[423] Ils étaient encore dans cette ville le 13 mai; il paraît qu'ils y restèrent un peu plus long-temps que ne le pense Lebeau, puisque nous voyons par une loi que, le 24 du mois suivant, les deux empereurs n'étaient encore qu'à Philippopolis en Thrace, d'où ils se rendirent à Sardique, où ils se trouvaient le 30 juin.—S.-M.

[424] A trois milles, tertio lapide, dit Ammien Marcellin, l. 26, c. 5. Selon le même auteur, cet endroit n'était même qu'un faubourg de Naïssus, in suburbano, dit-il, quod appellatum Mediana.—S.-M.

[425] On a une loi de Valentinien, datée de cette ville, le 5 juillet.—S.-M.

XVIII.

Divers réglements de Valentinien.

Cod. Th. l. 1, tit. 7, leg. 2, 4, 5; l. 8, tit. 5, leg. 20, 21; l. 9, tit. 30, leg. 1, 2; tit. 36, leg. 15, 16; l. 11, tit. 30, leg. 33, 34; tit. 31, leg. 1; l. 12, tit. 1, leg. 57, etc. tit. 13, leg. 2, 3; l. 15, tit. 15, leg. unic.

Valentinien se proposait Constantin pour modèle. Il avait dessein de réformer le gouvernement de Julien; mais il aimait l'argent, et Julien n'avait aimé que la gloire. De plus, le trésor épuisé par la malheureuse expédition de Perse, avait besoin d'être rempli pour fournir aux dépenses des armées que les attaques des Barbares obligeaient de lever et d'entretenir. Ces raisons laissèrent à Julien l'avantage du désintéressement et de la libéralité. Ce prince avait modéré les présents que les villes de l'empire envoyaient en diverses occasions aux empereurs; il avait voulu que ces hommages fussent purement volontaires. Valentinien les exigea à titre de contributions, il n'en dispensa que les sénateurs déja chargés de taxes encore plus onéreuses. Il régla par plusieurs lois la conduite des juges et des gouverneurs; il leur enjoignit de prononcer leurs jugements en public, à portes ouvertes, parce qu'il était à craindre que dans les audiences secrètes l'intrigue ne prévalût sur la justice. Il voulut qu'ils se rendissent populaires par leur facilité à se laisser aborder, par leur désintéressement, par une équité incorruptible qui ne fît aucune acception des personnes, et non pas en donnant au peuple des fêtes et des spectacles, qui leur feraient perdre en amusements frivoles un temps et des soins qu'ils devaient à des fonctions sérieuses. Les gouverneurs en faisant la visite de leur province, prenaient leur logement dans les maisons les plus commodes et les plus délicieuses des particuliers. Valentinien défendit cet abus; il ne leur permit de loger que dans les maisons publiques qui se trouvaient sur leur passage; et il déclara que toute autre habitation, dans laquelle ils auraient été reçus, serait vendue au profit du fisc. Il leur recommanda de visiter dans leurs tournées tous les villages et toutes les métairies, et de s'informer exactement de la conduite des officiers chargés du recouvrement des deniers publics, déclarant qu'il punirait de mort ceux qui seraient convaincus d'extorsions et de vexations injustes. Ayant appris que des bandes de voleurs désolaient la Campanie, l'Apulie et les contrées voisines, il ne permit qu'à certaines personnes de monter à cheval dans ces provinces, et défendit le port des armes, à tous ceux qui n'en auraient pas obtenu la permission expresse. Il réforma plusieurs abus dans les jugements et dans l'usage de la course publique. Il fit de nouveaux réglements pour maintenir dans les villes l'ordre municipal. Pendant tout le cours de son règne, il ne perdit jamais de vue ces objets, qu'il regardait comme très-importants. Ces sages dispositions firent l'occupation de Valentinien pendant les mois de septembre et d'octobre, qu'il passa dans les villes d'Émona, aujourd'hui Laybach en Carniole, d'Aquilée, d'Altinum et de Vérone[426].

[426] Il était à Emona le 28 août. On voit par ses lois qu'il résida à Aquilée, depuis le 7 septembre jusqu'au 29. Il était à Altinum le 30 septembre, le 5 et le 8 d'octobre; il se trouvait à Vérone le 15 du même mois.—S.-M.

XIX.

Valentinien à Milan.

Amm. l. 26, c. 5.

Cod. Th. l. 11, tit. 30, leg. 32.

Grut. inser. p. 177, nº 4.

Giann. Hist. de Naples, l. 2, c. 3.

Il se rendit à Milan vers le commencement de novembre[427]. Cette ville ancienne, grande, peuplée, située dans un territoire fertile, et célèbre par ses écoles, qui dès le temps d'Antonin lui avaient mérité le nom de nouvelle Athènes[428], était alors la capitale du Vicariat d'Italie. Valentinien la choisit préférablement à la ville de Rome pour le lieu de sa résidence, tant qu'il serait dans ces contrées, parce qu'elle était placée comme au centre de son empire. A son arrivée il trouva le peuple divisé par un schisme. Ce prince, moins éclairé que zélé pour la concorde, prit d'abord le mauvais parti. Comme il s'était prescrit pour règle de ne point se mêler de disputes de religion, son histoire est presque entièrement dégagée des affaires ecclésiastiques. Pour l'en détacher tout-à-fait, je vais présenter ici sous un seul point de vue la conduite qu'il a tenue pendant tout son règne par rapport au christianisme en général, et à l'église catholique en particulier.

[427] On a des lois de Valentinien, rendues à Milan, et qu'on croit datées du 4 novembre de cette année, mais ces dates sont sujettes à beaucoup de difficultés. Quoi qu'il en soit sur ce point, il n'est pas moins certain que cet empereur était à Milan au mois de novembre; car il existe une loi de ce prince dont la date incontestable est du 25 de ce même mois.—S.-M.

[428] C'est ce qu'on apprend d'une longue inscription, insérée dans le recueil de Gruter, et datée du 3e consulat d'Antonin le Pieux, et de la 2e année de la puissance tribunitienne de ce même empereur (140 de J.-C.).—S.-M.

XX.

Il donne liberté de religion.

Amm. l. 30, c. 9.

Zos. l. 4, c. 3.

Symm. l. 10, ep. 54.

Liban. pro templis, p. 10.

Cod. Th. l. 9. tit. 16, leg. 7 et 9; l. 10, tit. 1, leg. 8; l. 12, tit. 1, leg. 60, 75; l. 13, tit. 3, leg. 7, 8; l. 16, tit. 1, leg. 1.

Valentinien était sincèrement attaché à la religion chrétienne, à laquelle il avait sous Julien sacrifié sa fortune. Mais persuadé que les consciences ne sont point du ressort de la juridiction impériale, il n'entreprit pas de les contraindre[429]; il n'étendit son pouvoir sur les affaires de religion, qu'autant que celles-ci rentraient dans l'ordre politique. D'ailleurs il se voyait à peu près dans les mêmes circonstances où Constantin s'était trouvé à son avénement à l'empire. Ce prince et ses enfants avaient travaillé, mais avec ménagement et circonspection, à la destruction de l'idolâtrie. Julien l'avait relevée de ses ruines: le règne de Jovien avait été trop court pour l'abattre de nouveau. Ainsi le paganisme, encore enivré du sang des martyrs qu'il avait fait couler pendant le règne de Julien, avait repris assez de forces pour ne pouvoir être terrassé sans de violents combats. Valentinien qui voulait maintenir la paix dans ses états, déclara dès les premiers jours de son règne, qu'il permettait à ses sujets de suivre la religion que chacun d'eux avait embrassée[430]. Les lois qui accordaient cette liberté ne sont pas venues jusqu'à nous, mais elles sont clairement rappelées dans une de celles qui nous restent de ce prince, et attestées également par les auteurs chrétiens et païens de ce temps-là. Cette tolérance n'était pas feinte et simulée comme celle de Julien. Valentinien conserva aux prêtres païens leurs anciens priviléges; il défendit de leur susciter aucun trouble; il promit même des titres honorables à ceux de leur ordre, qui se seraient acquittés de leurs fonctions avec sagesse. Il laissa subsister les droits des vestales, et l'autel de la Victoire. Il toléra les divinations qui se pratiquaient sans maléfice. Il avait d'abord défendu les sacrifices nocturnes que Julien avait rétablis; mais Prétextatus, proconsul d'Achaïe, lui ayant représenté qu'il allait jeter les Hellènes[431] dans le dernier désespoir, s'il leur ôtait la liberté de célébrer leurs mystères, l'empereur voulut bien se relâcher sur ce point, à condition que dans ces cérémonies on n'ajouterait rien aux anciens usages. Cependant Libanius nous apprend que ce prince sur la fin de son règne défendit d'immoler des animaux, et qu'il ne permit que d'offrir de l'encens. Les faveurs dont Julien avait comblé les philosophes, avaient mis cette profession fort à la mode: toutes les villes, tous les villages en avaient vu naître des essaims nombreux, qui s'étaient répandus dans tout l'empire et qui avaient infecté la cour. Le nouvel empereur leur donna ordre de retourner dans leur patrie: Il est honteux, dit-il dans sa loi, que des gens qui se vantent de soutenir les plus rudes assauts de la fortune, n'aient pas le courage de partager avec leurs citoyens le poids des charges publiques. Il excepta cependant de cette sorte de bannissement ceux qui s'étaient distingués par des vertus conformes à leur profession. Comme les chrétiens étaient en grand nombre, et qu'il était à craindre qu'ils ne se vengeassent par quelque violence des maux que les païens leur avaient fait souffrir du temps de Julien, on prenait la précaution de placer aux portes des temples une garde de soldats. Valentinien fit défense d'employer à cette faction des soldats chrétiens; ce que les magistrats, la plupart païens, surtout à Rome et dans l'Italie, affectaient de faire pour avilir la religion chrétienne. Dès le temps que les deux empereurs étaient dans le château de Médiana, ils avaient ordonné que les biens-fonds, dont Julien avait enrichi les temples, fussent appliqués au domaine impérial.

[429] Postremò hoc moderamine principatûs inclaruit, quod inter religionum diversitates medius stetit, nec quemquam inquietavit, neque ut hoc coleretur imperavit aut illud: nec interdictis minacibus subjectorum cervicem ad id quod ipse coluit, inclinabat, sed intemeratas reliquit has partes, ut reperit. Amm. Marc. l. 30, c. 9.—S.-M.

[430] Testes sunt leges a me in exordio imperii mei datæ: quibus unicuique quod animo imbibisset, colendi libera facultas tributa est. Cod. Th. lib. 9, tit. 16, leg. 9.—S.-M.

[431] C'est-à-dire les païens, ou ceux qui suivaient encore le culte des divinités mythologiques des Grecs.—S.-M.

XXI.

Conduite de Valentinien à l'égard des hérétiques.

Socr. l. 4, c. 1 et 28.

Soz. l. 6, c. 7.

Hist. misc. l. 12, p. 81. ap. Murator. t. 1.

Theoph. p. 46.

Ambr. ep. 21, t. 2, p. 860.

Cod. Th. l. 16, tit. 5, leg. 3; tit. 6, leg. 1.

Till. Valent. art. 3.

Idem. Vic de S. Hilaire, art. 16.

Fleury, Hist. Eccles. l. 16, c. 2.

Lorsque Valentinien vint à Milan, saint Hilaire qui se trouvait dans cette ville, soutenait la foi de Nicée contre l'évêque Auxentius. Le peuple était partagé. L'empereur se voyait obligé ou d'assister hors de l'église aux assemblées des catholiques, ce qui lui semblait peu convenable à la majesté impériale; ou d'ôter l'église à Auxentius contre la résolution qu'il avait prise de ne point user de violence. Élevé dans la croyance orthodoxe, il ne s'en écarta jamais; cependant son amour pour la paix en imposa pour-lors à sa religion. Trompé par une déclaration équivoque, où l'hérésie d'Auxentius était déguisée, il se joignit à la communion de cet évêque; et toujours attaché à la foi catholique, il fit sortir de Milan, saint Hilaire qui en était le plus zélé défenseur. Ce ne fut qu'à regret qu'il interposa son autorité dans cette dispute. Il avait clairement expliqué ses dispositions avant que d'arriver en Italie. Les évêques de l'Hellespont et de Bithynie lui ayant député un d'entre eux pour lui demander la permission de tenir un concile: Je ne suis qu'un laïc, répondit l'empereur, je ne dois entrer pour rien dans les affaires de doctrine; vous êtes chargés de ce soin; assemblez-vous où vous jugerez à propos. Saint Ambroise rapporte de lui cette parole: Qu'il ne lui appartenait pas d'être juge entre les évêques. On lui reproche même de n'avoir pas profité de l'autorité qu'il conserva toujours sur son frère, pour arrêter la persécution que Valens fit aux catholiques. Mais ce qui le justifie du soupçon d'indifférence sur le dogme, c'est qu'il défendit aux Manichéens de s'assembler[432], aux Donatistes de réitérer le baptême[433]; et que vers la fin de son règne, voulant mettre un frein aux fureurs de Valens, il écrivit aux évêques d'Asie et de Phrygie, pour leur ordonner de faire prêcher dans leurs diocèses la foi catholique, et leur défendre d'inquiéter ceux qui en faisaient profession.

[432] Par une loi donnée à Trèves, le 2 mars 372.—S.-M.

[433] Par une autre loi datée de Trèves, le 20 février 373.—S.-M.

XXII.

A l'égard de l'église catholique.

Chrysost. in Genes. homil. 30. t. 4, p. 294.

Soz. l. 6, c. 21.

Baron. in an. 371.

Till. Valent. art. 3, 4.

Cod. Th. l. 2, tit. 8, leg. 1; l. 8, tit. 8, leg. 1; l. 9, tit. 38, leg. 3, 4; tit. 40, leg. 8; l. 11, tit. 36, leg. 20; l. 12, tit. 1. leg. 59, et ibi God. l. 13, tit. 10. leg. 4, 6 et ibi God. l. 15, tit. 7. leg. 1. 2. 4. 8. 9. et ibi God. l. 16, tit. 2. leg. 17, 18, 20, 21, 22, et ibi God.

Quoiqu'il ne crût pas devoir se mêler de questions théologiques, il ne se dispensa pas du respect que les plus puissants princes doivent à la religion. Constantin avait défendu de faire le dimanche aucun acte judiciaire; Valentinien ajouta la défense d'exiger ce jour-là des chrétiens les contributions publiques. Plein de vénération pour la fête de Pâques, qu'il honorait comme la fête de la délivrance du genre humain, il ordonna que dans ce saint jour on donnerait la liberté aux prisonniers; il en excepta ces criminels dont l'impunité serait pernicieuse à la société, les sacriléges, les magiciens, les empoisonneurs, les adultères, les ravisseurs, les homicides et les coupables du crime de lèse-majesté. Constantin n'avait pu abolir dans la ville de Rome les spectacles des gladiateurs, Valentinien défendit de condamner à ces combats cruels les chrétiens convaincus de quelque crime que ce fût. Les acteurs de théâtre étaient alors de condition servile, il ne leur était pas libre de renoncer à leur profession: l'empereur ordonne dans ses lois, que les comédiens qui étant en péril de mort recevront le baptême et l'eucharistie, ne pourront être forcés à monter de nouveau sur le théâtre, s'ils reviennent en santé: mais il veut qu'on examine avec attention l'état de leur maladie, qu'on en informe les magistrats chargés du soin des spectacles, et qu'on ne leur administre les sacrements avec la permission des évêques, que dans le cas où le danger de mort serait évident. Ces précautions qui rendaient l'entrée de l'église plus difficile aux comédiens, sont blâmées par de graves auteurs; d'autres les justifient par les profanations ordinaires alors aux gens de théâtre, qui ne demandaient souvent les sacrements que pour se délivrer de leur servitude, et qui retournaient ensuite à l'idolâtrie. Les filles des comédiennes étaient assujetties à la profession de leurs mères; le prince ne permit d'y contraindre que celles qui se déshonoraient par la débauche. Gratien et Valentinien II suivirent l'esprit de cette loi; ils affranchirent du théâtre les comédiennes qui embrasseraient le christianisme, pourvu qu'elles menassent une vie régulière. Valentinien voulut que les amendes qui seraient exigées dans les causes ecclésiastiques, fussent uniquement appliquées au soulagement des pauvres. Il témoigna toujours beaucoup de respect pour les évêques: il s'abstenait de leur rien prescrire, ni de rien innover dans les règles de l'église, lors même que ces règles semblaient pouvoir être changées avec avantage, persuadé que cette réforme excédait son pouvoir. Par des lois qui ne se sont pas conservées jusqu'à nous, il avait ordonné que dans les causes qui concernaient la foi ou l'ordre de l'église, les évêques ne fussent jugés que par des évêques. Il rendit aux ecclésiastiques et aux moines tous les priviléges dont le paganisme, rétabli par Julien, les avait dépouillés; mais il leur interdisait en même temps toute liberté scandaleuse, tout manége d'intérêt: il leur défendit, sous peine de bannissement, de fréquenter les maisons des veuves et des orphelines. Il déclara nulles et dévolues au fisc les donations qu'une femme leur ferait de son vivant ou par testament, et il proscrivit ces fraudes pieuses qui se cachent sous le fidéi-commis. Dans les mêmes vues que Constantin, il ne permit d'admettre à la cléricature ni les riches particuliers qui devaient porter les charges publiques, ni les décurions, à moins qu'ils ne fissent cession de leurs biens, soit à l'ordre municipal, soit à quelque parent qui se chargerait de leurs fonctions. Ces dernières lois sont censurées comme peu favorables à la religion; mais il ne serait pas difficile de montrer que l'honneur et la force de l'église ne consistent pas dans l'opulence personnelle de ses ministres, au lieu que l'ordre politique, par un effet de la faiblesse inséparable des choses temporelles, a besoin de richesses pour se soutenir. Il y avait dès lors plusieurs monastères de filles. Cette pieuse institution, née d'abord en Égypte, avait depuis environ trente ans passé en Italie et en Gaule. Valentinien était chaste; ce fut pour honorer cette vertu qu'il exempta de taille les biens des vierges consacrées à Dieu. Il étendit cette exemption sur les veuves qui ne passaient pas à de secondes noces, et sur les enfants des deux sexes tant qu'ils étaient en puissance de tuteur.

XXIII.

Valens à C. P.

[Amm. l. 26, c. 5.]

Theod. l. 4, c. 12.

Them. or. 6, p. 71 et 81.

Till. Valent. not. 20.

Valens était encore dans les mêmes sentiments que son frère, mais il n'avait ni le même discernement ni la même fermeté. Déjà trop chargé du poids de l'empire, il voulut dans la suite se rendre arbitre de la religion; et tandis que l'église jouissait en Occident d'un repos tranquille, elle fut exposée en Orient aux plus violentes agitations. Dès que ce prince fut arrivé à Constantinople, il se rendit au sénat, où paraissait déja la statue de son père Gratien, érigée à la première nouvelle de l'élection de Valentinien. Il y prononça un discours[434], dont Thémistius fait un grand éloge; je ne crois pas cependant qu'on en puisse rien conclure en faveur de l'éloquence de Valens. Mais ce sophiste en cite deux belles maximes qui méritent d'être recueillies: la première, c'est qu'il est heureux pour des sujets d'avoir des princes qui aient été nourris loin des délices et de la mollesse, loin de la séduction des flatteurs, dans les travaux, dans les alarmes, dans les incommodités de la vie. La seconde, c'est qu'un état est plus en péril, quand il est en proie aux délateurs, que lorsqu'il est attaqué par les Barbares; comme les maladies internes sont plus dangereuses que celles qui sont produites par des causes étrangères. Thémistius répondit à ce discours par un de ces panégyriques, dont la matière est toujours plus riche et plus féconde au commencement du règne d'un prince médiocre, qu'elle ne l'est à la fin de sa vie. Il y relève avec tout l'appareil de son art la concorde qui régnait entre les deux frères. Ils prirent, selon la coutume, le consulat pour l'année suivante 365. En cette occasion tous les deux de concert défendirent à ceux qui portaient cette nouvelle dans les provinces, d'exiger aucun présent des habitants, et aux gouverneurs de souffrir ces exactions illicites. Ils permirent cependant aux personnes riches de faire quelque libéralité à ces envoyés. Cette exception rendit la défense inutile, comme on le voit par les lois suivantes; parce qu'il est plus sûr et plus facile d'enchaîner la cupidité, que de la contenir dans de justes bornes. Julien, meilleur politique, avait absolument proscrit ces rapines déguisées sous le titre de gratifications.

[434] Le 16 décembre selon Till., Hist. des Emp. t. V, Valens, art. I.—S.-M.

XXIV.

Établissement des défenseurs.

Cod. Th. l. 8, tit. 25. leg. Vim. et ibi God.

Cod. Just. l. 1, tit. 55.

Les deux empereurs s'accordèrent encore à faire chacun dans leur empire un établissement très-avantageux à ces citoyens qui, dépourvus de crédit et de richesses, n'ont d'autre appui que la justice des supérieurs; faible ressource que la corruption, la négligence ou la crainte rendent trop souvent inutile. Ils instituèrent dans chaque ville des défenseurs. Ce n'était pas une magistrature, mais une fonction autorisée, telle à peu près qu'avait été pour la ville de Rome celle des tribuns dans leur première institution. Ils étaient tirés de l'ordre des bourgeois notables, qui n'étaient ni décurions ni officiers des magistrats. Les évêques, les clercs, les possesseurs des fonds, l'ordre municipal concouraient à leur élection, qui devait être confirmée par les préfets du prétoire. Ils étaient élus pour cinq ans, et ne pouvaient ni se dispenser de cet emploi, ni le quitter avant ce terme, sans une permission de l'empereur. C'étaient les protecteurs de ceux qui n'en avaient point: ils décidaient comme arbitres des contestations peu importantes, et déféraient les autres aux juges ordinaires. Il était de leur devoir de s'opposer aux violences, aux taxations injustes, à l'insolence et aux concussions des officiers subalternes, à l'iniquité des magistrats, auxquels il fut prescrit de leur donner en tout temps un libre accès. Ils devaient aussi maintenir la discipline, faire arrêter les coupables et les mettre entre les mains des juges, s'opposer à l'impunité, et combattre la faveur qui multiplie les crimes en protégeant les criminels. Mais leur pouvoir n'était point armé de la force coactive, il se bornait aux sollicitations, aux remontrances, aux oppositions juridiques; et si l'on n'y avait point d'égard, ils devaient porter leurs plaintes aux tribunaux supérieurs. Cet établissement civil fut bientôt adopté dans la police ecclésiastique; les églises choisirent aussi des défenseurs, c'est-à-dire, des laïcs chargés de soutenir leurs intérêts devant les tribunaux séculiers.

XXV.

Tremblement de terre.

Amm. l. 26, c. 10.

Idat. chron.

Chron. Alex. vel Pasch. p. 301.

Socr. l. 4, c. 3.

Hier. chron. et vit. Hilar. t. 2, p. 36, et in Is. c. 15, t. 4, p. 185.

Cellar. geog. l. 3, c. 4, art. 10.

Jamais les tremblements de terre ne furent aussi fréquents que dans ce siècle. Il en arriva un cette année, si semblable à celui dont nous avons parlé sur l'an 362, qu'Ammien Marcellin les a confondus. Le 21 de juillet ce terrible fléau fut annoncé par des éclairs redoublés qui parurent au lever du soleil. La terre fut agitée par de violentes secousses dans toute l'étendue de l'empire. La mer sur plusieurs côtes recula à une grande distance, et découvrit des montagnes et des vallées cachées jusqu'alors au fond de ses abîmes. Revenant ensuite avec fureur, elle inonda ses rivages, renversa quantité d'édifices dans les villes voisines, submergea des milliers d'hommes et de bestiaux, et porta des vaisseaux bien loin dans les terres. Ammien Marcellin rapporte qu'en passant plusieurs années après par le territoire de Méthone, aujourd'hui Modon dans la Morée, il y vit la carcasse d'un navire, que la violence des eaux avait poussé à deux milles du rivage[435]. La Sicile souffrit beaucoup de ce tremblement. En Arabie les murs d'Aréopolis, nommée dans l'écriture-sainte Ar et Rabbath-Moab, autrefois capitale du pays des Moabites, tombèrent en une nuit.

[435] Ammien Marcellin rapporte, l. 26, c. 10, qu'à Alexandrie des vaisseaux furent portés sur le toit des maisons.—S.-M.

XXVI.

Valentinien en Gaule.

Amm. l. 26, c. 5.

Zos. l. 4, c. 9.

Sext. Rufus.

God. ad Cod.

Theod. t. 2, p. 283.

Mem. Acad. Inscr. et B. L. t. 8, p. 403.

Valentinien, ayant passé un an en Italie, partit pour la Gaule dans le mois d'octobre, et arriva à Paris au commencement de novembre. Pendant qu'il était encore en chemin, il reçut en un même jour la nouvelle d'une incursion des Allemans dans la Gaule[436], et de la révolte de Procope en Orient. Les Allemans avaient envoyé des députés à la cour; mais au lieu des présents réglés depuis long-temps par l'usage[437], on ne leur avait donné que des choses de peu de valeur; et sur le refus qu'ils avaient fait de les accepter, Ursacius, maître des offices[438], naturellement emporté et brutal, les avait traités avec beaucoup de hauteur et de dureté. Toute la nation, se croyant outragée en leur personne, prit les armes et envoya des partis au-delà du Rhin. Mais sur la nouvelle que Dagalaïphe venait les chercher, ils prévinrent sa rencontre et se retirèrent. L'empereur qui s'était avancé jusqu'à Rheims, revint à Paris, où il passa l'hiver à prendre des mesures pour la défense de la province. Il rassembla des troupes, il mit de fortes garnisons dans les places situées sur le Rhin. Ce fut peut-être dès cette année que ce prince fit une nouvelle division de la Gaule. Auguste l'avait partagée en six provinces[439]. Dioclétien, pour diminuer la puissance des gouverneurs en resserrant les bornes de leur juridiction, y avait établi douze départements[440]. Valentinien en fit quatorze; il détacha de la Viennoise les Alpes Maritimes, et partagea l'Aquitaine en deux parties. Quelques années après, ce même empereur, ou Gratien son fils, ayant encore démembré quelques-unes de ces provinces, en forma dix-sept dans le diocèse ou vicariat de la Gaule: c'étaient les quatre Lyonnaises, les deux Belgiques, les deux Germanies, la Séquanique, les Alpes Grecques et Pennines, la Viennoise, les deux Aquitaines, la Novempopulanie, les deux Narbonnaises et les Alpes Maritimes[441]. C'est cette division que l'Église a suivie pour l'ordinaire dans l'établissement des métropoles. Tel fut le dernier état de la Gaule jusqu'au temps où les Francs, les Goths, et les Bourguignons, envahirent ces belles provinces.

[436] Alamanni perrupere Germaniæ limites, Amm. Marc. l. 26, c. 5, c'est-à-dire que les Allemans entrèrent dans les provinces de la Gaule qui se nommaient Germanies.—S.-M.

[437] Certa et præstituta ex more munera præberi deberent, minora et vilia sunt attributa. Amm. Marc. l. 26, c. 5.—S.-M.

[438] Magister officiorum. C'est cet officier qui recevait les députés et les ambassadeurs des nations étrangères.—S.-M.

[439] Aquitania, Narbonensis, Lugdunensis, ou Gallia, Belgica, Germania superior et inferior.—S.-M.

[440] Aquitanica, Novempopulonia, Narbonensis, Viennensis, Alpes Graiæ, Lugdunensis prima et seconda, Maxima Sequanorum, Germania prima et secunda, Belgica prima et secunda.—S.-M.

[441] Lugdunensis prima, secunda, tertia et quarta; Belgica prima et secunda; Maxima Sequanorum; Alpes Graiæ et Penninæ; Viennensis; Aquitanica prima et seconda; Novempopulonia; Narbonensis prima et seconda; Alpes maritimæ.—S.-M.

XXVII.

Valens apprend la révolte de Procope.

Amm. l. 26, c. 6 et 7.

Zos. l. 4, c. 7.

Pendant que Valentinien fortifiait ses frontières, Valens fut sur le point de se voir arracher le diadème dont son frère l'avait honoré. Je vais raconter sans interruption toute la suite de cet événement, où l'imprudence de l'usurpateur et la trahison de ses capitaines servirent Valens beaucoup mieux que son propre courage. La paix de trente ans conclue par Jovien ne rassurait pas l'empire contre les entreprises de Sapor. On craignait que ce prince guerrier et ambitieux ne fût moins disposé à tenir sa parole, qu'à profiter de l'acquisition de Nisibe, qui lui ouvrait une libre entrée en Mésopotamie. En effet, les Perses faisaient déjà des mouvements. Pour les observer de plus près, Valens partit de Constantinople[442] et prit le chemin de la Syrie. En traversant la Bithynie, il apprit que les Goths, tranquilles depuis le règne de Constantin, et devenus, à la faveur d'une longue paix, des ennemis plus redoutables, réunissaient toutes leurs forces à dessein de pénétrer dans la Thrace[443]. Il se contenta de faire marcher vers la frontière un nombre suffisant de troupes[444], et continua sa route. Il était à Césarée en Cappadoce[445], où il attendait la fin des chaleurs pour entrer en Cilicie[446], lorsque Sophronius, un de ses secrétaires[447], qui s'était échappé de Constantinople, vint lui annoncer que Procope avait pris le titre d'Auguste, et qu'il était maître de la capitale de l'empire.

[442] Il y était encore le 19 mars. On voit par les paroles d'Ammien Marcellin, l. 26, c. 6, que Valens partit au printemps. Consumpta hieme, festinans ad Syriam Valens.—S.-M.

[443] Jamque fines Bithynorum ingressus, docetur relationibus ducum, gentem Gothorum ex tempestate intactam ideoque sævissimam, conspirantem in unum ad pervadenda parari collimitia Thraciarum. Amm. Marcell. l. 26, c. 6.—S.-M.

[444] Dans les lieux où on pouvait redouter une irruption des Barbares, ad loca, in quibus barbarici timebantur excursus. Amm. Marcell. l. 26, c. 6.—S.-M.

[445] Une de ses lois nous fait voir qu'il était dans cette ville le 5 juillet.—S.-M.

[446] Pour aller de là à Antioche; selon Socrate (l. 4, c. 2), et Sozomène (l. 6, c. 7), Valens aurait été cette année-là en Syrie; mais il est évident qu'ils se sont trompés.—S.-M.

[447] Il fut dans la suite préfet de Constantinople. On apprend de saint Basile (epist. 272, t. 3, p. 418) qu'il était né à Césarée en Cappadoce.—S.-M.

XXVIII.

Aventures de Procope.

Amm. l. 26, c. 6.

Zos. l. 4, c. 4 et 5.

Themist. or. 7, p. 90.

Philost. l. 9, c. 5.

Procope, né et élevé en Cilicie, était parent de Basilina, mère de Julien. Une alliance si illustre jeta de l'éclat sur sa personne dès ses premières années; et son intelligence dans les manéges de cour le fit parvenir auprès de Constance à la dignité de secrétaire du prince et de tribun. Il était assez bien fait, d'une taille avantageuse, mais un peu courbé, toujours les yeux baissés vers la terre. Il n'y avait point de grade auquel il ne pût aspirer, lorsque Constance mourut. Cet événement, loin de renverser sa fortune, éleva encore plus haut ses espérances. Julien lui donna le titre de comte. La régularité de ses mœurs le faisait estimer, mais son humeur sombre et taciturne inspirait de la défiance[448]. Cependant Julien se sentait trop de supériorité sur lui pour le craindre: il le laissa en Mésopotamie à la tête d'un corps de troupes considérable. On disait même, comme nous l'avons déja raconté, qu'il lui avait donné ordre de prendre la pourpre, s'il apprenait que l'empereur fût mort dans la guerre de Perse. En effet, sa conduite à l'égard de Julien qu'il ne secourut pas, peut faire penser qu'il avait quelque intérêt à le laisser périr. Si le fait est véritable, sa criminelle politique fut trompée. Jovien ne fut pas plus tôt monté sur le trône, que Procope songea à se mettre à couvert de ses soupçons. Il s'était répandu un faux bruit, que Julien en mourant avait désigné Procope pour son successeur[449]. Il n'en fallait pas tant pour alarmer le nouveau prince qui venait de faire périr un des plus braves officiers, parce que dans l'élection il avait eu quelques voix en sa faveur. Procope prit donc occasion des funérailles de Julien, dont il fut chargé, pour s'éloigner de la cour et se tenir caché, en attendant des temps plus favorables. Il se retira d'abord avec sa femme et ses enfants dans une terre qu'il possédait près de Césarée en Cappadoce. Jovien, à qui sa fuite le rendait plus suspect, en fut bientôt averti, il envoya des soldats pour le prendre et le ramener. Le fugitif se mit lui-même entre leurs mains, et protestant qu'il était prêt à les suivre, il obtint la permission de faire ses adieux à sa femme et à ses enfants. Il fit en même temps servir aux soldats un grand repas, et profitant de leur ivresse, il gagna le Pont-Euxin avec sa famille et passa dans la Tauride[450]. Il ne fut pas long-temps à s'apercevoir qu'il avait affaire à des Barbares perfides, qui ne manqueraient pas de le trahir à la première occasion. Il prit donc le parti de repasser avec les siens dans l'Asie Mineure. Là, changeant tous les jours de retraite, évitant la rencontre des hommes, caché dans les forêts, dans les cavernes, dans les rochers les plus inaccessibles, il vécut quelque temps d'herbes et de fruits sauvages. Enfin, pressé de la faim et réduit à la plus affreuse misère, il se détermina à se rapprocher de Chalcédoine par des sentiers écartés. Il n'avait de ressource que dans la fidélité d'un ami qui vivait à la campagne sur le territoire de cette ville. Cet ami, nommé Stratégius, était un ancien officier du palais, qui s'était retiré avec le titre de sénateur[451]. Le malheureux proscrit lui confia sa vie et sa famille. Il se tint aussi quelque temps caché dans une terre de l'hérétique Eunomius, qui étant alors absent prétendit dans la suite n'en avoir eu aucune connaissance. De cette retraite il passait souvent à Constantinople, où sa maigreur extrême et son extérieur déplorable le déguisaient assez pour empêcher qu'il ne fût reconnu. Il y recueillait avec une joie secrète les murmures du peuple qui détestait le gouvernement.

[448] Apparebat eum, si umquam potuisset, fore quietis publicæ turbatorem. Amm. Marcell. l. 26, c. 6.—S.-M.

[449] Susurravit obscurior fama; nemo enim dicti auctor exstitit verus. Amm. Marcell. l. 26, c. 6.—S.-M.

[450] Ἐπὶ τὴν Ταυριανὴν Χεῤῥόνησον. Zos. l. 4, c. 5.—S.-M.

[451] Apud fidissimum amicorum delitescebat, Strategium quemdam ex Palatino milite senatorem. Amm. Marc. l. 26, c. 6.—S.-M.

XXIX.

Méchanceté de Pétronius beau-père de Valens.

Amm. l. 26, c. 6.

Cod. Th. l. 9, tit. 34, leg. 7, 8.

Valens se rendait plus odieux par les vices de Pétronius son beau-père que par les siens propres. De simple commandant d'une cohorte, Pétronius était tout à coup parvenu au rang de patrice[452], la première dignité de l'empire après le souverain. C'était un homme aussi mal fait d'esprit que de corps, sans honneur, sans pitié, sans humanité. Le rang que tenait Albia Dominica sa fille, lui persuadait qu'il était au-dessus même de l'empereur, dont il traitait les sujets comme ses esclaves. Pour assouvir son insatiable avarice, il recherchait les dettes du fisc depuis le règne d'Aurélien, faisant valoir des titres surannés et prescrits: également incapable d'écouter et de rendre des raisons, il inventait de nouvelles tortures; il arrachait aux misérables ce qu'ils ne devaient pas; il se repaissait de leurs larmes; on le vit plusieurs fois pleurer lui-même de dépit, parce qu'il était forcé de renvoyer quelqu'un absous sans l'avoir dépouillé. On le comparait aux Séjan, aux Cléandre[453], aux Plautien[454], et à tous ces ministres détestés, que la postérité compte au nombre des crimes de leurs maîtres. On souffrait de grands maux, on en attendait encore de plus grands: les nobles étaient ruinés; le peuple et les soldats écrasés; tous gémissaient de concert, et pénétrés d'une douleur d'autant plus vive qu'elle était plus contrainte, tous adressaient en secret des vœux au ciel pour être délivrés par quelque heureuse révolution d'un gouvernement si tyrannique[455]. Les écrits outrageants qu'une vengeance impuissante répandait sous main contre l'empereur et son beau-père, portèrent alors Valens à rendre un édit rigoureux contre les libelles diffamatoires: il condamnait à mort non-seulement les auteurs, mais encore ceux qui oseraient publier de pareils écrits, ou même les garder.

[452] Il avait été chef, præpositus, de la cohorte des Martensiens, ex præposito Martensium militum promotus repentino saltu Patricius. Amm. Marcell. l. 26, c. 6.—S.-M.

[453] Invisior Cleandro. Cléandre avait été préfet du prétoire sous Commode, qui finit par lui faire trancher la tête.—S.-M.

[454] Onerosior Plautiano. Plautianus avait été de même préfet du prétoire sous Septime Sévère. On peut voir dans Hérodien l'histoire de son odieux ministère.—S.-M.