[1] Fides avec le génitif de l’objet, comme 37, note 6. — Religione, pratique religieuse.
[2] Stato dit plus que constituto: à une date fixe et périodiquement.
[3] Auguriis paraît avoir un sens plus général qu’à l’ordinaire: des cérémonies religieuses. Ce mot commence un hexamètre. Il s’en trouve plusieurs dans les écrits de Tacite; bien que ce puisse être l’effet du hasard, celui qui commence les Annales n’a pas dû échapper à l’attention de l’écrivain.
[4] Legationibus, en se faisant représenter par des députés. — Cæso homine, en immolant un homme. Ici le participe passé passif équivaut à un présent (Ragon, Gr. lat., 400, rem., et Riemann, Synt. lat., § 156, rem. 1). Cf. 40, note 12.
[5] Reverentia, marque de vénération.
[6] Ut introduit l’explication de cette coutume. — Minor, inférieur (à la divinité), c.-à-d. comme symbole de sa faiblesse. — Aliquid præ se ferre, afficher, faire voir ostensiblement.
[7] Attolli et insurgere, se soulever et se mettre debout; attolli est un passif à sens moyen, comme plus bas evolvuntur. Cf. 22, note 3.
[8] Omnis superstitio, toutes les pratiques superstitieuses dont ce bois est l’objet. — Eo respicit tanquam: cf. 12, note 5.
[9] Inde (sint): cf. 13, note 8.
[10] Auctoritatem. Il ne s’agit plus de l’autorité de cette tradition, mais de celle des Semnons eux-mêmes; Tacite, après avoir prouvé l’antiquité des Semnons par leur religion, prouve maintenant leur noblesse par leur puissance.
[11] Corpore, le corps même de la nation.

40. Contra Langobardos paucitas[1] nobilitat. Plurimis ac valentissimis nationibus cincti non per obsequium, sed prœliis et periclitando[2] tuti sunt[3]. Reudigni deinde et Aviones et Anglii et Varini et Eudoses et Suardones et Nuithones[4] fluminibus aut silvis muniuntur. Nec quicquam notabile in singulis, nisi quod[5] in commune Nerthum[6], id est Terram matrem, colunt eamque intervenire rebus hominum, invehi populis[7] arbitrantur. Est in insula[8] Oceani castum[9] nemus, dicatumque in eo vehiculum veste[10] contectum; attingere uni sacerdoti concessum. Is adesse penetrali[11] deam intelligit vectamque bubus feminis multa cum veneratione prosequitur[12]. Læti tunc dies, festa loca quæcumque adventu hospitioque[13] dignatur. Non bella ineunt, non arma sumunt; clausum omne ferrum; pax et quies tunc tantum nota, tunc tantum amata, donec idem sacerdos satiatam conversatione mortalium deam templo reddat. Mox[14] vehiculum et vestes et, si credere velis, numen ipsum secreto lacu abluitur. Servi ministrant, quos statim idem lacus haurit[15]. Arcanus hinc terror sanctaque ignorantia, quid sit illud quod tantum perituri vident.

[1] Paucitas sert de transition en s’opposant au magnum corpus des Semnons.
[2] Prœliis ac periclitando: allitération. Cf. 27, note 5.
[3] Tuti sunt, ils pourvoient à leur sûreté. Pour plus de variété les trois compléments marquant le moyen sont exprimés par trois tournures différentes: per obsequium, prœliis, periclitando.
[4] Il est difficile de déterminer exactement le lieu qu’habitaient ces peuples, dont la plupart ne sont connus que de nom. Cf. lexique.
[5] Nisi quod: cf. 29, note 11. — In commune: cf. 5, note 2.
[6] Nerthum: nom fém. de la 4e déclinaison; on l’écrit quelquefois Herthum ou Hertham pour le rattacher à l’allemand Erde (anglais Earth). — Tacite identifie Nerthus avec la déesse Cybèle, Terram matrem. Cf. 9, note 1.
[7] Invehi populis, parcourir les peuples montée sur un char.
[8] Insula: probablement l’île de Rügen dans la Baltique.
[9] Castum, pur, parce que les hommes n’y pénètrent pas, c.-à-d. sacré.
[10] Veste, et plus loin au pluriel vestes, voile. Cf. 10, note 3 à la fin.
[11] Penetrali: c’est sans doute l’intérieur du char qui sert de sanctuaire. Templo, quelques lignes plus loin, ne désigne probablement que la partie de la forêt où réside la déesse.
[12] Vectam équivaut à un participe présent: tandis qu’elle est portée sur le char. Cf. 39, note 4.
[13] Adventu hospitioque ne font pas double emploi: l’un marque le simple passage, l’autre le séjour.
[14] Mox: cf. 10, note 4. — Numen ipsum, l’image de la déesse, non pas une statue, mais plutôt une représentation grossière ou un symbole. Cf. 7, note 6.
[15] Haurit, engloutit. Expression énergique qui s’harmonise bien avec ces sombres et mystérieuses pratiques.

41. Et hæc quidem pars Sueborum in secretiora Germaniæ[1] porrigitur. Propior, ut quomodo paulo ante Rhenum[2], sic nunc Danuvium sequar, Hermundurorum civitas, fida Romanis; eoque solis Germanorum non[3] in ripa commercium, sed penitus atque in splendidissima Rætiæ provinciæ colonia[4]. Passim sine custode[5] transeunt; et cum ceteris gentibus arma modo castraque nostra ostendamus, his domos villasque patefecimus non concupiscentibus[6]. In Hermunduris Albis[7] oritur, flumen inclitum et notum olim; nunc tantum auditur.

[1] Secretiora Germaniæ. La construction d’un adjectif neutre au positif ou au comparatif avec le génitif partitif est rare chez Cicéron et César, mais très fréquente chez les poètes et certains prosateurs.
[2] Rhenum, s.-e. secutus sum: zeugma. Cf. 2, note 17.
[3] Non... sed, au lieu de non solum... sed etiam. — Commercium, le droit de faire le commerce. — Penitus, à l’intérieur de l’empire.
[4] Colonia: Augsbourg (Augusta Vindelicorum).
[5] Passim et sine custode, partout et sans garde. Sur certaines frontières, par exemple sur celle des Tenctères, près de Cologne, les Romains interdisaient le passage aux étrangers ou les faisaient accompagner d’un Romain qui les surveillait. Cf. Histoires, IV, 64.
[6] Non concupiscentibus, sans qu’ils songent à les convoiter.
[7] Albis: on suppose généralement que Tacite confond ici l’Elbe avec son affluent l’Éger. — Notum olim. Les légions romaines, dans plusieurs expéditions, avaient campé sur les bords de l’Elbe; à l’époque de Tacite, on ne connaissait plus ce fleuve que pour en avoir entendu parler.

42. Juxta Hermunduros Naristi ac deinde Marcomani[1] et Quadi agunt. Præcipua Marcomanorum gloria viresque, atque ipsa etiam sedes, pulsis olim Boiis, virtute parta. Nec Naristi Quadive degenerant[2]. Eaque[3] Germaniæ velut frons est, quatenus Danuvio præcingitur. Marcomanis Quadisque usque ad nostram memoriam reges manserunt ex gente ipsorum, nobile Marobodui et Tudri genus[4]; jam et externos patiuntur. Sed vis et potentia regibus ex auctoritate Romana. Raro armis nostris, sæpius pecunia juvantur[5], nec minus valent.

[1] Marcomani: cf. 28, note 9.
[2] Nec degenerant, ne sont pas non plus indignes d’eux.
[3] Ea s’accorde avec l’attribut par attraction. Cf. 13, notes 4 et 9. — Velut frons, en quelque sorte le front de la Germanie, c’est-à-dire la partie antérieure, la plus rapprochée des Romains du côté du Danube, qu’atteignait la province de Rhétie. Cf. 34, note 1.
[4] Nobile genus. On ne connaît pas autrement cette dynastie. On n’a aucun détail sur Tuder lui-même; quant à Maroboduus, cf. Ann., II, 63. On ne sait rien non plus sur leurs successeurs, sinon qu’ils étaient imposés par Rome, comme le dit Tacite.
[5] Juvantur (reges). Les Romains fournissaient à ces rois étrangers, dévoués aux intérêts de l’empire, des subsides qui suffisaient à maintenir leur autorité.

43. Retro[1], Marsigni, Cotini, Osi, Buri terga Marcomanorum Quadorumque claudunt. E quibus Marsigni et Buri sermone cultuque Suebos referunt[2]; Cotinos Gallica, Osos Pannonica lingua coarguit non esse Germanos, et quod tributa patiuntur[3]. Partem tributorum Sarmatæ, partem Quadi, ut[4] alienigenis imponunt. Cotini, quo magis pudeat[5], et ferrum effodiunt. Omnesque hi populi pauca[6] campestrium, ceterum saltus et vertices montium insederunt. Dirimit enim scinditque Suebiam continuum montium jugum[7], ultra quod plurimæ gentes agunt[8], ex quibus latissime patet Lugiorum nomen in plures civitates diffusum. Valentissimas nominasse sufficiet, Harios, Helveconas, Manimos, Helysios, Nahanarvalos. Apud Nahanarvalos antiquæ religionis lucus ostenditur. Præsidet sacerdos muliebri ornatu[9], sed deos interpretatione Romana[10] Castorem Pollucemque memorant: ea vis numini[11], nomen Alcis. Nulla simulacra, nullum peregrinæ superstitionis vestigium; ut fratres tamen, ut juvenes venerantur. Ceterum Harii, super[12] vires quibus enumeratos paulo ante populos antecedunt, truces insitæ feritati arte ac tempore lenocinantur: nigra scuta, tincta corpora; atras ad prœlia noctes legunt; ipsaque formidine[13] atque umbra feralis exercitus terrorem inferunt, nullo hostium[14] sustinente novum ac velut infernum aspectum: nam primi in omnibus prœliis oculi vincuntur. Trans Lugios Gotones regnantur[15], paulo jam adductius[16] quam ceteræ Germanorum gentes, nondum tamen supra libertatem. Protinus deinde ab[17] Oceano Rugii et Lemovii. Omniumque harum gentium insigne[18] rotunda scuta, breves gladii et erga reges obsequium.

[1] Retro, par opposition à frons (42, note 3), c.-à-d. vers le nord-est.
[2] Referre Suebos sermone équivaut à sermonem Sueborum referre, qui se dit également. Virgile, Én., IV, 329: Qui te tamen ore referret.
[3] Quod tributa patiuntur est relié par et à lingua, comme étant au même titre sujet de coarguit. Sur les propositions complétives avec quod, cf. Gr. lat., 470.
[4] Ut: cf. 39, note 6.
[5] Quo magis pudeat, pour surcroît de honte; non pas qu’il y ait honte pour eux à s’employer aux mines, comme on traduit quelquefois, mais ce fer qu’ils savent extraire devrait servir à sauver leur liberté.
[6] Pauca avec le génitif partitif. Cf. 41, note 1. — Ceterum, pour le reste, par opposition à pauca.
[7] Continuum montium jugum, une chaîne de montagnes. Il s’agit ici du Riesengebirge.
[8] Agunt: cf. 17, note 2.
[9] Muliebri ornatu. On traduit, généralement: en habit de femme; selon Müllenhof, il ne s’agit que de l’arrangement des cheveux.
[10] Interpretatione romana. Tacite avoue ici ce qu’on a déjà observé ch. 9, note 1, et 40, note 6. — Memorant, comme 3, note 1. Cf. 2, note 14.
[11] Numini. Ces deux dieux dont le culte est uni sont considérés comme formant une seule divinité. — Alcis: datif pluriel. Pour la construction, cf. 34, note 3.
[12] Super, outre. Cf. 30, note 13. — Lenocinantur, viennent en aide à, enchérissent encore sur. — Arte et tempore sont expliqués par ce qui suit: nigra scuta, atras noctes.
[13] Ipsa formidine, par la crainte seule. Cf. 13, note 12. — Feralis, lugubre.
[14] Hostium nullo = nullo hoste. — Novum, étrange. Cf. 31, note 10.
[15] Regnantur: cf. 25, note 11. — On peut remarquer ici la concision de Tacite: les Gotons habitent au delà des Lugiens et sont gouvernés par des rois.
[16] Adductius. On dit adducere habenas, amener à soi les rênes, serrer le frein; de là le sens de adductius, plus étroitement, plus sévèrement. — Supra, au-dessus de, c.-à-d. sans que la liberté succombe complètement sous l’autorité des rois.
[17] Protinus ab, immédiatement à partir de, c.-à-d. sur le bord même de.
[18] Insigne: cf. 38, note 3. — Et: emploi non classique. Cf. 30, note 7.

44. Suionum hinc civitates, ipso in Oceano[1], præter viros armaque classibus valent. Forma navium eo differt, quod utrinque prora[2] paratam semper appulsui frontem agit. Nec velis ministrant[3] nec remos in ordinem lateribus adjungunt: solutum, ut in quibusdam fluminum[4], et mutabile, ut res poscit, hinc vel illinc remigium. Est apud illos et opibus honos, eoque[5] unus imperitat, nullis jam exceptionibus[6], non precario jure parendi[7]. Nec arma, ut apud ceteros Germanos, in promiscuo[8], sed clausa sub custode, et quidem servo, quia subitos hostium incursus prohibet Oceanus, otiosæ porro[9] armatorum manus facile lasciviunt. Enimvero neque nobilem neque ingenuum, ne libertinum quidem armis præponere regia utilitas est[10].

Suionibus Sitonum gentes continuantur. Cetera[11] similes uno differunt, quod femina dominatur: in tantum non modo a libertate, sed etiam a servitute degenerant.

[1] Ipso in Oceano. Il s’agit de la Scandinavie, que Tacite et ses contemporains prenaient pour une île.
[2] Utrinque prora, la proue qui se trouve des deux côtés. L’arrière du navire était, comme l’avant, en forme de proue. — Utrinque joue le rôle d’adjectif. Cf. 37, note 10.
[3] Velis est au datif, comme s’il y avait: velis ministerium præstant. On explique aussi: velis (ablatif) naves ministrant. Cf. Virg., Én., VI, 302, où velis ministrat reçoit aussi cette double interprétation.
[4] Quibusdam fluminum: cf. 43, note 14.
[5] Eoque, et à cause de cela, aussi. Tacite passe bien rapidement sur cette affirmation qui est contestable.
[6] Nullis jam exceptionibus, sans restrictions. Jam indique l’opposition avec ce qui se passe chez les autres peuples dont il a été parlé jusqu’ici.
[7] Jure parendi, le droit à l’obéissance. C’est inutilement qu’on a voulu substituer imperandi à parendi. Le gérondif latin se traduit d’ordinaire par un infinitif actif précédé d’une préposition; mais dans certains cas il semble avoir un sens passif qu’il n’a pas en réalité: il est alors l’équivalent d’un substantif verbal. Ainsi C. Nepos, Att., 9: spes restituendi nulla erat, comme s’il y avait restitutionis. Salluste, Jug., 62: cum Jugurtha ad imperandum vocaretur, pour recevoir des ordres, litt., pour le commandement. En français nous avons des constructions analogues: La fortune vient en dormant, on paie en servant.
[8] In promiscuo, dans toutes les mains. Chez Tacite l’adjectif neutre précédé de in remplit souvent les fonctions d’attribut ou d’adverbe. Cf. Hist., III, 2: Fortuna in integro est. L’expression in promiscuo se trouve d’ailleurs aussi chez Tite-Live, Sénèque, etc. Cf. 36, note 7.
[9] Porro, et en outre, d’autre part.
[10] Regia utilitas est = regibus utilitati est. Cf. 13, note 6.
[11] Cetera: cf. 17, note 2. — La proposition complétive commençant par quod sert d’apposition à uno. — In tantum, litt., «à un tel degré».

45. Trans Suionas aliud[1] mare, pigrum ac prope immotum, quo cingi claudique terrarum orbem hinc[2] fides, quod extremus cadentis jam solis fulgor in ortum[3] edurat adeo clarus, ut sidera hebetet. Sonum insuper emergentis audiri[4] formasque equorum et radios capitis[5] adspici persuasio adjicit. Illuc usque, et fama vera[6], tantum natura.

Ergo jam[7] dextro Suebici maris littore Æstiorum gentes alluuntur, quibus ritus[8] habitusque Sueborum, lingua Britannicæ propior. Matrem deum venerantur. Insigne[9] superstitionis formas aprorum gestant: id pro armis omnique tutela securum deæ cultorem etiam inter hostes præstat. Rarus ferri, frequens fustium usus. Frumenta ceterosque fructus patientius quam pro solita Germanorum inertia laborant[10]. Sed et mare scrutantur ac soli omnium sucinum[11], quod ipsi glæsum vocant, inter vada atque in ipso littore legunt. Nec quæ natura quæve ratio gignat[12], ut[13] barbaris, quæsitum compertumve. Diu quin etiam inter cetera ejectamenta maris jacebat, donec luxuria nostra dedit nomen[14]. Ipsis in nullo usu: rude[15] legitur, informe perfertur, pretiumque mirantes accipiunt. Sucum tamen[16] arborum esse intellegas, quia terrena quædam atque etiam volucria animalia plerumque interlucent, quæ implicata humore mox durescente materia clauduntur. Fecundiora igitur nemora lucosque sicut Orientis secretis[17], ubi tura balsamaque sudantur, ita Occidentis insulis terrisque inesse crediderim, quæ vicini solis radiis expressa atque liquentia in proximum mare labuntur ac vi tempestatum in adversa littora exundant. Si naturam[18] sucini admoto igne tentes, in modum tædæ accenditur alitque flammam pinguem et olentem; mox ut in picem resinamve lentescit.

[1] Aliud, par opposition à l’Océan dont Tacite a parlé plus haut. — Pigrum. On ne sait pas au juste quelle mer est désignée ici. Les uns veulent reconnaître l’Océan glacial, dont des géographes grecs plus anciens que Tacite parlent déjà; d’autres, seulement le golfe qui sépare au sud la Suède de la Norvège; mais il est plus probable qu’il s’agit de la mer déjà décrite dans l’Agricola, 10: mare pigrum et grave remigantibus, c.-à-d. l’espace compris entre les Orcades et l’antique Thulé (les îles Shetland).
[2] Hinc annonce la prop. complétive commençant par quod, et hinc fides (est) = hoc probatur. À l’époque classique le nombre des locutions formées d’un substantif et de esse (fas est, tempus est, mos est) qui se construisent avec l’infinitif est assez restreint, mais à l’époque impériale ces constructions se multiplient; on a: finis est, pudor est, amor est, fides est, etc.
[3] In ortum, jusqu’au lever du soleil. Cf. 22, note 2.
[4] Sonum audiri. Les anciens croyaient que le soleil, plongé dans les eaux comme une masse de fer rouge, surtout à son coucher, faisait entendre des sifflements. Juvénal, Sat. 14, 280: Audiet Herculeo stridentem gurgite solem.
[5] Capitis. Pour les anciens le soleil est un dieu monté sur un char et dont le front rayonne. — Persuasio, la croyance, par opp. à ce qui est prouvé par des faits (fides).
[6] Et fama vera, et ce qu’on raconte est vrai. Ici Tacite accepte la responsabilité de l’assertion, parce que son beau-père Agricola lui a fourni à ce sujet des renseignements précis. On sait d’ailleurs que Tacite confond le nord de la Scandinavie avec celui de la Grande-Bretagne. Cf. note 1. — Natura tantum, le monde ne s’étend pas plus loin.
[7] Ergo jam. Comme le monde finit en cet endroit, Tacite revient donc maintenant en arrière. — Mare Suebicum: cf. lexique.
[8] Ritus habitusque, la manière de vivre et l’extérieur.
[9] Insigne: cf. 38, note 3. — Formas aprorum: sans doute des statuettes de bois que l’on portait sur soi comme des amulettes.
[10] Frumenta laborant. L’accusatif avec laborare est poétique. Cf. vallare noctem, au ch. 30. — Patientius quam pro. Le comparatif ainsi construit indique la disproportion entre deux termes (Gr. lat., 335). Traduisez: avec plus de patience qu’on n’en attendrait de la paresse habituelle des Germains.
[11] Sucinum, le succin ou ambre jaune, que les Grecs appelaient ἤλεκτρον. — Glæsum: on peut rapprocher ce mot de l’allemand Glas, corps transparent, verre.
[12] Quæ natura (sit) quæve ratio gignat, quelle est sa nature et quel est son mode de production. Cf. note 18.
[13] Ut: cf. 2, note 15. — Barbaris: datif complément d’un verbe passif (cf. 16, note 1) en apposition à iis sous-entendu.
[14] Dedit nomen, lui fit une réputation, le mit à la mode.
[15] Rude, brut, informe, sans être travaillé. — Pretium mirantes accipiunt. C’est dans les traits de ce genre que se révèle le grand peintre que nous admirons en Tacite: un seul mot nous montre ici l’étonnement qui saisit le Barbare à son premier contact avec une civilisation qu’il ne comprend pas.
[16] Tamen, cependant, c.-à-d. quoique ceux qui le recueillent ne puissent fournir aucun renseignement sur sa nature. — Volucria animalia. André Chénier dit en parlant de l’ambre (Poème sur l’invention, v. 248): «Tombe odorante où vit l’insecte volatile.» — Plerumque, souvent. Cf. 13, note 12.
[17] Orientis secretis (s.-e. inesse credo), dans les pays les plus reculés de l’Orient. — Crediderim, je serais porté à croire. Cf. 2, note 2. — Quæ, des matières qui.
[18] Naturam: cf. note 12. — Mox, puis. Cf. 10, note 4. — Ut in picem resinamve, en formant une sorte de poix ou de résine. In marque le résultat. Cf. 23, note 2.