§ 299. Ensi se tint li sièges devant Audenarde
10grans et biaux, et toute celle saisson Phelippes d’Artevelle
et cil de Gand estoient logiet sus le mont
d’Audenarde, au lés deviers Hainnau; et là seoient li
engien et li grande bombarde qui jettoit les grans
[quariaux] et qui rendoit tel noise au descliquier que
15on l’ooit de sis lieues loing. Ens es prés desoulx
avoit on fait un pont sus l’Escaut de nefs et de cloies,
couvert d’estrains et de fiens, et par delà che pont
estoient logiet chil de Bruges, en remontant sus les
camps oultre le porte de Bruges. Après estoient logiet
20cil de Ippre et de Courtrai, de Popringhe et de Cassel
et dou Franc de Bruges, et comprendoient le tour de
la ville en rallant jusques à l’autre part de l’Escaut.
Enssi estoit toute la ville de Audenarde environnée,
et quidoient bien par tel siège li Flament afamer ceulx
25de dedens, mais à le fois li compaignon issoient et
faissoient des envaïes. Une eure perdoient, l’autre
gaagnoient, ensi comme à tels besongnes li fait d’armes
aviennent; mais toutesfois d’assaus n’i avoit nuls fais,
car Phelippes ne voloit pas follement aventurer ses
30gens, et dissoit que tout sans asallir il aroient la ville
et que par raison elle ne se pooit tenir longhement,
[273] quant il n’estoient conforté ne ne pooient estre de nul
costé, ne à paines uns oisellès ne [volast] mies en Audenarde
que il ne fust veus de ceulx de l’ost, tant bien
avoient il environné la ville à tous lés.
5§ 300. Or retournons au roi de France et à son conseil.
Li oncle dou roi et li consaulx de France avissèrent
pour le mieux que il envoieroient à Tournai
aucuns prelas et chevaliers dou roiaulme, pour traitier
à ces Flamens de Flandres et pour savoir plus
10plainement leur entente. Si furent esleu et ordonné
de venir à Tournai messires Milles des Dormans,
evesques de Biauvais, li evesques d’Auchoire, li evesques
de Laon, messires Guis de Honcourt et messires
Tristrans dou Bos; et vinrent chil à Tournai comme
15commissaire de par le roi de France, et là s’arestèrent.
Quant il furent venu, asés nouvellement estoient
retourné de l’ost de devant Audenarde Jehan Bonenfant
et Jehans Pietars, qui remonstrèrent à ces prelas
et chevaliers commissaires dou roi comment Phelippes
20d’Artevelle, au congiet prendre, leur avoit dit et que
li Flament n’entenderoient jamais à nul tretiet jusques
à tant que Audenarde et Tenremonde leur seroient
ouvertes. «Bien, respondirent li commissaire, se
chils Phelippes, par orguoel et beubant dont il est
25plains, fait sa grandeur, espoir, che n’est pas li acors
des bonnes villes de Flandres. Si escriprons à Bruges,
à Gand, à Ippre, et envoierons de par nous à cascune
ville une lettre et un mesagier. Par aucune voie faut il
entrer ens es coses, puis que on les voelt commenchier,
30et nous ne sommes pas chi venut pour guerriier, mais
pour traitiier envers ces maleois Flamens.» Adont
[274] escripsirent cil commissaire trois lettres as trois villes
et princhipaux de Flandres, et i mettoient en cascune
Phelippe d’Artevelle en ligne et ou premier chief. Si
contenoient les lettres enssi:
5§ 301. «A Phelippe d’Artevelle et à ses compaignons
et as bonnes gens des trois bonnes villes de Flandres
et le Franc de Bruges.
«Plaise vous savoir que li rois, nostres sires, nous
a envoiiés en ces parties en espèce de bien, pour paix
10et acord faire, comme souverain signeur, entre noble
prinche, son cousin, monsigneur de Flandres, et le
commun païs de Flandres; car renommé[e] queurt que
vous querés à faire aliance au roi d’Engletière et as
Englès, laquelle cose seroit contre raison et ou prejudice
15dou roiaulme de France et de la couronne, et
ne le poroit le roi souffrir aucunement. Pour quoi nous
vous requerons de par le roi que vous voelliés à nous
baillier sauf conduit, alant et venant, pour ceste pais
faire amener à bonne conclusion, sique le roi vous en
20sache gré, et nous rescripsiés response de vostre
intention. Nostres Sires vous voelle garder. Escript à
Tournai, le sesime jour de octembre.»
§ 302. Quant ces trois lettres, toutes contenans une
meïsmes cose, furent escriptes et seellées, on les
25bailla à trois hommes, et leur fu dit: «Vous irés à
Gand, et vous à Bruges, et vous à Ippre, et nous
rapporterés response.» Il respondirent: «Volentiers
response vous rapporterons nous, se nous le poons
avoir.» A ces mos il partirent, et ala cascuns son
30chemin. Quant cil de Gand vint à Gand, pour ce jour
[275] Phelippes d’Artevelle i estoit; autrement cil de Gand
n’euissent point ouvert la lettre sans lui. Il l’ouvri et
le lissi; et, quant il l’eut leu, il n’en fist que rire et
se parti assés tos de Gand, et s’en retourna devant
5Audenarde, et enporta la lettre avoecques li; mais li
mesagiers demora em prison à Gand. Et, quant il fu
venus devant Audenarde, il appella le signeur de Harselles
et aucuns de ses compaignons, et leur lissi la
lettre des commissaires, et dist: «Il samble que
10ces gens de France se truffent de moi et dou païx de
Flandres. Ja avoie je dit as bourgois de Tournai, quant
il furent avant hier chi, que je ne voloie mais oïr nulles
nouvelles de France ne entendre à nul traitié que on
me peuist faire, se Audenarde et Tenremonde ne
15nous estoient rendues.» A ces mos vinrent nouvelles
de Bruges et de Ippre des cappitainnes qui là estoient,
comment ossi on leur avoit escript, et que briefment
li mesagier qui ces lettres avoient aportées estoient
retenu ens es villes et mis en prison. «Ce est bien
20fait,» che dist Phelippes. Adont busia il sus ces
besongnes un petit, et, quant il eut merancoliet une
espasse, il s’avisa que il rescriproit aus commissaires
dou roi de France. Si rescripsi unes lettres; si avoit en
le superscrision: «A très nobles et discrés signeurs
25les signeurs commissaires dou roi de France.
§ 303. «Très chiers et poissans signeurs, à vostres
très nobles discreptions plaise vous savoir que nous
avons recheu amiables lettres à nous envoiies de très
exellent signeur Charles, roi de France, faissans mention
30comment vous, très nobles signeurs, estes envoiiet
de par lui par dechà pour traitier de paix et d’acord
[276] entre nous et haut prince monsigneur de Flandres et
son païs, et par le roi devant dit et sen [conseil] aians
plaisance de ce conduire et acomplir, siques ceux de
Tournai, nos chiers et boins amis, nous tesmongnent
5par leurs lettres patentes par nous veues. Et, pour ce
que li rois escripst que à lui moult desplaist et a despleut
que li discors ont si longhement esté et encores
sont, dont nous avons grant mervelle comment che
puet estre, en tamps passé, quant la ville de Gand fu
10asisse et la paix d’Audenarde n’estoit de nulle valeur,
et ossi quant nous dou commun conseil des trois
bonnes villes de Flandres à lui escripsimes, sicom à
nostre souverain signeur, que il vosist faire la paix et
acord, que adont ne li pleut en otant faire enssi que il
15nous samble maintenant que volentiers feroit. Et aussi
en telle manière avons receu unes lettres patentes contenans
que deus fois nous avés escript que vous estes
venu, dou roi devant dit chargiet, sicomme chi dessus
est declairiet; mais il nous samble que, selonc nostre
20response à vous sur ce envoie, que nous avons volenté
d’entendre au traitiet ce que fermement nul traitiet
n’est à querre entre nous et le païs de Flandres, se
ce n’est que les villes et forterèches, à la volenté de
nous, regars de Flandres et de la dite ville de Gaind,
25fremée[s] contre le païx de Flandres et nomméement
et expresséement contre la bonne ville de Gand, dont
nous sommes regard, seront descloses et ouvertes à
la volenté de nous, regars, et de la dite ville. Et, se
ce estoit, nequedent ne poriens nous traitier à la
30manière que vous le requerés, car il nous samble que
li rois ou nom de vous a et puet asambler en l’aide de
son cousin, nostre signeur, grant poissance, car nous
[277] savons et veons que fauseté i a, enssi comme autrefois
i a eu. Dont nostre intention est de ce estre seur et
sur nostre garde et deffence, sicomme nous sommes
après atendans. Il trouvera l’ost apparilliet pour lui
5deffendre contre ses ennemis, car nous esperons, à
l’aide de Dieu, avoir victore, enssi comme autrefois
avons eu à vous, oultre donnant à entendre que
renommée est que vous avés entendu que nous ou
aucuns de Flandres traitent aliances envers le roi
10d’Engletière, et que nous esrommes pour ce que nous
sommes subjet à la couronne de France et que li rois
est nostre signeur souverain à qui nous sommes tenu
de nous i aquiter; ce que fait avons, en tant que en
tamps passé à lui avons envoiiet nostres lettres, ensi
15comme à nostre signeur souverain, enssi que il vosist
faire la pais; et sur quoi il pas ne respondi, mais nos
mesagiers fu pris et detenus, ce que grant blasme nous
sambloit de tel signeur. Et encores li est plus grans
blasmes [et fait] à blasmer que desour ce il a à nous
20escript sicomme souverain signeur, et il ne nous daigna
envoiier response, quant à lui escrisimes comme à
nostre souverain signeur. Et, pour tant que adont che
ne li pleut à faire, pensames nous à querir le pourfit
dou païs de Flandres à qui que ce fust à faire, sicomme
25fait avons. Nientmains que aucune cose en est encore,
pora li rois bien venir à tamps à manière que toutes
forterèces soient ouvertes, et pour ce que nous
deffendesimes ceux de Tournai, quant darrainement
furent en nostre ost, que nuls ne venroit mais en telle
30manière cargiés de lettres ne de bouce sans avoir sauf
conduit, et oultre se sont venut portant lettres, sans
sent ne consent de nous, à Gand et à Bruges [et à
[278] Ippre], si avons les mesagiers fait prendre et detenir,
et leur aprenderons à porter lettres tellement que
autres i prenderont exemple, car nous sentons que
traïson aquerés, especiaulment pour moi, Phelippe
5d’Artevelle, dont Dieux me voelle deffendre, et aussi
faire et mettre discord ou païs. Pour quoi nous vous
laissons savoir que de ce ne vous travilliés plus, se ce
n’est que les villes devant dites soient ouvertes, che
que briefment, à l’aide de Dieu, elles le seront, liquels
10vous ait en sa sainte garde. Escript devant Audenarde,
le vintime jour dou mois d’octembre, l’an mille trois
cens quatre vins et deus. Phelippe d’Artevelle,
regard de Flandres, et ses compagnons.»
§ 304. Quant Phelippes d’Artevelle eut enssi escript,
15present le signeur de Harselles et son conseil, [si]
leur sambla que riens n’i avoit à amender, et seellèrent
la lettre, et puis regardèrent [à] qui il le bailleroient.
Bien savoient que, se nuls de leur costé apa[r]tenans
à eulx portoit ces lettres à Tournai, il seroit
20mors ou retenus, pour tant que il tenoient les trois
mesagiers des commissaires en trois villes en prison.
Si demanda Phelippes: «Avons nous nul prisonnier
de ceulx d’Audenarde?» On li respondi: «Oïl, nous
avons un vallet qui fu hier pris à l’escarmuce, mais il
25n’est pas d’Audenarde; il est d’Artois, vallès à un
chevalier d’Artois, messire G[e]rart de Marquillies,
sicomme il dist.»—«Tant vault mieux, dist Phelippes,
faites le venir avant; il portera ces lettres, et
parmi tant il sera delivrés.» On le fist venir avant.
30Adont l’appella Phelippes et li dist: «Tu ies mon prisonnier,
et te puis faire morir, se je voel, et tu en as
[279] esté en grant aventure; et, puis que tu es chi, tu seras
delivrés parmi tant que tu m’aras en convenant sour
ta foi que ces lettres tu me porteras à Tournai et les
bailleras as commissaires dou roi de France que tu
5trouveras là.» Li varlès, quant il l’oï parler de sa
delivrance, ne fu onques si liés, car il quidoit bien
morir; si dist: «Sire, je vous jure par ma foi que je
les porterai là où vous volrés, se ce estoit pour porter
en infier.» Et Phelippes commencha à rire et dist:
10«Tu as trop bien parlé.» Adont li fist il baillier deux
escus et le fist convoiier tout hors de l’ost et mettre
ou chemin de Tournai.
Tant exploita li varlès et tant chemina que il vint à
Tournai et entra ens es portes, et demanda où il trouveroit
15les commissaires; on li dist que il en oroit
nouvelles sus le marchiet. Quant il fu venus sus le
marchiet, on li enseigna l’ostel de l’evesque de Laon:
il se traïst celle part, et fist tant que il vint devant
l’evesque, et se mist en genous et fist son mesage bien
20et à point. On li demanda des nouvelles de Audenarde
et de l’ost. Il respondi ce qu’il en savoit et compta
comment il estoit prisonniers, mais on l’avoit en l’ost
delivret pour tant que il avoit aporté celle lettre. On
li donna à disner; entrues que il disnoit, il fu très bien
25examinés des gens de l’evesque. Quant il ot à grant
loisir disné, il se parti. Li evesques de Laon ne volt
mies ouvrir ces lettres sans ses compaignons, et envoia
devers eux; et, quant il furent tout troi li evesque et
li chevalier ensamble, on ouvri ces lettres: si furent
30leutes à grant loisir, et bien examinées et considérées.
Adont parlèrent il ensamble, et dissent: «Cils Phelippes,
à ce que il monstre, est plains de grant orguoel
[280] et presomption, et petitement amire la majesté roial
de France; il se confie en la fortune que il eut pour
li devant Bruges. Quel cose est il bon, ce dissent
5il, en chechi à faire?» Lors consillièrent il longhement,
et, eux consilliet, il dissent: «Li prevos et
li juret et li consaulx de Tournai, en quelle citté nous
sommes, sevent bien que nous avons envoiiet à Phelippe
d’Artevelle et aux villes de Flandres: s’est bon
que il oent la response telle que Phelippes nous fait.»
10Chils consaulx fu tenus. Messires Tristrans dou Bos,
gouvernères de Tournai, envoia querir les prevos [et
jurés]; on ouvri la halle, on sonna la cloque: tout cil
dou conseil vinrent. Quant il furent venu, on lissi et
relissi par deus ou par trois fois tout generalement
15ces lettres. Li sage se mervilloient des grosses et
presomptieuses parolles qui dedens estoient. Adont fu
consilliet que la copie de ces lettres [demorroit] à Tournai,
et li commissaire dedens deus ou trois jours s’en
retourneroient devers le roi et i reporteroient ces
20propres lettres seellées dou seel Phelippe d’Artevelle.
Atant se departi cils consaulx, et s’en retourna cascuns
en son hostel.
§ 305. Phelippes d’Artevelle, qui se tenoit à host
devant Audenarde, enssi comme vous savés, ne se
25repentoit mies de ce se durement et poindanment il
avoit escript en aucunes manières aux commissaires
dou roi de France, mais il se repentoit de ce que
parellement ou plus doucement il n’avoit escript aux
prevos et jurés de Tournai, en faindant et en monstrant
30amour, quoique petit en i eust. Par voie de
disimulation il dist que il i escriroit, car il n’i voroit
[281] mie nourir toute le haïne ne male amour que il poroit
bien. Si escripsi Phelippes en le fourme et manière
comme chi s’enssieut, et fu li supercription telle: «A
honnerables et sages nos chiers et bons amis les prevos
5et jurés de la ville et cité de Tournai.
§ 306. «Très chier et bon ami, vous plaise savoir
que nous avons recheu unes lettres mention faissant
de deus vos bourgois et manans, portant lettres à
Gand et à Bruges des commissaires dou roi de France,
10pris et detenus par nous, pour avoir hors de prison
à la prière de vous, par quoi la bonne amour
et afection qui est, et, se Dieux plaist, perseve[r]ra
entre vous et le commun païx de Flandres, soit de
tant plus perseverée; laquelle amour, très chier amit,
15nous samble bien petite, car à nostre connissance est
venu que li rois de France, li dus de Bourgongne, li
dus de Bretaigne et pluiseur autre grant signeur
assamblent forment pour venir en l’aide de monsigneur
de Flandres sour le païs de Flandres et pour
20avoir le dit païs pour combatre, nonobstant les lettres
que il à nous envoiièrent pour traitier pais et acord:
ce que à nous ne samble pas voie faisable, à ceux
appartenant: dont nous sommes sour nostre garde
et deffence, et serons d’ores en avant de jour et de
25nuit. Et tant que des prisons vos bourgois, si sachiés
que nous les detenrons devers nous tant que nous
sarons le vrai de l’asamblement des signeurs et que
à nous aplaira de eux delivrer, car vous savés que,
quant vos bourgois furent darainement en Flandres
30pour trouver la pais, que là fu dit, ordonnet et commandet
que on n’envoieroit mais nulle personne, ne
[282] par lettres ne autrement, à savoir est sans sauf conduit,
che que li signeur commissaire là estant ont
fait, pour faire discort et content ou dit païx. Si vous
prions, chiers amis, que ne voelliés plus envoiier nulle
5personne en Flandres de vos bourgois ne de autres
de par les dis signeurs; mais, se aucune cose vous
plaist, à vous touchant ou à vos bourgois, ce que nous
porons faire, nous rechepverons vos besongnes en
telle manière comme nous volriens que les nostres
10fuissent recheues par vous, en qui nous avons aucunement,
en ce cas et en plus grant, fiance, sicom
on doit avoir en ses bons voisins; et est nostre
intention, et generallement dou païx de Flandres,
que tout marceant et leurs marceandisses passent
15et voissent sauvement de l’un païs en l’autre, sans
eux ne aux marceandisses riens fourfaire. Et Dieux
vous gard! Escript en nostre ost devant Audenarde,
le vint et troisime jour dou mois d’octembre, l’an mil
trois cens quatre vins et deus. Phelippes d’Artevelle,
20regard de Flandres, et ses compaignons.»
§ 307. Au chief de trois jours apriès ce que la première
lettre fu envoiie aux commissaires dou roi,
enssi que li seigneur de Tournai estoient en [la] halle
asamblé en conseil, vinrent ces secondes lettres, et
25furent aportées par un varlet de Douai, sicom il disoit,
que cil de [Gand] estant au siège devant Audenarde
leur envoioient. Les lettres furent recheues et portées
en halle, et li commissaire appellet, et là furent leutes
à grant loisir et consillies. Finablement li commissaire
30dissent ensi as provos et jurés de Tournai, qui
demandoient conseil de ces besongnes: «Signeur,
[283] nous vous dissons pour le mieux que vous n’aiiés nulle
aquintance ne canlandisse à ceux de Flandres, car on
ne vous en saroit gret en France; ne ne ouvrés ne
rechevés mais nulles lettres que on vous envoie de che
5lés là, car, se vous le faites et on le scet au conseil
dou roi, vous en recheverés blasme et damage, et
sera grandement ou prejudice dou roiaulme. Chils Phelippes
d’Artevelle monstre et nous enseigne par ses
escripsions que il ne fait pas grant compte dou roi ne
10de sa poissance; mais se laira trouver au debout de
la conté de Flandres, qui est hiretages au conte, à
toute sa poissance. Che sont parolle[s] impetueuses
et orguilleuses, et li rois et monsigneur de Bourgongne
en aront à nostre retour grant indignation; si ne
15demo[r]ront pas les coses longhement en cel estat.»
Et cil de Tournai respondirent que par leur conseil
il perseve[r]roient et que, se à Dieu plaisoit, il ne
feroient ja cose dont il fussent repris. Depuis ne
demora que trois jours que li commissaire partirent
20de Tournai, et s’en retournèrent devers le roi, et le
trouvèrent à Peronne, et ses trois oncles les dus dallés
lui, Berri, Bourgongne et Bourbon.
§ 308. Le jour devant estoit là venus li contes de
Flandres, pour remonstrer ses besongnes au roi et à
25son conseil, et pour relever la conté d’Artois, en quoi
il estoit tenus, car encores ne l’avoit il point relevée.
Si en estoit il contes par la sucession de la contesse
d’Artois, sa mère, qui estoit morte en l’anée. Quant
chil commissaire furent venu, li consaulx dou roi se
30mist ensamble, present le jone roi, et là furent leutes
les deus lettres dessus dites que Phelippes d’Artevelle
[284] et cil de Flandres avoient envoiies à Tournai. De ce
que on les converti en grant mal et que il fu dit que,
en le nouveleté dou roi de France, si grans orgieux
qui estoit en Flandres ne faissoit mies à souffrir ne à
5soustenir, de ce ne fu pas li contes de Flandres courouchiés,
che fu raisons, car bien veoit et congnissoit
que, sans l’aide et poissance dou roi de France, il ne
pooit jamais retourner à son hiretage de Flandres. Si
fist là li contes de Flandres au roi, present son conseil,
10ses complaintes bien et à point, et fu bien oïs et respondus
en dissant des dus: «Cousins, des Flamens ne
poés vous à present dire ne parler de nul raisonnable
traitiet, sicom il appert par leurs [lettres] seellées,
et sont orgilleux et presomptieux et trop fourfait,
15quant il querent aliances à estragne signeur tel comme
le roi d’Engletière, qui est nostres aversaires; et ce ne
sera point soustenu, mais les ira li rois hastéement
combatre, et de che soiés tous asseurés.» Lors se offri
et presenta li contes de Flandres au roi de relever la
20conté d’Artois, enssi comme à son naturel signeur et
que il le devoit faire. Li rois fu consilliés de respondre
et dire enssi: «Contes, vous retournerés en Artois,
et tremprement nous serons à Arras, et là ferés vous
vostre devoir, presens les pers de France, car mieux
25ne poons nous monstrer que la querelle est nostre
que de aprochier nos ennemis.»
Li contes se contempta moult de ceste response, et
se parti de Peronne trois jours après, et s’en retourna
en Artois, et vint à Hesdin. Et li rois de France, comme
30chils qui de grant volenté voloit venir en Flandres et
abatre l’orgoel des Flamens, enssi que autrefois si
predicesseur avoient fait, mist clers en oevre à tous
[285] lés et envoiia lettres et mesagiers et mandemens qui
s’estendirent par toutes les parties de son roiaulme,
en mandant que tantos et sans delai cascuns venist
vers Arras pourveux au mieux que il peuist, car au
5plaisir de Dieu il voloit aler combatre les Flamens en
Flandres. Nuls sires tenant de lui n’osa desobeïr, mais
fissent leurs mandemens de leurs gens, et s’aparillièrent
et se departirent li lontaing d’Auvergne, de
Roerghue, de Quersin, de Toulousain, de Gascongne,
10de Limosin, de Poito, de Sainctonge, de Bretaigne et
d’autre part, de Bourbonnois, de Forois, de Bourgongne,
de la Daufiné, de Savoie et de Loeraingne,
de Bar et de tous les circuités et chaingles dou
roi[aume] de France et des tenances. Et tout avaloient
15aval vers Artois: là se faissoit li amas des gens d’armes
si grans et si biaux que mervelles estoient à considerer.
§ 309. Li contes de Flandres, qui se tenoit à He[s]din
et qui tous les jours ooit nouvelles dou roi et dou
20duc de Bourgongne et dou grant mandement qui se
faissoit en France, fist une deffense par tout Artois
ou plat païs que nuls, sus à perdre corps et avoir, ne
traisist ne mesist hors de son hostel, en forterèce ne en
bonne ville, cose que il euist, car il voloit que les gens
25d’armes fuissent aissiet et servit de ce qui estoit ou
plat païs. Adont s’en vint li rois en Arras, et là s’aresta;
et les gens d’armes de tous lés venoient et aplouvoient
tant et si bien estofé que ce estoit grant biauté dou
veoir, et se logoient enssi comme il venoient sus le
30plat païs, et trouvoient les granges toutes plaines et
bien pourveues, lesquels pourveances leur venoient
[286] bien à point, car tout estoit abandonné, et li corps
des grans signeurs se logoient ens es bonnes villes.
Adont vint li contes de Flandres en Arras, et conjoï
grandement le roi et les signeurs qui là estoient venu,
5et fist là hommage au roi, present les pers qui là
estoient, de la conté d’Artois, et li rois le rechut à
homme, et li dist: «Biaux cousins, se il plaist à Dieu
et à saint Denis, nous vous remeterons temprement
en l’iretage de Flandres, et abaterons tellement l’orguoel
10de ce Phelippe et de ses Flamens que jamais
[n’aront] cure ne poissance de eulx reveler ne relever.»
—«Monsigneur, dist li contes, je i ai bien
fiance, et vous i aque[r]rés tant d’onneur et de grace
que à tous les jours dou monde vous en serés prisiés,
15car maintenant voirement est li orgieux moult grans
en Flandres.»
§ 310. Phelippes d’Artevelle, lui estant [au siège]
devant Audenarde, estoit tous avisés et enformés
comment li rois de France voloit à poissance venir sur
20lui. Par samblant il n’en faissoit compte, et disoit à ses
gens: «Mais par où quide cils roitiaux entrer en Flandres?
Il est encores trop jones d’un an, quant il nous
quide esbahir par ses asamblées. Si ferai tellement
garder tous les passages et les entrées de Flandres
25que il ne sera mies en leur poissance que il se voient
de ceste anée dechà le rivière dou Lis.» Adont manda
il à Gand le signeur de Harselles que il venist devant
Audenarde: il vint. Quant il fu venus, Phelippes li
dist: «Sires de Harselles, vous savés bien et entendés
30tous les jours comment li rois de France se apparelle
pour nous destruire; il faut que nous aions avis
[287] et conseil sur ce. Vous demor[r]és chi et tenrés le
siège, et je m’en irai à Bruges et à Ippre aprendre
encores mieux des nouvelles, et rafresquirai, par
parolles et monitions de bien faire et de eux encoragier,
5les bonnes gens des bonnes villes, et establirai
sus la rivière dou Lis aux passages tant de gens que
li François ne poront oultre.» A tout ce s’acorda
bien li sires de Harselles. Lors se departi Phelippes
dou siège, et s’en chevauca vers Bruges; et chevauchoit
10comme sires, et faissoit porter son pennon
devant lui tout desvolepet, armoiiet de ses armes, et
portoit de noir à trois cappiaulx d’argent.
Quant il fu venus à Bruges, il trouva Piètre dou
Bos et Piètre le Wintre, qui là estoient gardiien et
15cappitaines de Bruges. Si parla à eulx et leur remonstra
comment li rois de France atout sa poissance
voloit venir en Flandres, et que il convenoit aler au
devant pour i remediier et garder les passages: «Si
voel, Piètre dou Bos, que vous allés au pas à Commines:
20vous garderés là la rivière. Et vous, Piètre le
Wintre, vous irés au [pont] à Warneston et là garderés
vous le passage. Et faites tous les pons en dessus
la rivière jusques à la Gorge et à Estelles et à
Menreville rompre, et en desous jusques à Courtrai.
25Par enssi ne poront li François passer, et je m’en
irai à Ippre parler à ceux de Ippre et eux en amour
rafresquir et reconforter, et remonstrer comment nous
sommes conjoint ensamble par une unité, et que nuls
ne se fourvoie ne isse de ce que nous avons juret
30ensamble à tenir. Il n’est mies en la poissance dou roi
de France ne de ses François que il puisent passer la
rivière dou Lis ne entrer en Flandres, puis que li pas
[288] seront gardé, se il ne vont au lonc de la rivière querre
passage vers Saint Omer et Berghes. Et, se il faissoient
che chemin, il trouveroient tant d’empecemens, de
crolières et de mauvais pas que il ne se poroient tenir
5ensamble, avoec ce que il est iviers et que il fait
fresc et mauvais chevauchier, que il seroient tout
perdu d’avantage.» Che respondirent cil doi Piètre:
«Phelippe, vous dites voir, et nous ferons ce que
vous dites. Et de nos gens qui sont en Engletière,
10avés vous oï nulles nouvelles?»—«Par ma foi! respondi
Phelippes, nenil, dont je m’esmervelle. Li parlement
sont maintenant à Londres, si en deverons
temprement oïr nouvelles. Li rois de France ne se
puet jamais tant haster que nous ne soions conforté
15des Englès, anchois que il nous porte point de contraire.
Espoir, fait li rois d’Engletière son mandement,
et venront Englois à l’Escluse sus une nuit, quant nous
ne nos en donrons garde, car il ont vent pour issir
hors d’Engletière à volenté.» Ensi se devisoient chil
20troi compaignon ensamble. Auques pour ce tamps
toute Flandres estoit en obeïssance à eux, excepté
Tenremonde et Audenarde.
§ 311. Entrues que ces ordonnances se faissoient,
et que li rois de France sejournoit à Arras, et que
25gens d’armes s’amassoient en Artois, en Tournesis et
en le castelerie de Lille, se avissèrent aucun chevalier
et escuier qui sejournoient à Lille et là environ,
par l’emprise et ennort dou Halse de Flandres, que il
feroient aucun exploit d’armes, par quoi il seroient
30renommé. Si se quellièrent un jour environ sis vins
hommes d’armes, chevaliers et escuiers, et vinrent
[289] passer la rivière dou Lis au pont à Menin, à deux
lieues de Lille, liquels pons n’estoit point encores
deffais, et chevauchièrent en la ville et l’estourmirent
moult grandement, et tuèrent et decopèrent en la
5ville et là près grant fuisson de gens, et les cachièrent
priès tous hors de leur ville. Li haros commencha à
monter; les villes voisines commenchièrent à sonner
leurs cloques à herlle et à traire vers Menin, car li
haros venoit de là. Si s’[as]amblèrent grant fuisson
10de gens, et se requellièrent tout ensamble en Menin.
Quant li Halses, messires Jehans de Jeumont, li castelains
de Buillon, messires Henris de Dufle et li chevalier
et escuier eurent bien esmeu le païs et leur fu
vis que il estoit tamps dou retourner, il se missent au
15retour pour rapasser à ce pont la rivière, enssi que il
avoient passé; et ja le trouvèrent il fort et pourveu de
Flamens qui le deffaissoient ce qu’il pooient, et, quant
il en avoient rosté une ais, il le couvroient de fiens,
afin que on ne veïst point le mehaing. Evous chevaliers
20et escuiers retourner, montés sur fleurs de coursiers
et de chevaux, et truevent en la ville plus de
deus mille de ces païssans qui là s’estoient requelliet,
liquel se mettent tout en bataille pour venir sus eux.
Quant cil gentil homme en veïrent le convenant, si
25dissent: «Il nous faut, par force de chevaux, rompre
ces villains, ou nous sommes atrapet.» Adont se
missent il tout ensamble, et abaissièrent les lances et
les espées roides de Bourdiaux, et esperonnèrent les
chevaux de grand randon, et missent devant les plus
30fors montés, et commenchièrent à huer. Chil Flament
s’ouvrirent qui ne les osèrent atendre, et li autre
dient que il le fissent tout par malisse, car il savoient
[290] bien que li pons ne les poroit porter; et dissoient
entre eux li Flament: «Faissons leur voie; tous
verés ja biau jeu.» Li Halse[s] de Flandres, li chevalier
et li escuier qui se voloient sauver, car li sejourners
5leur estoit contraires, fièrent chevaux des esperons
sus ce pont, liquels n’estoit pas fors pour porter un
si grant fais. Toutesfois li Halses de Flandres et aucun
autre eurent l’eur et l’aventure de passer oultre, et passèrent
environ trente, et, enssi que li autre voloient
10passer, li pons rompi desous eulx. Là eut des chevaus
enrasquiés, qui ne se peurent ravoir, qui i
furent mort et leurs maistres. Chil qui estoient
derière veïrent che meschief: si furent moult esbahi
et ne sceurent où fuir pour eux sauver. Si ferirent li
15aucun en la rivière, qui le quidoient noer, mais il ne
pooient, car elle est parfonde et de hautes rives où
cheval ne se pueent aherdre ne [rescoure]. Là eut grant
meschief, car li Flament venoient, qui les encauchoient
et ochioient à volenté et sans merchi, et les faissoient
20saillir en l’aige, [et] là se noioient. Là fu messires
Jehans de Jeumont en grant aventure d’estre perdus,
car li pons rompi desous li, mais, par grant apertisse
de corps, il se sauva. Toutesfois, il fu navrés dou
trait moult durement ou chief et ou corps, dont il jut
25puis plus de sis sepmaines et ne se peut armer en
grant tamps. A che dur rencontre furent mort li castelains
de Buillon et [Bouchars] de Saint Hilaire et
pluiseur autre, et noiiés messires Henris de Dufle; et
en i eut que mors que noiiés plus de soissante, et cil
30tout ewireux qui sauver se peurent, et grant fuison
de blechiés et de navrés. Enssi ala de ceste emprisse.
Les nouvelles en vinrent as signeurs de France qui
[291] estoient à Arras, comment leurs gens avoient perdu,
et comment follement li Halses de Flandres avoit chevauchiet.
Si furent des aucuns plains, et des autres
non; et disoient cil qui le plus estoient usé d’armes:
5«Il ont fait une folle emprisse de passer une rivière
sans gué et aler courir une grosse ville, et entrer ou païs,
et retourner au pas par où il avoient passet, et non
[garder] che pas jusques à leur retour; che n’est pas
emprise faite de sages gens d’armes qui voellent venir
10à bon chief de leur besongne, à faire enssi, et pour
ce que outrequidiet il ont chevauchiet, leur en est il
mal pris.»
§ 312. Cheste cose se passa; on le mist en oubliance,
et Phelippes d’Artevelle se departi de Bruges et s’en
15vint à Ippre, où il fu requelliés à grant joie. Et Piètres
dou Bos s’en vint à Commines, où tous li plas païs
estoit asamblés, et là entendi as besongnes et fist
toutes les ais dou pont de Commines desclauer et desquevillier,
pour estre tantos, se il besongnoit, [deffait];
20mais encore ne vaut il mies le pont condempner de tous
poins, pour l’avantage de ceulx dou plat païs requellier,
qui passoient tous les jours leurs bestes à grant fuisson
et mettoient oultre le Lis à sauveté et cachoient
ens es bos et ens es praieries sus le païs et environ
25Ippre. Si en estoit li païs si cargiés que à grans mervelles.
Che propre jour que Phelippes d’Artevelle vint à
Ippre, vinrent les nouvelles, comment, au pont à
Menin, li François avoient perdu et li Halses avoit esté
30priès atrappés. De ces nouvelles fu Phelippes tous resjoïs,
et dist en riant, pour rencoragier ceulx qui dallés
[292] lui estoient: «Par la grace de Dieu et le bon droit
que nous avons, tout li autre venront à celle fin, ne
jamais cils rois de France, jonement consilliés selonc
che qu’il est d’eage, se il passe la rivière dou Lis,
5ne retournera en France.»
Phelippes d’Artevelle fu cinc jours à Ippre, et
preecha em plain marchiet pour rencoragier son
peuple et tenir en leur foi; et leur remonstra comment
li rois de France, sans nul title de raison, venoit
10sus eux pour eux destruire: «Bonnes gens, dist Phelippes,
ne vous esbahissiés point se il viennent sur
vous, car ja n’aront poissance de passer la rivière
[dou Lis]. J’ai fait tous les pas bien garder, et est
ordonnés à Commines Piètres dou Bos atout grant
15gent, qui est uns loiaux homs et qui aime l’onneur de
Flandres; et Piètre le Wintre est à Warneston, car
tout li autre passage [sus] la rivière dou Lis sont
romput, ne il n’i a passage ne gué fors à ces deus
villes là où il puissent passer. Et si ai oït nouvelles
20de nos gens que nous avons envoiiet en Engletière.
Nous arons temprement un très grant confort des
Englès, car nous avons bonnes aliances à eux: il se
sont ahers avoecq nous pour aidier à faire nostre
guerre contre le roi de France qui nous voelt heriier.
25Si vivés loiaument en cel espoir, car li honneurs nous
demor[r]a, et tenés che que vous avés juret et promis
à moi et à la bonne ville de Gand, qui tant a eu de
paine et de frait pour soustenir et garder les droitures
et les francisses des bonnes villes de Flandres.
30Et tout cil qui voellent demorer dalés moi, enssi
comme il l’ont juret, [lièvent] le main vers le chiel en
segnefiant loiauté.» A ces mos, tout cil qui ou marchiet
[293] estoient et qui oït l’avoient levèrent le main
amont, et le aseurèrent que tout demor[r]oient dalés
lui. Adont descendi Phelippes de l’escafaut où il avoit
pre[e]chiet, et s’en vint fendant parmi le marchiet
5jusques à son hostel, et se tint là tout ce jour. A
l’endemain, il monta à cheval et retourna à toute sa
route vers Audenarde, où li sièges se tenoit, qui point
ne se deffaissoit pour nouvelles que il oïssent; mais il
passa parmi Courtrai, et reposa là deus jours.
FIN DU TEXTE DU TOME DIXIÈME.
VARIANTES
§ 169. P. 1, l. 2: Sartre.—Ms. B 12: Chartres.
P. 1, l. 3: Noiion.—Ms. A 2: Nogent.
P. 1, l. 5: deslogièrent.—Les mss. A 7, B 5, 7 ajoutent: et puis se partirent.
P. 1, l. 6: là.—Le ms. B 20 ajoute: s’arrestèrent et.
P. 1, l. 7: Sablé.—Mss. B 5, 7: Sales.
P. 1, l. 8: Mans.—Leçon des mss. B 1, 2.—Ms. A 1: Man.—Ms. B 12: Mayens.
P. 2, l. 1: d’Arve.—Mss. B 1, 2, 12, 20: d’Arne.
P. 2, l. 4: marescages.—Mss. A 7, B 7: marez.—Ms. B 5: marès.
P. 2, l. 7-9: seuissent... garde.—Ms. B 12: les eussent là assailliz, ilz n’eussent aucunement peu secourir à l’un l’autre.
P. 2, l. 7: convenant.—Ms. B 20: inconvenient.
P. 2, l. 11: passèrent.—Les mss. B 1, 2 ajoutent: oultre.
P. 2, l. 12-13: en iaulx... esperoient.—Mss. A 7, B 5, 7: en esperant.
P. 2, l. 15: Hainbon.—Mss. A 2, B 12: Hennebont.
P. 2, l. 19: recorda.—Ms. A 2: compta.
P. 2, l. 19-20: l’eut tantos passé.—Ms. B 20: en eut de legier passé son deuil.
P. 2, l. 22: je avoie.—Mss. B 1, 2: il avoit.
P. 2, l. 24: la moitié.—Manquent aux mss. B 1, 2.—Ms. B 12: plus de la moittié.
P. 2, l. 28: me fault.—Ms. B 12: ainsi pour la cause de ce roy Charles mort il m’est besoing de.
P. 2, l. 31: laisseront.—Les mss. A 2, B 5, 12 ajoutent: entrer.
P. 2, l. 32 à p. 3, l. 1: et chiaulx... fiance.—Mss. B 5, 7: telz que.
P. 3, l. 2: c’on dist... Guion.—Manquent au ms. B 12.
P. 3, l. 2: messire Bertram.—Manquent aux mss. A 7, B 5, 7.
P. 3, l. 2: Guion.—Le ms. A 2 ajoute: admiral de Bretaigne.
P. 3, l. 3: Tannegui.—Ms. A 2: Aubigny.—Ms. B 1: Chavregni.—Ms. B 2: Channi.—Ms. B 20: Cauvegny.
P. 3, l. 4: Caresmiel.--Ms. A 2: Carismel.—Ms. B 12: Carmel.—Ms. B 20: Karennel.
P. 3, l. 4: l’esleu de Lion.—Ms. A 2: grant gouverneur de Leon.—Manquent aux mss. B 5, 7.
P. 3, l. 25 et plus bas: Vitré.—Leçon des mss. B 1, 2.—Ms. A 1: Viteri.—Mss. A 2, B 12, 20: Vitry.
P. 3, l. 28-29: où il... jours.—Mss. A 7, B 5, 7: et de là.
P. 3, l. 29: Chastel Bourg.—Leçon du ms. B 12.—Ms. A 1: Chastel Brout.—Mss. A 7, B 5, 7: Chastel Briant.—Mss. B 1, 20: Chastel Bronc.—Ms. B 2: Chasteaubriant.
P. 3, l. 29-30: Chastel Bourg en Bretaigne.—Ms. A 2: Bron, qui estoit le propre heritaige de messire Bertran du Guesclin, connestable de France qui avoit esté, car il estoit mort, n’avoit guaires, devant Chasteau Neuf de Randon, si comme nous avons dit ci devant.
§ 170. P. 4, l. 6-7: et li... n’estoit.—Ms. B 20: et les barons de son païs de Br. n’estoient.
P. 4, l. 11: de France.—Ms. A 2: bon ou maugré leurs ennemis.
P. 4, l. 17: chil.—Mss. A 7, B 2, 5, 7, 12: de ceulx.
P. 4, l. 18: sont.—Leçon du ms. A 7.—Mss. A 1, B 1, 20: est.—Ms. B 2: et qui est.—Mss. B 5, 7: lesquelz sont.—Ms. B 12: laquelle est.
P. 4, l. 18: tous rebelles.—Leçon des mss. A 7, B 5, 7.—Mss. A 1, B 1, 2, 12, 20: toute rebelle.
P. 4, l. 19: ordonnent.—Leçon des mss. B 5, 7, 12.—Mss. A 1, 7, B 1, 2, 20: ordonne.
P. 4, l. 21: seellèrent.—Ms. A 7: s’alièrent.
P. 4, l. 23: regent.—Les mss. A 7, B 5, 7 ajoutent: de France.
P. 4, l. 25: pour.—Leçon des mss. A 7, B 1, 5, 7, 12, 20.—Manque au ms. A 1.
P. 4, l. 31: et... enssi.—Ms. A 7: distrent.—Mss. B 5, 7: dirent.
P. 5, l. 4: à Chastiel Bourg.—Ms. A 2: en la ville de Bron.
P. 5, l. 7: entrer.—Le ms. B 12 ajoute: ne autres.
P. 5, l. 7: mais.—Le ms. A 2 ajoute: pour l’amour et honneur du duc.
P. 5, l. 22: qui estoient.—Mss. A 7, B 5, 7: qu’ilz sentoient.
P. 5, l. 25: se.—Le ms. B 20 ajoute: conduisoit et.
P. 5, l. 29: prioient.—Le ms. A 2 ajoute: moult humblement.
P. 6, l. 5: de mettre.—Mss. B 1, 2: demorèrent.—Ms. B 20: remettre.
§ 171. P. 6, l. 10-11: messires Robert Canolles.—Manquent aux mss. B 5, 7.
P. 6, l. 19: trois.—Ms. B 1, 2: quatre.
P. 6, l. 20 et plus loin: Combourg.—Mss. A 1, B 1, 2, 5, 20: Combrout.—Ms. A 2, 7: Combour.—Ms. B 7: Combrenc.—Ms. B 12: Cambourg.
P. 6, l. 23: les convenans.—Ms. B 20: la conduite.
P. 7, l. 1: de Vennes.—Manquent aux mss. B 1, 2.
P. 7, l. 1: Vennes.—Leçon des ms. A 2, 7, B 5, 7.—Mss. A 1, B 12, 20: Rennes.
P. 7, l. 9: jour.—Le ms. A 2 ajoute: se ilz eussent voulu.—Les mss. B 1, 2 ajoutent: se il voulsissent.
P. 7, l. 10 et plus loin: le Heidé.—Mss. A 7, B 5: la Heidé.—Mss. B1, 2: le Herdé.—Ms. B 7: la Herdé.—Ms. B 12: la Heydé.
P. 7, l. 17: amour.—Ms. A 2: signe d’amour par semblant.—Ms. B 20: signe d’amour.
P. 7, l. 21: de l’esté.—Ms. B 1: de li estre.—Ms. B 2: de lui estre.
P. 7, l. 28: merchi.—Le ms. B 12 ajoute: et en seront tous aises et joyeulx.
P. 8, l. 8-9: tout... Masière.—Ms. B 12: là tout autour logiez.
P. 8, l. 8: et.—Leçon des mss. A 7, B 1, 2, 5, 7.—Manque au ms. A 1.
P. 8, l. 9: Bretaigne.—Le ms. A 2 ajoute: et le conseil du conte.
P. 8, l. 11-12: et... compaignie.—Ms. A 2: ces.iiii. barons estoient propres conseilliers du conte.
P. 8, l. 13: besongnes.—Le ms. A 2 ajoute: et pour sçavoir comment ilz se pourroient maintenir contre ceuls de Nantes.
§ 172. P. 8, l. 16: devant.—Leçon des mss. B 1, 2, 12.—Manque au ms. A 1.—Mss. A 7, B 5, 7: à.
P. 8, l. 24-25: et que... le.—Mss. A 7, B 5, 7: on.
P. 8, l. 24: ces.—Les mss. B 1, 2 ajoutent: besoingnes et.
P. 8, l. 26: querre.—Le ms. A 7 ajoute: le conte.—Les mss. B 5, 7 ajoutent: le conte de B.
P. 8, l. 26: où il... hoos.—Mss. A 7, B 5, 7: pour estre à ces obligacions et consaulx.
P. 9, l. 5: à Rennes.—Ms. A 2: encores es faubours de Rennes et le conte et ses barons en la ville.
P. 9, l. 9: che.—Le ms. B 20 ajoute: que ilz l’attenderoient francement.
P. 9, l. 13: Morfouace.—Le ms. A 2 ajoute: de Saint Maslou de l’Isle.
P. 9, l. 14: Malatrait.—Le ms. B 20 ajoute: le Besgue.
P. 9, l. 14: Tournemine.—Ms. A 2: mons. Jehan T.—Mss. A 7, B 5, 7: le sire de T.
§ 173. P. 10, l. 2: li contes de Savoie.—Manquent au ms. B 20.
P. 10, l. 4: li.—Mss. A 7, B 5, 7: mais li.
P. 10, l. 22-23: et tout li enffant.—Ms. B 20: et tous les jouvenceaulx o lui, et par especial ceulx.
P. 10, l. 24-25: dont... devant.—Mss. A 7, B 5, 7: jour de la Toussains.
P. 10, l. 25: joedi.—Leçon du ms. A 2.—Mss. A 1, B 1, 2, 12, 20: venredi.
P. 10, l. 30: roi.—Le ms. B 20 ajoute: chrestien.
P. 11, l. 8: vestie.—Ms. B 1: vestus.—Ms. B 2: vestu.
P. 11, l. 8-9: si... avoir.—Ms. B 20: et le roy estoit tant richement et noblement vestu que l’on ne pouoit plus.
P. 11, l. 10: escamiaulx.—Mss. B 5, 7: eschafaulx.
P. 11, l. 11: à ses piés.—Ms. A 2: assez près du roy.
P. 11, l. 27: aliennées.—Le ms. A 2 ajoute: au moins lors.
P. 11, l. 32: tref.—Leçon des mss. A 2, B 2, 5, 7, 12.—Mss. A 1, 7, B 1: tret.
P. 12, l. 2: cinc.—Mss. B 1, 2: quatre.
P. 12, l. 2: Braibant.—Manque aux mss. B 1, 2.
P. 12, l. 3: Bourbon.—Les mss. B 1, 2 ajoutent: avoecques eulx son grant oncle.
P. 12, l. 5: servoient.—Ms. B 12: seroient.
P. 12, l. 6: li sires de Cliçon.—Manquent au ms. A 2.
P. 12, l. 7: France.—Mss. A 7, B 5, 7: la mer.
P. 12, l. 14: pas.—Mss. A 2, B 12: repas.
P. 12, l. 28: mort.—Mss. A 7, B 5, 7: qui estoit trespassez.
§ 174. P. 13, l. 13: Montraulieu.—Ms. A 2: Montauban.—Ms. B 12: Monstreuil.
P. 13, l. 13: Houssoie.—Le ms. A 2 ajoute: mons. Geffroy de Karrismel.
P. 13, l. 29: Ricebourc.—Ms. B 12: Chierbourg.
P. 13, l. 31: priès.—Le ms. B 20 ajoute: des portes de la cité.
P. 14, l. 2: d’Ango.—Le ms. A 2 ajoute: de Touraine.
P. 14, l. 3: du Mainne.—Leçon du ms. B 1.—Ms. A 1: de Humaine.
P. 14, l. 11: nuit.—Le ms. A 2 ajoute: où nous sommes.—Les mss. B 5, 7 ajoutent: de huy.
P. 14, l. 11: escarmuchier.—Le ms. A 2 ajoute: espoir ont les aucuns tant beu que le mal Saint Martin les tient es testes tellement qu’ilz sont ja endormiz, et ainsi cuident ilz de nous.» Si commencièrent tous à rire.
P. 14, l. 13: est.—Leçon du ms. B 2.—Manque aux mss. A 1, B 1.—Mss. A 2, 7, B 5, 7, 20: dites.
P. 14, l. 13: et est... faire.—Ms. B 12: ainsi devrions faire.
P. 14, l. 13-14: et nous le vollons.—Manquent aux mss. B 5, 7.
P. 14, l. 15: sis vins.—Ms. A 2: VIIxx.
P. 14, l. 17: i.—Leçon des mss. B 1, 2.—Manque aux mss. A 1, 7, B 5, 7, 12.
P. 14, l. 25: mehaignier.—Ms. B 12: decopper.—Le ms. A 2 ajoute: et mettre en grant meschief.
§ 175. P. 15, l. 8: eussions.—Leçon du ms. B 2.—Ms. A 1: issions.—Mss. A 7, B 7, 12: yssions.—Ms. B 1: heussions.—Ms. B 5: yssissions.
P. 15, l. 8: sis.—Mss. B 2, 5, 7, 12: de sis.
P. 15, l. 8: set.—Ms. B 20: huit.
P. 15, l. 15: friente.—Ms. A 2: nul semblant.—Ms. B 5: bruyt.—Ms. B 7: frieme.—Ms. B 12: frainte.
P. 15, l. 28: moult coiteussement.—Ms. A 2: moult courtoisement.—Ms. B 20: tout à la couverte.
P. 16, l. 9: Nantes.—Le ms. A 2 ajoute: à pou de dommaige.
§ 176. P. 16, l. 13: les.—Le ms. B 20 ajoute: escarmuchoient et.
P. 16, l. 15 et ailleurs: il.—Leçon du ms. B 1.—Ms. A 1: ilz.
P. 16, l. 16: setime.—Ms. A 2: VIIIe.