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Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa / Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg cover

Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa / Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg

Chapter 106: NOTES
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About This Book

A scholarly compilation reproduces an early ecclesiastical account of Yucatecan customs, rites, and inscriptions, presenting Spanish text with French translation alongside the calendrical signs and a proposed hieroglyphic alphabet for the Maya. The volume includes comparative essays and historical documents, an abridged grammar and French–Maya vocabulary, and commentary that examines parallels between American monuments and Old World antiquities, while supplying ethnographic, calendrical, and epigraphic material for further study.

NOTES

[1] Aujourd’hui on connaît sous le nom de baie de l’Ascension, celle qui est entre 18° 50´ et 19° de lat. puis le golfe Amatique, au fond duquel se trouve le Rio-Dulce qui unit le golfe du même nom ou Golfete à la mer: il serait possible que le nom de golfe Dulce s’appliquât à cette époque au golfe Amatique, ou baie de Honduras, et celui de l’Ascension à tout l’ensemble du golfe.

[2] La Desconocida est une pointe de terre au 20° 50´ lat. formée par un grand estuaire qui s’allonge du sud au nord, à l’ouest de la péninsule.

[3] Puerto-Real est le nom de la plus orientale des deux îles qui ferment la lagune de Terminos. D’après une carte en ma possession, celle de Bailey, Dos Bocas est une barre de Tabasco au 93° 10´ long.

[4] C’est un rameau détaché de la Sierra de Tekax, la seule chaîne qui existe au Yucatan; elle commence au Pueblo de Kambul, arrondissement de Peto (19° 40´ lat.), court au N.-O., laissant à droite Tekax et Ticul, à la gauche Ɔul et Nohcacab jusqu’à la ville de Maxanú, où elle tourne au sud jusqu’à Campêche, pour s’interner ensuite dans les terres vers la république de Guatémala (Pequeño Catecismo de Geografia, arreglado para el uso de los niños, por J. S. C. Y. G. M. R. Merida de Yucatan, 1851.)

[5] Les connaissances géographiques de cette époque étaient loin d’être complètes. Voici ce que dit l’auteur de la petite géographie cité dans la note précédente: Le Yucatan se trouve entre le 18° 21´ de latitude nord et 18° 20´ et 18° 24´ de longitude occidentale de Cadix.

[6] Taiza serait ici au lieu de Taizal ou Tayazal, nom qu’on donnait alors à la capitale du Peten.

[7] La Saint-François tombe au 4 octobre.

[8] Peten signifie une île ou une presqu’île; les Mayas savaient fort bien que leur pays tenait à la terre ferme; preuve, les cartes dressées par eux et dont Montejo et les autres Espagnols se servirent pour reconnaître le Yucatan. Ils savaient du reste qu’ils avaient été envahis plus d’une fois par des populations venues du sud par les montagnes.

[9] Ceci n’est pas complet. Ils disaient aux Espagnols: «Conex c’otoch», c’est-à-dire: Venez à nos maisons.

[10] Cette région n’ayant été jusqu’ici que fort peu explorée, il est difficile de déterminer les rivières dont parle l’auteur: car celles qui descendent du Taiza ou Peten sont le San-Pedro à l’ouest, dont il parle un peu plus bas, et le Zacchich avec les autres affluents, formant le cours du Rio-Hondo qui se jette à l’est dans la lagune de Bacalar.

[11] Xicalanco était une ville importante pour son commerce, située à l’extrémité d’une langue de terre en face de la pointe occidentale de l’île de Carmen, formant une des entrées de la lagune de Terminos.

[12] Ce lieu était probablement consacré à la déesse de la médecine et des accouchements; le nom se compose de ti, in, apud, et de Ixchel, nom de cette divinité.

[13] Voir la note 1ʳᵉ, §1.

[14] Cette ile, aujourd’hui Cozumel, est appelée aussi Acuzamil et Ah-Cuzamil, c’est-à-dire des hirondelles, du mot cuzam, hirondelle. On y adorait dans un temple superbe une divinité du nom de Teel-Cuzam. Aux pieds d’Hirondelle, dont la statue était représentée avec les pieds de cet oiseau. Elle était de terre cuite, grande et revêtue des ornements royaux. Comme elle était creuse et adossée à la muraille, un prêtre s’y renfermait pour répondre au nom du dieu aux demandes des pèlerins qui s’y rendaient en grand nombre des diverses provinces du Yucatan; car Cozumel était un des lieux les plus vénérés de la péninsule. En face de l’île se terminait à la ville de Ppolé la chaussée qui venait d’Izamal et autres villes principales du pays. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 7.)

[15] Mugeres, d’après la carte du Yucatan de l’ouvrage de Stephens entre 21° 30´ et 22° de latitude nord. Le nom d’Ekab ne se trouve sur aucune carte que je connaisse; mais sur celle de Stephens on signale des ruines en plusieurs endroits sur la côte opposée à Cozumel et à Mugeres.

[16] Vivora, rescifs de la mer du nord, situés à 15 lieues au sud de l’île de la Jamaïque, qui ont 42 lieues de long E.-O., fort dangereux pour les embarcations qui naviguent de ce côté... La tête se trouve par 27° 10´ de long. et par 17° lat. nord (Alcedo, Diccionario geogr. hist. de las Indias-Occidentales, etc.)

[17] Suivant Ordoñez, le nom de Maya, qu’il applique à tout le Yucatan, viendrait de ma-ay-ha, exactement non adest aqua, terre sans eau.

[18] Sulamanca de Yucatan fut fondé en 1544, près d’une ancienne ville indienne nommée Bakhalal (enceinte de joncs ou de bambous), et la province est appelée par les uns Vaymil, par les autres Chetemal; peut-être y avait-il deux petites provinces indigènes continant près de Bakhalal, aujourd’hui Bacalar, au fond de la lagune de Chetemal, à l’est du Yucatan. Dans le document en langue maya qui suit cette relation, la province où se trouve Bacalar est appelée Zyan-Caan.

[19] Campêche était appelé Kimpech par les indigènes, d’après Cogolludo.

[20] Champoton s’appelait auparavant Potonchan, qui parait un nom de la langue mexicaine plutôt que maya; on le fait venir de potoni, puer, sentir mauvais, et chan, demeure; ce qui serait la maison-puante, sans doute à cause des marécages qui entouraient cette ville.

[21] Ulua pour Culua ou Culhua, noms qu’on donna à l’ile où se trouve le fort de San-Juan, auprès de la Vera-Cruz; on désignait ainsi la puissance mexicaine, à cause de Culhuacan d’où les rois de Mexico-Tenochtitlan tiraient leur titre.

[22] Il y a, par erreur, dans la copie espagnole Campêche; il faut Cotoch.

[23] Ces barbares paraissent avoir été de race différente des autres populations indigènes du Yucatan, peut-être de descendance caraïbe. Serait-ce parce qu’ils mangeaient quelquefois les membres de leurs ennemis sacrifiés aux dieux?

[24] Les Yucatiques adoraient déjà la croix; Hernandez de Cordova et Grijalva en avaient trouvé dans plusieurs de leurs temples; il n’était donc pas bien difficile de leur en faire admettre une autre.

[25] Le texte espagnol est souvent difficile à entendre; il l’est ici particulièrement, le copiste de Landa ayant probablement passé quelques mots ou mal écrit les autres. Voici ce que Lizano écrit au sujet des premiers habitants du Yucatan. «Ils surent... que la race de ce pays-ci vint, partie du couchant, partie du levant. Ainsi dans leur ancienne langue ils appellent le levant d’une autre manière qu’aujourd’hui. Actuellement ils appellent l’Orient Likin, ce qui revient à dire que d’où se lève le soleil sur nous. Et le Couchant ils le nomment Chi-kin, ce qui est la même chose que chute ou fin du soleil, ou bien où il se cache par rapport à nous. Mais dans l’antiquité ils disaient de l’orient Cen-ial, petite descente, et du couchant Nohen-ial, la grande descente et le peu de gens, d’un côté, la grande multitude, de l’autre, quels qu’ils puissent être les uns et les autres. Je remets le lecteur qui voudrait en savoir davantage au Père Torquemada, dans son Histoire Indienne (Monarquia Indiana), et il verra là comment les Mexicains vinrent du Nouveau-Mexique, et de là par ici. Et comme l’île Espagnole (Haïti) fut peuplée de Carthaginois, que de ceux-ci se peupla Cuba, et cette terre, du côté de l’Orient, comme gens de tant de raison et de valeur, ils purent connaître l’art d’édifier de si somptueux monuments et de s’assujettir les autres nations; sinon que, comme la communication avec Carthage leur manqua avec le temps, ils seraient devenus avec le climat des gens rudes et barbares. (Lizana, Hist. de Nuestra Señora de Yzamal, Part. 1, cap. 3.)

[26] Comme on le voit, Chectemal (écrit ailleurs Chetemal) et Bakhalal sont donnés comme ne faisant qu’une province.

[27] Cette circonscription commençait au bord de la mer en face de Mugeres où était Ekab et terminait vers le centre de la péninsule.

[28] Mérida da Yucatan fut fondé sur les ruines de Tihoo ou T’hoo, capitale de l’antique province de Cehpech, prononcez Qehpech, le c maya étant dur dans tous les mots.

[29] Le pays ne produisait peut-être aucun métal; mais il est indubitable qu’il en tirait d’ailleurs: on sait, du reste, que les Mayas, ainsi que les autres populations civilisées du Mexique, travaillaient la pierre avec des instruments en cuivre et en bronze trempé et avec d’autres en pierre dure.

[30] Ces lignes sont répétées à peu près mot pour mot au § XLII.

[31] Landa, tout en donnant des notions fort précieuses sur le Yucatan, ne s’est guère préoccupé de l’histoire ancienne du pays. Ce que Lizana d’un côté, et Cogolludo de l’autre, ont recueilli, complète ce que dit Landa. Au rapport du second, le prêtre Zamná, venu des régions occidentales, aurait été le premier civilisateur de cette contrée. Nous en parlerons plus en détail dans un autre §. Quant aux édifices d’Izamal, des onze ou douze que compte notre auteur, il n’en restait déjà plus que cinq du temps de Lizana, environ soixante ans après; et de ces cinq, deux étaient consacrés à Zamnà, à qui l’un avait été érigé comme sépulture après sa mort. Ce sont ces édifices que les Espagnols nommèrent Cu et au pluriel cues ou cuyos, du mot maya ku, saint, sacré. A cause de leur forme massive et pyramidale, les indigènes les désignaient sous celui d’omul ou homul, qui donne l’idée d’une élévation artificielle ou d’une taupinière.

[32] Le monastère des franciscains d’Yzamal fut bâti sur l’omul appelé encore aujourd’hui par les indigènes Ppapp-hol-chac, c’est-à-dire la Maison des Têtes et des Eclairs, et l’église de San-Antonio sur l’omul de Hunpictok ainsi nommé du dieu de la guerre qui avait là son temple (Lizana, Hist. de N. S. de Yzamal, lib. 1, cap. 3.)

[33] Je trouve ailleurs ce nom de Tikoch écrit Ticoh et Tecoh, comme on le voit aujourd’hui.

[34] Ce fait que Herrera a tiré de Landa, se trouve ici isolément, sans qu’il soit possible de déterminer à quelle époque il peut appartenir; mais il paraît assez évident qu’il s’agit d’une sorte de réaction religieuse.

[35] Voir le § XLII.

[36] Cet abîme, situé au centre de la cité, était environné de toutes parts d’épais bocages, dont le silence et la solitude le mettaient à l’abri des bruits profanes du monde. L’aspect qu’il offre encore aujourd’hui est celui d’un précipice circulaire d’environ cent pieds de diamètre, aux parois raboteuses et perpendiculaires, au-dessus desquelles se penche le sombre feuillage du bois voisin. Un escalier circulaire taillé dans la roche calcaire, invisible au premier abord, descend jusqu’au bord de l’eau, et jadis il s’arrêtait au pied d’un autel où l’on offrait des sacrifices à Cukulcan. (Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. II, chap. 17.—Relation du Lic. Lopez Medel, trad. de Ternaux-Compans, dans les Nouv. Annales des Voyages, tom. 1. 1843.)

[37] Cuculcan, écrit quelquefois Kukulcan, vient de kuk, oiseau qui paraît être le même que le quetzal; son déterminatif est kukul qui uni à can, serpent, fait exactement le même mot que Quetzal Cohuatl, serpent aux plumes vertes, ou de Quetzal.

[38] Qui étaient les Izaes, ou Itzaex, c’est ce qu’il est difficile de déterminer. Ils étaient maîtres de Chichen-Itza, lorsque les Tutul-Xius les en chassèrent au XIIIAhau-Katun, c’est-à-dire vers l’an 270 de notre ère, et le document que nous publions plus loin les appelle kuyen uinkob, des hommes saints. Si nous pouvions hasarder ici une conjecture, nous dirions qu’ils pourraient être des restes de la grande famille des Xibalbaïdes, réfugiés dans le Yucatan, après la victoire des Nahoas, de la race desquels étaient les Tutul-Xius. Parlant des princes de Xibalba, le Livre Sacré les appelle Ah-Tza, Ah-Tucur, mot à mot: ceux du mal, ceux des hiboux; mais ces mots sont plutôt des dénominations anciennes de peuples, de qui ceux de Tucurub, dans la Vérapaz, et ceux du Peten-Itza seraient descendus. Peten-Itza, ou l’île des Itzas, dans le lac de Tayazal, aurait été peut-être le dernier refuge de cette antique nation, dont les Espagnols ne s’emparèrent qu’en 1697.

[39] Cezal-couati, c’est Quetzalcohuatl, le c maya, ainsi que nous l’avons dit, devant se prononcer dur comme q devant toutes les voyelles indistinctement.

[40] La question est de savoir si Mayapan dut sa construction première à ce Cuculcan, et si celui-ci vint longtemps après, Zamnà qui parait, d’après les autres traditions, avoir été le premier législateur de cette contrée. Quelques indices sembleraient les faire contemporains; mais d’autres donneraient à penser que Zamnà était le chef d’une religion différente, peut-être de celle des Itzaex. Si Zamnà est plus ancien que Cuculcan, Izamal est aussi plus ancienne que Mayapan: cependant, au dire d’Ordoñez qui avait eu en sa possession des documents anciens des Tzendales, la fondation de Mayapan aurait été contemporaine de celle de Nachan (Palenqué), de celle de Tulhá (Ococingo) et de celle de Copan (Chiquimula), et remonterait à 1000 ans environ avant l’ère chrétienne. Je laisse au docte chanoine de Ciudad Real toute la responsabilité de son assertion.

[41] Au Mexique on fait retourner Quetzalcohuatl à Tlapallan, et au Yucatan on le renvoie au Mexique. Mais il ne serait pas impossible que ce Cuculcan fût le même que le personnage plus ou moins mythologique, dont parle Sahagun, conducteur de la race nahuatl en Tamoanchan, qui paraît se confondre avec le Quetzalcohuatl du Codex Chimalpopoca et le Gucumatz du Livre Sacré, l’un découvrant le maïs en Tonacatepetl et l’autre en Pampaxil et Pacayala.

[42] On sait que les marécages voisins de Champoton sont parsemés de ruines magnifiques qui s’étendent dans les îles et tout autour de la lagune de Terminos.

[43] Cocom signifie écouteur, croyant. Il fut donné probablement à cette famille, comme une récompense pour avoir cru la première aux enseignements de Cuculcan.

[44] Ahkin-Mai, le prêtre de Mai ou Ahau-Can-Mai, le prince Serpent Mai. Qu’était Mai, une divinité ou un personnage des temps antiques, sans doute celui à l’occasion duquel le pays fut appelé Maya et dont l’origine devrait peut-être se chercher dans les traditions religieuses de Haïti.

[45] Ces livres étaient appelés Analté, ou livre de bois, parce que le papier en était fabriqué de l’écorce d’un arbre, le même apparemment qu’on appelle Amatl au Mexique: c’était une sorte de papyrus, préparé avec grand soin, en tout semblable à celui de la Bibliothèque impériale et recouvert d’un enduit glacé analogue à celui de nos cartes de visite. Les planches entre lesquelles on les renfermait, et qu’on garnissait avec soin, annonce une sorte de reliure.

[46] Il s’agit ici de l’émigration des Tutul-Xius, dont le document chronologique placé à la suite de cet ouvrage fixe la sortie du pays de Tulapan ou de Tula (Tulha), à l’an 143 ou bien à l’an 174 de notre ère; ce qui recule à plusieurs siècles en arrière le commencement de la dynastie Cocome. Ni Lizana, ni Cogolludo ne font allusion à l’entrée des Tutul-Xius dans le Yucatan.

[47] Cette identité se trouve en particulier dans les langues zotzile, tzendale et Chamho (Chamula), qu’Ordoñez prétend être de l’égyptien ou du cophte.

[48] Landa ferait-il allusion aux ruines de Palenqué? cequi est certain c’est que de bonne heure les religieux espagnols avaient signalé des débris considérables de villes, abandonnées déjà au temps de la conquête, entre autres ceux d’Ococingo, (Garcia, Origen de los Indios lib. II, cap. 4.)

[49] Le nom des Tutul-Xiu paraît d’origine nahuatl; il serait dérivé de totol, tototl, oiseau, et de xiuitl ou xihuitl, herbe, etc. En ceci il n’y aurait rien d’extraordinaire, puisqu’ils sortaient de Tula ou Tulapan, cité qui aurait été la capitale des Nahuas ou Toltèques, après leur victoire sur Xibalba.

[50] Il n’est pas probable que ces paroles puissent être prises à la lettre; le peu qu’on sait de l’histoire du Yucatan serait en opposition avec Landa.

[51] Ces paroles seraient une preuve de l’existence d’une société antérieure, possédant des institutions différentes de celles de Cuculcan qui étaient probablement d’origine toltèque. Cette société se rattacherait-elle à la civilisation apportée par Zamna et dont Izamal paraîtrait avoir été le centre?

[52] Sous le nom de Mexicains et de rois du Mexique, on comprend sans difficulté qu’il s’agit ici des petits princes qui gouvernaient les provinces soumises depuis au sceptre ou au vasselage des derniers rois de Mexico, mais non de ces rois eux-mêmes.

[53] Il s’agit ici d’une sorte de cotte de mailles en coton piqué, appelée ichcahuipil en langue mexicaine. Quant au sel dont il est question ici, on comprend difficilement quel pouvait en être l’usage dans le piqué de ces sayes: j’avais cru d’abord voir une erreur du copiste dans le texte; mais ce détail est répété ailleurs, § XXIX. Peut-être ces sayes étaient-elles faites de manière à ce qu’on introduisît une couche de sel dans la doublure, chaque fois qu’on devait s’en servir.

[54] L’auteur, ainsi qu’on s’en aperçoit dans le cours de sa narration, copiée par Herrera, confond ici deux faits qui paraissent assez distincts: 1º la première révolte des Tutul-Xius et des autres grands vassaux de l’empire maya, à la suite de laquelle il se partage en trois royaumes, celui de Mayapan, celui de Chichen-Itza et celui d’Uxmal, qui d’après le document maya, déjà cité, aurait eu lieu du IXᵉ au Xᵉ siècle, ce qui ferait les cinq cents ans et plus dont il est question dans ce paragraphe; 2º la révolution qui chassa définitivement la dynastie des Cocomes, au milieu du XVᵉ siècle, de la ville de Mayapan qui fut abandonnée alors.

[55] D’après ce calcul, Mayapan aurait été abandonné en 1446, cent vingt ans avant l’année 1566, où écrivait Landa; date qui concorde admirablement avec celle donnée par le document chronologique ci-joint, où cet événement est placé au VIAhau Katun, commençant en 1446 ou en 1461.

[56] Ces pierres de dix-huit pieds de long (de hauteur sans doute), et rondes par le bout, rappellent assez bien les monolithes de Copan et de Quirigua, assez semblables à des obélisques et recouverts d’inscriptions analogues à celles dont il est ici question.

[57] Zilan, que les Yucatèques écrivent Ɔilan, était une ville de la principauté des Chèles, à vingt lieues et demie de Mérida. Elle est à six lieues au nord d’Izamal dont elle est aujourd’hui le port sur l’Atlantique: il y reste les ruines d’un des plus grands omules du Yucatan.

[58] Voici ce qu’ajoute à ce sujet Cogolludo: «Leurs lustres arrivant à cinq qui font vingt ans, ce qu’ils appelaient katún, ils plaçaient une pierre gravée sur une autre également gravée, incrustée avec de la chaux et du sable dans les murs de leurs temples et des maisons des prêtres, comme on le voit encore aujourd’hui dans les édifices en question, et dans quelques anciennes murailles de notre couvent de Mérida, sur lesquelles il y a quelques cellules. Dans une ville, nommée Tixhualahtun, qui signifie lieu où l’on met une pierre gravée sur une autre, se trouvaient, disent-ils, leurs archives, où tout le monde avait recours, pour les événements de tout genre, comme nous à Simancas.» (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 4.)

[59] La terre d’Ulua, dont il est question ici, située au delà de Salamanca, c’est-à-dire de Bacalar, ne saurait être le Mexique: il s’agirait donc du pays arrosé par le fleuve de ce nom dans le Honduras avec lequel les Mayas étaient en relations de commerce très-étendues: on sait du reste que les princes de ces contrées s’occupaient d’affaires commerciales tout autant que leurs sujets, témoin le roi d’Acallan qui était toujours élu d’entre les marchands les plus expérimentés.

[60] Mot à mot: Au roulement, ou bien On a été joué, roulé ti bulon ou bolon.

[61] Zututa, aujourd’hui Sotuta, est encore actuellement un arrondissement du département de Tekax, à peu près au centre nord de Yucatan.

[62] Ce nom s’écrit Acanul ou Ahcanul; c’était une province au nord-est de Campêche, et touchant à la mer vers Pocboc.

[63] C’est-à-dire jusqu’à l’époque de la colonisation espagnole de Campêche en 1540. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. III, cap. 5.)

[64] Ces mots jetés comme par hasard nous donnent le nombre exact des chefs du sacerdoce de Mayapan, tel, probablement, qu’il avait été institué par Cuculcan. Le nom de Chel qui est donné ici à l’une de ces familles paraît devoir se rattacher à quelque origine divine, Ixchel qui signifie la femme Chel étant à la fois la déesse de la médecine et des accouchements.

[65] Ailleurs ce nom est écrit Ahchel, quoiqu’il serait plus exact de dire H’chel.

[66] Serait-ce un tatouage à la mode des marins ou des philactères comme ceux des Pharisiens de l’Evangile?

[67] Les Chèles étaient à la tête du sacerdoce dans la province d’Izamal, ville sacerdotale par excellence, ce qui devait leur donner une influence considérable dans tout le Yucatan.

[68] Ce terme de vingt ans paraît s’appliquer au premier abord à l’époque qui suivit immédiatement l’abandon définitif de Mayapan; mais les événements qui suivent la construction d’un si grand nombre d’édifices et de monuments de toute sorte, dont il est question ensuite, donneraient à penser que Landa confond de nouveau l’époque première de la ruine de Mayapan et sa ruine définitive.

[69] Les réflexions de la note précédente peuvent également s’appliquer ici. L’ouragan dont il est question est mentionné par Cogolludo, comme un événement très-ancien, trouvé par le docteur Aguilar dans les livres mayas. Il réfère l’événement comme «une inondation ou ouragan, qu’ils appelaient Hun-Yecil, ou summersion des forêts.» (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.) Ceci serait curieux à comparer avec le cataclysme dont il est parlé aux époques primitives des Quichés, des Mexicains et des Péruviens.

[70] Cogolludo parle de cette peste, et le document en langue maya l’attribue à certaines fièvres et à la petite vérole qui aurait été apportée par les Espagnols, lors de leur première tentative de conquête. Elle est marquée au XIIIAhau Katun, commençant à l’an 1518 ou 1521.

[71] Il est parlé de ces prétendues prophéties dans tous les livres composés depuis la conquête. Ce que Landa nous apprend ici toutefois, c’est que Chilan était le nom d’un office sacerdotal parmi les Mayas.

[72] Il est parlé dans Lizana et Cogolludo d’histoires analogues, toutes aussi peu fondées les unes que les autres, ou inventées par les vaincus pour plaire aux religieux, leurs maîtres. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. II, cap. 11.)

[73] Le précepteur de Charles-Quint, régent d’Espagne et depuis Pape sous le nom d’Adrien VI, en 1522.

[74] Cogolludo distingue entre Cóni et Conil, celui-ci étant un port de mer sur la côte nord, situé en avant de Cóni, et dont le nom est resté aujourd’hui à une pointe de terre qui s’avance entre le Cap-Catoch et le Rio-Lagartos, à l’entrée de la lagune de Yalahau, où il y a tant de ruines intéressantes.

[75] Cogolludo appelle cette province Chavacha-Háa ou Choáca, qui est, ainsi que toute la portion orientale de la péninsule, presque entièrement dépeuplée actuellement: Chichen-Itza en dépendait.

[76] Tecoh est situé à moins de cinq lieues au sud-est de Mérida, dans l’arrondissement de cette ville.

[77] Covoh parait avoir été le nom de la famille régnante à Champoton, au temps de la conquête.

[78] Ainsi les Chèles continuaient à exercer le sacerdoce à Tecoh, en 1565, malgré les efforts de Landa et des autres franciscains.

[79] Chichen-Itza paraît avoir continué à jouer un rôle important dans l’histoire jusque vers la fin du XIIIᵉ siècle. Le titre et la puissance royale seraient passés ensuite aux Chèles de Tecoh, qui possédaient le territoire de Chichen ainsi que celui d’Izamal, à la conquête. N’y aurait-il pas là encore une preuve d’antagonisme entre deux sectes religieuses, personnifiées dans les familles sacerdotales de Chichen et de Tecoh? Chichen, autant qu’on peut en juger, était en ruines et abandonné lorsque les Chèles en firent la cession à Montejo.

[80] Il manque probablement des mots dans ce texte; car il est intraduisible ici.

[81] Cogolludo écrit ce nom Anamux-Chel.

[82] Yobaïn est aujourd’hui un village de l’arrondissement de Motul, département d’Izamal, à une lieue environ de la mer, sur la route de cette ville.

[83] L’audience royale dite des Confins, parce qu’elle avait été transférée à Gracias-à-Dios, ville du Honduras située sur les frontières de cette province, et tout près de celles de Guatémala, pour veiller aux intérêts de l’Amérique centrale, en particulier du Nicaragua et du royaume de Guatémala.

[84] Cogolludo ne raconte pas cette histoire de la même manière que Landa; mais celui-ci paraît être dans le vrai. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. III, cap. 6.)

[85] Ce sont les embouchures du Tabasco et la lagune de Terminos.

[86] Ti-Hoo et mieux T’Hoo, signifie la cité par excellence, ad urbem. La tradition en attribuait la fondation aux Tutul-Xius, et elle renfermait des monuments remarquables de son antique splendeur, lorsque les Espagnols y fixèrent leur résidence. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. III, cap. 7 et 11.)

[87] Voici donc Landa, que l’on a si souvent accusé de fanatisme et de cruauté même à l’égard des Indiens, racontant lui-même les barbaries commises par les conquérants. Ce n’est pas ici l’enthousiaste déclamateur Las Casas; c’est Landa lui-même. Mais hâtons-nous de le répéter avec lui, les Espagnols eux-mêmes se révoltaient des cruautés exercées par quelques-uns de leurs chefs.

[88] C’était là la condition de la plupart des nations indigènes de ces contrées. Combien d’ouvrages de l’époque y a-t-il, cependant, où on les accuse de vivre comme des bêtes sauvages dans les bois et au fond des précipices! A qui la faute, sinon à ceux dont l’avidité et la barbarie les forçaient à se cacher et changèrent en solitudes les régions naguères les plus florissantes et les plus peuplées!

[89] Cette révolte eut lieu en 1546.

[90] Jacques de Testera était Français, natif de Bayonne et frère d’un chambellan de François Iᵉʳ, roi de France: le premier il arrêta la destruction des documents indigènes, si malheureusement et en si grand nombre déjà livrés aux flammes par Landa dans le Yucatan et par Zumarraga à Mexico et à Tetzcuco.

[91] Voici ce que dit à ce sujet Torquemada: «Ils comptaient les paroles de la prière qu’ils apprenaient avec des petits cailloux ou des grains de maïs, mettant à chaque mot ou période un caillou ou un grain, l’un après l’autre, comme après ces mots Pater noster une pierre, après qui es in cœlis une autre, et ainsi du reste. Puis, les signalant du doigt, ils commençaient avec le premier caillou, disant Pater noster, et continuaient ainsi jusqu’à la fin, recommençant aussi souvent qu’il le fallait pour se graver le tout dans la mémoire.» (Mon. Ind., lib. XV, cap. 36.)