sont leur seule raison d’être.
34, Dionysius.—Apophth. de Plutarque.
35, Apprendroy.—J’apprendrais plutôt à un roi ce proverbe, etc. Cette sentence que Montaigne traduit après l’avoir citée est tirée de Plutarque, Si les Athéniens ont été plus excellents en armes qu’en lettres, 4, où Corinne s’en sert pour faire sentir à Pindare qu’il avait entassé trop de fables dans une de ses poésies.
10, Practique.—Gagne.
16, Telle maniere.—Var. de 88: bouffons, maquereaux, menestriers et telle racaille...
35, Assenoit.—Plaçait.
17, Princes.—Xénophon, Cyrop., VIII, 9 et suivants.
21, Excez.—Chez les Romains, les jeux publics faisaient partie du culte. Il y en avait de diverses sortes; les principaux étaient les «Jeux Romains» ou «Grands Jeux», institués par Tarquin l’Ancien (603); ils se célébraient du 4 au 12 septembre, tous les travaux et affaires publics étaient interrompus pendant leur célébration.
31, Coffre.—Cicéron, De Off., II, 15.—Ces reproches ne lui profitèrent guère: Alexandre se montra toute sa vie d’une prodigalité extrême. En témoignage d’admiration, il envoie 50 talents (250.000 fr.) au philosophe Xénocrate, qui les refuse d’abord, lui faisant répondre «qu’il a lui-même à satisfaire à plus de besoins que lui»; et finit par accepter 30 mines (2.700 fr.) pour ne pas désobliger ses envoyés désolés de son refus.—A un acteur qui a, dans son rôle, inséré un vers à sa louange, 10 talents (50.000 fr.).—Un de ses soldats conduisant un mulet de son trésor, l’animal étant fatigué et son conducteur pour le soulager ayant pris la charge sur son dos, Alexandre l’en gratifie.—A un courtisan tombé en défaveur, auquel il rendait ses bonnes grâces et qui lui dit: «Daignez m’en accorder un gage», 5 talents (25.000 fr.).—A l’occasion de son mariage avec Statira, fille de Darius, il acquitte toutes les dettes des Macédoniens de son armée, 9.870 talents (environ 50.000.000 fr.).—Pour les obsèques et le tombeau d’Héphestion, il dépense plus de 12.000 talents (environ 60.000.000 fr.).—Sur la fin, il avait fixé la dépense de sa table; en dehors de tous autres repas, 100 mines (9.000 fr.) étaient quotidiennement allouées pour le souper, auquel à la vérité étaient chaque jour conviés soixante à soixante-dix de ses amis, ce qui constituait encore une dépense de 150 à 160 fr. par tête.
7, Probus.—Vopiscus, Probus, 19. Cet auteur donne une description détaillée de ces jeux.
15, Sufficit.—Le cens fixé par la loi pour appartenir à l’ordre équestre a varié suivant les époques; au temps de César, il était de 400.000 sesterces (77.500 fr.).
24, Vermillon.—Composition de soufre et de mercure d’un beau rouge vif.
25, Storax.—Sorte de résine jaune, brune ou rougeâtre, d’odeur agréable.
41, Surgeons.—Sources; du latin surgere, sourdre.
45, Labourez.—Travaillés; du latin laborare qui a cette signification et qui vient lui-même de labor, travail, d’où labourage, le travail par excellence.
6, Retia.—Citation que Montaigne a traduite avant de la reproduire.
10, Esprits.—Bien autrement inventifs que ne sont...
14, Pas.—La puissance de la nature est infinie et l’esprit humain ne saurait préjuger ce que progressivement il lui sera donné d’en découvrir et d’en faire application, jusqu’à ce qu’une de ces évolutions prévues ou imprévues fasse prochainement ou dans des milliards de siècles, c’est tout un pour l’éternité, disparaître l’homme à son tour. Quant à ces allées et venues de la science qui font dire à Montaigne que nous tournons toujours dans le même cercle, ce qui est vrai encore et sera éternellement en ce qui touche les idées et les institutions humaines, elles provenaient de ce que jadis l’imprimerie ne fixait pas et ne propageait pas comme aujourd’hui chaque progrès réalisé; toute invention, tout perfectionnement était local et momentané, au lieu d’entrer comme maintenant immédiatement et à toujours dans le domaine public; aussi l’invention de l’imprimerie est-elle, sans conteste, la plus considérable qui se soit produite; par elle, rien ne se perd, tout progresse en bien comme en mal, seul l’homme ne change pas.
23, Poetæ.—Les deux derniers vers de cette citation sont employés ici dans un sens tout différent de celui qu’ils ont dans Lucrèce.
24, Solon.—Dans le Timée.—L’Égypte fut un des premiers états du monde connu des anciens à se civiliser, son origine se perd dans la nuit des temps; les calculs les plus modérés font régner vers l’an 2500 Ménès, le premier de leurs rois dont nos histoires font mention.
31, Formarum.—Montaigne a modifié les deux derniers mots de cette citation pour l’approprier à son sujet, qui est tout autre que dans Cicéron.
42, Auparauant.—Les Chinois font remonter leur histoire à une très haute antiquité; il semble vraisemblable d’admettre que leur premier législateur vivait vers le XXXe siècle, et eux-mêmes font partir de l’an 2637 leur ère historique. Longtemps avant les Européens, ils ont connu la boussole, l’imprimerie, la poudre à canon, mais ces inventions sont demeurées chez eux à l’état rudimentaire.
7, Cettuy-là.—Le poète Lucrèce, auteur du vers qui précède et de ceux qui suivent.
14, Autre.—L’Amérique, que Christophe Colomb venait de découvrir en 1492.
16, Heure.—Il est hors de doute qu’à l’heure actuelle, toute la surface habitable de la terre nous est connue; c’est ce qui fait que les excursions dans les régions polaires arctique et antarctique sont de si peu d’intérêt, en dehors de la notoriété qu’y recherchent ceux qui s’y livrent; mais il est non moins indubitable que des modifications considérables peuvent se produire sur la surface terrestre; que de nouveaux continents peuvent surgir, d’anciens disparaître, sous l’action des forces constamment en travail dans l’intérieur de notre planète; comme aussi de notables changements climatériques se produire, le Gulf Stream par exemple se modifiant, ou d’autres courants s’établissant, et les conditions dans lesquelles elle est habitée s’en trouver pareillement modifiées.
22, Siecle.—C.-à-d. si de ce que dit ce poète pour prouver la jeunesse de son siècle, nous concluons que notre monde avance vers sa fin...
26, Contagion.—Par notre communication avec lui.
30, Practiqué.—Gagné.
32, Eulx.—Les Américains.
34, Cusco.—Les Péruviens regardaient cette ville comme sacrée; on y admirait le temple du soleil, l’un des plus vastes et des plus riches qui aient jamais existé, et le palais des Incas (dynastie régnante lors de la conquête du Pérou par les Espagnols).
19, Dure.—Allusion aux casques, cuirasses, hauberts, brassards, cuissards, etc... en métal que portaient Fernand Cortez, Pizarre et leurs compagnons.
26, Inexperimenté.—Si n’ayant aucune idée des effets de ces armes, il eût été soudainement attaqué.
28, Mercadence.—Les avantages du commerce, du latin merces, marchandise.
34, Miserables.—Dans les Essais apparaît partout ce noble sentiment d’humanité, premier bienfait de la philosophie: mais il ne se montre nulle part plus énergique et plus éloquent que lorsque Montaigne portant ses regards sur le Nouveau Monde, n’y aperçoit de tous côtés que des bourreaux et des victimes. Abbé Jay.
34, Mines.—Il s’agit ici de l’expédition (1513 à 1517) de Balboa, officier espagnol qui, à la recherche des régions où gisait l’or trouvé au Mexique, au moment de sa conquête, parvint, par l’isthme de Panama, jusqu’à l’Amérique du Sud, mais dut rétrograder, n’ayant pas de troupes suffisantes.
33, Enfance.—Voilà comme balbutiaient ces prétendus enfants.
36, Cannibales.—Ceci donne une idée de ce qu’étaient mes Cannibales, c.-à-d. ces hommes du Nouveau Monde que nous traitons de sauvages.
39, Peru.—Atahualpa, dernier roi du Pérou, de la famille des Incas. Fait prisonnier par Pizarre, il fut, quelques mois après (1533), étranglé par son ordre. Zarate, II, 7; de la Vega, I, 36; Gomera, 117; Herrera, V, III, 4 et autres historiens de la conquête de l’Amérique.
9, Preuue.—On forma contre lui une accusation aussi fausse que les preuves qu’on en donnait, savoir qu’il...
19, Mexico.—Guatimozin, dernier empereur indien de Mexico. Fait prisonnier par Fernand Cortez en 1521, après avoir vainement tenté de défendre sa capitale contre ce chef espagnol, il fut d’abord traité avec générosité, mais plus tard eut à endurer les plus cruels tourments dans le but de lui faire dénoncer où se trouvaient ses trésors et finalement fut pendu en 1522. Bernal Diaz del Castillo, 157; Gomera, 146; Herrera, III, 11-8; Torquemada, I, et autres historiens de l’Amérique.
32, Cour.—Le cacique de Tacuba.
35, Mercy... plus.—Var. de 88: congé de dire ce qu’il en sçauoit, pour se redimer de cette peine insupportable.
3, Roy.—Disons plus, un roi si grand...
4, Honteuse.—Var. de 88: vaine.
12, Ventent.—Var. de 88: publient.
24, De Castille.—Var. de 88: d’Espagne.
25, Mal voulus.—Haïs, à qui on veut du mal. Diego d’Almagro qui le premier pénétra dans le Chili, et qui dans le principe avait marché d’accord avec Pizarre le conquérant du Pérou, battu par lui à Cusco, y fut décapité par son ordre (1538). Son fils, ralliant ses partisans, vengea son père, par le meurtre de Pizarre (1541); et peu après éprouva le même sort que lui, dans le même lieu (1542). Gonzalès Pizarre, frère du précédent, se substitua à lui au Pérou, où pendant trois ans il régna en maître, jusqu’à ce que par ordre de Charles-Quint il fut arrêté et mis à mort comme rebelle (1544).
31, Prudent.—Philippe II, roi d’Espagne. Sous son règne (1556 à 1598), les colonies espagnoles de l’Amérique et des Indes rapportèrent immensément d’or et d’argent; mais ce prince consomma follement toutes ces richesses dans ses vains projets de monarchie universelle, et à sa mort, le trésor était vide et obéré.
2, Commerce.—Employé au commerce, en achat de marchandises; emploite signifie ici achat ou emplette, comme on écrirait et prononcerait aujourd’hui.
17, Paumes.—Environ cinq mètres.
6, Perennes.—D’eaux vives coulant continuellement, ne tarissant pas, du latin perennis, continu, permanent.
9, Chef.—Au bout, à la fin de la journée de marche, de chaque étape.
17, Apres.—Voir à ce sujet et sur tout ce qui précède, Robertson, Histoire de l’Amérique, liv. VIII. L’auteur, dans cet ouvrage, s’applique à réduire dans une juste mesure l’exagération des premiers historiens de la conquête du Nouveau Monde.—A ce travail gigantesque qu’était cette route de Quito à Cusco, on peut assimiler le Grand Canal impérial de la Chine qui met en relations Pékin, la capitale du Nord, avec Nankin, la capitale du Sud, et avec Canton; ce canal a été commencé au IXe siècle av. J.-C. et les travaux en sont continués jusqu’à nos jours; il offre une superbe voie navigable de 2.700 kil. sans compter de nombreux embranchements. Ce canal peut faire le pendant de la grande muraille élevée également en Chine sur la frontière N. et N.-E. pour protéger l’empire contre les incursions des nomades: Mongols, Mandchous, Tartares, et qui, formée d’un parapet de terre, revêtu de briques dans certaines de ses parties, s’étend sur une longueur de 1.700 kilomètres, a 6 ou 8m d’élévation et forme une sorte de chaussée pavée, assez large pour donner passage à 5 ou 6 cavaliers de front; il est aujourd’hui ruiné en bien des endroits. Gal Niox.
26, Terre.—A la bataille de Caxamalca (1532). De la Vega, II, 1, 25. Ce fut Pizarre lui-même qui le précipita ainsi de sa chaise à porteurs.—Avaller, c’est mettre à val, jeter bas.
2, Tomber.—Par exemple, par abdication comme firent Dioclétien, Charles-Quint, Marie-Christine; ou encore, comme les chefs d’état élus pour un temps déterminé et qui quittent le pouvoir à l’expiration de leur mandat, ou spontanément parce qu’ils ne veulent pas se prêter à des exigences que réprouve leur conscience.
9, D’affaire.—De difficulté.
15, Esgarée.—Détournée.
25, L’autre.—César.—En traversant les Alpes, dit Plutarque, César, 3, il passa par une bourgade de Barbares, habitée par quelques malheureux ayant grand’peine à vivre; dans son entourage, on se demandait en plaisantant si là aussi on intriguait pour obtenir les charges publiques et s’il y avait des compétiteurs. César, prenant la parole, dit: «Je ne sais, mais quant à moi, je préférerais être le premier ici, que le second à Rome.»
28, Incognu.—Ni avoir à me débattre aux portes avec un huissier, comme un misérable inconnu...
30, Moyen.—L’aurea mediocritas d’Horace.
32, Autrement.—Que désiré.
2, A l’equipollent.—Par contre, en revanche, en compensation, en récompense.
7, Encombriers.—Accidents, empêchements, encombrements.
10, Regulus.—Vainqueur des Carthaginois en Sicile et en Afrique, il fut à son tour défait par eux et fait prisonnier (256). Quelques années après, en 250, les Carthaginois lui donnèrent la liberté sur parole, afin qu’il accompagnât la délégation envoyée par eux à Rome pour traiter de l’échange des prisonniers; mais au lieu d’appuyer cette mesure, il ne prit la parole au Sénat que pour en dissuader ses concitoyens, et, après avoir parlé ainsi contre lui-même, ne craignit pas de revenir prendre ses fers à Carthage; on l’y fit périr au milieu d’atroces supplices.
12, Luy.—Cicéron, De Fin. bon. et mal., II, 20, auquel Montaigne a emprunté ce parallèle entre Th. Balbus et Régulus, donne sans conteste la préférence à ce dernier: «La vertu, dit-il, ne laisse pas de proclamer plus heureux que Thorius vidant sa coupe sur un lit de roses, Régulus qui, retourné de Rome à Carthage sans y être contraint autrement que par la parole qu’il en avait donnée à ses ennemis, périt au milieu des plus cruels tourments, déchiré par la faim et les veilles.»
13, Mienne.—Les comparer à la mienne...
16, Aduenir.—Ce mot a ici le sens d’atteindre, comme le mot «aveindre» qui est au commencement de ce chapitre; tous deux dérivent du latin advenire.
17, Vsage.—Cette manière de voir, Montaigne a eu occasion de la traduire en fait, lorsque prirent fin ses fonctions de Maire. Il était absent, sa charge allait expirer, il n’avait plus qu’à présider à l’élection de son successeur; à ce moment la peste sévissait avec intensité à Bordeaux; il ne crut pas, dans cette situation, devoir s’y rendre. Cette attitude, contraire aux idées de nos jours, si différente de celle tenue par Rotrou dans le siècle suivant, dans des circonstances presque identiques, lui a été vivement reprochée en ces derniers temps; jusque-là on n’y avait pas prêté attention, parce qu’il était au terme de son mandat et que ce n’était pas en opposition aux idées de l’époque, bien que se soient produites à ce moment de très honorables exceptions. En cette occasion, Montaigne a été conséquent avec lui-même; homme de devoir, il ne lui convenait pas d’être sans nécessité un héros. «Rien de trop» était aussi du nombre de ses devises.
20, Perse.—Hérodote, III, 83.—A la mort de Cambyse, roi de Perse (522), un mage se fit passer pour son frère Smerdis, que lui-même avait fait mettre à mort (V. III, 178 et N. Fié), et lui succéda. La supercherie ayant été reconnue, il se forma un complot de sept grands de l’empire (Otanez était du nombre) qui tuèrent l’usurpateur (V. II, 332 et N. Deux). Pour le remplacer sur le trône, il fut convenu entre les conjurés que le premier d’entre eux dont le cheval hennirait au lever de l’aurore aurait la couronne. Ce fut Darius qui l’obtint par l’artifice de son écuyer qui avait envoyé d’avance une cavale au lieu du rendez-vous. C’est à cette épreuve que renonça Otanez, aux conditions qu’indique Montaigne.
25, Commande.—Ayant autant d’aversion à commander qu’à être commandé.
29, Desmesurée.—Cette situation s’est bien modifiée; dans les monarchies constitutionnelles, comme dans certaines républiques, qui ne diffèrent qu’en ce que, là, la royauté est à vie et héréditaire, au lieu qu’ici, le président est nommé à l’élection et pour un temps déterminé, le chef de l’état a plus le pouvoir d’empêcher que celui d’agir. Nonobstant, si restreint qu’il soit devenu, ce pouvoir est encore considérable et suffisant pour prévenir le mal, sous condition qu’il soit dévolu à un homme de caractère, qui ne soit inféodé à aucun parti, et qui, au lieu de toujours céder, use des moyens que la Constitution met à sa disposition, pour arrêter ce qu’il condamne dans son for intérieur ou même dans des manifestations platoniques; mais combien en agissent différemment, trahissant par leur faiblesse les intérêts qui leur sont confiés. A Siéyès revient dans les temps modernes l’honneur de cette conception, et il espérait au début faire accepter ces fonctions au général Bonaparte. On sait quel accueil fut fait à sa proposition. Ce rôle de fétiche, assez semblable à celui des derniers rois de la race mérovingienne, qui toutefois n’est telle que lorsque la personnalité n’en impose pas, car ici, comme en tout, tant vaut l’homme, tant vaut la chose, a été assez exactement défini par cette boutade humoristique attribuée au roi des Belges Léopold I, un jour que le Président de son conseil des ministres cherchait à l’intéresser aux difficultés avec lesquelles il était aux prises: «Avez-vous la majorité? Si oui, permettez que j’aille me promener; si non, allez-y vous-même!»
4, Finer.—Trouver, disposer. Signifie proprement: mettre à fin, venir à bout de trouver.
5, Escossois.—Deux ouvrages d’auteurs écossais.
6, Populaire.—L’auteur qui se fait l’avocat du gouvernement par le peuple.
20, Eux.—J.-J. Rousseau disait: «Je respecte trop M. le prince de Conti, pour ne pas toujours le gagner aux échecs.»
27, Faëes.—Enchantées.
27, Brisson.—Plutarque, Du contentement ou repos de l’esprit, 12, dont le fait est tiré, appelle ce même athlète Crisson dans un autre de ses ouvrages, Comment discerner le flatteur de l’ami, 15.
32, Gaigné.—Saint-Simon rapporte une sincère admonestation du duc de Montausier, gouverneur du Dauphin, fils de Louis XIV, à un jeune courtisan qui se laissait toujours vaincre par ce prince au jeu du palet.
34, Crocheteur.—V. N. I, 542.
35, Troye.—Vénus, dans l’Iliade, voulant sauver Énée son fils, blessé et sur le point de succomber sous les coups de Diomède, est elle-même légèrement blessée au bras.
35, Saincte.—Déesse.
11, Qualitez.—Les bonnes qualités des princes...
18, Qualité.—D’être prince.
25, Tybere.—Il ne semble pas que le Sénat romain décernât des prix d’éloquence; Suétone ne mentionne que le refus par Tibère du surnom de «Père de la patrie» qui lui était offert.
27, Ressentir.—Prévaloir.
30, Costé.—Penchant un peu sur le côté. Plutarque, De la différence entre le flatteur et l’ami, 8.
31, Dionisius.—Plutarque, De la différence entre le flatteur et l’ami, 8.
34, Luy.—Philippe de Macédoine ayant eu un œil crevé au siège de Méthone, Clisophus, un de ses courtisans, ne parut plus devant lui qu’avec un bandeau sur l’œil.
34, Greueures.—Hergnes ou hernies.
35, Plutarque.—De la différence entre le flatteur et l’ami, 8; mais Montaigne a légèrement altéré la narration du fait en question.
2, Mitridates.—Plutarque, De la différence entre le flatteur et l’ami, 8.
7, Fauorinus.—Spartien, Adrien, 15. Favorinus jouit quelque temps de la faveur de l’empereur Adrien, mais finit par se l’aliéner par ses sarcasmes.
10, Asinius Pollio.—Macrobe, Saturn., II, 14.
12, Proscrire.—«A qui peut tout prendre, donne ce qu’il demande.»
14, Carrieres.—Plutarque, Du contentement de l’esprit, 10; Diodore de Sicile, XV, 6, 7; Diogène Laerce, III, 18 et 19.—Philoxène ayant exprimé trop franchement à Denys l’Ancien, à la cour duquel il vivait, sa pensée sur des vers de celui-ci, le tyran l’envoya aux carrières (lieux d’où on extrait des pierres); quelque temps après, en étant sorti et consulté à nouveau par Denys sur le mérite d’une pièce nouvelle qu’il venait de composer, au lieu de répondre, il se contenta de dire: «Qu’on me ramène aux carrières»; cette fois, le maître se mit à rire et pardonna.—Le mot est devenu proverbial, c’est être prêt à recommencer ce qui vous a déjà attiré une injuste persécution.
14, Esclaue.—Platon, se trouvant à Syracuse, s’attira par sa franchise la colère de Denys l’Ancien, qui le fit vendre comme esclave (398) pour le prix de vingt mines (1.822 fr.); les autres philosophes se réunirent pour le racheter et le renvoyèrent en Grèce, en lui rappelant comme un avis salutaire qu’un philosophe doit parler à un tyran le plus doucement possible. Plutarque, Du contentement de l’esprit, 10; Diodore de Sicile, XV, 6, 7; Diogène Laerce, III, 18 et 19.
15, Ægine.—Le cardinal de Richelieu eut un pareil accès de jalousie littéraire contre Corneille; et, à l’apparition du Cid, il fit critiquer la pièce par l’Académie (1636); par la suite, il revint sur cet acte de faiblesse, accorda une pension au poète, auquel l’Académie ouvrit ses portes (1647).
Chapitre des plus intéressants, dont le sujet est traité à fond et sans digressions étrangères. On y trouve des réflexions sur l’utilité de la conversation que Montaigne considère comme plus instructive que l’étude des livres qui est languissante et n’échauffe pas; une peinture très vive et très spirituelle des vices qui accompagnent d’ordinaire les disputes, et, à ce sujet, un mot en passant sur l’abus que les savants font de la science. Montaigne constate encore que ce qui frappe nos sens, est la cause déterminante de nos jugements; il donne une règle pour juger de la capacité d’un homme dans la conversation et termine par une appréciation sur le génie et le caractère de Tacite. Naigeon.
17, L’aduertissement.—Var. de 88: le seul exemple.
18, Platon.—Lois, XI.
24, Euiter.
5, Similitude.—Var. de 88: exemple.
6, Caton.—Plutarque, Caton, 4.
8, Lyre.—C’était un thébain, du nom de Gémonide; il faisait jouer devant ses disciples de bons et de mauvais joueurs de flûte et disait: «En ce mode, il faut jouer; en cet autre, non.»
20, Mauuais.—«Un fol avise un sage.» Proverbe.
20, Ordinaire.—Au lieu du développement qui suit, l’éd. de 88 porte seulement: la veuë ordinaire de la volerie, de la perfidie a reiglé mes meurs et contenu.
24, Inuincibles.—Au-dessus de ma portée.
25, Conference.—Conversation, discussion.
29, Parler.—C’est généralement ce dont conviennent les personnes qui, ayant joui de tous leurs sens, ont plus tard perdu soit l’ouïe, soit la vue. Ceux que ce malheur n’a pas atteints, peuvent néanmoins se faire une opinion à cet égard, s’ils ont eu occasion de remarquer combien en général les aveugles conservent leur bonne humeur et recherchent la société, tandis que les sourds demeurent taciturnes et la fuient, parce qu’ils s’y trouvent isolés.