Exercer une fille. La baiser, pour lui apprendre le métier de fouteuse.
Exercice. Employé dans un sens obscène pour désigner l’acte vénérien.
La dame avait fait provision pour l’exercice du cas.
Nous employâmes plusieurs heures dans ce doux exercice.
Elle se trouva un peu gênée dans sa marche, mais elle l’attribua aux exercices un peu répétés de la nuit.
Exhiber ses pièces. Présenter son membre à la putain que l’on veut baiser et qui, elle, veut auparavant s’assurer que l’engin qui va besogner est sain et propre au service.
Exhibe tes pièces, mon petit chat.
Expédier. Faire jouir rapidement, en quelques coups de cul.
Exploits. Non ceux de Mars, dont nous ne nous occupons pas, mais ceux de l’amour.—C’est le nombre de fois que l’on a obtenu dans la même nuit ou journée les faveurs d’une femme.
L’on courut voir avec une lumière, s’il ne lui était point arrivé quelque malheur, et on le trouva tombé sur le carme qui exploitait la nourrice au pied d’un escalier.
Façon à une femme (Faire une). La baiser, la remuer du tranchant de la pine, comme le laboureur remue la terre du tranchant de sa charrue—pour la rendre féconde.
Façonner une femme. La baiser, lui faire une ou plusieurs façons, selon que l’on est bon ou mauvais laboureur.
Faire (Le). Faire l’amour,—façon bégueule de parler d’une chose toute naturelle.
Le faire, ma mie, c’est décharger.
Faire ça ou cela. Faire l’acte vénérien,—le péché dont on n’ose pas prononcer le nom et auquel on fait sans cesse allusion. Cela, c’est l’amour.
C’est que les grandes dames font ça par poids et mesures, et que, nous autres, c’est cul par-dessus tête.
Ah! maman, maman, que c’est bon!... Comme tu fais bien ça, mon chéri.
Ça n’t’empêchera pas de me faire ça, n’est-ce pas?—Aux p’tits oignons, mon infante!
Faire compter les solives à une femme. La renverser sur le dos et la baiser vivement,—acte pendant lequel, tout en jouissant, elle regarde au plafond et non ailleurs.
Faire chou blanc. Rater une femme.
Faire dégraisser (Se). Faire l’acte vénérien. Les bons coqs sont maigres, en effet.
Faire de l’œil. Provoquer un passant, par un coup d’œil, à monter tirer un coup de cul.
Faire descendre le Polonais. Expression usitée dans les bordels, lorsque les hôtes momentanés, les michés, font trop de vacarme: au lieu de menacer les perturbateurs d’aller chercher la garde, on les menace de faire descendre le Polonais—qui n’est autre, souvent, qu’un pauvre diable sans feu ni lieu recueilli par charité et logé dans les combles de la maison,—et les perturbateurs se taisent, effrayés par cette mystérieuse menace, par cette épée de Damoclès.
Faire des manières, des simagrées. Hésiter à prendre le cœur—et le membre—d’un homme; refuser son bonheur.
Ça fait des manières, et ça a dansé dans les chœurs.
Et comme elle se vantait d’être pucelle, elle croyait devoir encore faire quelques petites simagrées avant que de se rendre.
Faire durer le plaisir. Branler savamment un homme, et, au moment où l’on devine, à ses yeux tournés et à ses spasmes, que le sperme monte dans la colonne et qu’il va se jeter par-dessus le parapet, poser le doigt sur l’ouverture et ne le laisser s’échapper que par petits filets.
Faire en levrette (Le). Baiser une femme par derrière, cul contre ventre au lieu de ventre contre ventre, à la façon des chiens et non à la façon des bons chrétiens.—Voir aussi foutre en levrette.
Des baisers il vint aux attouchements et des attouchements à me mettre le vit au con, et me le fit encore une fois en lévrier, le con derrière.
Faire la carpe. S’évanouir sous l’homme, dans l’excès de la jouissance qu’il procure au moment de l’introït. Voir faire l’œil de carpe.
Faire l’amour. Accomplir le plus impérieux des devoirs et le plus sacré des besoins physiques et intellectuels.
Ferons-nous l’amour, cette nuit ?
Si tu veux, nous allons faire l’amour... c’est meilleur... Ote ton pantalon.
Faire la retape. Aller se promener sur les boulevards, pour y raccrocher des hommes et les amener baiser au bordel.
Faire la vie. Mener une vie débauchée, coucher tous les jours avec un nouvel amant lorsqu’on est femme, avec une nouvelle maîtresse lorsqu’on est homme.
Faire le boulevard. Se promener sur le boulevard des Italiens, ou sur le boulevard Montmartre, à l’heure où les hommes abondent, pour en raccrocher un ou plusieurs.—Se dit des lorettes, dans l’intervalle d’un entreteneur à l’autre.
Faire le chapeau du commissaire. Faire jouir un homme en lui suçant la pine et, en même temps, en lui pelotant doucement les couilles.
Tu me f’ras l’chapeau du commissaire?
Faire le con cocu. Enculer une femme—ou un homme.
Faire le dessus. Se placer dessus dans le duo amoureux, avec la femme dessous. Quelquefois, c’est la femme qui fait le dessus et l’homme le dessous. Voir la Diligence de Lyon.
Faire l’homme.
Faire le métier. Sous-entendu de putain.
Qu’ils sont jolis tes tétons! qu’ils sont ronds et fermes! je vois bien qu’il n’y a pas longtemps que tu fais le métier.
Faire le serrurier. Frotter longtemps son membre contre les parois du vagin d’une femme sans parvenir à éjaculer. Voir limer.
Faire le saut. Se dit d’une femme que l’insistance passionnée d’un homme oblige à se laisser baiser par lui.
Faire le trottoir. Se promener, décolletée, dans les rues, à la nuit tombante, en remuant habilement les fesses, pour allumer les hommes et les engager à venir au bordel voisin.
Mon cher, j’descends dans la rue; a y était qui f’sait l’trottoir.
Faire l’œil de carpe. Jouer de la prunelle d’un air langoureux, pour allumer, soit les hommes quand on est femme, soit les femmes quand on est homme.
Faire mettre (Se le). Sous-entendu: le membre viril dans le vagin ou dans le cul.
Faire minon-minette. Branler une femme avec la langue.
—Comment, ma mie, ça s’appelle quand on branle avec sa langue?—Faire minon-minette.
Faire mouiller la fesse (Se). Se faire baiser,—parce que dans l’averse de sperme qui tombe tout à coup sur elle, la femme n’a pas le temps d’ouvrir son parapluie et de préserver son ventre et ses fesses de l’inondation.
Faire pan pan. Baiser une femme, imiter avec la queue dans le vagin le bruit sourd du marteau de cordonnier frappant pour l’assouplir sur un morceau de cuir.
Faire plaisir. Faire jouir, soit en branlant, soit en baisant une personne.
Ah! petite bougresse! que tu me fais de plaisir!... Ahi! ahi! je décharge! je décharge!...
Faire postillon. Introduire son doigt dans le cul d’un homme, lorsqu’il vous baise, afin de le faire jouir plus vite.
—Rendre le même service à la femme, lorsqu’elle fait le dessus et vous le dessous, dans le duo vénérien.
Faire prier (Se). Se dit d’une femme qui refuse, ou fait semblant de refuser l’offre qu’un homme lui fait de son membre,—ce qui est refuser son bonheur.
Faire ramasser (Se). Se faire arrêter par les agents de police pour avoir excité les passants à la débauche, après onze heures du soir.
Si ben qu’eune nuit, c’était hors barrière, on m’ramasse... De là, au dépôt... Quand j’ai sorti, j’étais putain...
Faire relâche. Se refuser à toute conjonction, par maladie mensuelle ou par fantaisie pure,—ce qui est assez rare, qui a bu voulant toujours boire.
Faire remplir (Se). Se faire faire un enfant.
Faire river son clou. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
Faire sa merde. Faire des façons, des cérémonies—en parlant d’une femme qui ne veut pas être baisée.
Faire sa Sophie. Se dit de toute femme qui fait la sage quand il ne le faut pas.
A quoi ça m’aurait avancé de faire ma Sophie?
Faire sa toilette. Se laver après le coït, le cul lorsqu’on est femme, la queue quand on est homme, pour éviter les dangers qui résulteraient infailliblement d’une accumulation de sperme—et par amour de propreté, lorsqu’on s’est habitué dès l’enfance à être propre.
N’entre pas, mon chéri; attends que j’aie fini ma toilette.
Faire sauter le bouchon. Branler un homme, ou baiser avec lui,—ce qui, naturellement, provoque l’éjaculation du sperme.
Il se sent déjà des velléités pour cette friponne de Célestine, dont il est voisin, et qui joue avec lui de la prunelle à faire sauter le bouchon.
Faire ses petites affaires. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
Ils se firent allumer du feu dans une chambre où ils firent leurs petites affaires.
Faire soixante-neuf. Gamahucher une femme pendant qu’elle vous suce la pine,—ce qui ne peut se faire qu’en intervertissant mutuellement la position ordinaire au coït, c’est-à-dire en faisant d’un 6 un 9 et d’un 9 un 6: 69.
Faire son devoir. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
Il y vint tout apprêté en chemise pour faire son devoir.
Quand le mari fut couché et qu’il eut fait son devoir.
Faire son étroite. Faire la dégoûtée, en parlant d’une femme à qui un homme propose de la baiser.
Faire son Joseph. Résister aux avances d’une femme, comme le fils aîné de Jacob à madame Putiphar.
Faire son Palais-Royal. Se promener dans les galeries du Palais-Royal pour y raccrocher des hommes,—ce qui avait lieu surtout lorsque le Palais-Royal était un immense bordel où se donnaient rendez-vous, pour jouir, les membres virils des cinq parties du monde.
De tous les points de Paris, une fille de joie accourait faire son Palais-Royal.
Faire tête-bêche. Se placer mutuellement de façon que la pine de l’homme soit à la hauteur de la bouche de la femme qui la suce, et que le con de la femme soit à la hauteur de la langue de l’homme qui s’y introduit. De même, naturellement, entre tribades qui veulent jouir ensemble.
Faire tout. Ce qu’une fille qui raccroche un homme dans la rue lui promet de faire quand ils seront seuls dans une chambre du bordel; cela consiste à se mettre nue, à le branler, à le sucer, etc., etc.
J’te collerai cent sous... Mais tu m’f’ras tout!
Faire trêve du cul. S’arrêter dans l’acte vénérien.
Faire une cavalcade. La femme sur le dos et le vit dans le con, l’homme, au lieu de rester entre les cuisses de la dame, les serre l’une contre l’autre afin de jouir davantage et passe ses genoux par-dessus elle, comme s’il allait à cheval.
Ça fait des manières, un porte-maillot comme ça!... et qui en a vu, des cavalcades!
Faire une conquête. Débaucher une femme, une fille; l’emmener coucher.
Faire une fausse couche. Éjaculer en dormant, soit parce qu’on est couché sur le dos et que cette position vous met toujours en érection, soit parce qu’on a un songe libertin dans lequel on croit foutre réellement une femme.
Faire une femme. Distinguer parmi la foule, au bal ou au théâtre, une femme quelconque, qui vous porte à la peau, et l’emmener coucher.
En attendant, il a fait une femme superbe, dit un autre en voyant Rodolphe s’enfuir avec la danseuse.
—On dit aussi dans le même sens: Lever une femme.
Faire une fin. Se marier.—Après avoir bien vécu, bien fait la noce, devenir épicier, maître de bordel et... cocu, comme X, Y et Z, que tout le monde connaît.—Ces dames font également une fin.
Faire une grosse dépense. Faire de suite un grand nombre de fois l’acte vénérien.
Le duc de Saux avait fait la nuit une grosse dépense avec Louise d’Arquien, fameuse courtisane.
Faire une pince au bonnet de grenadier. Se dit des femmes qui, lorsqu’on les baise, se placent de façon à rendre l’introduction du membre moins facile et à faire supposer—aux imbéciles—qu’elles sont étroites.
Faire un homme. Jeter son hameçon dans une foule masculine, au Casino ou ailleurs, et le retirer avec un goujon au bout.
Les lorettes ne vont pas dans les réunions publiques pour autre chose que pour faire des hommes.
Faire venir l’eau à la bouche. Donner soif de fouterie à une vierge ou à un puceau, en faisant devant eux un tableau éloquent des béatitudes amoureuses.
Elle lui sait si bien représenter les douceurs de l’amour, avec des instructions et des naïvetés si plaisantes, qu’elle lui en fait venir l’eau à la bouche.
Faire venir le foutre à la bouche. Mettre une femme ou un homme en appétit d’amour, en patinant l’une ou en polissonnant avec l’autre.
T’es bien monté... mâtin! Ça vous fait venir le foutre à la bouche.
Faire vit qui dure. Être avare de son sperme, ne le dépenser qu’à bon escient, avec sa propre femme ou avec celles des autres, mais sans furie, sans extravagance, en homme qui tient à jouir jusqu’aux confins extrêmes de l’âge mûr.
Faire voir la feuille à l’envers. Baiser une femme dans les bois, parce qu’étant sur le dos et levant les yeux au ciel elle ne peut apercevoir que le dessous des feuilles d’arbre.
Faire voir la lune. Montrer son cul.
Faire zague, zague. Branler un homme.
Comtesse, empoigne-le par le milieu... Là! là!... à merveille! Promène ta main d’un bout à l’autre, et serre-le-moi fort, de peur qu’il n’échappe... Fais zague, zague... Ah!...
Faire zizi, panpan. Faire l’acte vénérien—si plein d’onomatopées.
Fait (Le). L’acte vénérien.
Faraud. Amant de cœur, maquereau.
dit l’auteur de la chanson sur le supplice de la Lescombat.
Farceuse. Gourgandine, femme dont le métier est de faire des farces aux hommes, c’est-à-dire de prendre leur argent et leur queue, et de se foutre d’eux après en avoir été foutue.
Farcy (La). Nom d’une maîtresse de bordel très connue à Paris, et qui n’a dans son troupeau que de très belles putains.
Farfadet. Nom qu’on donnait au XVIIIe siècle à une variété de maquereaux; témoin ce passage du Colporteur de Chevrier: «Croirait-on que quand ce guerluchon ne suffit pas, il est dupé lui-même par une troisième espèce appelée farfadet?» Voir Milord Pot-au-feu.
Farfouiller une femme. La baiser, ou quelquefois la peloter seulement.
Il était las de baiser, manier, fouiller et farfouiller.
Comme celle qui disait que Claude lui avait farfouillé dans son cul de devant.