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Essais de Montaigne (self-édition) - Volume II cover

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume II

Chapter 63: Au lecteur
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About This Book

This volume assembles personal, discursive reflections that blend classical learning, anecdote, and candid self-examination to probe human conduct and belief. Topics range across public and private concerns, treating the social logic of honor and ceremonial rewards, the esteem of military valor, parental affection and family ties, the force of custom, and how habit and reputation shape virtues and institutions. The style favors skeptical inquiry and conversational digression, using examples and philosophical citation rather than systematic theory to illuminate everyday ethics and the variability of human behavior.

Il voulait tout voir par lui-même.—Parlant du siège d'Avaricum, il dit qu'il avait coutume de se trouver jour et nuit près des ouvriers qu'il faisait travailler.—Dans toutes ses entreprises de quelque importance, il se livrait lui-même à des reconnaissances préalables; et jamais il n'engagea son armée sur un terrain, qu'il ne l'eût tout d'abord reconnu. Même, si nous en croyons Suétone, lors de son passage en Angleterre, il fut le premier à constater la profondeur de l'eau là où devait s'effectuer le débarquement.

Il préférait obtenir le succès en négociant plutôt que par la force des armes.—Il disait d'habitude qu'il préférait une victoire obtenue en négociant, que remportée de vive force. Dans la guerre contre Afranius et Petreius, la fortune lui présenta une occasion qui paraissait des plus favorables; il s'y refusa, espérant, dit-il, qu'en patientant un peu et donnant moins au hasard, il viendrait, quand même, à bout de ses ennemis.—Dans cette même guerre, il fit une chose bien étonnante: ce fut de faire passer une rivière à la nage à toute son armée, sans qu'il y eût nécessité: «Pour voler au combat, le soldat prend cette route par laquelle il n'eût osé fuir. Tout mouillé, il se recouvre de ses armes et réchauffe en courant ses membres engourdis par le froid (Lucain).»

Il était dans ses entreprises plus circonspect qu'Alexandre et n'en donnait pas moins hardiment de sa personne chaque fois que c'était nécessaire.—Je trouve César un peu plus circonspect et réfléchi qu'Alexandre, dans ce qu'il entreprenait. Celui-ci semble toujours rechercher le danger et courir au-devant comme un torrent impétueux qui heurte et attaque sans discernement et sans faire de distinction tout ce qu'il rencontre: «Tel l'Aufide, qui arrose le royaume de Daunus Apulien, semblable, à l'époque des crues, à un taureau fougueux, roule des eaux torrentielles qui menacent les campagnes de la dévastation complète de leurs moissons (Horace).» Il est vrai qu'Alexandre était déjà en pleine activité à la fleur de l'âge, et encore sous l'effet des premières ardeurs de la jeunesse, tandis que César, à un âge avancé, en pleine maturité de jugement, ne faisait que commencer. De plus, Alexandre était d'un tempérament plus sanguin, colère et ardent, que surexcitait encore sa passion pour le vin, dont César sut toujours s'abstenir d'abuser.

Néanmoins, qu'il y eût nécessité et que la situation l'exigeât, César sut toujours faire, plus que pas un, bon marché de sa personne. Dans plusieurs circonstances où il donna par lui-même d'une façon particulière, je crois lire chez lui l'idée de se faire tuer pour échapper à la honte d'être vaincu.—Dans cette grande bataille livrée près de Tournai, voyant ses troupes avancées faiblir, il se jette tête baissée sur l'ennemi, tel qu'il est, sans s'être armé de son bouclier; et cela lui est arrivé plusieurs autres fois.—Apprenant qu'une partie de ses troupes étaient assiégées, il franchit, sous un déguisement, les lignes ennemies, pour aller fortifier les siens par sa présence.—Ayant abordé à Dyrrachium avec très peu de monde et voyant que le reste de son armée, qu'il avait laissé sous la conduite d'Antoine, tardait à le suivre, il se résout, pour l'aller chercher et le ramener, à repasser seul le bras de mer qu'il vient de franchir, affrontant une violente tempête pour passer inaperçu, son adversaire étant maître de la mer et de tous les ports de la côte opposée.—Dans le nombre des expéditions qu'il a faites, il s'en trouve plusieurs qui, par les risques qu'elles présentaient, dépassent tout ce que peut autoriser une judicieuse application de l'art militaire: avec quels faibles effectifs en effet n'entreprit-il pas la conquête du royaume d'Égypte, et alla-t-il plus tard attaquer les forces de Scipion et de Juba qui étaient dix fois supérieures aux siennes! De tels hommes ont je ne sais quelle confiance surnaturelle dans leur fortune; aussi, parlant de ces entreprises audacieuses, disait-il qu'il fallait les exécuter sans tenir conseil pour décider si elles étaient ou non à tenter.—Après la bataille de Pharsale, comme il avait fait prendre les devants à son armée pour passer en Asie, il traversait lui-même l'Hellespont, sans autre navire que celui qui le portait, quand il fit rencontre en mer de L. Cassius à la tête de dix gros vaisseaux de guerre: non seulement il eut le courage de l'attendre, mais il marcha droit à lui, le somma de se rendre, et réussit à l'y amener.

Sa confiance et sa ténacité au siège d'Alésia.—Quand il entreprit le siège opiniâtre d'Alésia, la ville était défendue par quatre vingt mille hommes, et toute la Gaule, se levant pour marcher contre lui et l'obliger à se retirer, lui opposa en outre une armée de neuf mille cavaliers et deux cent quarante mille fantassins. Quelle hardiesse, quelle confiance touchant à la folie, que de ne pas vouloir, dans de telles conditions, renoncer à ce siège et oser tenir tête simultanément à deux attaques si formidables! Il le fit cependant et, après avoir gagné une grande bataille contre ceux du dehors, il parvint bientôt après à faire capituler ceux qu'il tenait assiégés.—La même chose arriva à Lucullus au siège de Tigranocerte, dans sa guerre contre Tigrane, mais dans des conditions différentes, étant donnée la mollesse de l'ennemi auquel Lucullus avait affaire.

Deux particularités intéressantes que présente ce siège.—Sur ce siège d'Alésia, je remarque deux faits rares et extraordinaires. Le premier, c'est que les Gaulois, s'assemblant pour combattre César, se résolurent en conseil, après avoir fait le dénombrement de leurs forces, à retrancher une notable partie de la grande multitude qu'ils étaient, de peur que la confusion ne s'y introduisît. C'est là un exemple nouveau, que de craindre de se trouver trop nombreux; mais, à le bien considérer, il est rationnel que l'effectif d'une armée soit de moyenne grandeur et maintenu dans de certaines bornes, en raison de la difficulté à pourvoir à sa subsistance, de la conduire et d'y faire régner l'ordre. En tout cas, il est très aisé de vérifier par des exemples, que ces armées d'effectifs monstrueux n'ont guère rien fait qui vaille. Au dire de Cyrus, rapporté par Xénophon, ce n'est pas le nombre des hommes, mais celui des hommes propres à combattre qui donne l'avantage, le reste cause plus de trouble qu'il n'apporte d'aide. Ce fut la raison principale qui détermina Bajazet à livrer bataille à Tamerlan contre l'avis unanime de ses capitaines; il espérait que la confusion s'introduirait dans la foule innombrable dont se composait l'armée de son ennemi. Scanderberg, bon juge et très expert en la matière, avait coutume de dire que dix à douze mille combattants sur lesquels on pouvait compter, devaient suffire à un général capable, pour le mettre à même de se tirer honorablement de quelque situation de guerre que ce soit.—Le second point sur lequel ce siège appelle mes réflexions, c'est qu'il semble contraire à ce qui a lieu d'ordinaire à la guerre et à ce que commande la raison que Vercingétorix, qui avait été nommé général en chef de toutes les Gaules révoltées, ait pris le parti de s'enfermer à Alésia. Celui qui commande à tout un pays, ne doit jamais s'immobiliser ainsi, à moins qu'il ne soit réduit à cette extrémité, que ce soit sa dernière place, et qu'il n'ait plus d'espoir que dans la défense qu'elle peut faire; autrement, il doit conserver sa liberté de mouvements, afin d'avoir la possibilité de pourvoir à la direction de toutes les parties du gouvernement dont il a la charge.

Avec le temps, César devint plus retenu dans ses entreprises.—Avec le temps, César devint un peu moins prompt et plus circonspect dans ses résolutions, ainsi que nous l'apprend Oppius qui était de son intimité, pensant qu'il ne devait pas compromettre la si haute renommée qu'il devait à tant de victoires, et qu'une seule défaite pouvait lui faire perdre. C'est ce qu'expriment les Italiens, quand ils veulent reprocher à quelqu'un cette hardiesse téméraire qui se rencontre chez les jeunes gens; ils disent de lui que c'est un «besogneux d'honneur», un affamé de réputation et que, n'en ayant pas encore, ils ont raison de chercher à en acquérir à quelque prix que ce soit, ce que ne doivent pas faire ceux qui sont déjà arrivés. Ce changement chez César peut provenir d'une juste mesure à garder dans ce désir de gloire; peut-être aussi finit-on par en être rassasié comme de toutes autres choses, car assez de gens en agissent ainsi.

Quoique peu scrupuleux, il n'approuvait cependant pas qu'à la guerre on se servît de toutes sortes de moyens pour obtenir le succès.—César était bien loin d'avoir ce scrupule des anciens Romains, qui ne voulaient devoir leur succès à la guerre qu'à leur courage tel qu'ils l'avaient reçu de la nature, sans avoir recours à aucun artifice; malgré cela, il y apportait plus de conscience que nous ne ferions à l'époque actuelle, et n'estimait pas que tous les moyens sont bons pour obtenir la victoire. Dans sa guerre contre Arioviste, il était en pourparlers avec lui, quand un mouvement se produisit entre les deux armées, provoqué par la faute des cavaliers de ce chef gaulois. De ce qui s'ensuivit, César se trouva être en situation très avantageuse vis-à-vis de son ennemi; il ne voulut pas toutefois s'en prévaloir, afin de ne pas s'exposer au reproche d'avoir usé de mauvaise foi.

Il revêtait d'habitude, pour le combat, de riches costumes aux couleurs éclatantes qui permettaient de le distinguer de loin.

Quand l'ennemi était proche, il tenait ses soldats plus de court, se montrant beaucoup plus exigeant sous le rapport de la discipline.

Il savait très bien nager et aimait à aller à pied.—Lorsque, jadis, les Grecs voulaient marquer que quelqu'un était de la dernière incapacité, ils disaient de lui ce dicton populaire: «qu'il ne savait ni lire, ni nager». César tenait, lui aussi, que savoir nager est d'une très grande utilité à la guerre, et cela lui servit à diverses reprises. Quand il voulait faire diligence, il franchissait d'ordinaire à la nage les rivières qu'il rencontrait sur sa route, car, comme Alexandre le Grand, il aimait à voyager à pied.—En Égypte, obligé, un jour, pour échapper à ses ennemis, de se jeter dans une chaloupe, tant de gens s'y précipitèrent en même temps que lui, qu'il y avait danger que la barque enfonçât, et il préféra se jeter à la mer et gagner à la nage sa flotte qui était à plus de deux cents pas de là, ce qu'il fit tenant de la main gauche ses tablettes hors de l'eau, et avec les dents sa cotte d'armes, la traînant ainsi afin que l'ennemi ne s'en saisit pas pour en faire un trophée; cela, alors qu'il était déjà avancé en âge.

Ses soldats et ses partisans avaient pour lui une affection extrême et lui étaient tout dévoués.—Jamais aucun chef militaire ne posséda autant la confiance de ses soldats. Au début de ses guerres civiles, ses centeniers lui offrirent de solder chacun un homme d'armes de ses propres deniers et ses fantassins de le servir à leurs dépens; ceux d'entre eux qui étaient le plus à leur aise, y joignant d'entretenir les plus nécessiteux.—Avec feu Monsieur l'amiral de Châtillon, nous eûmes occasion de voir dernièrement, dans nos guerres civiles, un fait semblable: les Français de son armée subvinrent de leur bourse au paiement des étrangers qui l'accompagnaient. On ne trouverait guère d'exemples d'une affection si ardente, si prête à tout, chez ceux qui sont dans les errements passés, habitués à un gouvernement qui, comme anciennement, fonctionne régulièrement; mais la passion a sur nous plus d'autorité que la raison. Pourtant, il est arrivé à Rome, lors de la guerre contre Annibal, qu'imitant la libéralité du peuple romain envers eux, les gens d'armes et les capitaines firent abandon de leur solde; et, au camp de Marcellus, on flétrit de l'épithète de «Mercenaires» ceux qui l'acceptèrent.—César ayant éprouvé un échec à Dyrrachium, ses soldats vinrent s'offrir d'eux-mêmes pour en être châtiés et punis, si bien qu'il eut plus à les consoler qu'à les frapper.—Une seule de ses cohortes, réduite à elle-même, soutint pendant plus de quatre heures, jusqu'à ce qu'elle fût presque entièrement détruite à coups de trait, tous les efforts de quatre légions de Pompée; dans les tranchées du camp qu'elle défendait, on trouva cent trente mille flèches. Un soldat, nommé Scéva, qui commandait à l'une des entrées, s'y maintint sans pouvoir être forcé, ayant un œil crevé, une épaule et une cuisse percées et son bouclier faussé en deux cent trente endroits.—Il est arrivé à plusieurs de ses soldats faits prisonniers, d'accepter la mort plutôt que de vouloir promettre de prendre parti contre lui. Granius Pétronius avait été fait prisonnier en Afrique par Scipion qui, après avoir fait mettre à mort ses compagnons de captivité, lui manda qu'il lui faisait grâce de la vie. Le vainqueur en agissait ainsi, parce que Pétronius était un homme de qualité et questeur; mais celui-ci lui répondit que «les soldats de César avaient coutume de donner la vie aux autres, et non de la recevoir d'eux»; et, sur ces mots, il se tua de sa propre main.

Il y a un nombre infini d'exemples de leur fidélité vis-à-vis de lui.—La conduite des défenseurs de Salone, ville qui tenait pour César contre Pompée, est à citer en raison de la particularité assez rare qui y advint. Marcus Octavius conduisait le siège; les assiégés étaient réduits en toutes choses aux plus extrêmes nécessités; pour suppléer au manque de combattants qui, pour la plupart, étaient morts ou blessés, ils avaient rendu la liberté à tous leurs esclaves; pour manœuvrer leurs machines de guerre, ils avaient dû couper les cheveux à toutes les femmes, pour en tresser des cordes; à cela se joignait une excessive disette de vivres, et, malgré tout, ils étaient résolus à ne jamais se rendre. Leur résistance avait déjà fait traîner considérablement le siège en longueur et Octavius en était devenu plus négligent; sa vigilance s'était ralentie, lorsque les assiégés ayant choisi leur jour, après avoir placé les femmes et les enfants sur les remparts pour qu'ils ne parussent pas dégarnis, vers midi, exécutèrent une sortie avec une telle furie, qu'ils enfoncent la première ligne des postes des assiégeants, puis la seconde, la troisième, la quatrième, toutes enfin; ils les contraignent à abandonner leurs tranchées et leur donnent la chasse, les obligeant à regagner leurs navires et à s'y renfermer; Octavius lui-même s'enfuit jusqu'à Dyrrachium, où se trouvait Pompée. Je n'ai pas présentement en mémoire d'autre exemple d'assiégés battant le gros des assiégeants et demeurant maîtres de la campagne ni d'autre sortie qui ait eu pour conséquence une victoire aussi nette et aussi complète que si elle était résultée d'une bataille rangée.

CHAPITRE XXXV.    (ORIGINAL LIV. II, CH. XXXV.)
Trois femmes vraiment bonnes.

Quelques épigrammes de Montaigne contre les femmes de son siècle qui ne témoignent leur affection à leurs maris que quand ils sont morts.—Les femmes vraiment bonnes ne se comptent pas par douzaines, comme chacun sait; notamment quand on les envisage au point de vue des devoirs du mariage, car c'est là un marché entouré de tant de circonstances épineuses qu'il est difficile que la volonté d'une femme l'observe longtemps dans son entier; les hommes eux-mêmes ont bien de la peine à s'y faire, quoique se trouvant pour cela dans d'un peu meilleures conditions. La pierre de touche d'un bon mariage est dans la manière dont on a vécu tant qu'on est demeuré ensemble; il n'a été vraiment tel, que si l'union a été constamment douce, loyale et facile.—En notre siècle, les femmes réservent assez communément leurs bonnes grâces et les marques d'une violente affection envers leurs maris, pour quand elles les ont perdus; elles cherchent alors, par cet étalage, à montrer combien étaient grands les sentiments qu'elles leur portaient; manifestation tardive et hors de saison! Par là elles témoignent plutôt qu'elles ne les aiment que parce qu'ils sont morts. Leur vie durant, c'était une ébullition continue; ils sont trépassés, elles sont tout amour et affabilité. De même que les pères dissimulent l'affection qu'ils ont pour leurs enfants, elles dissimulent volontiers elles aussi la leur à l'égard de leurs maris, pour commander le respect imposé par les lois de la bienséance. Un tel mystère n'est pas de mon goût; elles ont beau laisser leurs chevelures flotter en désordre, s'égratigner, je vais à l'oreille d'une femme de chambre, d'un secrétaire et leur demande: «Quelle était la nature de leurs rapports? comment vivaient-ils ensemble?» J'ai toujours présent à la mémoire ce bon mot: «Celles qui ont le moins de chagrin, pleurent avec le plus d'ostentation (Tacite)»; leur air maussade est odieux aux vivants et bien inutile aux morts. Nous permettrions volontiers de rire quand nous ne sommes plus, pourvu qu'on nous sourie un peu pendant notre vie. N'y a-t-il pas de quoi ressusciter de dépit si celle qui, lorsque je vivais, m'aura craché au nez, vient m'embrasser les pieds quand je ne suis plus? S'il y a quelque honneur à pleurer un mari, il n'appartient qu'à celles qui leur ont souri. Celles qui, près d'eux, ont passé leur temps à gémir, peuvent rire maintenant qu'ils sont morts; qu'elles se montrent donc extérieurement telles qu'elles sont au dedans d'elles-mêmes. Aussi, ne vous en laissez pas imposer par ces yeux humides et cette voix plaintive; considérez cette attitude, ce teint et ces joues pleines sous ces longs voiles, voilà qui parle avec sincérité; il en est peu dont la santé, en pareille occurrence, n'aille s'améliorant, et c'est là un indice qui ne saurait mentir. Cette contenance de circonstance ne vise pas tant le passé que l'avenir; elle a plus pour objet d'acquérir que de payer. Dans mon enfance, une honnête et très belle dame qui vit encore, veuve d'un prince, avait, dans sa parure, je ne sais quoi de plus que ne comportent les lois qui, à notre époque, règlent les questions de veuvage; à ceux qui le lui reprochaient, elle répondait: «C'est parce que je ne recherche plus de nouvelles conquêtes, et n'ai pas la volonté de me remarier.»

Cependant, dans l'antiquité, il en relève trois qui voulurent partager le sort de leurs maris se donnant la mort.—Pour n'aller en rien à rencontre de mes habitudes, j'ai fait ici choix de trois femmes qui, bien qu'elles aient laissé éclater leur bonté et leur affection pour leurs maris au moment de leur mort, n'en sont pas moins des exemples qui diffèrent quelque peu les uns des autres et si concluants, qu'on peut en déduire hardiment ce qu'elles ont été durant leur vie.

La première, citée par Pline le jeune, était une Italienne de naissance commune; son dévouement.—Pline le jeune avait près d'une de ses propriétés d'Italie un voisin très gravement atteint d'ulcères aux parties que la décence commande de dérober à la vue. Sa femme, le voyant dépérir depuis très longtemps, le pria de lui permettre de voir de près et à loisir l'état de son mal et qu'elle lui dirait, plus franchement qu'aucun autre, ce qu'il avait à en espérer; il y consentit. Après l'avoir attentivement examiné, elle estima que la guérison était impossible; que tout ce qu'il pouvait attendre, était de traîner, fort longtemps encore, une vie douloureuse et languissante; et, comme plus sûr et souverain remède, elle lui conseilla de se tuer. Le trouvant un peu hésitant à accepter une solution aussi radicale: «Ne pense pas, mon ami, lui dit-elle, que les douleurs que je te vois souffrir ne me touchent pas autant que toi et que, pour y échapper, je ne veuille pas faire moi-même usage du médicament que je te conseille. Je te tiendrai compagnie quand tu seras guéri, comme je le fais pendant que tu es malade. N'aie donc pas cette crainte et pense au plaisir que nous éprouverons de ce passage de vie à trépas, auquel nous devrons d'être délivrés de tels tourments; c'est un heureux voyage que nous accomplirons ensemble.» Cela dit, et ayant ranimé le courage de son mari, elle décida qu'ils se précipiteraient dans la mer, d'une fenêtre de leur demeure, dont les flots baignaient le pied; et, pour lui témoigner jusqu'à la fin cette loyale et ardente affection dont elle l'avait entouré toute sa vie, elle voulut encore qu'il mourût entre ses bras; mais, de peur que les forces ne vinssent à lui manquer, et que les étreintes dont elle l'enlaçait ne se relâchassent dans la chute et par suite de l'appréhension qu'elle pourrait éprouver, elle se fit lier et attacher très étroitement à lui par le milieu du corps, faisant ainsi abandon de sa vie pour le repos de celle de son mari. Cette femme était de basse extraction et, parmi les gens de cette condition, des faits d'une aussi exquise bonté ne sont pas absolument rares: «C'est parmi les pauvres gens que la Justice, fuyant nos régions, a porté ses derniers pas (Virgile).»

Les deux autres sont des femmes nobles et riches, parmi lesquelles les exemples de vertu sont moins fréquents.

La seconde est Arria, femme de Cecina Pætus; son énergie.—Arria, femme de Cecina Pætus, personnage consulaire, était mère d'une autre Arria, femme de Thrasæas Pætus, dont la vertu fut en si grand renom du temps de Néron, et, du fait de ce gendre, elle fut grand'mère de Fannia; cette indication est nécessaire, la ressemblance des noms de ces hommes et de ces femmes et aussi leurs fortunes semblables ayant amené des confusions.-Cecina Pætus, après la défaite de Scribonianus, dont il avait embrassé le parti contre l'empereur Claude, ayant été arrêté par les gens de ce dernier, Arria, première du nom, sa femme, supplia ceux qui l'emmenaient prisonnier à Rome de la recevoir sur leur navire, où elle serait de moindre dépense et de moins de gêne que le personnel qu'ils devraient prendre pour le service de son mari, s'engageant à suffire à elle seule à faire sa chambre, sa cuisine et tout ce qui serait besoin; ils s'y refusèrent. Elle se jeta alors dans un bateau de pêcheur qu'elle loua sur-le-champ, et de la sorte le suivit depuis la Slavonie. Ils étaient à Rome, quand, un jour, en présence de l'empereur, Junia veuve de Scribonianus, s'autorisant de leurs infortunes communes, l'aborda familièrement; elle la repoussa rudement, lui disant: «Tu veux que, moi, je te parle; que je t'écoute, toi, dans les bras de qui Scribonianus a été tué, et qui vis encore!» Ces paroles et d'autres indices donnèrent à penser à sa famille que, ne pouvant supporter les infortunes de son mari, elle songeait à attenter à ses jours. Thraséas, son gendre, la suppliant de renoncer à un tel dessein et lui disant à cet effet: «Quoi, si j'étais dans le cas de Cecina, voudriez-vous donc que ma femme, qui est votre fille, en agisse ainsi?» «Comment, si je le voudrais! répondit-elle; oui, oui, je le voudrais, si elle avait vécu avec toi aussi longtemps et en aussi bon accord que je l'ai fait avec mon mari!» Ces réponses amenaient un redoublement dans la surveillance dont elle était l'objet, et faisaient qu'on suivait de très près tous ses mouvements. Un jour, qu'elle venait de dire à ceux qui la gardaient: «Vous avez beau faire, vous pouvez me rendre la mort plus douloureuse, mais m'empêcher de mourir, cela n'est pas en votre pouvoir», s'élançant violemment d'une chaise sur laquelle elle était assise, elle alla donner, de toutes ses forces de la tête contre le mur voisin, se blessant grièvement et tombant évanouie sous la violence du coup: «Je vous disais bien, dit-elle après qu'à grand'peine on l'eut fait revenir à elle, que si vous m'empêchez de recourir, pour me tuer, à quelque procédé facile, j'en trouverai bien un autre, quelque difficile d'exécution qu'il soit.»—Voici comment finit cette femme d'un courage si admirable: Pætus son mari n'ayant pas, par lui-même, le cœur assez ferme pour se donner la mort à laquelle la cruauté de l'empereur l'obligeait, un jour, après bien d'autres, l'ayant tout d'abord catéchisé et pressé pour l'amener à assez de résolution pour adopter le conseil qu'elle voulait lui voir suivre, elle saisit le poignard qu'il portait et, le tirant de sa gaine et le tenant à la main, lui dit en manière de conclusion de ses exhortations: «Fais ainsi, Pætus»; et, au même instant, elle s'en frappait d'un coup mortel dans la poitrine; puis, arrachant l'arme de la plaie, elle exhalait son dernier soupir en prononçant cette noble et généreuse parole demeurée immortelle: «Pæte, non dolet» (Tiens, Pætus, cela ne fait point mal); n'ayant que le temps de dire ces trois mots de si belle signification. «Lorsque la chaste Arria eut présenté à son mari le fer qu'elle venait de retirer de son sein: Crois-moi, Pætus, dit-elle, le coup que je viens de me porter ne me fait point mal, je ne souffre que de celui que tu vas te donner à ton tour (Martial).» Les mots qu'elle a réellement prononcés, sont bien plus expressifs et d'une sublimité bien autrement grande, que la paraphrase qu'en donne le poète; car la blessure et la mort de son mari, comme les siennes, n'étaient pas ce qui l'occupait; elle-même les avait conseillées et en avait poursuivi l'exécution; mais après avoir conçu ce dessein si élevé et si courageux, uniquement pour la commodité de son époux, au dernier instant de sa vie, c'est encore à lui seul qu'elle songe, cherchant à faire qu'il n'ait aucune appréhension à la suivre dans la mort. Pætus se frappa aussitôt de ce même poignard; mais, à mon sens, il est honteux pour lui d'avoir eu besoin, pour en arriver là, d'un aussi cher et précieux enseignement.

Paulina Pompeia, femme de Sénèque, est la troisième; son histoire.—Pompeia Paulina, jeune et très noble dame romaine, avait épousé Sénèque alors arrivé à un âge très avancé. Néron, le beau disciple de ce philosophe, envoya à celui-ci ses gardes pour lui notifier l'ordre de se donner la mort, ce qui se passait de la manière suivante: Quand les empereurs romains de cette époque avaient condamné un homme de qualité, ils lui mandaient par un de leurs officiers de choisir un genre de mort à sa convenance et de se la donner dans un délai de telle ou telle durée, qu'ils déterminaient selon le degré de ressentiment qu'ils avaient contre lui, délai tantôt plus long tantôt plus court, lui donnant du temps pour mettre ordre à ses affaires, et quelquefois lui en ôtant les moyens en écourtant celui laissé à sa disposition. Si le condamné n'obtempérait pas à cet ordre, l'officier pourvoyait à son exécution par l'entremise de gens ad hoc qu'il amenait avec lui et qui ouvraient au patient les veines des bras et des jambes, ou lui faisaient de force avaler du poison; mais les personnes qui se respectaient, ne s'exposaient pas à cette contrainte et recouraient pour cette opération à leurs propres médecins et chirurgiens. Sénèque reçut cette communication sans se départir de son calme et de son assurance; puis il demanda du papier pour faire son testament, ce qui lui fut refusé par le capitaine qui lui notifiait son arrêt de mort. Se tournant alors vers ses amis, il leur dit: «Puisque je ne puis rien vous donner autre en reconnaissance de ce que je vous dois, je vous laisse du moins ce que j'ai de plus beau, l'image de mes mœurs et de ma vie, dont je vous prie de conserver la mémoire, afin que, ce faisant, vous acquériez la gloire d'être de sincères et véritables amis.» En même temps, tantôt il calmait par de douces paroles l'intensité de la douleur de ceux qu'il voyait souffrir de son malheur, tantôt les gourmandait sur un ton de voix plus grave: «Où sont, leur disait-il, ces beaux préceptes de philosophie, ces garanties accumulées pendant tant d'années pour nous prémunir contre les accidents de la fortune? La cruauté de Néron nous était-elle donc inconnue? Que pouvions-nous attendre de celui qui a tué sa mère et son frère, sinon qu'il fasse aussi mourir son gouverneur qui l'a instruit et élevé?» Après ces paroles qui s'adressaient à tous, il se tourna vers sa femme et la tint étroitement embrassée. Comme à celle-ci, sous le poids de la douleur, le cœur et les forces défaillaient, il la pria de supporter, pour l'amour de lui, ce malheur avec plus de résignation, lui exposant que l'heure était venue, où il y avait à montrer, non plus par des dissertations ou par des discussions mais par des actes, le fruit qu'il avait retiré de ses études, auxquelles, à n'en pas douter, il devait d'accueillir la mort, non seulement sans révolte, mais encore avec joie: «C'est pourquoi, m'amie, lui dit-il, ne la déshonore pas par tes larmes, afin de ne pas paraître t'aimer toi-même plus que ma réputation; apaise ta douleur; console-toi par ce que tu connais de moi et de mes actions; continue à pratiquer, durant le reste de tes jours, les honnêtes occupations auxquelles tu t'es adonnée.» A quoi Pauline, ayant un peu recouvré ses esprits, et sa très noble affection pour son époux réchauffant son courage magnanime, répondit: «Non, Sénèque; je ne suis pas pour ne pas vous tenir compagnie dans la situation qui vous est imposée; je ne veux pas que vous pensiez que les vertueux exemples de votre vie ne m'ont pas encore appris à bien mourir! Et quand pourrais-je le mieux faire, plus honorablement et plus à mon gré qu'avec vous? Tenez donc pour assuré que je quitterai la vie en même temps que vous.» Sénèque, prenant en bonne part cette si belle et glorieuse détermination de sa femme, qui le délivrait de l'appréhension qu'il avait de la laisser après lui à la merci de ses ennemis et de leur cruauté, reprit: «Je te conseillais ce qui convenait le mieux pour te rendre la vie heureuse; tu préfères l'honneur de mourir; en vérité, je ne puis te le contester. Nous apportons l'un et l'autre, à notre fin commune, même fermeté et même résolution; mais tu y as une part bien plus belle et bien plus glorieuse.» On leur ouvrit alors, à tous deux, les veines des bras; mais chez Sénèque, la circulation, moins active par suite de son grand âge et des privations qu'il s'imposait, faisant que le sang ne coulait que lentement et peu abondamment, il commanda qu'on lui ouvrît aussi les veines des cuisses; et autant pour que les souffrances qu'il endurait n'attendrissent pas le cœur de sa femme, que pour s'épargner à lui-même l'affliction de la voir en si pitoyable état, il prit très amoureusement congé d'elle et la pria de permettre qu'on l'emportât dans la chambre voisine, ce qui fut fait. Cependant les incisions qu'il avait subies ne suffisant pas pour amener la mort, il se fit donner par son médecin Statius Annéus un breuvage empoisonné qu'il prit sans en obtenir plus d'effet, parce qu'en raison de la faiblesse en laquelle il était et du froid qui commençait à raidir ses organes, le poison ne put atteindre le cœur; on le mit en conséquence dans un bain très chaud. Sentant dès lors sa fin approcher, tant qu'il eut du souffle il continua à émettre sur son état les plus excellentes réflexions, que recueillirent ses secrétaires aussi longtemps qu'ils purent distinguer sa voix; ses dernières paroles sont demeurées longtemps après lui, estimées et honorées de ceux qui les ont connues; aussi est-il bien regrettable qu'elles ne soient pas parvenues jusqu'à nous. Lorsqu'il se sentit arrivé à ses derniers moments, prenant de l'eau ensanglantée de son bain, il s'en arrosa la tête, et dit: «Je voue cette eau à Jupiter libérateur!»—Néron, prévenu moment par moment, craignant que la mort de Pauline, qui était des dames romaines les mieux apparentées et contre laquelle, du reste, il n'avait pas d'inimitié particulière, ne devînt un grief contre lui, envoya en toute hâte, pour qu'on refermât ses plaies; ce que firent ses gens à elle, à son insu, car déjà elle était à demi morte et n'avait plus sa connaissance. Elle continua donc à vivre, contrairement à la résolution qu'elle avait prise; sa vie se poursuivit très honorablement, comme il convenait à sa vertu; la pâleur de son visage se maintint, attestant combien, par ses blessures, elle avait été près de la mort.

Les poètes tragiques auraient souvent beau jeu à tirer de l'histoire les sujets de leurs pièces.—Voilà mes trois contes, tous trois véritables et que je trouve aussi intéressants et tragiques que tous ceux que nous imaginons pour faire plaisir au public. Je m'étonne que ceux qui se livrent à cette occupation, au lieu d'inventer, n'aient pas plutôt l'idée de choisir parmi celles consignées dans les livres, dix mille très belles histoires; cela leur donnerait moins de peine, serait plus intéressant et leur procurerait plus de profit. Qui voudrait en composer un ouvrage entier se tenant, n'aurait qu'à fournir ce qui servirait à les lier les unes aux autres, comme la soudure qui unit deux fragments de métaux différents. Il pourrait de la sorte entasser force événements de toutes espèces qui sont arrivés; il les disposerait et les varierait suivant ce qui conviendrait pour la beauté de l'ouvrage, à peu près comme a fait Ovide, qui a composé ses Métamorphoses avec un grand nombre de fables diverses juxtaposées.

Particulière preuve d'amour que, de son côté, Sénèque avait donnée à sa femme en renonçant à la mort par égard pour elle.—Chez Sénèque et Pauline, il est encore digne de remarque que, si celle-ci offre volontairement à son mari de quitter la vie par amour pour lui, celui-ci avait, de son côté, renoncé autrefois à la mort pour l'amour d'elle. Pour nous, les deux choses ne sont pas l'équivalent l'une de l'autre; mais, étant données les idées stoïques de Sénèque, je crois qu'en prolongeant sa vie par égard pour sa femme, il pensait avoir autant fait en sa faveur qu'en mourant pour elle. Dans une des lettres qu'il écrit à Lucilius, il lui narre d'abord que la fièvre l'a pris à Rome; qu'aussitôt, montant dans son char, il s'est rendu à la campagne dans une de ses maisons, et cela, contre l'opinion de sa femme qui s'opposait à ce déplacement et à laquelle il avait répondu, pour passer outre, que sa fièvre ne provenait pas d'une prédisposition de sa part, mais tenait à une cause locale; puis il poursuit: «Elle me laissa aller, me recommandant fort ma santé; or, sachant qu'elle ne vit que pour moi, en me ménageant c'est elle que je ménage. Je dois à ma vieillesse d'avoir acquis, en certaines choses, plus de fermeté et de résolution; mais cela ne me sert plus de rien quand je viens à penser que, vieillard, je me dois à une jeune femme. N'arrivant pas à l'amener à être plus courageuse dans l'amour qu'elle me porte, elle m'oblige à envisager d'autre façon celui que je me porte à moi-même; il faut bien faire quelques concessions aux affections honnêtes, lors même que les circonstances nous invitent à agir autrement. Il faut alors nous rattacher à la vie, malgré la souffrance qu'on en éprouve; il faut, avec les dents, arrêter au passage notre âme prête à échapper puisque, pour les gens de bien, vivre est une obligation qui leur est imposée, non parce que cela leur plaît, mais parce qu'ils en ont le devoir. Celui qui n'estime pas assez sa femme ou un ami pour continuer à vivre, et qui s'opiniâtre à mourir, est trop délicat de caractère et manque d'énergie; il faut que l'âme s'y résolve, quand cela est commandé par l'intérêt des nôtres; il faut parfois nous prêter à nos amis et, alors même qu'il nous conviendrait de mourir, nous devons, si pour eux il en est besoin, suspendre notre résolution. C'est témoigner de la grandeur et du courage que de revenir à l'existence en considération d'autrui ainsi que l'ont fait plusieurs excellents personnages; c'est un trait de bonté d'une nature toute particulière que de consentir à la vieillesse (dont le plus grand avantage est sa durée précaire qui permet d'user de la vie avec plus de courage et de dédain), lorsqu'on sent que la charge que l'on accepte ainsi est douce, agréable et profitable à quelqu'un pour qui l'on a une grande affection. Et quelle agréable récompense n'en reçoit-on pas? Est-il rien de plus doux que d'être cher à sa femme, au point que pour elle, on en devienne plus cher à soi-même? C'est ainsi que ma Pauline m'a donné charge et de ses craintes et des miennes; je n'ai pas eu seulement à considérer combien la mort répondait à mon désir, j'ai dû envisager aussi l'affliction qu'elle lui causerait et me suis imposé l'obligation de vivre; consentir à vivre est quelquefois acte de magnanimité!» Telles sont ses propres paroles, excellentes par elles-mêmes, comme l'est dans son application le principe qu'il émet.

FIN DU SECOND VOLUME.


TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS LE SECOND VOLUME.


LIVRE SECOND.
(Suite.)
    Pages.
Chapitre VII. Des recompenses d'honneur.—Des récompenses honorifiques. 10
Chapitre VIII. De l'affection des peres aux enfants. 18
Chapitre IX. Des armes des Parthes. 54
Chapitre X. Les Liures.—Des livres. 60
Chapitre XI. De la cruauté. 84
Chapitre XII. Apologie de Raimond de Sebonde. 110
Chapitre XIII. De iuger la mort d'autruy. 420
Chapitre XIV. Comme nostre esprit s'empesche soy-mesmes. 430
Chapitre XV. Que nostre desir s'accroist par la malaisance. 432
Chapitre XVI. De la gloire. 440
Chapitre XVII. De la presumption. 464
Chapitre XVIII. Du desmentir.—Du fait de donner ou de recevoir des démentis. 520
Chapitre XIX. De la liberté de conscience. 528
Chapitre XX. Nous ne goustons rien de pur. 536
Chapitre XXI. Contre la faineantise. 542
Chapitre XXII. Des Postes. 550
Chapitre XXIII. Des mauuais moyens employez à bonne fin. 552
Chapitre XXIV. De la grandeur Romaine. 558
Chapitre XXV. De ne contrefaire le malade. 562
Chapitre XXVI. Des poulces. 566
Chapitre XXVII. Couardise mere de la cruauté.—La poltronnerie est la mère de la cruauté. 568
Chapitre XXVIII. Toutes choses ont leur saison.—Chaque chose en son temps. 586
Chapitre XXIX. De la vertu. 590
Chapitre XXX. D'vn enfant monstrueux. 604
Chapitre XXXI. De la colere. 606
Chapitre XXXII. Deffence de Seneque et de Plutarque. 620
Chapitre XXXIII. L'Histoire de Spurina. 632
Chapitre XXXIV. Obseruations sur les moyens de faire la guerre de Iulius Cæsar. 646
Chapitre XXXV. De trois bonnes femmes.—Trois femmes supérieures. 662

ERRATUM DU SECOND VOLUME.

Page 420.—Les indications des points et chiffres placés dans la marge de droite et numérotant les lignes sont toutes à diminuer de 3; exemple: la ligne numérotée 10 n'est, en réalité, que la septième.


ADDITION AUX ERRATA DU PREMIER VOLUME.

Page 14, dernière ligne du Nota.—Au lieu de: «Notes I, 14, I, Liure», lire: «Notes, I, 14, av Lectevr».

Page 546, lig. 14.—Au lieu de: «sinistris sagos», lire: «sinistras sagis».


ADDITION AUX ERRATA DU SECOND VOLUME. (publié dans le volume III)

Page 46, lig. 29.—Au lieu de: «sort », lire: «fort».

Page 174, lig. 12.—Au lieu de: «combieu», lire: «combien».

Page 197, lig. 17.—Au lieu de: «raison», lire: «raisons».

Page 280, lig. 26.—Au lieu de: «homme », lire: «hommes».

Pour ce qui est des astérisques (*) insérés dans la traduction, se reporter au Nota de la page 15 du premier volume.