Refuser.—Refuser à signifie: refuser de donner à. Il lui refuse à manger, à boire. (Manger et boire sont ici pris substantivement.)
Registre.—Ecrivez registre, et non régistre.
Règlement, Réglément.—Le premier est substantif. Les règlements de l’université, le règlement d’un compte.—Réglément est adverbe, et signifie: d’une manière réglée, régulièrement: Vivre réglément; souper réglément à six heures.
Régner.—Le futur est: je régnerai, et non règnerai.
Repaire, Repère.—Ne pas confondre ces deux mots quant à l’orthographe. Le premier désigne le lieu où se retirent les voleurs, les bêtes féroces. Une repaire de brigands, de tigres.—Repère est une marque faite sur un mur, sur un arbre, pour donner des traits de niveau, pour aider à se retrouver, etc.
Repartir.—Signifie: partir de nouveau; aussi: répondre sur-le-champ et vivement.—Répartir signifie, partager, distribuer. Répartir une somme, des troupes.
Reste.—Au reste, du reste. Ces locutions adverbiales, qui signifient au surplus, d’ailleurs, cependant, malgré cela, ne sont pas synonymes. Au reste s’emploie quand, après avoir exposé un fait ou traité une matière, on ajoute quelque chose qui a du rapport avec ce que l’on vient de dire. C’est là ce qu’il y a de plus sage; au reste, c’est aussi ce qu’il y a de plus juste.
On emploie du reste quand ce qui suit n’est pas le complément de ce qui précède; lorsque ce qui suit n’a pas une relation essentielle avec ce que l’on a déjà dit: Il est capricieux; du reste, honnête homme (Acad.).
Rester.—Bescherelle dit: “Rester convient mieux dans les occasions où il y a une nécessité indispensable de ne pas bouger; et demeurer lorsqu’il y a pleine liberté.”
Dans ses temps composés, ce verbe prend l’auxiliaire avoir, si l’on veut faire entendre que le sujet n’est plus au lieu dont on parle. Il a resté deux jours à Québec. Mais si l’on veut dire que le sujet est encore au lieu dont il est question, rester prend l’auxiliaire être: Il est resté à Québec, et nous avons continué notre route.
Rétractation, Rétraction.—Ne pas confondre ces deux mots. Rétractation signifie: action de se rétracter, de désavouer ce qu’on a fait, dit ou écrit précédemment.—Rétraction signifie: raccourcissement, contraction (d’un muscle, etc.).
Rets.—S’écrit sans accent circonflexe: rets, et non rêts.
Ride.—Est du féminin.
Rien moins.—Précédée du verbe être et suivie d’un adjectif, cette locution à le sens de la négation. Elle n’est rien moins que belle, c’est-à-dire: elle n’est pas belle. Lorsque rien moins est suivi d’un substantif, il peut avoir le sens positif ou le sens négatif. Vous lui devez de la reconnaissance, car il n’est rien moins que votre bienfaiteur (il est votre bienfaiteur). Vous pouvez vous dispenser de reconnaissance envers lui, car il n’est rien moins que votre bienfaiteur (il n’est pas votre bienfaiteur).
Rien moins, ou rien de moins, avec un verbe impersonnel, a aussi un sens négatif. Il n’y a rien de moins certain que vos succès (vos succès ne sont point certains). Avec un verbe actif ou neutre, le sens de rien moins a besoin d’être déterminé par ce qui précède. Vous le croyez votre concurrent; il n’aspire à rien moins qu’à vous supplanter (il n’est point votre concurrent). Vous ne le regardez pas comme votre concurrent; cependant il n’aspire à rien moins qu’à vous supplanter (il est votre concurrent) (Acad.). Ces équivoques doivent être évitées.
Sableux, Sablonneux.—Ne pas confondre ces deux mots. Sableux signifie: qui est de la nature du sable (roche sableuse); ou qui contient du sable (farine sableuse, marne sableuse).—Sablonneux: qui contient beaucoup de sable: chemin sablonneux (et non sableux); terre sablonneuse (et non sableuse). Cependant, en poésie, ces mots s’emploient l’un pour l’autre.
Saint.—Le mot saint s’écrit par une minuscule, et sans trait d’union, devant le nom du saint: Les apôtres saint Pierre et saint Paul (Acad.). Lorsqu’on veut désigner la fête du saint, ou une église, une rue, un fleuve, un vin, etc., portant le nom d’un saint, ce mot s’écrit par une majuscule, et se joint au mot suivant par un trait d’union. La Saint-Joseph, l’église Saint-Jacques, le fleuve Saint-Laurent.
Quand saint est écrit par abréviation, le s est toujours majuscule: Les apôtres S. Pierre et St. Paul. (On voit que l’abréviation peut s’écrire de deux manières.)
Sang.—S’emploie quelquefois au pluriel. Avoir les sangs tournés.
Bescherelle donne sens rassis, et ajoute: “On écrit aussi sang rassis.” L’Académie condamne cette dernière expression.
Sans.—Ecrivez: sens dessus dessous, et non sans dessus dessous.
Sans que. C’est une faute de mettre ne devant le verbe qui suit cette locution conjonctive. Dites: sans que cela paraisse, sans que personne craigne la mort, et non sans que cela ne paraisse, etc.
L’expression va sans dire signifie: c’est évident, incontestable. Il va sans dire que je n’ai pas accepté son offre. Mais on écrira: Il va s’en dire des paroles à ce sujet!
Second.—V. Deuxième.
Sensé.—Signifie, en français: qui a du bon sens. Ne pas le confondre avec censé: qui est réputé, regardé comme. Vous êtes censé avoir fait cela, et non sensé.
Sentinelle.—Est du féminin. Cependant les poètes quelquefois ont fait ce mot du masculin.
Solde.—Au féminin signifie: paye allouée aux officiers et aux soldats pour subvenir à leur entretien et aux dépenses qu’exige d’eux le service militaire. La solde des troupes. Payer la solde.
Au masculin signifie: paiement qui se fait pour demeurer quitte d’un reste de compte. Donner tant pour solde, pour solde de tout compte.—Solde de compte signifie: somme qui fait la différence du débit et du crédit, lorsque le compte est vérifié et arrêté.—Solde de marchandises, ou, absolument solde: quantité de marchandises défraîchies ou passées de mode existant encore en magasin à la fin d’une saison, et qu’on vend en bloc et au rabais. Acheter un solde.
Souffre.—Je souffre (souffrir); je soufre (soufrer).
Soupeser.—Ecrivez soupeser, et non soupéser.
Stade.—Mesure itinéraire. Est du masculin. Un stade et non une stade.
Stock.—V. Assortiment.
Succomber.—Est toujours conjugué avec avoir. Le malade a succombé.
Suffocant, Suffoquant.—Ne pas confondre ces deux mots.—Suffocant est adjectif: fumée suffocante.—Suffoquant est le participe présent de suffoquer: Il s’appuyait au mur, suffoquant de chagrin.
Suppléer.—Suppléer une chose, c’est ajouter à une chose ce qui manque pour qu’elle soit entière et complète: Je suppléerai ce qui manquera (et non à ce qui). Suppléer à une chose c’est mettre à sa place une chose qui en tienne lieu. Son mérite supplée au défaut de sa naissance.
Surprendre.—Verbe actif. Il se conjugue comme prendre. Dans le sens d’être étonné, ce verbe est suivi de que avec le verbe suivant au subjonctif, ou de de ce que avec l’indicatif: Je suis surpris qu’il vienne. Je suis surpris de ce qu’il est venu si tard.
Système.—S’écrit avec un accent grave: système, et non systême.
T.—Il ne faut pas confondre t euphonique, avec t abréviation du pronom te. On écrit va-t’en, occupe-t’en, et non va-t-en, occupe-t-en; t’ représente te. Mais on écrira: va-t-il, s’occupe-t-il?
Le t euphonique demande le trait d’union. Viendra-t-il? aura-t-il besoin de vos conseils?
Temporaire, Temporel.—Le premier signifie: qui n’est que pour un temps. Pouvoir temporaire.—Temporel: qui passe avec le temps, qui n’est pas éternel. Pouvoir temporel.
Ténèbres.—Est du féminin.
Tentacule.—Est du masculin. Un tentacule. Terme d’histoire naturelle. Sorte de filaments que certains animaux tendent en avant, pour tâter le terrain, ou pour saisir des objets.
Tenu, Ténu.—Tenu est le participe passé de tenir.—Ténu est adjectif, et signifie: qui est délié, fort mince. Substance ténue; les parties ténues.
Terre.—Tomber par terre signifie: tomber seulement de sa hauteur. Etes-vous ici près, monsieur, tombé par terre? Tomber à terre signifie: tomber d’un endroit élevé au-dessus de la terre: Ramasser des noix tombées à terre.
Terre-Neuve.—Avec des majuscules, désigne l’île. Avec des minuscules, le chien. Les terres-neuves sont originaires de Terre-Neuve.
Tête-à-tête.—Avec traits d’union, est substantif masculin: c’est une conversation, une entrevue de seul à seul. Avoir un long tête-à-tête avec quelqu’un.—Tête à tête, sans traits d’union, est une locution adverbiale, et signifie: seul à seul. S’entretenir tête à tête. Etre tête à tête avec quelqu’un.
Tombeau.—Voici quelques distinctions qui ne sont pas toujours observées entre tombeau, tombe, sépulcre, sépulture. La tombe est proprement la table de pierre, de marbre ou de tout autre matière, élevée ou placée au-dessus de la fosse qui a reçu les ossements et qui contient les cendres des morts.—Le tombeau est une sorte d’édifice ou un ouvrage de l’art, érigé en l’honneur des morts, pour conserver et illustrer leur mémoire par l’éloge de leur vie, par des emblêmes, des allégories, etc.—La sépulture est proprement le lieu désigné ou consacré pour rendre les derniers devoirs aux morts, avec des cérémonies religieuses.—Le sépulcre est particulièrement le caveau, la fosse, et en général un lieu quelconque qui reçoit, engloutit, conserve les corps, etc.
Tout.—Tout à coup signifie: soudainement, inopinément: Ce mal lui a pris tout à coup, comme il y pensait le moins. Tout à coup je crus voir Vénus qui fendait les nues dans son char volant, conduit par deux colombes.—Tout d’un coup signifie: en même temps, tout à la fois, tout en une fois. Cet homme a gagné mille dollars tout d’un coup. Faire sa fortune tout d’un coup. La confiance, l’amitié naissent tout d’un coup entre les cœurs qui se ressemblent par la bonté.
Trait d’union.—Signe qui sert à marquer la liaison qui existe entre deux ou plusieurs mots. On l’emploie: 1o Entre le verbe et les pronoms je, moi, nous, tu, toi, vous, il, ils, elle, elles, le, la, les, lui, leur, y, en, ce, on, quand ces pronoms sont placés après un verbe dont ils sont le sujet ou le régime: Irai-je, viens-tu, donnait-on, laissez-moi, allez-y, portez-en, etc.
S’il y a deux pronoms, on met deux traits d’union: Laissez-le-moi, donnez-les-leur. Mais on écrit faites-moi lui parler, parce que lui est complément de parler, et non pas de faites; venez me parler, va te reposer, parce que me et te ne sont pas régis par les impératifs venez et va, mais par les infinitifs parler et reposer.
2o Avant et après ci, là, accompagnant un substantif, un pronom, une préposition, un adverbe, avec lesquels ils sont unis d’une manière inséparable: Celui-ci, celui-là, ces gens-ci, ces hommes-là, ci-dessus, ci-contre, là-dessus, là-dessous, là-bas, là-haut.
3o Pour lier même au pronom qui précède: moi-même, lui-même, eux-mêmes.
4o Pour remplacer la conjonction et dans l’expression de certains nombres: dix-sept, dix-huit, dix-neuf, vingt-deux, trente-trois, quarante-quatre, soixante-six, soixante-dix-sept, etc. Cependant, quatre-vingts et six-vingts renferment toujours le trait d’union, bien que le sens n’admette pas la conjonction et.
Règle générale: Il faut un trait d’union dans les mots composés commençant par arrière, demi, mi, quasi, sous, vice, contre; il faut le supprimer dans les mots commençant par anti, archi, co, extra, juxta.
Tout à fait, tout à coup, tout d’un coup s’écrivent sans trait d’union.
Le trait d’union ne s’emploie plus après très: Très bien.
On écrira: Par ici (par cet endroit-ci), par là (par cet endroit-là): allez par là; mais la locution adverbiale par-ci, par-là exige le trait d’union. Voir T.
Trapèze.—Est du masculin.
Travers.—À travers est toujours suivi d’un régime simple, et se dit principalement pour désigner un passage vide, libre. Passer sa main à travers les barreaux. Aller à travers les bois, à travers les champs, à travers champs. Ce n’est qu’avec l’article contracté ou exprimé et simplement au sens partitif qu’on peut dire, à travers du, à travers de la, à travers des. Le chien poursuivit le lièvre qui s’enfuyait à travers des buissons épais.
Au travers est toujours suivi de la préposition de, et se dit pour désigner un passage qu’on se procure entre des obstacles ou en traversant un obstacle. Se faire jour au travers des ennemis. Percer au travers d’un bataillon. Se jeter au travers, tout au travers des périls.
A travers, au travers. De part en part. Un coup d’épée au travers le corps, à travers le poumon.
Tréma.—Les verbes en uer, ouer prennent le tréma aux premières et deuxièmes personnes plurielles de l’imparfait de l’indicatif et du présent du subjonctif: Je louais, nous louïons, nous accentuïons, que nous influïons, insinuïons, que vous remuïez, diminuïez, jouïez.
Trophée.—Est du masculin.
Tubercule.—Est du masculin.
Tulle.—Est du masculin.
Uhlan.—L’u est aspiré: Un corps de uhlans. Des uhlans (dè ulan).
Ulcère.—Est du masculin.
Un.—L’un l’autre, dont le féminin est l’une l’autre, et le pluriel les uns les autres, s’emploie lorsqu’on veut exprimer la réciprocité: Tous deux s’aidaient l’un l’autre à porter leurs douleurs, c’est-à-dire: l’un aidant l’autre, réciproquement. Il en est de même de l’un à l’autre, l’un de l’autre, l’un par l’autre, etc. Ils se nuisent l’un à l’autre (l’un nuit à l’autre). Ils se plaignent les uns des autres (les uns se plaignent des autres, et réciproquement).
L’Académie dit vingt et un, trente et un, etc., jusqu’à soixante et un; mais à ce mot, elle avertit qu’on dit aussi, mais moins bien, soixante-un. Les auteurs emploient indifféremment l’une ou l’autre forme. La grandeur de l’enfant naissant est ordinairement de vingt-un pouces.
On s’exprime également bien en disant: Cent un ou cent et un, deux cent un ou deux cent et un.
Autrefois, on disait, un chacun, un quelqu’un; aujourd’hui on supprime cet adjectif qui est complètement inutile; on dit toujours, chacun, quelqu’un.
Dans l’expression: sur les une heure (c’est-à-dire: vers une heure, à une heure environ), on ne fait pas sentir l’s de les.
Quand deux adjectifs sont unis par et, on répète un quand on parle de deux choses, dont l’une est bonne en partie, etc., et l’autre mauvaise, etc. Il y a un bon et un mauvais goût, et l’on dispute des goûts avec fondement.
Vacant, Vaquant.—Vacant est adjectif. Maison vacante.—Vaquant est le participe présent de vaquer. C’est en vaquant aux affaires sérieusement que vous apprendrez le commerce.
Vaincre.—Pour toutes les formes personnelles, ce verbe a deux radicaux: vainc avant une consonne, et vainqu avant une voyelle: Je vaincrai, vainquez.
Vénéneux, Venimeux.—Vénéneux signifie: qui renferme un venin; se dit principalement des plantes. Fruit vénéneux.—Venimeux signifie: qui communique un venin. Il ne se dit proprement que des animaux qui transmettent eux-mêmes leur venin, ou des organes à l’aide desquels ils le communiquent. Le scorpion est venimeux.
Venise, Vénitien.—On doit écrire Venise (sans accent); et vénitien (avec accent).
Verbe.—Lorsque le même complément ne peut servir à plusieurs verbes à la fois, il faut donner à chacun d’eux le complément qu’il lui convient. Ainsi l’on ne dirait pas bien: Le roi de France avait su connaître et se servir de ses avantages. Le courrier va et revient de Québec en trois jours. Le complément de ses avantages ne peut servir en même temps aux deux verbes connaître et se servir; le complément de Québec ne convient pas à la fois aux verbes va et revient; il faut dire: Le roi de France avait su connaître ses avantages et s’en servir. En trois jours ce courrier va à Québec et en revient.
On remarquera que cette règle s’applique à tous les mots dont le sens exige des compléments de forme différente. Au lieu de: Il est utile et chéri de ses concitoyens; il a parlé en même temps contre et en faveur de ses adversaires; il faut dire: Il est utile et cher à ses concitoyens; il a parlé en même temps contre ses adversaires et en leur faveur.
Vérité, Véracité.—Vérité marque surtout une qualité des choses, leur conformité à ce qui est.—Véracité marque une qualité des personnes, la conformité de leur langage à ce qui est. La véracité d’un historien consiste à ne pas s’écarter de la vérité des faits. Cette distinction n’est pas rigoureuse.
Verni, Vernis.—Verni est le participe passé de vernir.—Vernis est le substantif.
Vertèbres.—Est du féminin.
Vestige.—Est du masculin. On n’y voit aucun vestige. S’emploie surtout au pluriel: Les derniers vestiges de cette révolution ont disparu.
Vilain.—Vilain homme se dit d’un homme au caractère faux, méchant.—Homme vilain: Celui dont le visage est déplaisant.
Ville.—Etre à la ville, signifie: n’être pas à la campagne. Il n’est pas parti pour voyage; il est à la ville.—Etre en ville: n’être pas chez soi. Il soupe en ville.
Vingt.—Quatre-vingts, adj. num. des deux genres. Quatre-vingts hommes. On l’écrit sans s quand il précède un autre adjectif de nombre: quatre-vingt-un. En vertu de cette règle on écrit quatre-vingt mille, et quatre-vingts millions, parce que mille est adjectif numéral, tandis que million est substantif.
On écrit: page quatre-vingt (c’est-à-dire: quatre-vingtième).
Violant, Violent.—Violant est le participe présent de violer: C’est en violant la foi jurée qu’il parvint à s’emparer de la ville.—Violent est adjectif: choc violent.
Vis-à-vis.—Quelques écrivains donnent à ce mot le sens de envers, à l’égard de. L’Académie ne lui reconnaît pas cette acception. Dites plutôt: sévère envers quelqu’un, que vis-à-vis quelqu’un.
Voici, Voilà.—Voici s’applique à ce qui va suivre: Voici ce que je vais lui dire.—Voilà s’applique à ce qui précède: Du pain et du fromage, voilà son déjeuner de tous les jours.
Nos Fautes de Prononciation.
A.—L’a en français est grave, il est vrai, dans certains mots, comme dans les terminaisons en ation, assion; dans cadre, théâtre, diable, mât, fable, sabre, etc., mais en général nous le prononçons grave dans une foule de mots où il est doux. Nous donnons par erreur le même son à phare et fort, tard et tort, vieillard et vieil or, etc. C’est un de nos principaux défauts de prononciation.
L’à marqué de l’accent grave est toujours doux. Çà et là, voilà.
L’â marqué de l’accent circonflexe est ordinairement grave. Les principales exceptions à cette règle sont la première et la deuxième personne des passés définis, et la troisième personne du singulier de l’imparfait du subjonctif de verbes en er: nous allâmes, vous allâtes, qu’il allât.
Abandonner.—Et non anbandonner, ni anbadonner.
Addition, Additionnel, Additionner.—Il faut prononcer les deux d: ad-dition, etc.
Aïeul.—a-ieul, et non a-ieuille (ll mouillées).
Allégeance.—al-léjance.
Allégorie, Allusion, Alluvion, Appellatif.—Prononcez les deux l: al-lusion, appel-latif, etc.
Alors.—Il ne faut jamais faire sentir l’s, même devant une voyelle (Bescherelle).
Alsace, Alsatien.—alzace, alza-cien.
Amazone.—amazone, et non amazône.
Anabaptiste.—anabatiste.
Annales, annexer, annihiler, annotation, annuaire.—Il faut prononcer les deux n: an-nalles, an-notation, etc.
Août.—ou, et non a-ou.
Appendice.—ap-pindise. Larousse ajoute: quelques-uns prononcent apandice.
Ararat.—arara.
Arcs-en-ciel.—arkanciel.
Arête.—Et non arêche.
Arrérages.—Et non arriérages.
Aurore.—orrore, et non ôrorre.
Austerlitz.—austerliss.
Avec.—avek, même devant une consonne. Avec vous: avek vou, et non avé vou.
Aveugle, Aveuglement, etc.—eu se prononce comme dans meule, et non comme dans peu.
Balayage, Balayer, Balayures.—balè-iage, balè-ié, etc., et non baliage, balier, etc.
Ballast.—bal-laste, et non à l’anglaise: bal-leuste.
Banjo.—ban-jo, et non à l’anglaise bann-djo.
Baptismal.—Le p est nul: batismal.
Bénéfice.—Et non bénifice.
Bengale.—bingale.
Benzine.—binzine, et non à l’anglaise: benn-zine.
Beurre.—Prononcez eu comme dans heure et non comme dans feu.
Blucher.—bloukère et non bloutcheurre.
Bœuf.—On prononce un beuffe, un beu gras; des beu.
Bonshommes.—Ce mot se prononce comme s’il s’écrivait en deux mots: bon-zomme, et non bonnomme. Dessiner des bonshommes sur une ardoise.
Broc.—brô, excepté dans l’expression: de bric et de broc (c’est-à-dire: de çà et de là, d’une manière ou d’une autre), où l’on prononce brok. Le c se prononce aussi devant une voyelle. Le broc est un vaisseau, etc. (le brok est....)
Bruxelles, Bruxellois.—brucel, brucelloi.
Caen.—can (ville de France).
Cafetière.—Et non cafiére.
Caleçon.—Et non canneçon.
Californie.—Et non califournie.
Calus.—càlu, et non câlu.
Canut.—canu et non canutt.
Carrousel.—carrouzel.
Cédille.—cédi-ie, ll mouillées, et non cédile.
Cénis.—céni, et non céniss.
Céruse.—Blanc de céruse, et non de cirusse.
Chardon.—Et non chadron, ni chardron.
Chèque.—shèque, et non à l’anglaise tchèque.
Chrysostome.—krisostomme, et non krisostôme.
Cicérone.—cicéroné, ou tchitchéroné (à l’italienne).
Clarinette.—Et non clairinette.
Clarté.—Et non clairté.
Cœur.—keur, et non quieur.
Colimaçon.—Et non calimaçon.
Colin-maillard.—Et non calimaya.
Collation, Collationner.—Collation (action de comparer deux écrits ensemble), collationner (comparer deux écrits ensemble) se prononcent col-lacion, col-lacionner. Il faut prononcer les deux l.—Collation (repas), collationner (faire le repas appelé collation) se prononcent: co-lacion, co-lacionner. On ne prononce qu’une l.
Commensurable, Commutation.—Il faut prononcer les deux m: com-mensurable, com-mutation.
Concombre.—Et non co-combre.
Congestion.—congesti-on, et non congession.
Constellation.—Il faut prononcer les deux l: constel-lation.
Contresens.—contresan, et non contresenss.
Coriace.—coriace, o aigu, et non couriace.
Corroyeur.—Et non correyeur.
Corvée.—Et non courvée.
Côtoyer.—Et non cotteyer.
Coutil.—couti, et non cotti.
Cuiller (ou cuillère).—cui-yère, et non cu-yère.
Czar.—kzarr, et non zarr.
Damas.—Le tissu se prononce dama, et la ville damasse.
Détritus.—détritusse.
Dévidoir.—Et non dividoir.
Digestion.—digesti-on, et non digession.
District.—distrik, d’après Larousse. Mansion dit que la t final ne se prononce plus, ou presque plus.
Dolce.—doltché.
Douloureux.—Et non douleureux.
Drachme.—drakme.
Ege, eige.—Nous prononçons trop grave la terminaison ège ou eige, comme dans neige, piège, collège, cortège, liège, siège, sacrilège, etc.
Ellébore.—Il faut prononcer les deux l: el-lébore.
Embouveter.—Et non embouffeter.
Emmancher.—an-mancher, et non a-mancher.
Encoignure.—L’i est nul: enco-gnure.
Endécagone.—indécagonne.
Ennoblir.—an-noblir.
Entame, entamer.—Et non entome, entomer.
Equerre.—ékerre, et non équière.
Errer, erreur.—Il faut prononcer les deux r: er-rer, er-reur.
Escroc.—escrô.
Estampe, estamper.—Et non étampe, étamper.
Esturgeon.—Et non éturgeon.
Eugène, Europe, Eustache, etc.—Et non ugène, urope, ustache, etc.
Exemption.—Il faut prononcer le p: examppcion.
Excuse.—eks-cuse, et non es-cuse.
Facétie.—facéci.
Fenil.—fenile, et non fani.
Fils.—fiss devant une consonne, et fiz devant une voyelle. Fils légitime (fiss); fils aîné (fiz).