WeRead Powered by ReaderPub
À travers l'hémisphère sud, ou Mon second voyage autour du monde. Tome 1 / Portugal, Sénégal, Brésil, Uruguay, République Argentine, Chili, Pérou. cover

À travers l'hémisphère sud, ou Mon second voyage autour du monde. Tome 1 / Portugal, Sénégal, Brésil, Uruguay, République Argentine, Chili, Pérou.

Chapter 25: TABLE DES MATIÈRES
Open in WeRead

Explore more books like this:

About This Book

The narrative recounts an extended circumnavigation focused on southern-hemisphere lands and adjacent regions, combining detailed itineraries and practical advice with on-the-ground reporting. It alternates route proposals and ticket-cost comparisons with descriptions of ports, landscapes, local industries, and everyday customs; it discusses economic conditions and migration patterns and offers preparation tips such as learning basic local languages and securing letters of introduction. Descriptive episodes portray markets, craftwork, and social encounters, and the material is arranged into volumes that treat successive geographic sectors.

Pérou.—Rue Valladolid à Lima.

La cathédrale, vaste et bel édifice, renferme les restes de Pizarro, le premier conquérant du Pérou, qui fut assassiné sur la place même. Nous passons à l'église de la Merced et à celle de San-Francisco, qu'on dit la plus belle de Lima. Les sculptures anciennes abondent; les vastes cloîtres sont de toute beauté. Ces immenses couvents, jadis, habités par des centaines de moines, en contiennent aujourd'hui à peine quelques-uns, et la réforme en cette matière n'est ni la moins pressante ni la moins nécessaire. À San-Domingo, autre église très belle, les cloîtres et le monastère sont des habitations royales. C'est dans cette église que priait sainte Rose lorsque lui apparut Notre-Seigneur. Une plaque marque l'endroit où elle se tenait à genoux. On y lit ces paroles de Notre-Seigneur: Rosa de mi corazon, io te querro por mi sposa; et la réponse de Rose: Ve qui esta esclava tuia, o Rey de Eterna majestad, tuia son y tuia saré. On sait que sainte Rose naquit à Lima le 30 avril 1586, qu'elle y vécut tertiaire de Saint-Dominique, et y mourut à l'âge de 31 ans, le 24 août 1617, après avoir édifié tout le pays par la sainteté de sa vie. Elle fut béatifiée le 12 février 1668 par Clément IX, et canonisée par Clément X, le 12 avril 1671.

Voyant que je m'intéressais à ces souvenirs, MM. Fort et Carriquiri me conduisent à l'église de Santa-Rosa, élevée sur l'emplacement de sa maison. On y prêchait, en ce moment, à l'occasion de la neuvaine précédant sa fête, fixée au 31 août. Derrière l'église actuelle, là où on a commencé la construction d'une grande basilique, nous voyons le jardin que Rose aimait à cultiver de sa main. Il est garni de roses et de liserons; sa cellule est enfermée dans des planches, près d'un puits. La tradition rapporte que sainte Rose, après avoir revêtu un cilice fermé à cadenas, en jeta la clef dans ce puits, afin de le porter toute sa vie. Dans la sacristie, on nous montre un tronc d'oranger provenant d'un arbre planté par la sainte; son corps a été récemment enlevé et caché, pour le soustraire à une profanation toujours possible dans les troubles de la guerre.

M. Tremouille, photographe, m'invite à visiter sa collection de raretés indigènes. J'y remarque une belle variété d'échantillons de minerais, de nombreux spécimens de vases et vaisselle indiens. Quelques-uns à sujets aussi lubriques qu'à Pompei. Le plus curieux de la collection sont des os de présidents ou prétendants de la République, brûlés ou assassinés, des cordes de présidents pendus, etc. Cela suffit à donner une idée des mœurs du pays.

Je passe encore la soirée chez M. Cabral et chez, son beau-père, M. de Tizanos Pinto, ministre plénipotentiaire de San-Salvador. Celui-ci me fournit l'occasion de connaître Mgr D. Pedro Garcia, lequel a habité longtemps Rome et l'Europe.

Le 23 août, de grand matin, M. Carriquiry vient me prendre à l'hôtel et me conduit à l'établissement de Bélem, tenu par les Sœurs des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie. L'aumônier, des Pères de Picpus, et la Sœur supérieure nous font parcourir la maison: vastes cours, dortoirs aérés, belles salles d'étude. C'est un établissement de premier ordre qui donne l'instruction à plus de 300 élèves, dont 160 internes et 140 externes, outre une école gratuite. La pension, qui était de 100 fr. par mois, a été réduite de moitié pour aider les parents éprouvés par les malheurs de la guerre. Une autre Congrégation française, celle du Sacré-Cœur, tient aussi à Lima un pensionnat florissant. Ce sont les Congrégations qui, ici comme un peu partout, donnant l'instruction et l'éducation française, font connaître et aimer notre pays.

Après avoir visité Lima, ses principaux établissements et ses environs, je devais pénétrer dans l'intérieur du pays; mais par ces temps de trouble, la chose est peu facile et assez dangereuse. Des bandes de pillards, sous le nom de Montereros (partisans de Montero), parcourent le pays, ravageant tout sur leur passage. D'autre part, les chemins manquent et les moindres distances exigent plusieurs jours de voyage à cheval par des sentiers difficiles. J'aurais voulu faire une visite à la colonie de Chanchamayo, au-delà des Andes. Il y a là plusieurs Français qui s'occupent de la culture de la canne à sucre: celle-ci vient si bien dans cette partie du Pérou, qu'on n'a pas besoin de la replanter. Mais de Chicla, où s'arrête le chemin de fer, jusqu'à Chanchamayo, il y a encore 3 ou 4 jours de cheval. Je renonce donc aux longues excursions pour prendre le bateau du 24. Néanmoins, je ne puis résister au désir de gravir les Andes par le chemin de fer transandin, dit de la Oroya. Le train s'y rend trois fois par semaine; c'est aujourd'hui le jour du départ, mais il ne retourne que le lendemain, trop tard pour atteindre le bateau au Callao. Le directeur, M. Backus, veut bien lever cette difficulté en mettant à ma disposition un homme et un carrito qui, par la seule pente de la voie, me ramènera demain assez de bonne heure. M. Backus pousse l'attention jusqu'à me donner pour conducteur le plus ancien employé de la ligne, M. Georges Devani, un vénérable Savoyard, à figure de saint François de Sales, qui me fera remarquer les points saillants de la route. À 8 heures 1/2 nous sommes dans le train, qui nous emporte rapidement. La voie traverse la ville et suit le Rimac, espèce de Paillon de Nice qui traverse Lima. Le long de la vallée on dérive le peu d'eau d'irrigation qui descend des montagnes. On a, dans ce but, utilisé 3 lacs en déversant les eaux de l'un dans l'autre pour les précipiter dans le Rimac. On peut ainsi arroser des champs de coton et de cannes à sucre.

Pérou.—Chemin de fer de La Oroya.—Pont de Las Verrugas.

À Santa-Clara une importante hacienda, dans le genre de l'Infanta, est la propriété d'un Américain du Nord qui la gère avec l'énergie et l'esprit pratique, propres à sa race. Il sait recueillir de larges bénéfices là où souvent les indigènes perdent de l'argent, faute d'ordre, de méthode, et parce qu'ils se laissent absorber par les dettes, dont les intérêts sont ruineux. Nous voyons même une fabrique de tissus entourée de champs de coton, et quelques briqueteries. Le long de la route abonde le roseau, le lanthana, le poivrier, le figuier, le cactus gigantea qu'on emploie pour combustible, et une espèce de dracœna, qui laisse pousser une tige de 5 mètres ayant la forme d'une asperge colossale. Nous laissons derrière nous, au pied des montagnes, de nombreuses ruines d'anciens villages Incas.

À la station de San-Bartholomeo (4,949 pieds) la voie aborde plus directement la montagne. Les tranchées sont profondes et dans un terrain friable sujet aux éboulements. Les tunnels se succèdent au nombre de 40. Nous passons et repassons le Rimac sur des ponts plus ou moins élevés reposant sur des cages de fer comme dans les railways du nord de l'Espagne. Le plus élevé, celui d'Agua-Verugas, a presque 100 mètres de haut. On le dirait élevé sur d'immenses béquilles. Le torrent qu'il traverse est ainsi appelé parce que son eau fait pousser des verrues. Devani, qui a assisté à tous les travaux de la route, m'affirme qu'à ce point une grande mortalité s'était déclarée parmi les ouvriers, à cause des verrues, qui leur poussaient sur toutes les parties du corps, sans excepter les yeux et les oreilles.

La nature devient toujours plus sauvage, les montagnes plus escarpées. Nous n'apercevons que quelques pâtres conduisant leurs chèvres. Ils habitent des cavernes ou des huttes de pierre sèche.

Pérou.—Chemin de fer de la Oroya.—Tunnel de Parac.

Dans les gares, des cholas (Indiennes) se montrent avec leur bébé attaché sur le dos à la manière japonaise; elles ont le même costume que les montagnards de l'Himalaya: une espèce de soutane qui les couvre jusqu'aux pieds. Leur type est celui de la race jaune un peu mélangé. Évidemment il y a eu des gens que le courant ou les tempêtes ont amenés ici de divers pays et qui, par la suite, se sont croisés. Les Indiens d'ici, comme ceux de l'Hindoustan, mâchent une feuille appelée coca, la même que j'avais vue aux Indes, et préparée également avec un peu de chaux. J'ai pour compagnon de voyage un aventurier des environs de Nîmes. Il s'en va à certaines mines de l'intérieur et connaît parfaitement ce pays. Chemin faisant, il me raconte que l'amour d'aventures le poussa à quitter de bonne heure son village; qu'il parcourut la plupart des pays d'Amérique et de l'Extrême-Orient, essayant de nombreux métiers; arrivant plusieurs fois à la fortune, la perdant et la refaisant encore. En dernier lieu tout son avoir était dans un navire qu'il avait chargé pour l'Europe, et il a fait naufrage. Il venait de remettre à la Monnaie de Lima un lingot d'argent de 12,000 fr., et l'employé s'est sauvé en l'emportant. Il reprend son courage et son travail et espère refaire bientôt fortune. Il y a quelque temps, après 25 ans d'absence, sans avoir donné signe de vie, le désir le prend de revoir son village et ses parents. Il part pour l'Europe et arrive chez lui: personne ne le reconnaît; on le croyait mort, mais aussitôt qu'on sait qu'il vient d'Amérique et qu'il a de l'argent, les frères, les sœurs, les neveux, les oncles, les grands-oncles sortent de tout côté; tout le pays veut être son parent. Un lui demande l'achat d'un petit champ, l'autre d'un mulet; la mère veut qu'il dote ses sœurs. Après 6 jours, le bonhomme avait épuisé sa bourse et crut prudent de reprendre le chemin de l'Amérique. Ici il est encore poursuivi par leurs lettres; tantôt c'est une sœur qui se marie et qui demande un trousseau; tantôt un neveu qui se trouve au régiment et malade à l'hôpital; tantôt une nièce qui va monter un magasin et lui demande de l'aider. Il a envoyé de l'argent à plusieurs reprises, mais il craint maintenant les tromperies et ne répond plus. Je signale cet oncle d'Amérique aux amateurs de vaudeville.

Enfin le train arrive à Matucaña, à 7,788 pieds. La température y est délicieuse, nous sortons de la chaleur suffocante que nous avons eue jusqu'ici. La vallée s'élargit un peu. Le Rimac bouillonne entre les roches comme un Gave des Pyrénées laissant sur sa route une agréable bande de verdure. Matucaña, comme tous les villages que nous avons vus jusqu'ici, est brûlé; les soldats chiliens se logent dans l'Église. La locomotive siffle et reprend sa marche. L'espace manquant pour développer les courbes, le train revient en sens inverse formant dans la montagne cinq zigzags, comme dans les anciennes routes voiturables. La locomotive les parcourt, tantôt en tirant le train, tantôt en le poussant par derrière.

Pérou.—Chemin de fer de la Oroya.—Station de Chicla.

Bientôt nous arrivons à l'Infernillo: là on a fait dévier la rivière en la jetant sous un petit tunnel. Les parois de la montagne s'élèvent à pic à une hauteur effrayante. Toujours la même désolation: rochers nus, pas un brin d'herbe.

Je commence à sentir les effets du sorroche, maladie des grandes altitudes. La respiration devient difficile, la tête lourde, on a de la peine à penser, à parler, à écouter; la vie semble manquer. Enfin, à cinq heures et demie nous nous arrêtons à Chicla; à 12,200 pieds d'altitude. Le chemin est tracé, mais non fini, jusqu'au mont Meiggs, à 17,574 pieds d'altitude, d'où il descend à Oroya, à 12,257 pieds, sur le versant est des Andes, dans le bassin de l'Amazone. Il m'aurait été difficile d'aller jusqu'au bout; j'ai de la peine à gravir la petite rampe et les quelques marches qui montent à l'hôtel.

La nature est grandiose d'horreur; le soleil éclaire les derniers sommets dont quelques-uns blanchis de neige; autour de nous de nombreux troupeaux de llamas qui seuls portent sans fatigue leur charge d'un quintal dans ces altitudes.

À table prennent place des Allemands, des Espagnols, des Anglais, des Français; on parle une langue qui tient des quatre à la fois. Ces aventuriers, après le dîner, se montrent leurs joujoux: des revolvers et des coutelas, et racontent beaucoup d'histoires sur les Indiens avec lesquels ils trafiquent. Comme dans tous les pays reculés, ces Indiens croient aux fées, à la magie, et torturent certains membres d'un crapeau pour guérir un malade en enlevant le maléfice de la sorcière. Je ne sais pas pourquoi sur tous les points du globe, c'est toujours au crapeau qu'on s'en prend dans ces circonstances.

Pérou.—Chemin de fer de La Oroya.—Rio Blanco.

Enfin, après avoir longtemps admiré les étoiles, beaucoup plus brillantes dans cette atmosphère raréfiée, j'essaie d'écrire, mais les mains tremblent comme les jambes; je n'ai pas plus de force qu'un enfant, et je prends le lit. Impossible de dormir, le froid me glace, et mon voisin, séparé par une simple cloison de toile tapissée, fait encore de plus grands efforts que moi pour respirer. Le matin, à cinq heures et demie, Georges m'appelle; à six heures nous sommes sur le carrito. Je m'enveloppe comme un ours et nous voilà partis. Imaginez un petit char découvert à quatre roues, lancé sur des rails dont la pente varie de 2 à 4 pour cent. Il se précipite avec une rapidité vertigineuse, entre dans les ténèbres des tunnels, en sort, franchit les ponts. On se demande si on arrivera entier. Mais Georges me rassure. J'ai souvent déraillé de nuit, me dit-il, bien des individus ont eu des bras et des jambes cassées, mais je n'ai jamais déraillé de jour. En effet, il manœuvre si bien avec son frein, qu'il évite les chars des travailleurs, et ne tue même pas un des nombreux chiens sur la route. Au bas de la montagne, à Chosica, je veux acheter mon déjeuner au restaurant où j'ai dîné la veille; il n'a pas même de pain. Mais à peine le capitaine chilien qui commande le détachement l'apprend-il, qu'il m'en fait apporter du sien. Ainsi, même au Pérou, je devais encore une fois éprouver les effets de la bonté chilienne.

À dix heures nous entrions à Lima, après avoir dégringolé, en quatre heures environ, 4,000 mètres d'altitude. Je me suis demandé pourquoi on a dépensé presque 100 millions de francs pour conduire la locomotive pendant 150 kilomètres dans des montagnes arides qu'il faudra redescendre sur l'autre versant. Il aurait été plus économique et plus court de faire un tunnel comme au Mont-Cenis et au Saint-Gothard. Le chemin de fer transandin m'a paru une simple route carrossable dont les pentes, ne dépassant pas 4%, peuvent laisser passer sur les rails la locomotive. On dit qu'il doit atteindre au Cerro de Pasco une région minière qui contient beaucoup d'argent.

À Lima, je me rends chez M. Lavalle, qui, avec le général Iglesia, s'occupe en ce moment de ramener la paix dans son pays, et je regrette que le temps ne me permette pas de causer longuement avec lui.

À la station, MM. Garcia, Fort et Carriquiry poussent l'amabilité jusqu'à m'accompagner au Callao et ne me quittent qu'au bateau. Que ces messieurs et tous ceux qui m'ont aidé à rendre instructif mon court séjour au Pérou reçoivent ici l'expression de ma reconnaissance.

C'est l'Islay de la Pacific steam Cy qui va me porter à Panama. Ce vieux navire à roue serait tout au plus bon pour une rivière. Son service est mal fait, la cuisine détestable et les prix exorbitants; mais la Pacific steam n'a pas de concurrent sur cette ligne et laisse crier les passagers. On dit qu'une compagnie française a essayé ce parcours et n'a pas réussi; mais on ajoute que l'administration locale laissait à désirer, et que ses bateaux étaient faits pour d'autres mers que ces mers tropicales. Dans ces parages, la chaleur exige que les cabines soient placées sur le pont. Une compagnie qui, dans un esprit pratique, ferait le service régulier entre Panama et Callao, rendrait service au public et gagnerait de l'argent: c'est la voix universelle dans ces contrées.

25 août.—Navigation lente et sans incident, l'air est extraordinairement frais, quoique nous soyons à peu de degrés de l'Équateur. J'en demande la raison à plusieurs savants qui sont à bord; aucun ne sait m'en donner une bonne: la science, malgré ses progrès, a encore bien des choses à trouver et à expliquer.

La côte continue à être d'une désolante laideur, pas un brin de verdure, toujours sables et rochers nus.

Vers le soir, une bande de marsouins vient voltiger autour du navire et semble se réjouir par ses sauts élevés.

26 août.—À deux heures, nous rencontrons le navire de la même compagnie qui vient de Panama. Au moyen d'un canot on échange les dépêches. Au retour, le canot, entraîné par un courant, n'aurait pu rejoindre le navire, si celui-ci ne fût venu à lui. À quatre heures, nous jetons l'ancre devant Payta. Deux voiliers marchands et un aviso de guerre chiliens sont dans la rade. Je vais à terre: la gare du chemin de fer et la maison de la douane sont brûlées, tristes fruits de la guerre! Plusieurs maisons tombent en ruine; la plupart sont de bambous et de terre; l'église même a la toiture en chaume. Les rues sont étroites et sales, les enfants grouillent dans de misérables chambres où, pour tout mobilier, je vois un hamac sur lequel se balance la mère. Une odeur infecte sort de partout; je me hâte de quitter ce nid à typhus.

27 août.—À trois heures du matin l'Islay quitte Payta, le dernier port du Pérou vers le nord, et nous marchons vers Guayaquil, dans la République de l'Équateur, où le lecteur pourra nous suivre dans un autre volume.

TABLE DES MATIÈRES

 Pages

Préface I

Chapitre Ier.—Portugal.

Le départ. — Le Tage. — Lisbonne. — La ville. — Les œuvres catholiques. — L'église de Saint-Roch. — Le cloître de Bélem. — La Casa Pia. — La navigation. — Un mineur qu'on voudrait détrousser. — Le steamer le Niger. — Ses dimensions. — Les passagers. 1

Chapitre II.—Sénégal.

Arrivée à Dakar. — Les nègres plongeurs. — La végétation. — Le marché. — Les fruits. — La ville. — Les cases des nègres. — L'industrie au Sénégal. — Le couscous. — Les négresses. — Une école indigène. — Le roi de Dakar. — Les Sœurs de l'Immaculée-Conception. — Les Pères du Saint-Esprit. — Les Frères de Saint-Gabriel. — Apparition de la locomotive. — Le passage de la ligne. — Les couchers du soleil. 13

Chapitre III.—Le Brésil.

Olinda. — Pernambuco. — Le débarquement. — La ville. — Les monuments. — Les institutions de charité. — Le marché. — Les environs. — Bahïa. — La ville. — Le couvent de Sn-Bento. — Les établissements charitables. — La baie de Rio-de-Janeiro. — Le Brésil. — Forme de gouvernement. — Budget. — Armée. — Marine. — Produits. — Importation. — Exportation. — Immigration. — La monnaie. — La ville de Rio. — Ses faubourgs. — Nicteroy. — L'hôtel Moreau. — Fleurs et fruits. — La Tijuca. — Le musée. — Réception de l'Empereur et de l'Impératrice. 25

Chapitre IV.

Excursion à Pétropolis. — Rencontre du comte d'Eu. — Sa famille. — La colonie allemande. — L'ingénieur Bonjean. — La filature la Pétropolitana. — Les bois de construction. — Pourquoi on délaisse l'industrie française. — Le corps diplomatique. — L'internonce et l'administration religieuse. — Le téléphone. — La Chambre des députés. — Les chemins de fer. — Le baron de Teffé et l'exploration de l'Amazone. 53

Chapitre V.

Excursion à Copa-Cabana. — Sauvés par un bambin. — Le jardin botanique. — L'Hospicio Don Pedro II. — L'orphelinat de Sainte-Thérèse. — Le Casino Fluminense. — Encore le bureau de colonisation. — Le téléphone. — Le marché. — Les aumônes impériales. — L'Hospicio de la Misericordia. 73

Chapitre VI.

Départ pour l'intérieur. — L'esclavage. — La filature de Macaco. — La plantation de D. Pedro Paes-Leme. — Son usine à sucre. — Une famille heureuse. — J'arrive à Barra do Pirahy. — La fazenda de café du baron de Rio Bonito. — La forêt vierge. — La plantation des caféiers. — Cueillette du café. — Préparation. — Coût de production et prix de vente. — Les 800 esclaves. — Les fauves et le gibier. 89

Chapitre VII.

Route vers San-Paulo. — Deux musiques de nègres. — La fête de saint Jean et les pétards. — Un étrange garçon. — La ville. — L'hôpital et les Sœurs de Saint-Joseph de Chambéry. — Un vigneron français. — Départ pour Sanctos. — Les entrepôts de café. — La Casa di Misericordia. — Navigation vers la République orientale. — En quarantaine à l'île de Florès. 107

Chapitre VIII.L'Uruguay et la Plata.

Montevideo. — La République orientale ou de l'Uruguay. — Population. — Surface. — Produits. — Exportation. — Importation. — Les Saladeros. — Fray-Bentos et l'extrait de viande Liebig. — Un calcul pour s'établir dans le pays. — Forme de gouvernement. — L'armée. — Rôle de la petite république. — Villa Colon. — Le velario. — Traversée de la Plata. — Buenos-Ayres. — Rues et monuments. — Climat. — Agriculture. — Colonies. — Industrie. — Commerce. — Chemins de fer. — Presse. — Navigation. — Postes et télégraphes. — Budget. — Armée. — Marine. — Main-d'œuvre. — Immigration. — Monnaie. — Dette. — Culte. — Instruction publique. — Assistance publique. — Justice. 121

Chapitre IX.

San Carlo Almagro. — Dom Bosco et ses institutions. — Les Sœurs de Marie-Auxiliatrice. — La Société d'agriculture. — Prix des terrains. — Les œuvres charitables. — Les Lazaristes. — Les Sœurs de Charité. — L'Hospicio de los Mendigos. — La distribution de L'eau. — La fête nationale. — La législation. — Une stancia modèle. — L'autruche et ses mœurs. — Détails sur l'agriculture et L'élevage. 139

Chapitre X.

Retour à Buenos-Ayres. — La nouvelle capitale de la Plata. — Les banques. — Le Musée. — Départ pour Rosario. — Navigation intérieure. — San-Nicolas. — Le pingoin. — La guerre du Paraguay. — Rosario. — San-Juan. — Mendoza et la viticulture. — Inondation dans l'est, sécheresse dans l'ouest. — Un elevator. — Un Allemand colonisateur. 157

Chapitre XI.

Une séance à la Chambre des députés. — Le collège San-Salvador. — L'hôpital. — La charité privée. — Le collège San-José. — Pensées d'un voyageur. — Plantation de la canne à sucre dans les diverses provinces. 177

Chapitre XII.

Retour à Montevideo. — Le bassin de radoub. — Les saladeros au Cerro. — Leur fonctionnement et leurs produits. — La forteresse. — La Société d'agriculture. — Un Parisien éleveur. — La famille Jackson-Buxareo et ses œuvres. — L'hôpital. — L'Hospicio de los Mendicos. — Le maté. — Le manicomio. — Une soirée chez le président du conseil des ministres. — L'embarquement sur l'Aconcagua. — La navigation le long des côtes de la Patagonie. — Le détroit de Magellan. — La Terre de feu. — Arrivée au Chili. 191

Chapitre XIII.Le Chili.

Situation. — Configuration. — Surface. — Population. — Revenu. — Dépense. — Importation. — Exportation. — Armée. — Marine. — Instruction publique. — Chemins de fer. — Guano. — Minerai. — Histoire. — Constitution. — La guerre avec le Pérou et la Bolivie. — Débarquement à Coronel. — Les Basques. — De Coronel à Lota. — Les ranchos. — Types. — Lutte à cheval. — Lota. — Les mines de charbon. — La fonderie de cuivre. — La verrerie. — Le parc Cuscino. — La population ouvrière. — Retour à Coronel. — La fonderie Schwaga. — Les mines de charbon au Maule. — Un fou. — Départ pour Concepcion. 217

Chapitre XIV.

De Coronel à Concepcion. — La diligence. — Le paysage. — Arrêt à la Posada. — Le Bio-Bio. — La ville de Concepcion. — Encore le maté. — Le testament de Mgr Salas. — Le sortéo. — L'organisation judiciaire. — Les œuvres charitables. — Les magasins. — Appellations chiliennes des étrangers. — L'hôpital. — La fille singe. — La supérieure de Talca. — Excursion en Araucanie. — La ville d'Angol. — Les Basques, leur commerce, leur organisation, leur hospitalité. — Croyances religieuses. — Offrande des prémices. — Une invitation. — La Chambre arsenal. — Exploits des Araucans. — Conquête et colonisation. 235

Chapitre XV.

Les prisonniers. — Les ranchos indiens. — Mobilier. — Vêtement. — Nourriture. — Les femmes. — Les enfants. — Les bijoux. — Les armes. — L'industrie. — Les funérailles. — Le calendrier ficelle. — L'excursion au fort de Chiguaïhué. — Un fort abandonné. — Apostrophe à deux cavaliers. — Les frères Mackay. — La chasse. — Un camp indien. — La chasse au mauvais esprit. — Musique. — Danse indienne. — Détails sur la ferme. — Le blé. — Le bétail. — Le tabac. — Les forêts. — La main-d'œuvre. — Les machines. — Le gibier. — La petite araignée. — Son ennemie, la mouche. — La Samo-cueca. — Les bâtiments. — Les ateliers de réparations. — Le petit Indien. — Le Cacique et sa famille. — Un jugement plus facile que celui de Salomon. — Le mariage chez les Araucans. — La naissance. — La médecine. — La sorcellerie. — Une grande partie de Chuenca. — Retour à Angol. — Les franciscains. — Le pater Araucan. 249

Chapitre XVI.

D'Angol à Santiago. — La grande Cordillera de los Andes. — La cordillera côtière. — La ville de Talca. — L'hôpital. — Les maladies régnantes. — Les Sœurs du Sacré-Cœur. — Le théâtre. — Le clergé. — Le marché. — Les bains de Cauquènes. — Mésaventure à Gultro. — L'hospitalité du chef de gare. — Détails sur la viticulture. — Prix des terrains. — L'ouvrier. — La Chica. — Une scierie de marbre. — Le Maïpu. — Arrivée à Santiago. — Le garçon d'hôtel et le tarif. — La cathédrale. — Le cerro de Santa-Lucia. — La ville. — Le théâtre. — L'Alameda. — L'hôpital. — Les quatre Sœurs de l'Aconcagua. — Les statues des grands hommes. — Les sifflets de nuit. — La plaça de arme. — Les jeunes filles et les tramways. — Les œuvres charitables. — Les talleres de San-Vincente. — Le Sénat. — La Légation de France. — Les capucins. — Don Benjamin. — L'hospitalité chilienne. — L'élection présidentielle. 269

Chapitre XVII.

Le collège des jésuites. — L'épiscopat. — La Saint-Albert. — La Monnaie. — Le ministre des finances. — Le papier-monnaie. — Incendie de l'église de la Compañia. — La bibliothèque. — L'Université. — Lutte à propos des cimetières. — Les Cercles catholiques. — La Quinta normal. — Les Pères de Picpus. — Un dîner diplomatique. — De Santiago à Valparaiso. — La hacienda de Limache. — L'Urmaneta. — Le huasso. — Une vacherie. — Une porcherie. — L'élevage. — Salaires. — Logements. — La ville de Valparaiso. — Le port. — Le gaz. — Don Mariano Sarratea. — Le code civil. — Le gouverneur ecclésiastique. — L'hôpital. — Le logement des pauvres. — Los padres frances. — Les docks. — Les grues Amstrong. — La belle Elène. — Le séminaire. — Les Sœurs de la Providence. — L'enseignement par les yeux. — Le club français. — Guerre barbare. 291

Chapitre XVIII.

Départ pour le Pérou. — Le steamer La Serena. — Mes compagnons de voyage. — Navigation. — L'arche de Noé. — Coquimbo. — Les fonderies de Guayacano. — Un dîner politique. — La ville la Serena. — L'intendant. — L'évêque. — La garde nationale. — Huasco. — Carrizal-Bajo. — La fonderie Gibbs et Cie. — Main-d'œuvre. — Logements. — Les forces de la nature. — Le maestranza. — Encore la Samo-cueca. — La poésie et la musique. — Caldera. — Le désert d'Atacama. — Le chemin de fer de Copiapò. — Le borax. — Chañaral. 313

Chapitre XIX.

Le 15 août à Tantal. — L'Église et le Pasteur. — La Marseillaise au désert. — Encore l'Aconcagua. — Antofogasta. — Le salpêtre. — L'iode. — La Société Beneficiadora de metales. — Le salaire. — Le guano. — La laguna d'Acostan. — Encore l'incendie de l'église de la Compañia. — Épisodes émouvants. — Capture de Huescar. — Les marsouins. — Iquique. — Les incendies. — Combat naval. — L'eau distillée. — Le vicaire ecclésiastique. — L'école. — La prison. — Prix divers. — Pisagua. — Arica. — Les effets de la guerre. — Un tremblement de mer. — La Bolivie. — Tacna. — La Pax. — La corvette Le Camus. — Mollendo et le chemin de fer de Pisco. — Les îles de Chinca. — Une lettre de Pascal Duprat à propos de Voltaire. — Réponse du député Don Ambrosio Montt. 329

Chapitre XX.Le Pérou.

Surface. — Population. — Gouvernement. — Justice. — Les Chinois. — L'instruction. — Le guano et le salpêtre. — La guerre avec le Chili. — Les Incas. — Leurs croyances. — Manco-Ccapec et sa dynastie. — Les lois et usages. — Le Callao. — Le port. — La monnaie. — Les types. 347

Chapitre XXI.

Lima. — L'hôpital français. — Les monuments. — Le Panthéon. — L'hôpital due de Mayo. — L'hacienda l'Infanta. — La fabrication du sucre. — Les édifices religieux. — Sainte Rose de Lima. — L'Établissement de Bélem, et les Congrégations françaises. — Excursion à Chicla. — Le chemin de fer transandin. — Un oncle d'Amérique. — Les Indiens et la magie. — Le sorroche. — Retour à Lima. — Payta. — Navigation vers l'Équateur. 361

Note 1: On appelle saladeros les usines dans lesquelles on tue les animaux pour en saler la viande, préparer la graisse, etc.[Retour au texte principal.]

Note 2: Nom qu'on donne aux fermes pour l'élevage du bétail.[Retour au texte principal.]

Note 3: Depuis que ces lignes ont été écrites les journaux ont annoncé la création d'une banque française.[Retour au texte principal.]

Note 4: Le peso chilien vaut en ce moment 3 fr. 70.[Retour au texte principal.]

Note 5: Le sole argent vaut nominalement 5 fr., mais aujourd'hui (1883), pour le change, il n'est coté que 4 fr. 20. Le sole papier vaut 29 centimes.[Retour au texte principal.]