لتفتحن القسطنطينية فلنعم الامير لتفتحن و فلنعم الجيش ذلك الجيش

Voici la traduction:

«On va conquérir Constantinople: quel honneur pour l’armée qui fera cette conquête et quelle gloire pour son chef.»

Des deux côtés de la porte principale, sur des fenêtres, deux balcons permettent aux muezzines d’entendre la prière et de la répéter aux fidèles qui prient dehors.

Le tombeau du sultan Mehmed le Conquérant se trouve devant la mosquée, qui possède comme autre dépendance des médressés, des imarets et un hôpital. La porte qui conduit au Mousalla date d’Ahmed III.

Les grands personnages de l’État ont leur sépulture tout à côté de ce grand turbé.

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Mosquée de Yeni Djami.—Appartement du Sultan.
MOSQUÉE DE LALÉLI

Cette mosquée, construite à la même époque que celle de Fatih, présente extérieurement de très grandes ressemblances avec elle. Elle est bâtie sur de profonds souterrains formant citerne. Elle est, comme les autres mosquées, précédée d’une cour à portiques, où l’on accède par un escalier en marbre. Les colonnes qui supportent les arcades sont d’une forme bizarre et inesthétique. On ne voit plus sur les chapiteaux les stalactites, si fréquemment employées dans l’art ottoman. Tout y est pauvre. Les chapiteaux sont formés d’un simple abaque en marbre orné d’une petite feuille aux quatre coins. Des deux côtés de la porte principale qui conduit à l’intérieur et à une certaine hauteur, on voit deux balcons, d’où l’on répétait la prière aux fidèles.

L’intérieur est disposé d’une façon nouvelle.

La base octogonale de la coupole est supportée par des colonnes engagées dans l’épaisseur du mur. La partie qui renferme le Mihrab est située hors de l’octogone formé par les colonnes. Les tribunes sont au-dessus de la porte.

II.—LES FONTAINES

و من الماء كل شى حى

Ainsi que l’indique un verset du Coran qu’on rencontre à peu près sur toutes les fontaines, les musulmans considèrent l’eau comme la source de la vie. Ils sont en cela d’accord avec le chimiste qui attribuait l’origine des molécules à l’hydrogène.

Tout personnage musulman, désireux de faire une œuvre, construisait pour le repos de son âme et celle de ses parents morts une fontaine où coulait une eau pure ou potable. A chaque pas, dans la ville, on rencontre des tchechmés (fontaines) ou des sébils. Les tchechmés sont de simples fontaines destinées à fournir l’eau potable que les porteurs d’eau, appelés Sakha, portent dans les maisons des quartiers avoisinants. Le tchechmé consiste généralement en une construction de marbre appliquée au mur et terminée à son extrémité inférieure par un petit bassin.

Souvent ces tchechmés possèdent à leur partie supérieure un grand satchak (toit avancé) pour abriter du soleil et de la pluie les gens qui prennent de l’eau.

Les eaux amenées par des aqueducs alimentent de grands réservoirs en pierre qui se trouvent derrière chaque fontaine. Sur chacun de ces tchechmés se trouve enclavée dans le mur une plaque de marbre sculptée et dorée, qui porte le nom des fondateurs de la fontaine et la date de sa fondation (chronogramme).

Sur tous les monuments élevés par les musulmans la date est indiquée, en général, par la somme des valeurs correspondant aux lettres du dernier vers. Chaque lettre, selon la classification des Arabes, correspond à un numéro d’ordre. Le total des chiffres qui composent ainsi le dernier vers de l’inscription indique la date. Les poètes s’efforçaient de réunir dans le dernier hémistiche leur nom, celui du fondateur et la date de la fondation.

Les vers sculptés sur la pierre en caractères dorés contribuent beaucoup à l’ornementation, grâce à la forme décorative des lettres orientales.

Quant aux sébils, ils sont d’ordinaire situés dans les endroits publics près des mosquées, et un homme est chargé de remplir les gobelets en bronze vidés par les buveurs et qui restent attachés par des chaînes aux grillages des sébils. Ces grillages, qui sont souvent en bronze ajouré et ciselé de magnifiques ornementations, produisent généralement un grand effet décoratif.

Les gobelets mis à la disposition des passants portent souvent, à l’intérieur, des versets du Coran qui rendent sacrée l’eau qu’on boit.

Les sébils se composent de plusieurs pièces surveillées par le gardien.

La fontaine du sultan Ahmed III, près du vieux sérail, possède ces deux genres de tchechmés et de sébils. Elle est située à côté de Sainte-Sophie, près de la porte du vieux sérail dite Bab-i-Humayoun, probablement sur l’emplacement de l’ancienne fontaine byzantine qui s’appelait Géranion. On dit que le croquis de cette fontaine a été établi par le sultan Ahmed III lui-même.

Des vers de sa composition, sculptés en lettres d’or sur les plaques de marbre, décorent richement la fontaine. Quelques-uns de ces vers sont empruntés aux plus fameux poètes de l’époque et célèbrent les louanges de Dieu et du souverain.

Comme nous venons de le dire, cette fontaine réunit les deux principaux genres en usage à Constantinople: sébil et tchechmé, qu’on rencontre ailleurs séparément. La fontaine est comprise dans un carré ayant à chaque angle des parties semi-circulaires où sont installés quatre sébils.

Quatre fontaines sont placées dans les espaces libres entre les sébils; à la droite et à la gauche de chaque fontaine sont creusées deux niches ornées de stalactites.

Des fleurs ornementales finement sculptées sur des plaques de marbre précieux, encadrent des inscriptions rehaussées d’or, au milieu des frises en faïence qui décorent les quatre façades.

Les sébils sont garnis de grilles en bronze magnifiquement ciselées. La fontaine est couverte d’une toiture très exhaussée, surmontée d’un grand clocheton central et de quatre autres clochetons plus petits placés au-dessus de chaque sébil, et qui portent à leur sommet des alems dorés, auxquels l’édifice emprunte son caractère religieux. La toiture et les clochetons sont recouverts de plaques de plomb. Cette fontaine fut achevée en 1141 H. (1728 J.-C.) Le sultan Ahmed avait fait construire un grand nombre d’autres tchechmés, richement travaillés, tels que la fontaine de Tophané, reconstruite par Mahmoud Ier en 1145, et qui se trouve actuellement à l’angle du grillage de l’arsenal, sur le coin de la rue qui va aux quais.

Les ornementations de cette fontaine sont d’un style bâtard. Une large bande de fines inscriptions en vers décore la partie supérieure du monument. Aujourd’hui, on ne voit plus rien de son ancienne toiture, qui a été détruite et remplacée par une balustrade, ce qui lui enleva toute son originalité. Le plafond du toit de cette fontaine était richement orné de fleurs et de fruits sculptés sur bois. Ce toit formait sur chaque façade une saillie de 15 pieds, 6 pouces, qui était surmontée d’une grande coupole couverte de plomb, au sommet de laquelle s’élevait une flèche (alem) dorée, pareille à celle de la fontaine de l’Aya Sophia; seize autres petites coupoles entouraient la base de la grande. La fontaine de Scutari, qui, reconstruite plusieurs fois, vient de s’écrouler, a elle aussi beaucoup perdu de sa forme primitive et par suite de son originalité.

Une autre fontaine fut construite par le sultan Ahmed au quartier des Arabes[81] à Galata, presque en même temps que celle de Bab-i-Humayoun. Comme Galata formait alors une petite ville entourée d’une enceinte, et que les terrains étaient occupés par des maisons de commerce, on n’avait pu trouver à cette fontaine un emplacement assez vaste et dont les abords fussent suffisamment dégagés: on fut donc obligé de lui donner la forme d’un biseau à angles et, pour obtenir plus de développement de façade, on adopta une sorte de tourelle à six pans.

[81] Nom donné d’abord à l’infanterie légère et plus tard aux pontonniers et aux rameurs.

Elle est à la fois tchéchmé et sébil, comme celle du sérail à qui elle ressemble, bien qu’elle soit d’une disposition un peu différente. La fontaine d’Arab Kapou n’a en effet qu’un seul sébil qui est formé par une petite rotonde hexagonale; une colonnette se dresse à chaque angle, supportant un chapiteau d’ordre cristallisé, sur lequel sont appliqués des grillages en bronze ciselé et doré et de gracieuses rosaces.

Sur les façades qui se trouvent à droite et à gauche du sébil sont installés deux tchéchmés, ornés de magnifiques sculptures et inscriptions dorées en relief.

III.—LES CIMETIÈRES

Les musulmans souhaitent, pour la félicité de leur âme, reposer après leur mort près d’un édifice religieux.

Les Sultans, les grands dignitaires de l’État, les grands personnages, les riches, les gens aisés se font enterrer près d’une mosquée où la prière est continue.

Les Sultans et les pachas ont toujours leurs tombeaux près de la mosquée qu’ils ont fondée.

En général, à chaque mosquée est attenant un petit jardin qui sert de cimetière; on y trouve le tombeau du fondateur, entouré des tombeaux de ses parents et des grands personnages.

Les sépultures couvertes qu’on appelle turbés sont réservées aux saints, aux Sultans et aux personnages considérables.

On ne peut faire un plus grand honneur à un défunt que de lui élever un turbé.

Les turbés sont généralement construits en forme octogonale ou carrée, surmontés d’une coupole et précédés d’un vestibule.

Dans les turbés des très grands personnages, des gardes (turbedars) veillent sans cesse en lisant le Coran. Les turbés des Sultans diffèrent de ceux des saints, en ce qu’ils sont plus richement décorés; ceux des saints ont un aspect plus mystique et plus religieux.

On y voit un cercueil (sandouka), en forme de caisse à base rectangulaire, recouvert d’un couvercle prismatique. Ce cercueil est couvert de draps noirs ou verts et d’étoffes de valeur portant des versets du Coran brodés en or et en argent. Du côté de la tête est placé un turban rappelant la coiffure que portait le défunt. De chaque côté du cercueil près de la tête sont posés deux grands candélabres garnis de cierges; les candélabres sont en bronze ou en argent, selon l’importance du défunt.

Des Corans manuscrits, ouverts sur des pupitres en forme d’X, sont à la disposition des visiteurs qui voudraient prier pour le repos de l’âme du défunt. On voit souvent, attachés aux grillages des fenêtres des turbés ou à la balustrade qui entoure le cercueil, de petits chiffons que les malades viennent fixer là avec l’espoir que cette pratique religieuse les guérira. Le turbedar fait passer les malades entre de grands chapelets qui y sont gardés et leur fait boire de l’eau du puits avoisinant le turbé. Suivant les prescriptions, cette eau doit être puisée à l’aide de tasses portant des inscriptions sacrées.

Les turbés des Sultans sont plus richement décorés; le cercueil, plus haut et plus grand, est excessivement luxueux. Il est recouvert de châles précieux en velours brodé d’argent. Les pupitres en noyer ou en ébène sont incrustés de nacre et de rosaces magnifiques. Un haut grillage en bronze ou en argent entoure le cercueil.

Les cimetières publics sont situés à proximité de la ville. Outre les petits cimetières qu’on rencontre dans chaque quartier, près des mosquées, la ville possède trois cimetières principaux[82], qui peuvent vraiment être considérés comme des villes des morts. Ils ont à peu près le même aspect; on y voit d’immenses cyprès très vieux, des pierres tombales souvent brisées disséminées un peu partout sans ordre, et qui font ressembler ces cimetières, généralement entourés de murs en ruines, à de véritables forêts de pierres.

[82] Celui d’Eyoub, ceux qui bordent les murs, et le cimetière de Karadja Ahmed à Scutari.

Le corps du défunt est enseveli dans la terre, le côté droit tourné vers La Mecque. Tous les morts sont placés dans la même position. Une grande plaque de marbre couvre horizontalement le tombeau. Deux pierres posées verticalement indiquent l’une le côté de la tête, l’autre le côté des pieds. Dans la plaque de pierre horizontale sont creusés deux trous assez larges qui communiquent avec la terre; on y plante des fleurs ou des rosiers. Au milieu de la pierre, une cavité ronde remplie d’eau de pluie sert aux petits oiseaux et aux colombes. Du côté de la tête s’élève une pierre commémorative, rappelant par une sculpture la coiffure du défunt, avec son nom et la date de sa mort souvent écrits en vers et sculptés en reliefs rehaussés d’or. La grandeur et l’ornementation de cette pierre varient selon l’importance du défunt. Les pierres sépulcrales des femmes ont une forme différente de celle des hommes. Elles ne portent qu’une ornementation ou une fleur.

Du côté des pieds, la pierre a une ornementation, mais sans écriture. Toutes les pierres tombales des personnes riches ou pauvres ont des vers commémoratifs qui commencent par la formule:

هو الباقى

(Dieu seul est éternel.)

ou

كل نفس ذائقة الموت

(Chaque âme doit goûter la mort.)

Les souffrances du défunt, son emploi, son âge sont rappelés en quelques lignes. Toutes ces inscriptions se terminent en demandant aux visiteurs la prière de Fatiha, premier chapitre du Coran, pour la tranquillité de l’âme du défunt.

IV.—LES BAINS TURCS (HAMAM)

Le bain étant aussi indispensable au musulman que la mosquée, la ville possède plus de trois cents bains publics, sans compter les bains particuliers.

Les bains turcs ne diffèrent en général que fort peu de ceux des Byzantins. Les Turcs, qui utilisèrent après la conquête les bains abandonnés par les Byzantins, construisirent les leurs à peu près dans le même genre et souvent sur le même emplacement. D’ailleurs la disposition des bains byzantins était celle déjà adoptée par les Turcs pour les bains de Brousse, de Salonique et de Damas.

L’eau et le feu, auxquels les bains étaient exposés continuellement, n’ont laissé subsister jusqu’à nos jours aucun bain datant de l’époque byzantine, et qui n’ait subi soit des réparations, soit des transformations.

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Mosquée du sultan Mehmed II le Conquérant.

Gyllius, qui visita Constantinople soixante-douze ans après l’entrée des Turcs dans cette ville, nous donne la description d’un bain turc. Cette description permet de se faire une idée de ce qu’étaient les bains à cette époque où ils rappelaient encore de très près les thermes byzantins, s’ils ne leur étaient tout à fait semblables. Elle montre qu’ils avaient les mêmes dispositions que les bains turcs actuels.

«Ces thermes sont doubles ou jumeaux, dit-il, composés de deux parties exactement semblables, adossées l’une contre l’autre et réservées l’une aux hommes, l’autre aux femmes[83]. On entre d’abord dans l’apodyterium d’où l’on passe par une porte au tepidarium et par une autre du tepidarium au caldarium. Ces trois compartiments réunis par des portes de communication constituent les thermes. Chacune de ces parties de l’édifice a sa toiture et ses murailles.»

[83] Les bains qui n’ont qu’une seule division sont ouverts jusqu’à midi aux hommes, qui l’abandonnent ensuite pour laisser la place aux femmes.

«L’apodyterium est un édifice carré sur lequel s’appuie la rotonde en briques de la voûte. Son intérieur a 240 pieds 8 pouces de pourtour. Une estrade en pierre, ayant plus de six pieds de largeur et haute de trois pieds, règne tout autour. La muraille de l’apodyterium, depuis sa base jusqu’au sommet sur lequel la coupole prend naissance, a trente-sept pieds de hauteur; le pavé est formé de dalles en marbre. En son centre se trouve une vasque également en marbre.»

«Deux portes d’entrée conduisent de l’apodyterium au tepidarium dont l’intérieur a cent pieds de circonférence. La voûte hémisphérique est soutenue par quatre arcades, qui forment huit alcôves; une de ces alcôves qui est plus petite de moitié que les autres est réservée aux latrines. Six d’entre elles possèdent chacune une vasque munie d’une fontaine à robinet, mais elles sont construites de manière qu’entre chaque seconde arcade il en est une qui forme une chambre d’où l’on passe à droite et à gauche dans une autre. Au centre du tepidarium est une fontaine d’où jaillit un filet d’eau qui tombe dans un bassin de marbre. Une seule porte sert de passage du tepidarium au caldarium. Cette partie du bain présente huit arcades qui servent de soutien à une coupole. Chacune des huit arcades ouvre sur une chambre. Au milieu du pavé, qui est formé pareillement de dalles en marbre, s’élève une estrade octogonale haute de deux pieds quatre pouces et ayant cinquante-sept pieds un quart de circonférence. Elle est entourée par une ruelle qui la sépare du pavé dont le niveau est le même que celui de l’octogone.»

Dans ce passage de Gyllius, nous voyons que la disposition des premiers bains turcs de Constantinople, provenant probablement des Byzantins, ne différait presque pas des bains construits par les Turcs de l’époque postérieure. Les bains turcs sont généralement construits sur un plan rectangulaire. Chaque partie du bain est couverte d’un dôme, criblé de petites ouvertures rondes garnies de clochetons en verre qui laissent pénétrer la lumière à l’intérieur. Les murs latéraux sont dépourvus de fenêtres. L’apodyterium est dallé de marbre, et possède au centre un bassin sur lequel s’étagent de grandes cuvettes en marbre, à bordure cannelée, de dimensions variables, se rapetissant de l’une à l’autre. L’eau jaillissant de la cuvette placée au sommet le plus élevé fait cascade sur les autres. Les mêmes eaux servent parfois à arroser des fruits. Des canaris chantent continuellement dans des cages ornées de perles bleues[84] (bondjouk).

[84] Les perles bleues sont considérées comme un fétiche contre le mauvais œil.

Une colonnade en bois entoure la salle. De larges bancs en forme de sofas y sont placés. C’est là que les gens de la classe pauvre se déshabillent. Des morceaux de bois ronds, fixés entre les colonnes, servent de portemanteaux. Au-dessus de cette première galerie, on en voit une deuxième et souvent une troisième. Là aussi sont disposés de larges sofas. Les galeries inférieures et supérieures sont séparées aux angles par une cloison en bois. Ces pièces sont réservées aux riches et aux grands personnages.

Sur une petite estrade près de la porte se tient le propriétaire, assis sur un coussin (minder), devant une cassette en bois (tchekmédjé) tout incrustée de nacre. Un miroir à main, d’une forme ogivale, reste suspendu au mur près de cette cassette destinée à recevoir l’argent que les baigneurs posent en quittant le bain.

A hauteur des galeries supérieures sont rangées des tiges en bois où l’on étend les pechtemal (essuie-corps) de couleurs éclatantes.

Une petite cheminée adossée au mur près de la porte intérieure sert à préparer le café. Près de cette cheminée se trouvent des armoires contenant des narguillés, des tasses à café, des savons parfumés de musc, des vases en bronze doré, des fleurs artificielles.

Une porte étroite passe de l’apodyterium dans la pièce appelée soouklouk (tepidarium ou alipterium) dont la température est plus élevée que dans la grande pièce, mais moins que dans la deuxième appelée caldarium. Elle est surmontée d’une coupole percée de petites ouvertures que recouvrent des cloches en verre. Une faible lumière éclaire l’intérieur. Là, sur des bancs en bois, sont préparés des lits à la disposition des baigneurs.

De petites portes ouvertes dans cette salle conduisent par des galeries voûtées et obscures aux lieux d’aisance et à un cabinet particulier, réservé aux toilettes intimes auxquelles chaque musulman est religieusement astreint. Le baigneur pénètre dans cette dernière pièce où un robinet d’eau chaude et un kourna (récipient en marbre) sont à sa disposition. Il couvre l’ouverture formée par la porte d’un pechtemal et procède à ses ablutions. Une porte conduit du tepidarium au caldarium où règne une très forte chaleur. Cette salle est pareillement dallée de marbre et surmontée d’une coupole à petites fenêtres rondes. A chaque coin de la salle, il y a de petites cabines séparées par un mur bas, qui sont réservées à la classe riche. Toutes ces cabines possèdent un ou deux kournas avec deux robinets en bronze dont l’un est à eau chaude et l’autre à eau froide.

La salle est également munie de kournas, au-dessus desquels sont enfoncés dans le mur de grands et longs clous noirs qui servent à suspendre les pechtemals.

Au milieu de la salle commune du caldarium, existe une estrade en forme ronde ou octogonale et qui s’appelle Gueubek-tachi (pierre-nombril) où le baigneur s’allonge pour être massé.

Les bains turcs n’ont pas, comme on l’a dit à tort, un grand bassin où le public va se baigner, car l’eau déjà touchée par un autre corps et par le corps du baigneur même est considérée par les musulmans comme rituellement impure. Toutefois le cas peut être exceptionnel dans les bains thermaux où l’eau se renouvelle en coulant de source, comme à Brousse par exemple. A Constantinople, il n’y a que les israélites qui, fidèles aux prescriptions de la loi de Moïse, aient gardé la coutume de se replonger dans une piscine d’eau froide après s’être lavé le corps.

Chaque bain possède un kulhan (hypocauste). On y brûle continuellement du bois. La chaleur et la fumée circulent sous le dallage en marbre du bain, traversent les nombreuses conduites maçonnées dans l’intérieur des murs, chauffent l’eau et l’air du bain et ressortent par de petites cheminées en forme de tubes circulaires, appliqués tout autour de la bâtisse au haut des coupoles couvertes de plomb. Faut-il ajouter que ces bains sont constamment chauffés? Les musulmans sont en effet astreints par leur religion à se laver le corps en certaines circonstances.

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Tombeau de Mehmed II le Conquérant.

Dans le Turbé devant sa mosquée.

Le bain des dames diffère un peu de celui des hommes. D’abord les accessoires comme essuie-corps, savon, sont apportés par les femmes elles-mêmes dans de grands bohdja (sortes de sacs en drap brodé). Elles prennent même avec elles des vivres, car c’est pour elles un grand plaisir que de passer toute la journée dans le bain en mangeant sur le gueubek-tachi, en chantant et en s’amusant.

Au cours d’un ouvrage écrit sur les études de van Millingen, le Dr Mavroyeni donne des détails très circonstanciés sur la façon compliquée et pittoresque dont on prend le bain chez les Orientaux. Nous nous permettrons de résumer cet intéressant travail.

«Dès l’entrée, on aperçoit les étuvistes, drapés à la romaine dans des linges bleus rayés de rouge. Dans l’apodyterium, des baigneurs se déshabillent, tandis que d’autres sortent du bain et viennent s’étendre sur les lits de repos pour y goûter le kieff, mot intraduisible, béatitude absolue que donnent à l’esprit et au corps des Orientaux le tabac et le café unis au 11013 dolce farniente.

«Après s’être déshabillé, le baigneur s’enveloppe d’une sorte de pagne, et, coiffé d’un large turban, les pieds dans des sandales de bois qui rendent sa marche incertaine, il entre dans le tepidarium. La température y est de 25° et c’est sur des couchettes garnies de coussins que la pipe et le café sont présentés au baigneur. Dès qu’une moiteur apparaît sur son corps, l’étuviste le fait passer au caldarium où, sur une estrade située au centre, commence l’opération du massage à laquelle une grande importance est attachée et qui est pratiquée par des malaxeurs et des strigillaires modernes en qui se sont conservées les traditions du passé.

«Après un massage complet de toutes les articulations, le masseur mène son client près d’une des vasques qui entourent la rotonde et, armé d’un gantelet en poils de chèvre, s’attaque au système cutané. Les rinçages s’opèrent à l’eau tiède. Mais le baigneur est à bout de forces: un verre d’eau froide lui redonne l’énergie nécessaire; quelques écuellées d’eau froide versées sur la tête le remettent complètement et le masseur en prend de nouveau possession, transformé cette fois en alipte. Cataracte d’eau brûlante et vif savonnage, puis rinçage de tout le corps: cette opération est répétée trois fois. Le masseur fouette son savon à l’aide de longues fibres de palmier dans un bassin de cuivre et ne l’applique que lorsqu’il est réduit à l’état de mousse nuageuse et impalpable.

«C’est après une douche que le baigneur est aussitôt emmailloté de serviettes chaudes, ses cheveux sont essuyés, et il vient goûter le kieff sur un lit de repos dans l’apodyterium.

«Nous avons vu le baigneur passer par trois salles: l’apodyterium, le tepidarium et le caldarium; il n’y a en effet qu’un seul bain public à Constantinople qui possède un frigidarium. C’est le bain de Djerrah pacha, situé près d’Ak-Sérail.»

V.—LE GRAND BAZAR

Comme aux temps des Byzantins, la ville possède des bazars couverts. Le plus grand de ces bazars est celui de Stamboul, dont une partie date des Byzantins, véritable ville avec des rues couvertes d’arcades et de coupoles. Des magasins étroits et souvent voûtés bordent ces rues. Ses ruelles étroites, ses carrefours, ses bancs et dépendances, ses passages sombres, font de ce bazar une sorte de labyrinthe compliqué à tel point que les habitants de la ville eux-mêmes s’y perdent souvent et sont obligés de demander leur chemin aux marchands.

Une lumière faible et blafarde, arrivant par de petites fenêtres cintrées ouvertes au plafond des magasins, éclaire l’intérieur et les marchandises sous un jour favorable aux boutiquiers. Le bazar est divisé en quartiers dont chacun, réservé à un commerce spécial, porte le nom du commerce qui y est pratiqué. C’est ainsi que Kouyoumdji Tcharchissi signifie bazar des bijoutiers. Il en est de même pour les orfèvres, les fourreurs, les marchands d’étoffe, etc. La plupart des magasins ne sont que de petites échoppes étroites. Devant chaque magasin, un banc peu élevé sert de comptoir; le vendeur y est assis, les jambes croisées. C’est là qu’il étale ses articles devant l’acheteur qui prend souvent place à côté de lui.

Malheureusement, le bazar commence à perdre son caractère d’originalité, les articles orientaux cédant peu à peu la place à ceux provenant des manufactures européennes.

Le quartier du grand bazar qui a conservé son ancienne originalité est le Bedestén (le marché de ventes aux enchères). C’est une grande bâtisse carrée, couverte de plusieurs coupoles, soutenues par d’immenses piliers d’une très grande hauteur. Le Bedestén est situé au centre du bazar. Quatre portes de fer, ouvrant sur les côtés communiquent avec l’intérieur du bazar. Quelques petites fenêtres à volets de fer, percées à la hauteur des coupoles, éclairent faiblement l’intérieur. Une lumière pâle tombe sur les objets anciens, suspendus aux murs et noircis par la poussière des siècles.

Une balustrade en bois irrégulièrement construite et située à la hauteur des fenêtres permet au gardien de nuit de circuler autour du bâtiment et de fermer les volets de fer.

Le Bedestén n’est pas ouvert à toute heure du jour. On l’ouvre plus tard et on le ferme plus tôt que le reste du bazar. Il ne reste ainsi accessible au public que pendant quelques heures. Les magasins ne sont formés que d’estrades et de bancs en bois. Chaque marchand a son dolab (armoire) et une ou plusieurs vitrines plates où il expose ses marchandises et devant lesquelles il est assis à la turque, les jambes croisées, en attendant les clients.

Des dellals ou courtiers privilégiés du Bedestén font voir aux marchands et aux amateurs les objets rares, et font la mise à prix. C’est de ce célèbre bazar que sont sortis des objets antiques de la plus haute valeur pour passer en Europe. Le Bazar égyptien, qui est aussi un des plus grands de la ville, est formé d’une grande ruelle voûtée en forme de berceau ayant au bas des voûtes des fenêtres latérales qui éclairent faiblement l’intérieur. Les marchandises sont exposées dans des sacs ouverts. Chaque magasin porte une arme ou un objet particulier qui lui sert d’enseigne. On y vend des épices et toutes sortes de drogues.

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Fontaine d’Ahmed III ou d’Aya Sophia.

VI.—LES PALAIS IMPÉRIAUX OTTOMANS

PALAIS DE TOP KAPOU

Le premier palais ottoman a été bâti par Mahomet II le Conquérant sur la place de l’ancien forum Tauri (place de Bayazid). Ce palais, habité d’abord par le Sultan, reçut plus tard, après la construction du palais de Top Kapou serail, le nom d’Eski-serail (vieux palais). Il était gardé par 500 baltadji. Sur cet emplacement s’élève aujourd’hui le ministère de la Guerre appelé aussi Eski-serail.

Le sultan Mahomet II fit construire plus tard un autre palais sur l’acropole de l’ancienne Byzance, où s’élevait autrefois le palais de l’impératrice Placidie. Ce palais, dit de Top Kapou, fut habité par les successeurs du Conquérant jusqu’au sultan Mahmoud II, le grand réformateur, qui l’abandonna. Depuis, et jusqu’à nos jours, il a été affecté à la résidence des Sérailis (femmes du palais et de la cour impériale).

Le palais se compose de plusieurs bâtiments et de kiosques qui communiquent entre eux par des mabeïns, sortes de couloirs.

L’enceinte du palais est entourée d’une muraille flanquée de deux tours; c’est à peu près la même enceinte qui entourait l’ancienne acropole[85] de Byzance. La partie principale du palais est magnifiquement située sur la pointe la plus élevée de la colline, d’où l’on jouit d’une vue admirable sur le Bosphore, les Iles des Princes, la Corne d’Or, la Propontide et sur les montagnes de la Bithynie et de l’Olympe. On ne rencontre nulle part ailleurs un panorama aussi grandiose et aussi majestueux. L’ensemble de ces monuments offre un aspect très pittoresque. Une multitude de bâtiments, de coupoles surgissent par endroits du milieu d’immenses cyprès.

[85] Il ne faut pas confondre l’emplacement du Top Kapou serail avec celui du grand palais byzantin qui se trouvait à l’est de l’hippodrome.

Outre l’enceinte principale, le palais en possède plusieurs autres à l’extérieur. L’une des portes de l’enceinte principale se trouve près de la mosquée Sainte-Sophie; elle s’appelle Bab-i-Humayoun ou porte impériale; on trouve ensuite la porte de Soouk-Tchechmé, une autre près de l’École de médecine et une autre près de Yali-Kiosque.

La porte située près de Sainte-Sophie, en face de la fameuse fontaine construite par le sultan Ahmed III, conduit à une grande esplanade plantée de cyprès et de platanes. Cette cour rappelle la Chalké antique des palais byzantins. En laissant à gauche l’église de Sainte-Irène (actuellement le musée d’armes) et en suivant la grande allée, on arrive devant la porte de l’enceinte intérieure du palais. La porte est flanquée de deux tours aux toits coniques. Elle conduit à une cour plantée de cyprès. A droite, sont les cuisines impériales, à gauche le mur du harem et l’ancienne salle du Divan où se tenait autrefois le Conseil des ministres. Une tour carrée surmonte la salle. Mais cette tour ne présente plus l’ancienne forme que nous lui voyons dans l’ouvrage de Melling. De grandes fenêtres grillées éclairaient la salle du Divan. En face, une galerie soutenue par une colonnade donne accès et aboutit à une autre porte monumentale qui conduit à une troisième cour réservée au Sultan et aux gens du palais.

Après avoir franchi cette porte, on se trouve en présence d’un pavillon qui contient le Divan ou salle du Trône, dans laquelle les Sultans recevaient les ambassadeurs et les vizirs. Ce pavillon, d’un style très original, est orné intérieurement de magnifiques faïences et de vitraux. La cheminée est tout à fait remarquable.

Dans la même cour, tout près de la salle du Trône, se trouve la bibliothèque du Sultan, qui contient de très beaux et très rares manuscrits turcs et byzantins jusqu’ici inédits. Cette cour est entourée d’une galerie à colonnades; à droite, une porte protégée par un grillage donne accès au trésor impérial.

C’est un bâtiment formé de plusieurs pièces surmontées d’un grand toit couvert de plaques en plomb. De petites fenêtres pratiquées aux murs à une très grande hauteur du sol éclairent faiblement l’intérieur. Ce trésor contient des objets extrêmement précieux ayant appartenu aux Sultans; il forme le musée privé du palais. On y voit de nos jours tous les costumes portés par les Sultans, leurs sabres, leurs coiffures, etc. Dans des vitrines sont exposés des vases remplis de pierres précieuses et de vieilles monnaies en or et en argent. Parmi les objets de grande valeur, on peut citer le trône du chah Ismaël de Perse, enlevé par Sélim en 1514. C’est un trône en or massif sculpté, garni d’émeraudes et de brillants. Puis, le trône de Selim III, en ébène sculpté et incrusté de nacre, d’argent et d’or, garni de rubis et de pierres précieuses. Au centre du dais qui surmonte le trône et qui est supporté par quatre colonnes est suspendue par une chaîne en or une des plus grosses émeraudes du monde: elle a la grosseur du poignet.

Bibliothèque du Sultan au vieux Sérail.

A gauche de la cour s’élève le pavillon sacré où toutes les reliques du Prophète sont soigneusement conservées. L’intérieur de l’édifice est des plus imposants. C’est un véritable chef-d’œuvre de l’art national. Quelques fenêtres percées aux bases des coupoles laissent l’intérieur dans un clair-obscur mystique. Les murs sont complètement recouverts des plus belles faïences. Des versets du Coran écrits sur des tuiles émaillées forment frise autour des salles. Les plus rares inscriptions, en grandes lettres écrites de la main même des Sultans, sont suspendues aux murs.

On rencontre au milieu de la première salle une petite fontaine en marbre sculpté garnie de gobelets en or.

L’entrée de cette partie est absolument interdite au public, même aux gens du palais. Une fois par an seulement, les hauts personnages de l’Empire y sont reçus par le Sultan pour baiser, à travers une couverture, la cassette qui renferme le manteau sacré du Prophète. Des gardiens y veillent constamment en lisant des versets du Coran.

Par une porte ouvrant au nord-ouest de cette cour on descend à un jardin en terrasses où sont construits des kiosques et des pavillons. On y jouit d’une vue splendide.

Un ancien kiosque en bois, bâti par Mahomet II s’élevait sur une terrasse à droite; sur cet emplacement, le sultan Medjid avait fait construire Mermer kiosque.

A gauche, sur la colline, c’est le fameux Bagdad kiosque, si célèbre par la magnificence de son architecture, par la beauté de ses faïences, de ses cheminées, le dessin original de ses meubles, de ses divans et de ses armoires incrustées de nacre.

Tout près de ce kiosque, on voit une autre terrasse dallée de marbre avec, au milieu, un joli bassin. C’est un des coins les plus pittoresques du palais. Dans l’enceinte du palais se trouvaient encore d’autres kiosques actuellement disparus, tels que Indjili kiosque, Yali kiosque, Harem kiosque, etc... Voici ce que nous lisons dans l’ouvrage de Melling sur le kiosque appelé Indjili (aux perles); on voit encore de nos jours les arcades de ses fondations. «Le Sultan s’y rendait chaque année pour jouir du spectacle de l’ayasma (fontaine sacrée), dont la source est dans l’enceinte du Seraï et qui jaillit, ce jour-là seulement, sous l’arcade du pavillon où des tuyaux la conduisent. Les Grecs attribuent à ses eaux une vertu miraculeuse... Le grand seigneur prend plaisir à contempler leur empressement, leur extase, et leurs ablutions; il leur jette quelques pièces de monnaie pour payer l’amusement qu’ils lui donnent et jouit des combats qu’ils se livrent dans leur activité à s’en saisir.»

Sur une des terrasses de l’enceinte moyenne du palais de Top-Kapou, du côté de la ville se trouve Tchinili kiosque (kiosque aux faïences), ainsi nommé à cause des faïences qui décoraient jadis ses murs anciens et dont une grande partie n’existe plus aujourd’hui.

Il fut d’abord bâti par l’architecte Kémaluddin sur l’ordre du sultan Mehmed II le Conquérant (870 H.). Il fut reconstruit plus tard en 999 H., par Murad III, mais il a perdu sa forme primitive. Actuellement, il fait partie du musée d’antiquités. Deux escaliers en marbre conduisent sur une galerie à longues colonnades ornée de magnifiques mosaïques en faïence. Un petit vestibule mène dans une grande salle cruciforme voûtée à laquelle sont attenantes d’autres pièces plus petites; le plan de la construction est conçu dans un carré avec des ailes latérales.

PALAIS DE TCHÉRAGAN

Le palais de Tchéragan, situé sur les bords du Bosphore, entre Bechiktache et Ortakeuy, fut construit par le sultan Abd ul Aziz dans le style renaissance ottoman. Il a servi, pendant vingt-sept années, de prison au sultan Mourad V. Son emplacement était jadis occupé par un palais en bois nommé Tchéragan et habité autrefois par le sultan Mahmoud, après qu’il eut enlevé sa cour du palais de Top-Kapou.

On peut considérer l’architecture de ce palais comme un essai de renaissance de l’art ottoman. La façade a été bâtie sans respect des proportions de l’art, et les ornementations surchargées n’offrent pas l’originalité intéressante de l’ancien art ottoman. A l’intérieur, la décoration est plus artistiquement comprise. Ce palais communique avec le parc de Yildiz par un pont sous lequel passe le tramway.

Il possède comme dépendances d’autres bâtiments, telles que des cuisines, des écuries, des casernes, des corps de garde, etc...

PALAIS DE DOLMA BAGTCHÉ

Le palais de Dolma Bagtché, construit par le sultan Abdul Medjid vers 1854, est composé de quatre grands bâtiments unis l’un à l’autre par des galeries couvertes, sortes de passerelles. Au point de vue architectural, ce palais n’a aucune valeur, car ses constructeurs ont surchargé les façades de colonnes et d’ornementations sans style et sans goût.

L’ensemble du portail ne représente qu’une agglomération de fragments de fleurs ornementales. L’intérieur, malgré la grande richesse des matériaux employés, n’offre rien d’artistique. On y rencontre des balustrades en cristal, des colonnes en porphyre et de grands lustres suspendus aux plafonds. Une salle de bains, construite en albâtre, attire particulièrement l’attention.

Ce palais possède une immense salle du Trône. Du côté de la terre, le palais est entouré de murs d’une grande hauteur; on y pénètre par le portail. Son emplacement était occupé autrefois par un autre palais, appelé Bechiktache Saraï, séjour favori du sultan Selim III. Nous voyons, dans l’ouvrage de Melling, l’ensemble de ce palais ainsi que le kiosque persan qui était bâti en pierre et revêtu extérieurement de faïences dans toutes les parties se trouvant au-dessus du rez-de-chaussée. Au milieu de ce pavillon existait un bassin avec jets d’eau. Les plafonds et les panneaux étaient ornés d’arabesques admirables. Une partie de l’ancien palais de Bechiktache fut construit par Melling pour le sultan Selim III. L’architecture de ce kiosque différait énormément de celle des autres par ses galeries et ses colonnes d’ordre corinthien.

PALAIS DE YILDIZ

Il se compose de nombreux pavillons et de kiosques disséminés dans un immense parc renfermant des forêts, des jardins et un grand lac. Ce site ravissant ne le cède en rien pour la beauté à celui de l’acropole de Byzance.

LES ANCIENS PALAIS

Parmi les palais les plus anciens, le seul qui soit encore debout est celui de Top Kapou. La plupart des anciens palais ayant été construits en bois tombèrent vite en ruines. Il ne reste plus rien des magnifiques édifices construits par le sultan Ahmed III sur les rives de la Corne d’Or et du Bosphore, du palais de Sultanié, construit par Suleïman à Beïkos, du Kavak seraï appelé aussi Cheref Abad[86].