Le Chœur.

«Le Christ est ressuscité. Que les mortels dégénérés, faibles et tremblants, s’en réjouissent!

Faust.

«Comme le bruit imposant de l’airain m’ébranle jusqu’au fond de l’âme! Quelles voix pures font tomber la coupe empoisonnée de ma main! Annoncez-vous, cloches retentissantes, la première heure du jour de Pâques? Vous, chœur! célébrez-vous déjà les chants consolateurs, ces chants que, dans la nuit du tombeau, les anges firent entendre, quand ils descendirent du ciel pour commencer la nouvelle alliance»?

Le chœur répète une seconde fois: Le Christ, etc.

Faust.

«Chants célestes, puissants et doux, pourquoi me cherchez-vous dans la poussière? faites-vous entendre aux humains que vous pouvez consoler. J’écoute le message que vous m’apportez, mais la foi me manque pour y croire. Le miracle est l’enfant chéri de la foi. Je ne puis m’élancer dans la sphère d’où votre auguste nouvelle est descendue; et cependant, accoutumé dès l’enfance à ces chants, ils me rappellent à la vie. Autrefois un rayon de l’amour divin descendait sur moi, pendant la solennité tranquille du dimanche. Le bourdonnement sourd de la cloche remplissait mon âme du pressentiment de l’avenir, et ma prière était une jouissance ardente. Cette même cloche annonçait aussi les jeux de la jeunesse, et la fête du printemps. Le souvenir ranime en moi les sentiments enfantins qui nous détournent de la mort. Oh! faites-vous entendre encore, chants célestes! la terre m’a reconquis».

Ce moment d’exaltation ne dure pas; Faust est un caractère inconstant, les passions du monde le reprennent. Il cherche à les satisfaire, il souhaite de s’y livrer; et le diable, sous le nom de Méphistophélès, vient et lui promet de le mettre en possession de toutes les jouissances de la terre; mais en même temps il sait le dégoûter de toutes, car la vraie méchanceté dessèche tellement l’âme, qu’elle finit par inspirer une indifférence profonde pour les plaisirs aussi bien que pour les vertus.

Méphistophélès conduit Faust chez une sorcière, qui tient à ses ordres des animaux moitié singes et moitié chats (Meer-katzen). On peut considérer cette scène, à quelques égards, comme la parodie des Sorcières de Macbeth. Les Sorcières de Macbeth chantent des paroles mystérieuses, dont les sons extraordinaires font déjà l’effet d’un sortilège; les Sorcières de Gœthe prononcent aussi des mots bizarres, dont les consonnances sont artistement multipliées; ces mots excitent l’imagination à la gaîté, par la singularité même de leur structure; et le dialogue de cette scène, qui ne serait que burlesque en prose, prend un caractère plus relevé par le charme de la poésie.

On croit découvrir, en écoutant le langage comique de ces chats-singes, quelles seraient les idées des animaux s’ils pouvaient les exprimer, quelle image grossière et ridicule ils se feraient de la nature et de l’homme.

Il n’y a guère d’exemples dans les pièces françaises de ces plaisanteries fondées sur le merveilleux, les prodiges, les sorcières, les métamorphoses, etc.: c’est jouer avec la nature, comme dans la comédie de mœurs on joue avec les hommes. Mais il faut, pour se plaire à ce comique, n’y point appliquer le raisonnement, et regarder les plaisirs de l’imagination comme un jeu libre et sans but. Néanmoins ce jeu n’en est pas pour cela plus facile, car les barrières sont souvent des appuis; et quand on se livre en littérature à des inventions sans bornes, il n’y a que l’excès et l’emportement même du talent qui puissent leur donner quelque mérite; l’union du bizarre et du médiocre ne serait pas tolérable.

Méphistophélès conduit Faust dans les sociétés des jeunes gens de toutes les classes, et subjugue de différentes manières les divers esprits qu’il rencontre. Il ne les subjugue jamais par l’admiration, mais par l’étonnement. Il captive toujours par quelque chose d’inattendu et de dédaigneux dans ses paroles et dans ses actions; car la plupart des hommes vulgaires font d’autant plus de cas d’un esprit supérieur qu’il ne se soucie pas d’eux. Un instinct secret leur dit que celui qui les méprise voit juste.

Un écolier de Leipzig, sortant de la maison maternelle, et niais comme on peut l’être à cet âge dans les bons pays de l’Allemagne, vient consulter Faust sur ses études; Faust prie Méphistophélès de se charger de lui répondre. Il revêt la robe de docteur, et pendant qu’il attend l’écolier, il exprime seul son dédain pour Faust. «Cet homme, dit-il, ne sera jamais qu’à demi pervers, et c’est en vain qu’il se flatte de parvenir à l’être entièrement». En effet, une maladresse causée par des regrets invincibles entrave les honnêtes gens, quand ils se détournent de leur route naturelle, et les hommes radicalement mauvais se moquent de ces candidats du vice, qui ont bonne intention de faire le mal, mais qui sont sans talent pour l’accomplir.

Enfin l’écolier se présente, et rien n’est plus naïf que l’empressement gauche et confiant de ce jeune Allemand, qui arrive pour la première fois dans une grande ville, disposé à tout, et ne connaissant rien, ayant peur et envie de chaque chose qu’il voit; désirant de s’instruire, souhaitant fort de s’amuser, et s’approchant avec un sourire gracieux de Méphistophélès, qui le reçoit d’un air froid et moqueur; le contraste entre la bonhomie tout en dehors de l’un, et l’insolence contenue de l’autre, est admirablement spirituel.

Il n’y a pas une connaissance que l’écolier ne voulût acquérir, et ce qu’il lui convient d’apprendre, dit-il, c’est la science et la nature. Méphistophélès le félicite de la précision de son plan d’étude. Il s’amuse à décrire les quatre facultés: la jurisprudence, la médecine, la philosophie, et la théologie, de manière à embrouiller la tête de l’écolier pour toujours. Méphistophélès lui fait mille arguments divers, que l’écolier approuve tous les uns après les autres, mais dont la conclusion l’étonne, parce qu’il s’attend au sérieux et que le Diable plaisante toujours. L’écolier de bonne volonté se prépare à l’admiration, et le résultat de tout ce qu’il entend n’est qu’un dédain universel. Méphistophélès convient lui-même que le doute vient de l’enfer, et que les démons, ce sont ceux qui nient; mais il exprime le doute avec un ton décidé, qui, mêlant l’arrogance du caractère à l’incertitude de la raison, ne laisse de consistance qu’aux mauvais penchants. Aucune croyance, aucune opinion ne reste fixe dans la tête, après avoir entendu Méphistophélès, et l’on s’examine soi-même, pour savoir s’il y a quelque chose de vrai dans ce monde, ou si l’on ne pense que pour se moquer de tous ceux qui croient penser.

«Ne doit-il pas toujours y avoir une idée dans un mot? dit l’écolier.—Oui, si cela se peut, répond Méphistophélès; mais il ne faut pourtant pas trop se tourmenter là-dessus; car là où les idées manquent, les mots viennent à propos pour y suppléer».

L’écolier quelquefois ne comprend pas Méphistophélès, mais n’en a que plus de respect pour son génie. Avant de le quitter, il le prie d’écrire quelques lignes sur son Album; c’est le livre dans lequel, selon les bienveillants usages de l’Allemagne, chacun se fait donner une marque de souvenir par ses amis. Méphistophélès écrit ce que Satan a dit à Ève pour l’engager à manger le fruit de l’arbre de vie: Vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal. «Je peux bien, se dit-il à lui-même, emprunter cette ancienne sentence à mon cousin le serpent; il y a longtemps qu’on s’en sert dans ma famille». L’écolier reprend son livre, et s’en va parfaitement satisfait.

Faust s’ennuie, et Méphistophélès lui conseille de devenir amoureux. Il le devient en effet d’une jeune fille du peuple, tout à fait innocente et naïve, qui vit dans la pauvreté avec sa vieille mère. Méphistophélès, pour introduire Faust auprès d’elle, imagine de faire connaissance avec une de ses voisines, Marthe, chez laquelle la jeune Marguerite va quelquefois. Cette femme a son mari dans les pays étrangers, et se désole de n’en point recevoir de nouvelles; elle serait bien triste de sa mort, mais au moins voudrait-elle en avoir la certitude; et Méphistophélès adoucit singulièrement sa douleur, en lui promettant un extrait mortuaire de son époux, bien en règle, qu’elle pourra, suivant la coutume, faire publier dans la gazette.

La pauvre Marguerite est livrée à la puissance du mal; l’esprit infernal s’acharne sur elle, et la rend coupable, sans lui ôter cette droiture de cœur qui ne peut trouver de repos que dans la vertu. Un méchant habile se garde bien de pervertir entièrement les honnêtes gens qu’il veut gouverner: car son ascendant sur eux se compose des fautes et des remords qui les troublent tour à tour. Faust, aidé par Méphistophélès, séduit cette jeune fille, singulièrement simple d’esprit et d’âme. Elle est pieuse, bien qu’elle soit coupable, et, seule avec Faust, elle lui demande s’il a de la religion.—«Mon enfant, lui dit-il, tu le sais, je t’aime. Je donnerais pour toi mon sang et ma vie; je ne voudrais troubler la foi de personne. N’est-ce pas là tout ce que tu peux désirer?

MARGUERITE.

«Non, il faut croire.

FAUST.

«Le faut-il?

MARGUERITE.

«Ah! si je pouvais quelque chose sur toi! tu ne respectes pas assez les saints sacrements.

FAUST.

«Je les respecte.

MARGUERITE.

«Mais sans en approcher; depuis longtemps, tu ne t’es point confessé, tu n’as point été à la messe; crois-tu en Dieu?

FAUST.

«Ma chère amie, qui ose dire: Je crois en Dieu?—Si tu fais cette question aux prêtres et aux sages, ils répondront comme s’ils voulaient se moquer de celui qui les interroge.

MARGUERITE.

«Ainsi donc, tu ne crois rien.

FAUST.

«N’interprète pas mal ce que je dis, charmante créature: qui peut nommer la divinité et dire: Je la conçois? qui peut être sensible et ne pas y croire? Le soutien de cet univers n’embrasse-t-il pas toi, moi, la nature entière? Le ciel ne s’abaisse-t-il pas en pavillon sur nos têtes? la terre n’est-elle pas inébranlable sous nos pieds, et les étoiles éternelles, du haut de leur sphère, ne nous regardent-elles pas avec amour? Tes yeux ne se réfléchissent-ils pas dans mes yeux attendris? Un mystère éternel, invisible et visible, n’attire-t-il pas mon cœur vers le tien? Remplis ton âme de ce mystère, et quand tu éprouves la félicité suprême du sentiment, appelle-là, cette félicité, cœur, amour, Dieu, n’importe. Le sentiment est tout, les noms ne sont qu’un vain bruit, une vaine fumée, qui obscurcit la clarté des cieux».

Ce morceau, d’une éloquence inspirée, ne conviendrait pas à la disposition de Faust, si dans ce moment il n’était pas meilleur, parce qu’il aime, et si l’intention de l’auteur n’avait pas été, sans doute, de montrer combien une croyance ferme et positive est nécessaire, puisque ceux même que la nature a faits sensibles et bons, n’en sont pas moins capables des plus funestes égarements, quand ce secours leur manque.

Faust se lasse de l’amour de Marguerite comme de toutes les jouissances de la vie; rien n’est plus beau, en allemand, que les vers dans lesquels il exprime tout à la fois l’enthousiasme de la science et la satiété du bonheur.

FAUST, seul.

«Esprit sublime! tu m’as accordé tout ce que je t’ai demandé. Ce n’est pas en vain que tu as tourné vers moi ton visage entouré de flammes; tu m’as donné la magique nature pour empire, tu m’as donné la force de la sentir et d’en jouir. Ce n’est pas une froide admiration que tu m’as permise, mais une intime connaissance, et tu m’as fait pénétrer dans le sein de l’univers, comme dans celui d’un ami; tu as conduit devant moi la troupe variée des vivants, et tu m’as appris à connaître mes frères dans les habitants des bois, des airs et des eaux. Quand l’orage gronde dans la forêt, quand il déracine et renverse les pins gigantesques dont la chute fait retentir la montagne, tu me guides dans un sûr asile, et tu me révèles les secrètes merveilles de mon propre cœur. Lorsque la lune tranquille monte lentement vers les cieux, les ombres argentées des temps antiques planent à mes yeux sur les rochers, dans les bois, et semblent m’adoucir le sévère plaisir de la méditation.

«Mais je le sens, hélas! l’homme ne peut atteindre à rien de parfait; à côté de ces délices qui me rapprochent des dieux, il faut que je supporte ce compagnon froid, indifférent, hautain, qui m’humilie à mes propres yeux, et d’un mot réduit au néant tous les dons que tu m’as faits. Il allume dans mon sein un feu désordonné qui m’attire vers la beauté; je passe avec ivresse du désir au bonheur; mais au sein du bonheur même, bientôt un vague ennui me fait regretter le désir».

L’histoire de Marguerite serre douloureusement le cœur. Son état vulgaire, son esprit borné, tout ce qui la soumet au malheur, sans qu’elle puisse y résister, inspire encore plus de pitié pour elle. Gœthe, dans ses romans et dans ses pièces, n’a presque jamais donné des qualités supérieures aux femmes, mais il peint à merveille le caractère de faiblesse qui leur rend la protection si nécessaire. Marguerite veut recevoir chez elle Faust à l’insu de sa mère, et donne à cette pauvre femme, d’après le conseil de Méphistophélès, une potion assoupissante qu’elle ne peut supporter, et qui la fait mourir. La coupable Marguerite devient grosse, sa honte est publique, tout le quartier qu’elle habite la montre au doigt. Le déshonneur semble avoir plus de prise sur les personnes d’un rang élevé, et peut-être cependant est-il encore plus redoutable dans la classe du peuple. Tout est si tranché, si positif, si irréparable parmi les hommes qui n’ont pour rien des paroles nuancées! Gœthe saisit admirablement ces mœurs, tout à la fois si près et loin de nous; il possède au suprême degré l’art d’être parfaitement naturel dans mille natures différentes.

Valentin, soldat, frère de Marguerite, arrive de la guerre pour la revoir; et quand il apprend sa honte, la souffrance qu’il éprouve, et dont il rougit, se trahit par un langage âpre et touchant à la fois. L’homme dur en apparence, et sensible au fond de l’âme, cause une émotion inattendue et poignante. Gœthe a peint avec une admirable vérité le courage qu’un soldat peut employer contre la douleur morale, contre cet ennemi nouveau qu’il sent en lui-même, et que ses armes ne sauraient combattre. Enfin, le besoin de la vengeance le saisit, et porte vers l’action tous les sentiments qui le dévoraient intérieurement. Il rencontre Méphistophélès et Faust, au moment où ils vont donner un concert sous les fenêtres de sa sœur. Valentin provoque Faust, se bat avec lui, et reçoit une blessure mortelle. Ses adversaires disparaissent, pour éviter la fureur du peuple.

Marguerite arrive, demande qui est là tout sanglant sur la terre. Le peuple lui répond: Le fils de ta mère. Et son frère, en mourant, lui adresse des reproches plus terribles et plus déchirants que jamais la langue policée n’en pourrait exprimer. La dignité de la tragédie ne saurait permettre d’enfoncer si avant les traits de la nature dans le cœur.

Méphistophélès oblige Faust à quitter la ville, et le désespoir que lui fait éprouver le sort de Marguerite intéresse à lui de nouveau.

«Hélas! s’écrie Faust, elle eût été si facilement heureuse! une simple cabane dans une vallée des Alpes, quelques occupations domestiques, auraient suffi pour satisfaire ses désirs bornés, et remplir sa douce vie: mais moi, l’ennemi de Dieu, je n’ai pas eu de repos que je n’eusse brisé son cœur, et fait tomber en ruines sa pauvre destinée. Ainsi donc la paix doit lui être ravie pour toujours. Il faut qu’elle soit la victime de l’enfer. Hé bien! démon, abrège mon angoisse, fais arriver ce qui doit arriver. Que le sort de cette infortunée s’accomplisse, et précipite-moi du moins avec elle dans l’abîme».

L’amertume et le sang-froid de la réponse de Méphistophélès sont vraiment diaboliques.

«Comme tu t’enflammes, lui dit-il, comme tu bouillonnes! je ne sais comment te consoler, et sur mon honneur je me donnerais au diable, si je ne l’étais pas moi-même: mais penses-tu donc, insensé, que parce que ta pauvre tête ne voit plus d’issue, il n’y en ait plus véritablement? Vive celui qui sait tout supporter avec courage! Je t’ai déjà rendu passablement semblable à moi, et songe, je t’en prie, qu’il n’y a rien de plus fastidieux dans ce monde qu’un diable qui se désespère».

Marguerite va seule à l’église, l’unique refuge qui lui reste; une foule immense remplit le temple, et le service des morts est célébré dans ce lieu solennel. Marguerite est couverte d’un voile: elle prie avec ardeur; et lorsqu’elle commence à se flatter de la miséricorde divine, le mauvais esprit lui parle d’une voix basse et lui dit:

«Te souviens-tu, Marguerite, de ce temps où tu venais ici te prosterner devant l’autel? tu étais alors pleine d’innocence, tu balbutiais timidement les psaumes, et Dieu régnait dans ton cœur. Marguerite, qu’as-tu fait? que de crimes tu as commis! Viens-tu prier pour l’âme de ta mère, dont la mort pèse sur ta tête? Sur le seuil de ta porte, vois-tu quel est ce sang? c’est celui de ton frère, et ne sens-tu pas s’agiter dans ton sein une créature infortunée qui te présage déjà de nouvelles douleurs?

Marguerite.

«Malheur! malheur! comment échapper aux pensées qui naissent dans mon âme et se soulèvent contre moi?

Le Chœur, chante dans l’Église.

«Dies iræ, dies illa,
Solvet sæculum in favilla.[32]

Le Mauvais Esprit.

«Le courroux céleste te menace, Marguerite; les trompettes de la résurrection retentissent: les tombeaux s’ébranlent, et ton cœur va se réveiller pour sentir les flammes éternelles.

Marguerite.

«Ah! si je pouvais m’éloigner d’ici! les sons de cet orgue m’empêchent de respirer, et les chants des prêtres font pénétrer dans mon âme une émotion qui la déchire.

Le Chœur.

«Judex ergo cum sedebit,
Quidquid latet apparebit,
Nil inultum remanebit.[33]

Marguerite.

«On dirait que ces murs se rapprochent pour m’étouffer; la voûte du temple m’oppresse: de l’air! de l’air!

Le Mauvais Esprit.

«Cache-toi; le crime et la honte te poursuivent. Tu demandes de l’air et de la lumière, misérable! qu’en espères-tu?

Le Chœur.

«Quid sum miser tunc dicturus?
Quem patronum rogaturus?
Cum vix justus sit securus[34]?

Le Mauvais Esprit.

«Les Saints détournent leur visage de ta présence; ils rougiraient de tendre leurs mains pures vers toi».

Le Chœur.

«Quid sum miser tunc dicturus»?

Marguerite crie au secours et s’évanouit.

Quelle scène! Cette infortunée qui, dans l’asile de la consolation, trouve le désespoir; cette foule rassemblée, priant Dieu avec confiance, tandis qu’une malheureuse femme, dans le temple même du Seigneur, rencontre l’esprit de l’enfer! Les paroles sévères de l’hymne sainte sont interprétées par l’inflexible méchanceté du mauvais génie. Quel désordre dans le cœur! que de maux entassés sur une faible pauvre tête! et quel talent, que celui qui sait ainsi représenter à l’imagination ces moments où la vie s’allume en nous comme un feu sombre, et jette sur nos jours passagers la terrible lueur de l’éternité des peines!

Méphistophélès imagine de transporter Faust dans le sabbat des sorcières pour le distraire de ses peines; et il y a là une scène dont il est impossible de donner l’idée, quoiqu’il s’y trouve un grand nombre de pensées à retenir: ce sont vraiment les Saturnales de l’esprit, que cette fête du sabbat. La marche de la pièce est suspendue par cet intermède, et plus on trouve la situation forte, plus il est impossible de se soumettre même aux inventions du génie, lorsqu’elles interrompent ainsi l’intérêt. Au milieu du tourbillon de tout ce qu’on peut imaginer et dire, quand les images et les idées se précipitent, se confondent, et semblent retomber dans les abîmes dont la raison les a fait sortir, il vient une scène qui se rattache à la situation d’une manière terrible. Les conjurations de la magie font apparaître divers tableaux, et tout à coup Faust s’approche de Méphistophélès, et lui dit: «Ne vois-tu pas là-bas une jeune fille belle et pâle, qui se tient seule dans l’éloignement? Elle s’avance lentement, ses pieds semblent attachés l’un à l’autre; ne trouves-tu pas qu’elle ressemble à Marguerite?

Méphistophélès.

«C’est un effet de la magie, rien qu’une illusion. Il n’est pas bon d’y arrêter tes regards. Ces yeux fixes glacent le sang des hommes. C’est ainsi que la tête de Méduse changeait jadis en pierre ceux qui la considéraient.

Faust.

«Il est vrai que cette image a les yeux ouverts comme un mort à qui les mains d’un ami ne les aurait pas fermés. Voilà le sein sur lequel j’ai reposé ma tête; voilà les charmes que mon cœur a possédés.

Méphistophélès.

«Insensé! tout cela n’est que de la sorcellerie; chacun dans ce fantôme croit voir sa bien-aimée.

Faust.

«Quel délire! quelle souffrance! Je ne peux m’éloigner de ce regard; mais autour de ce beau cou, que signifie ce collier rouge, large comme le tranchant d’un couteau?

Méphistophélès.

«C’est vrai: mais qu’y veux-tu faire? Ne t’abîme pas dans tes rêveries; viens sur cette montagne, on t’y prépare une fête. Viens».

Faust apprend que Marguerite a tué l’enfant qu’elle a mis au jour, espérant ainsi se dérober à la honte. Son crime a été découvert; on l’a mise en prison, et le lendemain elle doit périr sur l’échafaud. Faust maudit Méphistophélès avec fureur; Méphistophélès accuse Faust avec sang-froid, et lui prouve que c’est lui qui a désiré le mal, et qu’il ne l’a aidé que parce qu’il l’avait appelé. Une sentence de mort est portée contre Faust, parce qu’il a tué le frère de Marguerite. Néanmoins, il s’introduit en secret dans la ville, obtient de Méphistophélès les moyens de délivrer Marguerite, et pénètre la nuit dans son cachot, dont il a dérobé les clefs.

Il l’entend de loin murmurer une chanson qui prouve l’égarement de son esprit; les paroles de cette chanson sont très vulgaires, et Marguerite était naturellement pure et délicate. On peint d’ordinaire les folles comme si la folie s’arrangeait avec les convenances, et donnait seulement le droit de ne pas finir les phrases commencées, et de briser à propos le fil des idées; mais cela n’est pas ainsi: le véritable désordre de l’esprit se montre presque toujours sous des formes étrangères à la cause même de la folie, et la gaîté des malheureux est bien plus déchirante que leur douleur.

Faust entre dans la prison: Marguerite croit qu’on vient la chercher pour la conduire à la mort.

Marguerite, se soulevant de son lit de paille, s’écrie:

«Ils viennent! ils viennent! oh, que la mort est amère!

Faust, bas.

«Doucement, doucement; je vais te délivrer. (Il s’approche d’elle pour briser ses fers).

Marguerite.

«Si tu es un homme, mon désespoir te touchera.

Faust.

«Plus bas, plus bas; tu éveilleras la garde par tes cris.

Marguerite se jette à genoux.

«Qui t’a donné, barbare, cette puissance sur moi? Il n’est que minuit: pourquoi viens-tu déjà me chercher? Aie pitié de mes larmes, laisse-moi vivre encore: demain matin, n’est-ce pas assez tôt? (Marguerite se relève). Je suis pourtant si jeune, si jeune! et dois-je déjà mourir? J’étais belle aussi: c’est ce qui a fait ma perte. Mon ami était alors près de moi: il est maintenant bien loin. Les fleurs de ma guirlande sont dispersées. Ne me prends pas la main avec tant de violence. Ménage-moi. Ne me laisse pas pleurer en vain. Jamais, jusqu’à ce jour, je ne t’ai vu.

Faust.

«Comment supporter sa douleur!

Marguerite.

«Je suis tout à fait en ton pouvoir. Seulement laisse-moi allaiter mon enfant; je l’ai pressé sur mon cœur toute la nuit. Ils me l’ont ôté pour m’affliger. N’ont-ils pas prétendu que je l’avais tué? Jamais je ne redeviendrai ce que j’étais! N’ont-ils pas chanté des chansons contre moi, ces méchants, que voulaient-ils donc dire?

Faust se jette à ses pieds.

«Ton amant est à tes pieds; il vient ouvrir les portes de cette horrible prison.

Marguerite.

«Oui, mettons-nous à genoux; appelons les saints à notre secours. Les cris de l’enfer se font entendre, et les mauvais génies nous attendent sur le seuil de mon cachot.

Faust.

«Marguerite! Marguerite!

Marguerite, attentive.

«C’était la voix de mon ami. (Elle se précipite vers Faust, et ses fers tombent). Où est-il? Je l’ai entendu m’appeler. Je suis libre. Personne ne pourra plus me retenir en prison. Je m’appuierai sur son bras, je me reposerai sur son sein. Il appelle Marguerite: il est là, devant la porte. Au milieu des hurlements de l’impitoyable mort, j’entends la douce et touchante harmonie de sa voix!

Faust.

«Oui, c’est moi, Marguerite!

Marguerite.

«C’est toi! dis-le encore une fois. (Elle le serre contre son cœur). C’est lui! c’est lui! Qu’est devenue l’angoisse des fers et de l’échafaud? C’est toi! je suis sauvée! J’aperçois devant moi la route où je te vis pour la première fois, le jardin si riant où Marthe et moi nous t’attendions.

Faust.

«Viens, viens.

Marguerite.

«Il m’est si doux de rester quand tu demeures! Ah! ne t’éloigne pas!

Faust.

«Hâte-toi; nous payerions bien cher le moindre retard.

Marguerite.

«Quoi! tu ne réponds point à mes embrassements? Mon ami, il y a si peu de temps que nous nous sommes quittés! As-tu donc déjà désappris à me serrer contre ton cœur? Jadis tes paroles, tes regards appelaient sur moi tout le ciel! Embrasse-moi, de grâce; embrasse-moi! Ton cœur est donc froid et muet? Qu’as-tu fait de ton amour? qui me l’a ravi?

Faust.

«Viens, suis-moi, chère amie: prends courage: je t’aime avec transport; mais suis-moi, c’est ma seule prière.

Marguerite.

«Es-tu bien Faust? Es-tu bien toi?

Faust.

«Oui, sans doute; oui, viens.

Marguerite.

«Tu me délivres de mes chaînes, tu me reprends de nouveau dans tes bras. D’où vient que tu n’as pas horreur de Marguerite? Sais-tu bien, mon ami, sais-tu bien qui tu délivres?

Faust.

«Viens, viens; déjà la nuit est moins profonde.

Marguerite.

«Ma mère! c’est moi qui l’ai tuée! Mon enfant! c’est moi qui l’ai noyé! N’appartenait-il pas à toi comme à moi? Est-il donc vrai, Faust, que je te voie? N’est-ce pas un rêve? Donne-moi ta main, ta main chérie. O ciel! elle est humide. Essuie-la. Je crois qu’il y a du sang! Cache-moi ton épée; où est mon frère? Je t’en prie, cache-la-moi.

Faust.

«Laisse donc dans l’oubli l’irréparable passé; tu me fais mourir.

Marguerite.

«Non, il faut que tu restes. Je veux te décrire les tombeaux que tu feras préparer dès demain. Il faut donner la meilleure place à ma mère; mon frère doit être près d’elle. Moi, tu me mettras un peu plus loin; mais cependant pas trop loin, et mon enfant à droite, sur mon sein: mais personne ne doit reposer à mes côtés. J’aurais voulu que tu fusses près de moi; mais c’était un bonheur doux et pur, il ne m’appartient plus. Je me sens entraînée vers toi, et il me semble que tu me repousses avec violence; cependant tes regards sont pleins de tendresse et de bonté.

Faust.

«Ah! si tu me reconnais, viens.

Marguerite.

«Où donc irais-je?

Faust.

«Tu seras libre.

Marguerite.

«La tombe est là dehors. La mort épie mes pas. Viens; mais conduis-moi dans la demeure éternelle: je ne puis aller que là. Tu veux partir? mon ami! si je pouvais...

Faust.

«Tu le peux, si tu le veux; les portes sont ouvertes.

Marguerite.

«Je n’ose pas sortir; il n’est plus pour moi d’espérance. Que me sert-il de fuir? Mes persécuteurs m’attendent. Mendier est si misérable, et surtout avec une mauvaise conscience! Il est triste aussi d’errer dans l’étranger; et d’ailleurs partout ils me saisiront.

Faust.

«Je resterai près de toi.

Marguerite.

«Vite, vite, sauve ton pauvre enfant. Pars, suis le chemin qui borde le ruisseau; traverse le sentier qui conduit à la forêt, à gauche, près de l’écluse, dans l’étang; saisis-le tout de suite: il tendra ses mains vers le ciel; des convulsions les agitent. Sauve-le! sauve-le!

Faust.

«Reprends tes sens; encore un pas, et tu n’as plus rien à craindre.

Marguerite.

«Si seulement nous avions déjà passé la montagne... l’air est si froid près de la fontaine. Là, ma mère est assise sur un rocher, et sa vieille tête est branlante. Elle ne m’appelle pas; elle ne me fait pas signe de venir: seulement ses yeux sont appesantis; elle ne s’éveillera plus. Autrefois, nous nous réjouissions quand elle dormait... Ah! quel souvenir!

Faust.

«Puisque tu n’écoutes pas mes prières, je veux t’entraîner malgré toi.

Marguerite.

«Laisse-moi. Non, je ne souffrirai point la violence; ne me saisis pas ainsi avec ta force meurtrière. Ah! je n’ai que trop fait ce que tu as voulu.

Faust.

«Le jour paraît, chère amie! chère amie!

Marguerite.

«Oui, bientôt il fera jour; mon dernier jour pénètre dans ce cachot; il vient pour célébrer mes noces éternelles: ne dis à personne que tu as vu Marguerite cette nuit. Malheur à ma couronne! elle est flétrie: nous nous reverrons, mais non pas dans les fêtes. La foule va se presser, le bruit sera confus; la place, les rues suffiront à peine à la multitude. La cloche sonne, le signal est donné. Ils vont lier mes mains, bander mes yeux; je monterai sur l’échafaud sanglant, et le tranchant du fer tombera sur ma tête... Ah! le monde est déjà silencieux comme le tombeau.

Faust.

«Ciel! pourquoi donc suis-je né?

Méphistophélès paraît à la porte.

«Hâtez-vous, ou vous êtes perdus: vos délais, vos incertitudes sont funestes; mes cheveux frissonnent; le froid du matin se fait sentir.

Marguerite.

«Qui sort ainsi de la terre? C’est lui, c’est lui; renvoyez-le. Que ferait-il dans le saint lieu? C’est moi qu’il veut enlever.

Faust.

«Il faut que tu vives.

Marguerite.

«Tribunal de Dieu, je m’abandonne à toi!

Méphistophélès, à Faust.

«Viens, viens, où je te livre à la mort avec elle.

Marguerite.

«Père céleste, je suis à toi; et vous, anges, sauvez-moi, troupes sacrées, entourez-moi, défendez-moi. Faust, c’est ton sort qui m’afflige...

Méphistophélès.

«Elle est jugée.

Des voix du ciel s’écrient:

«Elle est sauvée.

Méphistophélès, à Faust.

«Suis-moi.

(Méphistophélès disparaît avec Faust; on entend encore dans le
fond du cachot la voix de Marguerite qui rappelle vainement
son ami
).

«Faust! Faust!»

La pièce est interrompue après ces mots. L’intention de l’auteur est sans doute que Marguerite périsse, et que Dieu lui pardonne; que la vie de Faust soit sauvée, mais que son âme soit perdue.

Il faut suppléer par l’imagination au charme qu’une très belle poésie doit ajouter aux scènes que j’ai essayé de traduire; il y a toujours dans l’art de la versification un genre de mérite reconnu de tout le monde, et qui est indépendant du sujet auquel il est appliqué. Dans la pièce de Faust, le rythme change suivant la situation, et la variété brillante qui en résulte est admirable. La langue allemande présente un plus grand nombre de combinaisons que la nôtre, et Gœthe semble les avoir toutes employées pour exprimer, avec les sons comme avec les images, la singulière exaltation d’ironie et d’enthousiasme, de tristesse et de gaîté, qui l’a porté à composer cet ouvrage. Il serait véritablement trop naïf de supposer qu’un tel homme ne sache pas toutes les fautes de goût qu’on peut reprocher à sa pièce; mais il est curieux de connaître les motifs qui l’ont déterminé à les y laisser, ou plutôt à les y mettre.

Gœthe ne s’est astreint, dans cet ouvrage, à aucun genre; ce n’est ni une tragédie, ni un roman. L’auteur a voulu abjurer dans cette composition toute manière sobre de penser et d’écrire: on y trouverait quelque rapport avec Aristophane, si les traits du pathétique de Shakespeare n’y mêlaient des beautés d’un tout autre genre. Faust étonne, émeut, attendrit; mais il ne laisse pas une douce impression dans l’âme. Quoique la présomption et le vice y soient cruellement punis, on ne sent pas dans cette punition une main bienfaisante; on dirait que le mauvais principe dirige lui-même la vengeance contre le crime qu’il fait commettre; et le remords, tel qu’il est peint dans cette pièce, semble venir de l’enfer aussi bien que la faute.

La croyance aux mauvais esprits se retrouve dans un grand nombre de poésies allemandes; la nature du nord s’accorde assez bien avec cette terreur; il est donc beaucoup moins ridicule en Allemagne, que cela ne le serait en France, de se servir du diable dans les fictions. A ne considérer toutes ces idées que sous le rapport littéraire, il est certain que notre imagination se figure quelque chose qui répond à l’idée d’un mauvais génie, soit dans le cœur humain, soit dans la nature: l’homme fait quelquefois le mal d’une manière, pour ainsi dire, désintéressée, sans but et même contre son but, et seulement pour satisfaire une certaine âpreté intérieure, qui donne le besoin de nuire. Il y avait à côté des divinités du paganisme d’autres divinités de la race des Titans, qui représentaient les forces révoltées de la nature; et dans le christianisme, on dirait que les mauvais penchants de l’âme sont personnifiés sous la forme des démons.

Il est impossible de lire Faust sans qu’il excite la pensée de mille manières différentes: on se querelle avec l’auteur, on l’accuse, on le justifie, mais il fait réfléchir sur tout, et, pour emprunter le langage d’un savant naïf du moyen âge, sur quelque chose de plus que tout[35]. Les critiques dont un tel ouvrage doit être l’objet sont faciles à prévoir, ou plutôt c’est le genre même de cet ouvrage qui peut encourir la censure, plus encore que la manière dont il est traité; car une telle composition doit être jugée comme un rêve; et si le bon goût veillait toujours à la porte d’ivoire des songes, pour les obliger à prendre la forme convenue, rarement ils frapperaient l’imagination.

La pièce de Faust cependant n’est certes pas un bon modèle. Soit qu’elle puisse être considérée comme l’œuvre du délire de l’esprit, ou de la satiété de la raison, il est à désirer que de telles productions ne se renouvellent pas; mais quand un génie tel que celui de Gœthe s’affranchit de toutes les entraves, la foule de ses pensées est si grande, que de toutes parts elles dépassent et renversent les bornes de l’art.

FIN DU TOME PREMIER.

 

 

TABLE DES MATIÈRES

DU TOME PREMIER

Notice sur Madame de Staël1
Préface3
Observations générales11
PREMIÈRE PARTIE
De l’Allemagne et des mœurs des Allemands:
Chapitre Iᵉʳ. De l’aspect de l’Allemagne17
Chap. II. Des mœurs et du caractère des Allemands20
Chap. III. Les femmes32
Chap. IV. De l’influence de l’esprit de chevalerie sur l’amour et l’honneur35
Chap. V. De l’Allemagne méridionale40
Chap. VI. De l’Autriche42
Chap. VII. Vienne48
Chap. VIII. De la société55
Chap. IX. Des étrangers qui veulent imiter l’esprit français57
Chap. X. De la sottise dédaigneuse et de la médiocrité bienveillante63
Chap. XI. De l’esprit de conversation65
Chap. XII. De la langue allemande, dans ses rapports avec l’esprit de conversation77
Chap. XIII. De l’Allemagne du Nord81
Chap. XIV. La Saxe85
Chap. XV. Weimar89
Chap. XVI. La Prusse91
Chap. XVII. Berlin98
Chap. XVIII. Des universités allemandes102
Chap. XIX. Des institutions particulières d’éducation et de bienfaisance109
Chap. XX. La fête d’Interlaken118
SECONDE PARTIE
De la littérature et des arts:
Chapitre Iᵉʳ. Pourquoi les Français ne rendent-ils pas justice à la littérature allemande125
Chap. II. Du jugement qu’on porte en Angleterre sur la littérature allemande130
Chap. III. Des principales époques de la littérature allemande134
Chap. IV. Wieland138
Chap. V. Klopstock141
Chap. VI. Lessing et Winckelmann147
Chap. VII. Gœthe153
Chap. VIII. Schiller157
Chap. IX. Du style et de la versification dans la langue allemande161
Chap. X. De la poésie168
Chap. XI. De la poésie classique et de la poésie romantique174
Chap. XII. Des poèmes allemands178
Chap. XIII. De la poésie allemande196
Chap. XIV. Du goût215
Chap. XV. De l’art dramatique218
Chap. XVI. Des drames de Lessing229
Chap. XVII. Les Brigands et Don Carlos, de Schiller236
Chap. XVIII. Walstein et Marie Stuart247
Chap. XIX. Jeanne d’Arc et la Fiancée de Messine274
Chap. XX. Guillaume Tell290
Chap. XXI. Gœtz de Berlichingen et le comte d’Egmont297
Chap. XXII. Iphigénie en Tauride, Torquato Tasso, etc.312
Chap. XXIII. Faust322

4493-5-11.—Paris.—Imp. Hemmerlé et Cⁱᵉ.