(B. gent. III. 12.)

C’est une chose je ne consentirai point.

(Ibid.)

Cette feinte je me force n’étant que pour vous plaire.....

(Comtesse d’Esc. 1.)

Or çà, ma fille, je vais vous dire une nouvelle peut-être ne vous attendez-vous pas.

(Mal. im. I. 5.)

Elle m’a expliqué vos intentions, et le dessein vous êtes pour elle.

(Ibid. I. 9.)

Ces divers emplois de , y compris la relation à un nom de personne, sont autorisés par l’usage constant des plus anciens monuments de notre langue:

« aurai-je fiance?» (R. de Coucy), pour à qui me fierai-je?

—«Karlon, le roi France apent.» (Les quatre fils Aymon); à qui appartient la France.

«Les fils Garin, tant a de fierté.»
(Gérars de Viane.)
«Trestous li Deu croient les François.»
(Ogier le Danois.)
« pensez-vous, frère Symon?
«Je pens, fait-il, à un sermon
«Le meilleur je pensasse oncques.»
(Rutebeuf.)

«Et les gens au monde pour la santé plus il avoit de fiance (Charles V), c’estoit en bons maistres medecins.»

(Froissart. Chron. II. ch. 70.)

On en citerait des exemples innombrables de Montaigne, de Regnier, de Rabelais, etc.; il n’y a qu’à ouvrir le volume.

En voici de Bossuet et de Pascal:

«Les Égyptiens sont les premiers l’on ait su les règles du gouvernement.»

(Bossuet. Hist Un.)

«Ils (les rois) assistoient à une prière pleine d’instruction, le pontife prioit les dieux, etc.....»

(Ibid.)

«Ils ont pris un si grand soin de les rétablir parmi les peuples la barbarie les avoit fait oublier... etc.»

(Ibid.)

«Le premier de tous les peuples l’on voie des bibliothèques est celui d’Égypte.»

(Ibid.)

«Si un animal faisoit par esprit ce qu’il fait par instinct, et s’il parloit par esprit ce qu’il parle par instinct....... il parleroit aussi bien pour dire des choses il a plus d’affection, comme pour dire: Rongez cette corde qui me blesse, et je ne puis atteindre.»

(Pascal. Pensées.)

«Mais pensez un peu vous vous engagez.»

(Pascal. 12e Prov.)

«Mais parce qu’il faut que le nom de simonie demeure, et qu’il y ait un sujet il soit attaché...»

(Ibid.)

«Voilà la doctrine de Vasquez, vous renvoyez vos lecteurs pour leur édification.»

(Ibid.)

«Je ne vous dirai rien cependant sur les avertissements pleins de faussetés scandaleuses par où vous finissez chaque imposture.»

(Ibid.)

«Les méchants desseins des molinistes, que je ne veux pas croire sur sa parole, et je n’ai point d’intérêt.»

(1re Prov.)

«Une action si grande, ils tiennent la place de Dieu.»

(14e Prov.)

Enfin tout le XVIIe siècle a ainsi parlé, et une partie du XVIIIe. C’est de nos jours seulement qu’on a prétendu restreindre à marquer l’alternative ou le lieu, et qu’on a imposé ces affreuses locutions traînantes par laquelle, dans lesquels, à l’aide desquels, chez lesquels, par rapport auxquelles, etc., etc.

Sur ces deux vers de Corneille,

«Et c’est je ne sais quoi d’abaissement secret
« quiconque a du cœur ne descend qu’à regret,»
(Ép. à Ariste.)

Voltaire a eu le tort d’écrire lestement: «Cela n’est pas français.» Racine n’a donc pas non plus parlé français lorsqu’il a dit:

«Et voilà donc l’hymen j’étois destinée?»
(Iphigénie. III. 5.)

et Voltaire lui-même:

«Pardonne à cet hymen j’ai pu consentir.»
(Alzire. III. 1.)
«La honte je descends de me justifier.»
(Zaïre. IV. 6.)
«Sais-tu l’excès d’horreur je me vois livrée?»
(Mérope. IV. 4.)

Alléguer les priviléges de la poésie est une défaite ridicule, qui n’a pu naître que dans un temps où l’on avait perdu le sentiment vrai des choses, et où le raisonnement bannissait la raison. Est-ce qu’un solécisme en prose peut devenir légitime au moyen d’une rime? Il serait absurde de le penser. On me permettra de répéter ici ce que j’ai déjà dit ailleurs: «Ouvrez la Grammaire des grammaires; vous allez être bien édifié! elle distingue adverbe, pronom absolu, et pronom relatif (le pronom relatif ubi!). Elle permet ce dernier , avec un verbe qui marque une sorte de localité physique ou morale. Mais elle avoue que la poésie s’en sert quelquefois en des cas où il n’y a pas localité physique ou morale.

«C’est à ces faiseurs de galimatias double qu’est abandonnée la police de notre langue! Ce sont là nos instructeurs, et les juges en dernier ressort de Molière, de Pascal, de Bossuet, de tous nos grands écrivains! Il fallait effectivement moins de génie pour composer Tartufe ou les Provinciales, que pour surprendre le pronomdans une localité morale

Reprenons donc, il en est temps, une façon de parler vive, commode, excellente, que nous sommes en train de remplacer par la plus lourde et la plus insipide.

—où, pour jusqu’où:

Je ne sais qui me tient, infâme,
Que je ne t’arrache les yeux,
Et ne t’apprenne va le courroux d’une femme.
(Amph. II. 3.)

—où, faisant pléonasme où nous mettrions que:

Et c’est dans cette allée devroit être Orphise.
(Fâcheux. I. 1.)

«C’est ici où je veux vous faire sentir la nécessité de nos casuistes.»

(Pascal. 7e Prov.)

«C’est là où vous verrez la dernière bénignité de la conduite de nos pères.»

(Id. 9e Prov.)

OU (ou bien), pour ni:

Monsieur, j’ai grande honte et demande pardon
D’être sans vous connoître ou savoir votre nom.
(Tart. V. 4.)

OU NON, transporté devant le verbe sur lequel porte l’alternative:

Je ne vais point chercher, pour m’estimer heureux,
Si Mascarille ou non s’arrache les cheveux.
(Dép. am. I. 1.)

Ce n’est point Mascarille ou non, c’est s’arrache ou non. En prose, ou bien n’étant pas contraint par le besoin de la mesure, Molière eût suivi la construction ordinaire.

OU SI, complément d’une interrogation par il, après une troisième personne:

Mon cœur court-il au change? ou si vous l’y poussez?
(Fem. sav. IV. 2.)

OUS, pour vous, dans le langage des paysans:

PIERROT. Je vous dis qu’ous vous teigniois, et qu’ous ne caressiez point nos accordées.... Testiguenne, parce qu’ous êtes monsieur!....

(D. Juan. II. 3.)

Cette suppression du v, suggérée en certains cas par l’instinct de l’euphonie, était régulière et du bon langage dans le vieux français.

Dans la Bourse pleine de sens, de Jean le Gallois d’Aubepierre (XIIIe siècle):

«N’avous honte?—Dame, de quoi?»

Dans la farce de Pathelin, qui est du XVe siècle:

LE DRAPIER.
«Et qu’est cecy? n’avous pas honte?
«Par mon serment c’est trop desvé.»
LE JUGE.
«Comment, vous avez la main haute!
«A’vous mal aux dens, maistre Pierre?»
MAISTRE JEHAN (à Pathelin malade):
Or, dictes Benedicite.
PATHELIN.
Benedicite, monseigneur.
MAISTRE JEHAN.
Et voicy une grant hydeur!
Sça’vous réspondre Dominus?
(Le testament de Pathelin.)

Et encore, au XVIe siècle, cette syncope était maintenue à la cour de François Ier. La reine de Navarre l’emploie dans ses poésies, écrites dans le style le plus élevé du temps:

«Pourquoi a’vous espousé l’estrangière?....
«Mais qu’a’vous faict, voyant ma repentance?...»
(Le Miroir de l’Ame pescheresse.)

Théodore de Bèze consacre cette apocope par une règle formelle. (De linguæ fran. recta pronuntiatione, p. 84.)

(Voyez JE.)

OUTRÉS DE; CONTES OUTRÉS D’EXTRAVAGANCE:

Quoi! tu me veux donner pour des vérités, traître,
Des contes que je vois d’extravagance outrés?
(Amph. II. 2.)

OUVERTURE; FAIRE UNE OUVERTURE:

S’il faut faire à la cour pour vous quelque ouverture.
(Mis. I. 2.)

Bossuet dit: donner ouverture à...

«Le roi n’avoit point donné d’ouverture ni de prétexte aux excès sacriléges.....»

(Or. fun. de la R. d’A.)

(Voyez OUVRIR.)

OUVRIER DE, comme ouvrier en:

On n’a guère vu d’homme qui fût plus habile ouvrier de ressorts et d’intrigues.

(Scapin. I. 2.)

On dit de même, un artisan de troubles.

OUVRIERS en deux syllabes:

On est venu lui dire, et par mon artifice,
Que les ouvriers qui sont après son édifice....
(L’Ét. II. 1.)

Primitivement l’i, dans toutes ces finales en ier, ne sonnait pas; il ne servait qu’à marquer l’accent fermé de l’é. Ainsi l’on prononçait un sangler, un boucler, un rocher, un verger, se coucher. Peu à peu l’on en est venu à faire entendre l’i dans quelques-uns de ces mots, sans pour cela modifier la règle de versification qui les concernait, et l’on s’est récrié sur la barbarie d’oreille de nos pères, quand il n’y avait lieu que d’admirer le peu de mémoire de leurs enfants. En effet, pourquoi dites-vous un sanglier, et ne dites-vous pas un rochier? Pourquoi avez-vous altéré l’orthographe de l’un, et point celle de l’autre? Pourquoi avez-vous introduit la disparité d’écriture et de prononciation entre des mots qui s’écrivaient et se prononçaient jadis de même?

OUVRIR; OUVRIR DES IDÉES:

Je le dois, sire (le succès), à l’ordre qu’elle (Votre Majesté) me donna d’y ajouter un caractère de fâcheux, dont elle eut la bonté de m’ouvrir les idées elle-même...

(Ép. dédic. des Fâcheux.)

«La vérité qui ouvre ce mystère

(Pascal. Pensées.)

OUVRIR DU SECOURS:

Et contre cet hymen ouvre-moi du secours.
(Tart. II. 3.)

OUVRIR LES PREMIÈRES PAROLES, comme ouvrir un avis:

Au moins appuyez-moi,
Pour en avoir ouvert les premières paroles.
(Fâcheux. III. 3.)

OUVRIR L’OCCASION DE:

D’autant mieux qu’ayant entrepris de vous peindre, ils vous ouvroient l’occasion de la peindre aussi.

(Impromptu. 1.)

OUVRIR SES SENTIMENTS, SON INTENTION, comme ouvrir son cœur:

Non, non, ma fille; vous pouvez sans scrupule m’ouvrir vos sentiments.

(Am. magn. IV. 1.)
C’est à quoi j’ai songé,
Et je vous veux ouvrir l’intention que j’ai.
(Fem. sav. II. 8.)

OUVRIR UN MOYEN:

Ne me pourriez-vous point ouvrir quelque moyen?
(Éc. des fem. III. 4.)

(Voyez OUVERTURE.)

PAIN BÉNIT; C’EST PAIN BÉNIT:

C’est conscience à ceux qui s’assurent en nous,
Mais c’est pain bénit, certe, à des gens comme vous.
(Éc. des mar. I. 3.)

C’est-à-dire: aux gens de votre sorte, cela vient aussi naturellement que le pain bénit à la messe.

PAIN DE RIVE, terme technique de gastronomie:

Il ne manqueroit pas de vous parler d’un pain de rive à biseau doré....

(B. gent. IV. 1.)

Pain qui, ayant été placé sur la rive, c’est-à-dire, sur le bord du four, n’a point touché les autres pains, et se trouve cuit et doré tout alentour.

PAMER, verbe neutre, pour se pâmer:

Madame,
D’où vous pourroit venir... Ah bons dieux! elle pâme!
(Sgan. 2.)
Dans ses simplicités à tous coups je l’admire,
Et parfois elle en dit dont je pâme de rire.
(Éc. des fem. I. 1.)
On n’en peut plus.—On pâme.—On se meurt de plaisir.
(Fem. sav. III. 2.)
«Sire, on pâme de joie ainsi que de tristesse.»
(Corn. Le Cid.)

(Voyez ARRÊTER.)

PAQUET, métaphoriquement au figuré, accident, surprise:

Ah! le fâcheux paquet que nous venons d’avoir!
(L’Ét. II. 13.)

PAR; CONDAMNER PAR, à cause de:

J’ai ouï condamner cette comédie à de certaines gens, par les mêmes choses que j’ai vu d’autres estimer le plus.

(Crit. de l’École des fem. 6.)

PAR, par rapport à, du côté de:

Les hommages ne sont jamais considérés par les choses qu’ils portent.

(Ép. dédic. de l’École des maris.)

C’est-à-dire qu’en un présent l’intention est plus considérable que la valeur de l’objet offert.

L’expression de Molière paraît obscure en cet endroit; elle est très-claire dans ce vers:

On regarde les gens par leurs méchants côtés.
(Mis. I. 2.)

PAR, parmi:

D’abord leurs escoffions ont volé par la place.
(L’Ét. V. 14.)

Parmi la place, dans le milieu de la place.

Suivez-moi, que j’aille un peu montrer mon habit par la ville.

(B. gent. III. 1.)

(Voyez PARMI.)

PAR UN MALHEUR, par malheur;

Et moi, par un malheur, je m’aperçois, madame,
Que j’ai, ne vous déplaise, un corps tout comme une âme.
(Fem. sav. IV. 2.)

DE PAR:

Eh! de par Belzébut, qui vous puisse emporter!
(Sgan. 6.)

L’exactitude voudrait qu’on écrivît de part avec un t: ex parte Beelzebut, de la part de Belzébut. Le rapport du génitif, aujourd’hui marqué par de, l’était primitivement par la simple juxtaposition. Les plus anciens textes écrivent de part:—«De part nostre Seigneur» (Rois, 144, 289, 292.)—«Samuel li prophetes vint à Saül de part Deu.» (Rois, 53.)

De part Dieu, aujourd’hui pardieu, opposé à de part le diable ou de part Béelzebut.

(Voyez PAR SOI, et des Variations du langage français, p. 410.)

PARAGUANTE, de l’espagnol para guantes, pour (acheter) des gants; ce qu’on appelle en allemand Trinkgeld, en français pour boire:

Dessus l’avide espoir de quelque paraguante,
Il n’est rien que leur art aveuglément ne tente.
(L’Ét. IV. 9.)

PARAITRE AUX YEUX pour paraître simplement:

La géante paroît une déesse aux yeux.
(Mis. II. 5.)
Et les soins où je vois tant de femmes sensibles
Me paroissent aux yeux des pauvretés horribles.
(Fem. sav. I. 1.)

FAIRE PARAÎTRE, montrer, manifester:

Nous allons tous le remercier des extrêmes bontés qu’il nous fait paroître.

(Impromptu. 10.)
Quels sentiments aurai-je à lui faire paroître?
(Tart. V. 4.)
Mais ma discrétion se veut faire paroître.
(Tart. III. 3.)
Mais si son amitié pour vous se fait paroître...
(Mis. I. 1.)

«Une amitié paraît, et ne se fait point paraître. On fait paraître ses sentiments, et les sentiments se font connaître.»

(Voltaire. Mél. t. XXXIX, p. 226.)

Cette critique de Voltaire ne constate que l’usage du XVIIIe siècle; mais est-ce à dire que tout ce qui s’écarte de l’usage du XVIIIe siècle soit mauvais par cela seul? Le XVIIIe siècle, malheureusement, fut trop persuadé de la vérité de ce principe.

Pour en juger ainsi vous avez vos raisons;
Mais vous trouverez bon qu’on en puisse avoir d’autres,
Qui se dispenseront de se soumettre aux vôtres.

Voltaire croyait sans doute que cette expression, se faire paraître, était créée par Molière pour le besoin de sa rime; il se trompait:

«Il y a si peu de personnes à qui Dieu se fasse paroître par ces coups extraordinaires, qu’on doit profiter de ces occasions.»

(Pascal. Pensées. p. 338.)

PAR APRÈS, pour après simplement:

Que j’aye peine aussi d’en sortir par après.
(L’Ét. III. 5.)

Par après est la contre-partie de par avant, qui ne s’emploie plus que sous cette forme, auparavant.

Par ainsi est complétement hors d’usage.

PAR DEVANT, pour devant:

En passant par devant la chambre d’Angélique, j’ai vu un jeune homme.....

(Mal. im. II. 10.)

PARER QUELQUE CHOSE, s’en garantir:

Et quand par les plus grandes précautions du monde vous aurez paré tout cela... vous serez ébahi, etc...

(Scapin. II. 8.)

PARER (SE) D’UN COUP, d’un malheur:

Pour se parer du coup, en vain on se fatigue.
(Éc. des fem. III. 3.)

... Toutes les mesures qu’il prend pour se parer du malheur qu’il craint.

(Crit. de l’Éc. des fem. 7.)
Quoi! de votre poursuite on ne peut se parer?
(Tart. IV. 5.)

On dit encore se remparer.

PARLER, verbe actif; PARLER QUELQUE CHOSE:

Je vous demande, ce que je parle avec vous, qu’est-ce que c’est?

(B. gent. III. 3.)

«Si un animal faisoit par esprit ce qu’il fait par instinct, et s’il parloit par esprit ce qu’il parle par instinct...»

(Pascal. Pensées.)

PARLER CERCLE ET RUELLE:

Moi, j’irois me charger d’une spirituelle
Qui ne parleroit rien que cercle et que ruelle!...
(Éc. des fem. I. 1.)
«Et, sans parler curé, doyen, chantre ou Sorbonne...»
(Regnier. Sat. XV.)
«Ore ils parloient soldat, et ore citoyen
(Id. Sat. II.)

C’est une expression tout à fait analogue à celle du vers célèbre de Juvénal:

Qui Curios simulant et bacchanalia vivunt.

(Voyez ci-dessous parler Vaugelas.)

PARLER suivi de que, comme dire:

Vous avez ouï parler que ce monsieur Oronte a une fille?

(Pourc. II. 4.)

PARLER SUR-LE-CHAMP, improviser:

Vous n’allez entendre chanter que de la prose cadencée ou des manières de vers libres, tels que la passion et la nécessité peuvent faire trouver à deux personnes qui disent les choses d’eux-mêmes, et parlent sur-le-champ.

(Mal. im. II. 6.)

PARLER TERRE A TERRE:

Expression ridiculisée par Molière:

Il prétend que nous parlions toujours terre à terre,

(Impromptu. 3.)

dit Mlle du Parc, qui représente une précieuse.

parler Vaugelas:

Et voilà qu’on la chasse avec un grand fracas,
A cause qu’elle manque à parler Vaugelas.
(Fem. sav. II. 7.)

C’est-à-dire, à la mode de Vaugelas, le français de Vaugelas. Le mot Vaugelas fait ici le rôle d’un adjectif pris adverbialement, comme grec, latin, dans parler grec, parler latin: c’est loqui græce, latine.

(Voyez PARLER CERCLE.)

PARMI, au milieu, par le milieu de:

On est venu lui dire, et par mon artifice,
Que les ouvriers qui sont après son édifice,
Parmi les fondements qu’ils en jettent encor,
Avoient fait par hasard rencontre d’un trésor.
(L’Ét. II. 1.)
Un trésor supposé,
Dont parmi les chemins on m’a désabusé.
(Ibid. II. 5.)
Ce m’est quelque plaisir, parmi tant de tristesse,
Que l’on me donne avis du piége qu’on me dresse.
(Éc. des fem. IV. 7.)

Et jamais il ne parut si sot que parmi une demi-douzaine de gens à qui elle avoit fait fête de lui.

(Crit. de L’Éc. des fem. 2.)

Vous devez vous remplir de ce personnage, marquer cet air pédant qui se conserve parmi le commerce du beau monde.

(Impr. I.)
MORON.
Et sa gueule faisoit une laide grimace,
Qui parmi de l’écume, à qui l’osoit presser,
Montroit de certains crocs.
(Pr. d’Él. I. 2.)

Quelle est ton occupation parmi ces arbres?

(D. Juan. III. 2.)

Ne voyez-vous pas bien quel tort ces sortes de querelles nous font parmi le monde?

(Amour méd. III. 1.)
Il faut parmi le monde une vertu traitable.
(Mis. I. 1.)
Il court parmi le monde un livre abominable.
(Ibid. V. 1.)
Et parmi leurs contentions
Faisons en bonne paix vivre les deux Sosies.
(Amph. III. 7.)

On ne demeure point tout seul, pendant une fête, à rêver parmi des arbres.

(Am. magn. I. 1.)

Et, parmi cette grande gloire et ces longues prospérités que le ciel promet à votre union.....

(Ibid. IV. 7.)
Parmi l’éclat du sang vos yeux n’ont-ils vu qu’elle?
(Psyché. I. 2.)
Mais c’est, parmi tant de mérite,
Trop que deux cœurs pour moi, trop peu qu’un cœur pour vous.
(Ibid. I. 3.)

Parmi a pour racines par et mi, apocope de milieu. Mi, au moyen âge, s’employait comme substantif, pour moitié:

«Et le bacon faisoit par mi tranchier.»
(R. d’Ogier le Danois.)

«Il faisait couper le porc par la moitié.»

Ainsi, sans s’arrêter aux distinctions chimériques ni aux subtilités des grammairiens, parmi s’emploie légitimement où il s’agit d’exprimer, au milieu de.

(Voyez PAR.)

PAROLE, ÊTRE EN PAROLE QUE...: être en pour-parler (pour convenir) que...:

Il est avec Anselme en parole pour vous
Que de son Hippolyte on vous fera l’époux!
(L’Ét. I. 2.)

ÊTRE EN PAROLE, absolument, converser ensemble:

Juste ciel, qu’ils sont prompts! je les vois en parole.
(L’Ét. II. 2.)

AVOIR DE LA PAROLE POUR TOUT LE MONDE, être affable:

Qu’on dise que je suis une bonne princesse, que j’ai de la parole pour tout le monde, de la chaleur pour mes amis.....

(Am. magn. I. 2.)

PAR OU, pour comment ou de quoi:

Voit-on, dans les horreurs d’une telle pensée,
Par où jamais se consoler
Du coup dont on est menacée?
(Amph. I. 3.)

PAR SOI, tout seul, per se:

E par soi, é.

(Am. magn. I. 1.)

C’est-à-dire e tout seul, pris à par soi (et non à part soi), é.

Cette valeur de par est un débris de notre langue primitive. Les Latins disaient per me, per te, dans le sens de moi seul, toi seul:

«Quamvis, Scæva, satis per te tibi consulis, et scis...»
(Hor. Ep. 17, lib. 1)

Et nos pères disaient, à l’imitation des Latins, tout par moi, par lui, par eux, par elles:

«Et Felix li sains homs tout par li demoura.»
(Des Trois Chanoines.)

Demeura tout seul.

«Les cloches de l’eglise, de ce soyez certains,
«Sonnerent tout par elles, sans mettre piez ne mains.»
(Le Dit du Buef.)

On écrit mal à propos, avec un t, à part, à part soi. Par, ici, vient de per, et non de pars, partis.

Au contraire, il faut mettre un t dans cette autre formule où l’usage moderne l’a supprimé: De part le roi; de part Dieu.

(Voyez DE PAR, à l’article PAR, et des Variations du langage français, p. 407 à 411.)

PARTAGER UN SORT A QUELQU’UN, le lui donner en partage: