Tomber.—L’expression tomber d’un mal est vicieuse. Dites: tomber du haut mal; avoir une attaque d’épilepsie; tomber du mal caduc.
Tombleur.—N’est pas français. De l’anglais tumbler. Désigne le verre à boire ordinaire. Dites grand verre.
Tondre.—Substantif féminin. Bois pourri desséché qui remplace l’amadou. Presque tout le monde fait l’erreur de mettre ce mot au masculin. Allumer sa pipe avec de la tondre, et non du tondre.
Toque, Graquia.—C’est une faute d’appeler ainsi la fleur de la plante de la bardane (ou glouteron).
Graquia n’est pas français. Toque est, en français, une coiffure: toque d’avocat, etc.
Toquer (se).—Signifie en français: devenir toqué ou s’éprendre follement de. Dites cosser (verbe neutre) en parlant des béliers, des moutons qui se heurtent la tête les uns contre les autres. Les béliers cossent.
C’est une faute de donner à se toquer le sens de: se frapper, se heurter, venir en collision, en parlant des personnes et des choses.
Tordeuse.—Désigne en français une ouvrière en soie, une machine servant à tordre les fils de fer dont on se sert pour la confection des câbles, etc. Tordeuse dans le sens de machine à tordre le linge n’est pas français; il faut dire: essoreuse.
Touche.—Fumer une touche, tirer une touche sont des expressions vicieuses. Signifient fumer un peu, ou simplement fumer. Dites bouffée, et non touche, pour désigner la quantité de fumée qui sort tout d’un coup de la bouche.
Touer.—Touer, touage s’appliquent à la navigation fluviale. Remorquer, Remorquage s’appliquent à la navigation maritime. Paquebot qui en remorque un autre en pleine mer. Le dictionnaire n’établit pas cette différence, qui existe cependant, entre touer et remorquer.
Tour.—L’expression tour de crasse n’est pas française. Dites friponnerie, vilain tour, malhonnêteté. V. Crasse.
Tourmenter.—Tourmenter quelqu’un signifie: l’importuner, le faire souffrir. Il faut éviter de donner à ce mot le sens d’insister auprès de, de solliciter; comme dans cette phrase: Je l’ai tourmenté pour venir.
Tourne-clef.—Anglicisme (turnkey). N’est pas français. Dites guichetier: personne chargée d’ouvrir et de fermer les guichets. Ce dernier mot désigne une petite porte intérieure d’une prison; une porte pratiquée dans une plus grande. On dit aussi porte-clefs, au lieu de tourne-clef.
Tourniquet.—Est en français un appareil pour compter les personnes qui entrent dans un lieu public; un instrument de chirurgie, etc. N’a pas le sens de remous, tournant d’eau, vire-vire. Ces deux derniers mots sont moins usités que remous.
Tourtière.—Est, en français, un ustensile de cuisine qui sert à faire cuire des tourtes (pâtisserie fermée remplie de viandes, de fruits). C’est une faute d’appeler tourtière le pâté de viande (fait de viande hachée).
Tout.—L’expression à toutes heures est un anglicisme (at all hours). Dites: à toute heure. Repas servis à toute heure.
Tout partout est une expression vicieuse. Dites simplement partout.
Tout à clair. Cette expression n’est pas française. Dites: de cet endroit on voit le village distinctement, on entend distinctement le bruit de la chute, et non on voit, on entend tout à clair.
Track.—Terme anglais. Se traduit en français par voie. La voie d’un tramway, d’un chemin de fer.
Traduire.—Traduire au recorder est une expression vicieuse. Dites: traduire à la cour, ou devant la cour du recorder, ou devant le recorder. En d’autres termes, on peut être traduit à ou devant un corps public (cour, parlement, concile, assemblée, etc.). S’il s’agit d’un homme on est traduit devant lui, et non à lui.
Train.—Faire le train est une expression vicieuse dans le sens de soigner les chevaux, le bétail.
Dites: Etre, n’être pas en train de rire, et non être, n’être pas sur le train.
Au lieu de faire le train, (de la maison), dites: faire le ménage, balayer, épousseter, mettre tout en ordre.
Traîne.—Est, en français, un terme de pêche, de chasse, de marine, etc. C’est une faute de dire: Laisser quelque chose à la traîne, pour laisser traîner quelque chose.
Traîneries.—C’est une faute d’appeler traîneries les choses que l’on ne serre pas, qu’on laisse traîner, qu’on laisse sans ordre, hors de place. Traînerie signifie en français: retard, lenteur désagréable dans l’exécution de quelque chose.
Traîneur.—Signifie en français: soldat qui reste en arrière de sa troupe, etc. (On dit plutôt traînard dans ce sens.) C’est une faute de donner à traîneur le sens de qui n’a pas d’ordre.
Traite.—Payer la traite. Anglicisme (to pay the treat). Se dit en français: payer une tournée, une consommation.
Traîtement.—N’est pas français. Dites traîtrement ou traîtreusement (en traître, perfidement).
Tralée.—N’est pas français, bien qu’employé dans le langage populaire en France. Dites: un grand nombre, une grande quantité, une bande, une troupe, etc., d’enfants, de personnes.
Tralée vient sans doute du mot français trôlée, qui signifie: troupe de personnes faisant route ensemble.
Tramp.—Terme anglais. Se traduit par vagabond.
Transférable.—Signifie, en français: qui peut être transféré. Toutes les valeurs sont transférables. C’est un anglicisme de dire: Billet non transférable. Il faut se servir de l’expression billet personnel: billet qui permet à une personne de voyager sur un certain chemin de fer, dans certains bateaux, sans que ce billet puisse servir à d’autres personnes.
Transfert.—Désigne, en français, un acte par lequel on déclare transporter la propriété d’une rente, etc. C’est un anglicisme (transfer) dans le sens de billet de correspondance, ou de correspondance tout simplement. Billet qui permet à un voyageur de passer d’un tramway, d’une diligence, d’un omnibus à un autre, sans payer de nouveau.
Transiger.—Verbe neutre. Signifie en français, entre autres choses: passer un acte pour accommoder un différend, un procès. Transiger par-devant notaire. Transiger des affaires est un anglicisme (to transact business). Ça ne veut rien dire en français. Dites: négocier, conclure, faire des affaires.
Transquestion, Tranquestionner.—Ces mots ne sont pas français. Il faut dire: contre-interrogatoire (examen d’un témoin par l’avocat de la partie opposée), contre-interroger.
Transverser.—N’est pas français. Dites transvaser, transvider.
Travail.—On appelle travail, à Montréal, l’assemblage de deux pièces de bois qui servent à traîner une voiture, et entre lesquelles on place le cheval. A Québec, cela s’appelle les menoires. En français, on dit le brancard, ou la limonière pour l’ensemble; et l’on dit le brancard ou le limon quand il s’agit de chacune des deux pièces. Menoire n’est pas français. (Ne pas confondre limon avec timon ou flèche, qui est la longue pièce de bois du train de devant d’une voiture, aux deux côtés de laquelle on attelle les chevaux).
Travaillant.—On dit ici, à tort, un bon travaillant, pour un homme laborieux; et des travaillants pour des ouvriers.
Travers.—C’est une faute de donner à l’expression au travers le sens de parmi. Ces pommes sont belles, mais il y en a parmi qui sont gâtées, et non il y en a au travers.
Traverse.—L’endroit où l’on passe un fleuve, une rivière ne s’appelle pas la traverse, mais le passage. Le passage est à un mille d’ici.
Traverse de chemin de fer. On a cru, à tort, par cette expression, traduire railway crossing. En français, traverse de chemin de fer désigne la pièce de bois sur laquelle repose le rail. V. Tie. Railway crossing se traduit par passage à niveau: endroit où un chemin public traverse une voie ferrée.
Traversée.—L’expression traversée de chemin de fer désigne l’endroit où deux voies ferrées se traversent. C’est une faute de lui donner le sens de passage à niveau. V. Traverse.
Traverser.—Il faut dire: J’ai traversé à Lévis hier, et non, je suis traversé. Etre traversé, c’est avoir quelque chose au travers de soi, ou être trempé par la pluie. Etre traversé par une épée.
On passe un pont, on ne le traverse pas; mais le pont traverse la rivière.
Traversier.—Est, en français, un terme de marine, d’astronomie, etc. C’est une faute d’appeler traversier l’homme qui conduit un bateau traversier ou de passage. Il faut dire passeur. Appeler le passeur.
Tremblantes (fièvres).—Cette expression n’est pas française; dites fièvres intermittentes: celles qui présentent des accès composés de frisson, de chaleur et de sueurs, avec des intervalles sans fièvre.
Trempe.—Est, en français, un substantif féminin. La trempe du fer. Les armes d’une certaine trempe. Il ne faut pas faire un adjectif de ce mot en lui donnant le sens de trempé, mouillé, humide, imbibé.
L’expression populaire: trempe comme une navette devrait plutôt être: trempé comme une lavette. La lavette est un morceau de linge servant à laver la vaisselle. La navette est un instrument de tisserand.
Tresse.—Ne dites pas une tresse d’oignons, mais un chapelet ou une corde d’oignons.
Tributs floraux.—Anglicisme (floral tributes). Dites en français: couronnes funéraires. Cette expression comprend par extension les fleurs envoyées pour des funérailles, de quelque façon qu’elles soient disposées.
Tricoler.—N’est pas français. Dites: chanceler, zizaguer, tituber.
Trictrac.—Désigne en français une sorte de jeu qui se joue avec des dames et des dés. C’est une erreur d’appeler trictrac, la crécelle qui est un moulinet de bois très bruyant, remplaçant la cloche durant une partie de la semaine sainte.
Trimer.—Signifie en français: marcher vite et avec fatigue. Faire trimer quelqu’un (le faire aller et venir pour rien). C’est un anglicisme dans le sens de parer (une jeune fille bien trimée); d’arranger (une affaire mal trimée); de rafraîchir (trimer les cheveux).
Troll.—Troll, mot anglais; se traduit par cuiller: petit instrument ressemblant à une cuiller sans manche dont on se sert pour la pêche à la ligne.
Troller.—Est en français un terme d’économie rurale. C’est un anglicisme (to troll) d’employer ce mot dans le sens de: pêcher avec une cuiller, à la cuiller. V. Troll.
Trompe.—N’est pas français dans le sens de méprise, erreur, bévue.
Tronc.—Boîte placée dans les églises pour recevoir les aumônes. Dites tirelire (féminin) lorsque vous voulez désigner le petit tronc destiné à mettre en réserve des pièces de monnaie. V. Banque (petite).
Trou.—Ne dites pas le trou, mais l’âme d’une arme à feu (canon, fusil, etc.), où l’on met la poudre et les projectiles.
Trouble.—Ce sont des anglicismes de donner à ce mot les acceptions suivantes: être dans le trouble (être dans l’embarras, dans le malheur); se donner du trouble (se donner de la peine, du mal); avoir du trouble (avoir des ennuis); causer du trouble (causer des désagréments, de la fatigue, des démarches). Voici les principales acceptions de trouble, en français: Désordre (trouble dans une assemblée); soulèvement (guerre civile); brouillerie (trouble dans les ménages); agitation (trouble de l’âme).
Troubler.—C’est une faute de donner à ce mot le sens de perdre la raison.
Ne dites pas: je vais vous troubler pour le pain. (I will trouble you for the bread). C’est un affreux anglicisme. On peut dire simplement: veuillez me passer le pain.
Trousseau.—Désigne, en français, le linge et tout ce que l’on donne à une fille qui se marie ou qui se fait religieuse. Mais lorsqu’il s’agit d’un enfant qui vient de naître, c’est layette qu’il faut dire, et non trousseau: ensemble de tous les vêtements et objets nécessaires à l’enfant naissant.
Trouvaille.—Signifie: chose trouvée heureusement. Il ne faut pas lui donner le sens de découverte, qui est l’action de trouver. La découverte, et non la trouvaille, d’une mine.
Puisque trouvaille signifie: chose trouvée heureusement, on ne peut donc pas dire: lugubre trouvaille.
Truc, Truck.—Mot français, tiré de l’anglais. Plateforme qui sert, sur les chemins de fer, au transport des gros objets, tels que tonneaux, pierres de taille, statues, voitures. Par extension: toute voiture ou tout wagon destiné à transporter des marchandises. Dites diable, et non truck, pour désigner la voiture basse à deux roues servant au transport des colis, malles, etc.
True bill.—Expression anglaise. Se traduit par accusation fondée (décision par laquelle on met un prévenu en accusation).
Truie.—Ne dites pas jeu de truie, mais jeu de bille au pot. Un des joueurs cherche à faire entrer sa bille dans un trou; l’autre cherche à l’en empêcher.
Tuer.—Ne dites pas tuer, mais éteindre (une chandelle, le gaz, le feu, une lampe). Se dit dans quelques provinces, en France.
Tuque.—Désigne en français une petite dunette dont le toit est très convexe. C’est une faute de donner à ce mot le sens de bonnet de nuit.
Tuyau.—Ne dites pas le tuyau, mais la cheminée (d’une locomotive, d’un bateau à vapeur, d’un paquebot).
Twist.—Terme anglais. L’expression: Cet homme a la twist (c’est-à-dire: a l’habitude de bien faire une chose) se dit, en français: cet homme a le tour de main, l’adresse.
Au lieu de twist, dites cordonnet: soie à coudre.
Typewriter.—Terme anglais. S’appelle en France dactylographe et machine à écrire. M. Louis Fréchette a suggéré, avec raison, clavigraphe, mot qui est très employé maintenant au Canada, et duquel on a fait clavigraphie, clavigraphier, clavigraphiste.
Universitaire.—Un universitaire est celui qui appartient au corps d’une université. C’est une faute d’appeler universitaires les étudiants qui suivent les cours d’une université.
Usher.—Terme anglais. Se traduit par huissier, lorsque l’on veut désigner celui qui est chargé d’indiquer les places au théâtre.
Usurier.—Désigne en français, celui qui prête à usure, à de forts intérêts. C’est une faute de se servir de ce mot pour signifier celui qui use ses habits en peu de temps.
Vacance.—On a tort de confondre, comme il arrive souvent, vacance, au singulier, avec vacances, au pluriel. Le premier signifie: le temps pendant lequel une place, une dignité n’est pas remplie. Durant la vacance du saint-siège. Le second se dit du temps où les classes, les tribunaux, ou les chambres vaquent: Les élèves sont en vacances; certains tribunaux n’ont point de vacances.
Vague.—Vague froide est un anglicisme (cold wave) dans le sens de vent froid, de couche d’air froid. Expression employée dans les pronostics de la température.
Vaillant.—Signifie en français: qui a de la vaillance, qui est brave, courageux, intrépide. C’est une faute de donner à ce mot le sens de prétentieux, de fanfaron.
Vaillantise.—Signifie en français vaillance. Le plus souvent il s’emploie ironiquement, en parlant d’une action téméraire, folle. N’a pas le sens qu’on lui donne à tort, ici, de forfanterie, fanfaronnade.
Valable.—Signifie, en français: qui a de la force, de la valeur, du poids. Aussi: qui est fait suivant les formes. Quittance valable. Mais on ne peut dire: Bonne et valable considération (c’est-à-dire: considération suffisante).
Valant.—Est le part. présent de valoir. Il ne faut pas le confondre avec vaillant, substantif, qui signifie: l’avoir, le bien que l’on possède. Dites: Il n’a pas un sou vaillant, et non un sou valant.
L’expression: cent dollars valant de bijoux (one hundred dollars worth of jewels) est un anglicisme. Dites: Des bijoux pour une valeur de cent dollars.
Valentin.—Il faut appeler valentines, et non valentins, les lettres qui sont écrites le 14 février, le jour de la Saint-Valentin.
Valeur.—L’expression de valeur n’est pas française. Au lieu de: C’est bien de valeur, dites: C’est fâcheux, malheureux, ennuyeux, déplorable, regrettable, c’est grand dommage, etc.
Valise.—Est, en français, un sac de voyage, un porte-manteau que l’on porte à la main. C’est une faute d’appeler valise, la malle: espèce de coffre, de forme variée, qui est propre à contenir et à transporter des hardes.
Valoir.—L’expression: Cet homme vaut vingt mille dollars, pour dire: qu’il possède vingt mille dollars, qu’il est riche de vingt mille dollars, est un anglicisme.
Valtreux.—N’est pas français. Signifie poltron, lâche; aussi chenapan, vaurien.
Végétaux (soupe aux).—Anglicisme. Dites potage jardinière, potage printanière.
Veiller.—Signifie, en français, entre autres: ne pas dormir. Veiller toute la nuit. C’est une faute de donner à ce mot le sens de passer la soirée, la veillée. Venez passer la soirée chez moi, et non, venez veiller chez moi.
Veilloche.—N’est pas français. Corruption de veillote: foin ramené en petits tas.
Velvetine.—N’est pas français. De l’anglais (velveteen). On dit en français: velvantine ou velventine. Espèce de velours.
Venir.—Ne dites pas: il vient fou, mais il devient fou.
Venir de l’avant est un anglicisme baroque (To come forward). Dites: être candidat.
Ventilateur.—Désigne, en français, un instrument propre à renouveler l’air des hôpitaux, des grandes salles, des usines, etc. C’est une faute d’appeler ventilateur, l’imposte (féminin): ouverture pour aérer, qui se trouve au-dessus d’une porte.
Ventrèche.—N’est pas français. Désigne la partie qui se trouve sous le ventre d’un poisson, préparé pour la cuisson ou servi sur la table.
Vêpres.—On doit dire: aller à vêpres, et non aux vêpres. Le premier coup de vêpres, et non des vêpres. On dit cependant: entendre vêpres ou les vêpres.
Ce mot est du féminin: Les vêpres sont dites, et non sont dits.
Verge.—N’est pas français pour désigner un dé ouvert ou un doigtier (dé qui n’a pas de fond).
Versant.—Il ne faut pas dire d’un navire, d’un canot, d’une embarcation, qu’ils sont versants, mais chavirants, qu’ils chavirent aisément, soit par défaut de construction, soit par manque de lest. Versant (adjectif) se dit des voitures: carrosse très versant.
Verser.—Se dit en français des voitures. Il faut se servir du mot chavirer en parlant des navires, des embarcations.
Veste.—C’est à tort qu’on appelle ici veste, ce vêtement sans manches qui se porte sous l’habit. En français cela s’appelle un gilet. La veste est un vêtement à basques très courtes, et sans taille, qu’on appelle ici, à tort, un coat. Le veston est plus petit, et est arrondi des basques.
Veugle.—N’est pas français. Au lieu de: C’est du veugle, dites: c’est une terre veule (terre très légère).
Viande.—Viande en conserve est une expression vicieuse. Dites: conserves de viande: viandes de toute espèce, volailles, poissons, gibier, cuits et préparés avec soin dans des boîtes de fer-blanc ou dans de grosses bouteilles soigneusement privées d’air.
Vie (pour la).—Au lieu de l’expression: condamné au pénitencier pour la vie qui est un anglicisme (for life), dites: condamné à la détention perpétuelle, à l’emprisonnement à perpétuité, aux travaux forcés à perpétuité.
Vieillard.—Quelques personnes croient, à tort, que l’expression correcte est couleur vieillard. C’est une faute; dites: vieil or.
Vilaine (faire).—Est une expression vicieuse. Signifie: ne pas faire de points, à certains jeux de cartes. Dites: être capot, faire capot. Ils sont capot.
Vire-main.—N’est pas français. Dites: en un clin d’œil, instantanément, en un rien de temps, et non en un vire-main.
Virer.—Dites: tourner une carte, et non virer. Qu’est-ce qui tourne?
Vitraux.—Est le pluriel de vitrail; un vitrail est une grande fenêtre dont les croisillons sont remplis de panneaux de verre de couleur, assemblés par compartiments.
Il ne faut pas employer ce mot pour vitrine, vitrage, ou montre d’un magasin.
Vitre.—Dites du verre cassé, pilé, et non de la vitre cassée; avoir un morceau de verre entré dans la main, et non un morceau de vitre; un encrier, etc., en verre, et non en vitre. Ce n’est pas un diamant, c’est du verre, et non de la vitre.
Le verre est la substance, et la vitre est la forme sous laquelle cette substance est employée. Vitre de fenêtre.
Vivres.—Désigne, en français, ce dont une personne peut se nourrir, et non ce qu’elle a mangé. Il faut donc dire: je digère mal mes aliments, et non mes vivres.
Vivres est au masculin. De bons vivres, des vivres frais. S’emploie surtout au pluriel, et désigne les choses qui servent à se nourrir.
Viz.—Terme anglais. Se traduit par savoir, à savoir, c’est-à-dire.
Voilier.—Un voilier est, en français, un fabricant de voiles, un navire, etc. Il ne faut pas dire: un voilier d’oiseaux, mais une volée.
Voir (aller).—C’est une faute de donner à cette expression le sens de courtiser. Il courtise mademoiselle une telle, et non il va la voir....
Voisinage.—Signifie: l’ensemble des voisins. Doit s’employer au singulier. Il se querelle avec son voisinage, et non avec ses voisinages. Visiter le voisinage, et non les voisinages.
Volet.—V. Contrevent.
Volontiers.—Est adverbe. C’est donc une faute d’en faire un adjectif, et de dire: Il est volontiers de vendre sa maison. Dites: Il désire vendre, il vendra volontiers sa maison.
Voteur.—N’est pas français. C’est un anglicisme (voter). Dites: votant (celui qui vote, qui a le droit de voter).
Voyage.—Dites charge de foin, de bois, de charbon, et non voyage (quantité de foin, etc., transportée dans une voiture).
Waiter.—Terme anglais. Se traduit par garçon; et head-waiter (dans un café) par premier garçon.
Warrant.—Signifie en français: récépissé de marchandises avec indication de la valeur, délivré par les docks et qu’on peut négocier. Ce mot a aussi, d’après Bescherelle, le sens de prise de corps, de mandat d’amener, mais n’est pas usité. Au lieu de warrant de recherche, qui est un anglicisme (search warrant), dites: mandat de perquisition.
Washer.—Terme anglais. Se traduit par rondelle: pièce ronde de métal, de cuir, etc., percée par le milieu, qu’on place entre l’écrou et le bois.
Welsh-rabbit.—Expression anglaise. Se traduit par rôtie au fromage, ou par ramequin: tranche de pain grillé couverte de fromage fondu.
Whiskey, Whisky.—Est français. Mais l’expression: Whiskey en esprit est incorrecte. Dites alcool rectifié, ou absolu, ou anhydre, c’est-à-dire: alcool privé de toute son eau.
Winch.—Terme anglais. Se traduit par cabestan, quand le cylindre autour duquel s’enroule le câble est vertical; et par treuil, quand ce cylindre est horizontal.
Wrench.—Terme anglais. Ou dit en français clef anglaise.
Writ.—Est donné comme français dans le dictionnaire, mais n’est pas usité. On doit dire: ordre, ordonnance, assignation. Délivrer une ordonnance; signifier une assignation.
Au lieu de writs d’élection, dites brefs d’élection, qui est le mot consacré par la loi, ici.
Writing-pad.—Expression anglaise. Se traduit par bloc-notes. V. Pad.
Yeast.—Terme anglais. Se traduit par levure. V. Iste.
Zarzais.—N’est pas français. Se dit à tort pour Jersiais et Guernésien. Mots qui désignent les habitants ou les natifs des îles Jersey et Guernesey, situées entre la France et l’Angleterre.
Zigonner.—N’est pas français. Signifie: rudoyer un cheval en tirant mal à propos, tantôt sur une rêne, tantôt sur l’autre.
Règles de grammaire, difficultés, définitions, etc., relatives à nos fautes les plus fréquentes.
Aboyer, Japper.—Le premier s’applique plus généralement à un gros chien, et le second à un petit chien.
Abréviation.—Les abréviations qui ne contiennent pas la dernière lettre du mot abrégé prennent un point. Ex. (Exemple), etc. (et cætera), adv. (adverbe), T.S.V.P. (Tournez, s’il vous plaît). Celles qui contiennent la dernière lettre ne prennent pas de point: Cie (compagnie), Md (marchand), Me (maître), Cpte Ct (compte courant).
Pour abréger les mots qui sont au pluriel, on double souvent la première lettre du mot à abréger, ne mettant un point qu’après les deux lettres: MM. (Messieurs), MM.SS. (manuscrits), LL.B. (Legum baccalaureus). Beaucoup écrivent par erreur L.L.B.
Acrostiche.—Est du masculin.
Adhérant, Adhérent.—Ne pas confondre ces deux mots. Adhérant est le participe présent d’adhérer, et adhérent est adjectif. En adhérant à ce que vous dites.... L’épiderme est adhérent à la peau.
Adjectif.—L’adjectif employé comme adverbe est invariable: Ces étoffes coûtent cher. (V. Couleur). On dira, suivant le cas: Mademoiselle, marchez droite (vous tenant droite), et, marchez droit (directement devant vous).
Admission.—On dit admission à quand il s’agit d’une dignité, d’un emploi, d’une charge, d’un grade, etc. Admission au grade de capitaine. On dit admission dans quand on veut parler du corps, de l’assemblée, etc., dans laquelle on a obtenu la dignité, l’emploi, la charge, le grade, etc.; admission dans l’armée, etc., et non à l’armée.
Affluant, Affluent.—Ne pas confondre ces deux mots. Affluant est le participe présent du verbe affluer. Les vaisseaux, en affluant dans ce port, en ont fait un poste important de commerce. Affluent est substantif ou adjectif: L’Ottawa est un affluent du St-Laurent.
Aide.—Signifiant secours, assistance, est du féminin. Aide prompte et puissante. Appliqué aux personnes, il en prend le genre: Cet homme est un bon aide, cette femme est une aide précieuse.
Aïeuls, Aïeux.—Ne pas confondre ces deux termes. Les aïeuls sont les grands-pères et les grand’mères; les aïeux sont les ascendants plus éloignés, les ancêtres. Ses aïeuls maternels sont morts; c’est-à-dire, son grand-père et sa grand’mère maternels. Ses aïeux viennent de France; c’est-à-dire, ses ancêtres. On doit écrire bisaïeuls, trisaïeuls au pluriel.
Air.—Prendre l’air signifie se promener, et aussi prendre la fuite. Allons prendre l’air. Ce prisonnier a pris l’air. Pour s’enfuir, on dit aussi: prendre de L’ERRE.
Air, aire, erre, sont des mots qui n’ont ni la même étymologie, ni le même sens. Cependant, en termes de marine, on dit aire ou erre d’un navire, pour signifier l’allure, la vitesse du navire: Il a ralenti son aire, ou son erre; c’est-à-dire, il a diminué sa vitesse. Il ne faut pas dire: Il a ralenti son air. Les grammairiens ne sont pas tous d’accord sur ce point; mais ils citent presque tous des exemples qui admettent pour aire et erre un sens identique par rapport à l’allure. Ce n’est donc pas une faute de se servir de ces deux expressions indifféremment.
Avoir l’air. Voici la règle: Quand l’adjectif placé après avoir l’air est de nature à pouvoir qualifier indistinctement soit le substantif air, soit le substantif précédent, on le fait accorder avec l’un ou l’autre à volonté, selon ce qu’on veut dire. Cette personne a l’air sérieux, c’est-à-dire: son visage est sérieux au moment où on la voit; mais cette personne a l’air sérieuse, signifie qu’elle paraît habituellement être sérieuse. On dira de même: Cette femme a l’air affligé, du moins en apparence; elle a l’air affligée, signifiera qu’elle semble réellement affligée.
Quand l’adjectif ne peut qualifier qu’un des deux substantifs, l’accord a lieu exclusivement avec celui-ci: cette femme a l’air haletante; c’est la femme qui est haletante, et non pas l’air. Elle a l’air rêveur, méprisant, parce que la rêverie, le mépris, ne peuvent pas constituer un état permanent, quelque chose d’inhérent à la personne, à son caractère: ces adjectifs rêveur, méprisant ne peuvent donc s’appliquer qu’au mot air.
Lorsque le premier substantif est un nom de chose, l’accord se fait toujours avec ce nom: Cette pêche a l’air mûre, c’est-à-dire: a l’air d’être mûre.
Alcôve.—Est du féminin. Bescherelle dit: “Dorat l’a employé au masculin, comme le font à tort beaucoup d’architectes.”
Aller.—Il ne faut pas employer indifféremment être et avoir avec aller. Il est allé à Rome, signifie qu’il y est encore. Il a été à Rome, signifie qu’il en est revenu.
On dit indifféremment: Aller se battre ou s’aller battre. Il faut dire: Nous nous en sommes allés, il s’en est allé, et non nous nous sommes en allés, il s’est en allé.
On écrit: va-t’en, et non: va-t-en, parce qu’il y a entre te et en élision et non liaison. Ce t n’est pas euphonique, mais il représente le pronom du verbe pronominal s’en aller.
L’impératif va prend une s euphonique devant y: vas-y. Voici l’opinion de Bescherelle: “On dit: Va à la campagne, vas-y voir ton père; mais on doit dire: Va à la campagne, va y mettre ordre; parce que, dans ce dernier cas, le pronom y est complément du verbe qui suit l’impératif, et qu’il peut y avoir une pause entre cet impératif et le pronom.” On dit également: Va en chercher; va en prendre des nouvelles, et non vas-en.