Jeu renouvelé des Grecs. La pédérastie, qui était le vice de Socrate; ou le gougnottisme, qui était le vice de Sapho.

Socrate et Sapho la Lesbienne
Ont eu des goûts assez suspects:
Tous les jours en France on ramène
Leurs jeux renouvelés des Grecs.
Collé.

Jeux innocents. Ainsi nommés par antiphrase sans doute, puisque ce sont les jeux les plus libertins que l’on connaisse, le jeune homme pinçant le cul à la jeune fille, ou la jeune fille faisant une langue avec le jeune homme, devant les grands parents assemblés—qui n’y voient que du feu.

Pour ces jeux innocents, source de tant de fièvres,
Qui troublent les jeunes sens,
Un monsieur a baisé, devant les grands parents,
Tout en baisant la joue, un peu le coin des lèvres.
On a rougi cent fois...
A. Karr.

Jouer au trou-madame. Faire la chosette.

Il est très dangereux de jouer au trou-madame avec elle.

Tabarin.

Jouer aux quilles. Faire l’acte vénérien.

La tienne joue bien aux quilles.

Brantôme.
Que l’un sur l’autre ils tombèrent
En jouant au beau jeu de quilles.
(Recueil de poésies françaises.)
Bon compagnon et beau joueur de quilles.
La Fontaine.

Jouer des mains. Peloter les tétons et le cul d’une femme—qui ne hait pas ce jeu, même lorsqu’elle en a le plus l’air offensé.

Je me souviens... qu’il hasarda sur cela des manières et des tons de polissonneries, qu’il s’exposait déjà à jouer des mains.

La Popelinière.

Jouer des reins. Faire l’acte vénérien.

L’étudiant jouant avec vigueur des reins...

H. Monnier.

Jouer du croupion, ou du cul. Jouer des fesses, faire l’acte vénérien.

Et en même temps, lui, de jouer du croupion.

(Les Aphrodites.)
Ne jouez plus du cul, ma tante,
Ni moi aux dez, je le promets.
Agrippa d’Aubigné.
Le vieux Jaquet dans une étable,
Voyant Lise jouer du cu
Avec un valet à gros rable,
En va faire plainte au cocu.
Théophile.

Jouer du mirliton. Baiser une femme.

En jouant du mirlitir,
En jouant du mirliton.
(Refrain d’une chanson récente.)

Jouer du napoléon. Faire sonner son gousset en passant devant une femme que l’on suppose aimer cette musique-là.

Jouer du serre-croupière. Faire l’acte vénérien.

Joueuse de flûte. Fille ou femme entretenue, qui joue de la flûte avec les queues de ses contemporains.

Lorettes, cocottes et autres aimables joueuses de flûte, corruptrices de la jeunesse.

Ch. Coligny.

Jouir. Arriver au summum du plaisir par l’éjaculation spermatique. Jouir d’une femme, la faire jouir.

As-tu de l’abbesse
A la fin joui?
Collé.
Dans peu de temps d’ici, vous verrez un paillard
Qui viendra pour jouir de son beau corps gaillard.
Trotterel.
Entre ses bras l’heureux Adam la presse,
Brûle, jouit, et dans sa folle ivresse
Il répétait: Perdre ainsi c’est gagner.
Parny.

Ah! comme je jouis, mon Dieu! comme je... jouis!... Ça me va dans la plante des cheveux.

H. Monnier.
Il est une heure dans l’année
Où tout ce qui vit veut jouir,
Où la vierge et la graminée
Ressentent le même désir.
A. D.
Je possède l’art du casse-noisette
Qui ferait jouir un nœud de granit.
(Parnasse satyrique.)
Mais, pour faire jouir, j’ai d’ailleurs un moyen
Qui jusques à ce jour m’a réussi très bien.
L. Protat.

Tellement que s’ils voient passer quelqu’une dont ils aient déjà joui, ils ne disent pas simplement: J’ai baisé une telle, mais bien: J’ai foutu une telle, je l’ai chevauchée.

Mililot.

Pas sans moi! pas sans moi!... Ensemble!... joui... jouissons... ensemble... bien ensemble!...

H. Monnier.

Jouissance. L’acte vénérien, et ce qu’on y éprouve, qui n’a pas son analogue dans les autres plaisirs humains.

Et regardant la jouissance
Comme un pas dangereux qu’il nous faut éviter.
Grécourt.
Soudain par leur vive jeunesse
Vers la jouissance emportés,
Tous deux des molles voluptés
Boivent la coupe enchanteresse.
Parny.
... Il faut de tous ces dons savoir bien se servir,
Savoir les employer à donner du plaisir
A ceux qui dans nos bras cherchent la jouissance.
L. Protat.

Jouisseuse. Femme qui aime l’homme et qui, au lit, y va bon jeu, bon argent, donnant autant de coups de cul qu’elle reçoit de coups de queue.

Ce n’est pas une bégueule, c’est une vraie jouisseuse.

Lemercier.

Joujou. Celui de l’homme est son vit.

Vive ce beau joujou
Bijou
Que la tendresse
Dresse...

Celui de la femme est son con.

Ah! permets que je pose
Le petit bout
De ma langue amoureuse
Qui serait bien heureuse
Dans ton joujou.
Marc-Constantin.

Quand je n’aurais pas su d’avance que mon orifice était fait pour être pénétré, la nature et notre position m’auraient à l’instant révélé que nos deux joujoux étaient faits l’un pour l’autre.

(Mon noviciat.)

Joyau. Signifie:

1o Le membre viril.

Vous ne vous enfuyez de ce joyau qu’on vous fait voir, que parce qu’aussi bien il est trop loin de vous.

Ch. Sorel.

Je jouissais d’autant plus délicieusement, que j’avais longtemps langui après la possession du joyau qui était tout entier dans mon étui.

(Mémoires de miss Fanny.)

2o La nature de la femme.

Ce tablier couvre leur joyau, dont les Hottentots sont idolâtres.

Voltaire.
Voyez fille qui dans un songe
Se fait un mari d’un amant;
En dormant, la main qu’elle allonge
Cherche du doigt le sacrement;
Mais faute de mieux, la pauvrette
Glisse le sien dans le joyau.
Béranger.

3o La virginité.

Pour demander à ce peuple méchant
Le beau joyau, que vous estimez tant.
Voltaire.

Madame Brown me gardait toujours jusqu’à l’arrivée d’un seigneur avec qui elle devait trafiquer de ce joyau frivole qu’on prise tant et que j’aurais donné pour rien au premier crocheteur qui aurait voulu m’en débarrasser.

(Mémoires de miss Fanny.)

Jus de couillon. Le sperme, le nec plus ultra des jus.

Vous qui, du haut de ce balcon,
Riez de ma misère,
S’il pleuvait du jus de couillon,
On vous verrait sous la gouttière.
Piron.

Lorsque Molière fait dire à Elmire:

Aucun jus, en ce jour, ne saurait me charmer...

il a la même idée que Piron, seulement: il l’exprime d’une façon plus honnête.

L

Laboureur (Le). Le membre viril, qui est chargé de défricher les vagins vierges avec le soc de sa petite charrue, et de féconder les vagins stériles en déchargeant dedans.

Combien pourtant que bien faible me semble
Pour labourer à deux terres ensemble.
Cl. Marot.

Quoi faisant, j’appliquerai dorénavant mes dix mille écus à une terre que je labourerai tout seul.

(La France galante.)

Les autres enflaient en longueur par le manche que l’on nomme le laboureur de nature.

Rabelais.

Un demi-pied de la ressemblance du laboureur de nature.

Tabarin.

Lâcher. Quitter une femme dont on est l’amant, ou un homme dont on est la maîtresse.

Après? Milie veut te lâcher.

Ch. Monselet.

—On dit aussi, dans le même sens: lâcher d’un cran.

Laisser aller son chat au fromage. Se laisser foutre par un homme.

Dites-moy, et ne mentez point,
Vous êtes-vous laissée aller?
(Farces et Moralités.)

La fille a laissé aller le chat au fromage si souvent que l’on s’est aperçu qu’il fallait rélargir sa robe.

(Variétés hist. et littér.)

Laisser faire (Se). Consentir, quand on est femme et un peu amoureuse, à ce qu’un homme qui bande raide vous trousse, vous écarte les cuisses et vous baise.

Qui ne voulant perdre son temps,
Et craignant de mourir pucelle,
Se le laissa faire à dix ans.
Collé.

Après, elle lui laissa tout faire.

Tallemant des Réaux.

Chevaucher simplement une femme qui se laisse faire et que la honte ou la froideur empêchent de passer outre dans la recherche du plaisir, c’est une satisfaction commune.

Mililot.

Lance (La). Le membre viril, avec lequel on blesse agréablement les femmes, qui, toutes, adorent les lanciers. Une belle arme, la lance! De beaux hommes, les lanciers!

Il dit qu’il était aussi bien fourni de lance que la femme de cul.

Bonaventure Desperriers.

Et m’ayant montré sa lance, qui était droite, il me prit à force de corps et me coucha à la renverse sur le lit.

Mililot.

Langues (Faire une ou des). Introduire plus ou moins profondément sa langue dans la bouche d’une femme lorsqu’on est homme, d’un homme lorsqu’on est femme, ce qui donne un avant-goût du plaisir que l’on va goûter tout à l’heure en foutant. On dit aussi: faire langue fourrée.

Il lui fait une langue prolongée.

H. Monnier.
Puis, lorsqu’on a dormi, l’haleine est si mauvaise,
Que, pour faire une langue, on n’est pas à son aise.
Louis Protat.

Langue exercée. Qui possède à fond la science du gamahuchage, soit pour femmes soit pour hommes.

Dis à Sophie, à la langue exercée,
De démontrer sur Édile Reynier
Comment on fait l’amour au gynécée
Et sur quel rhythme il le faut pratiquer.
J. Duflot.

Lanla landerirette. Refrain de couplets qui sert à gazer les gros mots. Il représente tantôt le vit, tantôt le con, etc., etc.

Auprès de sa jeune épouse,
Un mari peu complaisant
Dans une fureur jalouse
S’écria: Rien n’est plus grand
Que ton lanla landerirette
Que ton lanla landerira.
A ce reproche, la femme
De ce mari peu galant
Répondit: Vilain infâme,
Que n’en puis-je dire autant
De ton lanla landerirette,
De ton lanla landerira!
Anonyme.

Lanterne. La nature de la femme, dans laquelle l’homme met sa chandelle—sans la moucher.

Margot s’endormit sur un lit
Une nuit toute découverte,
Robin, sans dire mot, saillit,
Il trouva sa lanterne ouverte.
(Cabinet satyrique.)

Larcins. Petits vols amoureux, commis lestement et adroitement: ravir des baisers à une fille, lui prendre les tétons, le cul, les cuisses, etc., etc., sont des larcins qui sont répréhensibles,—selon l’humeur et le tempérament de la victime.

L’autre jour, au fond d’un jardin,
Il vous aperçut endormie:
Il vous fit plus d’un doux larcin...
Vous étiez donc bien assoupie?...
Si vous dormez comme cela,
Dites votre mea culpa.
(Vieille chanson anonyme.)

Lard. Le membre viril,—que grignottent si volontiers ces charmantes souris qu’ont appelle les femmes. Voyez: Couenne, chair, viande.

Gentils galants de rond bonnet,
Aimant le sexe féminin,
Gardez si l’atelier est net
Avant de larder le connin.
(Ancien Théâtre français.)

Largue. Femme, maîtresse, dans l’argot des voleurs, des voyous et des bohèmes.

Toi non plus, tu ne m’as pas l’air d’une largue ordinaire.

Lemercier de Neuville.

Les largues nous pompent le nœud.

Dumoulin-Darcy.

Lasciveté. Prédisposition à l’amour; art des courtisanes pour exciter les désirs des hommes.

Si la présence de l’empereur seul ne suffit pas pour les exciter, elles puisent dans leur lasciveté même un aimant mutuel.

La Popelinière.
Cette lasciveté de formes se reflète
Dans son ajustement bizarre et singulier.
A. Glatigny.

Latrine. Femme galante usée et sale, et qui continue à baiser, parce qu’il y a des gens qui ne sont pas difficiles.

Pourtant on fout cette latrine!
Ne vaudrait-il pas mieux cent fois
Moucher la morve de sa pine
Dans le mouchoir de ses cinq doigts?
A. de Musset.

Lavabo. Cuvette spécialement destinée aux soins de propreté, qu’exige la fréquente dépense de sperme.

Tu m’as ému, Scapin... Ton discours est fort beau...
Je t’amène ma fille: achète un lavabo.
A. Glatigny.

Laver (Se). Faire les ablutions de prudence autant que de propreté, après le coït—qui a naturellement pollué les parties sexuelles.—C’est la grande affaire des putains, qui dépensent en un soir plus d’eau que les ivrognes n’en boivent dans toute leur vie. C’était aussi la grande affaire des Romains post rem veneream: ils se lavaient presque religieusement, quasi religiose. Martial en témoigne assez.—Pourquoi les femmes honnêtes n’imitent-elles pas les filles publiques, et les bourgeois les Romains?

Les hommes, lorsqu’ils ont foutu
A double couillon rabattu,
Se lavent dans une terrine.
Dumoulin-Darcy.
Pourtant il leur manque, en somme
(Ce qui vaut bien un écu),
De savoir sucer un homme
Et de se laver le cul.
De la Fizelière.

Lavette. Le membre viril—peu viril.

Mais c’machin s’change en lavette,
Grâce au pouvoir d’ la vertu,
Et j’ m’en tire quitte et nette
Avec un peu d’ colle au cul.
(Parnasse satyrique.)

Le et quelquefois aussi La. (Sous-entendu vit ou pine.)

Le voilà qui se durcit vraiment... qui se roidit... Attends, que je me renverse tout à fait pour que nous le fassions entrer quelque part.

La Popelinière.

Il dit qu’il voulait qu’on le lui coupât, s’il ne faisait son devoir.

(La France galante.)

Lèche-cul. Petit chien havanais, king’s Charles, épagneul, ou de n’importe quelle autre race, qu’affectionnent volontiers les filles pour en être gamahuchées.—Voir Gimblette.

Lesbienne. Femme qui préfère Sapho à Phaon, le clitoris à la pine; Parisienne qui semble née à Lesbos, «terre des nuits chaudes et langoureuses.»

Elle aime tous les rats,
Et voudrait, la Lesbienne,
Qu’à sa langue de chienne
Elles livrent leurs chats.
J. Duflot.

Lever le croupion ou le cul. Se remuer sous l’homme, dans l’acte copulatif.

C’est plaisir de la voir lever le croupion à chaque coup de queue.

Seigneurgens.

Elle levait toujours le cul de peur d’user les draps.

Tabarin.
Blaise hausse la bouteille,
Et Margot lève le cul.
Collé.
Je n’aime point ces demoiselles
Qui lèvent par trop le devant.
Collé.

Lever à jeun (Se). Se lever sans avoir fait l’acte copulatif, même une pauvre petite fois.

Souvent je me levais à jeun
D’avec ce sacrilége;
Et jamais le défunt
N’en fit qu’un:
Le bel époux de neige!
Collé.

Lever le siége. Débander après avoir bandé devant une femme qui fait trop de façons pour se laisser baiser.

Une trop longue défense a souvent fait lever le siége d’une place qui voulait se rendre: il arrive des accidents.

Collé.

Lever une femme, ou seulement Lever. Dire des galanteries à une femme, au bal ou dans la rue, et l’emmener coucher avec soi pour en faire.

J’irai ce soir à Bullier, si je ne lève rien...

Lynol.

Lever un homme. S’arranger de façon, lorsqu’on est femme, à attirer, dans un bal ou sur le boulevard, par ses œillades ou ses effets de croupe, l’attention et les désirs d’un homme qui, ainsi allumé, suit, monte, paie et baise.

Ces filles ne vont au Casino que pour lever des hommes ou se faire lever par eux.

A. François.

Tiens! Xavier qui vient d’être levé par Henriette.

Monselet.

On dit aussi dans le même sens: Faire un homme.

Libertin. Homme qui prend volontiers des libertés avec les femmes,—des libertés et le cul.

Chez ce libertin cagot
Qu’ j’ai tant d’ mal à satisfaire.
Jules Poincloud.

Libertinage. Talent particulier, science particulière pour faire jouir les femmes quand on est homme, et les hommes quand on est femme.

Sais-tu que tu es d’un libertinage affreux, et que je ne veux point, moi, suivre ton exemple?

La Popelinière.

Libertine. Femme qui connaît à merveille les secrets du métier d’amour.

J’ai vu, jeunes Français, ignobles libertines,
Vos mères, belles d’impudeur,
Aux baisers du Cosaque étaler leurs poitrines
Et s’enivrer de son odeur.
Aug. Barbier.

Limace. Membre viril—qui n’est pas viril; par exemple, celui des vieillards, qui ne sait plus relever fièrement la tête au premier appel d’une femme, et aspire honteusement à la tombe, comme le nez du père Aubry.

Bien qu’en toi sa limace ait été dégorgée,
Pour toi je bande encore...
Louis Protat.

Limer. Rester longtemps sur une femme sans arriver à l’éjaculation.

L’étudiant limant encore, pour l’acquit de sa conscience, car il ne bande plus aussi raide.

H. Monnier.
Mais sans folle ivresse,
Il ne fait rien
Qu’il ne lime sans cesse.
Collé.

Liqueur. Le sperme, qu’on pourrait mettre en bouteille sous le nom de Crème de cocus, car c’est avec cela qu’on les fait.

En moins de six coups de cul, je me vis arrosée largement de la liqueur amoureuse.

Mililot.
Jà trente ans limitent mon âge
Sans avoir goûté la liqueur
Dont le petit archer vainqueur
Charme des filles la tristesse.
Tabarin.
L’autre jour, épanchant cette liqueur divine,
Dont nos plaisirs et nous, tirons notre origine.
Grécourt.
Le paillard darde au fond sa bénigne liqueur.
Piron.

Liqueur séminale. Le sperme, qui est la semence fécondante par excellence, «liqueur blanche et épaisse comme bouillie, que les amants rendent tous deux l’un dans l’autre, avec un délice qui ne se peut exprimer.»

Livrer (Se). Ouvrir son cœur, ses cuisses, son cul—et par conséquent le paradis—à un homme.

Elle est réduite aujourd’hui à se livrer au petit Dupré.

(La France galante.)
Je hais cette Laïs qui trop facilement
Se livre aux premiers mots d’un galant qui la presse.
E. T. Simon.

Elle a donc fait le serment de ne se livrer, selon la nature, qu’à des nobles.

A. de Nerciat.

Livres libres, obscènes, orduriers, malsains. Ouvrages où l’on parle sans vergogne, comme dans celui-ci, des parties naturelles des deux sexes et de leurs fonctions; de cons, de vits, de culs, de fouterie, de gamahucherie, etc. Ils sont abominés par les personnes honnêtes qui ne foutent que dans l’obscurité la plus complète et en faisant passer leur vit par un trou de la chemise de leur dame, et qui enseignent à la jeunesse que les enfants se trouvent naturellement sous des feuilles de chou.

Un livre incendiaire a rallumé tous les feux que mon austérité commençait d’assoupir.

(Mon noviciat.)

Long comme un jour sans pine. Phrase ad usum prostibuli, parce que dans un bordel, où l’amour est la seule occupation des femmes, la journée paraît longue lorsqu’il ne vient pas de michés.

Long nez, longue pine. Proverbe français qui ment—comme tous les proverbes. S’il ne mentait pas, il faudrait mettre l’acteur Hyacinthe dans une niche et l’adorer.

Lorette. Femme entretenue par Monseigneur Tout-le-Monde, et qui habite volontiers dans les environs de l’église de Notre-Dame-de-Lorette,—d’où son nom, qui lui a été donné par Nestor Roqueplan.

Je suis coquette,
Je suis lorette,
Reine du jour, reine sans feu ni lieu!
Eh bien! j’espère
Quitter la terre
En mon hôtel... peut-être en l’Hôtel-Dieu.
G. Nadaud.

Loup (Connaître le). De vue seulement. Avoir été baisée dans une forêt quelconque, ou sur le bord d’un bois..... de lit.

Ignorant le masculin,
La novice, humble nonnette,
Dessine à l’enfant divin
Certaine fente coquette.
Or, la sœur Marton qui connut le loup,
Dit: Vous vous trompez, mais du tout au tout,
A Jésus, faut une quéquette.
Al. Flan.

Loupeuse. Gourgandine chaude comme une louve, et aimant à courir après les hommes.

Louve. Femme débauchée et hystérique.

Par la mort Dieu, vous dites vrai; saint Antoine arde la louve.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)
Car à toute heure on vous trouve
Faisant la chatte ou la louve,
En public ou à l’écart.
(Cabinet satyrique.)

En outre tu es un adultère qui as souillé mon lit avec cette louve.

Ch. Sorel.

Lubricité. Ardeur amoureuse, paillardise.

Son œil blanchit et s’illumine,
Et son flanc plein de volupté
Surpasse en ardeur Messaline
Et l’antique lubricité.
A. Barbier.

Toutes se font une joie d’enfant de se voir mettre leurs fesses à nud, d’en montrer la blancheur et le contour, et de recevoir dessus de fines atteintes de verges de myrte, de la part d’une main flatteuse et légère, parce que ce badinage les aiguillonne et qu’il sert, en effet, à irriter la lubricité.

La Popelinière.

Lucrèce (Faire la). Faire la chaste, comme l’épouse de Collatin, devant tous les Sextus généralement quelconques,—et finir par ouvrir ses cuisses comme elle devant l’impertinent engin du fils de Tarquin le Superbe.

Le plaisir de se venger d’une femme qui avait fait la Lucrèce.

Saint-Evremont.
Mais malgré son air virginal,
Sachez que la bougresse
A mon vit donna certain mal
Qui lui fit faire l’S...
Ah! il m’en souviendra,
Larira,
D’avoir aimé une Lucrèce.
Anonyme.

Lupanar. Bordel. Mot solide... bâti par les Romains; on s’en sert encore.

J’ai rêvé que j’étais au fond d’un lupanar;
C’était comme un immense et splendide bazar
Dans lequel enculeurs, enculés, maquerelle,
Maquereaux et putains se ruaient pêle-mêle.
Louis Protat.
Je suis roublard
Et j’ pourrais écrir’ les mémoires
Du lupanar.
Lemercier de Neuville.

Luxure. Un des sept péchés capitaux, dont le libertinage humain a fait un péché véniel—ou plutôt vénériel, dirait Commerson.

Ne parlons plus des pompes et des fêtes du plus grand des empereurs: réfléchissons combien il est plus grand dans ses luxures.

La Popelinière.
M

Mac. Abréviation de maquereau.

Ça me f’ra p’t’être rigoler un brin, de changer d’rôle, et de mac devenir miché.

Lemercier de Neuville.
Après tout, ce n’est pas si bête
D’avoir fait quatre cents binettes
D’homm’s de lettr’s, de peintr’s et de mac?
A. Pothey.

Maca. Maquerelle, entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

Machin ou Machine. La nature de la femme, le membre viril,—dans le langage des gens pudibonds qui n’osent pas appeler les choses par leur nom.

Que mettras-tu dans mon con, en m’enfilant?—Mon machin.

H. Monnier.
Fiez-vous à ma cuisine,
Célibataires blasés,
Pour remonter la machine,
Et flatter vos goûts usés.
L. Festeau.
Secrets appas, embonpoint et peau fine,
Fermes tétons et semblables ressorts,
Eurent bientôt fait jouer la machine.
La Fontaine.
Mais finis donc, imbécile,
Sacré nom de Dieu d’gredin!
Si tu n’me laiss’s pas tranquille,
J’ vas pisser sur ton machin.
(Parnasse satyrique.)

Macrotin. Apprenti maquereau; voyou qui se fait la main avec les petites gourgandines dont il vide les poches sans le moindre scrupule, en attendant qu’il puisse exercer sur une plus grande échelle, avec de plus grandes filles.

Oui, c’est un métier commode
Et qui devient à la mode:
Mac, macrotin...
Vive le macrotin!
L. de Neuville.