Almanach.—Est du masculin.

Alpaca ou Alpaga.—Est du masculin.

Amande, Amende.—Ne pas confondre ces deux mots quant à l’orthographe. Amande: fruit de l’amandier. Cette amande est agréable au goût.Amende: peine pécuniaire, etc. Amende de dix dollars.

Ambre.—Est du masculin.

Amiante.—Est du masculin. Asbeste (masculin) est son synonyme.

Ammoniac, Ammoniaque.—Ces deux mots ne doivent pas être confondus. Ammoniac est l’adjectif. Gaz ammoniac.Ammoniaque est le substantif. Est du masculin ou du féminin. Le féminin est préféré. L’ammoniaque est dangereuse à respirer.

Ancre.—Est du féminin. Est souvent mis au masculin par erreur.

Annonce.—V. Réclame.

Antimoine.—Est du masculin.

Antre.—Est du masculin.

Antwerp.—Est le nom anglais d’Anvers (ville de Belgique).

Appas, Appât.—Ne pas confondre ces deux mots. Appas n’a pas de singulier, et signifie: charmes, attraits. Appas de la gloire, du jeu. Appât est la pâture, l’aliment que l’on met pour attirer et prendre à des pièges des quadrupèdes ou des oiseaux. Désigne aussi ce qui attire, ce qui engage à faire une chose. Appât de la liberté, appâts trompeurs.

Application.—C’est un anglicisme de dire: Je fais application pour que la cause soit remise; il fait application pour un emprunt, pour une position, etc. Dites: Je demande que la cause..., il fait une demande d’emprunt; il demande une position.

En termes d’assurance, on doit dire: faire une demande, une proposition d’assurance, et non faire application pour une assurance.

Après dînée, Après-dîné, Après dîner.—Le premier est du féminin et les deux autres du masculin. Après-dînée est préféré.

On écrit après dîner (sans trait d’union), lorsqu’on veut parler d’une époque postérieure au dîner: J’irai vous voir après dîner.

Après-midi.—Est des deux genres. Le masculin est préféré.

Après-soupée, Après-souper, Après-soupé.—Le premier est du féminin, et les suivants sont du masculin. L’Académie préfère après-souper.

On écrit après souper (sans trait d’union), lorsqu’on veut parler d’une époque postérieure au souper: il est parti après souper.

Araignée.—Est du féminin.

Arc-en-ciel.—Est du masculin. Se prononce au pluriel comme au singulier.

Archet.—Est du masculin.

Artère.—Est du féminin.

Article.—Ne pas confondre les deux expressions suivantes. Il faut: N’avez-vous pas des amis? si vous voulez dire: Vous avez des amis, n’est-ce pas? Si vous ne savez pas si la personne à qui vous parlez en a, dites: N’avez-vous pas d’amis?

As.—Est du masculin.

Asseoir (s’).—Il se commet tant de fautes dans l’emploi de ce verbe, que je vais en donner la conjugaison. Indicatif présent: je m’assieds, nous nous asseyons; ou: je m’assois, nous nous assoyons, ils s’assoient. Imparfait: je m’asseyais, nous nous asseyions, ils s’asseyaient ou je m’assoyais, nous nous assoyions. Passé défini: je m’assis. Futur: je m’assiérai ou m’asseyerai, nous nous assiérons ou asseyerons, ou: je m’assoirai, nous nous assoirons. Conditionnel: je m’assiérais, ou m’asseyerais, ou m’assoirais. Impératif: assieds-toi, ou assois-toi. Subjonctif présent: que je m’asseye, que nous nous asseyions; ou: que je m’assoie, que nous nous assoyons. Imparfait: que je m’assisse, que nous nous assissions. Participe présent: s’asseyant ou s’assoyant. Passé: assis, assise.

Assortiment et Stock.—Ne doivent pas être confondus. L’assortiment est une collection de marchandises de même genre. Un assortiment de dentelles. Stock est la quantité de marchandises qui se trouvent dans un magasin, ou entrepôt. Les deux sont bien différents. Le stock peut être considérable, sans qu’il y ait de l’assortiment.

Atmosphère.—Est du féminin. Le masculin, employé quelquefois, est condamné par l’Académie.

Atteindre.—Ne suppose pas d’effort. Atteindre sa majorité. Atteindre à, suppose effort. Atteindre à la perfection.

Attention.—Faute d’attention signifie: manque d’attention. C’est faute d’attention qu’il n’a pas relevé cette erreur. On ne peut dire: une faute d’attention. Dites: une faute d’inattention (causée par l’inattention).

Auge.—Est du féminin.

Augure.—Est du masculin.

Aune.—Ce mot est des deux genres. Au masculin, il désigne l’arbre. Ces aunes sont longs. Au féminin, c’est la mesure de longueur. Une aune a 45 pouces.

Auprès de, Au prix de.—Auprès de s’emploie quand on veut comparer deux choses, sans vouloir les priser séparément. Au prix de s’emploie, au contraire, lorsqu’on s’appuie sur la valeur d’une de ces choses pour déterminer la valeur de la seconde: Tous les ouvrages de l’homme sont vils et grossiers auprès des moindres ouvrages de la nature, auprès d’un brin d’herbe ou de l’œil d’une mouche. Ma propriété est peu de chose au prix de la vôtre.

Auspice.—Est du masculin. Ne s’emploie guère qu’au pluriel. Sous de beaux auspices.

Autre.—Dans ce genre de phrase, autre, employé avec un nom de nombre, se place après le nombre: Son revenu s’élevait à six mille dollars, dont il donnait un mille aux pauvres et se réservait les cinq autres mille, et non les autres cinq mille.

Avant.—Avant que, avant que de, ne demandent pas l’emploi de ne. On dit: Avant que vous fussiez arrivé, avant que je parte, et non: avant que vous ne fussiez arrivé, avant que je ne parte.

Avantage.—Est du masculin.

Avant-midi.—Est du masculin.

Avant-scène.—Est du féminin.

Avenir.—Temps avenir, siècles avenir se disaient jadis pour: temps futur, siècles futurs. On écrit aujourd’hui: temps à venir, siècles à venir.

Averse.—Signifie: pluie abondante et subite: Quelle averse! Mais on écrira: Il pleut à verse (en deux mots).

Aveuglement, Aveuglément.—Ne pas confondre ces deux mots. Le premier est un substantif, le second un adverbe. C’est un aveuglement de suivre aveuglément les conseils d’un seul.

Avoir.—Il ne faut jamais mettre un i après y dans les temps de ce verbe. Il faut que nous ayons, et non ayions; bien que l’on dise: Il faut que nous VOYIONS.

Plusieurs mettent un accent circonflexe sur ait, troisième personne du singulier du subjonctif. C’est une faute.

B

Balustre.—Est du masculin. Quelques-uns font la faute de l’épeler avec deux l.

Baptistaire, Baptistère.—Il ne faut pas confondre ces deux mots. Baptistaire, adjectif, signifie: qui regarde le baptême. Registre, extrait baptistaire. Est aussi pris substantivement et désigne l’extrait de baptême. Exhiber son baptistaire. Baptistère désigne l’édifice destiné à l’administration du baptême: Le baptistère de Saint-Jean de Latran. Le p de ces mots-là ne se prononce pas.

Bonace, Bonasse.—Ne pas confondre ces deux mots quant à l’orthographe. Bonace, substantif, signifie: le calme de la mer qui précède ou suit la tempête.—Bonasse, adjectif, veut dire: simple et sans aucune malice.

Bouffes.—Est masculin pluriel. Bouffes français, parisiens, et non bouffes françaises, parisiennes. (Théâtre où l’on joue l’opéra bouffe.)

Brave.—Un brave homme est un homme honnête et bon; un homme brave est un homme courageux.

Brochure.—V. Pamphlet.

C

Ça, Çà, Ç’a.—Il ne faut pas confondre ces mots-là. Ça est pronom démonstratif, et une contraction de cela: prenez ça.—Çà, adverbe, signifie ici: Çà et là. Est aussi une interjection: çà, arrivez!Ç’a, contraction de ce a. Dans l’expression ç’a été, l’e s’élide devant a. Ç’a été toujours mon opinion.

Cacheter.—Dans la conjugaison de ce verbe, le t se double devant une syllabe muette. Je cachette, tu cachettes, etc. Ne pas confondre cette termination avec celle d’acheter qui fait: J’achète, tu achètes, etc., qui prend l’e ouvert devant la syllabe muette. Voici ta lettre, cachette-la, et non cach’te-la.

Cadavéreux, Cadavérique.—Ne pas confondre ces deux mots. Le premier signifie: qui est propre à, qui appartient ou semble appartenir au cadavre: teint, air cadavéreux, odeur cadavéreuse. Cadavérique: qui a rapport au cadavre: Autopsie cadavérique, lésion cadavérique.

Calfater, Calfeutrer.—Ne pas confondre ces deux mots. Calfater est le terme de marine (garnir d’étoupe et de poix les fentes ou les trous d’un navire).—Calfeutrer signifie: boucher les fentes d’une maison, d’une porte, d’une fenêtre.

Campagne.—Aller à la campagne, aller en campagne. Ces deux expressions avaient autrefois le même sens. Aujourd’hui, aller à la campagne signifie: se rendre, se transporter à la campagne. Aller en campagne se dit surtout des troupes.

Etre en campagne veut dire: être en mouvement, pour s’enquérir de, pour trouver quelque chose.—Etre à la campagne signifie: être hors de la ville, pour prendre un repos.

Canadien-français.—C’est ainsi que nous devons écrire ce mot: Un Canadien-français. Un C majuscule, un trait d’union entre les deux mots et une petite f. Mais si ce mot composé est adjectif, il prend un petit c: le peuple canadien-français.

Cane, Canne.—Ne pas confondre, pour l’orthographe, ces deux mots. Le premier est la femelle du canard; le second désigne un bâton pour s’appuyer.

Ce.—L’e de ce s’élide et se remplace par l’apostrophe devant est, était, étaient, a été, ont été, aurait, eut été, etc. Ç’aurait peut-être été pire. Ç’eût été bon contre bon. C’étaient les vertus...... Ç’a toujours été mon opinion.

Censé.—V. Sensé.

Cent.—Prend une s au pluriel, lorsqu’il y a plusieurs fois cent, et qu’il n’est pas suivi d’un autre nombre. Trois cents hommes, cent deux hommes, deux cent cinq hommes. Il est invariable quand il signifie centième. Page quatre cent (pour quatre-centième), l’an mil neuf cent. Il faut dire: nous avions quelques cents hommes avec nous, dans le sens de: plusieurs cents. Si l’on dit: nous avions quelque cent hommes avec nous, cela signifie: environ cent.

C’est moi qui a.—Tout le monde sait que le verbe s’accorde avec le pronom, et qu’il faut dire: C’est moi qui ai, c’est nous qui avons; et non: c’est moi qui a, c’est nous qui ont; fautes très blâmables, que l’on entend commettre tous les jours.

Chambranle.—Est du masculin. C’est l’encadrement d’une porte, d’une fenêtre.

Chandelle, Bougie.—Ne pas confondre ces deux mots. La chandelle est faite de suif, et la bougie de cire ou de stéarine.

Châtain.—Bescherelle dit: “L’usage refuse à tort un féminin à ce mot. Cette exception n’est fondée ni sur l’étymologie, ni sur l’analogie, ni sur l’euphonie. Pourquoi donc craindrait-on de dire: Une barbe châtaine, une cheveleure châtaine, une femme châtaine, comme on dit: une barbe blanche, une chevelure blonde?” L’Académie n’en parle pas.

Chez.—Préposition, n’est pas suivi d’un trait d’union. Chez vous. Allons-nous-en chacun chez nous. Si chez est joint par un trait d’union à un pronom personnel, il forme une locution substantive. Avoir un chez-soi. Quand j’aurai un chez-moi je vous y recevrai.

Chlorure.—Est du masculin. Beaucoup disent à tort: de la chlorure de chaux, pour du chlorure de chaux.

Chose.—On écrit: Ce n’est pas grand’chose. Mais si l’adjectif grand, placé devant chose, est précédé de l’article ou d’un adjectif déterminatif, on doit écrire grande chose: C’est une grande chose que savoir se taire. La grande chose que voilà! Au pluriel on écrit dans tous les cas: grandes choses.

Quelque chose, signifiant une chose, est masculin singulier. Quelque chose est promis, autre chose est accordé. Quelque chose, signifiant quelle que soit la chose, est du féminin. Quelque chose que vous ayez dite contre moi, je vous pardonne.

Autre chose, employé dans un sens indéterminé, est du masculin. C’est autre chose qu’il a dit.

Cicerone.—La prononciation des dictionnaires est ciceroné, mais dans la pratique on prononce en France cicérone. Le pluriel donné par l’Académie est cicerone. Des cicerone. La plupart des écrivains et des grammairiens donnent le pluriel italien ciceroni.

Ciel.—On admet pour ciel les deux pluriels cieux et ciels. Le pluriel cieux, qui est le plus usité, s’applique à l’ensemble de la voûte céleste. Les cieux annoncent la gloire de Dieu. Le pluriel ciels s’emploie aujourd’hui pour désigner une partie limitée de la voûte céleste, la portion d’un tableau qui représente le ciel, la partie supérieure d’un lit, d’une carrière. Les ciels de la Grèce et de l’Italie sont les plus beaux de l’Europe. Ce peintre fait bien les ciels de ses tableaux. De magnifiques ciels de lit. Des infiltrations ont lieu par les ciels des carrières.

Ci-gît.—Se prononce ci-ji et non ci-jitte. Est la troisième personne singulier du présent de l’indicatif du verbe gésir. Ils gisent, ils gisaient, gisant se prononcent jisse, jissè, jissan. Mansion dit qu’on peut prononcer aussi jize, jizan.

Circonflexe (accent).—Littré condamne l’emploi de l’accent circonflexe sur l’a final, dans les mots latins, quand il s’agit d’ablatifs singuliers de la première déclinaison. Bona fide, in forma pauperis, vice-versa, et non bonâ, formâ, versâ.

On met l’accent circonflexe sur l’avant-dernière syllabe des deux premières personnes plurielles du passé défini de tous les verbes: nous aimâmes, vous finîtes, nous reçûmes, vous rompîtes (haïr seul fait exception à cette règle, ainsi qu’à la règle suivante); sur la dernière syllabe de la troisième personne du singulier de l’imparfait du subjonctif: qu’il allât, qu’il rompît; sur l’i des verbes terminés en aître ou en oître partout où l’i est suivi d’un t: il paraît, il accroît, il décroît, il décrût, il décroîtra, il paraîtra, il connaît, nous reconnaîtrions; sur les mots: dû, crû, baîller, jeûne, châsse, forêt, mûr, sûr, hâler, pour qu’on ne puisse les confondre avec leurs homonymes: du, cru, bailler, jeune, chasse, mur, foret, sur, haler; à tous les temps du verbe croître qui pourraient être confondus avec ceux du verbe croire (excepté à l’imparfait du subjonctif: que je crusse etc., et au participe passé féminin crue, crues); à la troisième personne du présent de l’indicatif du verbe plaire et de ses composés.

Circulaire.—Est du féminin. Lancer une circulaire, et non un circulaire. On dit aussi une lettre circulaire.

Coassement, Croassement.—Il ne faut pas confondre ces deux mots. Coassement désigne le cri de la grenouille; croassement, celui du corbeau.

Coïncidant, Coïncident.—Ne pas confondre ces deux mots. Coïncidant est le participe du verbe coïncider. En coïncidant, ces circonstances peuvent le faire condamner. Coïncident est adjectif. Circonstances coïncidentes.

Collation.—Est du féminin.

Collègue, Confrère.—Ne pas confondre ces deux mots. Bescherelle dit: “Collègue se dit principalement des dignitaires, des fonctionnaires, qui travaillent dans un but commun. Les membres du Sénat, de la Chambre des députés, des grandes administrations, les officiers de même grade se donnent le nom de collègue. Confrère se dit plutôt des personnes qui suivent une même carrière, tout en agissant indépendamment les uns des autres. Les avocats, les médecins, les prêtres, les marchands se traitent de confrères.” Il faut prononcer les deux l de collègue.

Colorier, Colorer.—Il ne faut pas confondre ces deux mots. Colorier se dit des couleurs artificielles: Un peintre qui colorie bien. Colorer se dit des couleurs naturelles: Le soleil colore les fruits.

Comices.—Est du masculin. On dit à tort: Les comices municipales.

Commune.—D’une commune voix signifie: à l’unanimité; d’une voix commune signifie: d’une voix ordinaire, qui manque de distinction. Ils ont consenti d’une commune voix; elle déclame d’une voix commune.

Compétant, Compétent.—Ne pas confondre ces deux mots. Compétant est le participe présent de compéter (terme de jurisprudence).—Compétent est adjectif. Il n’est pas compétent pour cela.

Il ne faut pas employer compétent d’une manière absolue, et dire: C’est un homme compétent (habile, entendu).

Compte rendu.—C’est une faute de mettre un trait d’union. Il faut écrire: compte rendu.

Conjecture, Conjoncture.—Il ne faut pas confondre ces deux mots. Conjecture signifie: opinion qui n’est fondée que sur des probabilités. Se perdre en conjectures. Conjoncture signifie: enchevêtrement, complication de faits. Se trouver dans des conjonctures difficiles.

Consommer, Consumer.—Ne pas confondre ces deux mots. Consommer signifie: détruire quelque chose dans un but d’utilité. Consommer des vivres. Consumer signifie: détruire purement et simplement. Le feu consuma la maison.

Continuer.—On emploie indifféremment à ou de, après continuer.

Ne pas oublier le tréma sur le deuxième i de la première et de la deuxième personne plurielle de l’imparfait de l’indicatif et du présent du subjonctif; nous continuïons, vous continuïez, que nous continuïons, que vous continuïez.

Contraindre.—Contraindre à, contraindre de. A suppose un but, une tendance, une action; il faut donc préférer contraindre à, toutes les fois que ces idées sont bien marquées dans la phrase; et de dans les autres cas. L’Académie a observé cette différence dans ces deux phrases. On le contraignit à se battre. La ville fût contrainte de se rendre.

Contrevent, Volet.—Ne pas confondre ces deux mots. Le contrevent est un panneau de menuiserie s’ouvrant en dehors. Le volet s’ouvre en dedans.

Convainquant, Convaincant.—Ne pas confondre ces deux mots. Convainquant est le participe présent du verbe convaincre. C’est en le convainquant qu’il a mal agi, que vous le ramènerez à de meilleurs sentiments. Convaincant est adjectif: Argument convaincant.

Convergeant, Convergent.—Ne pas confondre ces deux mots. Convergeant est le participe présent de converger: En convergeant immédiatement sur ce point, l’avant-garde et la réserve se seront bientôt réunies. Convergent est adjectif: Lignes convergentes.

Couleur.—Couleur est du masculin quand il est employé pour désigner ce qui a de la couleur. On dira: Le couleur de chair; ce ruban est d’un beau couleur de feu; on dit aussi: ruban couleur de feu.

Les mots exprimant une idée de couleur restent invariables lorsque ce sont des substantifs employés comme complément du mot couleur sous-entendu. Des rubans paille, orange, des étoffes carmin, des gants soufre. Mais on dira: des rubans roses, des étoffes cramoisies, parce que roses et cramoisies sont des adjectifs.

Lorsque deux adjectifs sont réunis pour exprimer une couleur, ils restent tous deux au masculin singulier, parce que le premier est alors employé comme nom et qualifié par le second: Tissus blanc sale, étoffe gris perle, cheveux blond pâle.

Bescherelle dit qu’il faut écrire: la couleur bleu indigo, la couleur rouge foncé, la couleur bleu clair.

Couple.—Est du masculin: 1o quand il désigne deux êtres animés unis par une volonté, par un sentiment ou toute autre cause qui les rend propres à agir de concert: un couple d’amis, un couple de fripons; 2o quand il sert à désigner des personnes unies ensemble par le mariage, ou, en parlant des animaux, le mâle et la femelle: un couple de pigeons suffit pour peupler une volière.

Il est du féminin quand il signifie simplement le nombre deux: une couple d’œufs, une couple de pigeons suffit pour notre déjeuner.

Coutume.—En parlant des personnes, on dit avoir coutume quand il s’agit d’une chose commune, assez ordinaire et qui se voit souvent. Avoir coutume de mentir, de se lever matin. Mais lorsqu’on parle d’une coutume extraordinaire, singulière, on dit: Avoir la coutume. Il y a des pays où les femmes ont la coutume de se percer le nez pour y pendre des joyaux.

Créosote.—Est du féminin. De la créosote, et non du créosote.

Crû.—Le participe passé masculin, au singulier et au pluriel, du verbe croître prend l’accent circonflexe. La rivière a crû, les torrents sont crûs. Au féminin il n’en prend pas: La rivière est crue, les rivières sont crues.

D

De.—Quand deux noms sont unis par la préposition de, le second nom se met au singulier ou au pluriel. Il se met au singulier quand il ne sert qu’à spécifier la nature du premier, ou quand il est employé dans un sens général ou indéterminé. Des marchands de plume (pour lit); un marchand de vin; un chargement de toile. Il se met au pluriel quand il est employé dans un sens particulier ou déterminé qui emporte l’idée de pluralité. Un marchand de plumes (à écrire); un entrepôt de vins du Midi; un chargement de toiles blanches.

Le second nom peut être au singulier ou au pluriel dans le même genre de phrases, selon le sens. Un dîner de femme est un dîner composé de manière à offrir surtout des mets qui conviennent à une femme; un dîner de femmes est un dîner où n’assistent que des femmes. Des voix d’homme, ce sont des voix qu’on reconnaît pour appartenir plutôt à l’homme qu’à la femme ou à l’enfant. On entendait des voix d’hommes (la voix de plusieurs hommes). Un peintre plein de talents (de différents talents); un peintre plein de talent (du talent de la peinture).

Décacheter.—V. Cacheter.

Décrottoir, Décrottoire.—Ne pas confondre ces deux mots. Décrottoir désigne une lame de fer, une boîte garnie de brosses, sur laquelle, en entrant dans une maison, on décrotte sa chaussure. Décrottoire, brosse dont on se sert pour décrotter les souliers.

Dégoûtant, Dégouttant.—Ne pas confondre ces deux mots quant à l’orthographe. Le premier signifie: qui donne du dégoût; et dégouttant: qui tombe goutte à goutte. Linge encore tout dégouttant.

Délacer, Délasser.—Ne pas confondre ces deux mots quant à l’orthographe. Délacer signifie: relâcher ou retirer un lacet. Délacer une bottine.Délasser signifie: ôter la lassitude. Délasser l’esprit.

Demeurer.—Prend les deux auxiliaires avoir et être; il prend avoir pour indiquer que le sujet n’est plus au lieu ou dans l’état dont on parle: Il a demeuré pendant l’été à la campagne; il a demeuré longtemps malade. Il prend être pour marquer que le sujet n’a point changé de lieu ou d’état. Cinq cents personnes sont demeurés sur le champ de bataille. Il est demeuré infirme de ses blessures.

Demi.—Demi, adverbe, ne s’emploie qu’avec certains adjectifs auxquels il est uni par un trait d’union. Il était demi-mort. Mais on écrira sans trait d’union à demi mort, parce qu’à demi est une locution adverbiale.

Dentifrice.—Est du masculin. Pâte ou poudre à dents. Du dentifrice sec.

Dépareiller, Déparier.—Il ne faut pas confondre ces deux mots. Dépareiller signifie: séparer deux ou plusieurs choses pareilles. Dépareiller un service de porcelaine, des serviettes. Déparier, signifie: ôter l’une des choses qui font la paire. Déparier des gants, des bottes, des manchettes.

Dépecer.—Ecrivez dépecer et non dépècer.

Dérailé.—Littré écrit dérailer, et prononce derêler. Bescherelle écrit dérailler, et prononce les ll mouillées. L’usage en France n’admet que dérailler (sortir des rails, en parlant d’un convoi, d’un wagon).

Deuxième, Second.—Deuxième fait penser à troisième, second ne fait penser qu’à premier; voilà pourquoi il est mieux de ne pas dire le deuxième volume d’un ouvrage qui n’en a que deux; si l’ouvrage a plus de deux volumes, on peut dire, le second ou le deuxième volume.

Deviner.—Ecrivez deviner, et non déviner, ni diviner.

Différant, Différend, Différent.—Ne pas confondre ces mots. Différant est le participe présent du verbe différer (c’est en différant notre réponse....).—Différend est substantif (il s’est élevé un différend entre eux).—Différent est adjectif (des couleurs différentes).

Dire, Redire.—Dire, redire font: vous dites, vous redites, et non, vous disez, vous redisez, au présent de l’indicatif et à l’impératif, deuxième personne du pluriel. Tous les autres composés de dire sont réguliers: vous contredisez, vous interdisez, vous médisez, vous prédisez.

Dit (le).—Les termes ledit, ladite, mondit, nosdits, susdits, etc., s’écrivent en un seul mot.

Divinité.—Ce mot prend un D majuscule lorsqu’il est pris dans un sens absolu. On doit honorer la Divinité. Dans tout autre sens il s’écrit avec un d minuscule: La divinité de Jésus-Christ; les divinités païennes.

Doigt.—Montrer au doigt quelqu’un, c’est l’indiquer. Le montrer du doigt, c’est s’en moquer publiquement; c’est lui montrer qu’on a du mépris pour lui.

Douloureux.—V. Endolori.

Drachme, Dragme.—Se prononce drag-me. Est du féminin.

Drapeau.—Il ne faut pas appeler le drapeau, pavillon. Le pavillon est le terme de marine surtout. On dira: Le drapeau flotte sur l’hôtel des postes, et non le pavillon.

.—Au masculin singulier, le participe passé de devoir s’écrit avec un accent circonflexe. Rendez ce qui est dû à la grandeur de notre Dieu. Au féminin singulier, et au pluriel, masculin et féminin, il s’écrit sans circonflexe: Honneurs dus, somme due, sommes dues.

On écrira: je lui ai fait toutes les caresses que j’ai dû (lui faire sous entendu); et non: que j’ai dues.

Dupe.—Est toujours du féminin. Il a été la dupe de sa bonne foi, et non le dupe.

Dynamo.—Abréviation d’une machine dynamo-électrique. Est du féminin. Une dynamo.

E

Ébène.—Est du féminin.

Écarlate.—Est du féminin.

Échappatoire.—Est du féminin.

Éclair.—Est du masculin.

École.—Faire école signifie en français: avoir des imitateurs. Faire l’école signifie: donner l’enseignement. Faire une école c’est faire une bévue, une sottise.

Écritoire.—Petit meuble qui contient tout ce qu’il faut pour écrire. Est du féminin.

Égout.—S’écrit sans accent circonflexe: égout, et non égoût.

Ellébore.—Est du masculin.

Emblème.—S’écrit avec un accent grave: emblème, et non emblême. Est du masculin.

Éminent, Imminent.—Ne pas confondre ces deux mots. Éminent signifie: haut, élevé (lieu, emploi éminent), grand (vertu éminente).—Imminent signifie: qui menace, qui est prêt à fondre sur... Malheur imminent.

Emplâtre.—Ce mot, qui a été indifféremment du masculin ou du féminin jusqu’au XVIIIe siècle, est maintenant du masculin.

Endolori, Douloureux.—Endolori s’applique plus particulièrement à ce qui ressent de la douleur (membres endoloris); et douloureux à ce qui cause la douleur (plaie douloureuse).

Ennuyant, Ennuyeux.—Ne pas confondre ces deux mots, comme il arrive souvent. Ennuyant: qui ennuie au moment actuel. Se dit d’une action.—Ennuyeux marque une qualité inhérente au sujet, et signifie: qui porte habituellement l’ennui avec soi. Cet homme, ordinairement si aimable, a été ennuyant aujourd’hui. La pluie est toujours ennuyeuse.

Ennuyer (s’) à, de.—S’ennuyer à attendre signifie: éprouver de l’ennui en attendant; et s’ennuyer d’attendre: se lasser d’attendre.

Entièrement.—Ecrivez entièrement, et non entièrément.

Entre.—Entre sert à former plusieurs verbes pronominaux. Si le verbe commence par une voyelle, on remplace l’e par une apostrophe; s’il commence par une consonne, on réunit les deux mots par un tiret. On écrira donc s’entr’aimer, s’entr’appeler, s’entr’avertir, et s’entre-choquer, s’entre-croiser, s’entre-nuire. On écrit cependant en un seul mot: s’entremettre, s’entretenir, s’entrevoir. Il ne faut pas élider l’e final d’entre. Entre eux, entre elles, entre autres, et non entr’eux, entr’autres.

Entresol.—Ce mot s’écrit sans trait d’union, entresol, et non entre-sol.

Épiderme.—Est du masculin (membrane transparente formant la surface de la peau).

Épigramme.—Etait primitivement du genre masculin. Aujourd’hui le genre féminin est seul admis (Bescherelle).

Épisode.—Ce mot, qui était autrefois indifféremment du masculin ou du féminin, est maintenant du masculin. Signifie: fait remarquable, incident.

Épître.—Est du féminin.

Épousseter.—J’époussette, j’époussetterai, et non: j’épous’te, j’épous’terai.

Équilibre.—Est du masculin.

Équinoxe.—Est du masculin.

Équivalant, Équivalent.—Ne pas confondre ces deux mots. Le premier est le participe présent d’équivaloir. Des refus équivalant à une insulte. Equivalent est l’adjectif. Chose équivalente.

Érésipèle.—Etait du féminin autrefois. Est maintenant du masculin. On dit aussi érysipèle.

Escalier.—Est du masculin.

Espace.—Est du masculin dans ses acceptions ordinaires. Il est du féminin en termes d’imprimerie seulement.

Été.—Est du masculin.

Être.—Il n’est guère possible d’établir comme règle absolue l’emploi du verbe être au pluriel devant une troisième personne plurielle. L’Académie dit: “Quand ce serait ou quand ce seraient les Romains qui auraient élevé ce monument. Ce n’était ou ce n’étaient que festins, bals, concerts. C’est eux ou ce sont eux qu’il faut récompenser.”

Dans les phrases interrogatives, on met ordinairement est-ce, si le mot pluriel est suivi de que; et sont-ce, s’il est suivi de qui: Est-ce les sons graves de l’orgue que j’entends? (Chateaubriand). Sont-ce des fièvres qui m’ont pris? (Madame de Sévigné).

Au lieu de seront-ce, fussent-ce, ont-ce été, qui sont trop durs à l’oreille, on dit toujours sera-ce, fût-ce, sont-ce. Sera-ce vos frères que l’on choisira? Fût-ce nos propres biens qu’il fallût sacrifier! Sont-ce des fièvres qui vous ont pris? Nous ferons remarquer ici que quand le verbe suivant est au futur, on peut mettre le verbe être au présent ou au futur: Est-ce vous ou sera-ce vous qui le ferez? (Acad.).

Etre marque l’état, et avoir, l’action. Sa fièvre est cessée. Le vent a changé ce matin, le vent est changé. Il se commet beaucoup de fautes contre cette règle.

Etre, dans les temps où ce verbe prend l’auxiliaire avoir, se dit quelquefois pour aller. J’ai été, fait entendre qu’on est allé à tel endroit et qu’on en est revenu; il est allé marque que celui dont on parle n’est pas encore de retour.

Bescherelle remarque: “Chose bizarre! on dit: ce sont eux, ce sont elles, et il n’est pas permis de dire ce sont nous, ce sont vous. Ici l’usage l’emporte sur la syntaxe. On dit: C’est moi, c’est toi, c’est lui, c’est elle, c’est nous, c’est vous; et c’est toi et moi, c’est lui et elle; c’est nous et vous, etc.”