[261] Liberté du cœur. Voiture, dans le même sens, dit: «J'ai perdu ma franchise.»
[262] Expression proverbiale, pour: comme les Turcs traitaient les Mores d'Afrique.
[263] Terme d'escrime.
[264] Pour: gagner du terrain en levant le pied.
[265] Pour: caution donnée par un bourgeois solvable, garantie suffisante.
[266] Pour: un personnage enjoué. Telle est la prétention de l'un des plus ridicules héros du grand Cyrus.
[267] Chaise à porteurs, inventée en Angleterre, que le marquis de Montbrun avait importée en France, et qui était devenue très à la mode.
[268] Depuis le règne de Henri IV, tous les beaux esprits s'étaient fait un devoir d'insérer leurs productions dans des recueils, qui sous le titre d'Espadon satirique, de Cabinet des Muses et de Recueil de Poésies, faisaient les délices des gens à la mode.
[269] Pour: intellectuelles.
[270] Pour: assemblées de gens à la mode. C'était l'espace, d'ailleurs meublé avec beaucoup d'élégance, qui séparait de la muraille le lit de la précieuse, et où se tenaient rangés, dans le temple de l'alcôve, les alcôvistes, c'est-à-dire les desservants de la prêtresse et de son temple.
[271] Pour: du chromatique. Archaïsme. Le mot est aujourd'hui masculin. Le chromatique se compose de demi-tons, et s'accorde avec le raffinement des précieuses.
[272] Allusion à la troupe de l'hôtel de Bourgogne, qui avait pris l'habitude de l'emphase.
[273] Menue garniture des vêtements, qui, à cette époque, étaient chargés de rubans, de plumes et de dentelles; il y en avait aux souliers, aux bas, aux gants, à l'épée, au chapeau et à l'habit.
[274] Nom du marchand qui avait la vogue pour la «petite oie,» c'est-à-dire pour les rubans. Le mot perdrigon signifie aussi une belle couleur violette, et nous ignorons si c'est à la boutique de Perdrigeon qu'elle a dû son nom.
[275] Bande d'étoffe flottante au-dessus du genou et couvrant la moitié de la jambe. Mode qui remontait à Louis XIII.
[276] Pour: portant la moustache et la royale. Tous les portraits de la fin du seizième siècle et du commencement du dix-septième sont remarquables par la taille particulière et la pointe effilée de ces ornements du visage.
[277] Ici Molière-Mascarille s'adresse à Jodelet-Brécourt, comédien plus âgé que lui, et qui l'avait précédé sur le théâtre.
[278] 1654.
[279] 1659.
[280] Pour: au delà de l'enceinte, qui, sous Louis XIII, renfermait 56,780 hectares, et qui était bornée par des fossés et des remparts. Nos boulevards actuels occupent l'emplacement de cette promenade alors à la mode.
[281] Détail de mœurs et expression de l'époque. «Donner un repas, une fête, une partie de plaisir,» surtout à la campagne. Je ne cite que pour mémoire l'étymologie du P. Bouhours, cadendo, parce que les buveurs tombent; et celle d'un spirituel musicien, cadit, parce que ces plaisirs tombent des nues et nous surprennent. Néanmoins le mot anglais godsend, qui a le même sens (envoyé par le bon Dieu), semblerait autoriser cette dernière origine.
[282] Expression proverbiale d'une vulgarité très-énergique, pour: sortir d'affaires sans accident désagréable. Du latin, ou plutôt du celtique, bracca, pantalon gaulois.
[283] Allusion assez piquante à la manie poétique de Brécourt-Jodelet, qui écrivait beaucoup et sans aucun talent.
[284] Une «chère» était une précieuse. Le second de ces mots se rapportait à l'intelligence, et le premier aux qualités du cœur. «Ma chère,» expression restée dans la langue, nous vient des précieuses.
[285] Pour: beaux habits, du mot celtique brav, dont le sens s'est détourné depuis. On dit encore dans le nord de la France: «Comme il est brave!» pour: Comme il est fier de son costume! Archaïsme passé de mode.
[286] Mot qui ne s'emploie plus que dans la mauvaise compagnie, et dont il est inutile d'expliquer le sens. Les étymologistes le font dériver de l'italien cocuza, citrouille, haut de la tête; ou du latin concumbere, ou enfin de cuculus, coucou. La plus spirituelle de ces hypothèses, toutes assez arbitraires, est celle qui fait du «cocu» le mari de la «coquette.» Archaïsme qui n'avait rien d'indécent à l'époque de Molière.
[287] Pour: sans beaucoup de délai. Expression impropre.
[288] Sans doute les ducats d'or, qui, neufs (car leur valeur dépendait de leur conservation et de leur poids), équivalaient à 11fr. 90c. de notre monnaie.
[289] Pibrac, docte magistrat du seizième siècle, auteur de quatrains moraux que l'on faisait apprendre aux enfants, et que madame de Maintenon, à douze ans, allait étudier dans les champs en gardant les moutons, couverte d'un masque pour préserver son teint, et un gros morceau de pain dans sa panetière. Matthieu, autre grave magistrat, historiographe de France, écrivit les Tablettes de la Vie et de la Mort, qui servirent au même usage.
[290] Guide, au féminin, traduction littérale de la Guia de pecadores, ouvrage ascétique de Louis de Grenade. On dit aujourd'hui guide au masculin.
[291] Pour: qui me ferais prier. Ce n'est ni un archaïsme ni une faute, mais une locution populaire d'un charmant effet.
[292] Pour: d'une belle manière. Adjectif pris dans le sens de l'adverbe.
[293] Imitation du passage d'une nouvelle de Sabadino.
[294] Pour: elle se pâme. Ellipse populaire.
[295] Pour: il ne s'en faut guère. Archaïsme provincial, c'est-à-dire: «dans un espace de temps égal à celui qui vient de se passer, elle sera bien.»
[296] Pour: salir, défigurer. Archaïsme inusité aujourd'hui.
[297] Proverbe populaire, pour: chose sans importance, qu'il ne faut pas se déranger pour aller voir.
[298] Pour: contre tout. Licence de style très-énergique.
[299] Pour: ainsi je ferais. Apocope archaïque, du latin sic. Elle est suivie de l'autre ellipse également archaïque, la suppression du pronom personnel.—Je meure, autre ellipse populaire, pour: je mangerai, ou il faut que je meure, c'est-à-dire: «j'aimerais mieux mourir que de ne pas manger.» Tournure dont la concision égale la vigueur.
[300] Pour: femme dévergondée. Mot populaire, de l'espagnol truhan, bouffon, vagabond, qui se rapporte lui-même à l'italien et à l'espagnol truffa, tromperie.
[301] Pour: petit personnage grotesque. Mot populaire, diminutif de marmot.
[302] Pour: chagrin, du mot de la basse latinité marritio, douleur qui se rapporte à mœrens, affligé.
[303] D'après la tradition, ce parent était un vieillard à cheveux blancs.
[304] Pour: prendre l'attitude de la chèvre qui bondit. Proverbe qui n'est pas tout à fait hors d'usage.
[305] D'après le témoignage d'un contemporain (Neufvillenaine), Molière démontait son visage dans cette scène d'une manière admirable, et, dans tout le cours de la pièce, «il en changeoit plus de vingt fois.»
[306] Voyez plus haut, p. 289.
[307] Pour: la fausse hypocrite. De l'italien maschera, qui est aussi féminin. Far la maschera, dissimuler, porter un masque; nous avons conservé: jeter le masque.
[308] Pour: ni demi-respect. Archaïsme passé d'usage.
[309] Une des formations de mots familières au poëte.
[310] Type du sot, qui semble se rapporter à l'italien giocoso, ou plutôt giuoco, raillerie, badinage. Tous les étymologistes ont renoncé, disent-ils, à trouver l'origine de ce mot, que Molière, le premier, a introduit dans notre langue.
[311] Pour: lancer rudement. Verbe qui ne s'emploie plus qu'au neutre. Nuance archaïque malheureusement perdue. «Ils ruèrent Absalon dans une grande fosse,» dit la vieille traduction des Rois, qui remonte à la fin du onzième siècle.
[312] Ces deux vers sont imités du roman de Sorel, ami de Guy-Patin, Francion, auquel Scarron et le Sage ont aussi fait des emprunts.
[313] C'est-à-dire: pour un petit dommage. Quelques élèves de Sorbonne, chassés par le doyen pour lui avoir volé des prunes, obtinrent, dit-on, leur rentrée en grâce en lui disant: « Nous chassez-vous pour des prunes?» Que cette origine soit vraie ou fausse, le proverbe populaire est resté.
[314] Pour: la bonté même. C'est la forme italienne, la istessa bonta.
[315] Pour: le premier. Ellipse archaïque.
[316] Pour: cabrioleroient.
[317] Ici, comme on le voit, le même mot rime avec lui-même.
[318] Proverbe populaire qui s'est conservé jusqu'à nos jours, et remonte au temps de la chevalerie.—Le chevalier, en voyage et habituellement, montait le palefroi, cheval d'une allure aisée et d'une taille ordinaire. Dans les batailles il chevauchait le destrier, plus grand et vigoureux. «Monter sur ses grands chevaux,» c'est aller en guerre.
[319] Pour: cependant. Archaïsme inusité aujourd'hui.
[320] Pour: une alarme chaude. Ellipse archaïque.
[321] Pour: quelque doux que soit le mal. Ellipse archaïque.
[322] Triple rime féminine, d'un effet ironique et charmant.
[323] Loret, Muse historique, 30 octobre 1660.
[324] De la Toussaint, 1660.
[325] Ms. de la Grange.
[326] Banquettes.
[327] Bancs.
[328] Sauval, t. III, p. 87.
[329] L'Impromptu de l'hôtel de Condé, par M. de Fleury.
[330] Done pour: dona, du latin domina, et du provençal domna, madame.
[331] Ignès, pour: Iñes. La prononciation espagnole usitée à la cour de France est imitée par Molière.
[332] Pour: ne l'autorise-t-il pas. Ellipse archaïque.
[333] Pour: prétend à. Ellipse beaucoup trop forte.
[334] Archaïsme admirable, nécessaire à la langue, et que Jean-Jacques Rousseau n'a pas craint d'employer. On le trouve chez du Vair, Michel Montaigne et Corneille.
[335] Pour: entend. Troisième personne du présent de l'indicatif ouïr. Archaïsme banni de la langue à cause de sa dureté.
[336] Au lieu de: pour le tyran. Expression impropre.
[337] Pour: d'une oreille avide. Expression impropre.
[338] Changement de scène transporté avec quelques modifications heureuses dans le Misanthrope, acte V, scène II.
[339] Pour: envers vous. Expression impropre plutôt qu'archaïsme.
[340] Passage transporté dans le Tartuffe, acte IV, scène V, avec quelques changements.
[341] Les traits nombreux de cette scène ont été rapportés par Molière dans la scène VI de l'acte II d'Amphitryon.
[342] Tirade transportée presque tout entière dans le Misanthrope, acte III, scène IV.
[343] Quatre vers transportés dans la scène II de l'acte IV des Femmes savantes.
[344] Pour: de. Faute de français. La distinction entre de partitif et des général ne s'est faite définitivement qu'après l'époque de Molière.
[345] même remarque.
[346] Pour: en fait de projets. Même remarque.
[347] Pour: le ressentiment des ardeurs. Faute de français, expression impropre.
[348] Ressentiment, pour: le sentiment intérieur réfléchi. Archaïsme regrettable. Racine disait avec raison: «Le ressentiment d'un bienfait.»
[349] Pour: épié, dans le sens que nous avons signalé plus haut. Voyez l'Étourdi.
[350] Pour: accord, manière de s'accorder. Expression juste, mais d'un effet mauvais et équivoque.
[351] Deux vers transportés textuellement et sous un aspect comique dans la scène II de l'acte IV du Misanthrope.
[352] Quatre vers qui se retrouvent dans la scène III de l'acte IV du Misanthrope.
[353] Pour: vous ne vous attendiez pas. Expression impropre comme il y en a beaucoup dans cette œuvre imparfaite.
[354] Pour: prenez avis de vous-même, consultez-vous. Ce mot s'est conservé dans certains cas.
[355] Pour: la vertu même. Voyez plus haut, p. 297.
[356] Pour: de ce qu'un rival. Ellipse peu grammaticale.
[357] Pour: commence à. Faute de français.
[358] Pour: comme un homme généreux. Archaïsme regrettable.
[359] Pour: semer le bruit. Ellipse outrée.
[360] Pour: qui doive me rendre. Archaïsme hardi, mais très-expressif.
[361] Pour: si vous étiez coupable. L'adjectif est évidemment trop loin du verbe.
[362] Pour: pardonnez-moi. Archaïsme très-expressif, employé par Pascal.
[363] La prononciation trissyllabique de ce mot prouve que, sous Louis XV, gaie, aujourd'hui diphthongue, formait deux syllabes.
[364] Pour: trouve. Archaïsme qui remonte à l'origine de la langue employé ici pour le besoin de la rime.
[365] Pour: contraignez-vous deux moments. Expressions tout à fait impropre.
[366] Transposition de l'adjectif très-contraire au génie de la langue française. Sacrifice fait à la rime.