[98]v

[99]Allusion probable mais vague à Rois, XII, 14, discours que tient Roboam, contrairement aux conseils des vieillards, mais conforme au conseil des jeunes gens qui lui avaient dit: «Dis-leur: mon père vous a châtiés avec des fouets, mais moi je vous châtierai avec des fouets garnis de pointes.» (Note du traducteur.)

[100]Cf. Munera Pulveris, 65. (Note de l'auteur.)

[101]«Nous connaîtrions plus de nous-mêmes et du Christianisme si nous étions plus souvent soumis à cette épreuve.» (Bible d'Amiens, III). (Note du traducteur.)

[102]Allusion à la multiplication des pains grâce à laquelle Jésus rassasia cinq mille hommes avec cinq pains. St Jean, VI. (Note du traducteur.)

[103]

«Le pain que je vous propose
Sert aux anges d'aliment
Dieu lui-même le compose
De la fleur de son froment.
C'est ce pain si délectable
Que ne mange pas à sa table
Le monde que vous suivez.
Je l'offre à qui veut me suivre.
Approchez. Voulez-vous vivre?
Prenez, mangez, et vivez!»

(Racine, cantique IV)

(Note du traducteur.)

[104]Depuis que ceci a été écrit, la réponse a été faite, topique: Non. Nous avons abandonné le champ des découvertes Arctiques aux nations continentales comme étant nous-mêmes trop pauvres pour payer des vaisseaux. (Note de l'auteur.)

[105]Peut-être allusion à S. Luc, IX, 58; voir plus bas la note de la page 224 et particulièrement la citation de la Couronne d'Olivier Sauvage: «Ces chasses gardées qui réalisent à la lettre ou plutôt en fait dans la personne de ses pauvres ce que leur maître répondit à ses disciples: que les renards avaient des abris, mais que lui n'en avait point.»—L'expression elle-même est des Psaumes (LXIII, 11): «Ils seront détruits par l'épée; ils seront la proie des renards.» (Note du traducteur.)

[106]La «Library Edition» nous apprend que ce fossile était l'archæoptéryx. (Note du traducteur.)

[107]Je livre le fait à la publicité sans l'autorisation du Professeur Owen, autorisation que, bien entendu, il n'aurait pu décemment m'accorder si je la lui avais demandée, mais je considère comme si important que le public soit instruit de cette affaire que je fais ce qui me semble mon devoir, quoique ce soit mal élevé. (Note de l'auteur.)

[108]Cf. Time and Tide by Weare and Tyne, Lettre 4.

[109]Ceci était le vrai but de votre «libre échange»: «tous les échanges pour moi». Vous trouvez maintenant que grâce à la concurrence les autres peuples peuvent tenir le marché aussi bien que vous et maintenant vous demandez de nouveau la protection. Pauvres petits! (Note de l'auteur.)

[110]Allusion aux aventures de Nigel: «Quand il était ainsi occupé il abandonnait le poste extérieur de son établissement commercial à deux robustes apprentis à voix de stentor qui ne cessaient de crier: De quoi avez-vous besoin? De quoi avez-vous besoin? sans manquer de joindre à ces paroles un pompeux éloge des objets qu'ils avaient à vendre. Cet usage de s'adresser aux passants pour les inviter à acheter ne subsiste plus aujourd'hui, à ce que nous croyons, que dans Monmouthstreet, etc. (Aventures de Nigel, chapitre Ier, p. 40, de la traduction française, édition Gosselin.) (Note du traducteur.)

[111]Comparez: «Les plus grands trésors d'art que l'Europe possède actuellement sont des morceaux de vieux plâtres sur des murs en ruines où les lézards se cachent et se chauffent et dont peu d'autres créatures vivantes approchent jamais; et les restes déchirés de toiles ternies dans les coins perdus des églises, etc. Un grand nombre de fresques et de plafonds de Véronèse et de Tintoret au Palais ducal ont été réduits, par la négligence des hommes, à cette condition. Malheureusement comme aucun d'eux n'est sans réputation, ils ont attiré l'attention des autorités vénitiennes et des académiciens. Il est de règle que les corps publics qui ne veulent pas payer cinq livres pour protéger un tableau en paient cinquante pour le repeindre. Et quand je fus à Venise, en 1846, il y avait deux opérations réparatrices qui se poursuivaient simultanément dans les deux édifices qui renferment les plus merveilleux tableaux de la ville... Des seaux étaient placés par terre dans la Scuola San Rocco à chaque averse pour recevoir la pluie qui traversait les plafonds de Tintoret, pendant qu'au Palais ducal les Véronèse étaient par terre pour être repeints; et je vis moi-même repeindre le ventre d'un cheval blanc de Véronèse à l'aide d'une brosse placée à l'extrémité d'un bâton de cinq mètres de long et trempé dans un pot à peinture de bâtiments, etc.» (Stones of Venice, II, VIII, 138 et 139.) (Note du traducteur.)

[112]Comparez: «Et moi qui vous parle de l'utilité de la guerre, je devrais véritablement être le dernier à vous parler de cette façon si je me fiais à ma seule expérience. Voici pourquoi: j'ai consacré une grande partie de ma vie à des recherches sur la peinture vénitienne et ces études ont eu pour résultat de me faire adopter l'un de ses représentants comme le plus grand de tous les peintres. Je me suis fait cette conviction sous un plafond couvert de ses peintures; et parmi ces peintures trois des plus belles n'offraient plus que des morceaux déchiquetés, mêlés aux lattes du plafond crevé par trois obus autrichiens. Or, sans doute tous les conférenciers ne pourraient pas vous dire qu'ils ont vu trois de leurs tableaux préférés mis en lambeaux par des obus. Et devant un pareil spectacle quel est le conférencier qui vous dirait comme moi que cependant la guerre est le fondement de tout grand art?» (La Couronne d'Olivier Sauvage, IIIe conférence: la guerre). Mais la référence exacte paraît être Stones of Venice, II, VII, 123. (Note du traducteur.)

[113]Les quatre premières éditions portaient: «Tous les Titiens»; à partir de 1871 ces mots sont remplacés par «toutes les plus belles peintures». La «Library Edition», qui signale cette variante, en conclut avec finesse et un peu spécieusement que l'admiration de Ruskin pour le Titien avait quelque peu diminué. Nous avons, à vrai dire, des témoignages plus précis que celui que donne la «Library Edition» de la révolution qui eut lieu dans le goût de Ruskin et qui renversa la hiérarchie de ses admirations. Nous n'avons pas la place malheureusement de donner ici aucune indication sur cette crise esthétique qui dénoua chez Ruskin la crise religieuse et calma ses plus grands doutes en lui montrant que les peintres croyants comme Giotto étaient supérieurs aux peintres incroyants comme Titien. (Note du traducteur.)

[114]Je voulais dire que les plus beaux lieux du monde, la Suisse, l'Italie, l'Allemagne du Sud, etc., sont assurément les cathédrales véritables, les lieux ou révérer et ou prier, et que nous nous soucions seulement de les traverser à toute vitesse et de manger à leurs endroits les plus sacrés. (Note de l'auteur.)

[115]Cf. Præterita: «Depuis que j'ai composé et médité là pour la dernière fois, que «d'embellissements» sont survenus... Ensuite chaque jour d'exposition vint un flot de gens qui prenaient le sentier et qui le salissaient avec des cendres de cigare pour le reste de la semaine. Puis ce furent les chemins de fer, les voyous amenés par les trains de plaisir qui renversaient les palissades, faisaient peur aux vaches et cassaient autant de branches fleuries qu'ils pouvaient en attraper... etc., etc. Enfin, cette année une palissade de six pieds de haut a été placée de l'autre côté et les promeneurs marchent l'un derrière l'autre, s'offrent telle notion de l'air, de la campagne et du paysage qu'ils peuvent, entre ce mur et la palissade, chacun avec un mauvais cigare devant lui, un second derrière et un troisième dans la bouche.» (Note du traducteur.)

[116]«Oui, Chamonix est une demeure désolée pour moi. Je n'y retournerai plus, je crois. Je pourrais éviter la foule en hiver, mais que les glaciers m'aient trahi... c'en est trop! Faites, s'il vous plaît, mes amitiés à la grosse pierre qui est sous Breven à un quart de mille au-dessus du village, à moins qu'ils ne l'aient détruite pour leurs hôtels.» (Lettre citée par M. de la Sizeranne.) Comparez aussi avec The Queen of Air (Préface): «Ce 1er jour de mai 1869 je me retrouve écrivant là où mon œuvre fut commencée, il y a 35 ans, en vue des neiges des Alpes supérieures. Depuis ce temps, d'étranges calamités ont fondu sur les spectacles que j'ai le plus aimés et tâché de faire aimer aux autres. La lumière... l'air... l'eau sont souillés. Ce matin, sur le lac de Genève à un demi-mille, je pouvais à peine voir le plat de ma rame à 2 mètres de profondeur. À la place d'un petit rocher de marbre, dernier pied du Jura descendant dans l'eau bleue, toujours couvert de fleurs roses de saponaires, on a construit une rocaille artificielle avec cette inscription sur ses pierres rapportées:

«Aux botanistes
Le club jurassique.»

«Ah! maîtres de la science moderne, rendez-moi mon Athénée, faites-la sortir de vos fioles, et enfermez-y sous scellés, s'il se peut une fois encore, Asmodée! Enseignez-nous seulement—ceci qui est tout ce que l'homme a besoin de savoir—que l'air lui a été donné pour sa vie, et la pluie pour sa soif et pour son baptême, et le feu pour sa chaleur et le soleil pour sa vue, et la terre pour sa nourriture,—et pour son Repos.» J'ai résumé ce dernier passage d'après M. de la Sizeranne. M. de la Sizeranne écrit ici «repos» avec un petit r. Je préfère rétablir la majuscule qui est dans Ruskin. Ainsi à la majesté soudaine, on comprend de quel repos il s'agit. Peut-être pourtant pourrait-on soutenir qu'il ne s'agit pas ici du repos de la tombe. On pourrait s'appuyer pour cela sur la Préface de «The crown of wild olive». «L'herbe cependant fut-elle créée verte pour vous servir seulement de linceul et non pour vous servir de lit? et n'y aura-t-il jamais de repos pour vous au-dessus d'elle, mais seulement au-dessous?» Malgré ce doute qui me vient et que j'avoue, je crois qu'il s'agit ici, surtout à cause de la majuscule et de l'importance donnée au mot final de la préface, du repos de la tombe. (Note du traducteur.)

[117]Ruskin fait ici allusion à ce passage de S. Mathieu (XXI, 3 et suivants, ou à Isaïe, V, 2, le passage est identique): «Il y avait un homme, maître de maison, qui planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, y creusa un pressoir et bâtit une tour» pour qu'on pût de là surveiller la vigne. Ruskin a fait allusion à ces versets dans «Lectures of Architecture and Painting», § 19, quand, énumérant tous les passages de la Bible où nous sont montrées des tours, il nous dit: «Vous vous rappelez ce propriétaire qui construisit une tour dans son vignoble.» Dans le passage de «Lectures of Architecture and Painting» Ruskin veut montrer (à propos de la valeur religieuse de l'architecture gothique) que, dans la Bible, les tours n'ont jamais un caractère religieux et sont seulement construites par orgueil, plaisir, ou dans un but de défense. (Note du traducteur.)

[118]Cf. Time and Tide, § 46.

[119]Voir plus loin «des sentiments de joie purs» et surtout comparez avec Arrows of the Chace (passage cité par M. Bardoux): «Buvons et mangeons, car nous mourrons demain», disait le fermier latin et il nous a laissé d'éternels monuments de sagesse humaine et de chant joyeux. «Travaillons et soyons justes, car demain nous mourrons et après la mort viendra le jugement», disaient Holbein et Durer, et ils nous ont laissé d'éternels souvenirs du travail humain et de la crainte attristée de la divinité. «Réjouissons-nous et soyons heureux, car demain nous mourrons et nous serons avec Dieu», disaient Fra Anglico et Giotto; et ils nous ont laissé d'éternels monuments de la royauté des cieux, divinement lambrissée. «Fumons des pipes, gagnons de l'argent, lisons de mauvais romans, marchons dans l'air empesté, disons avec sentiment que nous sommes bien las, car demain nous mourrons et nous serons changés en pipes», voilà ce que disent les hommes d'aujourd'hui.»—On sait que «buvons et mangeons car nous mourrons demain» est une citation d'Isaïe, XXII, 13. Quant au passage tout entier, tant d'idées essentielles à Ruskin s'y laissent deviner, quand elles ne s'y montrent pas, que pour ne pas accumuler les abstractions, je renonce à les isoler. Je me contente de renvoyer le lecteur à la note de la page 211 «oui, mais quel roi» et la longue note des pages 212 et 213. (Note du traducteur.)

[120]L'entrefilet entier est en effet imprimé en rouge dans le texte anglais. Nous aurions voulu pouvoir faire de même ici, afin de conserver l'aspect singulier que ces pages ont dans l'original. Mais des difficultés matérielles d'exécution nous en ont empêché. (Note du traducteur.)

[121]Cf. Stones of Venice «un message qui fut un jour écrit dans le sang et un son qui remplira un jour les voûtes du ciel» (Stones of Venice, I, IV, LXXI), et The crown of wild olive, ch. II, § 59, «lorsque le monde entier se tatoue de rouge avec son propre sang au lieu de vermillon». (Note du traducteur.)

[122]«Une des choses que nous devons nous acharner à obtenir pour le bien de toutes les classes dans nos programmes futurs, c'est que dans aucune, on ne porte d'habillement remis à neuf. Voir la préface.» (Note de l'auteur.)

[123]Cette expression abrégée de la pénalité encourus par le travail infructueux coïncide d'une manière curieuse dans la forme avec certain passage que quelques-uns d'entre nous se rappellent peut-être (a). Il sera peut-être bon de produire à côté de ce récit un autre article que j'ai gardé dans mes tiroirs, découpé dans un Morning Post qui date à peu près du même moment, mars 1865 (b): «Les salons de Mme C..., qui faisait les honneurs avec une grâce et une élégance parfaitement imitées, étaient encombrés de princes, de ducs, de marquis et de comtes, en fait du même public masculin que celui qu'on rencontre aux réunions de la princesse Metternich et de Mme Drouyn de Lhuys. Il y avait quelques pairs d'Angleterre et quelques membres du parlement et ils paraissaient jouir de ce spectacle joyeux et indécent. Au second étage, les tables du souper étaient chargées de tous les mets délicats de la saison. Afin que nos lecteurs puissent se faire une idée de la chère exquise du demi-monde parisien, je copie le menu du souper qui fut servi à tous les convives (environ 200) assis, à 4 heures: Yquem supérieur, Johannisberg, Lafitte, Tokai, Champagne, des crûs les plus nobles, furent servis avec abondance le matin. Après le souper, la danse fut reprise avec un surcroît d'entrain et le bal se termina par une chaîne diabolique et un cancan d'enfer à 7 heures du matin (service du matin): «Avant que les frais gazons n'apparaissent aux paupières entr'ouvertes du matin» (c). «Voici le menu: Consommé de volaille à la Bagration; 16 hors-d'œuvres variés; Bouchées à la Talleyran, Saumons froids sauce Ravigote, Filets de bœuf en Bellevue, Timbale milanaise. Chaud froid de gibier. Dindes truffées. Patés de foie gras. Buisson d'écrevisses. Gelées blanches aux fruits. Gateaux Mancini, parisiens et parisiennes. Fromages glacés. Ananas. Dessert. (Note de l'auteur.)

(a) Ruskin veut parler ici des versets de S. Luc, XI, 11 et S. Mathieu, VII, 9: «Quel est le père d'entre vous qui donne à son fils une pierre quand il lui demande du pain?» Comparez avec cette autre belle interprétation des mêmes versets dans la Couronne d'Olivier Sauvage, I, le Travail: «Il est manifeste que Dieu entend que toute parole bonne et tout travail utile soient faits pour rien. Baruch, l'écrivain public, ne gagna pas, je gage, un sou la ligne à copier pour Jérémie son second rouleau, et saint Étienne n'eut pas les émoluments d'un évêque pour son long sermon aux Pharisiens: il n'eut que des pierres. Car c'est là le payement naturel du père terrestre. Qu'un enfant de ce monde travaille pour le bien du monde, honnêtement, de toute sa tête et de tout son cœur et vienne à lui, disant: «Donne-moi un peu de pain, juste ce qu'il faut pour vivre», le père terrestre lui répondra: «Non, mon enfant, pas de pain, une pierre, si tu veux ou autant que tu en voudras, pour te faire taire.» Mais les travailleurs manuels ne sont pas aussi malheureux que tout ceci le laisserait entendre. Le plus qui puisse vous arriver à vous, c'est de cesser des cailloux, non d'être lapidés, etc. (Note du traducteur.)

(b) Dans la Couronne d'Olive Sauvage Ruskin a rapproché de même deux entrefilets presque pareils à ceux-ci et d'où se dégage le même enseignement:

«Je vais d'abord pour commencer vous l'exposer lumineusement en vous lisant tout bonnement deux entrefilets que j'ai découpés en déjeunant, dans deux journaux placés sur ma table le même jour, 25 novembre 1864. Le passage concernant le Russe opulent à Paris est assez banal at, qui plus est, stupide (car ce n'est rien pour un riche de payer 15 francs pour une couple de pêches en dehors de l'époque ordinaire de ces fruits). Cependant, les deux faits-divers parus le même jour valent d'être placés côte à côte.

«Un de ces hommes est actuellement dans nos murs. C'est un Russe, et, avec votre permission, nous l'appellerons comte Teufelskine. Dans sa façon de s'habiller, il est sublime; l'art joue son rôle dans cette mise où l'harmonie des couleurs est respectée, et où, dans d'heureux contrastes, sa révèle le chiar'-oscuro. Ses manières sont empreintes de dignité—peut-être même apathiques; rien ne trouble la calme sérénité de cet extérieur placide. Notre ami, un jour, déjeunait chez Bignon. Quand arriva l'addition, il y lut: «Deux pêches, 15 francs.» Il paya. «Les pêches sont rares, je présume?» se borna-t-il à remarquer. «Non, Monsieur, répliqua le garçon, mais les Teufelskines le sont.» (Telegraph, 25 novembre 1864.)

«Hier matin, à huit heures, une femme, passant près d'un tas de fumier, dans la cour pavée qui longe l'hospice récemment construit dans Shadwell Gap High-Street, Shadwell, fit remarquer à un constable du quartier un homme accroupi sur le tas de fumier, lui disant qu'elle craignait qu'il ne fût mort. Ses craintes se trouvèrent justifiées. La mort du malheureux paraissait remonter à plusieurs heures. Il était mort de froid et d'humidité, et la pluie avait fouetté le cadavre toute la nuit. Le défunt était chiffonnier. Il était tombé dans la plus effroyable pauvreté, misérablement vêtu, la ventre vide. La police l'avait à plusieurs reprises chassé de cette cour depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, lui disant de rentrer chez lui. Il avait choisi l'endroit la plus désert afin d'y mourir misérablement. On trouva dans ses poches un sou et quelques os. Il pouvait avoir entre cinquante et soixante uns. L'inspecteur Roberts, de la division K, a ordonné de faire une enquête chez les logeurs afin de s'assurer, si possible de l'identité du malheureux.» (Morning Post, 25 novembre 1864.) (La Couronne d'Olivier Sauvage, I, le Travail.) (Note du traducteur.)

(c) Citation de Lycidas de Milton. (Note de l'auteur.)

[124]Je vous prie de noter ce fait, d'y réfléchir, et de considérer comment il se fait qu'une pauvre vieille aura honte de prendre au pays un shilling par semaine, tandis que personne n'a honte de prendre une rente de mille livres par an. (Note de l'auteur.)

[125]Je me réjouis sincèrement de voir fonder un journal comme le Pall Mall Gazette, car le pouvoir de la presse dans les mains d'hommes d'une haute culture, d'une situation indépendante, et bien intentionnés, peut en effet mériter tous les éloges qu'on lui a tant décernés jusqu'ici. Son directeur me pardonnera donc, je n'en doute pas, si, à raison même de mon respect pour le journal, je ne laisse pas passer sans observation un article paru dans son troisième numéro, page 5, dont chaque mot était erroné, de cette erreur profonde où peut seul atteindre un honnête homme qui dès le début a pris un mauvais tournant de pensée et le suit, indifférent aux conséquences. Il contenait à la fin ce passage à noter:

«Le pain de l'affliction et l'eau de l'affliction (a), oui et la couchette et les couvertures de l'affliction, sont l'extrême maximum de ce que la loi devrait donner aux indigents simplement comme indigents.» Je ne fais que mettre à côté de ces lignes représentatives de l'esprit conservateur anglais en 1865, une partie du message qui ordonna à Isaïe d'élever sa voix comme une trompette (b) et de déclarer aux conservateurs de son temps (c): «Vous jeûnez pour faire des procès et des querelles et pour frapper du poing avec méchanceté. Est-ce le jeûne que j'ai choisi, qui est de partager ton pain avec celui qui a faim et de faire venir dans ta maison las affligés qui sont errants.» (d) L'erreur mentale que l'auteur avait prise pour point de départ, ainsi qu'il l'a constaté un peu en avant, était ceci: «Confondre l'office des fonctionnaires chargés des distributions de secours aux pauvres, avec celui des personnes chargées de ces distributions dans une institution charitable est une grande et dangereuse erreur.»

Cette phrase est si exactement et si extraordinairement fausse qu'il nous faut en renverser le sens dans nos esprits avant de songer à nous occuper d'aucun problème actuel de misère sociale. «Comprendre que les fonctionnaires chargés des secours aux pauvres sont les aumôniers de la Nation et devraient en distribuer les offrandes avec une grâce et une libéralité plus grandes et plus généreuses que celles permises à la charité individuelle, autant que la sagesse et le pouvoir collectif d'une Nation peuvent être supposés plus grands que ceux d'une seule personne,—ceci est la base de toute loi sur le paupérisme.»—Depuis que ceci a été écrit, le Pall Mall Gazette est devenu—comme les autres—un simple journal de parti, mais il est bien écrit et, somme toute, fait plus de bien que de mal (e).

(a) Allusion, Rois, XXII, 27, bien que l'expression pain de l'affliction rappelle plutôt les Psaumes (127, 2.)

(b) «Crie à plein gosier, ne te retiens pas, élève ta voix comme une trompette et annonce à mon peuple, etc. (Isaïe, 58, 1.)

(c) Phrase essentiellement ruskinienne. Pour s'en rendre compte: 1° en ce qui concerne les premiers mots: «Je ne fais que mettre à côté de ces lignes du Pall Mall Gazette le message d'Isaïe», comparer avec la Bible d'Amiens, III, 48, note: «en regard de ce morceau éditorial de la presse théologique moderne en Angleterre, je placerai simplement les 4e, 6e et 13e versets de l'épître de S. Paul aux Romains, etc.—; avec Unto This Last (Préface) 5, note: «À ces paroles diaboliques (d'Adam Smith dans la «Richesse des Nations») j'opposerai seulement les plus belles paroles des Vénitiens découvertes par moi dans leur plus belle église («Autour de ce temple, etc.»)». Cette référence à l'autorité de la Bible pour trancher un problème d'économie politique est, comme je l'ai montré ailleurs, le témoignage d'une des plus originales dispositions d'esprit de Ruskin qui est d'attribuer à la littérature et à l'art (la Bible étant ici qu'un beau livre) une sorte de valeur scientifique et inversement de traiter la science comme un art, ce qui fait que pour Ruskin il n'y a pas, quand il s'agit de science, supériorité des temps modernes, sur l'antiquité, pas plus qu'il ne doit en effet y en avoir quand il s'agit d'art. Il y a là aussi, à notre avis, un peu d'idolâtrie et l'amusement d'un érudit qui s'amusa à chercher des recettes de cuisine dans Homère et des renseignements d'ornithologie dans Carparccio. Notons encore que, dans le chapitre «Interprétations» de la Bible d'Amiens, par exemple, cette confrontation du présent au passé est invertie (Confrontation du passé au présent) se relevant plus du premier procédé que sa saveur d'anachronisme: Dans les bas-reliefs d'Amiens la Grossièreté comparée à une femme dansant le cancan, la Rébellion aux voyous qui claquent des doigts devant un prêtre; à propos du Désespoir: «le suicide n'est pas considéré comme héroïque ni sentimental au XIIIe siècle et il n'y a pas de morgue gothique au bord de la Somme,» etc. Ce qui nous amène 2° à comparer les derniers mots de la phrase («message d'Isaïe aux conservateurs de son temps») à tous ces anachronismes, mais plus particulièrement à la Bible d'Amiens, II, 41 («un des soldats francs de Clovis discuta sa prétention avec une telle confiance d'être soutenu par l'opinion publique du Ve siècle» et à Unto This Last, III, 42, «un marchand Juif (le roi Salomon) qui avait fait une des fortunes les plus considérables de son temps.» (Note du traducteur.)

(d) Isaïe, LVIII, 4 et 7. (Note du traducteur.)

(e) Et maintenant il a cessé d'exister sous ce nom. Il est devenu le Westminster Gazette. (Note du traducteur.)

[126]Opéra de Balfe, compositeur de musique irlandais, né en 1808, mort en 1870. Balfe a composé de nombreuses partitions: Le Siège de la Rochelle 1835, Manon Lescaut 1836, Jane Grey 1837, Falstaff 1838, le Puits d'amour 1843, la Gipsy 1844, les 4 fils Aymon 1844, etc., etc. Satanella est de 1859. (Note du traducteur.)

[127]Cf. plus haut § 16, l'adjectif anglais placé d'une façon analogue en symétrie avec l'adjectif «latin». (Note du traducteur.)

[128]S. Luc, XVI, 20. «Il y avait aussi un pauvre nommé Lazare, qui était couché à la porte de ce riche et était couvert d'ulcères.» Comparez, sur Lazare et les pauvres d'aujourd'hui, la Couronne d'Olivier sauvage, I, § 30. (Note du traducteur.)

[129]«Vous avez toujours les braves et bons dans la vie. Ceux-là ont aussi besoin d'être aidés, quoique vous paraissiez croire qu'ils n'ont qu'à aider les autres. Ceux-là aussi réclament qu'on pense à eux et qu'on se souvienne d'eux.» (Lectures on Art, II, 58.) (Note du traducteur.)

[130]Et dès les plus bas degrés de l'échelle du travail. Du travail le plus humble naît un plaisir, humble sans doute comme la tige, qui l'a porté, sans couleurs variées et qui pourtant n'est pas sans charmer la vie qu'il embellit. Ce plaisir-là est satisfaction de soi, plaisir à se trouver avec les autres, optimisme. De ce plaisir-là dans la littérature de tous les temps il y a, avant tout, deux immortels exemples. Le premier c'est l'histoire d'Aristarque et de ses parents dans les Mémorables de Xénophon: «En ce moment, j'en suis sûr, tu ne peux aimer tes parentes et elles ne peuvent t'aimer. Toi parce que tu les regardes comme une gêne pour toi, elles parce qu'elles voient bien qu'elles te gênent. De cela il est à craindre... que la reconnaissance du passé ne soit amoindrie. Mais si tu leur imposes une tâche, tu les aimeras en voyant qu'elles te sont utiles et elles te chériront à leur tour en s'apercevant qu'elles te contentent; le souvenir du passé vous sera plus agréable, votre reconnaissance s'en augmentera. Vous deviendrez ainsi meilleurs amis et meilleurs parents.» «Aussitôt dit, on acheta de la laine... la gaieté avait succédé à la tristesse, etc.» (Mémorables, chapitre VII.) L'autre exemple est donné par la fin de Candide, trop célèbre pour qu'il soit besoin de la citer. C'est d'ailleurs encore la pensée qu'exprime la dernière phrase de Candide: «Tout cela est bien, dit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.»—Je me souviens encore de la façon dont le maître le plus admirable que j'aie connu, l'homme qui a en la plus grande influence sur ma pensée, M. Darlu, aujourd'hui Inspecteur général de l'Université, comparait à ce chapitre des Mémorables le chapitre de la Bible de l'Humanité sur Hercule. (Note du traducteur.)

[131]Allusion à cet étrange passage d'Ezéchiel: «Il me dit: Fils de l'Homme, perce la paroi, et quand j'eus percé la paroi il se trouva une porte... J'entrai donc et voici toutes sortes de figures de reptiles et de bêtes et tous les dieux infâmes de la maison d'Israël étaient peints sur la paroi... et 70 hommes... assistaient et se tenaient devant elles... et chacun avait un encensoir à la main d'où montait en haut une épaisse nuée de parfum. Alors il me dit: Fils de l'Homme n'as-tu pas vu ce que les anciens de la maison d'Israël font dans les ténèbres, chacun dans son cabinet peint, etc. (Ezéchiel, VIII, 6-18.) (Note du traducteur.)

[132]Turner. Voir, sur ce dessin, sur son pathétique et sa signification, Modern Painters, partie V, ch. I, § 17, et chapitre XVIII, § 2. (Note du traducteur.)

[133]C'est dans Isaïe (Prophétie contre le roi de Babylone) (XIV, 9, 10) que le sépulcre a réveillé les Trépassés: «Il a fait lever de leurs sièges tous les principaux de la terre, tous les rois des nations. Ils prendront tous la parole et diront (au roi de Babylone): «Tu as été aussi affaibli que nous, tu as été rendu semblable à nous, on t'a fait descendre de ta magnificence dans le sépulcre avec le bruit de tes instruments, etc.» (Note du traducteur.)

[134]Sans doute, et pourtant si nous prenons la vie de tant de grands écrivains, de tant d'artistes, reconnaissons que bien peu ont entièrement négligé l'autre «avancement dans la vie, dans ses atours». Combien peu, pour ne prendre que cet exemple, ont dédaigné d'entrer à l'Académie Française ou telle autre forme de pouvoir, de prestige. Tel poète, plongé dans la vie elle-même tant qu'il écrit, sitôt la chaleur de l'inspiration tombée est déjà revenu à l'«avancement dans la vie», dans les «atours de la vie» et de sa main tremblante encore d'avoir voulu suivre au vol la vitesse de sa pensée, il inscrit à la première page du poème qui plane si haut au-dessus de toutes les contingences et de sa propre vie, le nom de la Reine bienveillante à qui il le dédie, afin de faire connaître le rang social qu'il occupe, combien il est «avancé dans la vie». Il tient à ce que les humbles mortels le sachent et les autres reines aussi, afin que les hommes le respectent et que les reines le recherchent, et que tous parfassent ainsi son «avancement dans la vie». Peut-être ce poète vous dira-t-il que s'il dine chez cette Reine et ensuite lui dédie son livre, c'est parce qu'ayant conscience de l'éminente dignité de «l'homme de lettres», il veut lui faire dans la société la place qu'il doit y avoir, égale à celle des Rois. Pour un peu, à l'en croire, il se dévoue, il immole ses goûts, son talent, à ses devoirs de citoyen de la République des lettres. Pourtant, si vous lui disiez que tel de ses confrères veut bien se charger de ce rôle et qu'il pourra désormais dans l'inélégance et dans l'obscurité travailler sans se soucier des Reines, peut-être se rendrait-il compte alors que c'était en réalité plutôt à sa propre grandeur qu'à celle de l'homme de lettres qu'il se dévouait et que les conquêtes de son confrère ne lui remplaceraient nullement les siennes propres. D'ailleurs l'homme de lettres chargé d'honneurs est-il plus grand qu'un autre, même aux yeux frivoles de la postérité? C'est fort douteux et un homme de lettres dédaigneux de toute influence, de tout honneur, de toute situation mondaine, comme Flaubert, ne nous apparaît-il pas comme plus grand que l'académicien son ami, Maxime du Camp? Certes le désir «d'avancer dans la vie», le snobisme, est le plus grand stérilisant de l'inspiration, le plus grand amortisseur de l'originalité, le plus grand destructeur du talent. J'ai montré autrefois qu'à cause de cela il est le vice le plus grave pour l'homme de lettres, celui que sa morale instinctive, c'est-à-dire l'instinct de conservation de son talent, lui représente comme le plus coupable, dont il a le plus de remords, bien plus (que la débauche, par exemple, qui lui est bien moins funeste, l'ordre et l'échelle des vices étant dans une certaine mesure renversés pour l'homme de lettres. Et cependant le génie se joue même de cette morale artistique. Que de snobs de génie ont continué comme Balzac à écrire des chefs-d'œuvre. Que d'ascètes impuissants n'ont pu tirer d'une vie admirable et solitaire dix pages originales. (Note du traducteur.)

[135]Le symbole matériel de ceci est l'offre de l'artério-sclérose faite tous es jours aux arthritiques par le démon de la bonne chère. Mais ici encore, pour la santé comme pour le génie, le tempérament est plus fort que le «régime». (Note du traducteur.)

[136]Cercle de l'Enfer de Dante, qui tire son nom de Caïn. Voir l'Enfer, chants V et XXXII. (Note du traducteur.)

[137]«Τὸ δὲ φρόνημα τοῦ πνεύματος ζωὴ καὶ εἰρήνη.» (Note de l'auteur.)

«Et l'affection de la chair c'est la mort, tandis que l'affection de l'esprit c'est la Vie et la Paix.» (Romains, VIII, 6.) (Note du traducteur.)

[138]Munera Pulveris V Government, § 122. (Note du traducteur.)

[139]Sur cette épithète δημοϐόροι voir Lectures on Art, IV, 116, et comparez avec l'expression des Psaumes, XIV, 4: «ils mangent mon peuple comme du pain», que Ruskin cite dans The two Paths, § 179. (Note du traducteur.)

[140]Allusion à Dante, Enfer, III, 60. (Note du traducteur.)

[141]Allusion à la huitième scène de la 1re partie d'Henri IV, de Shakespeare: Hotspur, le doigt sur la carte: «Il me semble que ma portion, au nord de Burton ici—n'est pas égale à la vôtre.—Voyez comme cette rivière vient sur moi tortueusement—et me retranche du meilleur de mon territoire—une énorme demi-lune, un monstrueux morceau.—Je ferai barrer le courant à cet endroit,—et la coquette, l'argentine Trent coulera par ici—dans un nouveau canal uniforme et direct: elle ne serpentera plus avec une si profonde échancrure—pour me dérober ce riche domaine.—Glendower: Elle ne serpentera plus! elle serpentera, il le faut; vous voyez bien.—Mortimer: Oui, mais remarquez comme elle poursuit sen cours et revient sur moi, en sens inverse pour votre dédommagement.—Elle supprime d'un côté autant de terrain—qu'elle vous en prend de l'autre.—Worcester: Oui, mais on peut ici la barrer à peu de frais, etc., etc., Et enfin Glendower: Allons, on vous changera le cours de la Trent.» (Note du traducteur.)

[142]C'est le centenier de Capharnaüm qui dit à Jésus: J'ai des soldats sous mes ordres et je dis à l'un: «Va» et il va, à l'autre: «Viens» et il vient, à mon serviteur: «Fais cela,» et il le fait. (S. Mathieu, VIII, 9.) (Note du traducteur.)

[143]Comparez: «L'homme est bien plus réellement le soleil du monde, que n'est le soleil. La flamme de son cœur merveilleux est la seule lumière digne d'être mesurée. Là où il est sont les tropiques; là où il n'est pas le monde des glaces.» (Modern Painters, V, p. 225, cité par M. Bardoux, dans son ouvrage sur Ruskin.) (Note du traducteur.)

[144]S'il n'y avait que «font et enseignent», la référence la plus littérale semblerait être: Actes, I, 1: «les choses que Jésus a faites et enseignées», mais le contexte indique qu'il s'agit bien plutôt de Mathieu, V, 19: «Celui donc qui aura violé ces commandements et qui aura ainsi enseigné les hommes sera estimé le plus petit dans le royaume des cieux, mais celui qui les aura observées et enseignées, celui-là sera estimé grand dans le royaume des cieux», et dans les royaumes de la terre, ajoute Ruskin. (Note du traducteur.)

[145]Allusion à St Mathieu, VI, 19-20: «Ne vous amasser pas des trésors sur la terre, où les vers et la rouille gâtent tout et où les larrons percent et dérobent. Mans amassez-vous des trésors dans le ciel où les vers ni la rouille ne gâte rien, et où les larrons ne percent ni ne dérobent.» (Note du traducteur.)

[146]La «Library Edition» nous apprend que c'est là le terme usité en alchimie pour signifier l'or dissous dans l'acide nitro-hydrochlorique, lequel était supposé contenir l'élixir de vie. (Note du traducteur.)

[147]Minerve, Vulcain, Apollon (voir On the old Road, tome II, § 36). (Note du traducteur.)

[148]Job, XXVIII, 7. (Note du traducteur.)

[149]Ruskin veut parler de «Unto this last». Dans la préface d'Unto this last, Ruskin dit de même: «Je crois que ces essais contiennent ce que j'ai écrit de meilleur, c'est-à-dire de plus vrai et de plus justement exprimé. Le dernier (Ad Valorem) qui m'a coûté le plus de peine ne sera probablement jamais surpasse par aucun autre de mes écrits futurs.» Dans Fors Clavigera, Unto this last est ainsi rattaché à l'ensemble de son œuvre:

«À vingt ans j'écrivis Peintres modernes, à trente ans, les Pierres de Venise, à quarante ans, Unto this last, à cinquante ans, les Leçons inaugurales d'Oxford, et, si je finis jamais Fors Clavigera, l'état d'esprit dans lequel je me trouvais à soixante ans sera fixé.

«Les Peintres modernes enseignèrent l'affinité de toute la nature infinie avec le cœur de l'homme; montrèrent le rocher, la vague et l'herbe comme un élément nécessaire de sa vie spirituelle. Ce dont je vous conjure aujourd'hui, d'orner la terre et de la garder, n'est que le complément, la suite logique de ce que j'enseignais alors. Les Pierres de Venise enseignèrent les lois de l'art de bâtir et comment la beauté de toute œuvre, de tout édifice humain dépend de la vie heureuse de son ouvrier. Unto this last enseigna les lois de cette vie même et la montra comme dépendante du Soleil de justice.» Fors Clavigera, IV, Lettre LXXVIII, citée par M. Brunhes. (Note du traducteur.)