[795] L’s est dur aussi dans Transylvanie, et il devrait y avoir deux s.
[796] Et dans Nansouty, mais jamais dans Fronsac, rarement et à tort dans Arkansas.
[797] Dans les composés commençant par des-, les étymologistes reconnaissent ordinairement le préfixe dis-: l’s y était donc naturellement double, et l’on n’a pas eu besoin de le doubler pour la prononciation; toutefois l’s paraît avoir été doublé (avec suppression de l’accent aigu) dans de(s)sécher, de(s)servir, de(s)sication, de(s)siner et de(s)sin, qui paraissent formés du préfixe dé- et non dis-.
[798] Voir l’énumération, page 171.
[799] On a vu que l’s avait été doublé aussi, bien inutilement après un i, dans di(s)syllabe et tri(s)syllabe. Peut-être faut-il y joindre a(s)sez et quelques mots commençant par as-, si leur préfixe est réellement a-, et non ad-, comme paraît l’indiquer l’orthographe primitive, asez, asesoner, aservir, etc.
[800] Quoique Michaëlis et Passy n’en admettent point. Il est vrai qu’ils admettent bis-sectrice, qui est plutôt rare.
[801] Et telles sont bien les indications du Dictionnaire général.
[802] Quoique le Dictionnaire général indique dis-soudre, sans doute à cause de dis-solution.
[803] Malgré le Dictionnaire général.
[804] Même observation.
[805] Je ne parle pas de di(s)syllabe, cité plus haut, et dont le préfixe est di- et non dis-. D’autre part, le Dictionnaire général indique di(s)section et dis-séquer: cette différence ne paraît guère justifiée, et di(s)séquer est très admissible, aussi bien d’ailleurs que dis-section.
[806] On notera ici que les deux s ont ouvert l’a de classique, même quand on n’en prononce qu’un, car il est fermé dans classe.
[807] Ajouter les noms propres anciens: Mas-sique, Cas-sius, et Cras-sus; Bes-sus, Nes-sus, Es-séniens et Mes-saline; Is-sus et Ilis-sus et Mis-si dominici; Atos-sa; et quelques noms plus récents, Orlando de Las-sus, Lhas-sa et Tas-soni; Bes-sarabie, Bes-sarion, Es-sequibo et Tennes-see; Lis-sa, Canos-sa, Os-sian, et fort peu d’autres, et surtout point ou presque point de mots français.
[808] De même Shakespeare, Sheffield, Shelley, Sheridan, Shetland, Cavendish, Marshall, Usher, etc., et aussi Shéhérazade, Shanghaï, Hiroshima, Shintoïsme, Shoguns, les transcriptions des noms orientaux étant dues aux Anglais.
[809] Voir plus haut, page 227.
[810] Mais nous francisons Buda-Pesth par s.
[811] De même Mara(t), Courbe(t), Carno(t), Escau(t), Maupassan(t), Mozar(t), Rober(t), etc., etc.
[812] Ajouter quelques noms propres étrangers, Touat, Laghouat, Rabat, Sobat, Midhat-Pacha, Josaphat, Ararat, Ghât, Cattégat, Djaggernat, Hérat, et les noms en -stadt, Cronstadt, Reichstadt, où le d cède généralement la place au t. Il faut y joindre la petite plage bretonne de Morgat, mais cette prononciation n’est pas proprement française. Ajoutons aussi à dieu vat.
[813] L’abbé Rousselot dit qu’on hésite entre net et ne(t): où a-t-il vu cela? Dans les rimes de V. Hugo peut-être, mais cela ne suffit pas.
[814] C’est la règle générale des adjectifs numéraux: voir plus haut, page 233, ce qui a été dit pour neuf.
[815] Dans Pierre Lièvre, Notes sur l’art poétique, ce vers de Heredia:
est donné comme ayant pour l’oreille une demi-syllabe de trop! Hélas! J’espère que Heredia prononçait le français plus correctement que son critique. Mais encore setti ne donnerait jamais qu’un t prolongé et non une demi-syllabe de plus: setti ferait le même effet que secti ou celli, sans plus.
[816] Où le peuple assimile ordinairement le t en prononçant ec-cetera, qu’on évitera avec soin.
[817] On entend aussi le t dans quelques noms propres bretons ou français, comme Plancoët ou Plouaret, Moët, Huet, Malouet, Alet (écrit plutôt Aleth), mais non Ane(t), ni Tê(t). Un jour, à la Constituante, un député, faisant un discours, termina une phrase en disant: C’est ma loi, qu’il prononça à l’ancienne mode ma louè. Un loustic rectifia aussitôt: Malouète. On entend surtout le t dans des noms étrangers: Josabet, Japhet, Newmarket, Aben-Hamet, Méhémet-Ali, Médinet-el-Fayoum, Tiaret, etc. Hamle(t) est francisé, comme Mahome(t), Bajaze(t) et Jape(t). Nous avons dit que pour Auerstædt et Hochstedt on hésitait entre le d et le t.
[818] Voir plus haut, page 233, ce qui a été dit de neuf.
[819] Et dans Tanit, Nitocrit, Tilsit, Abauzit.
[820] En revanche le même sud-ouest prononce le t dans Lot. Cela peut-il passer dans le français du Nord? Je ne sais trop, car Lot mène à Gers, puis à Anvers: voir page 310. En tout cas, on fait toujours la liaison dans Lot-et-Garonne. Autrefois on prononçait le t de sot et mot devant un repos comme devant une voyelle; mais je m’étonne que l’usage ait encore pu être «partagé» pour so(t) au temps de Thurot. A dot, il faut encore ajouter quelques mots étrangers, black-rot, forget me not, avec George Eliot, Duns Scot et Thot, mais non Chevio(t).
[821] Sauf tout au plus dans Fomalhaut, et naturellement Connau(gh)t. Il ne sonne pas plus dans Hau(t)poul que dans le composé hau(t)bois ou hau(t)boïste.
[822] Et des marins dans vent debout. Il sonne naturellement dans les mois anglais en -oot (out) et aussi dans Siout.
[823] Voltaire, entre autres, a même écrit brute au masculin.
[824] Le féminin butte y est sans doute pour quelque chose, notamment l’expression être en butte, qui amène des confusions. Quoi qu’il en soit, les mots respectés ne sont plus très nombreux: bahu(t) et chahu(t), débu(t) et rebu(t), tribu(t) et attribu(t), fû(t), affû(t) et raffu(t), salu(t) et chalu(t), canu(t), statu(t), institu(t) et substitu(t). Le t sonne aussi dans les noms propres étrangers: Calicut, Connecticut, Farragut, Lilliput, et, le plus souvent, Canut.
[825] On notera en passant que et s’énonce devant un depuis vingt jusqu’à soixante, y compris les nombres et adverbes ordinaux, et aussi dans soixante et onze, mais pas au delà. On dit aussi les Mille et une nuits, et, en parlant des femmes de don Juan, mille et trois. L’emploi de et était autrefois plus étendu.
[826] Avec Kant, Grant ou Wundt; mais Rembran(dt) est complètement francisé.
[827] On francise volontiers les noms propres en -art: Marie Stuar(t) et les Stuar(t), Gebhar(t), Fischar(t), Stuttgar(t), Makar(t), Marquar(dt), Burckhar(dt), Mozar(t). Mais on prononce le t dans Stuart Mill ou Dugald Stewart, ainsi que dans l’allemand Erfurt, Kiepert, Ruckert ou Hardt, dans Gevaert et Touggourt.
[828] Voir page 215. On a coutume de prononcer sans t Utrech(t), Dordrech(t) et Maëstrich(t). Pour yacht, voir page 44.
[829] Nous savons que lt ne se prononce pas plus dans les mots en -ault et -oult que ld dans les mots en -auld et -ould, les uns et les autres étant français; de même Yseu(lt) est bien meilleur qu’Yseult. Mais on prononce intégralement Anhalt, Seingalt, Belt, Arcadelt, Tafilelt, Barnevelt (écrit aussi Barneveldt), Roosevelt et Soult, et aussi Delft; le t l’emporte sur le d dans Humbol(d)t.
[830] Avec la ville d’Apt.
[831] Et le fut longtemps dans o(st). Il l’est encore dans Saint-Wa(st), Saint-Gene(st), Cre(st), Charo(st), Prévo(st), Provo(st), Thibou(st), Saint-Ju(st), souvent altéré, et même Saint-Pri(est). Il se prononce dans Christ, qui, employé seul, est un mot savant, mais il est resté muet dans Jésu(s)-Chri(st), qui est populaire, et qui a gardé pour ce motif sa prononciation traditionnelle, sauf parfois chez les protestants: voir plus haut, page 307, ce qui est dit de Jésus. Quant à Antechrist, il a été longtemps populaire, et par conséquent st ne s’y prononçait pas, et même l’e y était muet; Littré tient absolument à cette prononciation; mais il est devenu un mot savant où tout se prononce, avec e fermé. Le groupe st se prononce aussi dans Proust et dans Marrast (peut-être pour éviter une confusion avec Marat), dans Ernest et dans Brest, et dans les noms d’origine étrangère: Renaud d’Ast, Belfast, Budapest, Bucharest, Liszt, Faust, Ernst, etc. On prononce l’s seul dans roas(t)-beef qui, d’ailleurs, s’écrit correctement rosbif, comme il se prononce.
[832] Et dans les noms propres: Goliath, Macbeth, Bayreuth, Judith, Naboth, Beyrouth, Belzébuth, etc. Go(th) fait exception, avec ses composés, Wisigo(ths) et Ostrogo(ths). Il faut excepter aussi le terme bizu(th), par lequel les élèves nouveaux sont désignés dans les classes qui préparent à des concours, par opposition aux carrés et aux cubes.
[833] Voir ci-dessus, page 156. On prononce à peu près exactement postcommunion et postscolaire, malgré la difficulté. Mais le t est encore muet dans Wes(t)phalie, Kam(t)schatka et Kam(t)schadales, et quelquefois Mol(t)ke. On prononce même Po(t)sdam, ce qui est plus bizarre: et c’est sans doute pour justifier cette prononciation irrégulière qu’on écrit souvent Postdam; mais c’est uniquement Potsdam qui est correct, et mieux vaudrait prononcer le t, puisque c’est l’s qui est médian.
Les Parisiens prononcent le t médian dans rue Taitbout. Nous savons qu’il est muet dans Me(t)z et Re(t)z. Il est également muet dans les composés de Font-, Mont-, Pont-, devant une consonne, comme Mon(t)béliard, Mon(t)fort, Mon(t)morency, Mon(t)pensier ou Pon(t)chartrain, même si la consonne qui suit est un l ou un r; Mon(t)lhéry, Mon(t)losier, Mon(t)luc, Mon(t)luçon, Mon(t)luet, Mon(t)réal, Mon(t)redon, Mon(t)réjeau, Mon(t)revel, Mon(t)rose, Mon(t)rouge, etc. Mais il arrive aussi que le t n’appartienne pas à la syllabe initiale, ou même qu’il s’en soit détaché: ainsi il se groupe avec l’r dans Fontrailles, Montrésor, Montreuil, Montreux, Montretout, Montrevault et même Montrichard, et Pontrieux, comme dans l’italien Pontremoli. On ne prononce pas le t dans Alfor(t)ville, mais on le prononce dans l’anglais Portland.
[834] Devant un i seulement, et non devant un y grec.
[835] Les noms propres venus à nous du latin ou par le latin font naturellement comme les autres mots: Croatie, Helvétie, Domitien, Eétion, Brutium, Hirtius, Miltiade, Martial, etc.; et les noms modernes ont fréquemment subi l’analogie des autres, comme Gratiolet ou La Boétie.
[836] «Dès le temps de Palsgrave, on écrivait par un t les mots en -tion appartenant à la langue savante, que l’on prononçait cion comme en latin, par une habitude que Péletier et Bèze attestent. Cette orthographe et cette prononciation s’étendirent à un certain nombre d’autres mots, tous de la langue savante, qui ont -ti- devant une voyelle, et comprirent les mots tirés de noms en -tia, -tialis, -tiosus, -tiens, -tientia, -tianus, -tio (tionem), et de verbes en -tiare.» (Thurot, Prononciation française, II, 244.)
[837] On verra que la règle s’applique seulement au t placé entre deux lettres, et non en tête des mots; tiare, tiers, tiède, tien, il tient, avec leurs familles, conservent tous le son normal du t: comme tous les mots latins qui commencent par ti. Au surplus, il y a, en outre, pour chaque cas, des raisons particulières d’étymologie, et nous allons retrouver tous ces mots.
[838] Avec Bastia, Bastiat, Sébastien, Héphestion, etc.
[839] De là deux séries de mots en -tions, d’orthographe identique, mais de prononciation différente, s pour les substantifs et t pour les verbes: voir la liste, p. 187, note 2.
[840] Qui était autrefois apprentive, d’apprentif. Tous ces mots sont naturellement de formation populaire. Au contraire, à côté des simples inepte et inerte, les substantifs ineptie ou inertie, mots savants, suivent la règle, parce qu’ils conservent la prononciation du latin. On verra encore dans un instant trois ou quatre mots en -tie qui gardent le son dental, avec quelques noms propres.
[841] Ces mots appartiennent à la même famille que les mots en -té, et ont seuls gardé l’i que beaucoup d’autres ont perdu; le moyen âge, d’ailleurs, disait tout aussi bien amité ou pité que amitié ou pitié; en tout cas le t latin était devant un a et non devant un i. Ces mots sont donc sans rapport avec le substantif initi-é, et son verbe, qui ont le son sifflant, comme en latin, de même que le verbe balbuti-er, qui a suivi l’analogie de l’autre, malgré son étymologie. Ces deux verbes sont, en effet, les seuls verbes en -tier qui aient le son sifflant. Amnistier ne peut pas l’avoir à cause de l’s; châtier ne l’a pas, parce qu’il était primitivement chastier; les autres qui auraient pu avoir un t ont pris un c: justicier, vicier, négocier, différencier, quintessencier, licencier, circonstancier, à cause du c de justice, vice, négoce, etc.
[842] C’est la même diphtongue que dans les mots en -tié, et là aussi le t latin était devant un a. A ces mots, il faut joindre naturellement, avec volontiers, les noms propres en -tier ou -tière, qui ont le même suffixe: Gautier, Poitiers, Chartier, Brunetière, etc.
[843] C’est toujours une diphtongue étymologique, mais cette fois le t latin était devant un e, l’e du suffixe latin -esimus (centesimus), suffixe qui, en français, est passé des dizaines aux unités. D’ailleurs il était bon que les nombres sept, huit, etc., demeurassent intacts; mais la raison n’aurait peut-être pas suffi, puisqu’une raison pareille n’a pas suffi à conserver le t dans ineptie et inertie.
[844] Ici c’est le radical latin ten-; d’ailleurs le t ne pouvait guère changer de son au cours de la conjugaison.
[845] Du latin tepidus, tertius, tuus, antiphona (on plutôt antephona, latin populaire), tous mots où le t ne pouvait s’altérer. Ajoutons Etienne, de Stephanus, outre que Etienne est pour Estienne, ce qui lui fait deux raisons pour conserver son t intact. Au contraire, la diphtongue de chrétien n’est pas étymologique puisqu’il vient de christi-anus; aussi son t n’est-il resté dental que parce que chrétien est pour chrestien; mais le t est sifflant, comme dans le latin, dans tous les autres mots en -tien: béotien, vénitien, égyptien, Domitien, et même capétien ou lilliputien, formés du même suffixe.
[846] Du latin urtica, où le t ne peut pas s’altérer.
[847] Ce mot vient de l’arabe. Au contraire, argutie garde le t sifflant qu’on donne au latin. Quelques noms propres, qui n’ont pas non plus le t sifflant: Sarmatie, Hypatie, Clytie, Titye, ont gardé sans doute la prononciation du grec (en opposition avec Croatie, Galatie ou Dalmatie, Vénétie ou Helvétie, Béotie, etc.). La Boétie lui-même a pris le t sifflant, par analogie, quoique la localité de ce nom ne l’ait pas. Mais le t est dental dans Claretie, comme dans partie, ortie et sortie: en fait, inertie est le seul mot en -tie où le t soit sifflant après un r. Il est vrai qu’il est sifflant après un r dans martial, partial et beaucoup d’autres; mais Claretie a, de plus, un e muet devant le t, cas unique. Pourtant la tendance est telle à prononcer le t en sifflant dans les mots en -tie, que ce nom est constamment altéré par ceux qui ne sont pas renseignés; mais quand on consultait sur ce point Jules Claretie, il répondait:
«Mon nom, bien cher monsieur, rime avec sympathie.»
[848] Il devrait garder le son normal, car il ne vient pas du latin; mais il subit partiellement l’analogie des autres, comme l’ont subie plus complètement primatie, presbytie ou onirocritie, qui ont le t sifflant. Suprématie nous est venu de l’anglais, où il a un c. Le t est sifflant aussi dans goétie et scotie, qui sont transcrits du latin, et sur lesquels on pourrait se tromper.
[849] De même dans Arimathie, Carinthie ou Scythie, aussi bien que dans Thiers ou Thierry, Mathias, Mathieu ou Ponthieu, quelle qu’en soit l’origine; sans parler de Thyades, qui a de plus un y grec, outre que le t est initial.
[850] Je rappelle qu’à côté d’étiole (et probablement aussi Etioles), pétiole a, au contraire, le t sifflant du latin. Je n’ai pas cité ici étiage, qui est pour estiage: voir plus haut. Le t reste intact aussi dans Critias, qui est grec, dans quelques noms français qui se sont dérobés à l’analogie, comme Pétion, je ne sais pourquoi, enfin dans les noms étrangers, non seulement Tiaret, Tiepolo ou Tien-tsin, qui ont le t initial, mais même Ignatief ou Bagration, qu’on altère très souvent, ainsi que Pétion, en vertu de la tendance générale; naturellement aussi dans Montyon, qui a un y grec, comme Amphictyons ou Amphictyonie, qui d’ailleurs sont grecs eux-mêmes, ce qui leur fait deux raisons pour garder le t intact.
[851] D’ailleurs ce sont les exceptions qu’il faut énumérer, et non les mots qui suivent la règle générale. J’ajoute que la classification méthodique m’a permis de donner en outre, dans la mesure du possible, l’explication de tous les cas particuliers, ce qui n’est pas un résultat négligeable.
[852] Ce sont les seuls qu’indique le Dictionnaire général.
[853] De même assez généralement dans Gambe(t)ta, beaucoup moins dans Algarot-ti, Donizet-ti ou Viot-ti, Bet-tina ou Rigolet-to, ainsi que dans les noms anciens, At-tila ou Pit-tacus.
[854] Pour tz, voir plus loin, à z.
[855] De là certaines confusions dans les noms propres: Favre est devenu Faure, Fèvre est devenu Feure, et Lefebvre a donné Lefébure.
[856] Toutes formes complaisamment accueillies par Michaëlis et Passy. Pourquoi pas aussi bien évu pour eu, et lavou pour là où, où le phénomène est inverse?
[857] Par exemple, Virchow, Vogel, Vogt, Voss, ou encore vergiss mein nicht, zoll verein, la particule nobiliaire: von; Sainte-Vehme est suffisamment francisé, et le v y sonne v.
[858] Comme dans Kharkow ou Rimski-Korsakow. Mais le plus simple est d’écrire ces mots avec un f: Stamboulof, Romanof, Dragomirof, Souvarof, Koutousof, Saratof, et aussi Iaroslaf, Skobelef, Tourguenef. On hésite pour le v de Kiev, mais il n’y a pas de raison pour le distinguer des autres.
[859] Ainsi Brunswick, Nerwinde, Ryswick, Sadowa, Schwarzwald, Schwitz, Swedenborg, van Swieten ou Thorwaldsen, et surtout en tête des mots: Wagner, Wagram, Walpurgis, Waldeck, Waldemar, Walhalla, Walkyries, Wallenstein, Wassy, Weber, Weimar, Weser, Westphalie, Wilhelm, Willis, Wimpffen, Wissembourg, Wolff, Worms, Wurtemberg, Wurtz, etc., tandis qu’à la fin des mots le w allemand ne sonne pas: Bülo(w), Floto(w), etc. Le w flamand a gardé le son ou, qui lui appartient, dans Lon(g)wy et Wissant; mais Wallon est francisé, aussi bien que Waterloo et Watteau, Wimereux et Witt, Wouwerman, et beaucoup d’autres.
[860] De même Bothwell, Cromwell, Darwin, Delaware et Edwards, Edgeworth et Wordsworth, Far-West et Westminster, Greenwich et Woolwich, Longwood, Sandwich, Swift, Swinburne, Wakefied, Walter Scot, Warwick, Washington, Watt, Wellington, Wiclef, Wight, Windsor, Wolseley, Worcester. Devant un r, le w ne se prononce pas: (W)right.
[861] On francise aussi en v le w de Wallace (fontaine), souvent aussi de Waddington, Warwick, Walter Scott et Wawerley, Berwick, Wisconsin et Wiseman, Fowler et quelques autres.
[862] Et aussi dans Lawrence ou Bradshaw. Mais Law se prononce lâce par tradition depuis le XVIIIᵉ siècle, le nom s’étant répandu d’après l’enseigne de la banque, où Law était au génitif: La(w)’s bank, de même qu’aujourd’hui on dit couramment chez Maxim’s. D’ailleurs, le fameux banquier avait accepté et presque adopté cette prononciation: voir sur ce point l’article de A. Beljame, dans les Études romanes dédiées à G. Paris. Brauwer se prononce brou-èr.
[863] Nous acceptons aussi nioucasl pour Newcastle, et de même pour New-haven, New-Jersey, Newman, New-Market, Newport; et encore dèlèniouse pour Daily News; mais Newton et New-York sont francisés depuis trop longtemps en neuton (eu fermé) et neu-york (eu ouvert), pour qu’on puisse imposer niout(e)n et niou-York. On prononce u dans Dugald Stewart, et ev dans Newski ou Walewski.
[864] On prononce également o fermé dans Glasco(w), Hudson Lo(we), Longfello(w), Marlo(we), Clarisse Harlo(we), Luckno(w), Beecher Sto(we) et Co(w)per; et ou pour aou dans Brown, Browning, Brown-Séquard, Cape Town; Gérard Dow se prononce et s’écrit mieux Dou. Nous prononçons également ou, par une fausse analogie avec l’anglais, dans quelques noms slaves en -owski: Dombrowski, Poniatowski, etc., ov dans d’autres moins connus; mais la vraie prononciation serait en oski, avec o ouvert.
[865] Voir page 262, note 1: l’x remplaça d’abord us, puis, quand l’u fut rétabli à côté, il remplaça abusivement l’s tout seul.
[866] De même Carmau(x), Carpeau(x), Cau(x), Bordeau(x), Meau(x) ou Saul(x)-Tavannes, Andrieu(x), des Grieu(x) ou Vieu(x)-Temps, Dreu(x), Évreu(x) ou Brizeu(x), Fallou(x), Barbarou(x), Bardou(x), Berchou(x), Châteaurou(x), Boutrou(x), Ventou(x), Trévou(x), Pelvou(x), etc. (sauf a Marseille).
[867] On évitera donc deusse, aussi bien que eusse et ceusse avec autant de soin que gensse ou moinsse!
[868] Ni dans Saint-Yriei(x) ou Champei(x), Carhai(x), Desai(x), Roubai(x) ou Morlai(x), Foi(x) ou Mirepoi(x). Il se prononce pourtant dans Aix (autrefois on disait ès, déjà vieilli au temps de Mᵐᵉ Dupuis), et dans Dupleix.
[869] Ni dans Chamoni(x), qui s’écrit aussi Chamouny, ni dans Saint-Geni(x), ni dans Chastellu(x). Il se prononce aujourd’hui dans Gex, mais il ne se prononce pas dans Be(x), Château d’Œ(x) et autres localités voisines appartenant à la Suisse romande: Ferney même, qui est tout à côté de Gex, s’écrivit par un x, Fernex, jusqu’au jour où Voltaire, seigneur du pays, en changea l’orthographe pour l’accommoder à la prononciation. Seul Gex a repris son x.
[870] Voir, page 233, ce qui a été dit pour neuf. C’est avec six et dix que l’erreur de prononciation se commet le plus fréquemment dans les dates: le si(x) mai, le di(x) mars; elle n’en est pas plus justifiée.
[871] Et cela fait trois manières de prononcer six et dix.
[872] Comme pour vingt, cette prononciation de dix devant sept, huit, neuf, remonte à plusieurs siècles.
[873] Pour Béatrix, c’est inutile, puisqu’il y a Béatrice. Cadix lui-même se prononce aujourd’hui par cs. Mais on prononce toujours par s Morcenx et Navarrenx.
[874] Voici les autres: smilax, contumax, opoponax, anthrax, borax, thorax, storax et income-tax; ex-, codex, culex, apex, carex, murex, latex, narthex et vertex; bombyx, préfix, hélix, phénix, onyx, pnyx, larix et tamarix; lynx, phorminx et syrinx, pharynx et larynx; box, phlox et cowpox; fiat lux. Il faut y joindre les noms propres anciens ou étrangers, et même les noms français qui ne sont pas en -aux, -eux, -oux, -aix et -oix: Dax, Sfax, Fairfax, Ajax ou Ganderax, Essex, Etex ou Gervex, Bruix, Félix, Eryx, Vercingétorix et Styx, Fox, Pollux et Carlux, etc., et aussi Marx. Pourtant, on prononcera plutôt: Coysevo(x), Oyonna(x). L’x se prononce même dans Aix et Dupleix, mais non dans Chamoni(x): voir page 344, notes 4 et 5.
[875] Le peuple intervertit volontiers les éléments de l’x dans ces mots, prononçant sesque pour sexe, comme Félisque pour Félix: ce défaut remonte à plusieurs siècles.