Évangile.—Est du masculin.
Événement.—Ecrivez événement et non évènement.
Exact, Correct.—Il ne faut pas confondre ces deux mots. Un fait est exact s’il est conforme à la vérité; une phrase est correcte si elle satisfait aux règles de la grammaire. Le langage exact exprime précisément ce que celui qui l’emploie à envie d’exprimer; le langage correct ne pèche pas contre les règles de la grammaire.
Examen.—Est du masculin.
Excédant, Excédent.—Ne pas confondre ces deux mots. Excédant est le participe présent d’excéder, et est aussi adjectif. Sommes excédant la dette; les sommes excédantes. Excédent est substantif. Un excédent de forces. Excédant est aussi substantif, mais excédent est plutôt employé.
Excellant, Excellent.—Ne pas confondre ces deux mots. Excellant est le participe présent d’exceller. Des personnes excellant dans tout ce qu’elles entreprennent. Excellent est l’adjectif. Cœur excellent, musique excellente.
Exemple.—Est du masculin.
Expédiant, Expédient.—Ne pas confondre ces deux mots. Expédiant est le participe présent d’expédier. C’est en expédiant de la besogne que l’on avance. Expédient est adjectif ou substantif. Adjectif, il signifie, utile, convenable. Il est expédient de connaître ces particularités. Substantif: moyen de se tirer d’embarras. Il faut trouver quelque expédient.
Extravagant, Extravaguant.—Ne pas confondre ces deux mots. Extravagant est adjectif. Personne extravagante. Extravaguant est le participe présent du verbe extravaguer: Ce n’est pas en extravaguant que l’on convainc un auditoire.
Fabricant, Fabriquant.—Ne pas confondre ces deux mots. Fabricant est le substantif. Un fabricant de chapeaux, de chocolat. Fabriquant est le participe présent de fabriquer. Personnes fabriquant des chapeaux.
Faillir.—Verbe irrégulier. Le cœur me faut, et non me faillit. Je faux, tu faux, il faut, nous faillons. Je faudrai, je faudrais. Les formes: Je faillirai, je faillirais tendent à remplacer je faudrai, je faudrais.
Faire.—On prononce je fesais, tu fesais, il fesait, nous fesions, vous fesiez, ils fesaient; mais on écrit, je faisais, etc., nous faisions, etc.
Ne faire que, signifie: ne travailler à, ne s’occuper que d’une chose. Il ne fait que chanter, que sortir (il sort constamment; il sort à chaque instant). Ne faire que de, exprime une action qui vient de se faire à l’instant: Il ne fait que de sortir.
Falloir.—Il s’en faut de beaucoup, se dit lorsqu’il est question d’exprimer qu’une quantité n’existe pas à beaucoup près: Vous croyez m’avoir payé tout ce que vous me devez; il s’en faut de beaucoup. Il s’en faut beaucoup s’emploie quand il s’agit d’exprimer une grande différence de qualité entre deux personnes ou deux choses: Le cadet n’est pas si sage que l’aîné, il s’en faut beaucoup. Il s’en faut beaucoup qu’il fût aussi à plaindre que moi.
Fascicule.—Est du masculin. Livraison d’un ouvrage scientifique ou littéraire.
Fatigant, Fatiguant.—Ne pas confondre ces deux mots. Fatigant est adjectif. Travail fatigant. Fatiguant est le participe présent du verbe fatiguer. Une remontrance fatiguant celui qui en est l’objet.
Faute de.—On ne doit pas mettre de négation entre la locution prépositive faute de et un verbe. Ainsi, au lieu de: Faute de n’avoir pu se faire entendre... dites: Faute d’avoir pu se faire entendre...
Fautif.—Bescherelle dit: “Le peuple emploie souvent, mais à tort, fautif dans le sens de: Qui a failli. J’ai été réprimandé, et pourtant je n’étais pas fautif.”
Fibre.—Est du féminin.
Fixement.—Ecrivez fixement, et non fixément.
Flaque.—Est du féminin. Une flaque d’eau.
Fond, Fonds.—Ces mots sont souvent, mais à tort, pris l’un pour l’autre. Fond désigne l’endroit le plus bas, le plus reculé d’une chose: le fond d’un puits, d’une bouteille, d’une boutique, d’un port, d’un bois. Fond se dit aussi d’un terrain, par rapport à son degré de fermeté, à sa composition. Bâtir sur un mauvais fond, sur un fond d’argile. Fond désigne encore l’essentiel d’une chose par opposition à la forme. Le fond d’une doctrine.
Fonds désigne le sol d’une terre considéré relativement aux fruits qu’il produit. Cultiver un bon fonds. Aussi la propriété par opposition à l’usufruit. Il n’a que l’usufruit de cette terre, son père a le fonds. Fonds désigne une somme d’argent: N’avoir point de fonds pour payer. Vendre son bien à fonds perdu. Au figuré, on dira: Un fonds de vertu, un fonds d’idées saines.
Il faut dire fonts baptismaux, et non fonds.
Franc.—Franc de port. On peut dire: je vous envoie cette revue franc ou franche de port, car on peut à volonté considérer franc comme un adjectif qui s’accorde avec le nom qu’il qualifie, ou l’envisager comme faisant partie de la locution adverbiale franc de port, et le laisser invariable.
Froideur, Froidure.—Ne pas confondre ces deux mots. Froideur est la qualité de ce qui est froid, au propre et au figuré. La froideur de l’eau; la froideur de l’âme, d’un accueil.—Froidure désigne le froid répandu dans l’air. La froidure de la saison, du climat. Signifie aussi l’hiver. La triste froidure.
Fureter.—Ce verbe double le t dans tous les temps dont la terminaison est en e muet. Au lieu de: Je fur’te, ils fur’tent; dites: je furette, ils furettent.
Furoncle.—Est du masculin.
Fut.—Il faut écrire fut, troisième du personne singulier du passé défini du verbe être, sans accent circonflexe. Mais fût d’une arme à feu, d’une colonne; et fût, troisième personne du singulier de l’imparfait du subjonctif, s’écrivent avec l’accent circonflexe.
Gage.—Est du masculin. Il reçoit de bon gages, et non de bonnes gages. (V. Salaire à la partie de Nos Fautes.)
Galant.—Galant homme, homme galant. Il ne faut pas confondre ces deux expressions. Galant homme est celui qui joint à l’honnêteté et à la délicatesse, l’observation de toutes les convenances sociales. Vous pouvez confier votre affaire à un tel, c’est un galant homme.—L’homme galant est celui qui cherche à plaire aux dames. Femme galante se prend toujours en mauvaise part.
Il ne faut pas donner à galante femme le sens de femme aimable.
Gallon, Galon.—Ne pas confondre ces deux mots quant à l’orthographe. Le premier est une mesure de capacité. Gallon impérial. Le second est un tissu en forme de ruban. Galon de soie.
Garde.—Est du masculin lorsqu’il désigne un homme. Un garde national. Mais on dira: La garde nationale si l’on parle de l’ensemble des gardes nationaux.
Garde-robe.—Au féminin désigne une armoire, une chambre où l’on serre les habits. Au masculin, c’est un tablier pour garantir la robe.
Gens.—(Se prononce jan). L’adjectif qui précède immédiatement le mot gens se met au féminin. Ce sont de fines gens, de fort dangereuses gens. Quelles méchantes gens! Ce sont les meilleures gens du monde. Gens veut au masculin les adjectifs qui le suivent. Voilà des gens bien fins. Ce sont des gens fort dangereux.
Si l’adjectif venait à précéder le mot gens par inversion, cet adjectif ne se mettrait pas au féminin, mais au masculin. On dira donc: Instruits par l’expérience, les vieilles gens se tiennent sur leurs gardes.
Lorsque le mot gens est immédiatement précédé des mots tout, certain, quel, tel, ces adjectifs se mettent au féminin. Il s’accommode de toutes gens. Certaines gens. Lorsque tout, tel, quel, certain ne précèdent pas immédiatement le mot gens, ces adjectifs se mettent au masculin. Tous ces gens-là. Tels sont les gens d’aujourd’hui. Quels sont les gens que vous fréquentez? Certains honnêtes gens. Si cependant le mot gens était précédé d’un adjectif ayant une terminaison différente pour les deux genres, tout, certain, quel, tel se mettraient au féminin. Quelles bonnes et dignes gens! Quelles viles et méchantes gens!
Lorsque gens désigne une profession, une catégorie d’individus, telle que gens de lettres, gens de robe, gens d’épée, les adjectifs qui s’y rapportent, quelle que soit leur place, se mettent au masculin pluriel. Les vrais gens de lettres. Chez les premiers gens d’affaires.
L’expression jeunes gens forme une sorte de substantif composé; les adjectifs qui s’y rapportent se mettent toujours au masculin pluriel. Ces bons jeunes gens.
Geôlier.—Ecrivez geôlier, et non géolier, ni géôlier, et prononcez jôlier. L’é qui suit le g est là pour en adoucir la prononciation, et ne doit pas être prononcé. Il en est de même pour geôle.
Globe.—Le globe et la cheminée d’une lampe sont deux choses différentes. Le globe est une espèce de boule creuse, le plus souvent en verre dépoli, qui s’emboîte par dessus la cheminée; celle-ci est le tube en verre qui s’applique directement sur le bec de la lampe. Cette cheminée s’appelle aussi verre de lampe.
Goéland, Goélette.—Ecrivez goéland, goélette, et non goêland, goêlette. Prononcez go-élette, et non golette.
Goutte.—Ne voir goutte, n’entendre goutte. Dans ces expressions on ne doit faire usage du pronom y que lorsqu’il doit rappeler l’idée d’un mot précédemment énoncé. On dit très bien: Il fait obscur ici, je n’y vois goutte. Cette affaire est fort embrouillée, je n’y entends goutte; mais c’est mal s’exprimer que de dire: C’est un homme qui n’y voit goutte, il est aveugle. Il est sourd, il n’y entend goutte. Dans ces phrases le mot y est de trop.
Gradation, Graduation.—Il ne faut pas confondre ces deux mots. Gradation est l’augmentation successive par degré. Avec une gradation lente et ménagée on rend l’homme intrépide à tout. Graduation signifie: division en degrés. Graduation d’un thermomètre.
Grand.—Ne pas confondre les expressions grand homme et homme grand. Un grand homme est un homme illustre.—Un homme grand est un homme de haute taille. Napoléon était un grand homme, mais était petit de taille. C’est un homme grand, il a six pieds.
Voici l’orthographe des principaux mots composés commençant par grand: grand-chantre, grand-livre, grand’maman, grand’mère, grand’messe, grand-père, grand’tante.
Grand’chose, Grande chose.—Ne pas confondre ces mots. Grand’chose signifie: chose considérable. Cette expression est familière, et s’emploie le plus souvent avec la négation dans un sens de mépris: Vous ne valez pas grand’chose, aussi dans le sens de peu: Celui que les journaux peuvent dépouiller n’a pas grand’chose à perdre.—Grande chose. C’est une grande chose signifie: c’est important, c’est une chose importante. C’est une grande chose que de savoir se contenir.
Guère.—Demande la négation. Il n’a guère le temps, et non il a guère le temps.
H.—Cette lettre est du féminin, quand, d’après l’ancienne méthode, on la prononce ache. Une h muette. Elle est du masculin, quand, d’après la méthode moderne, on la prononce he, faisant à peine sentir l’e muet: un h (he).
L’h des mots commençant par habi, héca, hélio, hémi, hexa, hipp, homo, hos et hy n’est pas aspirée.
Habileté, Habilité.—Ne pas confondre ces deux mots. Habileté, c’est la qualité de celui qui est habile, entendu, perspicace, adroit. L’habilité est un terme de jurisprudence. C’est la qualité de celui qui est apte à une chose. Habilité à succéder.
Haim.—Ce mot est français, et signifie hameçon; mais la lettre h est aspirée. Près du haim, et non près de l’haim.
Haïr.—Je hais, et non je haïs. Ce verbe garde le tréma à la première et à la deuxième personne plurielle du passé défini: nous haïmes, vous haïtes. Tous les autres verbes prennent l’accent circonflexe à ces personnes. Il faut dire ils haïssent, et non ils haient.
Havre.—Ecrivez havre sans accent circonflexe, et non hâvre.
Hémisphère.—Est du masculin.
Hémistiche.—Est du masculin.
Hiéroglyphe.—Caractères écrits sur les murs des temples et sur les monuments égyptiens. Est du masculin.
Hiver.—Est du masculin.
Honnête.—Homme honnête, honnête homme. Ne pas confondre ces deux expressions. Un honnête homme est un homme qui a de la probité, ou simplement qui a un rang, de la fortune et qui jouit de l’estime publique.—Un homme honnête est un homme poli, qui observe toutes les bienséances et tous les usages de la société.
Hôpital.—Est du masculin.
Horoscope.—Est du masculin.
Hors d’œuvre.—Il ne faut pas confondre hors d’œuvre, sans trait d’union, et hors-d’œuvre, avec un trait d’union. Le premier est une locution adverbiale. Cabinet hors d’œuvre (détaché du corps du bâtiment). Cette description est hors d’œuvre (c’est-à-dire: on pourrait la retrancher sans nuire à l’ensemble).—Hors-d’œuvre avec un trait d’union est substantif masculin. Cette partie de l’édifice est un hors-d’œuvre. Cet épisode est un hors-d’œuvre.
Hortensia.—Arbrisseau du Japon, dont la fleur en boule est d’un rose tendre. Est du masculin.
Hospice.—Est du masculin.
Hôtel.—Est du masculin.
Hydre.—Est du féminin.
Hyménée.—Est du masculin. Toute l’année n’est qu’un hyménée joyeux. Si l’on veut désigner les fêtes antiques données en l’honneur du dieu Hymen, il faut mettre hyménées au féminin pluriel.
Hypothèque.—N’écrivez pas hypothêque, mais hypothèque.
Idiome.—S’écrit sans accent circonflexe: idiome, et non idiôme, mais se prononce idiôme.
Ignorant.—On dit: Ignorant en, sur et de. Quand il s’agit d’une science ou de la partie scientifique d’un art, ignorant régit en devant le nom de la science ou de l’art (il est fort ignorant en géographie, en astronomie); et sur devant une expression générale (il est ignorant sur ces matières-là). Il régit aussi la préposition de, mais lorsqu’il ne s’agit ni de science ni d’art: C’est un homme fort ignorant des choses du monde.
Imaginer.—Avec imaginer, les pronoms me, te, se, nous, vous sont compléments indirects, et ne commandent pas l’accord du participe: Elle s’est imaginé que vous la cherchiez, c’est-à-dire, elle est ayant imaginé à soi. Mais dans la phrase: Voici la chose qu’elle s’est imaginée, le participe varie, et s’accorde, non pas avec se mis pour elle, mais avec le complément direct que mis pour chose.
S’imaginer ne demande pas de préposition devant l’infinitif qui suit: Il s’imagine être un grand docteur.
Immondice.—Est du féminin.
Impasse.—Situation embarrassante. Rue qui n’a point d’issue. Est du féminin.
Incendie.—Est du masculin.
Inclinaison, Inclination.—Ne pas confondre ces deux mots. Inclinaison: obliquité des lignes droites ou des surfaces planes sur le plan de l’horizon. L’inclinaison du terrain, d’un mur.—Inclination: action de pencher la tête ou le corps. Il fit une profonde inclination de tête. Disposition et pente naturelle à quelque chose. Il ne se dit guère que des personnes. Inclinations vertueuses, vicieuses, basses.
Inconnu.—Dites: Inconnu à. Inconnu de ne s’emploie qu’en poésie. Vous est-il inconnu? Plante inconnue aux botanistes, et non des botanistes.
Infatigable.—Ecrivez infatigable et non infatiguable.
Inhabileté, Inhabilité.—Ne pas confondre ces deux mots. Inhabileté signifie: manque d’habileté. Cet ouvrier est d’une incroyable inhabileté.—Inhabilité est un terme de jurisprudence et signifie incapacité. La condamnation à une peine infamante perpétuelle emporte inhabilité à recueillir aucune succession. (Acad.)
Inquiet.—Être inquiet de exprime la cause de l’inquiétude. Elle est inquiète de ne pas recevoir de nouvelles.—Être inquiet sur exprime l’objet de l’inquiétude. Il est inquiet sur cette affaire, sur le sort de son ami.
Insulter.—Insulter quelqu’un signifie: le maltraiter de fait ou de parole: Il est allé l’insulter jusque chez lui.—Insulter à quelqu’un, à quelque chose: manquer à ce que l’on doit aux personnes ou aux choses. Il ne faut pas insulter aux malheureux. Insulter à ses juges, au public, à la misère publique.
Interligne.—Espace entre deux lignes. Est du masculin. Ce mot est du féminin en termes d’imprimerie. C’est une lame de métal pour séparer les lignes.
Intermède, Entr’acte.—Ne pas confondre ces deux mots. Intermède est le nom donné à de courtes compositions poétiques, dramatiques, musicales ou chorégraphiques, destinées à être offertes aux spectateurs entre deux pièces de plus grande dimension ou entre les actes d’une même pièce. Intermède de musique.—Entr’acte: intervalle entre deux actes d’une même pièce de théâtre: Entr’acte trop long.
Interstice.—Intervalle de temps. Espace entre les molécules des corps. Est du masculin.
Intervalle.—Est du masculin.
Intriguant, Intrigant.—Ne pas confondre ces deux mots. Intriguant est le participe présent du verbe intriguer: C’est en intriguant qu’il réussira.—Intrigant est adjectif ou subst. C’est un homme fort intrigant; c’est un intrigant.
Iode.—Est du masculin.
Isthme.—Est du masculin.
Jalousie, Persiennes.—Ne pas confondre ces deux mots. Les jalousies sont des lames mobiles que l’on met aux fenêtres, et que l’on abaisse ou relève au moyen d’un cordon; tandis que les persiennes sont les cadres de bois sur lesquels se posent les lames fixes ou mobiles, qui protègent du soleil, et que l’on place à l’extérieur des maisons.
Japper.—V. Aboyer.
Je.—Ne dites pas: sens-je, dors-je? mais senté-je, dormé-je? Lorsque l’oreille est frappée désagréablement par le son, il faut employer de préférence une autre tournure de phrase. Est-ce que je dors? etc.
Je se répète devant les verbes qui sont à des temps différents. Je sors aujourd’hui, et je sortirai tous les jours. Quand les verbes sont au même temps et qu’il n’y a pas d’opposition, on peut ne pas répéter le pronom: Je lis et chante tour à tour.
Jet d’eau.—Jet d’eau, jeu d’eau. Ne pas confondre ces deux expressions. Jet d’eau désigne l’eau qui jaillit d’un tuyau et s’élève à une certaine hauteur; et aussi la pièce au bas d’un châssis pour rejeter l’eau pluviale.—Jeu d’eau se dit de la diversité des formes que l’on fait prendre aux jets d’eau en variant les ajutages.
Jeune.—Jeune homme, homme jeune. Ne pas confondre ces deux expressions. Jeune homme: adolescent, homme peu avancé en âge. Un jeune homme est toujours bouillant dans ses caprices.—Homme jeune est un homme fait qui n’est ou ne paraît pas avancé en âge.
Jouer.—A l’imparfait de l’indicatif écrivez: nous jouïons, vous jouïez, et au présent du subjonctif: que nous jouïons, que vous jouïez.
Jouer de son reste, jouir de son reste. Ne pas confondre ces deux expressions. Jouer de son reste signifie: employer les moyens extrêmes après lesquels on n’a plus de ressources. Se dit aussi des dernières ressources, du dernier parti qu’on tire de sa place, de sa position. Ce ministre joue de son reste.—Jouir de son reste: se livrer à des plaisirs dont on sera bientôt privé.
On disait autrefois, et on dit encore souvent: toucher du piano, pincer de la guitare, sonner de la trompette, donner du cor, etc. Mais jouer se dit aujourd’hui de tous les instruments de musique (à vent, à cordes ou à clavier).
Jusque.—Suivi de là adverbe, jusque prend toujours un trait d’union. Ils en vinrent jusque-là (c’est-à-dire, à tel point) que l’on crut qu’ils allaient se battre.
Kiss.—Ce terme anglais s’emploie à tort pour désigner la meringue: espèce de pâtisserie fort délicate faite avec des blancs d’œufs et du sucre en poudre, que l’on garnit de crème fouettée ou de confitures.
Lacer, Lasser.—Ne pas confondre ces deux mots quant à l’orthographe. Lacer signifie: serrer avec un lacet: lacer une chaussure. Lasser signifie: fatiguer, importuner. Cet enfant lasse tout le monde. L’a de lacer est bref, et celui de lasser est long.
Laideron.—-Est du féminin. Signifie: jeune fille ou jeune femme laide. Laideronne comme féminin de laideron ne s’emploie plus, et l’Académie le condamne.
Lange.—Est du masculin. Couvrir un enfant de langes fins, soyeux.
Laque.—Est des deux genres. Au féminin laque désigne un suc résineux extrait de certains arbres de l’Inde. Laque verte. Au masculin, laque désigne certains ouvrages, le plus souvent en carton, recouverts d’un très beau vernis. Voilà du vrai laque. Laque, masc., est aussi le nom d’un vernis.
Latins.—Mots latins francisés. L’orthographe de ces mots est arbitraire. Il s’écrivent avec ou sans italiques: in extremis, ad rem; avec ou sans trait d’union: in partibus, in-plano; avec ou sans accent: miseréré, desideratum; avec ou sans majuscule: Un Ave, l’angelus. Le pluriel se forme d’une manière arbitraire: Pater; desiderata, Salvés, in quarto, etc. Il n’y a donc pas de règle générale, et il faut recourir au dictionnaire chaque fois qu’il y a doute.
Lazaret.—Signifie en français: établissement où l’on met en quarantaine les hommes, les marchandises. Ne s’emploie plus dans le sens de léproserie (hôpital pour les lépreux).
Le.—Le pronom le garde la forme du masculin lorsqu’il rappelle l’idée exprimée par un adjectif ou par un substantif pris adjectivement; il est mis alors pour le mot cela ou pour tel, telle. Madame, êtes-vous malade? Oui je le suis (c’est-à-dire: je suis cela, malade).
Si le pronom le rappelle l’idée exprimée précédemment par un substantif ou par un adjectif pris substantivement, l’accord de le se fait avec ce substantif; il est mis alors pour lui, elle, eux, elles. Madame, êtes-vous la malade? Oui je la suis (c’est-à-dire: je suis elle). Messieurs, êtes-vous les avocats que j’ai fait demander? Non, nous ne les sommes pas.
Leur.—On peut se trouver embarrassé sur la question de savoir si l’adjectif leur doit être écrit au singulier ou au pluriel. Il faut, dans ce cas, remplacer leur par l’article, et mettre après le substantif l’un des mots de lui, d’elle, d’eux, d’elles, de nous, de vous. Si le sens exige l’article au pluriel, le substantif et par conséquent l’adjectif leur devront être au pluriel: dans le cas contraire, ils seront au singulier. Exemples: Ils entassaient dans leurs chapeaux des pièces d’or et d’argent (dans les chapeaux d’eux). Les Visigoths furent battus à Vouillé; Alaric, leur roi, fut tué par Clovis (le roi d’eux).
On met au singulier le substantif déterminé par leur quand le sens de la phrase indique clairement que ce substantif ne représente qu’un seul objet possédé en commun. Mon père et ma mère ont vendu leur mobilier.
Au contraire, on met au pluriel leur et le substantif qu’il détermine, quand, d’après le sens du discours, ce substantif doit représenter nécessairement plusieurs objets possédés: Que de gens regrettent d’avoir quitté leurs villages pour aller habiter les villes!
Leur s’emploie aussi substantivement pour ce qui est à eux, à elles. Qu’ils gardent ce qu’ils ont, je ne veux rien du leur (Acad.).
Leurre.—Signifie appât, piège. Est du masculin: La loterie est un leurre funeste à beaucoup de gens de bien.
Liaison.—Dans quelques occasions, comme lorsqu’il s’agit de locutions toutes faites, et devenues pour ainsi dire proverbiales, comme: du blanc au noir, franc étourdi, porc-épic, on prononce: du blan-kau-noir, fran-kétourdi, por-képic.
Bescherelle dit qu’il faut prononcer: un commun-n-espoir, et non: un commu-n-espoir. C’est-à-dire que les adjectifs terminés par n se lient au substantif qu’ils qualifient, tout en conservant la nasalité.
Si un adjectif terminé par n se trouve immédiatement suivi du nom auquel il a rapport, et que ce nom commence par une voyelle ou une h muette, l’n perd le son nasal et se lie à la première syllabe du nom. Bon ouvrage, ancien ami, se prononcent bo-nouvrage, anciè-namie. Il en est de même pour un, mon, ton, son, s’ils ne sont séparés du nom que par d’autres adjectifs qui y ont rapport. Un excellent ouvrage, mon intime et fidèle ami se prononcent eun-nexcellent, mo-nintime. Hors de là, on conserve la nasalité, même quand le mot suivant commence par une voyelle ou par une h muette: Ce projet est vain et blâmable, ancien et respectable (vain-né, ancien-né).
On, avant le verbe dans les propositions positives, n’a pas le son nasal, et se lie à la syllabe suivante. On aime, on honorera se prononcent: on-naime, on-nonorera. Dans les phrases interrogatives, on étant après le verbe, ou du moins après l’auxiliaire, est purement nasal, malgré les voyelles suivantes: A-t-on eu soin? Est-on-ici pour longtemps? En aurait-on été assuré? (a-t-on-eu, est-on-ici, etc.).
Jamais les mots en an ne doivent se lier avec les voyelles qui les suivent. Ainsi, il faut prononcer sans liaison: un courtisan adroit; un ouragan affreux. Même règle pour les mots terminés en ein, comme dessein. On fait quelquefois exception pour le mot plein.
Sauf bien peu d’exceptions, que l’usage peut faire connaître, il n’y a point de liaison après les substantifs terminés en en, ein, in, ion, oin, ouin, on.
P final se prononce dans beaucoup et trop suivi d’une voyelle. Il a beaucoup étudié. Il est trop entêté. S’il n’est pas suivi d’une voyelle, on ne le fait pas sentir. Le p de coup se prononce aussi dans le discours soutenu lorsqu’il est suivi d’une voyelle. Coup inattendu. Coup extraordinaire.
Dans le discours soutenu, et surtout dans les vers, l’r finale des infinitifs en er peut très bien se lier avec la voyelle d’un mot suivant; il faut respecter et chérir la vertu; il voulait aller attaquer l’ennemi (respecté-r-et, allé-r-attaquer). Dans la conversation ces liaisons seraient affectées et ridicules.
Les adjectifs en er se lient à la voyelle du substantif suivant, même dans la conversation. Un premier amour, un dernier adieu, un léger effort (premié-ramour, dernié-radieu, légé-reffort). Mais les substantifs en er ne sont susceptibles d’aucune liaison avec le mot suivant. L’étranger est en fuite. Le meunier ajouta.... (l’étrangé-est, le meunié-ajouta). La même remarque s’applique à l’adjectif quand il n’est pas suivi d’un substantif. Au lacet meurtrier abandonner ses frères (meurtrié-abandonner).
Si, dans la lecture soutenue et à la tribune, on dit toujours: des amis attentifs (ami-zattentifs), on prononce fort bien dans la conversation: des ami-attentifs.
On ajoute une s euphonique et un trait d’union à la seconde personne de l’impératif terminée en e et suivie des pronoms y ou en. Portes-y ce livre. Donnes-en beaucoup. Cependant, si en est préposition, le verbe s’écrit à la manière ordinaire et sans trait d’union. Mange en homme bien élevé, et non pas en rustre.
Lorsque.—L’e de ce mot ne s’élide que devant il, elle, on, un, une. C’est une faute d’écrire lorsqu’eut lieu l’élection; lorsqu’Ugolin fut condamné à mourir de faim.
Losange.—Est des deux genres. Au masculin, c’est un parallélogramme dont les quatre côtés sont égaux sans que les angles soient droits. Au féminin c’est une note de musique, de la forme d’un losange, qui vaut la moitié de la carrée.
Lui.—On pourra dire en parlant d’un chat, d’un chien, auquel on est attaché: je n’aime que lui; et cependant, en parlant d’un cheval, on ne pourra pas dire qu’on ne s’est pas encore servi de lui; il faudra dire: qu’on ne s’en est pas encore servi.
On ne doit pas employer indifféremment de lui et de soi. Quand on parle en général, et sans indiquer la personne qui est le sujet de la phrase, il faut se servir de soi. Que chacun prenne garde à soi. Mais lorsque la personne qui est le sujet de la phrase est désignée, il faut mettre lui: Que cet homme prenne garde à lui. V. Soi.
Mademoiselle.—L’abréviation de mademoiselle est Mlle, et de mesdemoiselles, Mlles. On écrit ce mot au long, en adressant une lettre. Mademoiselle s’écrit avec une minuscule dans le corps d’une phrase. Excusez, mademoiselle.
Maigre.—Un repas maigre est un repas où il n’y a pas de viande, et un maigre repas est un repas où il y a peu à manger.
Majuscules, Minuscules.—Église avec une majuscule désigne la communion des fidèles, et église avec une minuscule, le temple.
Il faut écrire avec des majuscules, entre autres mots, les noms des peuples quand ils ne sont pas pris adjectivement. Un Français, un Anglais; mais on dira un paysan français, un marin anglais.
On écrit: Dieu est l’Etre suprême. Adorer l’Eternel, le Tout-Puissant, le Très-Haut, le Fils.
Ecrivez Etat, signifiant un gouvernement, un empire; Parlement, Chambre: l’ensemble des corps délibérants d’un gouvernement, des députés, surtout si ces mots sont pris dans le sens absolu (cette règle n’a pas l’air d’être rigoureuse); Apôtre quand on désigne spécialement l’apôtre saint Paul; Il, tenant la place de Dieu.
Prennent la minuscule les noms des diverses religions: le christianisme, le mahométisme; les noms des sectaires et les partisans des doctrines religieuses: les luthériens, les juifs; les noms des membres des ordres monastiques: les carmes, les ursulines; les points cardinaux: le nord, le sud. De même on dit, le czar, le bey, l’émir. (V. Saint, Monsieur.)
Malhonnête.—Adjectif des deux genres. Il a deux sens différents, et il se dit des personnes et des choses. Appliqué aux choses, il se met après le substantif; avec un nom de personne, il précède ou il suit le substantif, selon le sens. Un malhonnête homme est un homme qui manque d’honneur, de probité. Un homme malhonnête est un homme incivil.
Maltraiter.—Ne pas confondre maltraiter et traiter mal. Maltraiter signifie: traiter durement, en paroles et en actions; ou biens faire préjudice à quelqu’un. Il l’a maltraité de coups, en paroles. Cet homme a fort maltraité son fils dans son testament. Traiter mal signifie: mal régaler quelqu’un, lui faire faire mauvaise chère ou bien en user mal avec lui. Aux temps composés, le génie de notre langue exige que l’adverbe mal passe avant le participe: il m’a mal traité; de sorte qu’à la prononciation, cette expression peut se confondre avec celle-ci: il m’a maltraité. Pour éviter l’équivoque, il suffira d’ajouter un modicatif tel que bien, fort, assez, à l’adverbe mal, qui alors pourra se placer après le participe: il m’a traité fort mal.
Mânes.—Est du masculin.
Manœuvre.—Est des deux genres. Au masculin désigne un homme qui travaille des mains, un apprenti qui sert les maçons. Au féminin: action de gouverner, de conduire un vaisseau, moyen qu’on emploie pour réussir, etc.
Mansarde, Lucarne.—Ces mots ne doivent pas être confondus. La mansarde, entre autre choses, est une fenêtre pratiquée dans la partie antérieure, presque verticale, d’un comble brisé (comble composé d’une partie presque verticale et d’une autre inclinée). Lorsque la toiture a la forme d’un A, on appelle lucarne la fenêtre ménagée dans cette toiture.
Masculin.—-Les mots suivants s’emploient seulement au masculin: Amateur, artisan, censeur, chef, défenseur, docteur, écrivain, grognon, imposteur, peintre, philosophe, poète, possesseur, professeur, sauveur, successeur, témoin, traducteur: Elle fut le seul témoin de l’accident; elle est bon auteur, bon peintre, grand philosophe, etc.
Matinal, Matineux, Matinier.—Ne pas confondre ces trois adjectifs. Matinal, qui s’est levé matin (Vous êtes bien matinal aujourd’hui).—Matineux, qui est dans l’habitude de se lever matin (Il faut être plus matineux que vous n’êtes).—Matinier, qui appartient au matin. Il n’est guère usité que dans cette expression: L’étoile matinière. C’est donc une faute de dire: Je suis toujours matinal. Dites: Je suis matineux.
Méchant.—Méchant a divers sens, suivant qu’il précède ou qu’il suit le substantif. Une méchante épigramme est une épigramme sans sel et sans esprit. Une épigramme méchante est une épigramme pleine de traits malins et piquants. Méchant homme a rapport aux actions; homme méchant, aux pensées et aux discours. L’un fait des méchancetés, l’autre en pense et en dit. Avoir méchante physionomie, méchante mine, c’est avoir l’air ignoble et bas. Avoir une physionomie méchante, la mine méchante, c’est avoir la physionomie d’un méchant homme.