Les 2 ff. prélim. contiennent le titre et l'avis du Libraire au Lecteur; le dernier f. contient l'Extrait du Privilége. Cet extrait est semblable à celui de l'édition de 1671, sauf qu'il contient la mention suivante: «Ledit Sieur Moliere a cedé son droit de Privilege à Anne David, Femme de Jean Ribou, ainsi qu'il apert par sa Cession; et ladite David a cedé du droit de Privilege des Œuvres dudit Sieur Moliere à Claude Barbin, suivant l'accord fait entre eux.» L'achevé d'imprimer est du 12 avril 1673.

Nous n'avons relevé dans le texte des deux éditions que quelques variantes orthographiques sans importance.

97. Psiché, || Tragedie-Ballet || Par I. B. P. Moliere. || Suivant la Copie imprimée || A Paris. || M. DC. LXXI [1671]. In-12 de 82 pp. (y compris le titre), et 1 f. blanc, signé A.-D.

Édition imprimée par Daniel Elzevier, à Amsterdam, avec une sphère sur le titre. M. Pieters (Annales des Elzevier, 2e édit., Gand, 1858, in-8, p. 346) en cite des réimpressions datées de 1675 et 1680.

Pour une édition moderne de Psyché et pour les ballets qui en ont été tirés, nous renverrons à la Bibliographie moliéresque, nos 171, 202 et 203.

III.—ÉDITIONS COLLECTIVES DU THÉATRE DE CORNEILLE

PUBLIÉES PAR LUI-MÊME.


I

98. Œvvres || de || Corneille. || Premiere partie. || Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez || Antoine de Somma- || uille, en la Gallerie || des Merciers, à l'Escu || de France. || Et Augustin Courbé, || en la mesme Gallerie, || à la Palme. || Au Palais. || M. DC. XLIV [1644]. In-12 de 4 ff., 654. pp. et 1 f. blanc.

Collation des feuillets prélim.: portrait de Corneille gravé par Michel Lasne; frontispice gravé représentant des Amours qui tiennent un cartouche sur lequel on lit: Œuvres de Corneille, 1645; 2 ff. pour le titre imprimé et l'avis Au Lecteur. On lit à la fin de la page 654: Imprimé à Roüen par Laurens Maurry.

Cette édition, qui ne contient ni privilége ni achevé d'imprimer, dut être publiée en vertu des priviléges particuliers obtenus pour chaque ouvrage. Elle comprend huit pièces: Mélite, Clitandre, la Veuve, la Galerie du Palais, la Suivante, la Place Royale, Médée et l'Illusion comique, précédées chacune d'une dédicace, mais sans les Examens qui parurent pour la première fois en 1660.

La publication des Œuvres réunies de Corneille dut être une véritable spéculation de librairie. Les éditeurs voulurent exploiter le succès de ses dernières pièces: du Cid, d'Horace, de Cinna, de Polyeucte, de Pompée, du Menteur, de Rodogune, en composant un recueil de ses premiers ouvrages déjà presque oubliés du public. Corneille lui-même semble avouer que telle fut l'intention de Sommaville et de Courbé, quand il dit dans son avis Au Lecteur: «C'est contre mon inclination que mes Libraires vous font ce présent, et j'aurois esté plus aise de la suppression entiere de la plus grande partie de ces Poëmes, que d'en voir renouveler la mémoire par ce recueil.... Et certes, j'aurois laissé perir entierement ceux-cy, si je n'eusse recognu que le bruit qu'ont fait les derniers obligeoit desjà quelques curieux à la recherche des autres, et pourroit estre cause qu'un Imprimeur, faisant sans mon adveu ce que je ne voulois pas consentir, adjousteroit mille fautes aux miennes.» Il ajoute qu'il y a jeté un coup d'œil, non pas pour les corriger exactement (il eust esté besoin de les refaire presque entiers), mais du moins pour en oster ce qu'il y a de plus insupportable.»

Quelques auteurs, s'appuyant sur un passage du commentaire de Voltaire, ont supposé que l'édition de 1644 avait dû avoir une seconde partie contenant les huit pièces publiées depuis l'Illusion comique; mais personne n'a jamais vu cette seconde partie, et M. Taschereau (Œuvres de Corneille, t. Ier, p. XXX) a fort bien démontré pourquoi elle n'avait jamais dû exister. La pensée de spéculation qui avait porté les libraires à faire un recueil des premières pièces du poëte, devait les porter à ne pas y faire immédiatement entrer toutes les pièces qui avaient encore un débit assuré. Les premières éditions du Cid, données en 1637, ayant été tout entières épuisées, on en fit en 1644 une cinquième édition qui ne se serait plus vendue si le public eût trouvé la pièce dans un recueil. Horace ne vit le jour qu'en 1641; Cinna et Polyeucte ne furent imprimés qu'en 1643; Pompée et le Menteur qu'en 1644; la Suite du Menteur en 1645; Théodore et Rodogune en 1647. C'est assez dire que, à plus forte raison, ces dernières pièces ne pouvaient pas encore être réunies aux Œuvres.

En réimprimant ses premières comédies, Corneille y a changé des centaines de vers. L'excellente édition de M. Marty-Laveaux a, pour la première fois, recueilli toutes ces variantes, qui ont un grand intérêt non-seulement pour l'histoire de la langue, mais pour l'histoire littéraire en général. Le recueil de 1644 nous montre, de la manière la plus frappante, le soin avec lequel Corneille revoyait ses ouvrages en les donnant à l'impression. La plupart des éditions postérieures ont été corrigées par lui avec la même sollicitude.

Le recueil de 1644 est un livre d'une haute importance, qui mérite de passionner tous les vrais bibliophiles.

Vendu: 505 fr., mar. r., Chédeau, 1865 (no 676).

99. Œvvres || de || Corneille. || Tome II. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, dans la || petite Sale du Palais, à la Palme. || M. DC. XXXXVII [1647]. Auec Priuilege du Roy. In-12.

Cette seconde partie des Œuvres de Corneille, destinée à faire suite au tome Ier de 1644, ne constitue pas une édition séparée; c'est un recueil factice des éditions in-12 du Cid (Augustin Courbé et Pierre le Petit, s. d.); d'Horace (Courbé, 1647); de Cinna (Quinet, 1643); de Polyeucte (Sommaville et Courbé, 1644); de la Mort de Pompée (Sommaville et Courbé, 1644); du Menteur (Sommaville et Courbé, 1644); de la Suite du Menteur (Sommaville et Courbé, 1645); de Theodore (Quinet, 1646); et de Rodogune (Quinet, 1647).

Le recueil est précédé de deux feuillets contenant le titre et la table; il n'y a pas de privilége général. L'exemplaire de M. Bancel renferme en outre le portrait de 1644, mais ce portrait ne fait certainement pas partie du livre.

On trouvera la collation de chacune des pièces énumérées ci-dessus dans notre chapitre Ier (nos 12, 18, 21, 27, 33, 36, 41, 45, 48).

Vendu: avec un exemplaire du tome Ier de 1644, 3,850 fr., mar. bl., doublé de mar., avec comp. en mosaïque (Chambolle-Duru), B*** [Bordes], 1873(no 346);—6,000 fr., même exempl., Fontaine, 1874 (no 564);—4,000 fr., même exempl., Benzon, 1875 (no 243).

100. Œvvres || de || Corneille. || Premiere [Seconde] Partie. || Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Augustin Courbé, || au Palais dans la petite Salle, || à la Palme; [ou Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, en la Gallerie des Merciers, || à l'Escu de France; ou Chez Toussainct Quinet || au Palais, sous la montée de || la Cour des Aydes.] || M. DC. XLVIII [1648]. || Auec Priuilege du Roy. 2 vol. in-12.

Premiere partie: Portrait de Corneille par Michel Lasne; frontispice gravé (avec la date de 1645); titre imprimé et avis Au Lecteur; ensemble 4 feuillets prélim., 654 pp. et 1 f. blanc.

Seconde partie: 2 ff. pour le titre et l'avis Au Lecteur; 639 pp. et 2 ff. dont le dernier est blanc.

La première partie est semblable à celle de 1644 quant à l'impression et au nombre de pages, mais la composition est différente, comme il est facile de s'en convaincre par une foule de détails; par exemple par les suivants:

Page 11, 1re ligne:

1644: C'est en vain que l'õ fuit, tost ou tard on s'y brule:

1648: C'est en vain que l'on fuit, tost ou tard on s'y

brûle (en deux lignes).

Page 21, dernière ligne:

1644: Pour vous recompẽser du temps que vous perdez.

1648: Pour vous recompenser du tẽmps que vous perdez.

Page 45, 4e ligne:

1644: Ie commence à m'estimer quelque chose puis

1648: Ie commence à m'estimer quelque chose

Page 131, 2e ligne:

1644: Mais vous monstrerez bien embrassant ma defẽce

1648: Mais vous monstrerez bien embrassant ma deffẽce

Page 159, 1re ligne:

1644: Tu chercherois bien-tost moyen de t'en desdire

1648: Tu chercherois bien-tost moyen de t'en dédire.

Page 281, dernière ligne:

1644: Du moins ces deux sujets balancent ton courage.

1648: DORINANT.

Sçais-tu bien que c'est là iustement mon visage?

Il y a dans l'éd. de 1648 deux lignes de plus, et l'accord ne se rétablit qu'au bas de la page 283.

Page 343, 1re ligne:

1644: Prenne ou laisse à son choix vn homme de merite.

Ce vers est le dernier de la page précédente dans l'éd. de 1648, et la p. 343 se termine par ce vers:

Allons chez moy, Madame, acheuer la iournée.

Page 527, 1re ligne:

1644: Contant nostre Hymenée entre vos aduantures,

1648: Contant nostre Hymenée entre vos auantures.

La Bibliothèque nationale possède un exemplaire de cette Première Partie relié en mar. r. par Capé (Y + 5512 + B Rés.), qui est composé de fragments des trois éditions de 1644, 1648 et 1652. Nous pensons que nos indications suffiront pour mettre les amateurs à l'abri de pareilles supercheries. Telle est l'utilité des différences matérielles que nous signalons ça et là entre des éditions qui paraissent à première vue semblables.

La Premiere Partie se termine par un privilége qui commence au bas de la p. 654 et se développe sur les deux pp. suivantes; on trouve à la fin un achevé d'imprimer du 30 mars 1648.

La Seconde Partie contient sept pièces: le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, Pompée, le Menteur et la Suite du Menteur. Elle est précédée d'un avis Au Lecteur qui commence ainsi: «Voicy une Seconde Partie de Pieces de Theatre un peu plus supportables que celles de la premiere.» Cet avis n'a été reproduit que dans les éditions de M. Taschereau et de M. Marty-Laveaux. Le volume se termine par un privilége, qui commence au verso de la p. 639 et occupe entièrement le feuillet suivant.

Le privilége, daté du 25 février 1647, porte ce qui suit: «Nous avons permis et permettons par ces presentes à l'Exposant [Augustin Courbé] d'imprimer, faire imprimer, vendre et debiter, en tous les lieux de nostre obeïssance, les Pieces de Theatre du sieur Corneille, Intitulées, Clitandre, la Vefve, la Melite, la Gallerie du Palais, la Place Royalle, la Suivante, la Medée, l'Illusion Comique, et autres qui ont esté desja mises en lumiere, avec Privileges du feu Roy nostre tres-honoré Seigneur et Pere, ou de Nous, desquelles le temps est expiré, et ce en un ou plusieurs Volumes, en telles marges, en tels caracteres, et autant de fois qu'il voudra, durant l'espace de sept ans, à compter du jour que chaque Piece ou Volume sera achevé d'imprimer pour la première fois en vertu des presentes.» Augustin Courbé, concessionnaire du privilége, déclare y associer Antoine de Sommaville et Toussaint Quinet.

L'achevé d'imprimer de la Seconde Partie est du 31 septembre 1648 (sic).

Au moment où parut ce recueil, trois autres pièces de Corneille avaient été publiées séparément: Théodore, Rodogune et Héraclius. Les éditions de ces pièces n'étant pas encore épuisées, les libraires jugèrent inutile de les réimprimer pour en faire une seconde partie.

Vendu: 256 fr., mar. r., doublé de mar. bl. (sans indication de relieur), Giraud, 1855 (no 1621);—1,015 fr., même exemplaire, Solar, 1860 (no 1684);—2,105 fr., mar. r. (Capé), B*** [Bordes], 1873 (no 347);—1,505 fr., même exemplaire, Benzon, 1875 (no 244).

La seconde partie seule: 710 fr., v. f., Chédeau, 1865 (no 677).

101. Œvvres || de || Corneille. || Premiere [Seconde et Troisieme] Partie. || Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au Palais, || en la Gallerie des Merciers, || à la Palme; [ou Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, en la Gallerie des Mer- || ciers, à l'Escu de France; ou Chez Toussainct Quinet, || au Palais, sous la montée de || la Cour des Aydes]. || M.DC.LII [1652]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

Premiere Partie: portrait de Corneille; frontispice gravé (le même que ci-dessus, avec la date de 1645); 2 ff. pour le titre imprimé et l'avis Au Lecteur, et 656 pp.—Le privilége commence au milieu de la p. 654 et se développe sur les 2 pp. suivantes. On lit à la fin: Acheué d'imprimer à Roüen par Laurens Maurry, ce 30. iour de Mars 1648.

Seconde Partie: 2 ff. pour le titre et l'avis Au Lecteur, et 642 pp.—Le privilége occupe les pp. 640 et suiv. L'achevé d'imprimer est du 31 septembre 1648 (sic).

Troisieme Partie: 287 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général et le titre particulier de Théodore. Ce volume ne contient ni privilége ni achevé d'imprimer. Le titre à l'adresse de Sommaville porte: Chez Antoine de Sommaville, au || Palais en la Gallerie des Merciers, || à l'Escu de France.

L'édition de 1652 a la même justification que celles de 1644 et de 1648 (110mm sur 58mm, 2).

Le contenu des deux premiers volumes est le même que celui des deux parties de 1648, mais on les distinguera facilement parce que l'édition de 1652 est imprimée par cahiers de 12 ff. et les précédentes par cahiers de 6 ff. Le troisième volume renferme: Théodore, Rodogune et Héraclius.

Le privilége qui se trouve à la fin des deux premières parties est celui du 25 février 1647, auquel Courbé associe ses deux confrères. Le tome IIIe ne contient pas de privilége.

102. Œvvrres || de || Corneille. || Premiere [Seconde et Troisiéme] Partie. || Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au Palais, || en la Gallerie des Merciers, || à la Palme; [ou Chez Guillaume de Luyne, au || Palais, sous la montée de la Cour des Aydes]. || M.DCLIV [1654]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

Premiere Partie: portrait de Corneille; frontispice gravé, avec la date de 1654 et 691 pp., y compris 5 ff. pour le titre imprimé, l'avis Au Lecteur, le titre particulier et la dédicace de Mélite.—Le privilége occupe les pp. 690 et 691; il se termine par un rappel de l'achevé d'imprimer du 30 mars 1648.

Seconde Partie: 2 ff. et 642 pp.—Le privilége occupe les pp. 641 et 642; il se termine par l'achevé d'imprimer du 31 septembre 1648.

Troisiéme Partie: 670 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général et le titre particulier de Théodore.

Les deux premiers volumes contiennent les mêmes pièces que ceux des éditions qui précèdent; le tome troisième renferme: Théodore, Rodogune, Héraclius, Andromède, D. Sanche d'Arragon, Nicomède et Pertharite.

Le privilége reproduit in extenso dans les deux premiers volumes est celui du 25 février 1647. Le troisième volume contient, p. 575, après Nicomède, un extrait du privilége accordé à Corneille le 12 mars 1651 pour Andromède, Nicomède, le Feint Astrologue et les Engagements du hasard (Voy. ci-dessus, nos 56 et 65), et p. 670 un autre extrait du privilége du 25 décembre 1651 relatif à Pertharite, D. Bertran de Cigarral et l'Amour à la mode (voy. no 69). On trouve à la p. 670 un achevé d'imprimer du 30 avril 1653.

Nous avons vu chez M. L. Potier un exemplaire de la Troisiéme Partie dans sa reliure primitive, qui présente une particularité remarquable. Les 275 premières pages sont conformes aux exemplaires ordinaires, mais la fin du volume, à partir d'Andromède, appartient à l'édition que nous décrirons ci-après, sous la date de 1656 (no 104). La page qui devrait être chiffrée 276 y est entièrement blanche, au lieu de contenir la réclame Andro- en lettres capitales comme dans les autres exemplaires datés de 1654 et dans ceux de 1656.

Il n'est pas impossible d'expliquer cette particularité. La troisième partie, telle que Courbé la fit d'abord imprimer, ne devait contenir, comme celle de 1652, que trois pièces: Théodore, Rodogune, Héraclius. Le volume s'arrêtait à la p. 275, sans extrait du privilége ni achevé d'imprimer, et le verso de cette page était blanc. Pour compléter la troisième partie, Courbé dut faire imprimer successivement les trois pièces d'Andromède, de D. Sanche et de Nicomède, qui se terminèrent par un extrait du privilége du 24 décembre 1651, puis Pertharite, avec un autre extrait du privilége. Ainsi s'explique, sans qu'on ait besoin de supposer que toutes les pièces du recueil de 1654 aient été tirées à part, l'existence de l'édition de Pertharite que nous avons décrite ci-dessus (no 70).

Le troisième volume étant ainsi composé de deux et même de trois parties distinctes, on comprend sans peine que Courbé ait pu compléter de différentes manières les exemplaires qui lui restaient en magasin.

Il existe sous la même date une Quatriesme Partie, qui contient deux pièces de Thomas Corneille: le Feint Astrologue et D. Bertran de Cigarral. Ce volume, qui paraît dû, soit à une supercherie, soit à une grossière erreur du libraire Courbé, ne peut pas être considéré comme faisant partie intégrante de l'édition; il se compose de 224 pp. chiffr., y compris 2 feuillets prélim. On trouve à la p. 108, après le Feint Astrologue, un extrait du privilége du 12 mars 1651, relatif à Andromède, à Nicomède, au Feint Astrologue et aux Engagements du hasard (voy. no 56) et à la p. 224, après D. Bertran de Cigarral, un extrait du privilége du 24 décembre 1651, relatif à Pertharite, à D. Bertran de Cigarral et à l'Amour à la mode (voy. no 69). Ces deux priviléges attribuant à Pierre Corneille toutes les pièces énumérées ci-dessus, il est possible que Courbé ait été de bonne foi en les joignant à ses œuvres. L'exemplaire de cette Quatrième Partie que possède la Bibliothèque nationale (Y. + 5512 B + a 4) contient en plus l'Amour à la mode et le Berger extravagant avec une pagination séparée.

Nous avons vu à la librairie Fontaine un exemplaire avec la date de 1655.

La justification de l'édition de 1654 est de 122mm sur 65; les caractères et les fleurons sont plus gros que ceux de l'édition de 1652.

Les exemplaires que nous avons eus sous les yeux ne portent que le nom de Courbé, ou celui de Luyne. Les priviléges ne contiennent du reste aucune indication relative à l'association des libraires. Il est probable que Courbé et de Luyne, au lieu de s'entendre avec d'autres libraires pour la vente de cette édition, auront cédé à Sommaville, Pépingué, Chamhoudry et Loyson le droit d'en publier une autre. Ainsi doit s'expliquer, croyons-nous, l'existence du recueil suivant.

Vendu: 325 fr., exempl. à relier, Aguilhon, 1870 (no 351).

103. Œvvres || de || Corneille. || Premiere [Seconde et Troisiéme] Partie. || A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, en la Gallerie des Mer- || ciers, à l'Escu de France; [ou Chez Edme Pepingué, dans la gran- || de Salle du Palais, vis à vis le || troisiesme pillier; ou Chez Loüys Chamhoudry, || au Palais, deuant la Saincte || Chappelle; ou Chez Iean Baptiste Loyson, || près la sainte Chappelle, à l'entrée de || la petite Salle des Merciers]. || M.DC.LV [1655]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

Premiere Partie: 2 ff. pour le titre et l'avis Au Lecteur, 654 pp. et 1 f. blanc.—Elle contient huit pièces, de Mélite à l'Illusion.

Nous avons vu chez M. Bancel un exemplaire de cette Premiere Partie, au nom de Loyson, avec la date de 1654.

Seconde Partie: 2 ff. et 639 pp.—Elle contient sept pièces, du Cid à la Suite du Menteur.

Troisiéme partie: 287 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général et le titre particulier de Théodore.—Elle contient trois pièces: Théodore, Rodogune, Héraclius. Sur le titre au nom de Pépingué, l'adresse de ce libraire est ainsi disposée: Chez Edme Pépingué, en || la grand'Salle du Palais, du costé || de la Cour des Aydes.

Cette édition, dont la justification est de 107mm sur 58, est imprimée en petits caractères; elle ne renferme ni privilége, ni achevé d'imprimer. Le titre de la troisième partie porte un fleuron aux armes de France et de Navarre, qui rappelle l'enseigne de Sommaville.

Nous avons dit ci-dessus (no 102) ce que nous pensons de cette édition, qui a dû être exécutée par les quatre libraires cités à la suite d'une entente avec Courbé. Au premier abord, on pourrait croire que cette entente n'avait pas dû être nécessaire, le privilége général accordé à Courbé pour sept ans en 1647, ayant pris fin en 1654. Mais on ne peut s'arrêter à cette idée si l'on songe que les priviléges particuliers de la Galerie du Palais, de la Suivante, de la Place Royale et du Cid étaient valables jusqu'en 1657, et celui de Cinna jusqu'en 1663. Des imprimeurs provinciaux pouvaient bien faire paraître des contrefaçons anonymes qui échappaient souvent aux peines portées par les ordonnances; un libraire parisien, établi au Palais, à côté du légitime propriétaire du privilége, ne l'eût certainement pas osé. Il est hors de doute que les confrères de Courbé firent exécuter l'édition de 1654-1655, en même temps qu'il publiait lui-même, avec de Luyne, celle qui porte la date de 1654. L'une fut imprimée à Paris, tandis que l'autre fut imprimée à Rouen. Sommaville, dont le nom se trouve sur la plupart des exemplaires que nous connaissons, dut être le principal cessionnaire de Courbé, mais il fit participer à son entreprise trois de ses confrères.

Le tome IIIe du recueil de 1655, comme celui de 1652, ne contient que trois pièces. Nous avons dit que le tome IIIe de 1654 fut complété après coup; Sommaville et ses associés voulurent agir de même avec leur édition. Ils firent réimprimer à part, avec les mêmes caractères et dans le même format, les pièces que Courbé avait déjà réunies à son troisième volume et les firent relier à la suite du leur. Nous avons cité Andromède (no 57), Don Sanche (no 63) et Pertharite (no 71). Nicomède doit également exister, bien que nous n'en ayons vu aucun exemplaire.

Vendu: 380 fr., exempl. à relier, Aguilhon, 1870 (no 352).

104. Œvvres || de || Corneille. || Premiere [Seconde et Troisiesme] Partie. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au Palais, || en la Gallerie des Merciers, || à la Palme; [ou Chez Guillaume de Luyne au || Palais, dans la Salle des Merciers, || à la Iustice]. || M.DC.LVI [1656]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

Premiere Partie: 4 ff. et 696 pp. (?)—Nous n'en connaissons pas d'exemplaire.

Seconde Partie: 2 ff. et 643 p.—Les trois dernières pages sont occupées par le privilége, à la fin duquel on lit: Acheué d'imprimer le 28. Nouembre 1656.

Troisiesme Partie: 670 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général et le titre de Théodore.—Le volume contient, comme le volume correspondant de l'édition de 1654, les extraits de deux priviléges placés aux pp. 575 et 670. On trouve à la fin du premier un achevé d'imprimer du 20 octobre 1655, et à la fin du second un achevé d'imprimer du 29 octobre 1655.

Le privilége, dont le texte est reproduit à la fin du second volume, est celui du 25 février 1647; on a lieu de s'en étonner puisque ce privilége était expiré depuis deux ans.

La répartition des pièces entre les trois volumes est la même que dans l'édition de 1654.

Nous avons vu plusieurs exemplaires de la seconde et de la troisième parties, mais, quelques recherches que nous ayons faites, il ne nous a pas été possible d'en découvrir un seul de la première. Nous pouvons suppléer à cette lacune à l'aide du tome Ier que nous allons décrire ci-après, l'édition de 1657 ne se distinguant de l'édition de 1656 que par le titre (voy. le no 105). Il n'est guère possible de pénétrer les motifs qui ont décidé les libraires à remanier le recueil de 1656, mais il est très-probable que la publication de l'édition de 1655 ne fut pas étrangère à ce remaniement. Peut-être Courbé avait-il cédé à Loyson, puis à Sommaville le droit de rééditer les Œuvres de Corneille, en s'engageant de son côté à ne pas en donner de réimpression pendant un certain délai. On pourrait alors supposer que Courbé, ayant fait exécuter par avance, en 1656, une édition sur laquelle l'imprimeur aurait fait figurer la date vraie de l'année, fut obligé d'en changer la date avant de la mettre en vente.

Il doit exister avec la date de 1656 une Quatriesme Partie contenant, comme en 1654, deux pièces de Thomas Corneille.

105. Œvvres || de || Corneille. || Premiere [Seconde et Troisiéme] Partie. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au Palais, || en la Gallerie des Merciers, || à la Palme; [ou Chez Guillaume de Luyne, au || Palais, dans la Salle des Merciers, || à la Iustice]. || M.DC.LVII [1657]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

Premiere Partie: portrait de Corneille, par Michel Lasne; frontispice gravé avec la date de 1654, titre imprimé; 1 f. pour l'avis Au Lecteur et 696 pp.

La collation de la Seconde et de la Troisiesme Partie est entièrement semblable à celle de l'édition de 1656.

Nous avons dit ci-dessus (no 104) que les deux éditions de 1656 et 1657 ne diffèrent que par le titre. En opérant la substitution de ce titre, les libraires ont également réimprimé l'avis Au Lecteur, qui se trouve sur le feuillet correspondant. Le texte en est le même que dans l'édition de 1648.

Nous avons vu chez M. L. Potier un exemplaire dans sa primitive reliure, qui se composait d'un tome Ier avec la date de 1657 et des tomes IIe et IIIe avec la date de 1656.

L'exemplaire de M. Didot est complété par une Quatrième Partie, analogue à celle que nous avons décrite ci-dessus (no 102), et qui devait primitivement porter la date de 1656. Elle se compose de 224 pp., y compris les titres, et renferme deux pièces: le Feint Astrologue et D. Bertran de Cigarral; mais la table, placée au verso du titre général, indique en outre: l'Amour à la mode et le Berger extravagant. Ces deux pièces sont jointes au volume en éditions séparées: l'une en 112, l'autre en 113 pp. Un simple faux-titre sans nom de libraire y remplace le titre primitif.

106. Le || Theatre || de P. Corneille. || Reueu & corrigé par l'Autheur. || I. [II. et III.] Partie. || Imprimé à Roüen, Et se vend || A Paris, || Chez || Augustin Courbé, au Palais, en la || Gallerie des Merciers, à la Palme. || Et || Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, || dans la mesme Gallerie, || à la Iustice. || M.DC.LX [1660]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-8.

I. Partie: xc pp. prélim. (y compris un frontispice gravé et le titre imprimé), 2 ff. non chiff. pour le Privilége et le titre de Mélite, et 704 pp.—Le frontispice représente un cartouche surmonté de deux Amours tenant une couronne; on lit dans le centre du cartouche le titre et la date de 1660.—Les pages prélim. contiennent le Discours de l'Utilité et des Parties du Poëme dramatique et les Examens.

Le volume renferme 8 pièces (de Mélite à l'Illusion) accompagnées chacune d'une figure. Les figures de Mélite, de Clitandre, de la Veuve, de la Suivante, de la Place Royale, de l'Illusion sont signées F. C[hauveau], delin.; H. D[avid], sculp.; celles de la Gallerie du Palais et de Médée sont signées L. S[pirinx].

Dans l'exemplaire de la Bibliothèque nationale (y + ft 5510 Rés.), cette première partie renferme de plus en face du titre un portrait de Corneille (celui de l'édition de 1644), tiré dans le format in-8, sur papier fort; nous croyons que ce portrait ne fait pas partie de l'édition.

II. Partie: CXVIIJ pp. prélim. (y compris un frontispice gravé et le titre imprimé); 4 ff. pour le Privilége et le titre particulier du Cid, et 720 pp.—Le frontispice représente un cartouche soutenu par deux Amours sonnant de la trompette; il porte la date de 1660.—Les pages prélim. contiennent le Discours de la Tragedie, et des moyens de la traiter selon le vray-semblable ou le necessaire, et les Examens. Elles sont suivies de 8 pièces placées dans cet ordre: le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, Pompée, Théodore, le Menteur et la Suite du Menteur.

Les figures du Cid, de Cinna, de Polyeucte, du Menteur, de la Suite du Menteur et de Théodore sont signées de Chauveau et de David; celle d'Horace est signée de Spirinx; celle de Pompée ne porte pas de signature.

III. Partie: LXXXIIJ pp. prélim. (y compris un frontispice gravé et le titre imprimé); 1 f. pour le titre de Rodogune et 632 pp.—Le frontispice, qui représente un cartouche surmonté d'une corbeille de fleurs, est daté de 1660 et signé: I. Math[eus]f.—Les pages prélim. comprennent le Discours des trois Unitez d'Action, de Jour et de Lieu, et les Examens. Au verso de la p. LXXXIIJ se trouve un Extrait du Privilége.—Le volume renferme 7 pièces accompagnées de 7 figures: Rodogune, Héraclius, Andromède, D. Sanche, Nicomède, Pertharite et Œdipe.

Les figures de Rodogune et de Don Sanche sont signées de L. Spirinx; celles d'Héraclius, d'Andromède et de Pertharite sont signées de Chauveau et David; celles de Nicomède et d'Œdipe sont signées de Matheus.

Le privilége est daté de janvier 1653, sans indication du quantième; il est donné pour neuf ans à Corneille lui-même, qui déclare le céder à Augustin Courbé et Guillaume de Luyne, suivant l'accord fait entre eux. On lit à la fin: Acheué d'imprimer pour la première fois, [en] vertu du présent privilége, le dernier d'octobre 1660, à Rouen, par Laurens Maurry.

En 1644, Corneille, ainsi que nous l'avons fait remarquer, soumit ses pièces à une première révision; il introduisit aussi quelques changements dans les pièces qui formèrent la Seconde Partie publiée en 1648. Les éditions qui suivirent reproduisirent fidèlement le texte arrêté alors par le poëte; les quelques variantes qu'on y relève sont le plus souvent le fait des typographes ou le résultat du hasard. En 1660, Corneille fit une nouvelle révision de son théâtre. Il agrandit le format qu'il avait précédemment adopté, rendit ses volumes plus symétriques, mit en tête de chacun d'eux un Discours spécialement écrit pour l'édition, et des Examens dans lesquels il passa en revue chacune de ses pièces.

Corneille lui-même nous entretient dans une lettre à l'abbé de Pure, datée du 25 août 1660, de la peine que lui donna la publication de ce nouveau recueil, en particulier la confection des Discours:

«Je suis, dit-il, à la fin d'un Travail fort penible sur une matiere fort delicate. J'ay traité en trois Prefaces les principales questions de l'art poetique sur mes trois volumes de Comedies. J'y ay fait quelques explications nouvelles d'Aristote, et avancé quelques propositions, et quelques maximes inconnues à nos Anciens. J'y refute celles sur lesquelles l'Academie a fondé la condamnation du Cid, et ne suis pas d'accord avec Mr d'Aubignac de tout le bien mesme qu'il a dit de moy. Quand cela paroistra, je ne doute point qu'il ne donne matiere aux Critiques, prenez un peu ma protection. Ma premiere Preface examine si l'utilité ou le plaisir est le but de [la] Poesie Dramatique, de quelles utilités elle est capable et quelles en sont les parties, tant intégrales comme le Sujet et les mœurs, que de quantité comme le Prologue, l'Episode et l'Exode. Dans la seconde je traite des conditions du Sujet de la belle tragedie, de quelle qualité doivent estre les incidents qui la composent et les personnages qu'on y introduit afin de sentir la pitié et la crainte, comment se fait la purgation des passions par cette pitié et cette crainte, et des moyens de traiter les choses selon le vraysemblable ou le nécessaire. Je parle en la troisiesme des trois unitez, d'action, de jour et de lieu. Je croy qu'apres cela, il n'y a plus guere de questions d'importance à remuer et que le reste n'est que la broderie qui (sic) peuvent ajouter la Rethorique, la Morale et la Politique.» (Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 486 sq.; l'original est à la Bibliothèque nationale, msc. franç., no 12763, fol. 157 sq.)

On joint à cette édition les deux volumes suivants imprimés dans le même format et avec les mêmes caractères:

Poemes || dramatiqves || de || T. || Corneille. || I. [II.] Partie. || Imprimés à Roüen, Et se vendent || A Paris, || Chez || Augustin Courbé, au Palais, en la || Gallerie des Merciers, à la Palme. || Et || Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, || dans la mesme Gallerie, || à la Iustice. || M.D.LXI [1661]. || Auec Priuilege du Roy. 2 vol. in-8.

I. Partie: frontispice gravé, portant le titre suivant: Poemes || drama- || tiques || de T. || Corneille. || I. Partie. || 1660;—titre imprimé, au verso duquel se trouve la table des Poëmes contenus en cette premiere Partie; 709 pp. (y compris 6 figures qui précèdent chacune des 6 pièces contenues dans le volume) et 1 f. pour le Privilége, lequel commence au verso de la p. 709.

II. Partie: frontispice gravé avec la date de 1661 et les signatures: Choueau (sic) in. et Le Doyen fe.;—titre imprimé; 632 pp. et 1 f. pour le Privilége.

Nous parlerons des figures au no 109.

Le privilége, daté du 3 décembre 1657, du jour même où Courbé obtenait un nouveau privilége pour les Œuvres de Pierre Corneille, est accordé pour vingt ans à Augustin Courbé, qui déclare y associer Guillaume de Luyne. L'achevé d'imprimer est du 15 décembre 1660.

Vendu: 120 fr., mar. bl. (Niedrée) Giraud, 1855 (no 1622), pour la Bibliothèque nationale.

107. Le || Theatre || de |] Pierre Corneille. || Imprimé du vivant de l'Auteur. || Tome Premier [Tome Second]. || A Roüen, || Chez Laurent Maurry, ruë Neuve Saint Lo, || à l'Imprimerie du Louvre. || M.DC.LXIII [1663]. || Avec Privilege du Roy. 2 vol. in-fol.

Édition qui se confond avec la suivante. Nous n'en connaissons qu'un seul exemplaire, celui qui a été donné à la Bibliothèque du Théâtre-Français par M. Geffroy. Cet exemplaire est incomplet; il y manque: Polyeucte, le Menteur et la Suite du Menteur, mais il est assez bien conservé pour que nous puissions en donner une description.

La publication de la grande édition imprimée par Maurry, en 1663 (voy. le no 108), dut être retardée par la gravure du portrait et du frontispice. Il est probable qu'en attendant que ces deux planches fussent terminées, Maurry aura mis en circulation quelques exemplaires avec un titre provisoire, et c'est un de ces exemplaires que nous avons eu sous les yeux. L'édition ne contient encore que les pièces de théâtre, c'est-à-dire qu'elle ne renferme ni les discours en prose, ni même aucun privilége. Le tome Ier doit se composer d'un simple feuillet de titre, de 638 pp. et de 1 f. blanc; le tome IIe, d'un titre et de 672 pp.

108. Le || Theatre || de || P. Corneille. || Reveu et corrigé par l'Autheur. || I. [et II.] Partie. || Imprimé à Roüen, Et se vend || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, au || Palais, en la Gallerie des Merciers, || à la Iustice; [ou Chez Thomas Iolly, au Palais, dans la petite || Salle, aux Armes de Hollande, || & à la Palme; ou Chez Loüis Billaine, au Palais, au second Pilier de la Grand'Salle, à la Palme, & au grand Cesar]. || M.DC.LXIII [1663; ou M.DC.LXIV, 1664; ou M.DC.LXV, 1665]. || Avec Privilege du Roy. 2 vol. in-fol.

I. Partie: portrait de Corneille; frontispice gravé; titre imprimé en rouge et en noir; 30 ff. prélim. (paginés de I à LX), contenant 1 f. pour la Table et le Privilége, 2 ff. pour l'avis Au Lecteur), 27 ff. pour le Discours du Poëme dramatique et les Examens; 638 pp. et 1 f. blanc.

Le portrait représente Corneille en costume des premières années du règne de Louis XIV, avec la perruque, la calotte et le rabat. Autour du portrait on lit: Pierre Corneille, né à Rouen en M.VI.C.VI; au-dessous, sont les armes de Corneille supportées par des licornes. Les noms du dessinateur et du graveur sont inscrits au bas de la figure: A. Paillet, ad viuum delin. 1663; Guillelmus Vallet, sculpsit.

Le frontispice représente le buste de Corneille, placé sur un piédestal et couronné de lauriers par deux grandes figures drapées; au-dessus du buste est une renommée qui souffle dans une trompette ornée d'une flamme sur laquelle on lit le mot Tragedie; une autre trompette, qu'elle tient de la main gauche, porte le mot Comedie; un cartouche, placé sur la clef de voûte d'une arcade qui fait le fond du sujet, contient l'indication du titre: le Theatre de P. Corneille; sur le piédestal est gravée cette inscription: Ament serigue nepotes, et sur la base se trouvent les noms du dessinateur et du graveur: A. Paillet, inv. et del.; G. Vallet, sculpsit.

Le volume contient 12 pièces, de Mélite à Polyeucte; il se termine par un second privilége.

II. Partie: titre imprimé sur un feuillet séparé; 30 ff. prélim. (paginés de I à LX), dont le premier renferme la Table et le Privilége, et les autres le Discours de la Tragedie et les Examens; 672 pp. contenant 12 pièces ainsi disposées: Pompée, le Menteur, la Suite du Menteur, Rodogune, Théodore, etc., jusqu'à la Toison d'or (réunie pour la première fois dans cette édition au Théâtre de Corneille); xvij pp. pour le Discours des trois Unitez, et un second Privilége; 1 f. blanc.

Chaque volume contient, nous l'avons dit, deux priviléges, mais ces priviléges sont de date différente. Celui qui est placé immédiatement après le titre est daté du 3e jour de décembre 1657; il est accordé pour vingt ans à Augustin Courbé, qui aura le droit exclusif d'imprimer, vendre et débiter les œuvres des sieurs de Corneille frères, «à condition qu'il sera mis deux des exemplaires qui seront imprimez en vertu des presentes, en notre Bibliothèque publique, et un en celle de nostre tres-cher et féal le sieur Seguier, Chevalier Chancellier de France, avant que de les exposer en vente; et qu'elles seront registrées dans le livre de la Communauté des Libraires de nostre dite ville de Paris, suivant les Arrests de nostre Cour de Parlement, à peine de nullité d'icelles.» A la fin du privilége se trouvent les mentions suivantes: «Ledit Courbé a fait part de la moitié du susdit privilége à Guillaume de Luyne, aussi Marchand Libraire à Paris. Et ledit Courbé a cedé son droit particulier du present privilége à Thomas Jolly et Louis Billaine, aussi Marchands Libraires à Paris, suivant l'accord fait entre eux.—La presente impression in-folio des œuvres du sieur P. Corneille, a esté achevée d'imprimer le 22. Decembre 1663.» Le traité de cession conclu par Courbé avec deux de ses confrères explique qu'on ne rencontre pas d'exemplaires à son nom.

Le privilége placé à la fin des volumes est accordé à Corneille lui-même pour neuf ans, à la date de     janvier 1653 (le quantième est resté en blanc); il n'était donc pas expiré à l'époque où Courbé obtint celui de 1657. Mais ce nouveau privilége ne lui fut accordé que du consentement de Corneille, car il était cessionnaire, avec Guillaume de Luyne, des droits conférés au poëte en 1653. Le texte du privilége de 1653 est donné ici comme dans l'édition de 1660, avec la date de l'achevé d'imprimer de cette édition au 31 octobre 1660. Un détail qu'il est difficile d'expliquer, c'est que la pièce se termine dans le premier volume par la mention suivante: Et cette dernière Edition [in-folio] achevée le 24. Avril 1663. audit Roüen, par ledit Maurry, et, dans le second volume, par cette autre mention: Et cette derniere Edition achevée le 15. de Septembre 1663, audit Roüen, par ledit Maurry.

L'édition fut terminée plusieurs mois avant l'achèvement du portrait et du frontispice et les 2 ff. prélim. ne furent imprimés qu'au dernier moment. Les deux volumes que nous avons décrits sous le numéro précédent, aussi bien que les trois achevés d'imprimer que nous venons de rapporter, ne laissent aucun doute à cet égard.

Les libraires durent faire tirer en même temps des titres, sous plusieurs dates différentes, car l'impression de ces titres paraît avoir été effectuée sur les mêmes formes.

L'édition de 1663 nous offre un texte revu par Corneille pour la troisième fois. Le poëte s'inquiéta beaucoup plus, en faisant cette révision, de la forme que du fond. Il voulut introduire un système orthographique nouveau, pour faciliter aux étrangers la prononciation de notre langue. L'avis Au Lecteur, qui précède le premier volume, est consacré tout entier à l'exposition de son système, dont les points fondamentaux sont: la distinction de l'i voyelle et du j consonne, de l'u voyelle et du v consonne; la distinction de l's allongé ſ et de l's rond; l'accentuation de l'e ouvert et de l'é fermé; l'emploi des doubles lettres.

Tout en posant ces préceptes, Corneille ne put obtenir des typographes qu'ils les suivissent exactement. Dans tout le cours de cette édition, comme dans celles de 1664, in-8o de 1668, l'i et le j, l'u et le v sont encore souvent confondus. Les accents n'y sont pas marqués non plus d'après les indications de l'auteur: Corneille le reconnaît lui-même dans l'avis Au Lecteur du recueil de 1682.

Les premières lignes de l'avis Au Lecteur de l'édition in-folio témoignent du soin avec lequel le poëte arrêtait lui-même la composition de ses volumes: «Ces deux Volumes, dit-il, contiennent autant de Pieces de Theatre que les trois que vous avez veus cy-devant imprimez in-Octavo. Ils sont réglez à douze chacun, et les autres à huit. Sertorius et Sophonisbe ne s'y joindront point, qu'il n'y en aye assez pour faire un troisiéme de cette Impression, ou un quatriéme de l'autre. Cependant, comme il ne peut entrer en celle-cy que deux des trois Discours qui ont servy de Prefaces à la précedente, et que dans ces trois Discours j'ay tasché d'expliquer ma pensée touchant les plus curieuses et les plus importantes questions de l'Art Poétique, cet Ouvrage de mes reflexions demeureroit imparfait si j'en retranchois le troisiéme. Et c'est ce qui me fait vous le donner en suite du second Volume, attendant qu'on le puisse reporter au devant de celuy qui le suivra, si-tost qu'il pourra estre complet.»

Vendu: 145 fr., mar. r. (Niedrée), Bertin, 1854 (no 762);—330 fr., mar. r., Duru, Giraud, 1855 (no 1623);—250 fr., mar. r. (avec la date de 1665), Solar, 1860 (no 1685);—900 fr., mar. r. (Duru-Chambolle), Benzon, 1875 (no 246).

109. Le || Theatre || de || P. Corneille. || Reveu & corrigé par l'Autheur. || I. [II. III. et IV.] Partie. || A Roüen, Et se vend || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire Iuré, || au Palais, en la Gallerie des Merciers, || à la Iustice; [ou Chez Thomas Iolly, au Palais, dans || la petite Salle, à la Palme, & aux || Armes de Hollande; ou Chez Loüis Billaine, au Palais, au second || Pilier de la grand'Salle, à la Palme, || & au grand Cesar. || M.DC.LXIV [1664, et pour la IV. Partie, M.DC.LXVI—1666]. || Avec Privilege du Roy. 4 vol. in-8.