NOTES

[1] Guanaco est un nom de la langue haïtienne; gua est un article démonstratif; naco peut signifier lieu fertile. C’est le nom d’une ville, considérable par son commerce et sa grande population, qui existait dans le voisinage, du golfe Dulce, à peu de distance de la mer, à l’entrée de la montagne de San-Gil, où doivent se trouver ses ruines.

[2] Herrera, Hist. Gen. de las Ind. occid. decad. 1, lib. V, cap. V.

[3] Herrera, Hist. Gen. decad. 1, lib. VI, cap. VII. Les montagnes de Caria sont celles qui s’appellent aujourd’hui el Gallinero, qui s’élèvent entre les llanos de Santa-Rosa et la vallée de Copan. Le nom de Caria que leur donne Herrera leur vient des Cares, nation puissante entre celles que l’on appela depuis Choles et dont Copan paraîtrait avoir été la capitale. Leur nom se retrouve encore aujourd’hui dans le mont Cari et dans quelques petites localités au nord-ouest de Copan.

[4] Cette lettre, dit Humboldt (Examen critique de l’histoire de la géographie du nouveau continent, tom. 1ᵉ, note 1, page 4), qui peint si bien les plaisirs de l’intelligence, a été écrite, selon l’opinion commune, à la fin de décembre 1493. (Opus Epistolarum Petri Martyris Anglerii Mediolanensis, Protonotarii Apostolici, Prioris Archiepiscopatus Granatensis, atque à consiliis rerum Indicarum Hispanicis. Amstelodami, 1670. Ep. CLII, page 84.)

[5] Pomponius Lœtus, le célèbre propagateur de la littérature classique romaine, généralement assez mal vu d’une portion du clergé romain, à cause de la liberté de ses opinions religieuses. (Voir Humboldt, loc. cit.)

[6] Popol-Vuh.—Le Livre sacré et les mythes de l’antiquité américaine, dans l’Introduction.

[7] Humboldt, Hist. de la géogr. du Nouv. Continent, section première, passim.

[8] Katun, mot de la langue maya composé de kat, interroger, et de tun, pierre, c’est-à-dire pierre qu’on interroge, à qui on demande l’histoire du pays. C’est le nom qu’on donnait anciennement au Yucatan aux pierres gravées, portant des dates et des inscriptions relatives aux événements historiques et qu’on incrustait dans les murs des édifices publics. Voir plus loin, page 53.

[9] Vues des Cordillières et monuments des peuples indigènes de l’Amérique, tom. II, pl. XXVI.

[10] Humboldt, Examen de l’hist. de la géogr. du nouv. continent, tom. I, page 177.

[11] Sur les sources de la Cosmogonie du Sanchoniathon, Paris, 1860, page 227.

[12] Brasseur de Bourbourg, Popol-Vuh. Le Livre sacré, et les mythes de l’antiquité américaine, etc. Introd., page LXV.

[13] Sur les sources de la Cosmogonie du Sanchoniathon, page 127.

[14] Le Codex américain de la bibliothèque royale de Dresde, reproduit dans la collection de Kingsborough, est écrit de caractères analogues à ceux dont nous donnons l’alphabet d’après Landa (voir page 320): il y en a quelques-uns, toutefois, que nous ne sommes pas encore parvenus à identifier, bien que tous les autres signes des jours et des mois soient les mêmes. Le Codex de Dresde, autant qu’il nous a été donné d’en juger actuellement, d’après le court examen que nous en avons fait dans Kingsborough, est un Tonalamatl ou Rituel religieux et astrologique, dont la langue se rapproche de celle du Yucatan.

[15] «Nous avons vu, dit Humboldt, que les astrologues mexicains ont donné à la tradition des destructions et des régénérations du monde un caractère historique, en désignant les jours et les années des grandes catastrophes, d’après le calendrier dont ils se servaient au seizième siècle. Un calcul très-simple pouvait leur faire trouver l’hiéroglyphe de l’année qui précédait de 5206 ou de 4804 ans une époque donnée. C’est ainsi que les astrologues chaldéens et égyptiens indiquaient, selon Macrobe et Nonnus, jusqu’à la position des planètes à l’époque de la création du monde et à celle de l’inondation générale. (Vue des Cordillières, etc. tom. II, page 132.)

[16] Conquista de Mexico, 2ª parte de la Cronica de las Indias.

[17] MS. De la coll. de Boturini, sous le titre de Historia de los reyes de Culhuacan y Mexico. Copie de ma collection.

[18] Dans certains documents, il est parlé de quatre catastrophes, dans d’autres de cinq, et ces catastrophes, à l’exception de celle du feu, de celle de l’eau et de celle de l’ouragan, ne paraissent pas toujours bien s’accorder l’une avec l’autre.

[19] «Izcalli, Enero, est-il dit dans ce document, la fiesta del fuego, porque en tal tiempo les calentaban los arboles para brotar.—Fiesta de Pilquixtia, la natura humana que nunca se perdio en las vezes que se perdio el mundo.—De cuatro en cuatro años, ayunaban otros ocho dias, en memoria de las tres vezes que se a perdido el mundo, y asi lo llaman a este cuatro vezes señor, porque siempre que se perdia, esto no se perdia, y azi dizen la fiesta, de la Renovacion, y asi dizen que acabado este ayuno y fiesta, se volvian los hombres como niños los cuerpos, y asi para representar esta fiesta en el vayle trayan unos niños de las manos» (Cod. Tell. Rem. Mex. N. I, fol. 6. v).

[20] Ce sont aussi les idées de quelques philosophes anciens. Saint Augustin les reproduit, tantôt en les combattant, tantôt inclinant à l’opinion que «la désolation partielle de la terre par des déluges et des embrasements laisse quelques hommes survivre pour réparer les pertes du genre humain.» (De Civit. Dei, lib. XII, 10-11.)

[21] Popol Vuh, etc. chap. III.

[22] Ne serait-ce pas à des souvenirs de ce genre que feraient allusion les fêtes des Renaissances dont il est question dans la légende du VIIIᵉ tableau de la grande salle du temple d’Ammon à Karnac, dont parle Lepsius et, avec lui, Brugsch? Histoire de l’Égypte, dès les premiers temps de son existence jusqu’à nos jours. Leipzig, 1859—I part., page 131.

[23] Le tetzontli est une amygdaloïde poreuse qui a servi à bâtir la plupart des édifices de Mexico. Suivant Bustamante, le commentateur de Sahagun, ce seraient les petits volcans qui environnent au sud-est la vallée de Mexico, qui auraient formé le tetzontli, et le Quauhnexac, dit volcan d’Axuzco, suivant Betancurt (Teatro Mexicano, part. I, trat. 2, cap. IV), appuyé sur les traditions de quelques Indiens, aurait donné naissance à la célèbre couche de lave, appelée el Pedregal de San-Augustin et vomi les vastes torrents de lave qui s’étendent jusqu’à Acapulco.

[24] Le texte ajoute ailleurs, dans le même document, que tous les seigneurs périrent dans cette circonstance. Une preuve singulière de l’existence des villes antiques, ensevelies alors sous la lave, se trouva au Pedregal de San-Augustin, ainsi nommé de la villa de ce nom, auprès de Mexico: car, de dessous la lave qui l’entoure, sort un large ruisseau qui roule avec ses eaux des débris de poteries antiques, provenant indubitablement des habitations, ensevelies sous les masses de laves qui coulèrent dans la vallée. Combien d’Herculanum et de Pompeii ont été recouverts des laves des volcans mexicains!

[25] Ce fait est mentionné dans le Codex Chimalpopoca et dans la plupart des traditions du Mexique.

[26] Voir l’Ecrit du frère Romain Pane, à la fin de ce volume, page 440 et note (2).

[27] Codazzi, Resumen de la geografia de Venezuela, Paris, 1841, pag. 46 y 47.

[28] Lehmann, Œuvres physiques, dans la préface du tom. III.—De la Borde, Voyages, etc. pages 6 et 7.

[29] Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 6.—Voir Landa, page 61.

[30] Incidents of travel in Yucatan, vol. I, chap. 6.

[31] Voir le Livre Sacré, page 35 et suiv.

[32] C’est l’étymologie qu’en donne Ordoñez, Hist. del Cielo y de la Tierra, etc., MS. Le bon chanoine en fait Lucifer brûlant sept fois au fond de l’enfer. Vukub-Caquix, dans son acception ordinaire, signifie, comme je l’ai dit ailleurs, Sept-Aras.

[33] Voir le Livre Sacré, prem. part., aux chapitres IV et V.

[34] Zipacna est composé de zip ou zipoh, verbe qui signifie gonfler, et de na, demeure, maison, en langue mame et vieux quiché.

[35] Ces montagnes appartiennent aux contrées guatémaliennes: le Chi-Kak-Hunahpu, c’est-à-dire Au feu de Hunahpu ou d’un tireur de Sarbacane, est le même que le volcan dit del Fuego qui domine à peu de distance la Antigua-Guatémala. Le Yaxcanul, appelé par les Cakchiquels Gagxanul, est le volcan de Santa-Maria, près de Quezaltenango; les autres paraissent être les mêmes que l’on voit dans la cordillère entre ce dernier et les volcans de Soconusco.

[36] Voir le Livre Sacré, deuxième partie.

[37] Hun-ahpu se compose de hun, un ou le premier, et de ahpu, tireur de Sarbacane, mot composé lui-même de la particule possessive ah, celui de, et de pu, pub ou ub, souffle, tuyau qui souffle.

[38] Avila, Tratado y Relacion de los errores, falsos dioses y otras supersticiones y ritos diabolicos en que vivian antiguamente los Indios de las provincias de Huarocheri, Mama y Chacllo, etc. MS. de la Bibl. nat. de Madrid, Copie de ma collection. Suivant ce document le monde d’avant le déluge est appelé Purun-pacha, c’est-à-dire monde faux ou différent de celui d’aujourd’hui, et les hommes d’alors Yanañamca.

[39] Id. ibid. Ce document est le seul en espagnol, où il soit parlé de Coniraya-Viracocha; il paraît être la plus ancienne divinité du Pérou, et son histoire est racontée au long dans le document en langue qquichua qui vient à la suite de ce manuscrit et que j’ai copié à Madrid. Le bambou dont il est question ici, à l’aide duquel Coniraya soulève ou aplanit les montagnes, rappelle la sarbacane de Hunahpu.

[40] Pachacamac, lieu célèbre autrefois par le fameux temple consacré à cette divinité, le créateur du monde, à 4 l. de Lima et à peu de distance de l’Océan Pacifique.

[41] Avila, Tratado y Relation, etc. Le fleuve de Pachacamac est le même appelé aujourd’hui Rio de Lurin, dans la province du même nom, près de Lima, où se trouvait le temple de Pachacamac.

[42] Molina, Relacion de las fabulas y ritos de los Ingas, etc. MS. des archives de Madrid, copie de ma collection.

[43] Ce groupe d’étoiles rappelle les six tzontemocque, ou étoiles qui tombèrent du ciel, au temps du déluge, d’après les traditions mexicaines.

[44] Ancasmarca est à 5 lieues du Cuzco, d’après le document d’où cette histoire est tirée. Le document cité avant celui-ci, Tratado y Relacion, les rapporte également, avec une légère variante, et met le lieu de la scène dans les montagnes de Huarocheri, beaucoup plus près de l’Océan.

[45] C’est la province des Cañaris où se trouvent les ruines de la célèbre forteresse de Cañar, citée par Humboldt (Vues des Cordillères et monuments des peuples indigènes de l’Amérique, pl. 20, édit. in-fol.)

[46] Ou plutôt deux femmes, portant le nom d’Ara.

[47] Voir, au sujet du culte de l’ara, le chapitre de Lizana, à la suite de Landa, page 361.

[48] Le docteur Avila, curé de Huarocheri, qui recueillit ces faits, les discuta en théologien de son époque, et tout en convenant de la véracité des Indiens qui les lui donnaient, ne trouva moyen ni de les rejeter, ni de les admettre. La géologie avait fait fort peu de progrès à cette époque, et le soulèvement des terres yunga ou chaudes, devenues dans l’espace de cinq jours une puna glacée, lui paraissait une chose impossible.

[49] Velasco, Hist. du roy. de Quito, liv. II, § 2, n. 1, et § 4, n. 4.

[50] Bunsen, Egypt’s place in universal history, vol. 1, page 392.

[51] Zamora, Hist. de la prov. de Nueva Grenada, lib. II, cap. 16.—De Suha Con, Cun, Chun, ou Chum, noms identiques, vient probablement celui de Cundinamarca ou Cun-li-na-marca, qui est donné à cet ensemble de provinces, comprenant Bogota, Velez, Pamplona, la Grita, Merida, Muso, Ebate, Panches, Neyba, Marquetones, Sutagaos, Ubague, Tensa, Lengupa, Sogamoso et Chita. (Piedrahita, Hist. Gen. de las Conquistas del reyno de Nueva-Grenada, Part. I, lib. 1, cap. 1.)

[52] Simon, Hist. de Tierra-Firm, Part. II, noticia IV, cap. 4.

[53] «Un tremblement de terre se présente à l’homme comme un danger indéfinissable, mais partout menaçant. On peut s’éloigner d’un volcan, on peut éviter un torrent de lave, mais que la terre tremble, où fuir? Partout on croit marcher sur un foyer de destruction.» (Humboldt, Cosmos, essai d’une description physique du monde, trad. de Faye, tom. I, pag. 168.)

[54] C’est ainsi que la tradition rapportait que la pyramide de Cholula avait été construite par Xelhua, un des géants antédiluviens, en mémoire de la montagne de Tlaloc où il s’était réfugié avec ses frères, au moment de l’inondation. (Rios, Cod. Mex. Vatican.)

[55] Tepeyolotl signifie le cœur des montagnes, en langue nahuatl.—«Dicese deste nombre á reverencia de como quedo la tierra despues del diluvio.—Este Tepeyolotl es lo mesmo que el retumbo de la voz, cuando retumba en un valle de un cerro á otro.—Ponenle este nombre á la tierra de tiguere (tigre, traduction figurée de Tepeyolotl) por ser el tiguere el animal mas bravo y aquel retumbido que dan las vozes en los cerros dizen que quedo del diluvio.» (Cod. Tell. Rem. Mex. fol. 9. v. et 10. r.)

[56] Ru Qux huyu, le cœur des monts, en langue cakchiquèle et quichée, le même que le Tepeyolotl en mexicain. (Manuscrit cakchiqel, etc.)

[57] Guevara. Historia del Paraguay, Rio de la Plata y Tucuman, etc. en la Colec. de la Hist. Argentina, Buenos-Ayres, 1854, tom. I, page 210.

[58] A. d’Orbigny, Voyage dans l’Amérique mérid. tom. III, part. 1, page 107.

[59] Le Codex Chimalpopoca en parle d’une manière particulière, et c’est là qu’on trouve la mention d’une nuit de vingt-cinq ans; il en est parlé également dans le Popol Vuh ou Livre Sacré, bien qu’il semble souvent que ce ne soit, dans cet ouvrage, qu’une image d’un temps de ténèbres intellectuelles.

[60] Cosmos, etc. tom. I, page 165.

[61] Solin. de situ et mirabilibus orbis, cap. XVII.

[62] De Civitate Dei, lib. XXI, § 8.

[63] Tzontemocque, pluriel de tzontemoc, mot à mot chevelure qui descend ou qui tombe; c’est le nom donné généralement dans les histoires mexicaines aux dieux déchus du ciel au fond de la terre avec Mictlanteuctli, le dieu des morts ou du séjour infernal. «Quecholli. Entra la fiesta de la bajada del Miquitlantecotli y del Tzontemocque y los demas, y por este le pintan con los adereços de guerra, porque la truxo al mundo.—Propiamente se a de dezir la cayda de los demonios que dizen que eran estrellas y asi ay aora estrellas en el cielo que se dizen del nombre que ellos tenian que son estos, que se dizen Yyacatecuytli, Tlahuizcalpantecoyntli, Ce-Yacatl, Achitumetl, Xacupantal..., Mixcohuatl, Tezcatlipoca, Çontemoctli. Como estos llamavanse deste nombre antes que cayesen del cielo, y aora se llaman... tzitzimitli, como quiere dezir cosa mostruosa o temerosa.» (Cod. Tell. Rem. Mex. fol. 4. V.)

[64] «Tlahuizcalpantecutli o la estrella Venus (c’est-à-dire le Seigneur qui éclaire le haut des maisons). Este Tlahuizcalpan-tecutli estrella Venus es el Queçalcovatl... Dizen que es aquella estrella que llamamos Luzero del alva y asi lo pintan con una caña, que era su dia.» (Cod. Tell. Rem. Mex. loc. cit.)

[65] Platon, Timée, trad. de M. Victor Cousin, tome XII, page 3.

[66] Œuvres morales, trad. de Ricard. Tom. XVI.

[67] Les mots atlas et atlantique n’ont d’étymologie satisfaisante dans aucune langue connue en Europe. Dans la langue nahuatl nous trouvons tout d’abord le radical a, atl, qui signifie eau, guerre et le sommet de la tête. (Molina, Vocab. en lengua mexicana y castellana, etc.) De là une série de mots, tels qu’atlan, au bord ou au milieu de l’eau, dont on fait l’adjectif atlantic. Nous avons encore atlaça, combattre ou être en agonie; il peut signifier également lancer de l’eau et le prétérit fait atlaz. Une ville d’Atlan existait au temps de la découverte de l’Amérique, à l’entrée du golfe d’Urabà au Darien, avec un bon port: elle est réduite aujourd’hui à un pueblo sans importance, nommé Acla.

[68] Ce qu’on appelait l’Asie à cette époque ne comprenait que l’Asie Mineure.

[69] Ces autres îles auraient-elles été les Antilles et la mer intérieure, bordée par ce continent, l’Océan Pacifique, puisque cette mer seule (sans doute à cause de son étendue) pouvait s’appeler une véritable mer, et ce continent un véritable continent?

[70] Cette mer en deçà du détroit était la Méditerranée.

[71] D’après cette description, l’île Atlantide aurait été beaucoup plus rapprochée de l’Europe et de l’Afrique que de l’Amérique, et le lac Triton dont parle Diodore, disparu depuis par suite d’un tremblement de terre, et qui se trouvait à l’extrémité occidentale de l’Afrique, n’aurait été que l’étendue de mer intérieure entre l’Atlantide et la Libye.

[72] C’est précisément dans cette circonscription, comprenant la Libye, l’Égypte et l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie, qu’on trouve les débris des races les plus différentes des races indo-européennes, celles dont la constitution physique, les antiques coutumes et les langues se rapprochent le plus de la constitution, des mœurs et des langues des peuples de l’Amérique.

[73] Cette grande invasion de peuples, sortis des mers de l’Ouest et dont on retrouve déjà tant de traces en Afrique et en Europe, dans les races et les langues qui ne sont pas d’origine âryane ou sémitique, devrait, ce nous semble, donner quelque peu à réfléchir aux savants qui prétendent réduire la philologie, comparée à l’hébreu et au sanscrit. C’est dans cette invasion qu’on sera forcé peut-être un jour de chercher l’origine des Hycsos, qui en étaient probablement le dernier flot.

[74] N’est-ce pas à une des grandes invasions âryanes que Platon pouvait faire allusion, quand il oppose cette armée athénienne, venant de l’Est, pour combattre l’invasion atlantique, que les Athéniens, d’origine âryane, repoussèrent, et dont ils conservèrent le souvenir dans la célébration des petites Panathénées? De là probablement date la prépondérance de la race blanche âryane sur les races plus ou moins brunes qu’elle trouva en Europe.

[75] Platon, Timée, traduct. de M. Victor Cousin, tom. XII, page 3 et suiv.

[76] Egypt’s place in universal history, etc., vol. IV, pag. 421.

[77] Lettres sur l’Atlantide, p. 43.

[78] Odyssée, trad. de Mme Dacier, tome I, page 5; tome II, page 7. Remarques; tome I, page 65; tome II, pages 45 et 47.

[79] Examen critique de l’hist. de la géogr. du N. Continent, tom. I, page 167 et suiv.

[80] Plutarque, De facie in orbe lunæ, page 941, 2. Voir mon ouvrage Popol Vuh ou Livre Sacré, dans l’introduction, page XCIX.

[81] Ce nom de Méropis, ajoute en note Humboldt, faisait-il allusion, en se liant au Titan Atlas, à la seule de ses filles, qui s’était unie à un mortel, et qui, dans les Pléiades, restait voilée (obscurcie), presque cachée au regard des hommes? (Apollod. Bibl., III, 10, 1, page 83, éd. Heyne.)

[82] Vers. 1274-1281. Sur un passage analogue de Callimaque. Voyez Ukert, Geogr. der Romer und Griech., tome I, Abth. 2, pag. 246-348, et tom. II, Abth. 1, pag. 194.

[83] Voyez Kleine, Quæst. quædam de Solonis vita et fragmentis. Duitsb., 1832, pag. 8. D’un autre côté, M. Bach (Solonis Athen. carmina quæ supersunt, Bonnæ ad Rhen., 1825, page. 35-56 et 113) croit que la famille de Platon avait conservé, non comme traduction, mais comme poëme, un écrit désigné par les mots λογός Ἀτλαντικὀς.

[84] «Cette objection élevée contre le récit de Platon, et les noms des deux prêtres égyptiens que les dialogues ne désignent pas, me paraît indiquer que Plutarque, malgré l’éloignement du temps, puisait à des sources qui nous sont inconnues.» (Humboldt, Examen, etc., tom. I, page 174.)

[85] Bekkeri, Comment. in Plat., tom. II, pag. 395.—Schol. in Rempubl., I, 3, 1. Voir aussi les mêmes renseignements dans Proclus in Tim., pag. 26. Humboldt, ibid.

[86] Comment., tom. II, pag. 427.

[87] Examen crit. de l’hist. de la géogr. du N. Continent, tom. I, page 176.

[88] Diod., Bibl. hist., trad. de M. Ferd. Hoefer, lib. II, § 55-60.—M. de Sainte-Croix (Examen des historiens d’Alexandre, page 737) croyait cependant que la Gulliveriade d’Iambulus avait quelque fond de vérité. Un écrivain, profondément versé dans les langues et les alphabets de l’Asie méridionale et orientale, M. Jacquet, a récemment fixé l’attention (Nouveau journal asiatique, tom. VIII, page 30; tom. IX, page 308) sur ce peuple qui «se servait de lettres d’après la valeur des signes indicateurs, au nombre de vingt-sept, qui, d’après les figures qu’elles affectent seulement au nombre de sept, éprouvent chacune quatre modifications,» comme dans les alphabets syllabiques des Indiens. Ne peut-on pas admettre que dans ces Voyages imaginaires, on se plaisait à mêler aux fictions des descriptions locales, quelques traits de mœurs et d’usage que l’on connaissait vaguement par les relations incohérentes d’anciens navigateurs? Le mélange de vérité et de fiction paraît avoir existé surtout dans la Panchaia d’Evhemere, malignement traitée de Bergæen, par Eratosthène (Gosselin, tom. II, pag. 138). Cette note est de Humboldt et pourrait s’appliquer à une foule de relations modernes de voyages, où les auteurs ne se gênent guère pour mêler le roman à la réalité. Combien de lecteurs ne connaissent le Pérou que par les Incas, de Marmontel, et le Mexique par les récits de Gabriel Ferry? Est-ce une raison pour nier l’existence de ces deux pays?

[89] Letronne, Idées cosmogoniques, pages 8 et 9. (Heeren, tome I, 1, pag. 206-240; tom. II, 2, pag. 438) croit, d’après la route des caravanes, indiquée par Hérodote au delà des Garamantes, devoir placer les Atlantes de cet historien entre le Fezzan et le Bornou. C’était là peut-être un reste de ces populations, confondues depuis sous le nom de Berbères, et desquels peuvent être sortis les Hycsos ou rois pasteurs qui envahirent l’Égypte et élevèrent si haut les arts dans cette contrée, quoi qu’en dise Manethon.

[90] Hérodote, Histoire, etc. liv. IV, 191.

[91] Les Gorgones, dont le masque hideux se retrouve en Europe et en Asie, dans une foule de monuments anciens et modernes, existe en Amérique, dans un grand nombre de sculptures, de plusieurs siècles antérieures à Christophe Colomb.

[92] Diodor., Bibliot. Hist. lib. III, § 52-56.

[93] Id. ibid.—C’est là peut-être ce qui explique le silence de Diodore sur la disparition de l’Atlantide.

[94] Herodot., Hist., lib. IV, 179.

[95] Sallust., Bell. Jugur., cap. 18.—Plin., lib. V, 8.—Strab., lib. XVII, pag. 828, cas.—Ces Perses dont parle Salluste ne pourraient-ils pas être identifiés avec quelques-unes des tribus âryanes qui envahirent l’Europe et chassèrent ou soumirent à leur domination les populations d’origine brune ou atlantique?

[96] Plutarque, Traité d’Isis et d’Osiris, passim.

[97] «A part les principaux livres de l’Ancien Testament, à part les Kings des Chinois, le Véda, quelques Gâthas du Zend-Avesta, et le soi-disant Livre des Morts de la vieille Égypte, dont le texte a été publié par Lepsius, mais dont nul égyplologue n’a encore brisé le sceau, nous ne possédons de toute l’antiquité que les œuvres d’une muse épique, dont la forme actuelle ne remonte pas très-haut, à commencer par Homère (Eckstein, Sur les sources de la cosmogonie de Sanchoniathon, page 136).

[98] Bassin de l’Ouest. Ainsi doivent s’interpréter les mots Amen oli de l’hiéroglyphe.

[99] Men, est le nom du douzième signe ou personnage du calendrier maya, l’un des vingt chefs primitifs suivant Nuñez de la Vega, et son nom, en maya comme en égyptien, signifie fondateur, édificateur.

[100] Iliad., lib. XIV, etc.—Homère ou celui qui écrivit sous son nom, était parfaitement instruit de la géographie de son temps; il distingue parfaitement l’Océan du Nil, que la vanité égyptienne cherchait toujours à confondre. Voir Diod., Biblioth. hist., lib. I.

[101] Hist. d’Égypte, dès les premiers temps de son existence jusqu’à nos jours, etc. Leipzig, 1859, prem. part., chap. 1.

[102] Brugsch, ibid., page 25, texte et note.

[103] Id. ibid., page 2.

[104] Id. ibid., page 3.

[105] Il existe au Guatémala un cours d’eau considérable, du nom de Nil, qui descend de la Cordillère de Soconusco à l’Océan Pacifique. Ce nom, dons le vocabulaire quiché de Ximenez, est traduit par ces mots, cosa sosegada, que está en paz, tranquille, paisible. Deux documents anciens en font mention: le Titulo de los señores de Totonicapan et le Titulo de los señores de Quezaltenango. Un Vocabulaire quiché donne au Couchant, c’est-à-dire au côté du Pacifique, le nom de Pa-Nile, la région du Nil.